Encore un effort Monsieur Chatel !

L’APSES prend acte des modifications non négligeables que le ministère a consenties à propos du projet de programme de SES pour la classe de seconde. Cette nouvelle version du programme est davantage lisible et attractive pour les élèves sortant de troisième, la sociologie y retrouve une place conséquente et le pluralisme théorique de l’économie fait son retour. Pour autant, l’APSES constate que ce projet comporte toujours un certain nombre de carences. L’approche sociologique de l’entreprise disparaît. L’entreprise n’y est plus, en effet, abordée que sous l’angle exclusif de la combinaison de facteurs de production, elle demeure une entité abstraite sans relations sociales de travail. De même l’APSES déplore l’absence de l’étude anthropologique de la famille qui permet d’appréhender la diversité des formes de parenté et d’alliance et donne aux élèves un regard distancié sur leur vécu. L’année de la mort de Claude Lévi-Strauss, le choix de Luc Chatel est particulièrement étonnant. Ces deux suppressions représentent un manque indéniable face aux questions que des élèves de seconde se posent et pour lesquelles la pluralité de sciences sociales mobilisées en SES est un atout pour fournir une compréhension rationnelle des enjeux aux élèves.

Au-delà de ces modifications, les conditions d’enseignement des SES en classe de seconde à la prochaine rentrée demeurent inacceptables. Parce qu’il concourt à la formation générale des lycéens et à l’élaboration d’une orientation éclairée, cet enseignement ne peut pas être traité de la même manière que les enseignements exploratoires dérivés de matières de tronc commun (« Lettre et société » ou « Méthodes et pratiques scientifiques » par exemple).

Le ministère veut améliorer la culture économique et sociale des lycéens dont la majorité ne fera de l’économie au lycée que pendant son année de seconde. Le programme de SES marque ainsi clairement une différence dans ses finalités et son contenu par rapport à d’autres enseignements exploratoires, ce qui justifie une place et un horaire à part permettant de réellement les mettre en œuvre, ce qui n’est pas le cas avec un horaire de 90 minutes en classe entière. En conséquence, l’APSES demande que l’horaire octroyé aux SES en classe de seconde soit augmenté et qu’il inclut des dédoublements définis dans un cadrage national. Cette demande est incontournable si l’on souhaite impliquer réellement nos futurs élèves dans ces nouveaux champs de savoir afin qu’ils développent l’intérêt pour les sciences sociales et qu’ils acquièrent une posture intellectuelle leur permettant d’appréhender de façon rigoureuse le monde économique et social.

Au-delà de l’effet de communication, si l’économie pour tous les lycéens est une véritable priorité pour Luc Chatel, il faut que cela se traduise dans les structures et la position institutionnelle des SES.

Par ailleurs, en série ES, la disparition pure et simple des spécialités langues, mathématiques ou science politique de première fait craindre une déperdition d’élèves de la série ES vers les séries L et S. Le rééquilibrage voulu par le ministère risque de tourner court et de se résumer à une profonde déstabilisation de la série ES dont l’utilité et la réussite ne sont plus à démontrer. Cette suppression s’accompagne de surcroît d’une réduction incompréhensible des horaires de SES en terminale (-1h30).

Enfin, le ministère refuse de nous donner de quelconques garanties sur la composition, l’autonomie et le calendrier du prochain groupe d’experts chargé de proposer de nouveaux programmes de SES en cycle terminal. Là encore nous craignons que la précipitation ne conduise aux mêmes écueils que ceux constatés lors du précédent programme de seconde : oubli de l’intérêt des élèves, intrusion permanente du cabinet dans le travail du groupe, appauvrissement des finalités de formation des SES. En tout état de cause l’APSES demande que les programmes de cycle terminal soient élaborés dans des délais permettant une réflexion approfondie et une réelle concertation afin de retrouver un climat de confiance.

Pour maintenir l’attractivité de la série ES et obtenir des conditions d’enseignement en cohérence avec les enjeux du lycée du XXIè siècle, l’APSES appelle les professeurs de SES et les citoyens attachés à cet enseignement à un rassemblement à Paris le mercredi 31 mars, square Boucicaut à 13h, près du Ministère de l’Education nationale où se tiendra alors le Conseil Supérieur de l’Education pour rejoindre ensuite l’Assemblée nationale.



Laisser un commentaire

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES