Les jeunes profs seront mieux payés

Article LeMonde

Attendue depuis deux ans, la « revalo » arrive. Luc Chatel en a annoncé les grandes lignes dans l’émission Le Grand Jury RTL-Le Figaro, où il était invité dimanche 28 mars. Elle se matérialisera par 157 euros net supplémentaires en bas de la feuille de paye des professeurs des écoles et des certifiés qui entrent dans le métier le 1er septembre prochain. Pour les agrégés, le gain sera de 259 euros.

La revalorisation proposée par Luc Chatel veut lisser la courbe des carrières en augmentant le traitement perçu les sept premières années. Elle répond aussi au besoin d’attirer des jeunes diplômés, alors que les départs annuels en retraite sont nombreux et que dans certaines disciplines, le taux de quatre candidats pour un poste mis au concours – estimé garantir la qualité du recrutement – est tout juste assuré.

L’augmentation des débuts de carrière a été un des arguments pour « vendre » l’allongement de la formation des enseignants à cinq années, (dite réforme de la mastérisation) qui entre en vigueur en septembre. A titre de comparaison, le CEREQ a évalué fin 2009 que le salaire net médian des jeunes diplômés, quelle que soit l’entreprise où ils travaillent, était de 1900 euros net, trois ans après avoir obtenu un master en sciences dures et de 1500 avec un même niveau d’études en sciences humaines.

Selon l’entourage du ministre «  le traitement mensuel net d’un professeur des écoles stagiaire s’inscrira désormais dans une fourchette allant de 1 577 euros à 1 628, selon le lieu de résidence, tandis que celui d’un professeur certifié stagiaire pourra s’élever à 1 811 s’il est affecté en zone d’éducation prioritaire. Un professeur agrégé stagiaire percevra, lui, en moyenne un traitement mensuel net de 2 027 euros  ».

Les syndicats souhaitaient, eux, que l’ensemble des enseignants bénéficient de cette augmentation qui touche un enseignant sur quatre.

La revalorisation est l’élément essentiel du « pack de carrière », de Luc Chatel. Y figurent aussi un droit individuel à la formation, doublé de deux entretiens de carrière, à 2 ans et à 15 ans. Le ministre a aussi annoncé la mise en place des premiers rudiments d’une médecine du travail avec le recrutement de 80 médecins et l’obligation pour tout enseignant de passer une visite à 50 ans.

 

Maryline Baumard

 

Article Le Figaro

Chatel promet d’augmenter les salaires des jeunes profs

«Nous avons des étudiants qui font l'effort d'une année d'études  supplémentaire, eh bien la contrepartie, c'est qu'ils sont mieux payés»,  a commenté le ministre
«Nous avons des étudiants qui font l’effort d’une année d’études supplémentaire, eh bien la contrepartie, c’est qu’ils sont mieux payés», a commenté le ministre Crédits photo : Abaca

Le ministre de l’Education a annoncé dimanche une revalorisation salariale pour environ un quart des professeurs, ainsi que des mesures de gestion de carrière.

Les jeunes profs seront mieux payés  dans Revue de presse coeur-Une bonne nouvelle pour une partie des professeurs. Un peu moins du quart d’entre eux (20.000 débutants et 170.000 enseignants déjà en fonction) vont bénéficier de mesures de revalorisation salariale à partir du 1er septembre 2010, a annoncé dimanche le ministre de l’Education Luc Chatel.

«On va proposer en début de carrière une augmentation de 157 euros nets par mois pour les professeurs des écoles et les professeurs certifiés (…) et pour les professeurs agrégés 259 euros [nets mensuels]d’augmentation», a-t-il précisé. Cette revalorisation avait été promise par le président de la République Nicolas Sarkozy. Elle est liée à la réforme de la formation des enseignants, qui prévoit que les futurs enseignants soient recrutés au niveau «master 2» (bac + 5). «Nous avons des étudiants qui font l’effort d’une année d’études supplémentaire, eh bien la contrepartie, c’est qu’ils sont mieux payés», a commenté le ministre.

Au total, les revalorisations prévues représentent un coût de «196 millions d’euros, soit exactement la moitié des économies réalisées par le non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite», a précisé le ministre de l’Education lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI.

 

Un droit invidivudel à la formation

Le ministre de l’Education a par ailleurs annoncé la mise en place en septembre 2010 d’un Droit individuel à la formation (DIF), suivi par les enseignants «sur la base du volontariat». Cette formation, de 20 heures par an, sera «complémentaire aux formations de l’Education nationale», a-t-il expliqué. Elle sera effectuée pendant les vacances scolaires et sera rémunérée «50% du salaire horaire». Il a également annoncé la création d’«un entretien systématique» consacré à la mobilité professionnelle pour «tous les professeurs après deux ans et ensuite après 15 ans de carrière» et la mise en place sur internet d’»un portail unique» recensant «les postes à pourvoir hors Education nationale».

Sur le plan de la santé sera lancée une campagne de recrutement de «80 médecins de prévention» à partir de juin 2009. Un bilan de santé sera proposé à «tous les personnels de l’Education l’année de leur 50 ans» à partir de la rentrée 2010, a ajouté le ministre. Le comité d’hygiène et de sécurité va par ailleurs être transformé en comité d’hygiène, de sécurité et de sécurité des conditions de travail. «On va traiter enfin de la prévention des risques», s’est réjoui Luc Chatel.

 

Lutter contre l’absentéisme

Le ministre de l’Education a également fait des propositions pour lutter contre l’absentéisme à l’école. Il propose de confier aux préfets la responsabilité de suspendre les allocations familiales aux parents d’enfants qui pratiquent l’absentéisme scolaire. Le ministre a dit constater que «le contrat de responsabilité parentale (institué par la loi du 31 mars 2006 et signé entre des parents et le département, ndlr) ne fonctionne pas». Il permettait, en cas de manquement, au président du conseil général de demander à la Caisse d’allocations familiales (CAF) de suspendre les versements.

«Depuis 2006, quelques dizaines de cas ont été mis en oeuvre. Nous allons changer cela», a annoncé le ministre. «Je ne suis pas opposé à ce qu’il y ait une responsabilité des préfets», a-t-il avancé. Une telle disposition n’est «pas simple à organiser», elle nécessite de «trouver un véhicule législatif». Ce sera fait «dans les prochaines semaines», a assuré Luc Chatel, car le gouvernement veut aller «très vite».

 

 

 

 

 



Forum « Enfant aujourd’hui, Citoyen demain »

forum enfants
Le forum « Enfant aujourd’hui, Citoyen demain », organisé par le Réseau des enseignants du primaire en résistance, a réuni plus de 300 personnes au cours des 5 débats de la journée du samedi 27 mars 2010, à Montpellier et plus de 150 personnes pour la soirée d’ouverture, en soutien aux enseignants sanctionnés.

Les 20 intervenants, venus de toute la France et même de Belgique, ont eu des discussions alliant clarté et densité, qui ont permis d’aborder différents aspects des problématiques complexes liées à l’éducation en général, et aux transformations actuelles du système éducatif français en particulier.
Les riches échanges à la salle, qui ont suivi ces discussions, ont témoigné du vif intérêt des participants mais aussi de leurs grandes inquiétudes quant à l’avenir de l’école.
Les enregistrements audio de ces débats seront prochainement mis en ligne sur le site www.resistancepedagogique.org.

Les organisateurs de ce forum citoyen pour une école publique, laïque et populaire remercient vivement les nombreux partenaires de cet événement unique en son genre, pour leur aide précieuse et indispensable : les syndicats Sud éducation 34 et SNUipp 34, la Ville de Montpellier, le Conseil Général de l’Hérault, la Région Languedoc-Roussillon ainsi que l’ICEM-Pédagogie Freinet, la librairie Sauramps et le journal Mediapart.

Ils souhaitent maintenant que puisse se construire une véritable force collective de résistance à la déconstruction programmée de l’enseignement public, de la Maternelle à l’Université, et que puissent émerger des propositions concrètes pour une école de qualité au service de tous les enfants, afin qu’advienne une société plus juste et équitable.
Dans l’attente, l’édition spéciale de Mediapart consacrée à cette manifestation continuera d’apporter des éléments de réflexion en ce sens.

Pour les organisateurs,
Bastien Cazals
06.591.593.16



Des étudiants à la place des profs ? Non monsieur Chatel…

Des crayons de couleur (PharCyder/Flickr)

Mardi 9 mars, Luc Chatel, ministre de l’Education, a annoncé que les établissements scolaires pourraient puiser dans un contingent de retraités et d’étudiants pour palier les absences de profs. Une idée déjà avancée par son précédesseur, Xavier Darcos. Nouveau tollé chez les enseignants et les candidats au professorat. Un internaute recalé à seize places près a écrit une lettre ouverte à Luc Chatel dans la foulée de cette annonce.

Monsieur le Ministre,

Je rentre de l’école (à défaut d’être instit, je suis auxiliaire de vie scolaire, tu dois connaître) et quelle n’est pas ma joie de vous entendre à la télévision ! Dans votre joli costume, avec votre jolie cravate rayée, vous me susurrez ces quelques mots, en gros : « On fera désormais appel à des étudiants ainsi qu’à des retraités pour remplacer les profs absents ». Parce que les profs, on le sait, sont assez fainéants et souvent absents.

Ça tombe bien, je connais un type, les enfants, il aime ça. Il a même déjà vu quatorze fois « Les Goonies », « Jumanji » et connaît les Walt Disney sur le bout des doigts. Il s’occupe toujours bien de ses p’tits neveux quand ils viennent le voir dans sa p’tite maison. Son rêve, c’est de faire de longues études et de gagner plein de sous. En attendant, aller faire un tour dans une classe et se faire appeler « maître », ça peut le faire kiffer. Il sera intéressé, François. En plus, il a lu tout Piaget. Et puis il se retrousse souvent les manches le matin devant sa glace, comme Bégaudeau dans « Entre les Murs ».

François, Berthe ou Martine, au choix

Y’a aussi cette dame que j’entendais l’autre jour chez le coiffeur. Une petite centaine d’année, plus beaucoup de cheveux, sinon blancs, et la larme à l’œil lorsqu’elle se plaint au coiffeur efféminé de sa retraite exagérément petite. Elle, les classes, ça la connaît. Elle s’est toujours inspirée du maître de « La Guerre des boutons », foutant sans scrupule des coups de règle à ses ouailles.

Evidemment, lorsqu’elle va venir remplacer l’instituteur de CM2 de la ZEP chaude de Créteil, elle risque d’avoir recours à un dictionnaire de la banlieue, au début. « Kiffer », ça lui parle pas. Mais les coups de règle, c’est intemporel. Et puis, c’est pas parce qu’on est vieux qu’on tape moins fort. Non, Berthe, elle s’en sortira, c’est sûr. Bien vu ! D’ailleurs, la FCPE te suit.

Ah, sinon, t’as aussi Martine. Elle, c’est plus dangereux, déjà. Tu vois, les enfants, elle aime ça, mais de façon légèrement plus malsaine si tu vois c’que je veux dire. T’as vu « Little Children », avec Kate Winslet ? Ouais ? Ben elle serait un peu du genre du type de la piscine, là. Elle, c’est « Lolita », son roman culte. Enfin, niveau étude, ça le fait. Elle est maline, Martine, en plus ça rime. Elle a des licences, des masters et plein de trucs dans la psychologie. Elle a le profil. Oh, et puis de premier abord, elle est gentille, quoi. Juste, si elle te propose un bonbon et une place dans sa voiture, tu cours. Sinon… Bon, elle aura quand même des gamins dans sa classe. Tu me diras, c’est sympa pour elle !

Il existe pourtant une liste complémentaire…

Enfin, sinon, j’étais disponible, hein ? Tu sais, Luc, j’ai une licence en Staps et l’an passé j’ai passé le concours de professeur des écoles. Fichtre de moi, je l’ai loupé. De… seize places. Tu sais, je l’ai passé l’année dernière, l’année où tes collègues nous avaient supprimé pas mal de postes. On était tombé à 206 places dans mon académie, pour 2 500 inscrits. C’est pas mal comme stats, pour le minable salaire qu’on a ensuite, n’est ce pas ?

Enfin, j’ai terminé 222e sur 2 500, je mérite sûrement moins que Martine, Berthe et François d’être un instit. Parce que ce que tu ne précises pas, c’est que c’est la première année où l’on est confronté à ces problèmes de remplacements. D’habitude, tu fais appel à la liste complémentaire des concours. Oui oui, ne fais pas ton petit cachotier, tu sais très bien que tu as accès à nous tous, étudiants de cette liste qui a été ouverte, par vous, tout en sachant très bien que vous ne vous en serviriez pas. De l’indécence ? Où ça ?

Pense à notre situation à nous, étudiants, bloqués sur cette liste, ayant acheté notre cartable, pleins d’espoirs au courant du mois d’août. On se dit : « Ils ont fait une liste complémentaire, c’est pour s’en servir. » Et d’attendre, collés au téléphone, septembre, puis octobre, novembre, décembre. Ne pas baisser les bras, toujours y croire. Voir les premiers problèmes de remplacements dans les écoles, les drames dans les collèges et lycées dus au manque d’effectif. On se dit à nouveau que ça va sonner. Et puis non.

Cher Luc Chatel, c’était pour savoir : essaies-tu de rivaliser avec le PDG de France Telecom dans les vagues de suicide, en bon employeur que tu es, avec ce genre d’allocutions aussi provocatrices qu’honteuses ?

Cher Luc Chatel, je souhaite vraiment à tes enfants de ne pas tomber dans la classe de François, ni celle de Berthe, ni même celle de Martine. Vraiment. Mais j’attends, égoïstement, qu’il se passe quelque chose de grave, afin que vous vous rendiez compte de votre connerie.

En tous cas, tu m’as remotivé pour aller voter dimanche. Salutations quand même !

Photo : des crayons de couleur (PharCyder/Flickr)

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