Synthèse des réflexions des professeurs réunis en assemblée générale à propos des enseignements d’exploration institués dans le cadre de la réforme du lycée. Lycée Philippe Lamour – 27 mars 2010

Ce document a été produit  par les professeurs qui ont marqué leur opposition en refusant de participer aux groupes de travail pilotés par les IPR de différentes disciplines et visant à mettre en œuvre les enseignements d’exploration à la rentrée 2010.

 

1°) Les raisons pour lesquelles nous nous opposons aux enseignements d’exploration :

 

Raisons pédagogiques :

-       Les enseignements d’exploration se font au détriment des enseignements disciplinaires et des dispositifs  qui nous permettaient  un meilleur suivi des élèves (les heures dédoublées, modules, aide individualisée …).

-       Ces enseignements d’exploration vont dans le sens de l’affaiblissement des contenus disciplinaires, de la superficialité des réflexions qui  interdisent la construction de tout savoir commun en renforçant les représentations personnelles des élèves. 

-       La systématisation de la démarche d’enseignement d’exploration revient à imposer à tous une méthodologie pédagogique unique et à faire des enseignants de simples exécutants sans tenir compte de leur liberté pédagogique. Systématiser la démarche de projet à toutes les classes, c’est ignorer qu’un projet est une démarche particulière à un groupe d’élèves et à une équipe pédagogique volontaire.

-       La multiplication des enseignants devant les élèves empêche de créer des liens de confiance  entre professeurs et élèves qui donnent une dimension humaine à l’enseignement.

-       Cette réforme induit une réduction de notre liberté pédagogique. La perte de confiance envers les enseignants  met en cause leurs compétences pour délivrer un savoir et des méthodes.

-       Le professeur devrait devenir polyvalent de manière excessive, sans formation  (gérer les barrettes, la structure des emplois du temps, les rencontres d’orientation, etc .)

-       On ne peut systématiser la démarche pluridisciplinaire en ignorant le temps de concertation nécessaire.

-       Comment assurer  le suivi   de projets multiples et toujours plus individualisés ?

-       Imposer un enseignement dont les objectifs ne sont pas clairs  peut les rendre illisibles pour les élèves, d’autant plus qu’il n’est pas évalué. Seuls les élèves les plus autonomes pourront s’approprier les finalités de ces enseignements. Cette réforme aggravera donc les inégalités qu’elle prétend combattre.

-       Est-il moral d’ appliquer aussi hâtivement et massivement et sans expérimentation préalable  une réforme sur une génération d’élèves ?

 

Pour des raisons pratiques de mise en œuvre :

 

-       L’effectif élevé des classes de seconde est en contradiction avec les objectifs des enseignements d’exploration.

-       La solution proposée d’envoyer les élèves au CDI ou en totale autonomie lorsqu’ils ne seront pas pris en charge par l’enseignant dans le cadre de l’enseignement d’exploration n’est pas raisonnable.

-       Quel financement et quels crédits pour la mise en place de sorties et des activités à l’extérieur de l’établissement imposées par les enseignements d’exploration ?

 

Raisons politiques et administratives :

-       Gestion des « ressources humaines » : on demande aux enseignants beaucoup d’efforts supplémentaires tout en supprimant des postes et sans revaloriser leur salaire.

-       La polyvalence des enseignants ne saurait pallier les suppressions de postes (notamment celles de COP).

-       Systématiser les enseignements d’exploration c’est alourdir la charge de travail sans prévoir des heures de concertation systématiques, rémunérées ou incluses dans le service.

-       Cette réforme a été mise en place contre l’avis des personnels concernés. C’est une négation du dialogue social.

-       Renforcement du poids de la hiérarchie dans le cadre de la souplesse grandissante introduite par les enseignements d’exploration.

-       Les concurrences entre collègues, disciplines et établissements  risquent de se développer.

-       Cette réforme tend à développer l’annualisation du temps de travail des enseignants.

 

 

2°)  Ce qu’il faudrait mettre en œuvre pour répondre aux objectifs affichés pour les enseignements d’exploration:

 

Comment réaliser une nouvelle réforme sans avoir évalué les précédentes et en avoir tiré les enseignements nécessaires ?

 

a-    Ce qu’il faudrait vraiment pour faire des projets pluridisciplinaires

 

-       Laisser l’initiative aux équipes et leur donner les moyens de les mettre en œuvre en temps de concertation rémunéré, en matériel et en formation préalable.

 

 

b-   Ce qu’il faudrait vraiment pour améliorer l’orientation des élèves.

 

-       Développer le service  public d’orientation  en recrutant un personnel formé et compétent de COP au  lieu d’en réduire l’effectif et de se décharger de cette fonction sur les professeurs.

-       Donner une véritable culture générale en valorisant les fondamentaux sur des bases disciplinaires pour que les élèves soient à même de faire des choix raisonnés d’orientation.

 

c-    Ce qu’il faudrait pour diversifier nos dispositifs  pédagogiques.

 

-       Qu’on nous offre des possibilités de formation dans des conditions acceptables pour diversifier nos pratiques pédagogiques.

-       Nécessité de classes à effectifs réduits. Tous les  enseignements d’exploration ne peuvent se faire que dans des salles avec des équipements spécialisés et avec des effectifs réduits (salle multimédia, labos de langues, salles de TP, salle de danse et de musculation…).

-       Organiser des sorties et des travaux avec des partenaires extérieurs ne peut également se faire qu’avec de petits groupes.

 

 

 

Les enseignants opposés à cette réforme du lycée. 

Nîmes, le 27 mars 2010

 



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