Question écrite déposée par Jean Glavany, député, au ministre de l’éducation nationale :

14.04.2010.

Question écrite

Monsieur Jean Glavany attire l’attention de Monsieur le Ministre de l’Education Nationale sur la réforme de l’enseignement primaire et plus particulièrement sur les évaluations des CM2.

Ces évaluations sont annoncées comme des piliers de la réforme : fournir des indicateurs d’évaluation, lutter contre l’échec scolaire et mettre en place de nouveaux programmes.

Or il s’avère que les services du ministère ont dû procéder à une correction statistique pour assurer la comparabilité des deux évaluations 2009 et 2010. Dans un courrier adressé aux enseignants, il est précisé qu’il est impossible d’établir des comparaisons entre les résultats dans leur école et ceux constatés au plan national. Les épreuves de 2010 auraient été plus difficiles. Les résultats qui figurent sur le plan national ont donc fait l’objet de corrections destinées à remettre les élèves sur la même échelle.

Ces corrections, qui ne semblent pas de simples petits ajustements, portent à s’interroger quant à la validité des résultats et donc de l’ensemble du processus.

Il souhaiterait donc savoir dans quelles mesures ces évaluations restent fiables, à quoi elles servent et demande une clarification des objectifs poursuivis.



Les postes supprimés rapportent peu comparés aux problèmes posés (Luc Ferry)

Les suppressions de postes d’enseignants rapportent peu comparés aux
problèmes qu’elles posent, a estimé dans Le Monde daté de mercredi
l’ancien ministre de l’Education nationale Luc Ferry, en critiquant
aussi les réformes de la formation ou de la carte scolaire.
« Le fait est que ça ne rapporte pas grand-chose par rapport aux
problèmes que ça pose », a déclaré M. Ferry, qui fut ministre de 2002 à
2004.
« Avec les actuelles suppressions de postes, on économise 500 millions
d’euros par an. Cela plombe le ministre, empêche les réformes
audacieuses et les économies sont annulées dans la seconde par
d’autres décisions, comme la suppression de la pub à la télévision
publique ou la TVA pour les restaurateurs, qui font perdre environ
huit à dix fois plus que ce qu’on a économisé à l’éducation! ça vaut
la peine ? », s’est-il interrogé.
La réforme de la formation des enseignants, dite « masterisation », « est
calamiteuse » et l’actuel ministre « Luc Chatel le sait », a ajouté M. Ferry.

Son prédécesseur « Xavier Darcos lui a laissé une grenade dégoupillée.
Supprimer les stagiaires est une idée de gestionnaire au petit pied.
Cela fait gagner 15.000 postes, mais sur une seule année, ce qui ne
règle rien au fond. C’est le type même d’une mesure cynique », selon
Luc Ferry.
L’ancien ministre a encore qualifié la réforme de la carte scolaire de
« pure blague » qui « n’a fait que renforcer les communautarismes » et a
répété « avoir toujours été contre » la suppression des allocations
familiales pour lutter contre l’absentéisme des élèves car « c’est
ajouter la misère à la misère »

AFP, mardi 13 avril 2010



Nous n’acceptons pas…

Voici la motion de l’AG unitaire du samedi 10 avril 2010 :

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3674

Elle est complétée  par la liste des syndicats, associations, coordinations et établissements représentés. https://docs.google.com
Nous, parents d’élèves, étudiants, enseignants du premier, du second degré et du supérieur,formateurs et enseignants des IUFM et des UFR, BIATOSS, chercheurs, réunis en assemblée générale unitaire ce 10 avril, n’acceptons pas une politique destinée à détruire jusqu’à l’idée même de service public de l’Éducation et à faire de la formation et l’éducation des marchandises.
Cette attaque contre l’éducation s’inscrit également dans une entreprise de casse du travail qui frappe aussi  bien le privé que tous les secteurs du public : santé, recherche, justice, culture, pôle emploi.
Nous n’acceptons pas que l’idéologie managériale étende sans cesse son empire, avec les conséquences que l’on sait (exemple de France Télécom, notamment).

Ensemble contre la destruction de l’Éducation nationale, de la maternelle à l’université
Nous continuons à refuser l’opération de casse de l’Éducation nationale baptisée « mastérisation ». Nous affirmons à nouveau, avec la quasi-totalité des syndicats, des associations, des sociétés savantes et un très grand nombre de conseils d’UFR, de conseils centraux d’universités, que nous n’acceptons pas que, sous prétexte d’économies, mais en réalité pour privatiser et marchandiser le savoir, on sabote irrémédiablement la formation des enseignants, que l’on tue les IUFM, les formations à la recherche, que l’on contraigne les nouveaux enseignants à prendre en charge des classes à temps plein dès la première année, sans véritable formation, et que l’on dénature les concours de recrutement, compromettant ainsi durablement la qualité de l’enseignement.
Au moment où le ministre réunit des « États généraux de la sécurité à l’École », il organise en même temps les conditions nécessaires au développement de l’insécurité pour 1,6 millions d’élèves, leurs enseignants-stagiaires non formés, premières victimes de cette réforme, et les établissements où ils seront affectés,Il organise une managérialisation de la gestion des établissements et des personnels, qui déstabilise la situation des agents titulaires et généralise la précarité.

Nous réaffirmons, avec les 80 000 signataires de la pétition nationale, qu’enseigner est un métier qui s’apprend et que la formation des enseignants est un investissement indispensable à l’avenir du pays.
Ce que nous exigeons, dès 2010-2011
Nous exigeons, dès 2010-2011 que :

Les décrets de juillet 2009 soient abrogés et la réforme abandonnée
Les nouveaux enseignants n’effectuent qu’un tiers de leur service de
référence et bénéficient d’une véritable formation au métier pendant les
deux tiers restants,
On puisse s’inscrire au concours de professeur des écoles et au CAPES avec une licence, à l’agrégation avec une première année de Master,
Soit réaffirmé le rôle central des IUFM, et le rôle des maîtres-formateurs (détenteurs d’une certification) dans la formation des  futurs enseignants,
Soient restitués les 16 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale,
Le recrutement de non-titulaires soit arrêté,
La préparation aux concours et une vraie année de formation après le concours soient reconnues par une équivalence de Master,
Le calendrier actuel et le contenu des concours de recrutement soient maintenus,
La préservation, la conservation, l’entretien et le développement de l’intégralité du patrimoine public de l’Éducation nationale soient assurés
de façon pérenne,
* Soient abandonnées les réformes qui attaquent le premier degré (évaluations nationales, suppression des RASED, réduction du temps scolaire,aide personnalisée, stages de remise à niveau, risque de mise en place des EPEP),
Soit abandonnée la réforme des lycées, en préparation pour la prochaine rentrée, qui entraîne la diminution des Dotations Horaires Globales, l’augmentation des heures supplémentaires au détriment des heures postes, la précarisation de la fonction de professeur (stagiaires, contractuels), le dévoiement des savoirs enseignés au profit de pseudo compétences de pré-professionnalisation, l’arbitrage sur les DHG à l’échelle des établissements, générateur de conflits entre les disciplines et de concurrence entre les établissements.
Nous ne participerons pas à la mise en œuvre de ces mesures et nous nous y opposerons, jusqu’à l’abrogation des décrets et à l’abandon de la réforme. Nous ne contribuerons ni à la mise en place pour des étudiants de stages en responsabilité qui ne sont que des emplois précaires déguisés, ni à un « compagnonnage » sans moyens et sans ambition, ni à la confection de masters au rabais, ni à la préparation
des concours.
Aujourd’hui, contribuer à la destruction de l’Éducation nationale ne saurait faire partie des obligations de service, « Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable », c’est garantir la qualité du service public contre l’acharnement idéologique dont il est victime.
Nous soutiendrons solidairement tout personnel en butte à des pressions hiérarchiques et à des mesures de rétorsion disciplinaires ou autres, pour faits de résistance à la destruction de l’Éducation nationale, de la maternelle à l’université.
Tout (re)commence en mai
Nous appelons tous les citoyens, étudiants, stagiaires, parents, enseignants, BIATOSS, de la maternelle à l’université, tous les syndicats à se mobiliser pour que ces « réformes » soient définitivement rejetées.
Nous appelons à un mot d’ordre unitaire de toutes les organisations syndicales pour le retrait immédiat de ces « réformes » qui devra permettre de les balayer.
Nous appelons tous les personnels à œuvrer dans le sens d’une grève  reconductible dès le mois de mai. Nous nous réunirons à nouveau le samedi 15 mai pour faire  ensemble un nouveau bilan d’étape, élargir et renforcer les moyens d’action.
Nous proposons dès maintenant à tous ceux qui sont prêts à se battre pour  défendre l’Éducation nationale des pistes pour entrer dès maintenant dans  l’action :
Nous proposons de réfléchir dès aujourd’hui à la possibilité de mettre en place une grève des examens et un blocage des concours de recrutement si le  ministère s’obstinait à les organiser en automne. Nous appelons à organiser et à animer des assemblées générales unitaires et transversales de villes et d’arrondissement, pour développer et coordonner  localement des luttes de la maternelle à l’université.
Nous recommandons d’imaginer des actions visibles : Nuit des  écoles/universités/IUFM, marches nocturnes, pique-niques, etc., selon les
possibilités locales. Nous soutiendrons toutes les actions de refus collectif d’être tuteur et d’organiser, d’encadrer ou d’évaluer des stages en responsabilité avant les  concours.
Nous coordonnerons les différents mouvements en cours dans l’Éducation nationale : interconnexion des listes de diffusion et des sites Internet (CNU,  SLU, CNFDE, syndicats, AG locales, Appel des appels, etc.), liens entre les  collectifs de pilotage.
Nous proposons de préparer une grève nationale par des actions coordonnées  de grève par roulement (une journée) et de « grève marchante » (les grévistes d’un établissement vont à la rencontre des établissements voisins).
Nous recommandons de s’opposer partout à la remontée des maquettes de  masters « enseignement » et d’imposer la transparence dans les établissements sur leur élaboration.
La pétition « 100 000 voix pour la formation des enseignants », qui dépasse aujourd’hui les 80 000 signatures, doit être complétée rapidement et sa remise au ministère donnera lieu à une action médiatisée.
Nous appelons tous les jurys de concours à adopter des motions condamnant la réforme, à l’instar du jury du CAPES d’histoire-géographie.
La présente motion est destinée à être largement diffusée et à servir d’appui dans les conseils et les différentes instances pour appuyer les motions et les propositions d’action.



Hazan : « Oui, nous avons un recul gouvernemental »

Au lendemain des Etats généraux de la sécurité de l’école (EGSE), Jean-Jacques Hazan, président de la première association de parents d’élèves, la Fcpe, manifeste une déception mesurée. Déception sur l’avenir de la formation des enseignants. Mais sentiment d’un recul gouvernemental sur la question des rythmes scolaires.

Le ministre a rendu public ses décisions. Pensez vous qu’il ait bien entendu les contributions du 7 avril ?

Pas assez. On a parlé de pédagogie a peu près tout le temps durant les Etats généraux et son hésitation reste un problème. D’une façon globale c’est la réforme de la masterisation qui pose problème. D’ailleurs dans son allocution de clôture, il n’a pas pu (ni voulu) faire d’impasse sur le sujet. Mais ceci pose problème. Comment obliger à cette formation à la conduite de classe dans le cadre actuel : la circulaire de décembre ne la prévoit pas, le concours non plus. Si le ministre veut abroger la circulaire, nous l’applaudirons !

Luc Chatel prône l’exclusion des élèves perturbateurs et le retrait des allocations familiales pour les familles qui « ne tiennent pas » leurs enfants. Pensez vous que ce soit efficace pour lutter contre la violence scolaire ?

Non bien sur. On a les exemples contraires sous les yeux en Angleterre sur les sanctions financières par exemple et aux Etats Unis à propos de la tolérance zéro. Mais comme dit Eric Debarbieux, on a fait des progrès. Les Etats généraux ont balayé ces types de solutions dès la première demi journée. Il est dommage que le ministre se soit cru obligé de nous resservir ces recettes. Même s’il y met un bémol sérieux, avec beaucoup de filtres et de précautions. Même B. Hortefeux nous a parlé de pédagogie et a indiqué par exemple au sujet du règlement des établissements qui doit être connu et reconnu donc expliqué avec pédagogie.

La question des rythmes scolaires tient à coeur à la Fcpe. Pensez vous avoir été entendu sur ce sujet ?

Incontestablement, oui. Le débat a ressurgi : en effet fatigue et stress sont facteurs de risque. Il faut donc agir sur les temps, tous les temps (devoirs compris) et déstresser par une autre pédagogie et une autre pratique de l’évaluation aussi. Nous avons publié notre contribution d’ailleurs qui reprend ces éléments.

Nous attendons une « convocation » pour aborder cette question avec le ministère et nos partenaires SIEN, JPA et RFVE ainsi que tous ces chercheurs qui y ont consacré une bonne partie de leurs travaux et parfois de leur vie. Nous restons disponibles et nous l’avons fait savoir au cabinet du ministre et à la dgesco , pour agir concrètement et faire évoluer les choses concrètement sur le terrain. Je pense que la campagne nationale et sans relâche de la Fcpe a été prise en considération et que la porte est ouverte.

Oui nous avons un recul gouvernemental, ne nous y trompons pas. A ceux qui ont critiqué la violence et le contenu de la mesure unilatérale de X Darcos, nous disons : il y a maintenant un moyen de reconquérir et redonner la place a ce temps scolaire, d’en finir avec cette mesure contre l’école et les élèves qui a été mise en place en 2008 contre toutes les volontés exprimées.

Il ne faudrait pas que pour des commodités personnels, finalement certains se contentent ou en viennent a accepter le plan destructeur de Xavier Darcos. Tout cela n’est donc pas terminé et nécessite une vraie concertation parce qu’il est temps d’agir.

Jean-Jacques Hazan



Pourquoi l’école est réduite aux «compétences de base»

Article Médiapart

«Il se dégage, dans toute l’Union, une tendance claire en faveur d’un enseignement et d’un apprentissage axés sur les compétence et d’une démarche fondée sur les acquis de l’apprentissage. Le cadre européen des compétences clés a largement contribué à cette évolution. Dans certains pays, celui-ci a été au cœur de la réforme des politiques éducatives». En écrivant ces lignes dans un rapport de 2009, la Commission européenne exprimait sa très grande satisfaction. Mais les professeurs, les élèves et les parents doivent-ils pareillement se féliciter de l’omniprésence du mot «compétences» dans l’enseignement ?

Le concept de «compétence» et les doctrines pédagogiques qui s’en revendiquent sont soumis à des feux de critique intense au sein même du monde éducatif. Dans les pays où l’approche par compétences a été introduite depuis plusieurs années déjà (Québec, Pays-Bas, Suisse et Belgique francophones, France…) on lui reproche de négliger les connaissances au profit des seuls savoir-faire pratiques, d’induire une plus grande inégalité entre les élèves, de figer les pratiques enseignantes dans des procédures routinières, d’imposer des procédures d’évaluation incessantes et de naturaliser de façon idéaliste une pure abstration : la «capacité de mobiliser des savoirs». Pourtant, malgré ces critiques et comme en témoigne la citation de la Commission européenne ci-dessus, les diverses formes d’enseignement axé sur les compétences (ou de «outcome-based education») continuent de fleurir de par le monde.

C’est que la raison de ce succès ne doit pas être cherchée dans les travaux des sciences de l’éducation ou de la psychologie cognitive, mais plus simplement dans les évolutions du marché du travail et les attentes que les employeurs formulent à l’adresse des systèmes d’enseignement.

Flexibilité et polarisation

La crise mondiale du capitalisme se traduit par une grande instabilité économique et une quête obsessionnelle d’innovation. Il est impossible de prédire quels seront les secteurs ou les produits les plus «porteurs» d’ici quelques années; impossible aussi de savoir à quoi ressembleront les rapports techniques de production dans dix ans. Par conséquent il est vain de prétendre anticiper les connaissances dont les travailleurs devront être dotés demain. Sur cette instabilité de l’environnement économique et technologique vient en outre se greffer une redéfinition de l’organisation du travail : celle-ci ne consiste plus à découper la production en opérations partielles et répétitives confiées, chacune, à un travailleur. Désormais chaque travailleur doit accomplir des tâches variées et donc maîtriser des compétences extrêmement diverses. La seule chose que l’on puisse dire du travailleur futur, c’est qu’il devra être à la fois adaptable et polyvalent. En un mot : flexible.

La deuxième grande évolution du marché du travail concerne les niveaux de formation et de qualification. Le vocable «économie de la connaissance» pourrait faire imaginer une élévation généralisée des niveaux d’instruction requis par le marché du travail. Mais cette vue est absolument trompeuse. En réalité, la plupart des études indiquent plutôt une «polarisation» du marché du travail.

Selon les projections de l’agence européenne CEDEFOP, on observe certes une croissance des emplois à haut niveau de connaissance, comme les managers et les professionnels hautement qualifiés. Mais parallèlement, le nombre de postes dans les «elementary occupations» continue aussi d’augmenter : dans les 25 pays de l’UE, il est passé de 8,6% en 1996 à 10,9% en 2006 et on prévoit 11,8% en 2015. L’idée que le monde du travail tend à se polariser entre Mac-Jobs (par référence à l’ordinateur d’Apple) et Mc-Jobs (par référence à la chaîne de fast food) fait son chemin et dicte désormais les orientations des politiques de formation.

Ainsi l’OCDE estime que «tous n’embrasseront pas une carrière dans le dynamique secteur de la “nouvelle économie” – en fait, la plupart ne le feront pas – de sorte que les programmes scolaires ne peuvent être conçus comme si tous devaient aller loin»

Adapter l’enseignement

La question fondamentale qui se pose aux décideurs de l’enseignement dans les pays capitalistes avancés est donc la suivante : à quoi doivent ressembler les contenus et les pratiques d’éducation, en particulier pour les années d’école qui sont communes pour tous, si l’on veut que celles-ci répondent aux tendances lourdes des marchés du travail ?L’approche par compétences intervient comme un élément importante de réponse à cette question.

Premièrement, elle permet de rapprocher le monde de l’enseignement du monde de l’entreprise. Les élèves rencontreront rapidement les procédures de formation et d’évaluation, les exigences et les attentes qu’ils rencontreront dans le monde professionnel.

Deuxièmement, l’approche par compétences permet, de la maternelle à l’université, de recentrer la formation sur les exigences premières du marché du travail : l’adaptabilité et la mobilité des travailleurs. Grâce à elle, estime Perrenoud, l’élève sera «capable de mobiliser ses acquis scolaires en dehors de l’école, dans des situations diverses, complexes, imprévisibles ».

Enfin, l’approche par compétences résoud la contradiction entre un enseignement largement commun (de l’école maternelle jusqu’à 12, 14 ou 16 ans, selon les pays) et un marché du travail de plus en plus polarisé. Il est désormais superflu et économiquement inadmissible de d’envisager l’instruction de tous les élèves dans le latin, le calcul différentiel, l’histoire de la littérature, tous ces savoirs «gratuits» qui ne sont d’aucune utilité sur le marché du travail. Quant aux savoirs techniques, aux qualifications professionnelles, ils sont trop éphémères, trop vite obsolètes, pour que cela vaille la peine d’encore les enseigner au niveau d’une formation de base. C’est pourquoi, «l’approche par compétences vise à l’intégration de vastes connaissances professionnelles, de coopérations socio-communicatives, d’une pensée orientée vers la résolution de problèmes et de capacités autorégulatrices. Nous nous dirigeons vers des formations de base plus polyvalentes (…) Etre capable d’agir efficacement dans des contextes changeants exige que les processus d’apprentissages partent de situations réelles, de projets concrets».

Les compétences-clé

Par le fait même que leur formulation est extrêmement vague, les compétences permettent de ramener les objectifs de l’enseignement obligatoire à ce qui doit constituer le bagage commun de personnes aux destins professionnels aussi différents qu’un ingénieur et un vendeur de hamburgers. La forme ultime de ce «plus petit commun dénominateur», ce sont les compétences de base que s’attache à promouvoir l’Union européenne : communication dans la langue maternelle, communication dans une ou plusieurs langues étrangères, culture scientifique, technologique et mathématique, alphabétisation numérique (utilisation d’un ordinateur), flexibilité et adaptabilité, esprit d’entreprise…

Telles sont en effet les compétences requises pour tous les emplois, y-compris ceux occupés par des travailleurs réputés sans qualification. Ces derniers doivent pouvoir lire et écrire, effectuer une multiplication et une addition, baragouiner quelques mots d’anglais et de néerlandais, utiliser un traitement de texte, effectuer une recherche sur Google, transférer un fichier sur une clé USB, s’exprimer poliment, faire la conversation aux clients, posséder un permis de conduire et trouver leur route au moyen d’un GPS. On attend aussi d’eux qu’il aient le sens du travail d’équipe, qu’ils soient disponibles le week-end et en soirée, qu’ils sachent se sacrifier à leur entreprise, qu’ils puissent prendre des initiatives quand c’est nécessaire, qu’ils n’en prennent surtout pas quand il ne faut pas, qu’ils soient disciplinés au travail, qu’ils fassent copain-copain avec leur supérieur lors du barbecue de fin d’année et qu’ils y apprennent avec le sourire qu’ils seront virés à la rentrée.

L’approche par compétences, le travail sur des projets de mini-entreprises scolaires et le recentrage sur les compétences de base énumérées ci-dessus doivent transformer les travailleurs «non qualifiés» en ces espèces de «bonnes à tout faire» du marché du travail. Leurs compétences de base éparses, partagées par tous, ne devront pas être reconnues comme telles sur le marché du travail, ni donc valorisées. Actuellement, selon la Commission européenne, 75 millions de travailleurs européens (soit 32%) ne possèdent pas ces compétences de base. Dès lors, ils restent en marge du marché du travail et ne participent pas à la rotation rapide de la main d’œuvre. Si demain le réservoir dans lequel on peut puiser les «travailleurs non qualifiés mais compétents» augmentait de 75 millions d’unités, imaginez les pressions que les employeurs pourraient exercer sur les salaires et les conditions de travail…

Remarquons encore que la formulation des compétences de base ne signifie évidemment pas que personne ne devrait aller au-delà. Une partie importante des futurs travailleurs devra poursuivre des études en vue de l’acquisition de qualifications de haut niveau. Et les élites sociales continueront aussi de s’assurer que leurs propres enfants aient accès à la formation humaniste qui leur offrira la capacité de diriger le monde. Mais cela se fera en partie en dehors de l’école et en partie dans les écoles qui sont, aujourd’hui déjà, réservées aux élites. Là encore, l’approche par compétences prend toute son importance puisque son caractère flou, imprécis, permet justement d’interpréter les mêmes programmes de façon extrêmement variable.

Quelle école voulons nous ?

Au fond, que nous demande-t-on ? D’appauvrir l’enseignement, d’en réduire les objectifs à une demi-douzaine de «compétences de base». Et au nom de quoi ? Des besoins d’un système économique dont la faillite est patente et la fin irrémédiable, quoiqu’imprévisible. La question qui se pose aujourd’hui à l’humanité n’est plus : «l’économie capitaliste a-t-elle un avenir ?». Mais seulement : «par quelles violences, quelles souffrances nous faudra-t-il encore passer pour mettre fin à ce système ?» Et pour l’école, la question pertinente n’est donc pas «de quels savoirs armer les jeunes pour être compétitifs dans cette économie, pour être les plus forts, pour écraser les autres», mais bien : «quels savoirs et quelles valeurs leur seront nécessaires afin de sortir le monde des crises économiques, climatiques, écologiques, énergétiques, alimentaires, sociales, culturelles… qui s’enchaînent avec une force toujours redoublée ? Quels savoirs et quelles valeurs l’éducation doit-elle transmettre — et à qui les transmettre ? — pour accélérer la fin d’un ordre économique et social anarchique et inique, qui conduit l’humanité à la ruine ?». La réponse à cette question-là réside beaucoup moins dans la quête de compétence que dans la fusion d’une solide formation générale et polytechnique et d’une éducation aux valeurs d’ouverture, de solidarité et de réflexion critique.

 

Une version nettement plus développée de cet article est disponible sur le site de l’Appel pour une école démocratique sous le titre : L’approche par compétences, une mystification pédagogique

 



Finlande : le bon élève des systèmes éducatifs occidentaux peut-il être un modèle ?

La commission de la culture et de l’éducation publie son rapport d’information
sur la politique éducative en Finlande

Le mercredi 7 avril 2010, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, du Sénat, présidée par M. Jacques Legendre (UMP, Nord), a adopté un rapport d’information sur la politique éducative en Finlande, suite à la mission dans ce pays d’une délégation conduite par Mme Colette Mélot (UMP, Seine-et-Marne) et composée en outre de M. Pierre Martin (UMP, Somme), Mme Françoise Cartron (Soc., Gironde), M. Claude Domeizel (Soc., Alpes-de-Haute-Provence) et Mme Lucienne Malovry (UMP, Val d’Oise).

Pourquoi la Finlande ? Parce qu’elle est le meilleur élève des pays de l’OCDE d’après les enquêtes PISA et fait figure de modèle. L’exemple finlandais est en effet séduisant, puisque ce pays semble avoir trouvé réponse à des questions aussi difficiles que la recherche de l’équité et de l’efficience du système, la conciliation de cette équité avec une forte autonomie des acteurs, ou encore la forte réduction de l’échec scolaire.

Si tout modèle présente ses limites et n’est pas facilement transposable, pour autant, l’observation des réussites étrangères peut toujours être utilement une source de réflexion, voire d’inspiration, pour les pays partenaires.

Pour Colette Mélot : « l’exemple finlandais nous invite à la réflexion et il peut être un support utile pour des réflexions fructueuses dans notre pays, par exemple – mais non exclusivement – sur les sujets suivants : le rythme scolaire, la formation des enseignants, le degré d’autonomie du chef d’établissement, le travail en équipe des enseignants ou le caractère plus ou moins modulaire du lycée… ».

Ce rapport vient d’être rendu public sur le site Internet du Sénat, à l’adresse suivante : http://www.senat.fr/noticerap/2009/r09-399-notice.html



Etats généraux : Chatel préfère Sarkozy aux experts. Par François Jarraud

Déception. C’est le maître mot de la deuxième journée des Etats généraux de la sécurité à l’école, le 8 avril 2010. Ils débouchent sur des décisions en contradiction avec les recommandations du comité scientifique mais en accord avec les propos élyséens.

Rappelons que la première journée, le 7 avril, avait été consacrée à des exposés d’experts qui mettaient en avant la nécessité de nouer le dialogue avec les parents, d’ouvrir les établissements sur leur environnement, de stabiliser les équipes, de donner du sens aux enseignements, de la pédagogie et de la justice aux sanctions. Le ministre avait souligné sa volonté de sortir de l’idéologique et des oppositions inutiles, de dialoguer avec les experts et les acteurs, de chercher le consensus. Le 8 avril, les ateliers ont restitué leurs travaux tenus la veille. Ils ont largement mis en avant la nécessité d’améliorer la formation des enseignants, de créer des partenariats avec l’environnement des établissements, d’imaginer des pratiques pédagogiques innovantes.

Une conclusion qui nie les travaux des experts. Luc Chatel a présneté en clôture des Etats ses décisions. Certaines s’inspirent des travaux de la commission. C’est le cas par exemple pour la mise en place d’une enquête nationale de victimation et des améliorations apportées à Sivis ou de l’idée d’organiser les conseils de discipline en dehors des établissements. Mais les autres décisions plagient les propos du président de la république.

Singer Sarkozy. Le 24 mars,Nicolas Sarkozy avait déclaré : « L’absentéisme scolaire est un fléau. La responsabilité des parents doit être engagée, les sanctions en matière d’allocations familiales doivent être effectives, les jeunes qui ne peuvent pas suivre une scolarité normale seront placés dans des établissements adaptés où ils ne perturberont plus la vie des autres et où ils feront l’objet d’un accompagnement spécifique ». Luc CHatel le 8 avril : « certains élèves ne se plient pas aux règles. Je ne me déroberai pas. Ces élèves particulièrement perturbateurs pourront être sortis de la classe. Il ne s’agit pas de les exclure. Il s’agit de les placer dans des structures adaptées, aussi longtemps que nécessaire… Qui pourrait nier que certains parents n’assument pas leurs responsabilités au point de mettre leur propre enfant en danger ? Eh bien, dans les cas les plus flagrants, nous devons aller jusqu’à rendre effectives les sanctions en matière d’allocations familiales ».

Sur le mode conservateur et autoritaire, Luc CHatel va d’ailleurs encore plus loin. Ainsi quand il fait inscrire « le savoir-vivre » dans ses objectifs avec le vouvoiement… Quand il promet portiques de sécurité et caméras de surveillance, alors que les Etats généraux ont montré leur peu d’efficacité voire leurs effets pervers. Luc CHatel promet bien d ’améliorer la formation des enseignants mais c’est sous la forme d’une formation à « la gestion des conflits », ce qui est très réducteur.

Des Etats généraux pour revoir l’éducation prioritaire ? Le ministre « profite de l’occasion historique » pour revoir les réseaux Ambition réussite et proposer à leur place les CLAIR (collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite). Une appellation pompeuse qui permet de s’affranchir des normes. Les chefs d’établissement pourront choisir leurs enseignants.. mais devront avoir un « préfet des études » pour chaque niveau. La montagne d’expertise a accouché des vieilles souris.

Lire le reportage du Café

Le dossier du ministère

Sarkozy le 24 mars


Les réactions syndicales aux Etats généraux

Les syndicats manifestent leur déception devant le smesures annoncées par Luc CHatel le 8 avril.

« Les 5 « orientations » que Luc Chatel a annoncées en clôture de ces États généraux sont en décalage complet avec les attentes exprimées lors de ces journées », estime la FSU. « Et pourtant, la richesse des présentations et des pistes proposées par Eric DEBARBIEUX au nom du conseil scientifique pouvait laisser espérer que ces États généraux débouchent sur des mesures ambitieuses et partagées pour faire reculer la violence en milieu scolaire en agissant sur l’ensemble des facteurs. Loin de s’appuyer sur les enseignements de la recherche et des expériences positives menées à l’étranger, le ministre persiste à prôner des mesures d’inspiration sécuritaire au détriment de dispositions éducatives et sociales ».

Le Se-Unsa regrette « que dans sa conclusion, Luc Chatel n’ait pu sortir des figures imposées du sarkozysme : menaces sur les allocations familiales, vouvoiement des élèves, vidéo-protection … S’il semble entendre le besoin de formation des enseignants exprimé unanimement lors de ces Etats Généraux, le ministre reste prisonnier de la catastrophique « mastérisation ». De la même manière, le contexte budgétaire rend peu crédible certaines bonnes intentions affichées… Cependant, en sortant des caricatures faciles mais aussi en évacuant les sujets qui fâchent (présence adulte renforcée dans les établissements, moyens pour le travail en équipe…), le ministre semble vouloir prendre le temps de poursuivre ce travail. Il s’est engagé à le faire dans la concertation ».

« De fait, alors que les débats avaient essentiellement développé les démarches de prévention et de dialogue, et rejeté les approches exclusives, le ministre a ciblé son propos sur la sanction et les mesures répressives », estime le Sgen Cfdt. Ainsi, les mesures coercitives visant les élèves et leur familles ont été reprises : placer les élèves perturbateurs dans des établissements spécifiques, supprimer les allocations familiales aux parents…et d’autres vielles lunes se référant aux année 50, supposées redonner l’autorité aux maîtres ont refait surface comme « le rituel d’entrée dans la classe » . Mais rien sur la démocratie à l’école, la démarche participative, le renforcement des liens élèves/ professeurs, parents/ professeurs : les conseils d’élèves , les conseils de vie collégienne n’ont pas été cités ; l’accompagnement personnalisé en collège n’a pas été évoqué ».

Pour Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile-de-France, et Henriette Zoughebi, Vice-présidente chargée des lycées, « les annonces faites par le ministre de l’Education nationale en conclusion des Etats généraux de la sécurité à l’école « ne sont à la hauteur ni des attentes de la communauté éducative, ni des enjeux posés durant ces deux journées de débats »…. Nous l’avons dit et répété ces derniers mois. Pour lutter contre la violence à l’école, il faut davantage de surveillants à temps plein, il faut des enseignants bien formés et expérimentés, il faut une équipe éducative soudée autour d’un projet pédagogique. Il ne suffit pas de rehausser les murs et d’installer des caméras de vidéo-surveillance. La Région Ile-de-France l’a bien sûr fait en construisant ou rénovant 260 lycées sur 471 et en dotant plus de 400 établissements des équipements de sécurité (portails, clôtures, vidéoprotection) réclamés par les communautés éducatives. Mais les moyens humains sont le meilleur rempart contre la violence ».

Eric Debarbieux souligne, quant à lui des « avancées ». « L’idée que la lutte contre les violences à l’école, c’est pas simplement la lutte contre les bandes, c’est pas simplement la lutte contre les intrusions extérieures mais aussi une lutte contre les violences au quotidien, les microviolences, vous l’avez souvent entendu, ça ? C’est important » souligne E. Debarbieux à l’AFP.

Communiqué Debarbieux

Communiqué FSU

Communiqué Se-Unsa



La caravane pour l’éducation à rendez-vous avec Luc Chatel

résident de l’Association Laïque des Parents d’Élèves du collège de Paulhan(34), je vous prie de faire suivre ce message aux enseignants élus et aux associations de parents d’élèves de votre établissement.

Un groupe de profs et de parents du collège de l’Estaque près de Marseille a entamé, lundi 05 avril 2010,
un périple d’une semaine pour « dénoncer les conséquences dramatiques des réductions de moyens
pour l’Education nationale qui se trouve en situation de détresse ».
Sur la route qui les mène à Paris, leur caravane s’arrêtera à Montpellier, Valence, Grenoble et Lyon.

http://estaque-engreve.blogspot.com

Veuillez participer au blog, par un message de soutien.
Votre établissement est en lutte contre la casse de l’éducation ?
Poster vos doléances sous forme de fiche type pdf pour qu’on les dépose au ministère de l’education Nationale .

Pauhlan



À quoi sert le bouclier fiscal ? À massacrer la formation des enseignants !

Christophe Pébarthe, le blog de Médiapart, 1er avril 2010

Pour lire ce texte sur le blog de Médiapart

En 2009, 16 350 foyers fiscaux ont reçu au titre du bouclier fiscal 585 millions d’euros. Les 1 000 plus riches d’entre eux dont le patrimoine dépasse le plus souvent 15,8 millions d’euros en ont capté 368 millions, soit un chèque moyen de 360 000 euros ; les cent plus riches, 115 millions d’euros, soit un chèque moyen de 1,15 million d’euros. Certains députés de la majorité s’interrogent désormais sur cette mesure, après l’avoir votée avec enthousiasme, et envisagent de la supprimer.

Parallèlement, avec la réforme de la formation des enseignants qui aura pour effet immédiat d’affecter des fonctionnaires stagiaires à temps plein ou presque devant des classes, ce que chacun s’accorde à trouver scandaleux, le gouvernement économise 3 061 postes équivalent temps plein dans le primaire public et 2 244 postes équivalent temps plein dans le secondaire public, soit 5 305 postes. En terme de coût pour le budget de l’État, cette suppression de postes équivaut à un montant inférieur à 200 millions d’euros annuels.

Autrement dit, pour notamment favoriser la situation de 1 000 foyers fiscaux possédant pour la plupart d’entre eux un patrimoine dont la valeur dépasse les 15,8 millions d’euros, le gouvernement s’apprête donc à placer 16 500 enseignants sans formation devant 1,6 million d’élèves (selon les calculs de Sauvons l’Université !). Ajoutons que ces nouvelles modalités d’affectation des fonctionnaires stagiaires sont couplées avec des dates de concours (entre septembre et novembre au lieu du printemps) qui désorganisent les cursus universitaires et les préparations.

En supprimant le bouclier fiscal, en revenant à une année de stage avec une formation en alternance pour les enseignants nouvellement recrutés, en demandant au Ministre de l’Éducation Nationale de revoir le calendrier des écrits des concours de recrutement et en restituant les postes économisés sur le dos des élèves, des enseignants, des parents et de la société toute entière, les députés pourraient montrer qu’ils sont capables d’entendre certains messages des Français et même d’appliquer la politique du président de la République qui, s’adressant aux enseignants, déclarait le 4 septembre 2007 : « La Nation vous doit une reconnaissance plus grande, de meilleures perspectives de carrière, un meilleur niveau de vie, de meilleures conditions de travail ». Une reconnaissance plus grande et de meilleures conditions de travail supposent une entrée digne dans les métiers de l’enseignement.

Ce sont désormais les membres de la communauté universitaire, 1,6 million d’élèves et leurs parents, 16 500 futurs nouveaux enseignants qui vous regardent et qui attendent un collectif budgétaire. Serez-vous plus sensibles au doux regard de 16 350 foyers fiscaux, députés de la majorité ?

Christophe Pébarthe, maître de conférences en histoire grecque à l’université Bordeaux 3



Clôture de son 7ème Congrès : l’UNL à l’offensive contre l’école à deux vitesses !

Le 7ème congrès de l’UNL, qui réunissait 300 délégués lycéens à paris depuis samedi, s’est clôt lundi 5 avril.

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen de France, a profité de cette occasion pour affirmer sa volonté de porter les aspirations de la jeunesse, sa volonté d’imposer un changement de cap au gouvernement en matière de politique éducative et a formulé ses exigences pour remettre l’égalité des droits au cœur du service public.

Les lycéens attendent des mesures fortes pour mettre en sécurité sociale la jeunesse et portent l’exigence d’un service public d’éducation gratuit, laïque, solidaire et démocratique.

C’est ainsi que les lycéens dénoncent la politique menée par le gouvernement. En effet, il porte la responsabilité de la hausse du chômage et de la précarité amplifiée par la crise économique et sociale dont les jeunes sont les premières victimes. En n’investissant pas dans les services publics, le gouvernement rajoute de la crise à la crise, du chômage au chômage, du malaise social au malaise social.

Le gouvernement continu la casse des services publics et notamment celui de l’éducation. Lors de son 7ème congrès l’UNL a tenu à appeler le gouvernement à faire face à ses responsabilités en investissant massivement dans l’éducation et en mettant en place une politique éducative qui favorise la réussite de tous. Les réformes qui sont entreprises depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy sont loin de répondre aux attentes et aux besoins des lycéens : le gouvernement doit désormais l’entendre !

Pas de moyens, pas de débats Monsieur le Ministre !

Alors que les états généraux sur la sécurité scolaire vont s’ouvrir dès demain, l’UNL tient à rappeler au Ministre de l’Education Nationale qu’il ne peut faire l’impasse sur les questions budgétaires et pédagogiques.

En effet, les raisons de la violence sont multiples et pas uniquement liées à l’école. La précarité et le chômage des familles de plus en plus forts, les classes de plus en plus surchargées, les conditions de vie et d’études des lycéens créent de véritables tensions tant dans l’école qu’à l’extérieure. Le gouvernement est le seul responsable de cette situation, il doit maintenant apporter des réponses efficaces et justes.

 Les retraites : une affaire de jeunes

A l’occasion de ce congrès le lycéen ont aussi rappelé au gouvernement qu’il ne peut aborder le débat sur la réforme du régime des retraites sans l’avis de toutes les générations directement concernées par cet enjeu social majeur, et donc des jeunes d’aujourd’hui.

Ils lui rappellent ainsi que nous serons intransigeants sur :

  • L’âge légal du droit de départ à la retraite à 60 ans et le non allongement de la durée de cotisation
  • Un système solidaire de retraites par répartition garantissant des montants de retraites de haut niveau.
  • La prise en compte des années d’études et de formation dans le calcul de la retraite
  • La lutte contre les inégalités salariales et de pensions entre les hommes et les femmes

Ce 7ème congrès de l’UNL s’est achevé par la réélection d’Antoine Evennou pour un nouveau mandat de deux ans à la tête de l’UNL.

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne



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