Clôture de son 7ème Congrès : l’UNL à l’offensive contre l’école à deux vitesses !

Le 7ème congrès de l’UNL, qui réunissait 300 délégués lycéens à paris depuis samedi, s’est clôt lundi 5 avril.

L’Union Nationale Lycéenne, premier syndicat lycéen de France, a profité de cette occasion pour affirmer sa volonté de porter les aspirations de la jeunesse, sa volonté d’imposer un changement de cap au gouvernement en matière de politique éducative et a formulé ses exigences pour remettre l’égalité des droits au cœur du service public.

Les lycéens attendent des mesures fortes pour mettre en sécurité sociale la jeunesse et portent l’exigence d’un service public d’éducation gratuit, laïque, solidaire et démocratique.

C’est ainsi que les lycéens dénoncent la politique menée par le gouvernement. En effet, il porte la responsabilité de la hausse du chômage et de la précarité amplifiée par la crise économique et sociale dont les jeunes sont les premières victimes. En n’investissant pas dans les services publics, le gouvernement rajoute de la crise à la crise, du chômage au chômage, du malaise social au malaise social.

Le gouvernement continu la casse des services publics et notamment celui de l’éducation. Lors de son 7ème congrès l’UNL a tenu à appeler le gouvernement à faire face à ses responsabilités en investissant massivement dans l’éducation et en mettant en place une politique éducative qui favorise la réussite de tous. Les réformes qui sont entreprises depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy sont loin de répondre aux attentes et aux besoins des lycéens : le gouvernement doit désormais l’entendre !

Pas de moyens, pas de débats Monsieur le Ministre !

Alors que les états généraux sur la sécurité scolaire vont s’ouvrir dès demain, l’UNL tient à rappeler au Ministre de l’Education Nationale qu’il ne peut faire l’impasse sur les questions budgétaires et pédagogiques.

En effet, les raisons de la violence sont multiples et pas uniquement liées à l’école. La précarité et le chômage des familles de plus en plus forts, les classes de plus en plus surchargées, les conditions de vie et d’études des lycéens créent de véritables tensions tant dans l’école qu’à l’extérieure. Le gouvernement est le seul responsable de cette situation, il doit maintenant apporter des réponses efficaces et justes.

 Les retraites : une affaire de jeunes

A l’occasion de ce congrès le lycéen ont aussi rappelé au gouvernement qu’il ne peut aborder le débat sur la réforme du régime des retraites sans l’avis de toutes les générations directement concernées par cet enjeu social majeur, et donc des jeunes d’aujourd’hui.

Ils lui rappellent ainsi que nous serons intransigeants sur :

  • L’âge légal du droit de départ à la retraite à 60 ans et le non allongement de la durée de cotisation
  • Un système solidaire de retraites par répartition garantissant des montants de retraites de haut niveau.
  • La prise en compte des années d’études et de formation dans le calcul de la retraite
  • La lutte contre les inégalités salariales et de pensions entre les hommes et les femmes

Ce 7ème congrès de l’UNL s’est achevé par la réélection d’Antoine Evennou pour un nouveau mandat de deux ans à la tête de l’UNL.

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne



Peut-on « dégraisser le mammouth » ?

LEMONDE | 06.04.10

 

Le slogan de campagne est devenu une règle comptable. Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007, le non-remplacement de la moitié des fonctionnaires partant à la retraite est globalement de mise. Et le chef de l’Etat a rappelé, mercredi 31 mars, qu’il le resterait jusqu’au budget 2013.

 

Dans l’éducation nationale, premier employeur, la saignée est importante. On a « dégraissé le mammouth » pour reprendre l’expression utilisée, en 1997, par Claude Allègre, alors ministre de l’éducation. En trois ans, 50 000 des quelques 700 000 enseignants ont vu leur poste disparaître. En 2012, si le rythme est maintenu, ce sont 80 000 postes qui auront été détruits. Alors que le nombre d’élèves repart à la hausse à la rentrée prochaine, des voix se font entendre à gauche – Martine Aubry, François Hollande -, mais aussi à droite – Dominique de Villepin -, pour demander une pause dans l’application à l’éducation et à la police de cette règle budgétaire.

 

Depuis plusieurs mois, le terrain gronde de grèves sporadiques pour attirer l’attention sur la violence latente qui laisse les équipes épuisées et impuissantes, le manque d’enseignants remplaçants, ou l’opposition de fond aux réformes, qu’elles soient du lycée ou de la formation des maîtres. Disparates, ces griefs trouvent pourtant un point de convergence dans le manque de moyens.

 

LA QUÊTE DU GRAS SUR LE MAMMOUTH

Pour combler les trous, s’est d’abord installée une mécanique de cache-misère consistant à rogner partout où les coupes restent invisibles. Dans un premier temps, ce sont les remplaçants des collèges et lycées, bataillons de profs en stand-by, qui ont été affectés sur des postes à l’année.

Certaines académies comme Lille ou Créteil ont commencé l’année 2009 sans solution pour les absences en anglais et dans des disciplines professionnelles. Pour combler les absences -maladies ou maternité, les -académies embauchent des vacataires au coup par coup. Des étudiants ou des retraités qui assurent à eux seuls 50 000 heures d’enseignement.

 

Dans un second temps, des options ont été supprimées. « Les académies de Lille, Amiens, Nancy ou Metz ont perdu pas mal de cours facultatifs en langues, disciplines artistiques ou éducation physique « , regrette Guy Barbier, secrétaire national du Syndicat des enseignants (SE).

 

D’autres ajustements ont aussi permis des gains de postes presque invisibles. Insignifiante d’un point de vue statistique, la baisse du taux de redoublement de 5,8 % à 5,4 % des élèves de collège, entre 2007 et 2008, a permis sur une seule année d’économiser une centaine de postes.

 

En lycée, avec des taux différents, le gain est identique. Au fil des ans, cela commence à compter. Quant au passage du nombre moyen d’élèves par classe, de 24,3 en collège en 2007, à 24,5 en 2008, il a permis une économie théorique de 1 400 postes.

 

LE MUSCLE DU MAMMOUTH EST ATTAQUÉ

Comme ces coupes n’ont pas suffi, il a ensuite fallu rogner sur les enseignements eux-mêmes. Tous les degrés du système ont perdu un peu de temps d’enseignement. Et l’addition de ces petits grignotages a permis de gagner plus de 10 000 postes.

A l’arrivée de Nicolas Sarkozy, 23,4 % des moins de 3 ans étaient scolarisés, ils ne sont plus que 18 %. Beaucoup de classes de très petits ont disparu, y compris dans les zones d’éducation prioritaires où la pré scolarisation est pourtant un droit inscrit dans la loi. Or 42 000 enfants de moins dans les écoles, cela compte.

Les enfants du primaire, eux, ont perdu deux heures hebdomadaires censées dégager du temps pour que leurs maîtres assurent une aide aux élèves en difficulté, et aussi pour que le ministre puisse récupérer des postes d’instituteurs spécialisés dans cette aide qui jusque-là travaillaient en réseau, à la demande.

 

Au lycée professionnel, les jeunes qui préparaient en quatre ans leur bac le font en trois ans depuis cette rentrée. Quant aux jeunes enseignants, ils paient aussi leur tribut, puisque l’année durant laquelle ils étaient stagiaires rémunérés disparaît à cette rentrée et qu’ils vont se retrouver tout de suite affectés devant une classe.

En multipliant ainsi les coupes à tous les niveaux, le grand public n’y a vu que du feu. En revanche, effet indirect, la vie des établissements a changé. Moins nombreux, les enseignants sont aussi moins disponibles. En collège, ce sont plus de 6 % des cours qui sont assurés en heures supplémentaires ; en lycée, plus de 12 %. Le 1,2 milliard d’euros défiscalisés qu’ils se partagent verrouille largement leur emploi du temps.

 

LE NIVEAU DES ÉLÈVES LES PLUS FRAGILES BAISSE

Si ces coupes étaient sans conséquences sur le niveau des élèves, le contribuable se réjouirait de voir la facture scolaire tomber de 6,7 % du PIB, il y a deux ans, à 6,6 aujourd’hui. Or les chercheurs restent dubitatifs sur l’évolution actuelle.

Responsable du programme d’évaluation international des élèves à 15 ans (PISA), Eric Charbonnier l’observe : « La France reste dans la moyenne des pays de l’OCDE. Les résultats des élèves de 15 ans n’ont pas changé depuis dix ans. En revanche, ce qui a changé, c’est la taille du groupe des élèves en très grande difficulté. Ceux qui ne maîtrisent pas suffisamment les compétences, même pour décrocher un CAP, ont été multipliés par deux. »

 

Et dans le primaire ? « Le niveau moyen des élèves au sortir du primaire a globalement baissé depuis vingt ans. De plus, cette baisse, qui, en lecture, concerne surtout les élèves les plus faibles, se traduit par un creusement des inégalités sociales dans cette matière », précise Marie Duru-Bellat, spécialiste de l’économie de l’éducation à Sciences Po. Si cette baisse de niveau est antérieure à l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, il sera bien difficile de savoir si elle a été enrayée ou aggravée puisque tout le système d’évaluation a changé et ne permet plus de comparaison dans le temps.

Reste le classement international pour se faire tout de même une petite idée de l’évolution. « La position relative de la France par rapport aux autres pays se dégrade… Les écoliers français se situent, en lecture, en moins bonne position qu’il y a une dizaine d’années. Hier placés dans les premiers rangs, nous sommes aujourd’hui très moyens », rappelle Marie Duru-Bellat.

 

LA RIGUEUR COMME POLITIQUE ÉDUCATIVE

L’autre conséquence de ces coupes claires est que toute décision ministérielle est -devenue suspecte, lue d’emblée comme un levier pour gagner des postes.

Le dernier exemple en date reste la réforme du lycée. Luc Chatel a beau répéter sur tous les tons, qu’elle est faite à moyens constants, les acteurs du terrain n’y croient pas. « Il ne coupe certes pas les moyens pour la mise en place de la réforme en seconde à cette rentrée, souligne Daniel Robin, cosecrétaire général du SNES. Mais il les coupera en 2011 et 2012 sur les classes de 1re et de terminale. » Le tronc commun d’enseignements en classe de 1re permettra, selon le syndicaliste, de regrouper des élèves des filières littéraires et scientifiques pour des cours communs.

Au fil du temps le « un sur deux » n’est plus perçu comme une politique de rigueur budgétaire, mais comme la politique éducative en vigueur. Un peu comme si le ministre de l’éducation avait emménagé à Bercy.

 

Maryline Baumard



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