Hazan : « Oui, nous avons un recul gouvernemental »

Au lendemain des Etats généraux de la sécurité de l’école (EGSE), Jean-Jacques Hazan, président de la première association de parents d’élèves, la Fcpe, manifeste une déception mesurée. Déception sur l’avenir de la formation des enseignants. Mais sentiment d’un recul gouvernemental sur la question des rythmes scolaires.

Le ministre a rendu public ses décisions. Pensez vous qu’il ait bien entendu les contributions du 7 avril ?

Pas assez. On a parlé de pédagogie a peu près tout le temps durant les Etats généraux et son hésitation reste un problème. D’une façon globale c’est la réforme de la masterisation qui pose problème. D’ailleurs dans son allocution de clôture, il n’a pas pu (ni voulu) faire d’impasse sur le sujet. Mais ceci pose problème. Comment obliger à cette formation à la conduite de classe dans le cadre actuel : la circulaire de décembre ne la prévoit pas, le concours non plus. Si le ministre veut abroger la circulaire, nous l’applaudirons !

Luc Chatel prône l’exclusion des élèves perturbateurs et le retrait des allocations familiales pour les familles qui « ne tiennent pas » leurs enfants. Pensez vous que ce soit efficace pour lutter contre la violence scolaire ?

Non bien sur. On a les exemples contraires sous les yeux en Angleterre sur les sanctions financières par exemple et aux Etats Unis à propos de la tolérance zéro. Mais comme dit Eric Debarbieux, on a fait des progrès. Les Etats généraux ont balayé ces types de solutions dès la première demi journée. Il est dommage que le ministre se soit cru obligé de nous resservir ces recettes. Même s’il y met un bémol sérieux, avec beaucoup de filtres et de précautions. Même B. Hortefeux nous a parlé de pédagogie et a indiqué par exemple au sujet du règlement des établissements qui doit être connu et reconnu donc expliqué avec pédagogie.

La question des rythmes scolaires tient à coeur à la Fcpe. Pensez vous avoir été entendu sur ce sujet ?

Incontestablement, oui. Le débat a ressurgi : en effet fatigue et stress sont facteurs de risque. Il faut donc agir sur les temps, tous les temps (devoirs compris) et déstresser par une autre pédagogie et une autre pratique de l’évaluation aussi. Nous avons publié notre contribution d’ailleurs qui reprend ces éléments.

Nous attendons une « convocation » pour aborder cette question avec le ministère et nos partenaires SIEN, JPA et RFVE ainsi que tous ces chercheurs qui y ont consacré une bonne partie de leurs travaux et parfois de leur vie. Nous restons disponibles et nous l’avons fait savoir au cabinet du ministre et à la dgesco , pour agir concrètement et faire évoluer les choses concrètement sur le terrain. Je pense que la campagne nationale et sans relâche de la Fcpe a été prise en considération et que la porte est ouverte.

Oui nous avons un recul gouvernemental, ne nous y trompons pas. A ceux qui ont critiqué la violence et le contenu de la mesure unilatérale de X Darcos, nous disons : il y a maintenant un moyen de reconquérir et redonner la place a ce temps scolaire, d’en finir avec cette mesure contre l’école et les élèves qui a été mise en place en 2008 contre toutes les volontés exprimées.

Il ne faudrait pas que pour des commodités personnels, finalement certains se contentent ou en viennent a accepter le plan destructeur de Xavier Darcos. Tout cela n’est donc pas terminé et nécessite une vraie concertation parce qu’il est temps d’agir.

Jean-Jacques Hazan



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