Retraites : Les syndicats donnent rendez-vous le 7 septembre

Article le café pedagogique

Sept confédérations, CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, ont annoncé le 29 juin une journée nationale de grèves et de manifestations, le 7 septembre, contre le projet ide réforme des retraites.

 

Retraites : Les syndicats donnent rendez-vous le 7 septembre dans Actualités manif0610« Cette réforme, une des plus dures d’Europe, arrive dans une situation économique dégradée où le chômage est en hausse continue et touche plus fortement les jeunes et les seniors », notent les syndicats. « Les politiques de rigueur se généralisent dans toute l’Europe en aggravant les inégalités et hypothèquent fortement toute reprise. Des initiatives intersyndicales viseront à interpeller le gouvernement et ses représentants, aux niveaux national et local, le 13 juillet, jour du Conseil des ministres qui adoptera le projet de loi. Durant l’été, les organisations syndicales interpelleront les parlementaires ».

 

Mais c’est au moment de l’ouverture de la discussion du projet de loi au Parlement que les syndicats entendent faire presssion. « Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA décident d’une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le 7 septembre 2010, au moment où s’ouvrira le débat parlementaire. Elles appellent tous les salariés du privé et du public, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités à construire ce jour une mobilisation d’ampleur ».

Communiqué

 



POUR UN MOUVEMENT SOCIAL FORT À LA RENTRÉE !

AG des Collectifs École en Danger du Rhône mercredi 23 juin à 18h30 à la Maison de l’Éducation Lyon Croix-Rousse (21, rue des Tables Claudiennes 69001 Lyon)

Grève du jeudi 24 juin : départ de la manifestation à 10h30 à l’Ancienne Manufacture des Tabacs.


La réforme des retraites mise en œuvre par le gouvernement est un non-sens total.
Actuellement, moins de 30 % des salariés travaillent encore au moment de prendre leur retraite. Le pot de départ à la retraite du film « Mammuth » est de moins en moins la norme. Décaler l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans signifie donc diminuer encore les pensions de retraite et priver encore davantage les jeunes des emplois dont ils ont besoin.
En quelques décennies, la part des salaires dans le PIB a chuté de 10 points, au profit des seuls actionnaires, car l’investissement, la recherche et les services publics ont eux aussi régressé. Le chômage réel, la précarité ou l’exclusion concernent beaucoup plus de monde que le taux « officiel » du chômage. Près de 20 % de la population souffre d’une insuffisance criante de revenus.
Ces hold-up légalisés fragilisent énormément l’équilibre des régimes de retraite.
Les arguments démographiques mis en avant par le gouvernement sont infondés. Le taux de fécondité français est le plus fort d’Europe. Les prévisions de démographes alarmistes d’il y a une vingtaine d’années se sont révélées inexactes. Prolonger le travail théorique à 62 ans, en attendant pire, c’est la plus mauvaise solution, inefficace économiquement, scandaleuse sur le plan éthique. Car elle va à contre-courant des progrès de civilisation. Tout comme les heures supplémentaires et le « travailler plus » de Nicolas Sarkozy vont à contre-sens de l’inévitable réduction du temps de travail, qui ne se concrétise pas par choix politique. Sinon comment expliquer que la formidable explosion des gains de productivité des quarante dernières années en France n’ait pas permis une réduction des heures réellement travaillées par semaine ?
Il faut en finir avec les privilèges des actionnaires, des banques, des spéculateurs.
Il faut en finir avec le mythe de la croissance, car la croissance ne crée plus d’emplois depuis 30 ans.
Il faut par contre anticiper les inévitables crises environnementales (fin du pétrole, bouleversements climatiques, atteintes à la biodiversité …) et sociales (précarisation, exclusions, tensions Nord-Sud …) en transformant l’économie, au service de l’homme, de l’environnement, des générations futures, par des investissements massifs, socialement et environnementalement utiles, créateurs d’emplois. Il faut développer les services publics et non les sacrifier.
Il faut négocier un partage du travail avec souplesse, sans précarité, sans dégradation des conditions de travail.
Il faut faire de la fin de carrière un moment privilégié pour transmettre l’expérience professionnelle aux jeunes tout en diminuant progressivement son temps de travail, sans perte trop sensible de revenus. La retraite ne devrait plus être brutale et anonyme.
Si la politique du gouvernement est inacceptable, la riposte des syndicats nationaux est insuffisante. Les grèves d’un jour à répétition permettent de mettre un peu la pression et de compter les faibles troupes dans les manifestations mais le gouvernement s’en moque.
En outre, les fédérations syndicales manquent d’ambition et d’imagination, tant sur le fond (les arguments et propositions ci-dessus sont peu portés par elles) que dans la méthode de mobilisation. La pratique d’assemblées générales des grévistes et de groupes de travail de la base, par professions et sur le plan interprofessionnel, pour établir démocratiquement des propositions, fait cruellement défaut.
Dans l’Education nationale, les mesures dignes d’une comptabilité d’épicier des ministres successifs (faire du chiffre) sont très cohérentes. Elles préparent la casse du service public, elles instaurent une gestion autoritaire des personnels inspirée de France Télécom, elles méprisent les élèves. La formation est sacrifiée, la pédagogie est remplacée par une instruction rétrograde, les enseignants deviennent des transmetteurs de données pour ficher, trier et exclure la jeunesse.
Profitons de la journée de grève du jeudi 24 juin pour lancer la réflexion, professionnellement ou inter-professionnellement, sur un mouvement social fort à la rentrée.
Comme pistes d’action :
- réfléchir à l’opportunité de faire grève symboliquement le jour de la rentrée, pour informer les parents, les citoyens, les élus et les médias des graves attaques contre le service public de l’Education Nationale, pour préparer un mouvement social fort.
- réfléchir aux modes d’action pour la suite : redynamiser les collectifs locaux parents enseignants de défense de l’école publique, de résistance à la politique libérale et de propositions dans le sens de l’intérêt général.

 

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Rengagez-vous ! : le rectorat de Lyon rappelle les retraités ! ! !

Travailler plus longtemps pour gagner plus… La devise est aussi appliquée par le rectorat de Lyon, en charge de la gestion des postes enseignants dans l’académie (Ain, Rhône, Loire). Ainsi, les enseignants qui doivent partir à la retraite à la prochaine rentrée ont récemment reçu un courrier. Leur administration les informe qu’ils peuvent « poursuivre leur activité enseignante au sein des collèges et lycées de l’académie ». Le courrier précise que l’activité est rémunérée « sous forme d’heures de vacations (34,30 euros bruts de l’heure) et cumulable avec votre pension ». Il ne manque pas, en conclusion, d’inviter les intéressés à faire acte de candidature en leur précisant qu’ils peuvent y indiquer le type d’établissement qu’ils préfèrent, leurs disponibilités et leurs préférences géographiques. Rengagez-vous ! : le rectorat de Lyon rappelle les retraités ! ! ! dans Actualités retraite

Selon le Snes-FSU, c’est la première fois qu’une telle proposition est adressée aux enseignants de l’académie. « Peu après avoir annoncé que les professeurs les plus jeunes seraient affectés à temps plein sans décharge de service pour se former, c’est désormais chez les personnels qui partent en retraite que le recteur cherche des expédients pour boucler sa rentrée », réagit le syndicat, majoritaire dans les collèges et les lycées. Le Snes-FSU juge la mesure irréaliste et injuste au regard du nombre de chômeurs et d’un recrutement qu’il juge très insuffisant. Une délégation syndicale doit être reçue vendredi au rectorat pour évoquer cette question.

(source : Le Progrès, 23 juin 2010)



La gratuité des lycées français à l’étranger choque même l’UMP

Article Libé

L’idée est de Nicolas Sarkozy: rendre gratuite la scolarité des élèves français à l’étranger au nom de l’égalité républicaine. Dès 2007, lorsque la réforme commence à s’appliquer à la classe de terminale, ça grince dans les rangs. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, souligne que cela va coûter cher.

D’autres voix rappellent que, le plus souvent, les entreprises payaient la scolarité des enfants de leurs expatriés. Aujourd’hui, en ces temps de restrictions, ça grogne ouvertement au sein de la majorité. Trois députés, les UMP Jean-François Mancel, André Schneider et le socialiste Hervé Féron, ont signé un rapport demandant l’abandon de la réforme en raison de «son iniquité et son coût pour l’Etat», qui a été adopté hier par la commission des finances de l’Assemblée. Quand tous les niveaux du lycée seront gratuits en 2013, la mesure coûtera 177 millions d’euros.

Autre effet pervers que soulève le rapport, l’inéquité du système. «La gratuité ne profitant qu’aux seuls Français, les demandes de familles françaises explosent, entraînant de facto une éviction des élèves étrangers, faute de place», pointe le document. «Il est évident qu’un tel effet d’éviction, s’il s’avérait massif, serait triplement dommageable.»

Selon les trois députés, la suspension du dispositif doit se faire au bénéfice d’un mécanisme de bourses d’études.  «L’argent utilisé permettrait d’augmenter le nombre de bourses, de rénover des bâtiments souvent très dégradés, et aussi de renflouer le réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger», assure Hervé Féron.

 



Suppression des allocations familiales : les lycéens refusent la double peine !

L’assemblée Nationale a adopté hier à une courte majorité le texte de loi présenté par l’UMP prévoyant la suppression des allocations familiales aux parents d’élèves absentéistes. L’UNL dénonce une loi idiote, contreproductive et dogmatique.

 

Le gouvernement fait fausse route pour lutter contre l’absentéisme

 

Alors que les États Généraux de la sécurité à l’école avaient montré que les mesures répressives étaient inutiles voir qu’elles accentuaient les problèmes, le gouvernement a fait une nouvelle fois fausse route en appuyant ce projet de loi.  De plus, l’absentéisme scolaire révèle un problème plus profond: le fait que des élèves se sentent en marge du système scolaire, des élèves pour qui notre système n’a rien à proposer pour se remettre à travailler, pour reprendre goût à aller en cours.

 

Pour répondre à cela, c’est un véritable suivi individualisé des élèves qu’il faut mettre en place, et non des mesures telles que la suppression des allocations familiales pour des élèves déjà majoritairement en difficultés sociales : l’UNL refuse la mise en place d’une double peine, la mise ne place de l’alliance sanction scolaire/sanction sociale.

 

Alors que ces familles auraient besoins de moyens supplémentaires et d’un suivi régulier de la part des pouvoirs publics pour assurer la scolarité de leurs enfants ainsi qu’améliorer leurs conditions de vie, le gouvernement fait le choix délibéré de les mettre encore plus en difficultés.

 

L’UNL demande au gouvernement de se poser les bonnes questions pour lutter contre l’absentéisme car en continuant ainsi il va lui-même renforcer les phénomènes qu’il ne cesse de dénoncer bien souvent à des fins électoralistes.

 

D’autres réponses sont attendues

 

La politique dogmatique et irresponsable menée par le gouvernement est loin de répondre aux situations auxquelles nous sommes confrontées. Ainsi, l’UNL demande à Luc Chatel de prendre ses responsabilités :

 

-       il est nécessaire de lancer un plan pluriannuel de recrutement de surveillants et de CPE pour permettre au lycée d’être un lieu d’apprentissage de la vie en société, en ayant un encadrement suffisant.

 

-       Pour éviter le décrochage, qui crée chez les jeunes une absence de perspective d’avenir, nous demandons la mise en place d’un véritable Système d’Aide Scolaire, et des enseignants formés à la prise en charge de l’échec scolaire.

 

-       Enfin, la conférence sur les rythmes scolaires devra prendre réellement en compte l’avis des lycéens, et celle-ci ne devra pas être un alibi supplémentaire justifiant de nouvelles suppressions de postes.

 

 

L’UNL préviens d’ors et déjà le gouvernement : les lycéens se mobiliseront massivement l’année prochaine pour la défense de leur Service Public d’Éducation si aucun effort n’est enfin donné et ce sur l’ensemble des sujets.

 

Antoine Evennou
Président de l’Union Nationale Lycéenne



Extinction des espèces à l’éducation nationale

Article Le Monde

Olivier Ertzscheid, professeur d’information-communication à l’université de Nantes

Les treize documents qui ont « fuité » du ministère de l’éducation nationale sont littéralement atterrants et constituent une atteinte d’ampleur inédite à l’avenir de l’instruction publique. A destination des recteurs et inspecteurs d’académie, ils détaillent les modalités des réformes à mettre en œuvre de la maternelle au lycée avec une seule ambition : générer des nouvelles suppressions de postes. De mémoire de parent d’élève et d’enseignant on n’avait encore jamais vu une telle attaque en règle.

Luc Châtel a donc décidé de supprimer les dispositifs – déjà notablement insuffisants – d’aide aux élèves en grande difficulté (RASED), d’augmenter le nombre d’élèves par classe pour, à terme, supprimer carrément des classes et même de « petites écoles », de supprimer encore davantage de postes d’enseignants permanents – pour rappel, plus de 40 000 postes ont déjà été supprimés entre 2008 et 2010 dans l’éducation nationale –, et enfin de mettre systématiquement devant les élèves des personnels non-qualifiés, non-formés et – cela va sans dire – non-titulaires, au motif que « les non titulaires présentent une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100 % ».

Avec le même courage politique que celui d’un car de CRS devant un enfant désarmé, et sous couvert de « concertation », il confie le sale boulot aux recteurs et inspecteurs d’académie, avec feuilles d’objectifs à remplir, se terminant toutes de la même manière : « Chiffrer le gain en emplois », pudibonderie cosmétique peinant à masquer le sens réel de la phrase : « Nombre d’emplois supprimés ». C’est ce que l’on appelle un « trope », une figure de rhétorique. Les remèdes proposés par le ministère sont à peu près aussi adaptés que la prescription d’un plâtre du genou pour le soin d’une migraine ophtalmique. Ils témoignent, surtout, d’un mépris qui n’a d’égal que la novlangue qui sert à l’exprimer. Le changement de style au regard de ses illustres prédécesseurs est en effet patent. On ne « dégraisse plus le mammouth », on « mobilise les gisements d’efficience visant à respecter la contrainte du non remplacement d’un départ pour deux (…) sans dégrader les performances globales ». C’est encore de la rhétorique. Dans le document Primaire : augmenter la taille des classes, le ministre prévoyant rappelle aux recteurs que « le Conseil d’Etat a en effet considéré qu’un poste peut être retiré, même sans l’accord de la commune ». En connaissant cette conclusion, on voit mieux toute la place qui sera laissée à la concertation.

RÉDUCTIONS, SUPPRESSION, EXTINCTION…

Dans le document Primaire : réduire les remplacements, le ministre trouve « judicieux d’offrir à des étudiants la possibilité de se familiariser avec la pratique enseignante, en dehors des stages déjà prévus pour les étudiants en master ». Dans la droite ligne de la réforme de la « masterisation » qui fait déjà le bonheur d’officines privées s’engouffrant dans cette béance de la préparation aux concours, et qui va placer dans les écoles – avec la charge complète d’une classe – des étudiants sans aucune formation professionnelle ou pratique, le ministre trouve « judicieux » d’assurer leur remplacement… par des « étudiants ».

Un pas supplémentaire est franchi dans le document sur les réseaux d’aide aux enfants en grande difficulté (RASED), composés de deux enseignants et d’un psychologue scolaire. Les trois scénarios « au choix » que le ministre demande aux recteurs d’appliquer envisagent la « suppression » d’un ou deux des maîtres, ainsi que, « la mise en extinction des psychologues scolaires ». Plus qu’un malaise, un profond sentiment de dégoût devant l’inhumanité de ce babil managérial qui se donne à lire dans une note officielle à destination des acteurs du système scolaire. L’extinction des espèces du système éducatif. Aujourd’hui les psychologues. Et demain ? Dans une démocratie, il devrait être possible d’assigner en justice un ministre pour manquement grave et nuisances répétées au socle républicain de l’éducation. Nous disposons déjà du motif, du mobile, ainsi que des pièces à conviction (treize au total) dans le dossier. Qui va plaider ?

Olivier Ertzscheid, professeur d’information-communication à l’université de Nantes

 

 



Contre les choix gouvernementaux : défendre un service public d’éducation pour la réussite de tous !

Alors que les premiers arbitrages pour le budget 2011 seront rendus à la fin du mois, le ministère de l’Éducation nationale a récemment transmis aux académies des documents destinés à permettre l’identification des futurs postes à supprimer.

Les fiches techniques diffusées montrent ainsi jusqu’où le gouvernement est prêt à aller après avoir déjà supprimé 16 000 postes dans l’Éducation nationale en 2010. La rentrée 2010 s’annonce pourtant d’ores et déjà difficile…

Laisser penser qu’il existe des marges de manœuvre pour supprimer des postes sans effets de dégradation du service public d’éducation, c’est être tout simplement coupé de la réalité des établissements scolaires et sourd face aux interpellations actuelles de tous les acteurs éducatifs.

A l’heure où les inégalités scolaires ne cessent de s’aggraver, il est scandaleux que le gouvernement ose prétendre lutter contre l’échec scolaire, l’absentéisme et la violence, tout en continuant à supprimer les moyens éducatifs et pédagogiques nécessaires à un encadrement de qualité, y compris des élèves les plus fragiles ou à besoins spécifiques. Tous doivent pouvoir en effet être accompagnés vers la réussite, et plus particulièrement encore à l’entrée dans les apprentissages. Il en va d’une certaine conception de l’égalité réelle, qu’un projet de société comme celui de l’éducation, se doit d’incarner.

Nous savons tous à quel point, dans un contexte de crise économique et sociale, l’investissement dans l’éducation est primordial. Une véritable ambition pour l’École ne peut exclusivement reposer sur l’engagement au quotidien des professionnels de l’éducation.

Il est tout aussi hypocrite que le gouvernement ose prétendre résoudre la crise et se préoccuper de la jeunesse de notre pays sans assurer l’effort nécessaire pour que les générations à venir bénéficient d’une formation de qualité.

Si le ministre tente de mettre en avant le principe de rationalisation, il ne trompera cependant personne. Ses « réajustements » soi-disant « techniques » découlent d’une décision éminemment politique : celle qui vise à poursuivre aveuglément l’application à l’Éducation nationale du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Les personnels de l’Éducation nationale sont engagés au quotidien pour faire face aux difficultés, et c’est bien grâce à cet engagement que les écoles et établissements fonctionnent, évoluent malgré tout, pour répondre au mieux aux objectifs de la réussite de tous. Mais l’enseignement n’est pas qu’affaire de charisme : faire apprendre, transmettre des savoirs, une culture, des compétences ne peut se réduire à énoncer des discours devant un public plus ou moins attentif. Des moyens pour la formation professionnelle, pour soutenir les innovations pédagogiques sont indispensables pour faire progresser l’École.

C’est pourquoi nous interpellons dès maintenant les parlementaires quant à la nécessité de se saisir du sujet pour qu’émerge un véritable débat politique et citoyen quant aux finalités et aux moyens de l’École.

C’est pourquoi nous invitons tous celles et ceux convaincus comme nous que l’État doit immédiatement cesser de mettre en cause les moyens du service public d’éducation, à se mobiliser pour combattre avec vigueur et fermeté cette saignée inacceptable et dangereuse !

Dans le but d’organiser une mobilisation vaste et unitaire dès la rentrée et pendant toute la période du débat budgétaire, nous décidons de nous réunir à nouveau avant la fin de l’année scolaire.



Mobilisation réussie à Uzès

Communiqué commun
Comité unitaire de défense des retraites sur l’Uzège-Pont du Gard
ATTAC Uzès – CGT–Union locale – FASE – FSU Uzège – P.C.F. Uzège – PARTI DE GAUCHE
SOLIDAIRES – UNSA Uzès -UZES CITOYENNE – UZES EN MOUVEMENT – LES VERTS

Mobilisation réussie à Uzès :
400 manifestants pour dénoncer
l’augmentation de la durée de cotisation et le report, à 62 ans, de l’âge de départ en retraite
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Les syndicats ont gagné leur pari en mobilisant davantage

Article Le Monde

En organisant une nouvelle journée d’action contre la réforme des retraites juste avant la césure de l’été, les syndicats faisaient un pari risqué mais ils espéraient que la mobilisation serait dopée par la présentation, le 16 juin, de l’avant-projet de loi que doit adopter le conseil des ministres du 13 juillet.

Dans une large mesure, la CGT, la CFDT, la CFTC, l’UNSA, FSU et Solidaires ont gagné leur pari. La journée nationale de grèves et de manifestations a donné lieu à une mobilisation nettement à la hausse par rapport à la journée précédente du 27 mai. Tant au niveau des manifestations que des arrêts de travail, la participation, sans atteindre le même niveau qu’en 2009 ou qu’en 2003, lors de la réforme Fillon sur les retraites, a été nettement plus forte.

« On a une mobilisation de haut niveau », s’est réjoui Bernard Thibault. Le secrétaire général de la CGT s’est gardé de demander le retrait du projet de réforme mais il a suggéré sa réécriture, en estimant qu’il ne devait pas être « examiné dans sa version actuelle », le 13 juillet, et qu’une « véritable négociation » devait s’ouvrir.

Sur la même longueur d’onde, François Chérèque a affirmé que « le sentiment d’injustice face à cette réforme brutale monte dans le pays ». Le secrétaire général de la CFDT, conforté par son récent congrès, a demandé au gouvernement de « réécrire profondément cette réforme pour qu’elle soit juste ».

Deux évènements ont contribué à alourdir le climat. L’annonce d’une nouvelle hausse du chômage, fin mai, a été perçue par les syndicats comme une preuve supplémentaire que la politique économique du gouvernement face à la crise, axée sur une rigueur qui ne veut pas dire son nom, fait fausse route.

La réception à l’Elysée du footballeur Thierry Henry, au moment même où la plupart des manifestations démarraient, a été ressentie comme une provocation. Martine Aubry y a vu « un pied de nez à tous les Français dans la rue ». M. Thibault s’est étonné que « 23 grévistes » (les Bleus) parviennent à modifier l’agenda de Nicolas Sarkozy alors qu’il ne trouve pas le temps de recevoir les syndicats. « Le président de la République, a ironisé M. Chérèque, peut dormir tranquille, il y a plusieurs millions de personnes dans la rue aujourd’hui, il y a des millions de chômeurs, on a des problèmes de pouvoir d’achat et lui passe son temps à écouter les états d’âme d’un footballeur qui gagne 15 millions par an. »

Lors de la précédente journée du 27 mai, les six syndicats avaient fait descendre dans la rue, sur toute la France, selon leurs chiffres, un million de manifestants. Selon leurs propres chiffres, ils ont réussi à doubler leur score puisque les cortèges ont réuni autour de 2 millions de personnes. M. Thibault a avancé le chiffre de 1 920 000 manifestants. La police, pour sa part, a comptabilisé un peu plus de 200 manifestations ayant rassemblé 797 000 personnes.

A Paris, la manifestation a été ample (130 000 selon la CGT et 47 000 selon la police). Mais dans beaucoup de villes moyennes, la participation était souvent deux fois plus importante que le 27 mai. Mais le record de 2009 – 3 millions – n’a pas été atteint.

Cette plus forte mobilisation s’est aussi reflétée au niveau des arrêts de travail, qui ont été beaucoup plus suivis dans les transports publics, avec de fortes perturbations à la SNCF et dans les transports urbains, alors même que les régimes spéciaux ne seront concernés par la réforme qu’à partir de 2017.

Dans la fonction publique, à la veille d’un rendez-vous salarial crucial, vendredi 25 juin – avec la perspective d’un gel des traitements des fonctionnaires, qui vont déjà subir une hausse de leurs cotisations retraite -, la participation a été aussi nettement à la hausse. Dans les écoles primaires, avec 31,9% d’enseignants grévistes, il s’agit du mouvement le plus important depuis le début de l’année scolaire. Les défilés à travers la France ont également montré que les salariés du secteur privé étaient nettement plus nombreux que le 27 mai.

Le gouvernement a pris acte de cette mobilisation syndicale plutôt réussie, même si certains élus de l’UMP ont cherché à la relativiser en relevant qu’elle était nettement en-deça du mouvement social de 1995…

Eric Woerth, le ministre du travail a parlé d’une « mobilisation assez forte » mais « légèrement plus faible qu’en 2003, au moment de la réforme des retraites qui ne touchait pas à l’âge légal ». Il a ajouté que, dans la fonction publique, le taux de grève « était en 2003 de 57%, il est aujourd’hui de 20% ».

Mais le gouvernement ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé. Du coup, François Fillon, qui s’est abstenu jusqu’à présent de se porter en première ligne, a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse vendredi sur les finances publiques mais aussi sur la réforme des retraites pour faire « un point d’étape ».

Il est peu vraisemblable que le premier ministre modifie son projet d’ici au 13 juillet. Il est acquis qu’il ne reviendra pas sur le report de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Mais Nicolas Sarkozy a déjà suggéré qu’il se montre ouvert à des amendements, notamment sur la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés (ceux qui ont cotisé à plusieurs régimes), lors du débat à l’Assemblée nationale, sujets sur lesquels les syndicats sont particulièrement sensibles.

Ira-t-il plus loin, notamment sur le report de 65 à 67 ans de la retraite à taux plein ? Il est trop tôt pour le dire. Forts de leur pari réussi, les syndicats, qui réunissent une nouvelle intersyndicale le 29 juin, entendent bien maintenir la pression. La CGT pourrait organiser des manifestations symboliques, sous des formes à déterminer, le 13 juillet.

Mais c’est à la rentrée de septembre que se jouera la vraie bataille, les syndicats entendant mener, si l’opinion suit, une mobilisation sur la durée en s’inspirant de ce qui avait été fait en 2006, où une action de longue haleine avait abouti au retrait du contrat première embauche (CPE).

Il n’est pas sûr que des conditions similaires se retrouvent. Mais une nouvelle journée de grèves et de manifestations pourrait être organisée dès le 7 septembre, jour de l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement sur la réforme des retraites. FO qui a très peu participé aux manifestations du 24 juin pourrait rejoindre alors l’intersyndicale. Avec un mot d’ordre de retrait ?

 

Michel Noblecourt

 

 

 

Contre la réforme des retraites, les manifs ont fait le plein

Article Libé

 

Après le conflit des retraites, la guerre des chiffres

Les manifestations contre le projet gouvernemental de réforme des retraites à l’appel de six syndicats ont rassemblé 1,92 million de personnes en France, affirme le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, contre un million le 27 mai.

«Ce sont donc très largement plus de deux millions de personnes (grévistes et manifestants) qui ont participé d’une façon ou d’une autre à cette action collective», a déclaré à RTL le responsable syndical.

Plus de 200 cortèges ont été recensés par la CGT.

«La police elle-même double ses chiffres par rapport au 27 mai», a déclaré Bernard Thibault.

Selon le ministère de l’Intérieur, 797.000 personnes ont manifesté en France, dont 47.000 à Paris.

Le nombre de manifestants a été comptabilisé sur «un peu plus de 200 manifestations», précise le ministère.

Enfin, pour le ministre du Travail Eric Woerth, la mobilisation a été «assez forte», mais «légèrement plus faible qu’en 2003» lors des manifestations contre la réforme Fillon.

23% de grévistes à La Poste

Quelque 23,14% de postiers étaient en grève ce jeudi, contre 15,48% le 27 mai dernier. Cinq syndicats avaient appelé les postiers à se mettre en grève, «contre la remise en cause de l’âge légal à 60 ans», pour l’emploi et les salaires, mais aussi pour le «service public postal» et contre «la dégradation de l’emploi et des conditions de travail».

Jacques Généreux: «Les déficits sont fabriqués politiquement»

Les syndicats ont gagné leur pari en mobilisant davantage dans Revue de presseJacques Généreux, économiste et membre du Parti de Gauche, était l’invité de notre podcast politique hebdomadaire «Partis Pris» jeudi pour parler des retraites et de l’austérité.

Financement, déficit budgétaire, choix sociétaux et Union Européenne : extraits en vidéo de l’émission, sur LibéLabo, ici.

A Lille: «Sarko pensait être tranquille jusqu’au 11 juillet! Merci Domenech!»

Long cortège à Lille. 10.500 manifestants selon la police, 30.000 selon les organisateurs. Des usines fermées dans le Valenciennois: production d’assemblage de voitures arrêtée pour cause de grève à Sevelnord, fabrication de tubes à Vallourec…

Un syndicaliste CFDT jubile et ironise : «Merci, Domenech, d’avoir perdu la Coupe du monde. Ca n’arrange pas Sarkozy. Il pensait être tranquille jusqu’au 11 juillet. Là, les gens ont le temps de repenser aux retraites, avec en plus un petit goût de frustration.»

Lire la suite sur LibéLille

Ségolène Royal veut un référendum

Ségolène Royal (PS) a appelé jeudi à l’organisation par «la gauche et les forces sociales d’un référendum d’initiative populaire pour mettre en échec» le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Ses déclarations à lire ici.

A Paris, 47.000 manifestants selon la police, 130.000 selon la CGT

 

La journée de mobilisation a réuni à Paris entre 47.000 personnes selon la police et 130.000 selon la CGT, alors que la précédente journée, le 27 mai, avait rassemblé entre 22.000 et 90.000 manifestants, selon ces sources respectives.

A voir: des portraits de manifestants à Paris (reportage en images).

Dans l’ensemble de la France, où environ 200 manifestations étaient annoncées, la CGT compte sur près de deux millions de manifestants ce jeudi.

A Rennes: «La retraite à 62 ans est une insulte faite aux métiers pénibles et aux femmes»

 dans Revue de presse

15 000? 20 000? 30 000? Difficile de chiffrer le nombre de personnes qui ont défilé à Rennes jeudi.

Une chose est sûre, il y avait beaucoup de monde – pas seulement de la fonction publique – et bien davantage qu’à l’occasion des mobilisations précédentes.

Même chose à Saint-Brieuc, Vannes, Quimper, Lorient ou Brest, ou plusieurs milliers de personnes ont défilé.

Lire la suite sur LibéRennes

A Bordeaux: «Nous, on ne va pas jusqu’à 70 ans sur les bancs du Sénat»

Déjà comme un air de grandes vacances, ce matin dans les rues de Bordeaux. Ambiance «joyeuse et déterminée», clame la sono, tandis que la foule afflue vers la place de la Victoire.

L’impressionnant cortège rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes, s’est ébranlé peu après midi, sous un soleil de plomb. En tête, une banderole proclamant «Salaires, emplois, retraites, urgent, imposons un autre choix», et derrière, tout l’équipement estival: casquettes, bouteilles d’eau et crème solaire.

Lire la suite sur LibéBordeaux

«Autour de deux millions de manifestants»

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, estime que la mobilisation de jeudi est «de haut niveau», avec «autour de deux millions» de manifestants partout en France contre le projet de loi sur les retraites. Ses déclarations à lire ici.

 

De son côté le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, affrime que «les deux millions» de manifestants contre la réforme des retraites sont «certainement atteints» et que cette «plus grosse manifestation de l’année» prouve la montée d’un «sentiment d’injustice». Ses déclarations à lire ici.

France Télécom: 29,29% de grévistes à la mi-journée

 

La direction de France Télécom a recensé à la mi-journée quelque 29,29% de grévistes dans le groupe aux 100.000 salariés. Lors de la précédente journée interprofessionnelle, le 27 mai, la direction avait compté 21,5% de grévistes au même stade de la journée.

18,71% de grévistes dans la fonction publique d’Etat

 

18,71% des agents de la fonction publique d’Etat, 13% de ceux de la fonction publique territoriale, et 12,5% de la fonction publique hospitalière, sont en grève, selon un communiqué du ministère de la Fonction publique.

Ces taux sont supérieurs à ceux du 27 mai, où la mobilisation avait atteint à la mi-journée 11,6% de grévistes dans la fonction publique d’Etat, 7,5% dans la fonction publique territoriale, et 8,24% dans l’hospitalière.

Dans l’Education nationale, y compris les agents administratifs, le taux de participation ce jeudi s’élève à 18,6 % contre 13,3% le 27 mai, le ministère rappelant qu’il était de 67,36 % le 13 mai 2003.

A Orléans: «Public et privé ensemble pour l’emploi, les salaires, les retraites»

Plus de 12.000 manifestants se sont retrouvés ce matin dans les rues de la préfecture du Loiret pour affirmer leur opposition au projet gouvernemental de réforme des retraites.

En tête du cortège parti à 11 heures de la place du Martroi pour se disperser, dans le calme, sur cette même place vers midi, l’intersyndicale avait déployé une banderole unitaire: «Ensemble public, privé, pour l’emploi, les salaires, les retraites». Dans le cortège, une majorité d’agents du secteur public et quelques salariés du privé.

Lire la suite sur LibéOrléans

A Marseille: «Ce n’est pas parce qu’on vit plus vieux qu’on doit travailler plus longtemps!»

 

«Ici gisent nos acquis sociaux: Sarkozy les a tués», proclame une pancarte. «Sarko, voleur de retraites», dit une autre. Des affiches ont été placardées sur les murs de la Canebière, avec une photo de cochons suspendus à l’abattoir, et cette légende: «La résignation, c’est ça».

A Marseille, la manif a débuté vers 11 heures, avec beaucoup de monde. Combien exactement? On le saura plus tard….En attendant, paroles de trois manifestants.

Lire la suite du reportage sur LibéMarseille

Forte mobilisation dans l’audiovisuel public

 

La mobilisation est forte dans l’audiovisuel public, aussi bien à France Télévision qu’à Radio France, dontles antennes sont très perturbées. Les directions des deux groupes ne disposaient pas encore des chiffres de grévistes à la mi journée.

Sur France 2, l’émission Télématin et le journal de 13h ont été supprimés. Le JT de 20h devrait être un «tout image». Sur France 3, un flash d’infos est prévu à 13h et toutes les éditions locales sont supprimées.

A la radio, il n’y a pas d’émission sur France Inter depuis 1h du matin et jusqu’à 20h, de même que sur France Culture, tandis que l’antenne de France Musique est perturbée et que France Info diffuse des flashs d’infos à 10h, 11h, 11h30 et 13h.

SNCF: 39,8% de grévistes selon la direction, 46% pour la CGT

 

 

La direction de la SNCF a comptabilisé 39,8% de grévistes et la CGT 46%, soit une mobilisation supérieure au 27 mai (respectivement 23,2% et 28%).

 

 

Un instituteur sur trois en grève

Les enseignants sont 31,9% à faire grève dans les écoles et 10,3% dans le secondaire (dont 18,7% en collèges), selon les chiffres du ministère de l’Education nationale à la mi-journée, alors que les lycées sont peu touchés du fait de l’organisation du bac.

Il s’agit dans le primaire de la plus forte grève de l’année scolaire, alors que la précédente plus forte mobilisation, lors de la journée du 23 mars, avait atteint 29,8% de grévistes selon le ministère.

Selon une estimation du SNUipp-FSU (principal syndicat du primaire), traditionnellement supérieure à celle du ministère, il y a jeudi 52,5% des professeurs des écoles en grève.

19,86% de grévistes à La Poste

Quelque 19,86% de postiers étaient en grève jeudi matin à la Poste, annonce la direction dans un communiqué, contre 12,80% le 27 mai et 11,45% le 23 mars.

Cinq syndicats (quatre de la Poste -CGT, Sud, CFDT, CFTC- et l’Unsa Fonction Publique) avaient appelé les postiers à se mettre en grève.

Rocard: le PS «se trompe de combat» sur les retraites

Dans un entretien à France Soir, l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard déclare que le PS «se trompe de combat» en faisant de l’âge légal de la retraite «un symbole». Il estime que la réforme du gouvernement est «courageuse», même si «beaucoup de problèmes ne sont pas tranchés».

 

 



Conditions de mise en oeuvre de la réforme du lycée dans l’Uzège

Uzès, le 21 juin 2010

 

Les représentants :

- des enseignants FSU, SGEN, Sud Éducation, UNSA et sans appartenance syndicale

- des parents d’élèves APDESU, FCPE et PEEP

- des élèves élus au Conseil d’Administration et au CVL

du Lycée Charles GIDE d’UZES (Gard)

 

 

 

à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale

s/c de Monsieur le Recteur de l’Académie de Montpellier

s/c de Monsieur le Proviseur du lycée Charles Gide

 

 

Objet : Conditions de mise en oeuvre de la réforme du lycée dans l’Uzège

 

Monsieur le Ministre,

 

Alertés par les récentes propositions de vos services concernant la « rationalisation de l’offre scolaire » afin de réduire les moyens humains et financiers des Etablissements Publics Locaux d’Enseignement (E.P.L.E.), nous souhaitons attirer votre attention sur le lycée Charles Gide d’Uzès. Seul Lycée d’Enseignement Général et Technologique (L.E.G.T.) de la ville, il draine de nombreuses communes du bassin nord nîmois.

Très soucieux de la réussite des élèves, comme l’attestent les résultats au Baccalauréat depuis plusieurs années, tous les intervenants du système éducatif demandent que les moyens financiers et humains de notre E.P.L.E. soient, pour le moins, maintenus, voire abondés. En effet :

- Cette année la Dotation Horaire Globalisée (D.H.G.) de notre établissement est de 1 092 heures et celle allouée pour la rentrée 2010 est de 1 074 heures : soit une perte de 18h ; alors même que, au vu des prévisions rectorales, les effectifs devraient être en hausse dans notre établissement.

Or, Monsieur le Ministre, vous avez donné injonction aux Recteurs, dans la note de service DGECO A n°2010_0002 : de veiller au « maintien des taux d’encadrement pour le lycée » et vous précisez que « cette enveloppe (la D.H.G.) doit être fixée de telle manière que les établissements retrouvent au minimum, à effectif constant, des moyens équivalents à ceux qui leur étaient antérieurement affectés ».

 

Ce sont donc 18 heures, soit l’équivalent d’un poste d’enseignant, qui manquent dans la D.H.G. de notre établissement pour que vos engagements soient respectés.

 

- Pour satisfaire la demande locale d’offre éducative et en s’appuyant sur l’autonomie supposée des E.P.L.E., l’équipe enseignante du lycée a préparé, (au cours de deux demi-journées banalisées) et présenté de nombreux enseignements d’exploration (13 propositions).

Tout ce travail a été annihilé par l’arbitrage rectoral qui n’a octroyé, à notre L.E.G.T., aucun enseignement d’exploration technologique (hormis SI) alors même que la circulaire n°2010-38 du 13-3-2010 précise « les autorités académiques (…) doivent encourager le développement dans le plus grand nombre possible d’établissements, de l’offre d’enseignements technologiques » (…) qui « peuvent attirer un public nombreux s’ils bénéficient d’une implantation dans un grand nombre d’établissements ».

 

Ce sont donc des arbitrages purement budgétaires qui ont guidé ces décisions et non pas l’intérêt des élèves de l’Uzège. 

 


- Consciente de l’opportunité que représente l’accompagnement personnalisé pour pallier les difficultés de certains élèves ou accroître les compétences d’autres, l’équipe éducative a travaillé sur un projet ambitieux d’ « ateliers d’accompagnement ».  Dans le même temps, les disciplines fondamentales que sont le Français, les Mathématiques et l’Histoire Géographie, ont proposé un développement de l’utilisation des TICE (nouvelles technologies) en groupes à effectif réduit.  Ces deux axes ont été présentés lors du conseil pédagogique du lundi 14 juin 2010.

 

La mise en place de ces dispositifs se heurte, encore une fois, à des contraintes purement budgétaires. En effet si l’on applique la circulaire n°2010-38 du 13-3-2010 qui stipule : « les chefs d’établissement sont les principaux artisans de l’utilisation de l’enveloppe horaire mise à disposition pour les classes de seconde pour s’adapter au mieux aux besoins locaux. (…) Cette enveloppe laisse une grande liberté à l’établissement puisque, désormais, tous les enseignements peuvent bénéficier de la mise en place de groupes à effectif réduit (…). Toutefois, ils veilleront à ce que certains temps d’enseignement bénéficient en priorité de la mise en place de ces groupes : ainsi, l’accompagnement personnalisé doit bénéficier d’au moins deux heures sur l’enveloppe (soit au minimum quatre heures professeurs), pour éviter les dédoublements traditionnels. », dès lors l’enveloppe horaire permettant les dédoublements (qui est seulement de 10h30 par classe) n’est pas suffisante.

 

Il nous faut donc choisir entre un accompagnement vraiment personnalisé, et un enseignement disciplinaire  répondant aux objectifs de notre société.

Nous demandons donc l’application de l’article 5 de la réforme du lycée, précisant que « une enveloppe horaire est laissée à la disposition des établissements pour assurer des enseignements en groupes à effectifs réduits. Son volume est arrêté par les recteurs sur une base de 10h30 par semaine et par division, ce volume pouvant être abondé en fonction des spécificités pédagogiques de l’établissement ».

 

Ce sont donc 10h de plus, par classe de seconde, qu’il nous faudrait pour assurer une offre éducative répondant à l’esprit de la réforme que le gouvernement propose.

 

 

 

Nous sommes convaincus que l’Education de nos jeunes citoyens reste la seule solution pour sortir de la crise qui bouleverse notre société. Optimisons les moyens certes, mais ne construisons pas une politique éducative qui ne réponde qu’à des critères budgétaires. L’Éducation est notre seul avenir, alors, Monsieur le Ministre, donnez-nous les moyens de notre ambition pour le Pays et pour l’Uzège.

 

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre profond dévouement au Service Public d’Education.

  

 

Les représentants des personnels enseignants, des parents et des élèves

du lycée Charles Gide d’Uzès

 

 

PS : Lettre ouverte adressée, aussi, aux médias et aux élus Départementaux et Régionaux.



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