Le système scolaire français est très fortement inégalitaire

« La France est un des pays où les destins scolaires sont les plus fortement corrélés aux origines sociales et au statut culturel des familles » constate la Cour des comptes dans l’un de ses derniers rapports (que relève l’Observatoire des inégalités). 78,4 % des élèves provenant de catégories sociales favorisées obtiennent un baccalauréat général, contre seulement 18 % des élèves d’origine sociale défavorisée en 2008. Dans son rapport, la Cour préconise de mieux identifier les élèves en difficultés pour qu’ils bénéficient plus tôt d’un accompagnement personnalisé. En effet, les dispositifs existants concernent seulement 8,5 % des collégiens alors que 1 jeune sur 6 quitte le système scolaire sans aucun diplôme et que 1 élève sur 5 éprouve des difficultés sérieuses en lecture à la fin de sa scolarité. Le redoublement est aussi montré du doigt. Le retard scolaire est deux fois plus élevé en France que dans les autres pays riches alors que les résultats scolaires des redoublants ne progressent pas, voire même déclinent.
La Cour revient aussi sur deux récentes mesures. 1) l’assouplissement de la carte scolaire, qui permet de choisir son école depuis la rentrée 2007, pourrait provoquer la création de « ghettos scolaires » du fait du départ des meilleurs élèves des établissements difficiles.
2) le rapport recommande de revenir sur la semaine de 4 jours, généralisée à toutes les écoles en 2008, alors que plusieurs études en démontraient les effets pervers, notamment sur les élèves les plus fragiles et ceux issus de milieux sociaux défavorisés. Ces derniers bénéficient plus rarement de loisirs organisés le samedi, notamment. La Cour note d’ailleurs que l’année scolaire est limitée à 144 jours en France, ce qui en fait une des plus courtes au monde mais des journées en classe parmi les plus chargées d’Europe.
Lire le rapport de la Cour des comptes.



APPEL AU BOYCOTT DES STAGES DE REMISE A NIVEAU

Communiqués du réseau

Alors que des milliers de suppressions de postes d’enseignants sont programmés pour les deux prochaines rentrées, que les postes d’enseignants du RASED vont subir une saignée sans précédent, que le nombre d’élèves par classe va augmenter du fait de la manipulation des seuils d’ouverture et de fermeture, que la formation pédagogique des nouveaux enseignants est réduite à néant, que les remplacements seront effectués par des vacataires, le ministère considère qu’il suffit de mettre en place quelques heures supplémentaires de soutien pour résoudre l’échec scolaire à l’école primaire.

Les stages de « remise à niveau » durant les vacances scolaires, tout comme le dispositif de l’aide personnalisée, ne sont que des opérations de communication en direction de l’opinion publique, mais ne sont pas d’une efficacité réelle et pertinente pour les élèves en difficulté. Le traitement de la difficulté scolaire ne saurait être déconnecté de la vie de la classe et ne saurait se résumer à quelques heures supplémentaires réalisées par des enseignants ou des étudiants qui ne connaissent pas les élèves. La prise en charge de ces élèves nécessite un travail d’équipe de professionnels (enseignants du RASED, enseignants des classes et du cycle) travaillant en étroite concertation.

S’il existe une ligne budgétaire pour rémunérer en heures supplémentaires d’enseignement bénéficiant d’exonération fiscale et sociale, majorées de 25%, des enseignants volontaires pour ces stages, il doit pouvoir exister un budget pour la création de postes d’enseignants susceptibles d’assurer l’intégralité des remplacements des enseignants indisponibles, de diminuer sensiblement le nombre d’élèves par classe, d’améliorer l’accueil des 2 ans en maternelle, de renforcer les moyens attribués aux RASED et d’accompagner positivement les enfants en difficulté scolaire.

Nous appelons les professeurs des écoles :

  • à refuser de sélectionner les élèves de CM1 et CM2 susceptibles de participer à ces stages.


  • à refuser de transmettre à la hiérarchie des listes d’élèves dits en difficulté pour alimenter ces stages.


  • à refuser de se porter volontaires pour ces stages afin de ne pas cautionner un système qui affaiblit le service public d’éducation.

Seule une résistance collective qui manifeste la volonté des enseignants du primaire de ne pas participer à la déconstruction de l’école publique est à même d’enrayer la mise en œuvre des réformes contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant initiées par Xavier Darcos et Luc Chatel.
RESEAU DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE EN RESISTANCE



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