Des inspecteurs d’académie doutent du ministère

Article le café pédagogique

On le savait depuis la diffusion par le Café des documents relatifs aux suppressions de postes envisagés par Luc Chatel. Un communiqué du Syndicat des inspecteurs d’académie confirme la forte tension qui existe chez les cadres de l’éducation nationale, au point que le ministre oublie de les recevoir.

 

« Les réformes engagées dans l’Education Nationale interrogent les responsables du système éducatif et au premier chef les Inspecteurs d’Académie qui sont souvent en difficulté pour défendre devant les enseignants et les parents les décisions ministérielles », écrit le SIA. « Les Inspecteurs d’Académie dont on ne peut douter de la loyauté », poursuit le SIA, « s’interrogent devant les risques de dégradation du service public d’éducation dont les conséquences, à l’heure de la mondialisation, se mesureront à terme sur les performances et la compétitivité de la France ! »

 

Le syndicat énumère ce qui est pour lui les contradictions de la politique ministérielle : supprimer des postes alors qu’il faut lutter contre l’échec scolaire, ne pas scolariser les moins de trois ans alors que les effets en sont bénéfiques pour les enfants des milieux défavorisés, charger les classes alors que la pédagogie différenciée est difficile à mettre en place etc.

 

« Nous avons tous, en tant que cadres responsables, conscience de la nécessité de contribuer à la réduction de la dette publique, mais dans l’Education Nationale plus que partout ailleurs chaque action de réduction budgétaire doit être pensée dans une perspective de long terme et non à l’aune d’échéances économiques immédiates », conclut le SIA. Pour lui il est clair que le court terme prévaut.

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Chatel la fin de l’état de grâce

 

sia

 



Manuels scolaires : Le pied de nez de Luc Chatel

Article le café pedagogique

Qui va payer le prix politique de la rentrée scolaire des lycéens ? Pour Luc Chatel si possible les autres ! Le ministre répond aux demandes des régions et des parents en leur renvoyant la balle. Pire il donne à penser qu’il y a bien une volonté d’obliger les régions à ne plus financer les manuels scolaires.

 

Manuels scolaires : Le pied de nez de Luc Chatel dans Actualités manuelsLa réforme des lycées implique le remplacement des manuels scolaires des lycéens de seconde en 2010, première en 2011 et terminale en 2012. Pour la rentrée 2010, cela pose à la fois une question technique et financière compte tenu des très faibles délais donnés aux éditeurs et du volume des manuels à remplacer. Reçues au cabinet le 16 juin, les associations de parents d’élèves et l’ARF (association des régions) avaient demandé des aménagements, par exemple que le ministre demande aux chefs d’établissement d’étaler les renouvellements sur plusieurs années. On leur avait promis une prompte réponse. Elle est arrivée sous la forme d’un communiqué le 18 juin.

 

« Le renouvellement des programmes est un processus normal », rappelle Luc Chatel qui mentionne aussi avoir contacté les éditeurs en décembre 2009. « A la rentrée de  septembre, les enseignants et les élèves disposeront des versions électroniques de leurs manuels, en attendant que toutes les versions imprimées soient disponibles. Ils disposeront ainsi de l’ensemble des ressources nécessaires à une mise en œuvre satisfaisante des nouveaux programmes d’enseignement », estime le ministre. « Quant aux régions qui ont choisi d’accompagner les familles dans la scolarité de leurs enfants au lycée », poursuit-il, « Luc Chatel ne peut accepter les propos de la commission éducation de l’Association des Régions de France (ARF), selon lesquels « le gouvernement veut les obliger, une nouvelle fois, à mettre la main à la poche », propos pour le moins inexacts, puisque les régions ne sont aucunement tenues par la loi de financer les manuels scolaires ».

 

Le ministre nie la réalité du problème technique. Il est clair que la majorité des classes ne sont pas en état d’utiliser les manuels numériques. Celles qui pourront le faire, à travers un vidéoprojecteur ou un TBI, ce sera uniquement grâce aux efforts financiers des régions qui effectivement sont allées heureusement au-delà de leurs obligations.

 

Il ne veut pas voir le problème financier. Or le renouvellement de tous les manuels représente une charge que les régions ne pourront pas prendre en charge dans la situation actuelle. Elle risque de retomber sur les familles ce qui va poser un problème à certaines et plus globalement aussi aux enseignants. Car dans cette situation comment pénaliser un enfant qui n’aura pas son manuel ?

 

Enfin il confirme la  volonté gouvernementale de remettre en question la clause de compétence générale des régions. C’est parce que les régions ont le droit d’aller au-delà de leurs obligations que les établissements peuvent avoir du matériel informatique, des aides pour monter des projets pédagogiques, du personnel pour entretenir les réseaux etc. La formule ministérielle est particulièrement grave. Elle fait plus que demander aux régions de ne plus aider les familles. Elle souhaite que disparaisse le dernier soutien  dont dispose l’Ecole : les collectivités locales.

 

On a du mal à croire que le ministre en reste à une déclaration aussi provocante sur un sujet qui ne devrait pas être conflictuel. D’autant que le système éducatif aurait tout à gagner d’un réel partage des tâches entre Etat et collectivités locales. Mais il est à craindre que même la question des manuels scolaires soit devenue hautement politique.

Communiqué

Manuels scolaires : Régions et parents contre « le bricolage » gouvernemental

Fcpe – Peep – Arf : Qui va payer ?

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