Les syndicats ont gagné leur pari en mobilisant davantage

Article Le Monde

En organisant une nouvelle journée d’action contre la réforme des retraites juste avant la césure de l’été, les syndicats faisaient un pari risqué mais ils espéraient que la mobilisation serait dopée par la présentation, le 16 juin, de l’avant-projet de loi que doit adopter le conseil des ministres du 13 juillet.

Dans une large mesure, la CGT, la CFDT, la CFTC, l’UNSA, FSU et Solidaires ont gagné leur pari. La journée nationale de grèves et de manifestations a donné lieu à une mobilisation nettement à la hausse par rapport à la journée précédente du 27 mai. Tant au niveau des manifestations que des arrêts de travail, la participation, sans atteindre le même niveau qu’en 2009 ou qu’en 2003, lors de la réforme Fillon sur les retraites, a été nettement plus forte.

« On a une mobilisation de haut niveau », s’est réjoui Bernard Thibault. Le secrétaire général de la CGT s’est gardé de demander le retrait du projet de réforme mais il a suggéré sa réécriture, en estimant qu’il ne devait pas être « examiné dans sa version actuelle », le 13 juillet, et qu’une « véritable négociation » devait s’ouvrir.

Sur la même longueur d’onde, François Chérèque a affirmé que « le sentiment d’injustice face à cette réforme brutale monte dans le pays ». Le secrétaire général de la CFDT, conforté par son récent congrès, a demandé au gouvernement de « réécrire profondément cette réforme pour qu’elle soit juste ».

Deux évènements ont contribué à alourdir le climat. L’annonce d’une nouvelle hausse du chômage, fin mai, a été perçue par les syndicats comme une preuve supplémentaire que la politique économique du gouvernement face à la crise, axée sur une rigueur qui ne veut pas dire son nom, fait fausse route.

La réception à l’Elysée du footballeur Thierry Henry, au moment même où la plupart des manifestations démarraient, a été ressentie comme une provocation. Martine Aubry y a vu « un pied de nez à tous les Français dans la rue ». M. Thibault s’est étonné que « 23 grévistes » (les Bleus) parviennent à modifier l’agenda de Nicolas Sarkozy alors qu’il ne trouve pas le temps de recevoir les syndicats. « Le président de la République, a ironisé M. Chérèque, peut dormir tranquille, il y a plusieurs millions de personnes dans la rue aujourd’hui, il y a des millions de chômeurs, on a des problèmes de pouvoir d’achat et lui passe son temps à écouter les états d’âme d’un footballeur qui gagne 15 millions par an. »

Lors de la précédente journée du 27 mai, les six syndicats avaient fait descendre dans la rue, sur toute la France, selon leurs chiffres, un million de manifestants. Selon leurs propres chiffres, ils ont réussi à doubler leur score puisque les cortèges ont réuni autour de 2 millions de personnes. M. Thibault a avancé le chiffre de 1 920 000 manifestants. La police, pour sa part, a comptabilisé un peu plus de 200 manifestations ayant rassemblé 797 000 personnes.

A Paris, la manifestation a été ample (130 000 selon la CGT et 47 000 selon la police). Mais dans beaucoup de villes moyennes, la participation était souvent deux fois plus importante que le 27 mai. Mais le record de 2009 – 3 millions – n’a pas été atteint.

Cette plus forte mobilisation s’est aussi reflétée au niveau des arrêts de travail, qui ont été beaucoup plus suivis dans les transports publics, avec de fortes perturbations à la SNCF et dans les transports urbains, alors même que les régimes spéciaux ne seront concernés par la réforme qu’à partir de 2017.

Dans la fonction publique, à la veille d’un rendez-vous salarial crucial, vendredi 25 juin – avec la perspective d’un gel des traitements des fonctionnaires, qui vont déjà subir une hausse de leurs cotisations retraite -, la participation a été aussi nettement à la hausse. Dans les écoles primaires, avec 31,9% d’enseignants grévistes, il s’agit du mouvement le plus important depuis le début de l’année scolaire. Les défilés à travers la France ont également montré que les salariés du secteur privé étaient nettement plus nombreux que le 27 mai.

Le gouvernement a pris acte de cette mobilisation syndicale plutôt réussie, même si certains élus de l’UMP ont cherché à la relativiser en relevant qu’elle était nettement en-deça du mouvement social de 1995…

Eric Woerth, le ministre du travail a parlé d’une « mobilisation assez forte » mais « légèrement plus faible qu’en 2003, au moment de la réforme des retraites qui ne touchait pas à l’âge légal ». Il a ajouté que, dans la fonction publique, le taux de grève « était en 2003 de 57%, il est aujourd’hui de 20% ».

Mais le gouvernement ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé. Du coup, François Fillon, qui s’est abstenu jusqu’à présent de se porter en première ligne, a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse vendredi sur les finances publiques mais aussi sur la réforme des retraites pour faire « un point d’étape ».

Il est peu vraisemblable que le premier ministre modifie son projet d’ici au 13 juillet. Il est acquis qu’il ne reviendra pas sur le report de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Mais Nicolas Sarkozy a déjà suggéré qu’il se montre ouvert à des amendements, notamment sur la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés (ceux qui ont cotisé à plusieurs régimes), lors du débat à l’Assemblée nationale, sujets sur lesquels les syndicats sont particulièrement sensibles.

Ira-t-il plus loin, notamment sur le report de 65 à 67 ans de la retraite à taux plein ? Il est trop tôt pour le dire. Forts de leur pari réussi, les syndicats, qui réunissent une nouvelle intersyndicale le 29 juin, entendent bien maintenir la pression. La CGT pourrait organiser des manifestations symboliques, sous des formes à déterminer, le 13 juillet.

Mais c’est à la rentrée de septembre que se jouera la vraie bataille, les syndicats entendant mener, si l’opinion suit, une mobilisation sur la durée en s’inspirant de ce qui avait été fait en 2006, où une action de longue haleine avait abouti au retrait du contrat première embauche (CPE).

Il n’est pas sûr que des conditions similaires se retrouvent. Mais une nouvelle journée de grèves et de manifestations pourrait être organisée dès le 7 septembre, jour de l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement sur la réforme des retraites. FO qui a très peu participé aux manifestations du 24 juin pourrait rejoindre alors l’intersyndicale. Avec un mot d’ordre de retrait ?

 

Michel Noblecourt

 

 

 

Contre la réforme des retraites, les manifs ont fait le plein

Article Libé

 

Après le conflit des retraites, la guerre des chiffres

Les manifestations contre le projet gouvernemental de réforme des retraites à l’appel de six syndicats ont rassemblé 1,92 million de personnes en France, affirme le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, contre un million le 27 mai.

«Ce sont donc très largement plus de deux millions de personnes (grévistes et manifestants) qui ont participé d’une façon ou d’une autre à cette action collective», a déclaré à RTL le responsable syndical.

Plus de 200 cortèges ont été recensés par la CGT.

«La police elle-même double ses chiffres par rapport au 27 mai», a déclaré Bernard Thibault.

Selon le ministère de l’Intérieur, 797.000 personnes ont manifesté en France, dont 47.000 à Paris.

Le nombre de manifestants a été comptabilisé sur «un peu plus de 200 manifestations», précise le ministère.

Enfin, pour le ministre du Travail Eric Woerth, la mobilisation a été «assez forte», mais «légèrement plus faible qu’en 2003» lors des manifestations contre la réforme Fillon.

23% de grévistes à La Poste

Quelque 23,14% de postiers étaient en grève ce jeudi, contre 15,48% le 27 mai dernier. Cinq syndicats avaient appelé les postiers à se mettre en grève, «contre la remise en cause de l’âge légal à 60 ans», pour l’emploi et les salaires, mais aussi pour le «service public postal» et contre «la dégradation de l’emploi et des conditions de travail».

Jacques Généreux: «Les déficits sont fabriqués politiquement»

Les syndicats ont gagné leur pari en mobilisant davantage dans Revue de presseJacques Généreux, économiste et membre du Parti de Gauche, était l’invité de notre podcast politique hebdomadaire «Partis Pris» jeudi pour parler des retraites et de l’austérité.

Financement, déficit budgétaire, choix sociétaux et Union Européenne : extraits en vidéo de l’émission, sur LibéLabo, ici.

A Lille: «Sarko pensait être tranquille jusqu’au 11 juillet! Merci Domenech!»

Long cortège à Lille. 10.500 manifestants selon la police, 30.000 selon les organisateurs. Des usines fermées dans le Valenciennois: production d’assemblage de voitures arrêtée pour cause de grève à Sevelnord, fabrication de tubes à Vallourec…

Un syndicaliste CFDT jubile et ironise : «Merci, Domenech, d’avoir perdu la Coupe du monde. Ca n’arrange pas Sarkozy. Il pensait être tranquille jusqu’au 11 juillet. Là, les gens ont le temps de repenser aux retraites, avec en plus un petit goût de frustration.»

Lire la suite sur LibéLille

Ségolène Royal veut un référendum

Ségolène Royal (PS) a appelé jeudi à l’organisation par «la gauche et les forces sociales d’un référendum d’initiative populaire pour mettre en échec» le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Ses déclarations à lire ici.

A Paris, 47.000 manifestants selon la police, 130.000 selon la CGT

 

La journée de mobilisation a réuni à Paris entre 47.000 personnes selon la police et 130.000 selon la CGT, alors que la précédente journée, le 27 mai, avait rassemblé entre 22.000 et 90.000 manifestants, selon ces sources respectives.

A voir: des portraits de manifestants à Paris (reportage en images).

Dans l’ensemble de la France, où environ 200 manifestations étaient annoncées, la CGT compte sur près de deux millions de manifestants ce jeudi.

A Rennes: «La retraite à 62 ans est une insulte faite aux métiers pénibles et aux femmes»

 dans Revue de presse

15 000? 20 000? 30 000? Difficile de chiffrer le nombre de personnes qui ont défilé à Rennes jeudi.

Une chose est sûre, il y avait beaucoup de monde – pas seulement de la fonction publique – et bien davantage qu’à l’occasion des mobilisations précédentes.

Même chose à Saint-Brieuc, Vannes, Quimper, Lorient ou Brest, ou plusieurs milliers de personnes ont défilé.

Lire la suite sur LibéRennes

A Bordeaux: «Nous, on ne va pas jusqu’à 70 ans sur les bancs du Sénat»

Déjà comme un air de grandes vacances, ce matin dans les rues de Bordeaux. Ambiance «joyeuse et déterminée», clame la sono, tandis que la foule afflue vers la place de la Victoire.

L’impressionnant cortège rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes, s’est ébranlé peu après midi, sous un soleil de plomb. En tête, une banderole proclamant «Salaires, emplois, retraites, urgent, imposons un autre choix», et derrière, tout l’équipement estival: casquettes, bouteilles d’eau et crème solaire.

Lire la suite sur LibéBordeaux

«Autour de deux millions de manifestants»

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, estime que la mobilisation de jeudi est «de haut niveau», avec «autour de deux millions» de manifestants partout en France contre le projet de loi sur les retraites. Ses déclarations à lire ici.

 

De son côté le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, affrime que «les deux millions» de manifestants contre la réforme des retraites sont «certainement atteints» et que cette «plus grosse manifestation de l’année» prouve la montée d’un «sentiment d’injustice». Ses déclarations à lire ici.

France Télécom: 29,29% de grévistes à la mi-journée

 

La direction de France Télécom a recensé à la mi-journée quelque 29,29% de grévistes dans le groupe aux 100.000 salariés. Lors de la précédente journée interprofessionnelle, le 27 mai, la direction avait compté 21,5% de grévistes au même stade de la journée.

18,71% de grévistes dans la fonction publique d’Etat

 

18,71% des agents de la fonction publique d’Etat, 13% de ceux de la fonction publique territoriale, et 12,5% de la fonction publique hospitalière, sont en grève, selon un communiqué du ministère de la Fonction publique.

Ces taux sont supérieurs à ceux du 27 mai, où la mobilisation avait atteint à la mi-journée 11,6% de grévistes dans la fonction publique d’Etat, 7,5% dans la fonction publique territoriale, et 8,24% dans l’hospitalière.

Dans l’Education nationale, y compris les agents administratifs, le taux de participation ce jeudi s’élève à 18,6 % contre 13,3% le 27 mai, le ministère rappelant qu’il était de 67,36 % le 13 mai 2003.

A Orléans: «Public et privé ensemble pour l’emploi, les salaires, les retraites»

Plus de 12.000 manifestants se sont retrouvés ce matin dans les rues de la préfecture du Loiret pour affirmer leur opposition au projet gouvernemental de réforme des retraites.

En tête du cortège parti à 11 heures de la place du Martroi pour se disperser, dans le calme, sur cette même place vers midi, l’intersyndicale avait déployé une banderole unitaire: «Ensemble public, privé, pour l’emploi, les salaires, les retraites». Dans le cortège, une majorité d’agents du secteur public et quelques salariés du privé.

Lire la suite sur LibéOrléans

A Marseille: «Ce n’est pas parce qu’on vit plus vieux qu’on doit travailler plus longtemps!»

 

«Ici gisent nos acquis sociaux: Sarkozy les a tués», proclame une pancarte. «Sarko, voleur de retraites», dit une autre. Des affiches ont été placardées sur les murs de la Canebière, avec une photo de cochons suspendus à l’abattoir, et cette légende: «La résignation, c’est ça».

A Marseille, la manif a débuté vers 11 heures, avec beaucoup de monde. Combien exactement? On le saura plus tard….En attendant, paroles de trois manifestants.

Lire la suite du reportage sur LibéMarseille

Forte mobilisation dans l’audiovisuel public

 

La mobilisation est forte dans l’audiovisuel public, aussi bien à France Télévision qu’à Radio France, dontles antennes sont très perturbées. Les directions des deux groupes ne disposaient pas encore des chiffres de grévistes à la mi journée.

Sur France 2, l’émission Télématin et le journal de 13h ont été supprimés. Le JT de 20h devrait être un «tout image». Sur France 3, un flash d’infos est prévu à 13h et toutes les éditions locales sont supprimées.

A la radio, il n’y a pas d’émission sur France Inter depuis 1h du matin et jusqu’à 20h, de même que sur France Culture, tandis que l’antenne de France Musique est perturbée et que France Info diffuse des flashs d’infos à 10h, 11h, 11h30 et 13h.

SNCF: 39,8% de grévistes selon la direction, 46% pour la CGT

 

 

La direction de la SNCF a comptabilisé 39,8% de grévistes et la CGT 46%, soit une mobilisation supérieure au 27 mai (respectivement 23,2% et 28%).

 

 

Un instituteur sur trois en grève

Les enseignants sont 31,9% à faire grève dans les écoles et 10,3% dans le secondaire (dont 18,7% en collèges), selon les chiffres du ministère de l’Education nationale à la mi-journée, alors que les lycées sont peu touchés du fait de l’organisation du bac.

Il s’agit dans le primaire de la plus forte grève de l’année scolaire, alors que la précédente plus forte mobilisation, lors de la journée du 23 mars, avait atteint 29,8% de grévistes selon le ministère.

Selon une estimation du SNUipp-FSU (principal syndicat du primaire), traditionnellement supérieure à celle du ministère, il y a jeudi 52,5% des professeurs des écoles en grève.

19,86% de grévistes à La Poste

Quelque 19,86% de postiers étaient en grève jeudi matin à la Poste, annonce la direction dans un communiqué, contre 12,80% le 27 mai et 11,45% le 23 mars.

Cinq syndicats (quatre de la Poste -CGT, Sud, CFDT, CFTC- et l’Unsa Fonction Publique) avaient appelé les postiers à se mettre en grève.

Rocard: le PS «se trompe de combat» sur les retraites

Dans un entretien à France Soir, l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard déclare que le PS «se trompe de combat» en faisant de l’âge légal de la retraite «un symbole». Il estime que la réforme du gouvernement est «courageuse», même si «beaucoup de problèmes ne sont pas tranchés».

 

 



Laisser un commentaire

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES