Le système scolaire français est très fortement inégalitaire

« La France est un des pays où les destins scolaires sont les plus fortement corrélés aux origines sociales et au statut culturel des familles » constate la Cour des comptes dans l’un de ses derniers rapports (que relève l’Observatoire des inégalités). 78,4 % des élèves provenant de catégories sociales favorisées obtiennent un baccalauréat général, contre seulement 18 % des élèves d’origine sociale défavorisée en 2008. Dans son rapport, la Cour préconise de mieux identifier les élèves en difficultés pour qu’ils bénéficient plus tôt d’un accompagnement personnalisé. En effet, les dispositifs existants concernent seulement 8,5 % des collégiens alors que 1 jeune sur 6 quitte le système scolaire sans aucun diplôme et que 1 élève sur 5 éprouve des difficultés sérieuses en lecture à la fin de sa scolarité. Le redoublement est aussi montré du doigt. Le retard scolaire est deux fois plus élevé en France que dans les autres pays riches alors que les résultats scolaires des redoublants ne progressent pas, voire même déclinent.
La Cour revient aussi sur deux récentes mesures. 1) l’assouplissement de la carte scolaire, qui permet de choisir son école depuis la rentrée 2007, pourrait provoquer la création de « ghettos scolaires » du fait du départ des meilleurs élèves des établissements difficiles.
2) le rapport recommande de revenir sur la semaine de 4 jours, généralisée à toutes les écoles en 2008, alors que plusieurs études en démontraient les effets pervers, notamment sur les élèves les plus fragiles et ceux issus de milieux sociaux défavorisés. Ces derniers bénéficient plus rarement de loisirs organisés le samedi, notamment. La Cour note d’ailleurs que l’année scolaire est limitée à 144 jours en France, ce qui en fait une des plus courtes au monde mais des journées en classe parmi les plus chargées d’Europe.
Lire le rapport de la Cour des comptes.



APPEL AU BOYCOTT DES STAGES DE REMISE A NIVEAU

Communiqués du réseau

Alors que des milliers de suppressions de postes d’enseignants sont programmés pour les deux prochaines rentrées, que les postes d’enseignants du RASED vont subir une saignée sans précédent, que le nombre d’élèves par classe va augmenter du fait de la manipulation des seuils d’ouverture et de fermeture, que la formation pédagogique des nouveaux enseignants est réduite à néant, que les remplacements seront effectués par des vacataires, le ministère considère qu’il suffit de mettre en place quelques heures supplémentaires de soutien pour résoudre l’échec scolaire à l’école primaire.

Les stages de « remise à niveau » durant les vacances scolaires, tout comme le dispositif de l’aide personnalisée, ne sont que des opérations de communication en direction de l’opinion publique, mais ne sont pas d’une efficacité réelle et pertinente pour les élèves en difficulté. Le traitement de la difficulté scolaire ne saurait être déconnecté de la vie de la classe et ne saurait se résumer à quelques heures supplémentaires réalisées par des enseignants ou des étudiants qui ne connaissent pas les élèves. La prise en charge de ces élèves nécessite un travail d’équipe de professionnels (enseignants du RASED, enseignants des classes et du cycle) travaillant en étroite concertation.

S’il existe une ligne budgétaire pour rémunérer en heures supplémentaires d’enseignement bénéficiant d’exonération fiscale et sociale, majorées de 25%, des enseignants volontaires pour ces stages, il doit pouvoir exister un budget pour la création de postes d’enseignants susceptibles d’assurer l’intégralité des remplacements des enseignants indisponibles, de diminuer sensiblement le nombre d’élèves par classe, d’améliorer l’accueil des 2 ans en maternelle, de renforcer les moyens attribués aux RASED et d’accompagner positivement les enfants en difficulté scolaire.

Nous appelons les professeurs des écoles :

  • à refuser de sélectionner les élèves de CM1 et CM2 susceptibles de participer à ces stages.


  • à refuser de transmettre à la hiérarchie des listes d’élèves dits en difficulté pour alimenter ces stages.


  • à refuser de se porter volontaires pour ces stages afin de ne pas cautionner un système qui affaiblit le service public d’éducation.

Seule une résistance collective qui manifeste la volonté des enseignants du primaire de ne pas participer à la déconstruction de l’école publique est à même d’enrayer la mise en œuvre des réformes contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant initiées par Xavier Darcos et Luc Chatel.
RESEAU DES ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE EN RESISTANCE



« Plus la classe est nombreuse, plus elle est lourde à gérer »

Article Rue 89

Augmenter le nombre d’élèves dans le premier degré : une proposition qui fait l’unanimité contre elle. C’est le verdict des enseignants riverains de Rue89 auxquels nous avons proposé de réagir au projet qui, selon eux, a surtout pour but de réduire le nombre de postes d’enseignants. Revue de commentaires et d’arguments.

1Des classes plus dissipées

Par expérience, les enseignants notent qu’il devient difficile, dans une classe à fort effectif, de créer une atmosphère de travail stimulante. Nelmezzodelcamin, prof de langues, témoigne :

« Du point de vue de la relation, plus le groupe est nombreux, plus il est lourd à gérer. Ce qui est épuisant c’est de devoir stimuler les élèves, pour qu’ils s’impliquent, participent, prennent la parole et canaliser en même temps. »

Une classe à fort effectif se dissipe plus facilement qu’une autre et peut créer des émulations négatives, selon Anterak13 :

« Plus le nombre d’élèves par classe est important, et plus les problèmes de comportement de certains enfants sont difficiles à gérer. »

2

La pédagogie individualisée à la trappe

Difficile de mettre en place des éléments de différenciation pédagogique quand les élèves sont nombreux. Pourtant, il apparaît indispensable de pouvoir solliciter les élèves personnellement et d’avoir des moments pour reformuler les consignes individuellement. J.N, qui exerce dans le secondaire, explique :

« Les élèves ne font pas tous les mêmes erreurs, et n’ont donc pas tous besoin des mêmes remédiations.

Il est important de pouvoir individualiser au maximum l’aide apportée dans la classe. »

Les enseignants ont insisté sur la complémentarité des aspects collectif et individuel du travail en classe : l’enseignement associe l’animation de la classe -en tant que groupe- et des moments d’attention accordés à l’élève dans sa spécificité. En augmentant la taille des classes, on risque de faire pâtir les deux aspects. Lally, professeur, précise :

« Plus l’enseignant peut être disponible pour aider chaque élève, plus la réussite générale de la classe est importante. […]

Et plus les enfants viennent d’un milieu familial en difficulté, plus cette notion de pédagogie individualisée est importante. »

3Des élèves en difficulté laissés sur le bas-côté

La note du 4 mai remise par le ministère de l’Education nationale aux inspecteurs d’académie prévoit de réduire le nombre de postes du Réseau d’aide aux élèves en difficulté (RASED).

Si les deux hypothèses -d’augmentation des effectifs et de réduction des postes RASED- étaient confirmées, les enseignants redoutent de voir les élèves souffrant de handicap scolaire « noyés » dans des classes, alors que leurs spécificités devraient pouvoir être prises en compte.

Bleuet1, enseignante d’anglais dans le secondaire, s’interroge :

« Les statistiques montrent que chaque enseignant a dans sa classe au moins deux élèves souffrant de handicap scolaire (très souvent de la dyslexie, mais il n’y a pas que ça).

Ces handicaps réclament une prise en charge particulière, qui doit être rendue possible pour peu que le professeur soit formé pour ça, mais aussi qu’il en ait le temps !

Comment fait-on pour s’occuper des besoins très particuliers de manière adéquate si la classe est très nombreuse, et si en plus elle est bruyante ? »

4Un espace saturé et des ressources pédagogiques limitées

Si l’effectif des classes est malléable, les murs d’une classe ne le sont pas. JN redoute « des classes pleines à craquer (surtout dans les établissements récents, où leurs dimensions sont calculées aux millimètres), où il est impossible d’isoler un élève. »

Partager l’espace et le matériel d’une classe peut devenir compliqué à mesure que l’effectif d’une classe est revu à la hausse. Pour Morse, professeur des écoles, « augmenter le nombre d’élèves revient à disposer de ressources pédagogiques limitées. »

5Les cours de langue, un casse-tête

Dans certaines matières, notamment les langues vivantes, l’oral a une place privilégiée. C’est dans la pratique et la conversation qu’elles s’acquièrent.

Or, dans une classe de plus de vingt élèves, il est difficile de donner la parole à tous, expliquent les enseignants de langue, qui ont été nombreux à réagir.

Ermine, étudiante en sociologie, qui se destine à la profession d’enseignante, se rappelle ses cours d’anglais en terminale :

« 33 élèves issus des filières S, ES et L. Pas le même programme, pas la même épreuve au bac. Une prof devait donc préparer 33 élèves de trois filières différentes à trois examens différents et ayant des niveaux différents. »

Pour conclure, Morse souligne une contradiction du gouvernement. Dans sa note préparatoire aux inspecteurs d’académie, le ministère de l’Education avance :

« Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves […]. »

Pourtant en zone d’éducation prioritaire (ZEP), les classes de maternelle et de primaire sont limitées dans le cadre de la discrimination positive.

« On limite le nombre d’élèves dans les classes de milieux sociaux défavorisés, c’est l’aveu même de l’influence du nombre d’élèves dans les classes sur la qualité de l’enseignement. »

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Hausse d’effectifs : enseignants, quels effets sur vos élèves ?

 

Un dessin de Baudry sur le projet de  hausse des effectifs dans les classes du premier degré

La recette du ministère de l’Education nationale pour réduire le nombre de postes d’enseignants pour les rentrées prochaines a filtré sur Internet : augmenter la taille des classes dans le premier degré.

Téléchargez le document publié sur CaféPédagogique.net

Cette proposition, issue d’un document du 4 mai remis par le ministère aux inspecteurs d’académie, a été publiée sur le site CaféPédagogique.net (voir document ci-contre) le 31 mai dernier, suscitant de vives réactions.

Plusieurs études ont tenté de mesurer l’impact de la taille des classes sur la réussite des élèves. Et notamment celle de l’économiste Thomas Piketty, publiée en 2006 par les services du ministère : elle montrait qu’en primaire, on apprend mieux à lire et à calculer quand on est 20 au lieu de 25. Un constat qui se vérifie d’autant plus pour les enfants de milieux défavorisés.

Pourtant, dans sa note aux inspecteurs d’académie, le ministère ignore les résultats de cette étude et avance au contraire que :

« Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes. »

Enseignants, sur un mode prospectif, racontez-nous les effets que pourraient avoir une augmentation des effectifs sur l’atmosphère de travail en classe. Quel impact sur les progrès de vos élèves ? N’hésitez pas à être concret et précis dans vos commentaires.

► Nous publierons une synthèse de vos contributions.

Illustration : dessin de Baudry sur le projet de hausse des effectifs dans les classes du premier degré

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Bourrage de classe

Article Télérama

bourrage de classe



Appel National pour l’École Publique

L’École publique, laïque et gratuite crée le lien social indispensable pour faire face aux défis d’un monde en crise. C’est elle, et elle seule, qui permet de garantir la cohésion sociale. Elle est pourtant aujourd’hui menacée par des choix politiques qui favorisent le privé et encouragent le consumérisme éducatif.

Redonnons la Priorité à l’École laïque !

Le service public et laïque d’éducation doit garantir à chaque élève une scolarisation de qualité sur tous les territoires. Il doit permettre à chacune et chacun, quelle que soit son origine culturelle ou géographique, quelle que soit sa condition, quel que soit son handicap, de bénéficier d’une éducation et de s’approprier « le vivre ensemble » dans un espace où la liberté de conscience est strictement respectée.

Aujourd’hui, le service public et laïque d’éducation n’est plus une priorité de l’état.

Les nombreuses décisions ministérielles le montrent :

  • les dizaines de milliers de suppressions d’emplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et l’asphyxient en zone urbaine,
  • les aides publiques concédées aux établissements privés (à 95% catholiques) qui n’ont jamais été aussi élevées. Il s’agit de près de 7 milliards d’Euros octroyés chaque année par l’État, auxquels viennent s’ajouter les participations obligatoires versées par les collectivités locales,
  • la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire,
  • la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents d’élèves en consommateurs d’école,
  • le développement du privé par le plan banlieue, là où les besoins du service public sont les plus criants, là où la ségrégation sociale est la plus forte,
  • les accords « Kouchner Vatican » (qui remettent en cause les règles de collation des grades universitaires au bénéfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par l’état de l’enseignement supérieur privé.

Nous, signataires de cette pétition, refusons l’affaiblissement organisé par l’État, de notre service public et laïque d’éducation.
L’éducation n’est pas une marchandise. La liberté de conscience doit être respectée partout et pour toutes et tous. L’argent de tous doit cesser de financer les choix de quelques-uns.

Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de l’École publique, laïque et gratuite.

Nous réaffirmons qu’il n’y a qu’une École de la République.

Nous demandons que l’effort éducatif de la Nation soit réservé au développement de l’École de la Nation.

Signez la pétition :

http://www.appelpourlecolepublique.fr/transf.php



Sauvons les RASED

Monsieur le Ministre de l’Education nationale,

En 2008, votre prédécesseur annonçait la suppression de 3000 postes de RASED.

Face à l’indignation générale des écoles et des parents d’élèves, exprimée par les centaines de milliers de signatures de la pétition « sauvons les Rased », celui-ci a dû transformer 1500 de ces suppressions en postes dits surnuméraires (en réalité 2200 suppressions et 1248 sédentarisations d’après les chiffres émanant de vos services), tout en publiant au Bulletin Officiel une nouvelle circulaire pérennisant ces dispositifs mais présentant une version simplifiée de leurs missions.

A la rentrée 2009 les organisations syndicales de l’éducation, les associations professionnelles, les fédérations de parents d’élèves vous alertaient à nouveau, constatant les projets de suppression des postes surnuméraires dans les cartes scolaires des IA, et la baisse drastique des départs en formation spécialisées, départs indispensables pour pourvoir les postes des réseaux par des personnels compétents et spécifiquement formés à la prise en charge des élèves en difficulté.

Des discussions se sont alors engagées avec vos services, dans le but de stabiliser les dispositifs, de réfléchir autour du plan de formation pour rattraper le retard pris dans ce domaine, et de dresser un état des lieux de l’implantation des postes.

Alors que les discussions ont été interrompues unilatéralement, le document interne « Schéma d’emplois 2010-2013 » adressé aux Recteurs d’académie en vue de la préparation de la carte scolaire 2011 suscite la stupeur et la consternation.

Il y est en effet proposé de ne recruter aucun maître G, aucun psychologue scolaire et un minimum de postes E. Les postes vacants, dont le nombre ne cesse d’augmenter du fait de l’insuffisance des départs en formation, seraient fermés.

Bien plus, les différents « scénarii possibles » soumis aux Recteurs envisagent la suppression ou la « mise en extinction » pure et simple de ces catégories de professionnels spécialisés, par le non-recrutement et la remise en affectation classe.

Ces mesures sont en totale contradiction avec les engagements précédents, les études sur les causes et les moyens de remédier aux difficultés scolaires.

Alors que deux heures de classe ont été supprimées à la rentrée 2008, ces décisions, si elles sont confirmées, vont se traduire inévitablement, par une dégradation des résultats des écoles, par plus d’inégalité sociale. Comme l’indique la circulaire n°2009-088, l’aide personnalisée et les stages de remise à niveau « peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés pour certains élèves ». Il est alors nécessaire d’avoir recours aux enseignants des réseaux d’aides spécialisées pour « renforcer les équipes pédagogiques » et « construire les réponses adaptées ».

Comment envisager que les moyens déjà insuffisants consacrés à la lutte contre l’échec scolaire se voient ainsi amputés, alors que vos projets prévoient également en parallèle une augmentation du nombre d’élèves par classe ? Dans quelle situation ingérable vont se retrouver les enseignants des classes, les élèves et leurs familles ? Quel avenir préparons-nous pour ces élèves et pour notre nation si l’Ecole de la République faillit ainsi à ses missions – celles d’une éducation de qualité accessible à tous ?

Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Ministre, de renoncer à ce projet et de rouvrir les discussions sur l’avenir des réseaux d’aides aux élèves en difficulté.

Les organisations syndicales (CGT Educ’action, SE-Unsa, Sgen-CFDT, Snudi FO, Snuipp, Solidaires), les associations professionnelles (AFPEN, FNAME, FNAREN, ANCP), la fédération de parents d’élèves FCPE.

Avec le soutien de l’AGSAS.



Le débat sur les rythmes scolaires s’accentue

Article : Le café pédagogique

Luc CHatel installe le 7 juin le Comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires. Il le faut alors que plusieurs rapports, par exemple celui de l’Académie de médecine, ont souligné l’inadaptation du calendrier mis en place par X. Darcos.

 

Le débat sur les rythmes scolaires s'accentue  dans Actualités forestierMais c’est sur la question des vacances que Luc CHatel est intervenu évoquant la possibilité de réduire leur durée. Cette question est posée également dans un sondage publié par le quotidien Métro. Selon lui, 58% des sondés sont favorables à une réduction de deux semaines des congés d’été. 71% se déclarent aussi favorables à l’alternance cours le matin, sport l’après-midi, selon le modèle expérimenté dans 100 établissements.

 

Dans un communiqué, le Snuipp rappelle que « avant 2007, 25 pour cent des écoles avaient décidé de travailler fin août et début juillet en supprimant le samedi matin, d’autres avaient déplacé le samedi au mercredi matin, d’autres ont aménagé la pause méridienne pour favoriser les apprentissages, d’autres travaillent deux mercredis sur trois ». Le syndicat estime que « une évolution de la durée de la journée de classe ne peut s’envisager , sans prendre en compte tous les éléments (travaux des chercheurs, âge des enfants, rythmes de vie, nécessité de mettre en place dans toutes les écoles et pour tous les élèves un accompagnement afin de ne pas augmenter les inégalités entre familles et entre territoires). Pourquoi, par exemple ne pas revenir, après une discussion avec les acteurs économiques à calendrier en deux zones qui permettrait un deuxième trimestre équilibré ? Le calendrier de tous les élèves doit-il rester tributaire d’intérêts économiques liés aux seuls 9 % des familles qui partent en vacances d’hiver ? » Pour le SNUipp « la réflexion doit être conduite sans tabou ».

 

Le Snep Fsu propose, lui, de mettre en place dans une centaine d’établissements l’augmentation des horaires d’EPS pour tous. Une façon d’interroger les intentions du ministre sur les postes. En effet mettre du « sport » l’après-midi ce n’est pas obligatoirement augmenter le temps de l’EPS.

Sondage

Comment rétablir la semaine de 9 demi-journées ?

 



Communiqué : Les inspecteurs et les personnels de direction ne seront pas les fossoyeurs de l’Éducation nationale

FSU inspecteurs



FSU, CGT Educ’action et SUD quittent la séance du Conseil Supérieur de l’Éducation du 03 juin

Vous trouverez ci-dessous le texte intégral, adressé au ministre et lu devant le CSE.

Monsieur le Ministre,

Le CSE réuni aujourd’hui doit examiner un certain nombre de textes importants pour l’organisation des parcours de formation des jeunes de notre pays.

Nous avons toujours, dans cette instance, porté les attentes des personnels et leur souci de la réussite de leurs élèves et nous n’avons jamais refusé le dialogue. Et cela même lorsque les textes proposés étaient aux antipodes de leurs revendications et de leur projet pour le système éducatif. C’est encore le cas aujourd’hui avec le texte sur le dispositif DIMA ou celui sur le livret de compétences sur lesquels nous sommes intervenus en commissions lycée, collège et école.

Depuis des mois, au fil des différents CSE et à l’occasion des différentes rencontres avec les services ministériels, nous avons alerté sur l’absence réelle d’écoute et de prise en compte de nos propositions.
Les seules réponses à nos inquiétudes ont été quelques engagements comme : « la réforme du lycée se fera sans enlever un poste ni un centime », ou le maintien des postes de Rased…

La découverte des fiches que vous avez adressées aux recteurs, expliquant clairement et cyniquement les leviers de suppressions massives de postes que constituent les différentes réformes menées par le ministère correspondant au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, est donc ressentie par l’ensemble des personnels comme une provocation supplémentaire mais aussi comme la marque d’un profond mépris, puisque ces engagements sont eux-mêmes remis en cause.
Ces préconisations confirment que l’objectif essentiel des réformes engagées est la suppression massive de postes.

Vos préconisations dans ces fiches sont totalement inacceptables : alourdissement des effectifs par classe, regroupement de sections, fermeture de petits établissements et de classes uniques, nouvelle baisse de la scolarisation des 2 ans en maternelle, suppression de postes de Rased et de Co psy, remise en cause des IDD en collège, précarisation du remplacement, remise en cause de décharges de service, suppressions de postes des personnels techniques et administratifs dans les EPLE et les administrations etc.
Où est la réussite des élèves dans tout cela ?
Comment ne pas noter que le ministère en reste à un simple affichage du maintien des résultats globaux du système éducatif et abandonne de fait toute volonté de faire progresser les élèves et de réduire le nombre de jeunes sortants sans qualification du système éducatif ?
Ecoles maternelles et élémentaires, collèges, lycées, personnels administratifs, sociaux, médicaux, TOS… Aucun secteur n’échappe à la volonté de supprimer des emplois.

Un tel double langage, une telle méthode faite de promesses et d’habillages fallacieux pour cacher la réalité brutale de l’étranglement du service public d’éducation, vide le CSE de sa substance, de son utilité pour les personnels, les élèves, les parents….
D’ailleurs, l’ordre du jour de cette séance en est encore un exemple : le texte présentant une nouvelle version du livret personnel de compétences est déjà en ligne sur le site Eduscol, présenté comme la version officielle… A quoi vont donc servir les débats d’aujourd’hui ?

Un autre exemple concerne les 100 établissements labellisés CLAIR pour la rentrée prochaine : la liste semble arrêtée aujourd’hui mais ne sera pas rendue publique, les CA des collèges et lycées concernés ne seraient pas consultés, des postes vacants seraient bloqués par les recteurs pour permettre d’y affecter des personnels par simple cooptation.

Dans tous les cas, ce sont les élèves et les personnels qui seront les victimes de vos décisions dès la rentrée prochaine.

Monsieur le Ministre, nous sommes attachés à l’existence du dialogue social, nous sommes persuadés que des évolutions du système éducatif sont nécessaires. Il est vrai que nous ne partageons pas votre vision de l’Ecole, mais, organisations représentatives responsables et respectueuses des principes démocratiques de fonctionnement des services publics, nous considérons que nous pouvons plus jouer notre rôle aujourd’hui.

Monsieur le Ministre, votre gouvernement poursuit une politique mortifère pour le service public d’éducation et refuse d’entendre ce que les représentants des personnels ont à vous dire. Nous avons donc décidé de quitter cette séance. Il s’agit là d’une décision difficile. Nous espérons qu’elle permettra une prise de conscience collective de l’impasse dans laquelle vous vous enfermez et qu’elle pourra créer les conditions du rétablissement d’un véritable dialogue entre vous et les organisations représentatives de votre ministère.

·        Les inspecteurs et les personnels de direction ne seront pas les fossoyeurs de l’Éducation nationale :
Vous trouverez le communiqué du SNI et du SNUPDEN en PJ.

·        L’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français :
Vous trouverez en PJ ce dossier « interdit » et disparu du site du MEN car il contredisait la pensée officielle des Ministres.



Luc Châtel : sinistre de l’éducation nationale.

Article blog :

Le blog d’un maître de conférences en sciences de l’information.

Voilà un garçon qui promet d’être à l’éducation nationale ce que Napoléon fut à l’armée prussienne. Luc Châtel a eu coup sur coup non pas une, non pas deux, non pas trois mais bien quatre, oui, quatre idées de génie. Partant du principe que a) c’est la crise et que b) tout va très bien dans l’éducation nationale, il a donc décidé de :

  1. supprimer les dispositifs  – déjà notablement insuffisants – d’aide aux élèves en grande difficulté (= RASED)
  2. augmenter le nombre d’élèves par classe pour, à terme, supprimer carrément des classes (si, si) et même de « petites écoles » (si, si)
  3. supprimer encore davantage de postes d’enseignants permanents (cf supra : plus d’élèves par classe = moins de classes = moins de profs) / Rappel : plus de 40 000 postes ont déjà été supprimés entre 2008 et 2010 …
  4. coller devant les élèves des personnels non-qualifiés, non-formés et – cela va sans dire – non-titulaires

(idées auxquelles il faut ajouter – mais là l’idée venait de Xavier DarK’OS – la célèbre masterisation, le même ayant également breveté l’idée de la suppression des RASED mais avait finalement préféré lâcher du lest sur ce dossier pour en faire passer d’autres).

 

Ah … et puis j’allais oublier, Luc Châtel prévoit aussi de « réduire » (comprendre « de stopper le plus vite possible ») la scolarisation des enfants de deux ans. De la scénécente incontinence verbale de son prédecesseur*** , Luc Châtel fait un objectif éducatif à court terme, avec tout le courage politique d’un car de CRS en armes devant un SDF ivre : sur ce point comme sur les autres, il refile le sale boulot aux recteurs, avec feuille d’objectif à remplir et tout le toutim ; en l’occurence la feuille d’objectif s’appelle une « fiche académique », il y en a 13, et elles se terminent toutes par la question l’injonction suivante : « Gain en emplois ». Ca sonne bien « Gain en emplois », ça sonne positif, beaucoup plus positif que « Nombre d’emplois supprimés » ; pourtant cela veut dire la même chose. C’est un « trope », une figure de rhétorique. On en reparle plus tard.

 

***In Xavier DarK’OS memoriam, il avait donc osé affirmer, vidéo à l’appui : « Est-ce qu’il est vraiment logique (…) que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?« )

Devant tant d’ingéniosité comptable, devant la mugnificence de ce projet éducatif, devant la considération dont il fait preuve pour ce qu’ils osent encore présenter comme « la première priorité de la nation », on ne peut que s’incliner. Rien à dire. Le constat est lucide (comme peut l’être une ballerine tentant un plaquage à l’épaule sur Sébastien Chabal lancé en pleine course), les remèdes incontestablement adaptés (comme peut l’être l’indication d’un toucher rectal pour le soin d’une migraine ophtalmique).

 

 

Pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts annoncés :

 

 

« Puisque j’vous l’dit ». A la lecture des 13 documents confidentiels envoyés au recteurs (et oui j’ai lu les 13 en entier, oui je sais je suis un grand malade ou j’ai que ça à faire cochez la case qui vous convient), à la lecture des 13 documents, on ne peut qu’être frappé par la force de la rhétorique LucChâtellienne qui tient tout entière en une figure de style, le « puisquejvouldisme ». Le puisquejvouldisme est une figure qui mélange habilement les raccourcis syntaxiques du « démerdez-vous avec ça » et les approximations grammaticales du « viendez pas m’emmerder », le tout permanenté façon L’Oréal, « parce qu’ils le ne valent rapportent bien rien »

Des exemples ? Bien volontiers.

Dans le document « Primaire : augmenter la taille des classes » (.doc)

  • « les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes. » Ne cherchez pas de lien ou de note bibliographique vers les études en question. Y’en a pas.
  • « La fermeture d’une classe ou d’une école résulte de fait du retrait du ou des postes d’enseignant par l’inspecteur d’académie. Le Conseil d’État a en effet considéré qu’un poste peut être retiré, même sans l’accord de la commune, en indiquant qu’“aucune disposition législative ou réglementaire ne subordonne le retrait d’emplois d’instituteur à l’intervention préalable d’une délibération du conseil municipal décidant de la fermeture de la classe” (CE 5/5/1995, ministère de l’éducation nationale/association Sauvons nos écoles)« . Ben oui. Comme le MSinistre demande aux recteurs d’aller au carton à sa place, il a tout de même la délicatesse de leur filer quelques arguments du genre « Allez-y mes chéris, toute façon même si les gens sont pas d’accord, on s’en fout, on n’a pas besoin de leur accord (rire permanenté)« .

Dans le document « Fermer les petits établissements » (.doc)

  • « L’optimisation de l’utilisation des moyens de même que la nécessité d’une offre de formation diversifiée doit conduire à une évolution du réseau des établissements de petite taille (suppression, fusion, regroupements…). » Perspicaces comme vous l’êtes, vous aurez noté qu’au moins 2 des 3 termes figurant dans la parenthèse sont de trop : si on fusionne, c’est qu’on supprime pour pouvoir fusionner, si on regroupe, c’est la même chose. Là encore c’est une figure de style. C’est beau la langue française.

 

Vous en voulez encore ? D’aaaaaaaccord. 

 

Le document sur les Réseaux d’aide aux enfants en grande difficulté (RASED) est un vrai trésor (.doc).

 

Petite précision que peuvent zapper ceux qui connaissent déjà le fonctionnement des RASED : les RASED sont composés de 3 personnes : un « maître E » qui s’occupe – en gros – de pédagogie, un « maître G » qui s’occupe davantage des problèmes de comportement, et un psychologue scolaire. Il n’y a pas beaucoup de RASED et ces 3 personnes tournent donc sur beaucoup d’écoles dans des secteurs académiques parfois très vastes. Dernière précision : les RASED, c’est pas pour les enfants qui ont un peu de mal à apprendre leur table de multiplication ou leurs règles d’accord, les RASED c’est pour les enfants qui sont en grande souffrance/difficulté scolaire et pour lesquels les enseignants du primaire sont démunis. Tout cela est très bien expliqué ici ou .

 

Or donc voici ce que l’on peut lire dans la prose ministérielle :

 

« Plusieurs scénarios doivent être examinés :
- suppression des seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;
- suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en « surnuméraires » dans les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ;
- un troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en extinction des psychologues scolaires.
 »

 

Si c’est pour les supprimer, ben c’est pas la peine de faire 3 « scénarios »*, surtout quand les 3 scénarios n’en font qu’un. Mais surtout surtout surtout surtout, vous noterez surtout, le formidable groupe nominal « mise en extinction des psychologues scolaires« . C’est beau comme l’antique (ou comme une note de service de la DRH de chez l’Oréal**). « Mise en extinction des psychologues scolaires »,  ça fait froid dans le dos non ? L’extinction des espèces. Aujourd’hui la mise en extinction des psychologues scolaires, et … demain ? C’est plus le ministère de l’éducation nationale, c’est celui de l’épuration nationale. Pour oser écrire ça dans une note officielle à destination des acteurs du système scolaire (aussi recteurs fussent-ils), il faut soit avoir le QI d’un poulpe mort, soit la morgue et le cynisme d’un DRH biberonné à la novlangue … soit … soit … soit je sais pas :-(

 

* au passage, si l’on dit bien « un chariot des chariots », on dit plutôt « un scénario, des scenarii » …

 

** pour ceux qui ne suivent vraiment pas, Luc Châtel avant d’être ministre de l’éducation nationale, a été « chef de produit » puis DRH chez L’Oréal

Ectoplasme
Bon. Vous me connaissez. Je vous ai gardé le meilleur pour la fin.

Dans le document « Primaire : réduire les remplacements » (.doc)

 

  • « (…) une piste d’optimisation du coût en emplois du remplacement réside dans le recours à des non titulaires en substitution à des titulaires pour assurer une part du remplacement, les non titulaires présentant une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100 %. » Je vais même pas me risquer à commenter hein ? Non parce que sinon mes mots pourraient dépasser ma pensée. Mais il y a encore mieux.
  • « Dans le cadre de la réforme du recrutement, il est judicieux d’offrir à des étudiants la possibilité de se familiariser avec la pratique enseignante, en dehors des stages déjà prévus pour les étudiants en master. » Donc je vous ré-explique le côté « judicieux » de l’affaire. Je commence par ce que l’on savait déjà : dans les écoles primaires, on va coller devant des classes de 30 gamins (et plus …) des étudiants en Master (la fameuse masterisation), lesquels étudiants feront la classe quasiment toute l’année sans JAMAIS avoir été formés à ce métier. « T’as ton Master, et ben maintenant t’es 6 heures par jour et 5 jours par semaine devant 30 gamins. Comment tu fais ? On t’a pas appris ? Ooooh … c’est bête … mais y’a plein de formations privées à 1800 euros la semaine de « préparation pratique » si vraiment t’es inquiet. Comment ? Tu va même pas gagner 1800 euros en un mois de boulot devant ta classe ? Oooh ben oui mais t’es chiant aussi. » Donc ça on le savait déjà. Et là arrive Luc Châtel qui, pour le cas ou l’un des étudiants en Master précité serait victime d’une légère dépression au bout de 15 jours, trouve « judicieux« , je répète « judicieux« , de coller comme remplaçant n’importe quel étudiant (on suppose au moins titulaire d’une licence …) pour qu’il ait la possibilité de se « familiariser avec la pratique enseignante« . Je pense que l’expression « pour qu’il ait la possibilité d’être définitivement dégoûté de ces gnomes remuants et instables auxquels il sera de toute manière infoutu de transmettre quoi que ce soit vu qu’il n’aura aucune idée de ce qu’il doit leur transmettre et de la manière dont il faut s’y prendre », je pense que cette expression serait plus … « judicieuse ».

 

Allez, je me rappelle quand j’étais jeune et étudiant. J’ai fait 7 ans de pionnicat. On bossait 2 jours et 2 nuits par semaine, on touchait 5000 francs par mois, ce qui nous permettait de poursuivre et de payer nos études. A la même époque, quand on voulait devenir prof, on passait d’abord un concours portant sur les matières à enseigner, et après on avait un an de stage, encadré par un prof tuteur, pendant cette année on ne suivait qu’une seule classe, et que quelques heures par semaine, le reste du temps on apprenait le métier. Ce devait être au 19ème siècle. Je ne me rappelle plus très bien.

Ectoplasme

C’est même plus de la langue de bois. C’est au-delà. Une sorte de poutre en chêne de langue de boeuf. Un dernier exemple (je ne m’en lasse pas) :

 

  • ne dites pas « virez-moi ces branleurs », ne dites pas non plus « dégraissez-moi le mammouth » mais dites « mobilisez les gisements d’efficience visant à respecter la contrainte du non remplacement d’un départ pour deux (…) sans dégrader les performances globales » (la preuve en pdf authentique et confidentiel)

 

De la maternelle au lycée, personne n’est épargné par la karcherisation Châtellienne comme en atteste la longue liste des documents mis en ligne sur le site du Café Pédagogique (à la toute fin de l’article).

 

De mémoire de parent d’élève et/ou d’enseignant on n’avait encore jamais vu une telle attaque en règle.

 

 

Dans une démocratie, il devrait être possible d’assigner en justice un ministre pour manquement grave et nuisances répétées au socle républicain de l’éducation. On a le motif, on a le mobile, on a les pièces à conviction (13 au total) dans le dossier. Qui va plaider ?

 



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