Lycée Charles Gide: un effectif en hausse avec guère plus de moyens

Article Midi Libre.com

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CONTEXTE : Décision rarissime, le rectorat accorde la création d’une demi-classe de première S

Les personnels enseignant et d’éducation du lycée Charles- Gide et l’association de parents d’élèves FCPE se sont attachés à alerter les lycéens, les familles et l’opinion publique sur la situation de l’établissement à l’orée de l’année scolaire. Ils se sont surtout attardés sur deux points : l’accueil des élèves dans une structure scolaire de plus en plus exiguë et la nomination de quatre professeurs stagiaires dans les conditions prévues par la réforme Chatel.
Les effectifs du lycée sont en effet en progression avec 828 élèves, qui remet en cause l’encadrement et la gestion. Les trois classes de 1 re S, avec 35 élèves chacune, et les onze classes de 2 de , avec 33 élèves, sont en sureffectif. Sur le plan matériel comme sur le plan pédagogique, cette situation n’est pas gérable et pose des problèmes de sécurité. Pour les personnels, la création d’une classe de 1 re S s’impose dès cette rentrée.

Avec 88 élèves supplémentaires, l’accès à la cantine sera long et fastidieux pour les demi-pensionnaires. Des adolescents qui auront commencé leur journée à 6 heures du matin ne pourront prendre leur repas qu’à 13 heures. Franck Tichadou, de la FSU, pense que « la Région doit s’emparer de ce problème et lui apporter au plus vite une solution ». Pour accueillir convenablement les élèves, il manque une classe de 1 re S, de l’espace à la cantine, des personnels administratifs et techniques, toujours moins nombreux face aux tâches qui leur incombent.

La visite, jeudi après-midi, de Fabrice Verdier, vice-président du conseil régional, n’a pas apporté de solution au problème de la cantine. En revanche, le recteur s’étant déclaré favorable à la création d’une demi-première S, il a assuré que la région pourvoira à son accueil.

L’un des points unanimement contestés de la réforme ministérielle touche aux nouvelles modalités de formation des professeurs. Les enseignants stagiaires assurent cette année un service complet (18 heures en général, au moins quatre classes en responsabilité), mais ils doivent également suivre une formation. En conséquence, leurs classes seront confiées à des remplaçants durant certaines périodes de l’année.
Convaincus que « cette discontinuité va à l’encontre de la stabilité dont les élèves ont besoin au cours de leur année scolaire », les personnels du lycée avaient refusé la création des « postes berceaux » dans l’établissement. Quatre enseignants stagiaires sont cependant nommés au lycée : deux en histoire-géographie, un en espagnol, un en français. L’un d’entre eux sera affecté à un poste partagé : 9 heures à Uzès et 9 heures à Nîmes par exemple.

 

Lycée Charles Gide: la tension monte face aux réformes

lycée rentrée.jpgHier après-midi, les personnels du lycée Gide ont gardé les élèves de secondes dans la cour pour les informer de la réforme de la formation des maîtres, des sureffectifs en première S, du manque de personnels administratifs et techniques alors que les effectifs ont augmenté de 88 élèves par rapport à la rentrée 2009, sur un total de 830. L’inspection tente d’imposer la mission de tutorat à des enseignants qui ne le souhaitent pas. La direction impose des missions de professeur principal à certains qui ne le veulent pas dans le contexte de la réforme du lycée. Des représentants des parents FCPE sont également intervenus pour soutenir l’action des enseignants.

 



Rentrée scolaire: le rapport qui contredit Luc Chatel

Mediapart publie un rapport interne, destiné au ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, sur la rentrée scolaire 2010. Ce rapport de l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), daté de juillet, montre que le tableau rose dépeint par Luc Chatel lors de sa conférence de presse du 30 août, où il avait réussi à ne pas citer une seule fois les 16.000 suppressions de poste de la rentrée, était, pour rester poli, un pur exercice de communication.
10 Septembre 2010 Par Louise Fessard
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Les retours des correspondants académiques synthétisés par trois inspecteurs généraux de l’IGAENR révèlent des administrations locales aux abois, dont les crédits de fonctionnement ne suffiront même pas à finir l’année 2010. Si la rentrée est «techniquement réussie» grâce «au savoir-faire technique des rectorats et des inspecteurs d’académie», les inspecteurs généraux tirent la sonnette d’alarme face à des restrictions budgétaires «qui vont créer des tensions et préparent assez peu l’avenir».
L’école primaire s’en tire plutôt bien, du fait d’un surprenant recrutement excessif d’enseignants par rapport au nombre de postes à pourvoir (8000 enseignants en surnombre, le gouvernement avait surestimé le nombre de départs en retraite). Seule ombre au tableau : les fermetures de classes ont provoqué «dans beaucoup d’académies» des «frictions importantes» et une forte opposition des élus locaux.

Mais c’est au niveau du second degré où «une hausse démographique est attendue dans les collèges et lycées professionnels» que les choses se corsent. Les auteurs du rapport saluent le tour de force des recteurs qui  «devaient accueillir 25.000 élèves en plus avec l’équivalent de trois ou quatre mille emplois en moins». Des prévisions d’effectif que le ministère de l’éducation s’était bien gardé de publier jusqu’ici.

Pour respecter la promesse de Luc Chatel de ne pas diminuer le taux d’encadrement des secondes générales, l’année de la mise en œuvre de la réforme du lycée, les recteurs ont préservé les lycées… et taillé dans les collèges et postes de remplacement. «Certaines académies ont dégradé le taux d’encadrement des collèges», signale le rapport.

Les économies de bout de chandelle sur le dos des remplaçants laissent «sceptiques» les inspecteurs généraux «alors que la situation est déjà difficile suite aux centaines de suppressions d’emplois l’an dernier sur ce même poste (remplacement, ndlr), que la réforme du recrutement va nettement accroître les besoins de remplacement pour compenser les absences de professeurs stagiaires en formation (…), tandis que le ministre insiste sur la nécessaire amélioration du remplacement l’an prochain».

«Quelque chose n’est pas cohérent dans ce schéma d’ensemble», concluent-ils.

Rabotage de la formation
Le recrutement au coup par coup d’enseignants non titulaires par les rectorats, solution prônée par Luc Chatel, atteint lui aussi ses limites. Les étudiants et jeunes retraités visés ne se bousculent pas au portillon pour pourvoir des postes «pas attractifs (…): zones rurales, établissements difficiles, petit nombre d’heures faiblement rémunérées», relève le rapport. A Paris, «des courriers adressés tant aux étudiants de M2 qu’aux néo-retraités ont remporté un succès qu’on peut qualifier de modéré : quelques réponses chez les étudiants, une seule chez les retraités», raconte un correspondant académique.

Plus inquiétant, le rapport révèle que les crédits de fonctionnement seront «insuffisants pour terminer l’année civile». «Le cri d’alarme est général dans les académies», relèvent les inspecteurs. En conséquence, «les autorités académiques s’apprêtent à annuler de nombreux stages en formation continue faute de pouvoir payer les déplacements et les formateurs».

La formation initiale des profs débutants étant désormais laissée à la charge des académies, les inspecteurs craignent que les «disparités» des dispositifs mis en place d’une académie et d’un département à l’autre ne soient «source de recours pour rupture d’égalité de la part de candidats non titularisés et qui auraient bénéficié de conditions “moins favorables”». Dans le cadre des 216 heures de formation fixées nationalement, le compagnonnage du tuteur peut ainsi varier selon les académies de 36 à 108 heures, et les regroupements de formations théoriques de 60 à 160 heures.

Quant aux efforts d’animation et de mutualisation des bonnes pratiques, appréciés par les académies car moins coûteux que de vraies formations menées par des experts, «on ne peut méconnaître qu’(ils) ont parfois débouché sur la contemplation du vide», sabrent les inspecteurs généraux.

Malaise dans les inspections académiques
«Pour la première fois, le principal message d’alerte des correspondants académiques (…) concerne les personnels administratifs, plus particulièrement les cadres, et plus nettement dans les services départementaux», s’alarment également les auteurs. «Ampleur des réformes à mettre en place», «notion d’urgence omniprésente», «succession d’enquêtes à retourner au plus vite», «surcharge de travail» à la suite de suppressions de poste: le malaise est tel que «certains personnels demandent leur mutation».

Ainsi le correspondant académique de Bordeaux craint «une fuite des cadres vers les universités et les collectivités locales». Un autre rapporte que «les suppressions de poste commencent à peser sur la capacité d’agir de l’inspection académique comme assurer les permanences pendant les vacances scolaires, assurer un fonctionnement continu du standard».

Réagissant sur ce document qui a commencé à circuler hier dans les milieux éducatifs, Frédérique Rolet, co-secrétaire général du Snes, regrette que «le ministre n’ait pas entendu nos alertes, y compris pour prendre des mesures de prévision, car le rapport conforte notre analyse sur les disparités dans la formation des maîtres, les problèmes de remplacement, la remontée démographique, la réforme du lycée professionnel, etc.».

Le parti communiste pour sa part demande au ministre de l’éducation nationale la publication officielle de ce rapport pour «que cesse la pratique instaurée par Darcos de mise sous l’éteignoir des outils de réflexion sur le système éducatif». «Si, au sommet de la hiérarchie, les inspecteurs généraux tirent la sonnette d’alarme sur la rentrée 2010 et sur le manque de vision d’avenir, constat qui converge avec les dénonciations des syndicats, des jeunes et des parents d’élèves, c’est que l’heure est grave», note le communiqué du PCF.

 

Rentrée : Le rapport qui accable Chatel

Rentrée scolaire: le rapport qui contredit Luc Chatel dans Actualités men-6Révélé par Mediapart, le rapport de l’Inspection générale sur « la préparation de la rentrée scolaire 2010″ vient contredire les propos de Luc Chatel sur une rentrée sans histoire et au-delà interroge sur l’avenir du système éducatif.

 

Le rapport des inspecteurs généraux Françoise Mallet, Jean-François Cuisinier et Jean-Pierre Hédouin est destiné au cabinet du ministre. Il décrit de façon très libre les difficultés du système éducatif à la rentrée aussi bien au primaire que dans le secondaire, dans les services administratifs que pour les enseignants et les stagiaires. Vous en trouverez une vision détaillée dans le « verbatim » que le Café publie (lien ci-dessous).  Au-delà le rapport interroge sur trois points.

 

Quelle crédibilité ? Le rapport n’aurait jamais du sortir du cabinet de Luc Chatel.  Cette nouvelle fuite est en elle-même une information : elle montre à nouveau (après la publication par le Café des documents relatifs aux suppressions de postes fin mai) que parmi les cadres supérieurs de l’éducation nationale certains refusent la politique suivie par le gouvernement. Il est clair que l’autorité du ministre est atteinte. Mais c’est aussi sa crédibilité qui souffre. En effet le rapport contredit sur bien des points les déclarations ministérielles. Ainsi, contrairement aux propos ministériels, il apparaît bien que la réforme du lycée est lise en place  sans effort de formation sur 2010 faute d’argent, que l’éducation nationale a du mal à trouver des tuteurs pour les stagiaires etc.

 

Les insuffisances de la gestion. Les économies réalisées à l’Education nationale ne signifient pas pour autant que le système soit géré efficacement. Le rapport montre par exemple comment on a fermé des classes au printemps 2009 alors qu’en septembre il y a un surplus de professeurs du primaire.  Comment les politiques académiques se suivent et se contredisent dans l’indifférence du ministère sur leur efficacité. Comment « le manque de crédits de fonctionnement affecte insidieusement la qualité du service éducatif ».  Pour les auteurs du rapport, « les choix budgétaires préparent assez peu ceux des années à venir… Si la rentrée est techniquement réussie…, les conditions de sa construction ne préparent pas totalement l’avenir dans la mesure où elles reposent souvent sur des choix conjoncturels et des solutions provisoires ». Le système n’est pas mieux géré, il est simplement soumis à des obligations de résultats financiers auxquels les rectorats répondent comme ils peuvent en essayant de préserver au mieux les enseignements.

 

Quel avenir pour le système éducatif ? C’est donc bien l’avenir qu’interrogent les inspecteurs. Ils plaident d’abord pour un retour au pilotage centralisé du système.  Le ministère doit éviter « l’absence de suivi et de régulation des pratiques académiques, propres à laisser se développer des disparités si fortes qu’elles portent atteinte aux exigences de cohérence éducative à l’échelon national ». Ils plaident aussi pour une révision de la carte scolaire et une remise à plat des réseaux et de l’offre de formation. Il apparaît clairement que les rectorats ont fait le maximum pour sauvegarder l’offre de formation et les réseaux éducatifs.  Pour les auteurs la seule façon à l’avenir de récupérer de nouveaux moyens ce sera de revoir l’offre , en clair supprimer des formations et / ou des établissements. Ce sont des décisions politiquement difficiles que Luc Chatel va avoir à prendre pour le budget 2011.

 

Luc Chatel a réagi le 12 septembre à cette publication expliquant que le document, qui date de juillet, ne montre pas la situation actuelle parce qu’il a « réagi ». 

Lisez le verbatim du rapport et téléchargez-le

L’article de Médiapart

 



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