Le HCE veut un collège du socle commun

B Racine - Photo CP

Article le café pédagogique

 

Attendu depuis des mois, le rapport du Haut Conseil de l’Education demande la mise en place d’une « école du socle commun », regroupant école et collège, pour appliquer réellement au collège le socle commun. Pour cela il demande une formation professionnelle des enseignants, une refonte des programmes, une large autonomie, y compris financière, des collèges et un engagement effectif du ministère. C’est beaucoup d’exigences pour un texte qui accuse d’inertie ou de mauvais volonté bien des acteurs de l’Ecole.

 

« Il est temps que notre pays prenne conscience qu’il a besoin d’élever significativement le niveau moyen des performances de ses élèves s’il veut élargir la base de la sélection de son élite et répondre aux défis mondiaux. Cet objectif constitue pour la scolarité obligatoire du XXIème siècle une ambition équivalente à celle que Jules Ferry nourrissait pour l’école primaire du XXème siècle lorsqu’il rendit l’instruction gratuite et obligatoire ». L’enjeu semble suffisamment important au HCE pour qu’il ne s’embarrasse pas de circonlocutions diplomatiques. En 44 pages seulement, les « sages » du HCE exposent les insuffisances du collège, montrent comment, pourquoi et à cause de qui elles perdurent, avant de montrer les mesures à prendre pour faire appliquer réellement le socle commun.

 

Un collège aux performances médiocres. « Performances des élèves médiocres et en baisse, inégalités de réussite d’origine sociale accrues, malaise enseignant, problèmes de vie scolaire qui se multiplient », le constat que dresse le HCE est sévère. Il dénonce aussi « des disparités importantes entre les établissements » doublées d’une « fracture sociale » qui conduisent « à la constitution de quasi-ghettos : dans certains collèges, ce n’est plus l’hétérogénéité qui pose problème, mais bien plutôt l’homogénéité sociale et/ou ethnique de la population scolaire », écrit le HCE. La ghettoïsation, le HCE la retrouve aussi dans la constitution de véritables « filières de relégation » dans l’éducation nationale, où «  l’« individualisation des parcours » consiste en fait à créer des dispositifs à part destinés à prendre en charge la grande difficulté scolaire ». Et comme le HCE n’a pas froid aux yeux, il n’épargne pas au lecteur l’énumération précise de ces dispositifs : CPPN, quatrième technologique, module de découverte professionnelle de 6 heures, CPA, CLIPA, DIMA, quatrièmes des Maisons familiales rurales. Autant de structures où le HCE se fait des amis… Aux yeux du HCE tout cela est aggravé par l’assouplissement de la carte scolaire qui a augmenté les inégalités.

 

Des responsables désignés... Si on en est arrivé là, c’est que des acteurs ont refusé l’idée du socle commun. Le collège a été financièrement défavorisé face au lycée, estime le HCE. L’administration centrale  a fait « de la résistance passive ». Les inspections générales, selon le HCE, ne se sont pas souciées d’encourager l’interdisciplinarité dans les programmes. Le HCE dénonce aussi « de nombreux enseignants » défavorables au collège unique, des syndicats (il mentionne le Snalc et le Snes) et le scepticisme des parents qui les pousse à demander des dérogations à la carte scolaire.

 

Pourquoi « l’école du socle commun » ? «  L’exemple des pays étrangers fournit des leçons et des pistes instructives », écrit le HCE. « Les pays qui ont maintenu un système de filières, tel qu’il en existait en France avant 1975, n’obtiennent pas les meilleurs résultats en termes de performances et d’équité. Les pays dont le système éducatif fonctionne le mieux partagent au moins trois caractéristiques : ils sont parvenus à définir pour leur École un objectif clair faisant l’objet d’un large consensus parmi la population ; ils ont su mettre en place une formation des maîtres visant à développer des pratiques éducatives qui favorisent la réussite de chaque élève ; ils ont en général octroyé à leurs établissements scolaires des marges d’autonomie rendant possible une organisation souple ». C4est déjà  presque un programme que fixe le HCE en demandant l’application effective de la loi du 23 avril 2005 créant un socle commun de connaissances et de compétences.

 

Des réformes institutionnelles. Pour cela il demande que l’institution et ses représentants à tous les niveaux, « notamment les corps d’inspection », tiennent « un discours cohérent et mobilisateur sur le socle commun ». Il souhaite que les programmes soient modifiés pour que les exigences du socle soient prises en charge, que soit introduit « un enseignement de culture manuelle et technologique », ce qui suppose une refonte des programmes de technologie, et que la loi de finances regroupe les financements de « l’enseignement scolaire du socle commun », aujourd’hui éclaté entre primaire et secondaire. En effet, «  l’école primaire et le collège ont logiquement vocation à constituer un ensemble : « l’École du socle commun », d’une durée de neuf ans. » Cet école aura à cœur de supprimer les redoublements. A défaut , « un système qui subordonnerait le maintien des moyens à la mise en place de projets pédagogiques alternatifs au redoublement est tout à fait envisageable »…

 

Former les enseignants. « Une des conditions essentielles de la réussite de « l’École du socle commun » est de former les enseignants du collège aux pratiques les plus efficaces, à l’enseignement en classe hétérogène et à la psychologie de l’adolescent », écrit le HCE. Ce qui implique que des stages soient « systématiquement offerts » aux étudiants dès la 1ère année de master, que les enseignants soient formés à l’hétérogénéité et que le service des enseignants soit modifié pour prendre en compte toutes leurs missions « ce qui pourrait conduire à un allongement de leur présence dans l’établissement ».  Le rapport cite le collège Clisthène en exemple.

 

Plus d’autonomie pour le collège. Le HCE demande que « tous les collèges puissent disposer d’une certaine latitude dans la répartition des moyens qui leur sont attribués, cette marge de manoeuvre devant représenter au moins 10 % de leur dotation » et que les élèves bénéficient d’une prise en charge éducative du matin au soir.

Le rapport du HCE



Le collectif des grévistes du lycée Jacques Prévert vote la grève reconductible

Les enseignants du lycée Jacques Prévert de Saint-Christol-les-Alès réunis en AG le 4 octobre à 7h30, ont voté la grève reconductible pour le retrait de cette réforme des retraites et pour d’autres choix de financement.
Scandalisés par la campagne de désinformation et de dénigrement menée par les pouvoirs publics sur des solutions alternatives et en réponse à la sollicitation du ministre du travail « qui souhaite un supplément d’information », les enseignants sont déterminés à porter publiquement des éléments de réflexion et de débat.
Contestant la pertinence du calendrier national, ils rappellent que le débat au Sénat débute demain le 5 octobre et ne souhaitent pas attendre la journée du 12/10 pour se mobiliser. Ils interpellent donc les centrales syndicales sur l’urgence d’une mobilisation continue et plus ferme.
Ils appellent aussi tous les salariés du public et du privé et au-delà l’ensemble de la population, à s’emparer dès maintenant du mouvement.



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