Cinq adolescents devant le juge à Montpellier pour distribution de tracts

LEMONDE.FR avec AFP | 26.01.11

Cinq adolescents étaient convoqués mercredi 26 janvier devant le tribunal de Montpellier pour avoir distribué des tracts sur la voie publique lors des manifestations contre la réforme des retraites en novembre, a constaté un correspondant de l’AFP. Un seul a signé le rappel à la loi, les autres refusant de reconnaître avoir commis une infraction.

Ces quatre lycéens et un étudiant, âgés de 16 et 17 ans, avaient été interpellés le 9 novembre 2010 alors qu’ils distribuaient des tracts sur une grande artère montpelliéraine, perturbant ainsi la circulation.

Selon Sophie, élève en 1re ES, la seule fille du groupe, ils avaient passé sept heures au commissariat de police, « dans une cellule, avec interrogatoire, prise d’empreintes, photos de face et de profil avec matricule ». « C’est n’importe quoi ! Distribuer des tracts, c’est pas comme si on avait volé un truc. C’est pas justifié, c’est de la répression », a-t-elle déclaré mercredi.

« DISPROPORTIONNÉ »

Une cinquantaine de personnes étaient venues les soutenir, à l’appel des syndicats CGT, Sud, Solidaires et de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). « C’est tout à fait disproportionné, tout à fait injuste. Il n’est pas question de laisser passer ça. Ces jeunes n’ont absolument commis aucun dégât sur la voie, ne s’en sont pas pris aux personnes », a souligné le secrétaire départemental de la CGT, Serge Ragazzacci.
« Si on est capable de mettre des lycéens au tribunal pour une distribution de tracts, derrière on se sent effectivement concerné en tant qu’organisation de salariés. C’est un très mauvais message donné à la jeunesse », a-t-il estimé.

Leur première convocation, le 15 décembre, avait été reportée en raison d’une grève des avocats dans le cadre d’un mouvement national.

 

Luc Chatel va présenter son « plan sciences »

LEMONDE.FR | 29.01.11 | 11h24

Le ministre de l’éducation Luc Chatel va ouvrir sa semaine avec l’annonce de son Plan sciences. Une annonce est prévue lundi 31 janvier pour un plan qui vise plus à redonner le goût des sciences qu’à révolutionner la manière de les enseigner.

Grâce à une série d’initiatives périscolaire M. Chatel propose de corriger la vision erronée que l’école donne des sciences. Ce plan devait initialement être présenté le 21 octobre, mais les manifestations contre les retraites ont retardé sa sortie.

Pourtant, l’heure est grave. Entre les jeunes Français et les sciences, c’est le désamour. Les résultats à l’évaluation internationale PISA le 8 décembre 2010 ont montré qu’en six ans, la France a glissé du groupe des forts en maths à celui des pays juste moyens de l’OCDE. En sciences, pas de prouesse non plus, mais une stabilité quand d’autres progressent.

PRESTIGE

Si les élèves continuent à se bousculer en section scientifique au lycée, ce n’est pas par goût, mais par prestige. La licence de sciences qui devrait être le débouché naturel n’attire que 11 % des bacheliers. Les prépas en happent beaucoup et la médecine aussi. Mais la grande leçon de la déperdition entre le lycée et l’université, c’est que la science ne fait plus rêver. Comme si, à force d’avoir érigé les sciences en outil de sélection, dans le système éducatif français, on les avait vidées de leur sens.

Pour redonner du contenu à ces disciplines, Luc Chatel compte sur deux leviers : un travail sur les fondamentaux et des initiatives d’ouverture. Dans la droite ligne des programmes du primaire de 2007, le ministre devrait rappeler lundi l’importance de l’apprentissage par cœur des tables de multiplication et demander aux maîtres une pratique quotidienne du calcul mental. Quant aux professeurs des écoles, leurs aptitudes en sciences va être mieux évaluée lors du concours.

Quelques 400 collèges vont mettre en place l’enseignement intégré des sciences et technologies pour les classes de 6ème et 5ème. Les élèves n’auront plus trois enseignants : un pour la physique, un autre pour les sciences de la Vie et de la terre et un troisième en technologie mais un seul pour un grand cours de  » sciences et technologie ». Lancée en 2006 et aujourd’hui en place dans 50 collèges, l’opération va être étendue à huit fois plus d’établissements. Chaque collège sera par ailleurs amené à produire un projet sciences. Un programme collectif et transversal, en partenariat avec un scientifique.

REDORER LES MATHÉMATIQUES

Au cœur d’une série d’initiatives pour redorer les mathématiques, l’opération MathC2+ se distingue par ses visées. L’inspection générale de mathématiques a élaboré ce projet pour détecter les talents au sein d’un nouveau public et encourager les carrières scientifiques. Grâce au financement d’ entreprises comme EADS, CASIO, le Crédit Mutuel ou Microsoft, des jeunes de la 4ème à la 2nde vont se voire offrir une semaine de stage durant les petites vacances. Pour faire des maths autrement, avec des chercheurs ou des ingénieurs. 13 académies se lancent dès cette année et toutes pourraient être couvertes en 2013.

Etonnante machine que la rue de Grenelle qui plutôt que changer un mode d’enseignement qui gâche le goût des sciences, invente d’autres manières de les aborder ! Reste que ces belles initiatives, parallèles à la scolarité ne feront peut-être pas oublier que la réforme du lycée a plutôt réduit l’enseignement des sciences en classe de 1ère scientifique. Les maths perdent une heure hebdomadaire, la physique une heure et demi et les Sciences de la Vie et de la terre, une heure. Une diminution qui n’est pas compensée par la demi heure de maths supplémentaire en terminale.

Marilyne Baumard 



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