Chatel veut donner le goût des sciences aux élèves, critiques des syndicats

Renforcement du calcul mental en primaire, décloisonnement des disciplines scientifiques au collège: Luc Chatel a détaillé lundi son « plan sciences » qualifié d’effet d’annonce par les syndicats, tandis que des scientifiques saluent un effort, toutefois insuffisant, pour développer ces matières.

AFP – 31/01/2011 à 18:10

Ce plan présenté au Palais de la découverte à Paris par le ministre de l’Education nationale est la réponse à la publication le 7 décembre du classement « Pisa » de l’OCDE, où les élèves français de 15 ans se classaient 27e sur 65 pour la culture scientifique, et 22e pour les mathématiques.

M. Chatel a relevé un « paradoxe préoccupant »: le jeune public présente un « intérêt » pour les sciences, mais qui « s’émousse tout au long de la scolarité », avec des bacheliers qui « se détournent des carrières scientifiques ».

Pour lutter contre « l’innumérisme » (le pendant de l’illettrisme en mathématiques), le ministre a demandé que les élèves de primaire fassent « 15 à 20 minutes de calcul mental » chaque jour et « récitent » les tables de calcul.

Les futurs professeurs des écoles stagiaires, issus pour les trois quarts de filières de sciences humaines auront à la rentrée un module de sciences et de mathématiques.

A la rentrée, dans 400 collèges (sur les quelque 7.000 en France) classés dans les zones les plus en difficultés, les élèves de 6e et 5e auront un seul enseignant pour les sciences physiques, la chimie, les Sciences et vie de la terre (SVT) et la technologie. Il s’agit de l’extension d’une expérimentation (dite « enseignement intégré ») menée depuis 2006 dans 50 collèges.

Le ministre a aussi signé des conventions avec des associations partenaires oeuvrant pour susciter le goût de ces disciplines.

Interrogé sur le coût de ce plan, M. Chatel a répondu qu’il serait financé par des « redéploiements internes ». Aucun objectif quantifié en matière de réduction des difficultés scolaires n’a été fixé.

Les syndicats enseignants y ont vu une énième annonce: « Coquille vide » (SNUIpp-FSU), plan qui « fait pschitt » (Sgen-CFDT), « nouvel écran de fumée » (SE-Unsa), ce plan a pour objet « d?allumer des contre-feux médiatiques » au moment où commencent à être connues département par département les conséquences des 16.000 suppressions de postes prévues en 2011, en plus des quelque 50.000 dans l’Education depuis 2007.

Le Snes-FSU a relevé qu’avec la réforme du lycée qui se met en place en classe de première à la rentrée, les horaires de sciences en première scientifique allaient être réduits.

Selon l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) la première S comportera 40% d’enseignements scientifiques, contre « plus de 50% aujourd’hui ».

Pierre Léna, délégué à l’Education et à la Formation à l’Académie des sciences, a jugé ces mesures « positives », en particulier l’enseignement intégré au collège.

« Encore faut-il les mettre en place avec ténacité sur le terrain pour que cela ait un impact réel sur les résultats des élèves » aux prochains classements Pisa, a-t-il dit à l’AFP.

Le ministre « n’a pas répondu à ses interrogations » sur les horaires de sciences en classe de première ni sur la baisse des crédits alloués à la formation continue des enseignants de sciences, a-t-il reconnu.

Pour Michel Vigier, fondateur de l’association pour la prévention de l’innumérisme, ces mesures « ne vont pas dans le mauvais sens, mais ne suffisent pas ».

Prônant une « autre approche de la mathématique », il a douté de l’efficacité du « par coeur » pour donner le goût des maths, surtout « si on ne dit pas aux élèves à quoi servent les tables de calcul. La mémoire ne peut pas fonctionner »

 

Article le café pédagogique

Chatel lance aujourd’hui un « plan sciences »

Chatel veut donner le goût des sciences aux élèves, critiques des syndicats dans Actualités chatel01Pour lutter contre le faible niveau en maths des écoliers et encourager le goût des sciences, Luc Chatel présente aujourd’hui un « plan sciences » qui concerne l’école, le collège et le lycée. «  Ce dispositif a pour objectifs d’améliorer les performances en mathématiques des élèves à l’école primaire, d’entretenir la curiosité et de développer le goût pour les disciplines scientifiques et technologiques au collège et d’encourager les vocations pour les carrières scientifiques et technologiques au lycée ». Le « plan sciences » de Luc CHatel doit être présenté lundi 31 janvier, mais le ministre en a déjà révélé l’essentiel dans Le Journal du Dimanche (JDD).

 

A l’école. « Je vais m’attaquer à « l’innumérisme« , annonce Luc Chatel dans le JDD, « c’est-à-dire l’incapacité à réaliser les calculs de la vie courante ». Il préconise 15 à 20 minutes de calcul mental par jour afin que  » tous les automatismes sont bien en place par un entraînement quotidien aux calculs élémentaires ». Pour les sciences, il veut encourager  » l’expérimentation et l’investigation, qui motive les élèves ». Et pour cela il annonce la nomination d’un inspecteur chargé des mathématiques et d’un autre chargé des sciences dans chaque département. Il encouragera aussi la diffusion du jeu d’échec dans les classes. « . Cette pratique développe le raisonnement logique et peut aider par ce biais ludique les élèves qui éprouvent des difficultés scolaires « .  Par ailleurs « à la rentrée prochaine, nous allons mettre en place des modules de formation aux sciences pour les professeurs stagiaires dans tous les départements ». Un effort de recherche est aussi annoncé.  » Je souhaite proposer aux universités un programme de recherche pédagogique appliquée pour travailler à une meilleure compréhension des mécanismes d’apprentissage ».

 

Au collège, Luc CHatel veut étendre à 400 collèges RAR ou CLAIR l’expérimentation d’enseignement intégré des sciences menée actuellement dans 52 collèges. Lancée en 2006, cette expérimentation associe SVT, physique et technologie. Elle est soutenue par l’Académie des sciences et l’Académie des technologies qui encouragent le partage d’expériences. Récemment Eduscol a mis en ligne les vidéos de l’université de printemps du 24 au 26 mars 2010 sur l’EIST. Chacun des 400 collèges « devra avoir un projet pédagogique scientifique mené avec le monde associatif et les entreprises ».

 

Au lycée, Luc CHatel demandera s’appuiera aussi sur les entreprises.  » Nous allons demander à chaque lycée de nouer des partenariats locaux avec des entreprises pour qu’une fois par trimestre elles viennent dans un établissement faire une présentation des métiers de leur secteur, à composantes scientifique et technologique. Cela peut être l’occasion de susciter des vocations ». Pour encourager les vocations scientifiques des jeunes filles, il s’appueira aussi sur les associations , « Femmes ingénieurs », « Femmes et mathématiques », « Femmes et sciences ».

 

Pour le Snuipp, qui a réagi le 30 janvier au soir, « ce qui est présenté par le ministre comme des nouveautés sont des points déjà présents au programme de l’école primaire. Tous les parents le savent très bien. Ces activités sont pratiquées régulièrement dans les classes car les enseignants en connaissent l’importance ». Mais le Snuipp en profite pour dénoncer  » les programmes de 2008, leur conception mécaniste des apprentissages et leur lourdeur » et demander s’ils « permettent vraiment de prendre ce temps de la recherche, de l’observation et de la réflexion ? »

 

Interview L CHatel

L’EIST sur Eduscol

Sur l’EIST

Sur l’EIST

Snuipp

 

 

Témoignage d’un enseignant en poste en Angleterre:

Bonjour à tous,

Je suis actuellement en poste pour un an dans un collège anglais et j’observe de près les dégâts de l’enseignement intégré des SVT, Physique  et Chimie par un seul professeur.

Ici la formation des enseignants est disciplinaire mais les autorise à enseigner « science » donc les 3 matières SVT, P&C.

La technologie reste à part et regroupe différents enseignements comme « cuisine et textile », « design », « bois »…cela ressemble plus à notre EMT d’antan, avec des moyens (je suis dans un Technology collège).

L’informatique et communication (IC) est aussi une discipline à part.

Toujours est-il que pour moi, depuis septembre dans cet établissement, je n’ai pas vu d’enseignement de sciences au sens où on peut le concevoir en France.
Les groupes très variables en nombre, puisque les élèves sont regroupés par niveau de compétence, et chaque groupe se voit enseigner un programme à exigences variables. Le but est plus d’atteindre l’objectif fixé (target) que d’acquérir le niveau le plus élevé possible.
Les « target » sont fixés par un savant calcul statistique suite aux évaluations nationales.
Un élève se voit donc attribué un objectif pour chaque discipline et se retrouve donc dans un groupe ad hoc. Conséquence plus ou moins directe  si l’élève est dans un groupe faible rien ne le pousse à progresser et aucun camarade pour tirer le groupe vers le haut.

On peut donc retrouver un élève, pour  une discipline donnée, dans le groupe « TOPSET » (relativement encensé et considéré comme l’élite)  et dans le groupe le plus faible pour une autre discipline.

Il en résulte des groupes « topset » chargés  et donc dans lesquels les TP sont peu pratiques à mettre en œuvre; et des groupes, parfois formés de 10 élèves, cumulant tous les « handicaps » et avec qui il semble in-envisageable de faire faire des TP compte tenu de leur très faible niveau.

Il y a tout de même parfois des activités pratiques qui ne sont jamais intégrées dans une véritable démarche d’investigation et  ressemblent plus à des démonstrations du savoir du prof en matière de réactions chimiques ou phénomènes physiques spectaculaires qu’à un véritable TP visant à répondre un problème donné par une démarche scientifique rigoureuse et justifiée.

Je ne blâme pas les collègues qui dans la plupart des cas ne sont pas compétents pour enseigner les 3 disciplines.

Les biologistes de formation m’ont confié ne pas avoir fait de physique depuis leur GCSE (épreuve de fin de secondary school = fin de seconde en France). Imaginez un prof de science de collège qui aurait un niveau de seconde en physique, chimie ou biologie !!!

Ils ne sont pas tenus d’être « graduate » dans les 3 disciplines pour enseigner et donc n’ont refait de la physique, de la bio ou de la chimie que dans le cadre de leur études spécifiques.

J’ai assisté à de nombreux cours de bio dont les contenus théoriques sont équivalents à ce que nous pourrions faire en France.
Imaginez que la reproduction est traitée ici chez les végétaux, animaux sans qu’à aucun moment il n’y ait eu un TP de microscopie !! pas de spore, pas de pollen, pas de spermatozoïde, pas de dissection d’ovaire de lys ou autre, et pas même un échantillon macroscopique en salle !!!
Idem pour la classification des êtres vivants !
Les sciences sont devenues totalement virtuelles, et médiées par l’outil informatique dans sa plus basique expression puis qu’il n’y a pas même d’EXAO. Google et quelques sites institutionnels règnent en maitre. (cf. http://www.bbc.co.uk/schools/gcsebitesize/science/ ) Je mets tout de même l’adresse car il y a des ressources intéressantes à exploiter en DNL SVT ou autre.

Toutefois, le nouveau gouvernement anglais souhaite changer un peu la tendance et remonter le niveau de science de la nation.
Pour cela, il relance le Bac Anglais qui sera attribué aux élèves ayant obtenu un grade compris entre C et A* ( de 12 à plus de 18 sur 20) et cela pour au moins 5 disciplines :Anglais, Math, 1 langue étrangère, Science, et histoire ou géographie.

Ceci met une pression importante sur les Secondary school car les statistiques sur 5 matières sont rarement aussi bonnes que lorsqu’elles sont
annoncée discipline par discipline. Rares sont les élèves arrivant à cumuler 5 grades dans cet intervalle de notes.

La seule bonne nouvelle est que le rapport PISA condamne ce type de  pédagogie par différentiation de l’enseignement ! Pourquoi alors que le Royaume uni commence à, sinon faire machine arrière au moins se poser des questions sur la façon d’enseigner les sciences, nous allons bille en tête dans cette impasse ? Sans doute une grande clairvoyance ministérielle !!!Grande différence en notre faveur, encore pour le moment, nous ne sommes pas encore liés personnellement à la réussite de nos élèves, notre carrière n’en dépend pas et nous ne sommes pas contraint de leur faire plaisir pour avoir une bonne note en retour et être considéré comme un bon prof !Ici c’est le cas, pas de corps d’inspection disciplinaire, pas de règle du jeu commune et un chef d’établissement-chef d’entreprise qui recrute avec son conseil.

Les profs sont en concurrence directe et en période de crise il ne fait pas bon perdre son job ou tout au moins ne pas avoir d’avancement !!

Bon courage à tous et si vous avez des questions précises n’hésitez pas

JP



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