La FCPE appelle à tirer les conclusions du rapport du CAS sur les emplois dans l’éducation

« Que va faire le gouvernement face à l’arrivée de 40 000 élèves supplémentaires en 6ème cette année ? Supprimer des postes ! » La FCPE démontre l’inanité de cette politique au regard du récent rapport du Centre d’Analyse Stratégique. « Ce rapport ne fait que mettre en lumière ce qui est pour la FCPE une évidence depuis longtemps : les suppressions de postes dans l’Education Nationale n’obéissent pas à la démographie ni à la nécessité de réduire un budget qui serait surdimensionné mais à une volonté idéologique de casser l’Ecole publique, en la dénigrant et en supprimant ses moyens de fonctionnement. La FCPE appelle les parents d’élèves à se mobiliser massivement le 19 mars et à manifester pour protester contre la dégradation des conditions d’études de nos enfants ».

Suite aux informations communiquées le 13 février, vous trouverez ci-dessous un résumé du rapport du CAS et surtout les graphiques concernant l’Éducation. …Et la situation s’est fortement dégradée depuis 2007, avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite… !

Bonne lecture. Michel HUËT

Emplois : le Centre d’Analyse Stratégique donne des arguments aux manifestants… 
C’est un document riche d’enseignements que vient de rendre public le Centre d’Analyse Stratégique, sous la tutelle du Premier Ministre.
Ce rapport a pour vocation de situer la France dans un ensemble de pays de l’Union Européenne et de l’OCDE. L’ambition affichée est claire dès l’introduction: « La France est-elle sur-administrée » ? Le rapport fait donc une place importante aux deux grandes fonctions publiques « les plus consommatrices de ressources humaines » : l’éducation et la santé.

Éducation : en France, moins d’enseignants qu’ailleurs…

En terme de nombre total d’emplois (public et privé) pour mille habitants, la France n’a pas de quoi faire la bonne élève puisqu’elle figure dans la seconde moitié de la classe. Fait aggravant, alors que la plupart des pays (sauf l’Italie) tentent d’augmenter leur nombre d’enseignants, la France est à la baisse alors que son taux de natalité est un des plus hauts des pays occidentaux.

Conséquence logique, le nombre de postes pour 100 élèves est, là aussi, bien bas : avec un peu plus de six postes d’enseignants pour cent élèves ou étudiants, la France « régresse dans la hiérarchie » comme l’indique avec euphémisme le rapport…

Mais c’est l’observation des écarts de situations entre les différents degrés qui est la plus saisissante : la France traite particulièrement mal le primaire et le supérieur. Le nombre de postes pour 100 élèves est en France un des plus faibles des pays observés, avec 5 enseignants pour 100 élèves, alors que le nombre oscille entre 6 et 10 dans la plupart des pays…
La situation de l’enseignement supérieur est aussi très difficile: seule la Grèce est aussi mal lotie en terme de nombre de postes par étudiants, la plupart des pays développés investissant beaucoup plus massivement dans ce qui est désormais une variable déterminante de l’économie, même dans la perspective de la compétition internationale.

Les coûts par élève/étudiant sont relativement faibles dans le primaire et le supérieur, globalement moyens pour le secondaire. La faiblesse de ces coûts tient également au bas niveau relatif de rémunération des enseignants.



Education : les inspecteurs à leur tour en grève

Lucie Delaporte, Mediapart, 10 février 2011

Les magistrats ne sont pas les seuls, cette semaine, à exprimer leur colère. Autre profession d’ordinaire très discrète, les inspecteurs de l’éducation nationale, intermédiaires entre le ministère et les enseignants, vivent de plus en plus mal l’autisme de leur hiérarchie face à la dégradation des conditions d’enseignement. Très visibles dans les cortèges lors des manifestations du 22 janvier, un certain nombre d’entre eux devraient, cette fois encore, participer à la journée de grève organisée jeudi 10 février dans toute la France pour dénoncer la casse de l’école. « Le mécontentement est grand », confirme Michel Gonnet, secrétaire général du SNPI-FSU.
C’est une petite phrase de Luc Chatel, lâchée la semaine dernière, qui a remis de l’huile sur le feu : « Il faut revoir le fonctionnement du corps de l’inspection et créer des entretiens d’évaluation avec des personnalités indépendantes », a annoncé le ministre de l’éducation lors d’un petit-déjeuner avec des sympatisants UMP du cercle Concorde. Sans aucune concertation, les inspecteurs ont donc appris que l’une de leurs principales missions pourrait leur être retirée sans que le ministère ait pour l’instant précisé qui pourraient être ces « personnalités indépendantes ».
Rouage essentiel de la mécanique éducative, les quelque trois mille inspecteurs chargés tout à la fois de faire appliquer les réformes, d’évaluer les enseignants et de participer à la recherche pédagogique, ne cachent plus aujourd’hui leur malaise. Témoins quotidiens de la paupérisation de l’école, des difficultés croissantes des enseignants – corps dont ils sont majoritairement issus après avoir passé des concours –, ils vivent de plus en plus mal leur impuissance devant les suppressions massives de postes (16.000 cette année) ou la réforme bâclée de la formation des enseignants.
Au sujet de la réforme de la formation des enseignants, parce que leurs préventions déplaisaient sans doute, ils ont l’impression que le ministère a décidé de se passer de leur expertise. Le chaos causé par l’arrivée des jeunes enseignants stagiaires sans aucune formation pratique ? Ils l’avaient annoncé les premiers, avec force, sans être entendus. Ils n’ont ensuite eu d’autre choix que de faire appliquer la réforme quitte à partir à la chasse aux tuteurs, ces enseignants « volontaires » pour encadrer les nouveaux arrivants. Chantage, menaces, pressions, tous les moyens ont été utilisés pour réquisitionner ces bonnes âmes. Ce qui a parfois durablement déterioré leurs relations avec les enseignants très remontés contre cette réforme.
« Etre là pour étouffer les problèmes »
« Il y a aujourd’hui une forme de souffrance au travail des enseignants. Mais quand on fait remonter les difficultés des jeunes stagiaires à notre recteur à Lille, il nous affirme que, selon ses statistiques, il n’y a pas plus de démissions qu’avant… donc que tout va bien ! », rapporte Michel Volckrickc du SI.EN Unsa, principal syndicat des inspecteurs. « Alors que notre rôle est d’être l’interface entre le ministère et les enseignants, on se retrouve dans une position de tampon, avec le sentiment d’être là pour étouffer les problèmes du terrain. »
C’est un diagnostic que partage Patrick Roumagnac, secrétaire général du SI.EN : « Une coupure s’est établie au sein de la chaîne pédagogique. Nous devrions être les relais entre les échelons décisionnels et la mise en place sur le terrain. Or, sur le terrain, cela n’arrive plus à passer. Quand un recteur nous dit, avec les suppressions postes, ne vous inquiétez pas cela va très bien se passer, si on tient ce discours auprès des enseignants, on se disqualifie complètement ! »
Autre signe qu’on ne les écoute plus, quand le ministre, lors de la présentation de son plan sciences, encourage les enseignants à faire faire quinze minutes de calcul mental par jour : les syndicats des inspecteurs s’étranglent et rappellent poliment qu’une circulaire impose cette pratique depuis plus de trois ans ! Tout comme existent aussi, de longue date, les inspecteurs chargés des mathématiques.
« Les exigences sur l’inspection portent aujourd’hui plus que jamais sur le contrôle de l’application des textes, par exemple la mise en place de l’aide individuelle, avec l’objectif de faire remonter des chiffres positifs – 94% des enseignants l’ont initiée. Mais peu importe ce qu’ils y font d’ailleurs, seuls les chiffres comptent », affirme l’inspecteur Pierre Frackowiak. Selon lui, les inspecteurs subissent de plus en plus de pressions pour devenir « des contrôleurs, voire des adjudants de service ».
Au quotidien, leur mission d’accompagnement pédagogique des enseignants passe à l’arrière-plan au profit de tâches qu’ils jugent souvent secondaires, voire superficielles. Beaucoup racontent crouler sous les charges administratives ou des enquêtes de terrain à rendre en urgence : enquête sur les langues, sur les rythmes scolaires, sur le service minimum d’accueil… « On nous fait juste comprendre que les chiffres doivent être bons, c’est important pour la carrière et la prime du recteur ! », persifle l’un d’eux.
« Un inspecteur, ce n’est pas seulement cela, c’est aussi un expert disciplinaire. En tant qu’expert, on est là pour apporter une évaluation rigoureuse et neutre, ce qui demande une certaine indépendance intellectuelle, prévient Dominique Momiron de la FSU.Aujourd’hui, on nous demande d’être les VRP de choix politiques qui ne sont pas discutés. Et si l’on fait part de nos réserves ou de nos doutes, on nous renvoie à notre devoir de loyauté. »
Pour Michel Gonnet, secrétaire général du SNPI-FSU, l’exigence de loyauté ne saurait entamer leur liberté d’expression qui est « pleine et entière. Il y en a beaucoup qui n’en usaient pas mais qui ont, aujourd’hui, décidé de ne plus se taire ».



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