La reforme du lycée dans la presse

Le café pédagogique

Sans feu ni loi, pour le Snpden, l’éducation n’est plus nationale

P Tournier, secrétaire gal du Snpden - Photo CP« Chatel a-t-il tué l’éducation nationale ?  Selon le principal syndicat de chefs d’établissement, le Snpden Unsa, faute de régulation centrale et de moyens, la loi féodale s’installe dans l’éducation nationale. Chaque académie s’affranchit des textes officiels et applique ses propres textes.

 

« Si les académies étaient notées sur 20 en préparation de rentrée 2011, elles auraient en moyenne 7,9 en « respect des textes » et 10,9 en « dialogue » », annonce le Snpden. Au terme d’une enquête auprès des personnels de direction, le syndicat dresse le portrait d’une éducation nationale éclatée et sans loi centrale. « Les deux tiers des académies s’écartent de la règlementation nationale dans les modalités de calcul des dotations aux établissements », écrit le Snpden. « C’est particulièrement le cas en ce qui concerne les marges de manoeuvre garanties aux établissements à l’occasion de la réforme du lycée : 80 % des académies ne respectent pas les textes. De même, 16 académies sur 30 n’intègrent pas les IDD dans le calcul des dotations des collèges. Si 5 le font finalement dans un second temps en heures supplémentaires, 11 ont décidé leur pure et simple suppression ».

 

La réforme du lycée est utilisée pour récupérer des moyens. Selon le Snpden, le lycée est la première cible des académies qui utilisent les marges de manoeuvre confiées aux établissements pour récupérer des moyens. « Parmi les victimes, les tout récents textes sur la réforme du lycée, vieux de moins d’un an. 20% seulement des académies les appliquent dans le calcul des dotations et la moitié s’asseoit dessus plus ou moins lourdement, soit qu’elles affectent des moyens au « H/E » (pourtant impossible à concilier avec les textes), soit qu’elles maintiennent l’ancien système des dédoublements au « 25ème élève »… Ce sont les marges de manoeuvre laissées aux établissements, pourtant explicitement garanties par des arrêtés, qui sont ainsi tout de suite redevenues des « marges d’ajustement » dans 80 % des académies ». Autre victime collatérale des difficultés de financement, le plan d’accompagnement triennal qui doit permettre aux lycées ayant des STI2D ou des STL d’amortir d’éventuels effets de structures. « Or 13 académies refusent de mettre en oeuvre ce mécanisme de sauvegarde », précise le Snpden.

 

Au collège les IDD sont de fait supprimés. « Les autorités locales ont décidé d’elles-mêmes de supprimer les « itinéraires de découverte » (IDD) dans le calcul des dotations aux collèges dans la majorité des académies : 16 sur 30″, ajoute le Snpden. Ce dispositif innovant, ressemblant aux TPE des lycées et aux TIPE du supérieur, formant les élèves au travail autonome est ciblé par les académies.

 

La régionalisation de l’éducation est en marche. « Au fur et à mesure que l’échelon national s’estompe, on semble assister à la naissance de 30 ministères de l’Education : l’ampleur et la profondeur des disparités que révèle cette enquête conduisent à s’interroger sur ce que recouvre exactement aujourd’hui l’adjectif « nationale » qui suit le mot « Education »… », conclut le Snpden. Le 8 mars, au Sénat, le syndicat avait déjà montré qu’il y avait « 30 ministères de l’éducation nationale ». « On assiste « à un déversement du rectorat à qui on donne le soin de gérer le réel et à la fonte du pilotage national depuis une quinzaine d’années », disait Philippe Tournier. « Une tendance qui s’accélère puisque même les suppressions de postes sont maintenant confiées aux recteurs ». C’est un nouveau débat qui s’ouvre pour le système éducatif français : celui de sa territorialisation.

Le dossier du Snpden

Quand les élus du peuple discutent privatisation

N . Mons : Le rôle de l’Etat reste primordial

Qui est le mieux placé pour diriger : l’Etat, les collectivités locales ?

 

Le Monde

Lycée : la réforme Chatel avance à petits pas

Mardi 15 mars, l’inspection générale a remis au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel un rapport d’évaluation sur l’application de la réforme du lycée, appliquée en classe de seconde depuis septembre 2010. Les inspecteurs ont vérifié dans trente-six établissements si les innovations préconisées étaient réellement entrées en vigueur.

Ni réquisitoire, ni constat d’échec, c’est une réforme « dont les composantes multiples se mettent en place progressivement », notent les inspecteurs. Dès son annonce, cette réforme avait divisé les syndicats d’enseignants. Elle provoque aujourd’hui des tensions, mais pas de rejet.

  • « Enseignements d’exploration »

A raison d’une heure trente par semaine, les « enseignements d’exploration », permettant aux élèves de découvrir de nouvelles disciplines, sont à choisir parmi seize spécialités. Bémol : chaque élève doit choisir au moins un des deux enseignements d’économie (sciences économiques et sociales et principes fondamentaux de l’économie et de la gestion). Le rapport suggère d’élargir le choix des autres enseignements.

  • Accompagnement personnalisé

Les deux heures « d’accompagnement personnalisé », consacrées au soutien, à l’approfondissement pour les meilleurs et à l’aide à l’orientation, provoquent « déstabilisation et inquiétude ». Cette mesure « nécessite du temps ». Emplois du temps casse-tête, manque de formation des enseignants, peu de temps pour préparer un réel projet pédagogique : pas un lycée ne fonctionne comme son voisin.

  • Autonomie des établissements

Enfin, l’appui apporté à « l’autonomie des établissements » et à leur « prise de responsabilité » est un pari « en voie d’être gagné ». Les inspecteurs généraux se réjouissent que les lycées s’adaptent aux élèves, par l’unité des classes ou par la multiplication des groupes.

En conclusion, le rapport juge que les avancées observées sont « réelles mais fragiles » et que leur plein accomplissement « nécessite d’autres formes de pilotage », faisant notamment évoluer le rôle des inspecteurs « vers une fonction de conseil ».

Luc Cédelle et Lucie Hennequin 

 



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