Articles du café pédagogique sur la réforme du lycée

Réforme du lycée : Attention fragile !

Articles du café pédagogique sur la réforme du lycée dans Actualités 16_reforme1« Cette réforme est en marche. C’est une vraie révolution pédagogique ». En présentant le 15 mars 2011, le rapport de l’Inspection générale sur « le suivi de la mise en oeuvre de la réforme des lycées d’enseignement général et technologique », Luc Chatel a plus vanté l’oeuvre accomplie que répondu aux inquiétudes soulevées par l’annonce de fortes réductions de moyens dans les lycées à la prochaine rentrée. A-t-il même vraiment entendu les inspecteurs ? Derrière l’optimisme officiel, le rapport montre que les objectifs fixés à la réforme sont loin d’être atteints et que la réforme reste « très fragile ».

 

 Présenté par Catherine Moisan et Jean-François Cuisinier, le rapport aborde la réforme du lycée sous 4 axes : un bilan des enseignements d’exploration, de l’accompagnement personnalisé, l’autonomie des établissements et le pilotage de la réforme.

Lisez le reportage du Café

Le rapport sur la réforme

 

La FCPE demande des moyens pour la réforme des lycées

Les parents de la FCPE soulignent la faiblesse de l’accompagnement de la réforme et demande que les dispositifs prévus, par exemple les passerelles, soient réellement mis en place.

 

« Le rapport de l’Inspection générale sur la réforme du Lycée corrobore les témoignages des parents d’élèves : accompagnement personnalisé dévoyé en heures de rattrapage de cours, tutorat souvent inexistant et enseignements d’exploration transformés en enseignements de prédétermination… », écrit la FCPE en réaction à la publication du rapport de suivi de l’Inspection générale.

 

Elle « exige que soient donnés aux lycées les moyens de la mise en place des dispositifs pédagogiques prescrits par les textes réglementaires, elle continue à demander l’arrêt des suppressions de postes au lycée comme initialement promis pour mettre en œuvre la réforme ».

Communiqué

 

Lycée : Un avenir plein de frustrations

Où est passé l’optimisme qui avait porté une majorité du Conseil Supérieur de l’Education à soutenir cette réforme ? Six mois après son lancement, on n’observe ni rejet massif, ni difficultés majeures. Juste la certitude que les frustrations sont à venir.

 

C’est en ce moment que les conseils de classe de seconde confrontent les premiers voeux des familles aux exigences des passages en première. Ils doivent le faire alors que des modes d’évaluation nouveaux, en langues, dans les enseignements d’exploration, coexistent avec les traditionnels. La petite minorité de lycées qui a réussi à mettre en place une évaluation par compétences  doit s’y retrouver. Ailleurs les familles et les élèves doivent s’arranger avec des notes qui ont des significations en fait différentes. Traditionnellement  65% des élèves demandent un passage en première générale, seulement 57% l’obtiennent et 18% redoublent (moyenne nationale). Cette année, le thermomètre étant illisible, on peut s’attendre à une poussée des demandes en première générale. Or il n’y aura pas plus de places dans ces classes et même plutôt moins. Il y a de fortes chances qu’après une seconde où souvent le climat scolaire a pâti d’emplois du temps interminables, l’année se termine dans la frustration et l’incompréhension pour une partie plus importante des familles et des jeunes. L’objectif d’améliorer l’orientation grâce aux enseignements d’exploration est-il encore à la portée de la réforme ?

 

Une autre frustration est en train de rattraper les profs. Ils ont mis en place les nouveaux programmes, inventé sur le terrain les enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé. En récompense, voilà que les académies viennent reprendre une partie des moyens. Rappelons que la réforme s’est faite à moyens constants, une partie de ceux-ci n’étant pas fléchés sous prétexte d’encourager l’autonomie des établissements. La saisie de ces moyens, variable d’une académie à une autre, va décrédibiliser le projet pédagogique qui sous-tend la réforme. Ce qui risque d’en rester c’est qu’elle n’a été qu’un leurre pour diminuer les horaires d’enseignements et rendre le métier plus aliéné et plus difficile. L’Inspection générale a raison de souligner dans son rapport que la réforme risque de s’y fracasser.

 

Question de temps. C’est un classique de dire que le temps d’un ministre de l’éducation n’a rien à voir avec le temps long des réformes. Pour autant ces difficultés auraient pu être anticipées. La rue de Grenelle ne manque pas de cadres parfaitement capables de les prévoir. Mais on ne l’a pas fait. On donne ainsi l’impression que le temps du ministère est désynchronisé de celui de la classe. Ni les élèves, ni les professeurs n’ont mérité de faire « le crash test des réformes ministérielles », comme le dit l’un d’eux dans le rapport de l’Inspection. Au moment où j’écris ces lignes, les enseignants ne connaissent toujours pas l’ampleur des pertes d’heures l’année prochaine. Ils ne savent pas plus à quel bac ils préparent leurs élèves de seconde (rappelons qu’une partie des épreuves a lieu en première). Qui jugera utile d’ajuster les montres ? A quoi sert de lancer une réforme pour l’annuler administrativement au bout de 6 mois ?

 

Pour le SNIA-IPR, une réforme précipitée

leborgne1 dans Réforme du lycée« Cette réforme est intéressante. Mais elle va déboucher sur des difficultés faute d’avoir envisagé la suite », explique Jean-François Le Borgne, président sortant du SNIA-IPR, premier syndicat des inspecteurs IPR. Il répond à nos questions sur le rapport que vient de remettre l’Inspection générale et la réforme du lycée.

 

Le rapport s’appuie sur 36 établissements, souvent prestigieux, de 8 académies. Que pensez-vous de sa méthodologie ?

 

 En regardant la liste des établissements, j’ai l’impression moi aussi qu’on les a sélectionné. La plupart ont l’habitude des expérimentations et on peut s’attendre à ce que les résultats y soient plus favorables. Les résultats transmis dans mon académie (qui n’a pas été  retenue pour le rapport ) montraient de très fortes disparités. Par exemple, pour l’accompagnement personnalisé (AP), des méthodes très différentes. Le plus surprenant c’était le mécontentement des élèves hostiles à l’AP soit parce qu’ils le jugeaient inutile, soit parce qu’ils voulaient du soutien ou qu’ils regrettaient des heures de cours supprimées. On peut aussi regretter que peu de parents aient été concernés par l’enquête. On ne les a pas interrogés.

Lisez la suite de l’entretien avec JF Le Borgne

 

 

 



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