communique FERC FSU SGEN UNSA : journée de grève le 27 septembre 2011

ERC-CGT
FSU
SGEN-CFDT
UNSA Education

Depuis 4 ans, le Ministère de l’Education nationale a supprimé plus de 52 000 postes.
Le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux met l’Ecole publique à genoux, ne lui permettant plus d’assurer ses missions de Service public. Ce dogme ne permet plus aux personnels d’exercer leur métier avec sérénité et professionnalisme.
Les personnels de l’Education, les parents et les jeunes se sont mobilisés régulièrement au cours de cette année pour dénoncer les 16 000 nouvelles suppressions de postes effectives à la prochaine rentrée scolaire alors même que plus de 60 000 élèves supplémentaires sont attendus.
Ces suppressions associées au manque d’ambition éducative dégradent encore plus les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des personnels.
Dans ce contexte, la campagne publicitaire sur les recrutements lancée par le Ministre de l’Education nationale sonne comme une provocation d’autant que la préparation du prochain budget prévoit de nouvelles suppressions d’emplois et n’affiche d’autre objectif pour le système éducatif que la recherche d’économies.
Si le gouvernement cherche à tromper l’opinion en affirmant sans cesse, comme si cela pouvait convaincre, que l’on peut faire « plus avec moins », la France reste un des pays qui investit le moins dans son éducation et donc dans l’avenir.
En plus de la question fondamentale des postes, la politique éducative, l’avalanche de mesures inadaptées, incohérentes et précipitées maintiennent un système éducatif inégalitaire qui ne permet pas de lutter réellement contre l’échec scolaire.
La nécessité d’une toute autre politique éducative passe aussi par un budget plus volontaire. Pour cela, les organisations FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA Education appellent les personnels de l’Education nationale et de l’enseignement agricole publique à se mettre en grève le  27 septembre prochain. Elles exigent l’arrêt des suppressions d’emplois, une autre logique pour le prochain budget et une transformation démocratique du système éducatif afin d’assurer la réussite de tous les élèves.
Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin d’un système éducatif qui s’attaque réellement aux inégalités scolaires et traite la situation des élèves en grande difficulté. D’autres choix pour la réussite de tous les jeunes sont nécessaires afin que l’École remplisse les objectifs d’une École démocratique, ambitieuse et émancipatrice.

Paris le 10 juin 2011



J’accuse le ministre de l’Education Nationale, par Alain Refalo

Publié sur Médiapart le mercredi 8 juin 2011


J’accuse le ministre de l’Education Nationale

par Alain Refalo (1)

 

L’exigence de vérité commande de prendre à nouveau la parole pour mettre en accusation les fossoyeurs de l’école publique, au premier rang desquels celui qui a en charge le ministère de l’Education Nationale. L’annonce de l’embauche de 17 000  « enseignants » par le biais de Pôle Emploi, alors que 16 000 postes de titulaires sont supprimés révèle, une fois encore, la supercherie et l’imposture d’une politique misérable qui sacrifie une génération d’élèves sur l’autel des restrictions budgétaires et d’une idéologie des puissants qui ont programmé la mort du service public d’éducation. C’est désormais une évidence : ce ministère a renoncé à tous les principes éthiques et déontologiques qui lui assuraient une légitimité pour être la voix de l’Education Nationale.

J’accuse le ministre de démanteler l’école publique en rayant de la carte 1 500 classes à la prochaine rentrée scolaire et en supprimant 16 000 postes d’enseignants, tout en privilégiant les embauches de personnes précaires non formées.

J’accuse le ministre de mentir à l’opinion publique, aux parents d’élèves et aux enseignants en faisant croire qu’il est possible de faire mieux avec moins, en clamant que l’école publique remplira mieux sa fonction avec moins d’enseignants qualifiés et plus d’élèves en difficulté dans les classes.

J’accuse le ministre de conduire une politique éducative réellement assassine qui, par des « réformes » irresponsables, tue le métier d’enseignant, tue le désir d’enseigner, tue le plaisir d’apprendre et finalement tue l’école de la République.

J’accuse le ministre d’avoir rompu durablement, après les désastreuses initiatives de son prédécesseur, l’indispensable lien de confiance entre l’autorité hiérarchique, l’encadrement intermédiaire et les enseignants du primaire, lien de confiance sans lequel il est impossible de construire quotidiennement une école du progrès pour tous.

J’accuse le ministre de double langage sur le droit à l’innovation pédagogique dans les classes et les écoles : d’un côté, il l’encourage, forums institutionnels à l’appui, de l’autre il le brime en imposant des programmes rétrogrades, des évaluations nationales formatées et des dispositifs de « soutien » en trompe-l’œil qui ont pour effet de standardiser les pratiques des enseignants au mépris de la liberté pédagogique garantie par la loi.

J’accuse le ministre de non assistance à professeurs en danger lorsqu’il les laisse seuls et désemparés affronter incivilités et violences ou lorsqu’il fait peser sur eux un stress permanent via un management de la hiérarchie aux injonctions souvent contradictoires.

J’accuse le ministre de mépriser les jeunes enseignants lorsque, sans aucune formation pédagogique et professionnelle, il les envoie « désarmés » et à leurs risques dans « l’arène » de la classe, négligeant les conséquences pour leurs élèves.

J’accuse le ministre de refuser d’investir dans l’éducation à la non-violence dès l’école en préférant les mesures dites « sécuritaires » qui insécurisent durablement les personnels et les élèves car elles montrent chaque jour leur totale inefficacité.

J’accuse le ministre de mener une politique qui porte atteinte aux droits de l’enfant en autorisant le fichage informatisé des élèves dès la maternelle, par le biais du fichier Base Elèves et du Livret Personnel de Compétences, outils illégitimes et illégaux du contrôle social des populations.

J’accuse le ministre de vouloir influencer la jeunesse de ce pays en imposant à la rentrée prochaine le retour de la phrase de morale écrite sur le tableau noir ainsi que l’apprentissage et le chant de La Marseillaise, alors que c’est d’éducation citoyenne dont nous avons besoin pour construire l’indispensable vivre-ensemble pour une société réellement solidaire.

J’accuse le ministre de vouloir caporaliser les enseignants du primaire en exigeant leur obéissance inconditionnelle à des injonctions hiérarchiques qui constituent un reniement de l’éthique de leurs missions.

J’accuse le ministre d’ordonner aux inspections académiques de poursuivre les enseignants du primaire en résistance, de sanctionner les enseignants-désobéisseurs, tels François Le Ménahèze à Nantes, symbole remarquable de la résistance éthique et responsable aux dérives et mensonges d’une hiérarchie incompétente.

J’accuse enfin le ministre de se mentir à lui-même et de porter tort à la fonction qu’il occupe.

Nul ne saurait emprisonner indéfiniment les consciences. Aujourd’hui, celles-ci sortent progressivement de leur léthargie. Cette indignation éthique qui monte représente une formidable espérance. Elle annonce la révolte salutaire dont notre société a plus que jamais besoin pour dessiner l’à-venir de notre école sous les couleurs de la générosité, du respect et de la solidarité.

 

(1) Enseignant du primaire en résistance (Colomiers, Haute-Garonne), initiateur de la lettre « En conscience, je refuse d’obéir » (6 novembre 2008) et du mouvement des enseignants-désobéisseurs, auteur de « Résister et enseigner de façon éthique et responsable », Ed. Golias, 2011.



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