Manifestation à Nîmes du 27 septembre 2011

Aujourd’hui 1 500 manifestants à Nîmes et une poignet d’irréductibles Uzèssiens :

Nîmes 27 sept 2011 (2)
➜ POUR un plan pluriannuel de recrutement massif à la hauteur des enjeux des services publics
➜ POUR le respect de nos métiers et de nos missions
➜ POUR la revalorisation de nos professions et de nos salaires
➜ POUR donner un avenir au collège
➜ POUR construire un lycée démocratique
➜ POUR une réelle relance de l’éducation prioritaire
➜ POUR une autre réforme de la formation des enseignants
➜ POUR développer une véritable orientation scolaireNîmes 27 sept 2011

suite à la manif éducation du 27/9, une délégation a été reçue en préfecture.
Étaient présents FSU (SD et SNUIPP30), CGT éduc, SGEN, SE-UNSA, FEP-CDFT (enseignants du privé) et FCPE

reçu par la secrétaire générale de la Préfecture

- la FEP CFDT a indiqué que, fait rare, les cinq organisations de salariés de l’enseignement privé appelait à cette grève. Ils n’annoncent pas de chiffres de grévistes. Ils dénoncent les classes surchargées et les fermetures de postes, précisant que certains de leurs collègues dont le poste a été supprimé se retrouvent sans emploi.

- j’ai indiqué pour la FSU que nous avions estimé à 50% en moyenne le taux de grévistes dans toute l’EN, que nous regrettions que le Préfet ne nous reçoive pas personnellement et que nous lui demandions de tenir un CDEN au plus vite.
J’ai insisté – au delà des suppressions de postes – sur la crise du recrutement qui menace, avec plusieurs cas d’enseignants manquants, malgré les postes pourvus. J’ai insisté également sur notre refus des réformes, de la maternelle au lycée, qui entérinent une école à deux vitesses, et qui vont à l’encontre de la lutte contre l’échec scolaire.

- Corinne (SNUIPP) a rappelé les classes surchargées en primaires, l’abandon des dispositifs de suivi des élèves en grande difficulté (RASED) et l’abandon de la formation initiale.

- le SE a tenu à se démarquer totalement des enseignants du privé en rappelant que le budget EN qui est globalisé public/privé fondait plus vite dans le public que dans le privé.

Mme Laquièze, Secrétaire Générale de la Préfecture, répond que l’État a décidé de confier la mission de service public d’éducation, pour partie au privé, et qu’à ce titre, il est normal que des budgets soient alloués à l’enseignement privé.

- la FCPE dénonce et va alerter le préfet au sujet des classes qui n’ont pas de profs dans certaines disciplines, ou qui n’ont pas l’horaire réglementaire dans des disciplines, pour cause de coupe dans les DGH.

La secrétaire générale indique, pour finir, que le président de la République a reçu un message de sa majorité parlementaire lui demandant de « faire une pause » dans la RGPP et peut-être renoncer à certaines suppressions de postes.
Elle ajoute que dans les services préfectoraux; le ministère de l’Intérieur aurait programmé moins de suppressions de postes que lors des budgets précédents.
Elle ne peut pas répondre en ce qui concerne l’Éducation Nationale.

Cordialement,
Emmanuel BOIS
pour la FSU30



165.000 manifestants pour une grève historique dans l’Education

par Le Nouvel Observateur   

Les syndicats annoncent plus de 50% de grévistes pour cette journée de mobilisation qui rassemble exceptionnellement public et privé.

Manifestation dans l'éducation à Paris le 27 septembre 2011 (AFP) Manifestation dans l’éducation à Paris le 27 septembre 2011 (AFP)

Les défilés contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, à l’appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi 27 septembre plus de 165.000 manifestants en France, dont « 45.000 à Paris », selon une première estimation communiquée par l’intersyndicale.

« Plus de 120.000 manifestants ont défilé », sans compter la manifestation qui s’est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l’intersyndicale.

Près de 54% (53,75%) des enseignants du primaire et 50% de ceux du secondaire dans le public sont en grève, ont annoncé les syndicats de la FSU à la mi-journée.

Auparavant, le ministère de l’Education avait fait état d’une estimation dans la matinée de 28,89% de grévistes en primaire et 22,3% dans le secondaire, tous ces chiffres, ministériels et syndicaux, correspondant à l’enseignement public.

Signe d’un profond malaise dans l’Education nationale, un front uni des syndicats du public et, fait exceptionnel, du privé, appelle à la grève pour dénoncer la « dégradation » de l’école, l’un des enjeux de la présidentielle de 2012.

Le cortège parisien est parti vers 15h du Luxembourg.

 

Bernadette Groison secrétaire générale de la FSU
« La volonté » du chef de l’Etat de « diviser les salariés », c’est « une marque de faiblesse de sa part », a jugé mardi, à l’issue de la manifestation pour l’éducation à Paris » elle a ajouté « la volonté de Nicolas Sarkozy d’essayer de diviser les salariés, d’opposer les gens, c’est une marque de faiblesse de sa part. Je pense que ces ressorts-là ne fonctionnent plus »

 

Marseille: Des représentants des écoles, collèges et lycées privés se sont joints au cortège et l’on pouvait lire notamment sur une pancarte « Ecole privée sainte Jeanne-d’Arc sur le bûcher« .

Selon les syndicats, le taux de grévistes était de 70% dans la région en primaire et de 60% dans le secondaire. De son côté, le rectorat d’Aix-Marseille donnait, selon « des estimations arrêtées à 11H00″, 33,6% de grévistes en primaire, 26,6% en collèges, 15,6% en lycées professionnels et 18,5% en lycées d’enseignement général et technologique.

 

Dans la capitale, « 45.000 manifestants ont défilé« , a ajouté l’intersyndicale. La tête du cortège parisen, partie vers 14H30, est arrivée à Sèvres-Babylone, pas très loin du ministère, vers 16H30

 

Marseille: de 1.500 à 1.600 personnes selon la police, à 5.500 selon la FSU, ont défilé « pour une autre politique de l’Education », comme le proclamait une banderole en tête de manifestation.

 

Les défilés contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, à l’appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi plus de
165.000 manifestants en France, dont « 45.000 à Paris« , selon une première estimation communiquée par l’intersyndicale.

« Plus de 120.000 manifestants ont défilé« , sans compter la manifestation qui s’est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l’intersyndicale.

 

 

 

«L’enseignement était un vrai choix, un désir profond»

Par LIBÉRATION.FR

 

Suppressions de postes en pagaille, manque de reconnaissance dans l’exercice de leur métier, quasi-disparition d’une formation digne de ce nom… Le métier de prof va mal. Ce mardi, les syndicats du public et du privé appellent à la grève qui s’annonce massivement suivie.

Signe d’un profond malaise, la rédaction de Libération reçoit un grand nombre de témoignages de profs, découragés et désabusés. En voici une sélection.


«Un immense gâchis pour tout le monde»

Chloé, 29 ans, prof de français. Elle enseignait depuis deux ans et demi quand, en janvier dernier, à bout de force et de nerfs, elle a demandé une mise en disponibilité.

«L’enseignement était un vrai choix, un désir profond. J’avais d’ailleurs un pied dans l’éducation depuis quelques années, en tant qu’assistante d’éducation et assistante maternelle, un moyen de ne pas cultiver trop d’illusions.

Après le concours, j’ai passé deux ans sans vagues, une année à Paris et une année au fin fond du 93. J’y trouvais ma place, ma légitimité et une forme d’épanouissement. L’an dernier cependant, parvenue au bout de mes «privilèges», à savoir ni stagiaire, ni nouvelle titulaire, les choses ont beaucoup bougé. J’ai ensuite été envoyée dans une zone d’éducation prioritaire (ZEP) d’Aubervilliers pour un remplacement de deux mois.

J’y suis allée avec appréhension mais aussi avec l’envie de mener ma mission à bien. Or, ma position de remplaçante m’a rendu la tâche pratiquement impossible puisque d’emblée le dialogue était difficile. Elèves bien sûr mais aussi équipe pédagogique et administrative considérant le caractère éphémère de mon intervention comme un frein à toute communication. Et moi-même, me sentant bien inutile et jetable à tout moment, j’ai perdu entrain et motivation, sans lesquels l’enseignement devient périlleux.

J’ai eu très vite le sentiment d’être mise dans une position d’échec puisque face à un public méconnu, j’étais non seulement désarmée mais seule. La formation à l’IUFM (avant la réforme de la masterisation, ndlr) ne nous permet en aucune façon d’anticiper des situations de crise, puisqu’il est toujours question d’une classe modèle, à peine perturbée par quelques bavardages ou démotivations. Mais on ne nous dit jamais comme réagir face à des «micro-incidents» ou des drames quand ceux-ci interviennent de façon presque continue, sans parler de la difficulté d’être une jeune femme: cela va du retard ou du travail non fait, aux interpellations directes du type «t’es une pute» ou indirecte du type «elle est bonne la prof, mate son cul!», jusqu’aux menaces de mort. Face à ces situations quotidiennes, rien ne se passe, l’administration minimise et contribue à l’éclatement de notre autorité.

Pris individuellement, on peut toujours trouver une explication, la source de tel ou tel comportement, l’absence des parents, la solitude, le mal-être ou la maladie. Mais en tant que professeur, arrive un moment où le voile posé entre élève et adulte se déchire. Nous devenons simplement des êtres humains face à d’autres être humains, nous devenons vulnérables et la guerre est déclarée. Et c’est un immense gâchis pour tout le monde. On finit par avoir peur et cette peur entame l’envie, le sommeil… C’est le début de la dépression.»

On n’enseigne plus, on manage!

Jean-Michel, professeur de lettres modernes en Normandie depuis dix ans.

«Je surprendrais peut-être les personnes les plus éclairées, et bienveillantes (ce qui n’est pas commun face au métier que j’exerce) en disant que je n’ai presque jamais enseigné. Aujourd’hui, plus que jamais, et cela fait déjà longtemps, un professeur doit communiquer, gérer, relativiser, négocier, obéir, transiger et se justifier – il n’enseigne pas. Quoi d’étonnant dans un monde où quiconque prétend «qu’enseigner c’est transmettre», se voit taxé de conservatisme insupportable?

Personnellement, je n’ai dû enseigner que trois, quatre heures dans ma vie ; le reste était de la médiation.

Comme je suis têtu et que je crois plus à mes idées qu’aux nouveautés à la mode, je résiste. Je n’ignore pas que c’est peine perdue. Une nouvelle attitude professorale se fait actuellement jour dans mon lycée et, même si l’on en trouve des traces depuis fort longtemps dans le monde éducatif, cette attitude a, ces temps derniers acquis, une importance considérable. Il s’agit ni plus ni moins de «manager», pour reprendre un terrible mot anglais, les enseignants, mais aussi les élèves. Toute une somme de maximes et d’axiomes non écrits sont aujourd’hui indiscutables.

En voici quelques-uns, justement, enfin écrits:

- Un élève qui obtient de brillants résultats ne le doit qu’à sa propre excellence.
- Un élève qui échoue ne le doit qu’à l’incompétence de son/ses professeurs(s) qui l’ont mal préparé.
- Pour préparer efficacement un élève à un examen, il faut et il suffit de lui donner des devoirs nombreux et répétitifs, et des tartines d’exercices corrigés rapidement par l’enseignant.

Un bon professeur est celui qui effectue du travail supplémentaire pour ses élèves, c’est-à-dire du «soutien», de «l’accompagnement», des «oraux», ou ne serait-ce que des photocopies très précises et détaillées avec le contenu in extenso des données à restituer.

Nous en arrivons donc, ce qui me semble nouveau, au point où l’enseignant qui effectue ses charges de travail ordinaires, c’est-à-dire 18 heures de cours hebdomadaires, plus les corrections, préparations, lectures, gestions de classes, d’élèves, coups de fils aux parents, médiations, convocations aux formations obligatoires, réunions, conseils divers, cet enseignant est considéré comme un fainéant indigne et un tire-au-flanc.

Ce qui est surprenant, ce n’est pas que l’on considère un enseignant de la sorte, mais plutôt que bien des professeurs, désormais, sont persuadés du bien-fondé de cette idée. Et pour avoir observé, autour de moi, ces enseignants (souvent en matières dites «scientifiques») qui passent leurs journées, même libres, au lycée, à manager des élèves et à combler leur emploi du temps d’heures supplémentaires, j’en ai déduit que ces gens avaient honte de leur «corporation» et qu’ils ne cherchent qu’à montrer au monde, dans un combat perdu d’avance, qu’ils ne sont pas les fonctionnaires paresseux que l’on décrit. Ces «forçats honteux», comme je les désignerais, sont alors les premiers à critiquer, parfois directement, souvent avec perfidie, leurs propres collègues qui eux croient encore à la disponibilité de leur temps.

Dans de telles conditions, l’enseignement est entré de plein fouet dans une dynamique managériale et capitaliste, où le facteur de concurrence joue à plein. Là encore, ce n’est pas tout à fait nouveau car il a toujours été bon, chez les professeurs, de critiquer le voisin, ou de dénoncer les méthodes du collègue. La nouveauté, c’est que tout cela est désormais entouré d’un discours très sérieux, institutionnel, où l’on parle sans fard de «gérer des flux» d’élèves, de «remplir des classes» en «tenant ses chiffres» et donc «d’attirer du public», c’est-à-dire de «développer des performances» pour ne pas «fermer des postes». Le discours est désormais celui du monde de l’entreprise, même si bien entendu les risques ne sont pas les mêmes… pour l’instant!»

«Je me retrouve routier de l’éducation»

Augustin, professeur agrégé d’éducation physique et sportive (EPS) depuis sept ans.

«J’ai enseigné pendant cinq ans en collège dans le 93, en Seine-Saint-Denis. Quand on donne des cours dans des zones d’éducation prioritaire, on engrange plus de points qui permettent ensuite d’être muté où l’on souhaite. Au bout de cinq ans de remplacement, j’espérais obtenir ma mutation dans la Marne pour vivre avec ma femme. J’avais suffisamment de points… Sauf qu’au final, je n’ai pas eu le poste, un collègue avec moins de points que moi m’a pris la place. Sans qu’aucune explication ne me soit donnée.

Bref, je suis toujours remplaçant, j’ai été affecté d’office  dans l’Aube, à Troyes. Je me retrouve routier de l’éducation à faire 240 kilomètres aller/retour par jour pour enseigner! Vive l’Education nationale, vive les syndicats et leur notion d’égalité de traitement. J’ai déposé, seul, un recours devant le tribunal administratif.»

 

A Paris, les profs veulent «des élèves, pas des sardines»

REPORTAGEIls étaient 45.000 dans le cortège parisien selon les syndicats, dont une trentaine de tout nus…

Par LIBÉRATION.FR

165.000 manifestants pour une grève historique dans l'Education dans Actualités

Le cortège a relié Luxembourg à Sèvres-Babylone. (AFP)

Ils l’ont fait. Défiler nu. Enfin, à moitié nu, parce que devant des milliers de personnes (45.000 selon les syndicats, 8500 selon la police, entre 110.000 et 165.000 dans toute la France), dont des mineurs et des parents d’élèves… Après avoir posé en petite tenue dans un calendrier pour dénoncer le «dépouillement de l’école», une trentaine de profs a remis ça ce mardi, en tête du cortège parisien contre les suppressions de postes dans l’éducation. Torse nu pour les hommes, soutien-gorge pour les femmes, masque blanc pour tous, impact médiatique assuré.

Les «dépouillés», organisé en collectif, ont égréné une série de noms, professions, chacun ponctué d’un «dépouillé» tonitruant : «Sylvain G. , illustrateur, dépouillé !, Patrice M., étudiant, dépouillé !». «Ce ne sont pas seulement les enseignants, pas seulement des individus, mais tout un ensemble de métiers qui luttent», explique sous son masque Isabelle, prof dans l’académie de Créteil. «On n’est pas là pour faire de l’étalage ou de l’exhibitionnisme, ce qui est choquant c’est la réalité: l’école est nue».

 dans Revue de pressePlus loin dans le cortège, c’est plutôt ambiance chemisettes et jupes sous le genou – sans forcer le cliché. Car, une fois n’est pas coutume, le privé s’est joint au public pour cette journée de grève. Public, privé, même slogan: «Zéro suppressions de postes en 2012». Après 16.000 nouvelles suppressions cette année, public et privé confondu, soit 66.000 au total depuis le début du quinquennat, «la coupe est pleine», résume Marie-Claude, remontée. Prof d’allemand dans un lycée privé parisien, elle n’avait pas manifesté en tant que prof depuis le mouvement pour la défense de l’enseignement privé en 1984. C’est dire. Ce qui l’a poussée à redescendre dans la rue? D’abord, les classes surchargées. «On veut des élèves, pas des sardines», clame d’ailleurs une pancarte quelques rangs derrière elle. «A 35 par classe, ça devient très compliqué», soupire Marie-Claude, qui fustige aussi la réduction des heures de langues au lycée : «Deux heures en première, ça sert à rien.»

«Moi aussi j’en ai ras la mallette»

Même tranche d’âge, même constat, mais côté enseignement public, Nadine, un carton «Moi aussi j’en ai ras la mallette» pendu au cou. Prof d’espagnol en Seine-et-Marne, elle a fait une croix depuis belle lurette sur «les heures qu’on avait pour enseigner en demi-groupes». Résultat, «les élèves les plus en difficultés trinquent les premiers, ce qui est tout l’inverse du sur-mesure prôné à longueur de discours par le ministre».

Plus loin dans le cortège, des jeunes profs stagiaires en mal de formation, regroupés sous dans le collectif «stagiaire impossible», des «Indignés», des lycéens… Etienne et Baptiste, 16 ans, en première S dans l’Essonne, à Saint-Michel-sur-Orges. Ils sont les seuls de leur lycée à s’être déplacés avec leur «pancarte de l’année dernière». Cette année, ils sont 33 dans leur classe «et c’est beaucoup trop. Encore nous ça va, parce que les élèves sont assez calmes mais dans d’autres classes, c’est pas gérable.»

Christine Boutin de sortie

Bien présents aussi en cette période de campagne, les politiques: Ségolène Royal, Martine Aubry, Harlem Désir, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélanchon… Et Christine Boutin. «Je suis là parce que l’éducation nationale est en danger», commence la présidente du Parti Chrétien-Démocrate, tout sourire devant les caméras. Une guêpe vient perturber son plan communication. Puis un enseignant: «Pendant des années, vous avez été dans ce gouvernement et vous n’avez rien fait. Alors c’est bien sympathique de venir défiler, mais c’est un peu tard», l’apostrophe Dominique, prof dans un lycée technique, en chaudronnerie, depuis 37 ans. «Je suis là parce qu’il y a un malaise important», poursuit l’ancienne ministre. «Malaise que vous avez contribué à créer», rétorque le prof, mettant un terme à la pseudo discussion.

En aparté, il poursuit: «Sarkozy a dégradé vraiment les choses, mais elles l’étaient avant, notamment dans les filières techniques. Il n’y a plus de formation spécifique, or les profs doivent apprendre à apprendre. On peut être un bon professionnel et être complètement paumé devant les élèves! D’ailleurs, on n’en trouve plus des profs. Il faut un master pour enseigner aujourd’hui, mais des masters en chaudronnerie ça n’existe pas encore…»

«Ça frise la folie»

En gilets jaune fluo, des enseignants Rased (réseau d’aide aux élèves en difficulté), dont les effectifs ont été sérieusement amochés par les suppressions de postes. Telles Agnès et Annick, fatiguées de «palier le manque» : sur les 20 postes de leur réseau en Essonne, cinq n’ont pas été renouvelés depuis 2007. «On n’arrive plus à gérer, on travaille dans l’urgence permanente. Alors que les besoins, eux, augmentent. Les élèves en difficulté sont encore plus livrés à eux-mêmes dans des classes surchargées. Ça frise la folie.»

 

Derrière la banderole FCPE, première fédération des parents d’élèves, Katherine, mère d’un élève de 4e dans un collège plutôt bien loti de Courbevoie, près de Paris. Elle a posé une RTT pour venir soutenir les enseignants. «Le prof de maths de mon fils est absent depuis la rentrée, il n’a toujours pas de remplaçant. On a fait appel au rectorat qui a répondu :  »le titulaire devrait rentrer de congé maladie en octobre. Estimez-vous heureux, dans 80 classes de l’académie de Versailles, il n’y a pas de prof de maths du tout ».»

 

 



Un principal de collège en grève : « Le quotidien est infernal »

Témoignage
Un principal de collège en grève : « Le quotidien est infernal »
Par Didier Laffeach – principal et syndicaliste
Rue 89 – 26 septembre 2011

De nombreux proviseurs de lycées, principaux de collège et adjoints s’associent au mouvement de grève de mardi. Didier Laffeach, principal d’un collège à Rouen et secrétaire général adjoint d’Indépendance et direction, leur organisation syndicale, explique leur ras-le-bol.

Mardi matin, dans mon collège, je vais assurer la sécurité des élèves, des personnels et des biens mais sans répondre au téléphone ni aux sollicitations extérieures, puisque c’est notre seule façon de protester.

Comment, pourquoi ces personnels de responsabilité, ces cadres de l’Education nationale en sont-ils arrivés là [principaux et proviseurs s'associent rarement aux mouvements de grève, ndlr] ? Ils ont le spleen ! Le quotidien est devenu infernal, et le sentiment général est que cette école est déboussolée. Elle ne répond plus aux attentes ni de la société, ni des parents.

En quatre ans, depuis les derniers accords professionnels avec le ministère, et en dépit des suppressions de postes de personnels administratifs, ce sont plus d’une trentaine de missions nouvelles que nous devons assumer proviseurs et principaux ; toujours dans des délais plus brefs, toujours avec moins de moyens humains !

Le poids et le nombre des responsabilités augmentent à chaque nouvelle annonce, mais le temps n’y suffit plus. Et la reconnaissance morale ou financière fait cruellement défaut.

Le métier ne se ressemble plus. L’essentiel des tâches quotidiennes tend à détourner les personnels de direction de leurs missions principales de pilotage pédagogique de l’établissement. Nous sommes un peu dans la situation d’un directeur d’hôpital que l’on appellerait chaque fois qu’il y a un problème aux urgences, un malade mécontent ou une fuite d’eau dans une chambre.

Voici quelques éléments concrets qui expliquent notre malaise, et à vrai dire je ne pense pas être dans l’excès puisque les responsables d’établissements privés qui partagent avec nous certaines contraintes manifestent aussi leur mécontentement.
Une journée de grève où le principal est bien seul

Les jours de grève, nous découvrons le matin même qui participe au mouvement, et nous sommes parfois seuls ou quasiment. Il faut être sur tous les fronts pour assurer la sécurité des élèves et la continuité du service public : restauration, contrôle des présences, surveillance des entrées pour éviter les intrusions de manifestants…

Le rectorat, sans même se soucier de savoir si nous avons eu le temps de rentrer dans notre bureau, a pour unique souci de connaître le plus vite possible le nombre de grévistes. Ce qui passe par trois connexions successives à l’intranet du rectorat, dans les quarante-cinq premières minutes d’ouverture de l’établissement, pour compléter une enquête qui, selon un calcul illogique mais imparable, permet au ministère de minimiser la proportion de personnels absents dans sa présentation aux médias.
Une rentrée 2011 bouclée en dernière minute

Elle a été l’une des plus complexes à organiser, les dernières nominations de personnels enseignants aux services parfois partagés entre deux ou trois établissements sont intervenues quarante-huit heures avant la rentrée, obligeant les personnels de direction à travailler jour et nuit pour pouvoir remettre aux enseignants leurs emplois du temps le jour de la rentrée.

Cette réduction des délais sous-estime ou ignore totalement le quotidien d’un personnel de direction.
Des suppressions de postes au détriment des élèves

Depuis plusieurs années, les moyens humains mis à disposition des établissements sont de plus en plus contraints pour atteindre aujourd’hui la limite inférieure :
Les allègements d’effectifs pour permettre des travaux pratiques sont supprimés dans les disciplines scientifiques. Tant pis pour les élèves que cela passionnait.
Ceux qui étudient l’allemand sont regroupés sur plusieurs niveaux puisqu’ils ne sont plus assez nombreux. Tant pis pour les promesses de soutenir l’enseignement de la langue de la première puissance européenne.
Les classes sont chargées au maximum. Tant pis si c’est un frein majeur aux évolutions pédagogiques prônées par ailleurs, comme l’enseignement par compétences.
Les professeurs sont tenus de faire des heures supplémentaires au-delà de leurs souhaits. Tant pis s’ils sont moins disponibles pour les dispositifs d’aide individualisée présentés par ailleurs comme LE moyen de faire évoluer le système au profit des élèves rencontrant des difficultés.
Des professeurs sont nommés sur deux voire trois établissements parfois distants de plus de 30 km. Tant pis s’ils sont épuisés, si leur disponibilité en pâtit.
Il n’y a plus de « marge de manœuvre » pour adapter l’établissement au public accueilli. Tant pis pour les bonnes intentions des discours officiels.
Des remplacement des profs assurés par les heures sup

Les chefs d’établissements souffrent aussi des injonctions paradoxales de la hiérarchie qui demande par exemple d’organiser des remplacements de courte durée, sans donner le pouvoir de les imposer aux personnels ou de distribuer deux fois plus d’heures supplémentaires que ce que prévoit le statut des enseignants !

La gestion du remplacement des professeurs absents est cette année plus sensible que jamais dans un contexte de réduction du nombre de postes d’enseignants au-delà du raisonnable.

Les récentes réformes ayant eu pour effet de réduire les horaires de sciences physiques, au lycée comme au collège, c’est au chef d’établissement de persuader (il ne peut l’y contraindre) le professeur spécialiste de cette discipline de se muer en professeur de mathématiques… ou de technologie, selon les besoins du moment. Au détriment, bien sûr, de la qualité de l’enseignement et donc des élèves !

De telles situations se multiplient, démontrant bien les limites d’un système fondé sur les heures supplémentaires en lieu et place de poste de remplaçants et d’une gestion efficace des moyens de remplacement.
Des sollicitations incessantes du rectorat

Vendredi à 17 heures, la secrétaire se connecte une dernière fois sur la messagerie électronique du rectorat avant d’achever sa journée et découvre un message concernant les élections professionnelles.

Une vingtaine de dossiers compressés, chacun pouvant contenir des dizaines de fichiers qu’il faut imprimer et impérativement afficher dans un ordre précis, pour… la veille dernier délai !

Ce type de séquence, qui peut se répéter plusieurs fois par semaine et tout au long de l’année, illustre parfaitement l’indifférence voire le mépris de notre administration pour notre emploi du temps et donc pour nous.

Le nombre de messages quotidiens et la masse d’informations qu’ils contiennent pourraient à eux seuls mobiliser la totalité de notre temps sur des sujets parfois futiles et très éloignés de nos missions essentielles.
Des tâches en plus : le suivi des les profs stagiaires…

Jusqu’alors, les personnels de direction n’avaient qu’un rôle mineur dans ce dossier, depuis l’année dernière ils ont en charge le suivi de la formation professionnelle de ces personnels.

Avec cinq stagiaires, un
collègue en lycée professionnel doit réaliser deux entretiens d’évaluation pour chacun, soit dix entretiens d’une heure chacun, élaborer deux rapports de stage sans compter les nombreuses rencontres informelles soit avec ces personnels débutants pour leur donner des conseils, soit avec le professeur-tuteur pour le suivi du stagiaire.

Tout cela sans aucune rémunération spécifique quand les professeurs-tuteurs bénéficient d’une indemnité de 2 000 euros pour le suivi de leur stagiaire !
… et le calcul des primes à distribuer pour les CCF

Depuis l’année scolaire dernière, les proviseurs doivent rémunérer les enseignants pour les contrôles en cours de formation (épreuves de contrôle ponctuel tout au long de l’année), ils reçoivent donc une enveloppe en euros qu’ils sont chargés de ventiler par enseignant selon un mode de calcul que chaque chef d’établissement doit inventer (donc forcément différent d’un établissement à l’autre ! ).

Il faut faire vite et bien, pour rester cohérent et équitable en remplissant soigneusement les formulaires informatiques. Encore des heures de travail non rémunérées.
Deux semaines de vacances d’été seulement pour certains

Avant, les opérations liées au baccalauréat ne se télescopaient pas avec les inscriptions et réinscriptions des élèves, ce qui permettait de constituer les classes fin juin-début juillet, pour que les proviseur adjoints puissent commencer à travailler sur l’emploi du temps dès le début du mois.

Aujourd’hui, comme les collégiens ne connaissent leur affectation que vers le 30 juin et que les réaffectations des redoublants de première et terminale ne sont connues qu’après les derniers résultats du bac, les classes ne peuvent être constituées qu’après le 15 juillet, et comme il faut bien une semaine pour arrêter la structure et tous les groupes liés à la réforme du lycée, c’est seulement vers le 25 juillet que les proviseurs adjoints peuvent commencer l’emploi du temps.

Cette opération nécessitant deux bonnes semaines, les adjoints les plus chanceux et les plus performants peuvent espérer deux semaines de congés d’été…. On est loin des deux mois de vacances.

Personnellement, avec l’expérience et une situation moins complexe compte-tenu de la structure de mon collège, j’ai bénéficié de cinq semaines, ce qui est correct. Mais ce n’est pas le cas des adjoints de « gros » lycées.

Jusqu’à quand pourra t-on encore en demander plus aux chefs d’établissements ? Jusqu’à quand le ministère pourra-t-il feindre d’ignorer la nécessaire reconnaissance de leur implication ?



Des innovations pour  » faire des économies sans réduire l’offre de formation « 

Article du Monde du   27 septembre 2011
L’ordinateur en guise de professeur  » Ce n’est pas nécessairement la panacée, mais ça a permis à des lycées de taille plutôt modeste de faire des économies sans réduire l’offre de formation ni renoncer à l’innovation pédagogique « , explique Michel Larrory, à l’initiative du projet Loread – pour  » Lorraine enseignement à distance « . L’idée a germé à la fin des années 1990, lorsqu’il dirigeait le lycée Jean-Baptiste-Vatelot de Toul (Meurthe-et-Moselle).

 » L’enseignement des options, le latin notamment, posait problème car nous ne pouvions plus maintenir un professeur face à une poignée d’élèves, deux ou trois le plus souvent, explique-t-il. Pour rester attractif, nous avons misé sur Internet « . La plate-forme initiale concerne cinq lycées lorrains. Le  » tuteur « , un enseignant exerçant dans l’un ou l’autre des établissements, est chargé de l’enseignement de l’option – latin, grec, chinois, mais aussi italien, espagnol… Il met en ligne ses cours, ses consignes et ses outils pédagogiques auxquels les lycéens ont accès dans leur lycée.

Le  » référent « , souvent un enseignant, parfois un surveillant, encadre le travail des élèves dans chacun des établissements.  » Ce n’est pas « que » de l’enseignement à distance : les élèves sont assis en classe, sous la supervision d’un adulte, et travaillent à heures fixes « , souligne M. Larrory, aujourd’hui à la tête du lycée Jean-XXIII de Montigny-lès-Metz (Moselle).

En cette rentrée, le dispositif concerne 22 établissements, dont certains importants, et près de 350 élèves.  » Mais leur nombre devrait croître rapidement « , prédit M. Larrory :  » En Haute-Normandie, en Lozère, Loread fait des émules.  » La Rue de Grenelle s’en réjouit : dans une note datant de mai à l’attention des recteurs d’académie, le ministère a proposé l’extension du dispositif d’ici à 2012 sur la base du volontariat des établissements privés. Objectif assumé :  » réduire le coût en emplois des disciplines à faible effectif « .

Le jeu des combinaisons horaires Trouver une autre manière de comptabiliser le temps de travail des professeurs : c’est l’une des pistes mises en avant dans l’enseignement catholique pour  » optimiser  » les moyens budgétaires alloués.  » L’annualisation de la dotation horaire globale et sa gestion doivent être de notre ressort « , soutient Yves Ruellan, directeur de l’externat Saint-Joseph-La Cordeille d’Ollioules (Var), par ailleurs président du Syndicat des directeurs d’établissements catholiques du second degré (Synadic).

Au sein du groupe scolaire qu’il dirige (2 250 élèves, 170 enseignants), une cinquantaine de professeurs chargés de l’accompagnement personnalisé ont déjà vu ce temps d’enseignement globalisé.  » Nous étions d’accord sur le fait que les trente-six semaines annuelles ne sont pas effectuées : l’accompagnement débute plutôt fin septembre et s’interrompt en mai, explique M. Ruellan. Si l’on décompte les voyages scolaires, les stages, on tourne plutôt autour de vingt-cinq semaines par an.  »

Les heures récupérées sont mises à profit  » au bénéfice de tous « , soutient-il.  » On organise des séquences de cours moins longues avec des classes dédoublées, par exemple en anglais pour des lycéens professionnels qui ont vraiment besoin d’une remise à niveau. Trois professeurs officient face à deux classes réunies : l’élève progresse, l’enseignant ne perd pas en confort, l’établissement y gagne. L’expérience est pour l’instant très positive.  »

Au lycée Notre-Dame-du-Voeu, à Hennebont (Morbihan), Marie-Noëlle Loizel, la directrice, expérimente de nouveaux rythmes scolaires. Un  » calibrage des séquences de cours sur quarante-cinq minutes  » lui a permis de récupérer un volume d’heures réinvesti au profit de l’enseignement en petit groupe.  » Nos élèves de seconde peuvent choisir trois modules parmi une cinquantaine – méthodologie, orientation, exploration… -, en première, c’est un module seulement.  » De l’accompagnement personnalisé inclus dans l’emploi du temps des élèves, sans rémunération supplémentaire des enseignants : de quoi satisfaire le ministère.

Mattea Battaglia

© Le Monde



Les représentants du personnel SNES-FSU du lycée Gide écrivent au Maire d’UZES M Chapon

 

         Lettre ouverte au Maire d’Uzès        

 

 

Avec près de 900 élèves  à la rentrée 2011, les effectifs du lycée Gide  continuent de progresser.  Les enseignants  qui ont agi pour que le lycée d’Uzès accueille tous les  élèves de secteur se félicitent de cette évolution. La montée en puissance de ce  lycée est  un élément positif pour Uzès et  pour  les cantons  environnants.

 

Toutefois des difficultés sérieuses subsistent au niveau des locaux qui sont à la charge de la Région et au niveau des personnels qui sont de la compétence  du Rectorat. Nous maintenons la pression auprès de la Région et de l’Académie pour faire évoluer positivement ces dossiers, en demandant  notamment que démarre au plus vite le projet tant attendu de l’ancienne gendarmerie qui permettra la restructuration des deux lycées d’Uzès.

 

Des problèmes de fonctionnement  qui sont de la responsabilité de la ville d’Uzès persistent : 

 

 

Ø    Certes la ville d’Uzès propriétaire du  bâtiment de l’internat a fait quelques travaux indispensables  (changement de la chaudière qui fournit l’eau chaude sanitaire)  mais il reste encore  des interventions à réaliser pour  assurer correctement l’accueil des pensionnaires : rénovation des sanitaires insalubres et mise en place de volets aux fenêtres.

 

 

Ø    L’espace devant le lycée qui sert de cour aux élèves, n’est pas sécurisé ni entretenu régulièrement par les services municipaux.   Actuellement, cette zone est quasiment laissée à l’abandon et pose un réel problème de sécurité.  Pourtant, Madame la Proviseure adjointe a déposé en 2010  à votre mairie un projet d’aménagement qu’elle avait  élaboré avec les élèves du lycée. Nous vous rappelons que dans le cadre du plan « vigipirate » toujours en vigueur le stationnement devant un établissement scolaire doit être interdit.

 

Nous vous demandons donc, Monsieur le Maire,  d’engager  au plus vite les travaux pour remédier à ces dysfonctionnements et de soutenir les lycées de votre ville en donnant « le feu vert » au projet de restructuration.

 

 

Les représentants du personnel SNES-FSU du lycée Gide

 

 

 

 

 

 

 

 



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