Des innovations pour  » faire des économies sans réduire l’offre de formation « 

Article du Monde du   27 septembre 2011
L’ordinateur en guise de professeur  » Ce n’est pas nécessairement la panacée, mais ça a permis à des lycées de taille plutôt modeste de faire des économies sans réduire l’offre de formation ni renoncer à l’innovation pédagogique « , explique Michel Larrory, à l’initiative du projet Loread – pour  » Lorraine enseignement à distance « . L’idée a germé à la fin des années 1990, lorsqu’il dirigeait le lycée Jean-Baptiste-Vatelot de Toul (Meurthe-et-Moselle).

 » L’enseignement des options, le latin notamment, posait problème car nous ne pouvions plus maintenir un professeur face à une poignée d’élèves, deux ou trois le plus souvent, explique-t-il. Pour rester attractif, nous avons misé sur Internet « . La plate-forme initiale concerne cinq lycées lorrains. Le  » tuteur « , un enseignant exerçant dans l’un ou l’autre des établissements, est chargé de l’enseignement de l’option – latin, grec, chinois, mais aussi italien, espagnol… Il met en ligne ses cours, ses consignes et ses outils pédagogiques auxquels les lycéens ont accès dans leur lycée.

Le  » référent « , souvent un enseignant, parfois un surveillant, encadre le travail des élèves dans chacun des établissements.  » Ce n’est pas « que » de l’enseignement à distance : les élèves sont assis en classe, sous la supervision d’un adulte, et travaillent à heures fixes « , souligne M. Larrory, aujourd’hui à la tête du lycée Jean-XXIII de Montigny-lès-Metz (Moselle).

En cette rentrée, le dispositif concerne 22 établissements, dont certains importants, et près de 350 élèves.  » Mais leur nombre devrait croître rapidement « , prédit M. Larrory :  » En Haute-Normandie, en Lozère, Loread fait des émules.  » La Rue de Grenelle s’en réjouit : dans une note datant de mai à l’attention des recteurs d’académie, le ministère a proposé l’extension du dispositif d’ici à 2012 sur la base du volontariat des établissements privés. Objectif assumé :  » réduire le coût en emplois des disciplines à faible effectif « .

Le jeu des combinaisons horaires Trouver une autre manière de comptabiliser le temps de travail des professeurs : c’est l’une des pistes mises en avant dans l’enseignement catholique pour  » optimiser  » les moyens budgétaires alloués.  » L’annualisation de la dotation horaire globale et sa gestion doivent être de notre ressort « , soutient Yves Ruellan, directeur de l’externat Saint-Joseph-La Cordeille d’Ollioules (Var), par ailleurs président du Syndicat des directeurs d’établissements catholiques du second degré (Synadic).

Au sein du groupe scolaire qu’il dirige (2 250 élèves, 170 enseignants), une cinquantaine de professeurs chargés de l’accompagnement personnalisé ont déjà vu ce temps d’enseignement globalisé.  » Nous étions d’accord sur le fait que les trente-six semaines annuelles ne sont pas effectuées : l’accompagnement débute plutôt fin septembre et s’interrompt en mai, explique M. Ruellan. Si l’on décompte les voyages scolaires, les stages, on tourne plutôt autour de vingt-cinq semaines par an. « 

Les heures récupérées sont mises à profit  » au bénéfice de tous « , soutient-il.  » On organise des séquences de cours moins longues avec des classes dédoublées, par exemple en anglais pour des lycéens professionnels qui ont vraiment besoin d’une remise à niveau. Trois professeurs officient face à deux classes réunies : l’élève progresse, l’enseignant ne perd pas en confort, l’établissement y gagne. L’expérience est pour l’instant très positive. « 

Au lycée Notre-Dame-du-Voeu, à Hennebont (Morbihan), Marie-Noëlle Loizel, la directrice, expérimente de nouveaux rythmes scolaires. Un  » calibrage des séquences de cours sur quarante-cinq minutes  » lui a permis de récupérer un volume d’heures réinvesti au profit de l’enseignement en petit groupe.  » Nos élèves de seconde peuvent choisir trois modules parmi une cinquantaine – méthodologie, orientation, exploration… -, en première, c’est un module seulement.  » De l’accompagnement personnalisé inclus dans l’emploi du temps des élèves, sans rémunération supplémentaire des enseignants : de quoi satisfaire le ministère.

Mattea Battaglia

© Le Monde



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