Les jeunes profs, démunis mais pas démotivés

Article Libé.fr

Le syndicat des enseignants SE-Unsa a mené sa petite enquête pour mieux cerner le profil de la relève.

Par C.B.

 

Malaise, quel malaise? Les trois quarts des jeunes profs «s’éclatent» dans leur métier. Ça, c’est pour la bonne nouvelle du sondage du SE-Unsa, deuxième syndicat d’enseignants, qui a mené sa petite enquête pour mieux cerner le profil du jeune prof d’aujourd’hui (moins de 35 ans). Entre mi-avril et mi-juillet, le syndicat a fait tourner un questionnaire dans les IUFM, les universités et les réseaux sociaux. Histoire de savoir s’ils «s’éclatent», donc, mais surtout quelles sont leurs attentes, leurs difficultés, leur vision de l’avenir. 5000 enseignants (dont 80% de femmes) ont répondu, répartis entre milieu rural et urbain.

Et alors? Tout ne va évidemment pas si bien. Derrière l’enthousiasme pour leur métier, les réponses confirment une série de difficultés. Mal payé, en manque de formation et de reconnaissance, démuni face aux élèves en difficulté ou handicapés, sans illusions sur la capacité du système à garantir l’égalité des chances… Le jeune prof de 2011 est pétri de doutes. Sur son métier et surtout sur les conditions dans lesquelles il l’exerce.

Ainsi, les trois quarts disent travailler plus de 40 heures par semaine (dont la moitié plus de 44 heures). Du coup, ils ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus, alors qu’il sont parmi les plus mal payés de l’OCDE. Pour les deux-tiers d’entre eux, leur formation professionnelle ne les a que très peu préparés aux réalités du terrain. Sans grande surprise, plus les profs sont jeunes, moins ils s’estiment formés, ce qui recoupe les critiques récurrentes sur la réforme de la masterisation.

«Paradoxe»

Chiffre inquiétant, près de la moitié avoue ne pas savoir faire progresser un élève en difficulté. Ils sont 90% quand il s’agit d’un élève handicapé. D’ailleurs, seuls 10% trouvent le système efficace pour garantir l’égalité des chances. Et encore moins (3,4%) pour préparer à l’insertion professionnelle.

«Ces jeunes enseignants voient parfaitement ce vers quoi ils veulent aller, mais ils se heurtent au mur de l’infaisabilité. Ils n’arrivent pas plein de certitudes, ils sont à la recherche de réponses. Mais des réponses différentes de celles que leur propose le système. C’est tout le paradoxe, qui génère une grande frustration», relève Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Frustration d’autant plus mal vécue qu’ils estiment, pour leur grande majorité (87%), que leur métier est mal perçu par la socitété. Résultat, à trente ans, ils se voient déjà ailleurs : la moitié de ceux qui ont répondu à l’enquête n’envisagent pas être prof toute leur vie –  sans pour autant vouloir quitter leur statut de fonctionnaire. Au final, le malaise est donc bien là. Et il aurait même tendance à surgir plus tôt que pour leurs aînés.

Le syndicat, en campagne à l’approche des élections professionnelles du 20 octobre, a casé quelques questions sur l’attente envers les syndicats. D’où il ressort que la grande majorité (90%) y reste attachée, mais attend moins une logique d’opposition que des propositions.

 

Jeunes profs : Un présent qui ne prépare pas l’avenir 

Par François Jarraud du café pédagogique

Incompris. Sous-payés. Bouc-émissaires. Ce diagnostic est celui des jeunes professeurs sur leur métier tel qu’il apparaît dans le sondage réalisé par le Se-Unsa auprès de 4 898 « jeunes enseignants » (moins de 35 ans) publié le 4 octobre 2011. Les jeunes profs aiment bien leur nouveau métier mais sont très insatisfaits. On retiendra par exemple la paye,  le désarroi devant certaines situations professionnelles et la  demande d’une seconde carrière.

Les jeunes profs, démunis mais pas démotivés dans Actualités 04jeunesprofs1L’enthousiasme est bien présent puisque 75% des enseignants assurent le vivre dans leur métier et même 19% « énormément ». Seulement 21% « ne s’éclatent pas » dans le métier.

Mais les insatisfactions sont aussi là. Le premier motif d’insatisfaction c’est la paye. 69% des jeunes enseignants estiment ne pas bien gagner leur vie. Le pouvoir d’achat est leur première préoccupation. 74% ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus. Ce n’est pas vraiment un paradoxe : 72% travaillent plus de 40 heures par semaine. Seulement 5% se déclarent aux 35 h.

Autre motif d’insatisfaction : l’encadrement. C’est un des principaux motifs de stress au travail. 82% ne sont pas satisfaits de la façon dont l’éducation nationale les gère. Les enseignants se sentent maltraités par la société et les médias.

Enfin il y a les difficultés liées au métier et à la maigreur de la formation. 69% se déclarent mal formés. La moitié des jeunes enseignants (44%) estiment ne pas être capables de faire progresser leurs élèves et c’est évidemment un énorme motif de frustration. 90% ne savent pas comment accueillir un enfant handicapé.

Le désir de fuite est bien présent. La moitié ne se voit pas enseigner jusqu’à la retraite et un tiers n’est pas satisfait de son affectation. Un prof sur deux est intéressé par une seconde carrière. On sait ce qu’est devenue cette promesse… Doit-on rattacher ici le fait que près de 80% des enseignants sont partants pour un stage à l’étranger ?

Ces jeunes enseignants mêlent trait générationnel et esprit de corps. 85% d’entre eux sont attachés au syndicalisme et une infime minorité seulement « subit » les syndicats. Le trait générationnel a à voir avec Internet : c’est la première source d’information pour ces enseignants, devant la radio puis la télévision.

04jeunesprofs2 dans Actualités Quels enseignements tirer de ce sondage ? Le premier c’est que le « malaise enseignant » sensé toucher les enseignants vers la quarantaine est présent plus tôt que prévu. Tous simplement parce que le discrédit jeté sur le métier se lit chaque mois sur la feuille de paye. Les enseignants savent que leur niveau de vie recule. Ils savent aussi depuis quelques semaines qu’il est un des plus bas de l’OCDE. Sur ce terrain une autre information mérite d’être relevée : les enseignants ne veulent pas travailler plus parce qu’ils travaillent déjà énormément. Il n’y a pas de gain à attendre d’une « intensification du travail enseignant »…

Pour le Se-Unsa, le sondage met en avant également le manque de formation.  » Leur regard sur leur formation n’en est que plus dévastateur. Pour plus des deux tiers, leur formation professionnelle ne les a que peu ou pas du tout préparés aux réalités du terrain. Il est intéressant de constater que plus on est jeune, plus la proportion d’insatisfaits augmente. C’est la confirmation de ce que nous percevions depuis des mois. Tous les ingrédients sont réunis pour gâcher ce que l’on pourrait quasiment qualifier de vocations ».

Comment conclure ? Pour le Se-Unsa,  » nos jeunes collègues témoignent d’une vision distanciée et lucide du rôle et des responsabilités d’une organisation syndicale ». Ils sont attachés à un syndicat qui « fasse des propositions » et soit « médiateur ». Ca tombe bien c’est l’identité que revendique le Se-Unsa.

François Jarraud

 

 



Le SNES (FSU) du lycée Charles Gide d’uzès écrit au Président de Région

 Logo FSUFédération Syndicale Unitaire de l’Uzège

 

SNES du lycée Charles Gide d’Uzès  Logo SNES

  

à          Monsieur Christian BOURQUIN, Président de la Région Languedoc Roussillon

            Monsieur Jacques CRESTA Président de la commission – Education – Lycée

Monsieur Fabrice VERDIER Membre de la commission  - Education – Lycée et représentant du Conseil régional au Conseil d’Administration du lycée Charles Gide

 

Objet : Restructuration du Lycée Charles Gide d’Uzès

 

Messieurs,

 

Notre établissement est aujourd’hui arrivé à saturation de ses effectifs et nous devons ensemble, les personnels du lycée et les élus décisionnaires, gérer le très court terme et prévoir le plus long terme.

 

Pour cette année scolaire, plusieurs problèmes concrets se posent dans notre lycée.

 

L’installation indispensable des locaux provisoires par la Région depuis deux ans, pour répondre à l’afflux d’élèves, nécessite la création d’au moins deux postes d’Agent Technique : un pour le service général et un autre pour la maintenance des bâtiments. Cette demande se fonde sur les ratios de surface et du nombre d’élèves établis par vos services. En effet avec près de 900 élèves et 7 salles de classes provisoires supplémentaires le nombre d’agents est aujourd’hui totalement insuffisant pour entretenir correctement notre lycée.

 

Les préfabriqués, installés dans nos trois cours, sont certes spacieux, mais les conditions d’enseignement y sont inacceptables et depuis la rentrée plusieurs élèves ont eu des malaises. Comme a pu le constater M Verdier au printemps dernier, par forte chaleur, la température est insupportable et des odeurs très fortes émanent de la structure même des locaux. Nous demandons donc une inspection sanitaire de ces salles par vos services et l’installation très rapide d’une climatisation pour chacune d’elle.

 

L’arrivée de l’Ordi dans notre lycée nous préoccupe également. En effet, nos salles ne sont absolument pas équipées pour recevoir ce type de matériel. Nous saluons l’investissement lourd que représente cet outil octroyé à chaque élève de seconde mais nous souhaitons qu’il soit fonctionnel et utilisable dans notre établissement pour ne pas être un investissement pédagogiquement inutile.

 


À terme, une restructuration profonde et globale de notre EPLE est indispensable. Lors de la réunion du 24 juin dernier, certaines pistes ont été avancées, par le Directeur adjoint à l’éducation du Conseil régional, M Sellier, et par le maître d’œuvre, Mustang architecture-design, pour l’aménagement du terrain dit de « l’ancienne Gendarmerie ». Cependant, les contraintes imposées par les architectes mandatés par les Bâtiments de France pour l’étude de l’élargissement du secteur sauvegardé de la ville d’Uzès, M Wagon et M Balmassière ainsi que par le Maire adjoint d’Uzès en charge de l’urbanisme, M Joly, rendent les projets proposés impossibles.

 

L’urgence de la situation rend pourtant cette restructuration impérative pour un fonctionnement rationnel de notre lycée et pour son développement (BTS  par exemple) dans le cadre de l’aménagement du territoire de l’Uzège et du Gard.

Nous voulons aujourd’hui réaffirmer notre demande que la « commande initiale » soit respectée c’est à dire la construction :

o      d’une salle multifonctions utilisable par les deux lycées ;

o      d’un nouvel internat et une restauration collective, communs aux deux établissements de l’Uzège ;

o      de logements de fonctions pour libérer des espaces dans l’enceinte du lycée Gide.

Ceci doit s’accompagner :

-       du « rachat » par la Région à la commune d’Uzès du centre d’accueil et de l’internat puisque le Maire d’Uzès ne semble plus disposé à le céder pour l’euro symbolique comme ses représentants s’y étaient engagés lors des CA du lycée Gide ;

-       d’une réhabilitation de la totalité des locaux libérés pour agrandir, moderniser et rendre fonctionnels nos espaces pédagogiques et administratifs.

 

Il nous semble évident à ce jour, que le projet doit être étudié dans sa globalité pour arriver à honorer cette commande, c’est à dire envisager dès le départ les constructions et les réhabilitations des locaux. Il est tout aussi évident que le projet ne peut se conduire que par tranches de travaux successifs mais il est impératif pour nous, que les premiers « coups de pioche » soient très rapidement réalisés. C’est pour cela que nous exigeons depuis de nombreux mois un échéancier précis de l’avancement du projet.

 

Comme l’a annoncé M Bourquin lors de sa venue à Uzès, les constructions ont été budgétées pour un montant de 16 millions d’euros et la réhabilitation du lycée Gide l’a été pour une somme de 17 millions d’euros. De plus, M Verdier nous a aussi annoncé, lors de la réunion du mois de juin, le lancement d’un concours d’architectes pour mettre en oeuvre cette restructuration. Cet équipement structurant pour l’Uzège est indispensable, c’est pourquoi nous sommes impatients que ces annonces deviennent réalité.

 

Pour le bien commun des familles de l’Uzège et de la qualité du service public d’Education, nous devons, ensemble, mettre toute notre énergie pour voir rapidement sortir de l’impasse ce projet et pour surmonter les querelles locales.

 Nous souhaitons donc dans les plus brefs délais (avant les vacances de la Toussaint) la convocation d’une nouvelle réunion de tous les intervenants pour présenter l’échéancier des travaux.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de Région, Messieurs les Vice- Présidents l’expression de nos sentiments distingués.

 

 

Pour le SNES du lycée Charles Gide et la FSU de l’Uzège

Emmanuelle Michard et Franck Tichadou



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