Enseignante agressée à Sète: placement sous contrôle judiciaire de l’élève requis

Le parquet de Montpellier a requis jeudi le placement sous contrôle judiciaire d’une élève de première qui avait violemment agressé à coups de poing une de ses enseignantes.

Le parquet de Montpellier a requis jeudi le placement sous contrôle judiciaire d’une élève de première qui avait violemment agressé à coups de poing une de ses enseignantes d’un lycée professionnel de Sète (Hérault) mercredi, a-t-on appris de source judiciaire.

 

Le parquet a exigé de la jeune fille qu’elle reprenne son traitement médical, dont l’arrêt est probablement l’une des causes de sa crise de violence, et a interdit toute rencontre avec la victime, a-t-on précisé de même source.

En fin d’après-midi, la décision du juge pour enfants n’était pas encore connue.

Les faits se sont produits mercredi en milieu de matinée alors que les élèves du lycée professionnel Charles-de-Gaulle étaient en groupe réduit dans un cours de vente. Le professeur a demandé à la jeune fille de se calmer. Celle-ci n’obtempérant pas, l’enseignante lui a demandé de sortir, ce qui a déclenché la crise de violence.

La lycéenne a plaqué l’enseignante contre un mur puis l’a frappée à plusieurs reprises avant d’être maîtrisée par d’autres professeurs.

Transportée aux urgences, le professeur de vente s’est vu prescrire mercredi trois jours d’interruption de travail (ITT) par le médecin hospitalier mais cette prescription a été annulée jeudi par le médecin légiste, a précisé une source policière.

La jeune fille a en outre été exclue temporairement du lycée, en attendant une convocation devant le conseil de discipline.

(Source AFP)

 

 

Sète Enseignante agressée : placement sous contrôle judiciaire de l’élève requis

Midilibre.fr

06/10/2011, 19 h 41 | Mis à jour le 06/10/2011, 19 h 46


Les professeurs du lycée ont exercé leur droit de retrait.

Les professeurs du lycée ont exercé leur droit de retrait. (Vincent DAMOURETTE / MIDI LIBRE)

Le parquet de Montpellier a requis jeudi le placement sous contrôle judiciaire d’une élève de première qui avait violemment agressé à coups de poing une de ses enseignantes d’un lycée professionnel de Sète (Hérault) mercredi, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet a exigé de la jeune fille qu’elle reprenne son traitement médical, dont l’arrêt est probablement l’une des causes de sa crise de violence, et a interdit toute rencontre avec la victime, a-t-on précisé de même source.

En fin d’après-midi, la décision du juge pour enfants n’était pas encore connue. Les faits se sont produits mercredi en milieu de matinée alors que les élèves du lycée professionnel Charles-de-Gaulle étaient en groupe réduit dans un cours de vente.

Le professeur a demandé à la jeune fille de se calmer. Celle-ci n’obtempérant pas, l’enseignante lui a demandé de sortir, ce qui a déclenché la crise de violence. La lycéenne a plaqué l’enseignante contre un mur puis l’a frappée à plusieurs reprises avant d’être maîtrisée par d’autres professeurs. Transportée aux urgences, le professeur de vente s’est vu prescrire mercredi trois jours d’interruption de travail (ITT) par le médecin hospitalier mais cette prescription a été annulée jeudi par le médecin légiste, a précisé une source policière.

La jeune fille a en outre été exclue temporairement du lycée, en attendant une convocation devant le conseil de discipline.

 



Les stagiaires n’en peuvent plus…

Par François Jarraud du café pédagogique

 

Réunis à l’appel du Snes, des stagiaires franciliens ont témoigné d’une charge de travail d’autant plus insupportable qu’ils cumulent un temps complet d’enseignant avec des journées de formation inutiles car ils sont trop épuisés pour en profiter. Le Snes demande une entrée progressive dans le métier et la mise en place d’un système de pré recrutement  pour faire face à la pénurie de candidats.

 

Les stagiaires n'en peuvent plus...  dans Actualités stag01Natacha, Nicolas, Agnès, Agathe, Léa, Julie, Jean, Adrien, et même… Luc. Tous sont enseignants stagiaires, parfois pour la seconde fois. Le Snes les a réunis le 5 octobre pour qu’ils témoignent de leurs difficultés. Le message est unanime : « on est dans une situation pas normale ».

 

Premier choc. Ce qu’ ont déjà appris les stagiaires c’est la méfiance envers l’institution. Ces stagiaires vous ne les verrez pas et les prénoms cités ci-dessus sont inventés. Ils craignent les représailles puisque l’avis de l’inspection est essentiel pour leur titularisation. Ce n’est pas la seule raison pour laquelle ils ont peu de considération pour l’institution. Leur premier contact, que ce soit à Créteil, Versailles ou Paris, se fait avec des inspecteurs sympathiques mais tenus à la langue de bois officielle ou des personnages arrogants. « Vous allez souffrir, vous devez vous y habituer » leur lâche l’un. « Vous allez travailler la nuit. Ce sera de bons souvenirs » dit un autre. L’institution est déjà décrédibilisée et pas seulement parce qu’elle a imaginé une entrée dans le métier aussi pitoyable. Les stagiaires ne supportent plus qu’on essaye en permanence de les culpabiliser. Qu’on leur envoie l’image de l’enseignant « inné » ayant le « feu sacré ».

 

Mais le gros problème c’est la masse de travail. « Je fais 65 heures par semaine pour 1600 euros par mois » nous confie Jean, professeur d’histoire-géographie dans un lycée du 93. Etre stagiaire c’est faire un temps complet dès le début de l’ année (les certifiés stagiaires qui dans certaines académies sont déchargé de deux heures se sont vus gratifiés de deux heures supplémentaires…) avec ce que cela implique comme préparations quand on débute et comme copies. S’y ajoutent les journées de formation (qui sont en plus du temps de travail). « On a des problèmes de cerveau disponible » nous dit Agathe qui « en rêve la nuit ». « Cela devient un problème pour nos élèves car on est fatigués et encore moins efficaces », ajoute Léa. Il faut dire que les stagiaires ne sont pas épargnés par les rectorats. Plusieurs d’entre eux enseignent en zone d’éducation prioritaire (Eclair). D’autres, comme Agathe, ont des classes d’examen, ce qui n’aurait pas du être le cas. Ils ont de l’accompagnement personnalisé (souvent en classe entière !). Ils connaissent des camarades bombardés professeurs principaux, ce qui alourdit encore le temps de travail.

 

stagiaire02 dans Actualités« On enchaîne les mauvais cours« . La demande de formation est bien là. « Je sais parler l’anglais très bien. Mais je ne sais pas l’enseigner. On ne me l’a pas appris », dit Agnès, stagiaire dans un lycée de l’académie de Versailles. Les stagiaires sont déçus des 5 journées de formation qui ont eu lieu avant la rentrée. Trois journées ont été utilisées en discours officiels et renseignements administratifs. Il est resté une journée sur l’enseignement de la discipline, ce qui est jugé insuffisant, et une journée de « tenue de classe ». Tout en reconnaissant qu’ils ont appris quelques trucs, les stagiaires sont assez ironiques sur cette formation. « C’était surtout des conseils superflus », dit Jean, professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Paris, « du style regarder les élèves dans les yeux ».

 

Quel avenir comme enseignant ? Natacha, qui est cette année professeur titulaire, se demande ce que peut produire une telle formation. « On est le nez dans le guidon en permanence. On a une conception limitée du métier ». Ils n’ont pas de formation didactique et craignent de n’en avoir jamais.

 

snes112Cet aspect là a aussi été mis en avant par les responsables du Snes. Alain Billate, secrétaire académique à Bordeaux, craint l’avenir. « On a affaire à des gens qui nient la nécessité d’une formation. On forme des professeurs qui jamais ne liront de livre de pédagogie. C’est dramatique ». Emmanuel Mercier, secrétaire national en charge de la formation, critique vertement la nouvelle formation en alternance sensée résoudre la question didactique. »On envoie les étudiants en classe. Mais ce n’est pas de la formation. Il n’y a pas d’analyse et de réflexion sur la pratique.  On généralise l’idée que l’apprentissage est un mode de recrutement ». Frédérique Rolet, secrétaire générale, montre les conséquences pour le système de la situation actuelle : la baisse du recrutement. Aux concours 2011 il y avait 119 candidats présents en lettres classiques pour 185 postes, en maths 1319 pour 950 postes, en éducation musicale 134 pour 120.  Elle a soutenu les revendications du Snes : une entrée progressive dans le métier, appuyée par un prérecrutement sur le modèle des anciens IPES. Le Snes appelle les stagiaires à participer à une enquête d’opinion.

 

François Jarraud

 

Liens :

Le dossier de presse

Paroles de stagiaires

J’aurais voulu me rendre utile

Masters en alternance

Stagiaires Happy End

Stagiaires impossibles

 



Jack Lang : « L’Education subit une purge depuis 10 ans

Article du Nouvel Obs

« La revendication des professeurs n’est pas corporatiste mais d’intérêt public », explique l’ancien ministre socialiste de l’Education.

Jack Lang le 19 juin 2011. (FRED DUFOUR / AFP) Jack Lang le 19 juin 2011. (FRED DUFOUR / AFP)

 

Enseignants du privé et du public ont répondu massivement, mardi 27 septembre, à l’appel à la grève et à la manifestation contre les suppressions de postes et la casse de l’Education nationale. A quelques mois de la présidentielle, le malaise est profond. Jack Lang, député socialiste et ancien ministre de l’Education du gouvernement Jospin, revient pour le « Nouvel Observateur » sur un sujet qui doit, selon lui, être LA priorité de la campagne et des décisions politiques à venir.

Partagez-vous le constat alarmant des syndicats sur l’état actuel de l’Education nationale ?

- Le constat que je fais est peut-être plus alarmant encore. Je l’ai décrit dans un livre récent qui est une lettre ouverte au président de la République « Pourquoi ce vandalisme d’Etat contre l’Ecole« , et je pense que la réalité est encore plus grave que celle qui est énoncée.

 

Cette situation est-elle seulement imputable au gouvernement actuel ?

- Naturellement, des améliorations doivent être apportées. Tout n’est pas budgétaire ou quantitatif. Mais là, on dépasse la mesure. Depuis dix ans le gouvernement a supprimé 150.000 postes ou contrats. C’est une purge, une hémorragie. Cela se traduit par des réalités pédagogiques : ce gouvernement a supprimé 17.000 postes de professeurs stagiaires et l’année de formation rémunérée des futurs maîtres. Pour la première fois depuis la naissance de l’Ecole publique, les maîtres sont privés de formation pratique. Les professeurs sont les seuls fonctionnaires de ce niveau qui sont privés de formation. Les classes sont en sureffectifs, ce qui rend notamment difficile l’apprentissage de la langue orale et écrite. C’est absolument hallucinant. La revendication des professeurs n’est pas corporatiste mais d’intérêt public. Je les félicite. Ils défendent l’avenir et l’école.

 

Si le PS remporte l’élection présidentielle en 2012, quelles mesures préconisez-vous afin de redresser rapidement la barre ?

- Si le budget est voté tel qu’il est prévu, la rentrée 2012 sera une catastrophe. Donc avant toute réflexion, et quel que soit le gagnant de la primaire, il faudra adopter un plan d’urgence en mai prochain pour faire face à la rentrée de l’automne. Car le gouvernement actuel veut encore supprimer 16.000 ou 17.000 postes. Cette fois-ci, on sera à l’os. Ensuite, je suis favorable au plan voulu par François Hollande de recrutement pluriannuel des professeurs. Cela me semble une solution raisonnable. Car je pense que la gauche doit annoncer la couleur. On ne peut pas juste dire que l’Education est une priorité, il faut le montrer. Moi, ma première priorité c’est l’Ecole, la deuxième c’est l’Ecole et la troisième, c’est l’Ecole.

 

Ces mesures peuvent-elles réellement être mises en oeuvre en pleine crise économique ?

- Je récuse totalement ce raisonnement. On veut enfermer le pays dans cette absurdité. Je répondrai comme Obama : « Il faut choisir, entre enrichir encore les milliardaires et investir dans l’éducation ». Il a choisi, je choisis, j’ai choisi. Il y a aujourd’hui 100 milliards d’euros d’exonérations fiscales au bénéfice des plus riches. C’est un trésor qui doit permettre de financer l’éducation. Ras le bol de ce chantage financier. Les pays qui aujourd’hui ont de l’avance dans ce domaine, notamment en Asie, eux ne mégotent pas pour leur éducation.

 

Interview de Jack Lang, député socialiste du Pas-de-Calais, par Anne Collin.

(Mardi 27 septembre 2011)

Le Nouvel Observateur

 



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