Attention : SOS éducation : association de « parents d’élèves » dangereuse

Une association de pseudo parents d’élèves d’extrême droite avance masquée sous le nom de SOS éducation.
Méfiez vous de ce piège et surtout ne signez pas leur pétition.

lien pour voir leur vidéo totalement bidonnée qui incite à supprimer plus de postes dans l’Education Nationale et à abolir les syndicats.

http://www.soseducation.com/greve27septembre/

Je vous invite à faire circuler cette info pour alerter les parents d’élèves vraiment responsables.

 

Article Médiapart

SOS Education: DANGER!

 

Vous avez visionné ou vous allez visionner le « document » élaboré par SOS Education pour stigmatiser la grève des enseignants du 27 septembre.

 

Cette vidéo est la parfaite illustration de ce que ses concepteurs dénoncent, à savoir la manipulation.

Après une bonne accroche compassionnelle, elle se livre à une interprétation de faits pour arriver à cette conclusion : œuvrons tous ensemble pour que nos enfants apprennent à lire, à écrire, à compter, à calculer.

 

Parmi quelques dizaines d’autres, je fais cette réserve : les (ou la, si on la considère comme une science) mathématiques ne servent pas uniquement à compter et à calculer, elles sont aussi « utiles » pour apprendre à REFLECHIR, à RAISONNER.

 

Quand on ne sait que calculer, on divise le nombre d’enfants (12 000 000) par celui de professeurs (852 000) et on obtient une moyenne : 14 élèves par professeur, sous -entendu 14 élèves par classe.

Quand on réfléchit un peu, on sait qu’en collège, lycée et faculté, dans une même classe interviennent plusieurs professeurs.

Prenons comme base minimale 8 professeurs qui interviennent dans 4 classes de 28 élèves de votre collège.

SOS Education qui ne sait que calculer dit haut et fort que l’on a une moyenne de 14 élèves par professeur et pourtant, votre enfant est dans une classe de 28.

Suivons les préconisations de SOS Education, supprimons le poste de professeur de seconde langue : cela ne fera encore qu’une moyenne de 16 enfants par professeur. Votre enfant sera toujours dans une classe à 28 et ne fera plus d’espagnol par exemple.

Maintenant, supprimons encore un poste, celui du professeur d’EPS par exemple. La moyenne, selon SOS Education, sera de 18.6 élèves par professeur. Mais votre enfant sera toujours dans une classe de 28 sans professeur d’espagnol ni professeur d’EPS.

Pour arriver à un taux d’encadrement acceptable de 22,4, on devrait pouvoir supprimer un poste, celui d’histoire par exemple. Mais votre enfant sera toujours dans une classe de 28 sans cours d’espagnol, d’histoire et d’EPS.  Mais, il est vrai, que l’on peut très bien vivre sans parler l’espagnol, sans connaître l’histoire de son pays, de l’Europe et du monde et sans faire de sports à l’école.

 

D’autre part, se contenter du « calcul » de SOS Education, c’est nier, dans l’acte d’enseignement et dans la prise en charge de tous les enfants, l’implication, entre autres, des conseillers pédagogiques, des RASED (psychologues scolaires, maîtres spécialisés,…) qui aident (pardon,…qui aidaient) à la prise en charge des enfants en difficultés, …

 

C’est au nom d’un tel argument aussi fallacieux que tendancieux : « 1 enseignant, 1 classe » que :

-          On a supprimé les postes d’enseignants qui travaillent avec les enfants hospitalisés pour un séjour de longue durée afin que ces derniers ne soient pas déscolarisés,

-          On a supprimé les enseignants qui travaillent dans les Centre Médico Psychopédagogique, qui reçoivent des enfants en mal être,

-          On a supprimé les enseignants qui travaillent dans des Centres d’Accueil de classes transplantées (et là, si j’applique la même méthode que SOS Education, cet enseignant reçoit au minimum 10 000 enfants par an soit une moyenne de 52 enfants par journée scolaire ouvrée.)

-          On a supprimé les postes de psychologues scolaires et d’enseignants spécialisés qui travaillent avec des enfants en difficultés scolaires au niveau de l’école élémentaire.

-          On a supprimé les postes de Conseillers pédagogiques en musique, en dessin, en EPS,… qui assuraient, sur le terrain, la formation des maîtres.

-          On a supprimé les postes d’enseignants-remplaçants.

-          -…

Usant de la même rhétorique que celle employée par SOS Education, interrogeons-nous :

                -Pourquoi les enfants hospitalisés en séjour longue durée n’ont-ils plus droit à une scolarité normale ?

                - Pourquoi les enfants en mal-être n’ont-ils plus droit à un suivi adapté dans des Centres Médicopédagogiques dont l’efficacité est reconnue par tous ?

                - Pourquoi les enfants accueillis en centre de classes transplantées n’ont-ils plus droit à la compétence d’un enseignant qui, de par son expérience, assurait, entre autres, le lien pédagogique avec l’institution ?

                - Pourquoi les enfants en difficultés scolaires n’ont-ils plus droit à une prise en charge par des personnels spécialisés de proximité dont l’action permettait de diminuer significativement l’échec scolaire ?

                - Pourquoi les enfants de l’Ecole de la République n’ont-ils plus droit à une éducation aux arts encadrée par des pédagogues à la compétence reconnue ?

                - Pourquoi votre enfant subit-il le non remplacement de son enseignant malade ?

                - Pourquoi   …. ?

 

Et je n’évoque pas la médecine scolaire qui a pratiquement disparu.

 

                Quant aux personnels administratifs, supprimons les secrétaires des collèges, lycées, facultés, supprimons les économes, supprimons les comptables, supprimons tout ce qui fait « tourner la boutique » et donnons ces tâches à des officines privées.

 

                Pour les heures dites « syndicales », elles sont encadrées par la loi votée par les parlementaires. D’ailleurs, certains groupuscules syndicaux se mouvant dans l’ombre de SOS Education ne bénéficieraient-ils pas des mêmes « privilèges » ?

 

                L’avenir de l’Ecole Publique comme celui de la Santé et d’autres services publics dépend d’une volonté et d’un choix politiques et SOS Education vous a présenté les siens.

 

                Vous avez été ou vous allez être fascinés par ce que, avec beaucoup de « calcul », SOS Education vous a concocté.

 

Pour mieux connaître cette association et les buts qu’elle poursuit,

prenez

quelques minutes pour lire les pages 48, 49, 50, 51 et 52 de l’ouvrage « Main Basse sur l’école Publique » de Eddy KHALDI et Muriel FITOUSSI (Edition Demopolis), 20€, dans toutes les bonnes librairies.

 

Article Libé.fr

SOS Education, attention danger

L’association dissimule ses liens avec les officines ultralibérales.

Par NIEPCE Airelle DAVIDENKOFF Emmanuel

 

Sur l’enveloppe, la mention «SOS Education». En dessous : «L’Ecole est en train de mettre en péril l’avenir de milliers d’enfants : IL FAUT AGIR VITE !» Cette enveloppe, plusieurs centaines d’enseignants l’ont reçue, à leur adresse personnelle, notamment dans l’Hérault, la Charente-Maritime, l’Eure-et-Loir, la Lozère et le Doubs. Les envois ont commencé il y a plusieurs mois. A l’intérieur, un courrier signé Martine Duverger, secrétaire générale de SOS Education. «J’ai besoin de votre opinion (votre souligné, ndlr) sur ce que je crois être la pire catastrophe qui menace notre pays (…) : la crise dramatique qui frappe l’Education nationale et, avec elle, toute une partie de notre jeunesse.» Suit un constat au vitriol sur les raisons pour lesquelles «l’avenir de millions d’enfants est aujourd’hui gravement compromis», comportant une violente charge contre les syndicats, qui «font la loi» à l’Education nationale. Le courrier appelle à un «référendum national sur l’école» et «à rejoindre SOS Education, une association totalement indépendante». Il est également précisé que l’association est déclarée «d’intérêt général» (1).

Duperie. Une présentation de l’association, disponible sur le web (2), est jointe. Ainsi que le n° 3 du bulletin de liaison. Titre en première page : «Le ministre délégué Xavier Darcos s’explique devant SOS Education.» Plus bas, la photo d’un jeune homme, visage tourné vers Xavier Darcos : «Vincent Laarman et Xavier Darcos : la voix des parents enfin entendue par l’Education nationale.»

Or l’association, en tant que telle, n’a jamais rencontré Xavier Darcos. La photo a été prise fin novembre lors d’un petit-déjeuner du Club Concorde, un think tank fondé par Jérôme Monod. Rendez-vous fut bien pris avec deux membres du cabinet du ministre délégué à l’Enseignement scolaire, mais pas avec ce dernier. L’un d’eux se souvient avoir reçu des représentants de SOS Education le 14 janvier : «Je me suis fait traiter de gauchiste pour la première fois de ma vie ! Ils m’ont insulté pendant une heure, m’ont accusé d’être un collabo des syndicats.» Deux mois plus tard, le même conseiller a la surprise de recevoir un courrier très cordial faisant état «de l’accueil et de l’intérêt [qu'il a] manifesté pour SOS Education».

Nébuleuse. L’ association est indépendante au plan légal, mais pas neutre au plan politique : elle se rattache à une nébuleuse parfaitement identifiée. On la retrouve sur le site Internet conscience-politique.org pour lequel elle a réalisé l’analyse d’un manuel d’histoire jugé trop complaisant sur les morts du communisme. Que trouve-t-on sur ce site ? Des références aux ultralibéraux tendance Reagan, aux mouvements antiavortement et à la mouvance des évangélistes américains, le tout nimbé d’une proximité assumée avec l’extrême droite. Et des références appuyées à Claude Reichman, seule «personnalité politique» dont le site Internet est recommandé.

Ce dernier n’est pas un inconnu, et c’est bien le mouvement qu’il tente de fédérer qui inspire directement SOS Education. Il se présente comme «ancien candidat à l’élection présidentielle de 2002», à laquelle il n’a pas concouru, faute de signatures suffisantes. Reichman a néanmoins créé un «cabinet fantôme» à la mode anglaise. Avec un «ministre de l’Instruction publique et de la Civilisation» (l’universitaire Guy Millières). En matière d’éducation, le programme présente des parentés avec ceux du FN et surtout du MNR de Bruno Mégret, mais il se rattache surtout aux idées défendues par Charles Millon, ex-président de la région Rhône-Alpes élu avec les voix du FN. Un autre site assure la promotion de Claude Reichman : les4vérités.com, qui renvoie dans sa rubrique «Partenaires» aux sites de National hebdo et de Présent. Elle incite à ne pas manquer l’émission de Reichman sur Radio Courtoisie. les4vérités.com sont publiées par l’ancien journaliste Alain Dumait, qui a successivement travaillé, entre 1970 et 1979, à Valeurs actuelles, au Figaro, à France-Soir, à Antenne 2 et à l’Express avant de créer «Contribuables associés», association violemment anti-service public. Adjoint d’Alain Dumait est François Laarman, impliqué dans des actions de lobbying pour la défense du libéralisme, des consommateurs et des contribuables.

Or, la famille Laarman est intimement liée à SOS Education. Isabelle, 25 ans, nièce de François, était dans la délégation de SOS Education qui a été reçue au ministère. Ainsi que Vincent, son frère, qui apparaît sur la photo aux côtés de Xavier Darcos. Par ailleurs, Isabelle résidait encore fin 2002 dans le XVe arrondissement de Paris, dans le logement qui a servi de premier siège social à SOS Education. Enfin, Vincent Laarman est présenté comme un des correspondants de l’organisation américaine The Separation of School and State Alliance (Alliance pour la séparation de l’école et de l’Etat). Cette dernière ne réclame rien moins que le renvoi complet de l’éducation à la sphère privée.

Concordance. Cette offensive de lobbying venant des ultralibéraux a inquiété l’Unsa- Education. Le syndicat relève en effet une troublante concordance entre les annonces de Raffarin en matière de décentralisation ou d’autonomie des établissements et certains points du «programme» de SOS Education. Idem de la tonalité générale des discours de l’Education nationale depuis huit mois sur une école qui serait «en panne» et manquerait «d’efficacité». Pour autant, les réseaux libéraux qui s’étaient structurés voici dix ans à l’Education nationale, et dont Xavier Darcos était un des animateurs, semblent étrangers à la nébuleuse dans laquelle s’inscrit SOS Education. A ce jour, l’association, qui revendique entre 18 000 et 20 000 adhérents, n’a pas répondu à nos questions.

(1) Disposition fiscale qui n’implique aucun contrôle a priori. Cette mention n’a rien à voir avec la déclaration dite «d’utilité publique».

(2) www.soseducation.com

 

Article Le Monde.fr

L’ultra-vérité sur SOS-Education (1)

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Mon billet récent sur la bande dessinée de SOS-Education présentant Philippe Meirieu comme l’homme qui détruit les cathédrales au Bulldozer, me fournit une occasion – derrière le titre ci-dessus, délibérément racoleur - de faire le point sur cette association, à laquelle j’ai consacré plusieurs articles ces dernières années dans feu Le Monde de l’Education puis dans Le Monde.SOS-Education est une association libérale. Je pourrais tout de suite écrire « ultralibérale », ce ne serait pas faux, cela fait toujours plaisir et permet de communier entre amis, mais j’appuie sur le frein. Pourquoi ? Parce que cet adjectif une fois écrit, le propos est fermé. Il n’y a plus rien à ajouter, rien à comprendre, rien à argumenter, et chacun peut même se dispenser de combattre intellectuellement et sur le terrain de l’opinion les idées ainsi désignées.

Les responsables de SOS-Education se considèrent comme libéraux. C’est même la seule étiquette qu’ils ne récusent pas pour eux-mêmes, ce qui permet de relativiser leur affirmation selon laquelle cette association fondée par un groupe de parents « préoccupés par l’instruction de leurs enfants » est « rigoureusement indépendante de toute formation politique, syndicale ou professionnelle ».

Un ensemble sans frontières précises

L’indépendance à l’égard de toute « formation » n’est pas l’indépendance à l’égard de tout courant d’idées. Dans la mouvance ult… pardon, libérale, SOS-Education voisine avec une pléiade d’associations proches ou sœurs. Elle partage avec certaines des thèmes de campagne, une population cible, un style de présentation, ainsi que des méthodes de prospection et de levée de fonds identiques à celles du marketing direct, comme le publipostage (les « mailings » et autres « référendums »).

Cet ensemble d’associations aux nombreux traits communs est souvent présenté comme une « nébuleuse » car aucune structure fédératrice n’existe qui permettrait d’officialiser leurs liens. Des relations entre elles sont parfois étayées – qu’elles se déclarent amies, partagent une même adresse ou aient en commun certains responsables - mais rien ne vient véritablement coiffer l’ensemble, qui n’a pas de frontières précises. De nouvelles associations, sur de nouveaux thèmes, y apparaissent de temps à autre.

Par ailleurs, rien ne prouve que l’engagement dans l’une de ces associations implique d’être forcément sympathisant de toutes les autres. Sous toutes les réserves qui précèdent, on peut relever dans l’apparente proximité de SOS-Education, mais sans que soit établie une échelle précise de cette proximité et sans non plus viser l’exhaustivité, les associations suivantes :

« Contribuables associés » (mobilisée contre « l’oppression fiscale »… et la suppression de l’ISF) ; « Avenir de la culture » (qui dénonce la pornographie) ; l’« Institut pour la justice » (qui s’en prend au « laxisme » judiciaire) ; « Sauvegarde retraites » (pour la fin des régimes spéciaux) ; « Créer son école » (qui appuie la création d’écoles hors contrat) ; « Droit de naître » (contre l’avortement)… Ces trois derniers exemples - retraites, création d’écoles, IVG -, montrent bien la diversité des configurations possibles : on peut être engagé dans l’une de ces causes sans épouser les deux autres.

La référence libérale

Si l’on élargit le cercle au-delà des structures fonctionnant selon les principes du marketing direct, il conviendrait alors d’y intégrer des dizaines d’autres, dont le point commun reste la référence libérale. Certaines sont des pôles de rassemblement, plus ou moins actifs selon les périodes, comme « Liberté chérie ». Se présentant comme « une jeune association libérale militante qui entend faire évoluer notre vieux pays », celle-ci avait organisé en 2003 une manifestation contre les grèves.

«Liberté chérie revendique (ou revendiquait, car je ne sais pas où en sont aujourd’hui certaines de ces associations) de nombreux partenaires: «Contribuables associés» et «Créer son école», déjà citées, mais aussi les «Cercles libéraux» (créés par Alain Madelin, mais qui ont cessé toute activité depuis l’élection présidentielle de 2007), l’ALEPS (Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social), l’IFRAP (Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques publiques) et l’Institut Turgot.

Je m’arrête un instant sur ces trois dernières. L’ALEPS est animée par l’économiste Jacques Garello, «en rupture avec la pensée unique» et qui tient une chronique mensuelle sur Radio Courtoisie («La radio libre du pays réel»). Pour qui ne la connaîtrait pas, cette radio est un point de rencontre de la droite de la droite, dans toutes ses composantes et sans autre limite apparente que celle de la légalité. Sans la réduire à cela, ses critères de respectabilité très généreux lui font faire une place aux nostalgiques du maréchal.

Pour le « pluralisme scolaire »

L’IFRAP se présente comme «le think-tank de la société civile» et «un des premiers laboratoires d’idées français». Surprise: l’IFRAP est devenu, en novembre 2009, la «fondation IFRAP», reconnue d’utilité publique par décret signé du premier ministre et du ministre de l’intérieur… Sa vocation affirmée à «effectuer des études et des recherches scientifiques» a quelque chose d’étonnant. Un peu comme si, à l’extrême opposé, Lutte Ouvrière fondait un «institut d’observationdes entreprises» et prétendait en faire reconnaître le caractère scientifique.

Enfin, l’Institut Turgot, fondé à Bruxelles en 1990 pour promouvoir «les avantages de la liberté personnelle et des idées libérales», est présidé par Guy Millière, néo-conservateur français ayant soutenu en 2003 l’invasion de l’Irak, ce pays où il fait aujourd’hui si bon vivre et jouir de la liberté personnelle. Dans la liste des membres du conseil scientifique de cet institut figure – c’est là où je voulais en venir – un nom cher à SOS-Education: celui de Philippe Nemo.

Non que cet intellectuel libéral, ex-«nouveau philosophe», en soit le créateur. Mais il en est l’ami et la «référence assumée», selon, l’expression d’un responsable de l’association. Grand spécialiste français de Friedrich Hayek, auteur notamment de «Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry» (1991) et «Le Chaos pédagogique» (1993), maître de conférences à HEC, enseignant à l’ESCP-EAP (Sup de Co Paris), Philippe Nemo fait partie de ceux qui pensent que l’effondrement du système éducatif français prend sa source «collectiviste» au plan Langevin-Wallon de 1947.

Sur le site de l’association, il ne faut pas chercher longtemps pour trouver son manifeste «Pour le pluralisme scolaire». Philippe Nemo y propose de rompre avec un système «soviétiforme»: il préconise «que la collectivité finance l’enseignement», en fonction d’un «cahier des charges national», mais «que la prestation d’enseignement soit asssurée par des écoles indépendantes». C’est la fameuse proposition du «chèque éducation: au lieu que l’Etat subventionne directement les établissements scolaires, les parents reçoivent un chèque pour payer la scolarité de leurs enfants.

A ce sujet, Vincent Laarman, le délégué général de SOS-Education, que j’avais rencontré en 2006 pour mes articles sur l’association, dément formellement être, comme cela a été écrit ça et là, le correspondant de l’association américaine «Alliance for separation of school and state»: «C’est absurde. Nous, nous sommes pour un financement public de l’éducation». A l’occasion de cette enquête, j’avais constaté le refus par cette association américaine du système du voucher (chèque éducation) au motif que «celui qui vient toucher le chèque, l’Etat lui passe les menottes».

Comme quoi, il y a toujours encore plus libéral que ceux qui se désignent ainsi.

A suivre.

Luc Cédelle

PS. Je fais une petite pause dans la série «mystères de la mastérisation», mais je répète qu’elle n’est pas terminée.  

 



Journée nationale d’action interprofessionnelle le mardi 11 octobre 2011

Communiqué CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires
Montreuil, le 1er septembre 2011

Le gouvernement a annoncé le 24 août des mesures censées réduire « le déficit de la France ». Les organisations syndicales CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires en dénoncent le caractère injuste et inéquitable. La facture est principalement supportée par les salariés et les consommateurs. Le gouvernement ne remet pas en cause les niches fiscales dont on sait qu’elles n’ont aucune efficacité économique et sociale. La contribution des plus hauts revenus reste symbolique et n’est pas de nature à réduire les inégalités . Pour relancer la croissance, en respectant les impératifs de développement durable, réduire les inégalités et maîtriser les déficits, une politique visant une autre répartition des richesses et favorisant le développement économique et social est incontournable. Cela suppose des réformes structurelles importantes comme une réforme globale de la fiscalité intégrant une plus grande progressivité, une politique industrielle coordonnée au niveau européen, des services publics de qualité.

Cela appelle aussi des mesures urgentes :

  • Abandonner la taxation des complémentaires santé ; supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires ; conditionner toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises.
  • Mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières.
  • Faire de l’emploi, en particulier celui des jeunes, une priorité. Stopper les suppressions d’emplois dans la Fonction publique.
  • Soutenir le pouvoir d’achat notamment des plus bas revenus et réouvrir les négociations salariales dans les entreprises et la Fonction publique pour réduire les inégalités notamment entre les femmes et les hommes.

Les organisations syndicales estiment indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement, le patronat, les débats parlementaires en cours et à venir.

Elles décident d’une journée nationale d’action interprofessionnelle le mardi 11 octobre 2011. Partout, le débat sur le contexte, les enjeux et les modalités (manifestations, rassemblements, arrêts de travail, etc.) est nécessaire pour construire cette journée. Les organisations se retrouveront le 15 septembre 2011.



Grève du 11 octobre au lycée Charles Gide

le 11 octobre: un contexte intersyndical compliqué

pour info :

- Demain, tous les surveillants et la vie scolaire sont en grève (service de jour et de nuit).

- Les services de transports réguliers et scolaires seront  perturbés le mardi 11 octobre prochain, en raison d’un mouvement social national, interprofessionnel d’actions et de manifestations.
Pour connaître l’ensemble des services qui seront assurés le mardi 11 octobre, vous pouvez consulter le site internet (ci-dessous) ou prendre directement contact avec un conseiller clientèle EDGARD au 0810.33.42.73 (prix d’un appel local) à compter du lundi 10 octobre.
voir le site d’EdGard : http://www.edgard-transport.fr/evenement/?rub_code=3&thm_id=5&evn_id=105

- La lutte des personnels de l’éducation pour une autre politique trouve aussi sa place dans l’appel interprofessionnel à la journée d’action du 11 Octobre. En effet, cette journée a pour but de s’opposer aux mesures censées réduire le déficit de la France: la facture sera encore portée par les salariés et les consommateurs (voir  le communiqué commun)

- La FSU nationale qui, portait la demande d’une grève interprofessionnelle, n’a pas eu gain de cause lors des réunions intersyndicales.
Dans ce contexte, la FSU du Gard, ne pouvant appeler seule à la grève pour une journée d’action interprofessionnelle  et ne disposant d’aucune autre alternative telle que RTT comme d’autres salariés, décide de maintenir son appel à participer le plus massivement possible à la manifestation à 15h à Nîmes. Elle a par ailleurs déposé un préavis de grève pour en favoriser le succès.

- Le SNES Gard entend prendre toute sa place dans cette journée d’action et de revendications et appelle les personnels à venir nombreux à la manifestation.



Enseignement : Crise de recrutement confirmée

Article du café pédagogique

C’est confirmé : depuis la masterisation le métier d’enseignant n’attire plus. Les chiffres des candidats présents aux épreuves du concours de professeur des écoles montrent que le déclin du recrutement n’est en rien enrayé. Comment sortir de l’impasse ?

 

Selon le ministère, seulement 18 734 candidats se sont présentés aux épreuves de professeurs des écoles. C’est a peu près le même nombre qu’au concours 2011 où 18 136 candidats ont concouru. Mais avec une grosse différence : le concours 2011 offrait 3 000 postes. Il y en 5 000 au concours 2012. Le quasi doublement du nombre de postes offert n’a strictement rien changé au nombre de candidats. L’argument mis en avant par Luc Chatel, selon lequel le faible nombre de 2011 s’expliquait par la situation exceptionnelle de la fin 2010 avec deux concours de recrutement, est invalidé. On est bien devant un désintérêt envers le métier d’enseignant depuis la mise en place de la masterisation. Quelques chiffres illustrent le problème : en 2004 au même concours il y avait 61 307 candidats. Ils étaient 49 644 à la session 2007 et encore 34 952 avec la session 2010, dernière année de l’ancien système.

 

Pour le Snuipp, « les nouvelles modalités d’accès au métier, des contenus de formation trop peu professionnalisants et des perspectives de rémunération bien en deçà de celles de nos voisins européens découragent des vocations pourtant bien réelles ». POur le syndicat il faudrait un système de pré-recrutement dès la licence avec des aides financières ainsi qu’une réforme de la formation.

 

Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa, pose trois facteurs pour expliquer ce déclin : « rémunération insuffisante, formation professionnelle détruite, conditions de travail dégradées ». Pour le Se-Unsa ce sont « autant de repoussoirs pour des étudiants mastérisés ». La mastérisation « distille sa nocivité » et le Se-Unsa demande « des modules de préprofessionnalisation en licence, des aides financières et une réelle formation professionnelle ».

 

Comment sortir de cette situation ? Il serait politiquement et « syndicalement » coûteux pour le gouvernement d’abandonner la masterisation. En même temps la revalorisation des salaires pour les hisser à un niveau compatible avec les souhaits des étudiants en master semble impossible. L’évolution de la formation est elle-même quasi infaisable depuis que le gouvernement l’a confiée à des universités autonomes. C’est l’impasse ?

Communiqué Se-Unsa

Communiqué Snuipp

Peut- on sauver la masterisation

 



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