Pour manifester notre solidarité avec nos collègues de Béziers au lycée Charles Gide

Pour manifester notre solidarité avec nos collègues de Béziers, après le drame du Lycée Jean Moulin, nous avons demandé au chef d’établissement de pouvoir nous rassembler

Jeudi   20 octobre à   11h30

Nous voudrions  profiter de ce temps pour évoquer  ce qui fragilise aujourd’hui les personnels de l’Education Nationale, nationalement et localement.

Afin de toucher le plus grand nombre ce moment de « libération de la parole » se fera jeudi matin dans notre établissement (et non pas mercredi).

Nous tenterons d’aborder un sujet qui est trop souvent occulté dans notre profession : le mal-être au travail.

Merci  de faire noter aux élèves qu’ils sont  susceptibles d’être libérés à 11h30 au lieu de 12h le jeudi 20 octobre.

Un collectif de collègues solidaires

 

Compléments d’infos : un dossier du café pédagogique :

Suicide de Béziers : Les enseignants optent pour la décence

Pour manifester notre solidarité avec nos collègues de Béziers au lycée Charles Gide dans Association de Professeurs cla10Suite au suicide spectaculaire de Lise B. au lycée Moulin de Béziers, des syndicats appellent à des actions cette semaine. Ainsi le Se-Unsa appelle à  un moment de recueillement mais aussi de revendication mardi à 14 h. Le Snes a opté pour une minute de silence et une réunion en salle des profs  mercredi matin pour exiger une demi journée banalisée de concertation dans quelques semaines.

 

Ces initiatives font référence aux décisions prises au lycée J Moulin de Béziers. A vrai dire, sur Internet, plusieurs messages circulent en se présentant comme émanant de l’assemblée générale de ce lycée. En réalité le lycée a connu lundi un vaste sit-in. Mardi à 14h une marche blanche est organisée ainsi qu’une AG le matin. Il a été décidé de reprendre les élèves en classe mercredi matin pour un temps de dialogue avec eux avant une seconde marche à 15h vers le rectorat. Le lycée discute encore d’une éventuelle action jeudi à 10h. L’AG n’a donc pas appelé à une minute de silence nationale mercredi. Dans le département de l’Hérault le ressenti est très fort et des actions sont prévues dans les établissements. Ainsi à Pézenas, au lycée, une heure de cours est banalisée ce matin et le lycée s’associera à la marche académique mercredi.

 

En dehors de l’académie, vos messages nous apprennent que dans la très grande majorité des établissements rien n’a encore été décidé. Vous manifestez votre solidarité avec l’enseignante décédée et votre envie de vous exprimer sur les difficultés du métier. Mais le souci dominant est de refuser le surplus d’émotion et l’instrumentalisation. C’est la volonté de décence qui va guider le choix des enseignants mardi et mercredi. Enfin nous recevons aussi des témoignages de personnes mises en danger par l’administration, par exemple des personnes malades détachées que l’on décide de réaffecter devant les élèves alors qu’elles ne sont plus capables d’affronter les classes.

 

Tous les syndicats n’appellent pas à un mouvement. Ainsi, pour Thierry Cadart, secrétaire générale du Sgen Cfdt, le syndicat tiendra compte de la demande ou non d’un mouvement national par l’assemblée générale du lycée J Moulin de Béziers. Dans l’immédiat il craint la récupération de l’émotion suscitée par ce suicide. Il dénonce « la deshumanisation de la gestion des personnels et el manque de démocratie sociale » et demande que « toutes les dimensions de ce drame humain soient analysées ».

Appel du Snes

Appel Se-unsa

 

 

L’Éditorial de Monique Royer

 

Le silence et l’oubli

 

Il y a des drames inconcevables dont on recherche désespérément le sens. Ne rien dire est-ce l’ignorer, en parler est-ce en dire trop, risquer l’indécence ? Lise, enseignante de mathématiques, s’est immolée dans l’enceinte de son lycée de Béziers et l’on reste sans voix. Dans la presse  sont distillées des informations personnelles, femme fragile peut-être mais nous qui vivons dans l’école savons que l’acte tient dans sa dimension dramatique les stigmates d’un sens perdu, d’une dimension de plus en plus oubliée, celle du genre humain.

 

Dans le chapelet des nouvelles s’égrènent les signes d’une époque en devenir, des graines  de couleur, des graines grises, des graines sombres, des souffles nouveaux  nés du  refus, des élans citoyens, une justice qui se met en marche même envers le pouvoir, des gestes désespérés aussi. Relier les uns aux autres serait déjà trouver un sens, trouver une logique dans un monde en désordre, tisser des fils entre des réalités empreintes de différences ; expliquer de façon rationnelle pour trouver à l’évènement un éclairage tamisé.

 

L école n’est plus un sanctuaire, elle vit de plein fouet le délitement économique, social. Elle doit poursuivre vaille que vaille sa mission éducative entre pression et dévalorisation, entre engagement et respect des consignes. Les fragilités se révèlent comme dans tant d’autres métiers où le sens s’efface, constat macabre trop vite classé dans le fourre-tout des drames individuels. L’histoire de Lise nous restera mystérieuse et nous devons le doigt sur la bouche respecter la sphère de l’intime.

 

Nous ne pouvons pour autant fermer les yeux devant la difficulté que certains éprouvent à exercer le métier d’enseigner. Quelle issue, quel avenir pour ceux pour qui la classe est devenue un lieu impossible à vivre sereinement, ceux que gagne l’angoisse au moment de franchir le seuil ?

 

Si le silence s’impose en minutes, en manifestations dignes pour ne pas laisser dans l’indifférence l’issue désespérée de la vie d’une enseignante, il ne doit pas recouvrir de son voile la souffrance au travail dans l’école. Demain, après demain des hommages seront rendus à Lise, à Béziers, à Montpellier et dans toute la France. Après l’émotion, ne laissons pas l’oubli recouvrir hâtivement d’un voile le malaise enseignant.

 

Monique Royer

 

Philippe Tournier (SNPDEN) : « On a acquis des directeurs des relations humaines mais ils n’ont pas de réponses à ce type de situation » 

Secrétaire général du principal syndicat de chefs d’établissement (le SNPDEN), Philippe Tournier met en cause les restrictions budgétaires dans le drame de Béziers. Pour lui l’Education nationale n’a plus les moyens de gérer les personnes fragiles.

Avez-vous une idée de ce qui va se passer mardi et mercredi dans les établissements ?

18tournier dans Infos lycée Charles GideOn est dans l’inconnu sur ce qui va se passer. Jusque là les minutes de silence n’ont pas toujours été très suivies. De toutes façons, je ne suis pas sûr que cela donne la dignité que l’on attend.

Comment expliquez-vous ce drame ?

C’est un drame qui , hélas, n’est pas isolé. Il y a eu d’autres suicides de personnels d’éducation ou d’élèves depuis le début de l’année. Mais il a une dimension très spectaculaire. Et le climat électoral ne va pas dans le sens de la décence nécessaire.

Sur le fond, cela renvoie à la difficulté que rencontrent maintenant les chefs d’établissement face aux personnes en grande difficulté. Il y a dix ans, les personnes fragiles étaient prises en charge sur des postes particuliers. Par exemple on les inscrivait comme TZR en leur demandant très peu de remplacements. Il y avait des dispositifs d’accompagnement dans la vie professionnelle. On ne mettait pas devant les élèves ces personnes.

Tout cela a disparu. Aujourd’hui la logique c’est que chaque enseignant doit être devant des élèves. Du coup, les établissements n’ont plus le choix. Ils sont amenés à envoyer en classe des personnes qui ne peuvent pas faire classe. En dix ans on a acquis des directeurs des relations humaines mais ils n’ont pas de réponses à ce type de situation. Tout simplement  parce que cela a un coût.

Cela remet-il en cause l’accompagnement médical des enseignants ?

C’est simple : il n’y a aucun accompagnement médical. Il faut que ce soit grave pour qu’un établissement alerte un médecin conseil et que l’enseignant rencontre quelqu’un. Ce qui n’est pas traité c’est le mal être ordinaire d’une grande partie des personnels. On n’a pas de possibilité d’adaptation modulaire aux interventions devant les élèves. Sur ce terrain on est moins bien outillé qu’il y a 10 ans.

Enseignant c’est un métier à risque ?

Sur un million de personnes, il y a bien sûr des gens fragiles. Mais les statistiques ont montré il y a déjà longtemps que le taux de suicide est plus élevé chez les enseignants. Ils connaissent un haut niveau de stress. Mais il faut ajouter que ce niveau est partagé avec les élèves. L’école française a un niveau de stress comparable à celui de pays du sud-est asiatique. Sur ce plan l’école française est très différente de celles de nos voisins. Il y a une dizaine d’années on a découvert cette réalité. Et le ministère a immédiatement mis cette information sous le coude. Depuis cela n’a pas été traité. Parce que cela interroge le fonctionnement du système, ce que font les enseignants, les pressions sur eux et sur les élèves. Les organisations qui disent que la solution c’est de  revenir au bon vieux temps ne feraient qu’aggraver les choses.

Propos recueillis par François Jarraud

 

Frédérique Rolet : « Il faut une forme de libération de la parole sur la souffrance au travail » 

Co-secrétaire générale du Snes, premier syndicat du secondaire, Frédérique Rolet revient sur les raisons de l’appel de son organisation à un moment de recueillement mercredi matin. Soucieuse d’échapper au risque de récupération d’un drame qui est aussi personnel, elle attire l’attention sur la nécessité de prendre la parole sur les difficultés du métier d’enseignant.

Le Snes avait d’abord publié un communiqué appelant à une demi-journée banalisée après les vacances. Le 17 un nouveau communiqué invite les enseignants dans toute la France à se recueillir mercredi 19 au matin. Pourquoi ce changement ?

18F_RoletOn a reçu de nombreuses réactions de collègues qui voulaient manifester leur solidarité avec leur collègue, comme on peut le faire dans d’autres corps. Des enseignants voulaient aussi que l’on parle de la perte de sens dans ce métier, des difficultés au travail, de la pression hiérarchique. On a pris contact avec les sections des établissements et on a cadré notre action nationale sur la marche blanche organisée dans l’académie de Montpellier.

Mais on reste prudent. On est conscient qu’un suicide a toujours de nombreuses causes même quand la victime choisit le lieu de travail. On ne veut pas exploiter un drame qui a aussi une dimension privée. Mais il nous semble qu’il faut une forme de libération de la parole sur la souffrance au travail. On déplore que d’autres fassent de la surenchère. Contrairement à ce qui a été écrit, par exemple, la collège était suivie.

On maintient notre mot d’ordre d’une demi-journée banalisée pour débattre des réalités du métier après les vacances de la Toussaint.

Les enseignants sont-ils particulièrement fragiles ?

Quand on fait des réformes et qu’on n’écoute pas les enseignants, qu’on nie leur professionnalisme, on les fragilise. Quand on multiplie les enseignants à cheval sur plusieurs établissements, ou avec des emplois du temps éclatés, on ne favorise pas le travail collectif, dont on nous parle tant par ailleurs. De fait les enseignants ont de moins en moins de lieux d’échange.

Faudrait-il un meilleur suivi médical des enseignants?

Il est vrai que le ministère a du mal à recruter des médecins. Il faudrait quand même développer le nombre de médecins du travail et de psychologues pour que les enseignants aient un interlocuteur à qui confier leurs difficultés qui ne soit pas le chef d’établissement.

Propos recueillis par François Jarraud

 

 

 

 



Jusqu’où la mauvaise foi peut-elle aller ? Nous sommes consternés et en colère, mais cela ne changera rien…

Suite à notre lettre à M Chapon, Maire d’Uzès voici sa réponse par presse interposée.

Article du Midi Libre.

Enseignement: réactions au lycée Charles-Gide

lycée

Dans Midi Libre du 29 septembre, Jean-Luc Chapon, maire d’Uzès, répondant à la FSU, avait expliqué à la population de l’Uzège que rien n’était de son ressort au sujet du lycée Gide : « Il m’a effectivement été demandé d’aménager un espace d’accueil devant l’entrée du lycée, alors que sa cour est occupée par des préfabriqués. La Région possède l’ancienne gendarmerie située en face, où il lui serait possible de trouver une solution à cet encombrement de la cour… Nous voulons vendre à la Région le centre d’accueil qui accueille l’internat et qui, à terme, deviendra salles de classe. Si la Région qui en est actuellement locataire ne répond pas à notre proposition, nous nous tournerons vers un privé. » Le SNES du lycée Gide et la FSU de l’Uzège, disent leur incompréhension dans un longue lettre ouverte dont voici quelques extraits.

Au sujet de la sécurité : « Les 875 élèves qui arrivent chaque matin au lycée, doivent évoluer sur la place Bosc  entre les véhicules en stationnement et les véhicules en circulation.  Alors que le plan Vigipirate, toujours en vigueur, impose de libérer l’espace devant le lycée, les voitures occupent les deux côtés du portail et sont de part et d’autre de la rue. Le maire, la question de l’accès à l’établissement relève de votre compétence et l’encombrement des cours par les préfabriqués ne saurait constituer un argument pour botter en touche. »

Au sujet du plan de restructuration : « Qui contesterait à Uzès que les deux lycées soient un atout pour la ville, un facteur de dynamisme aujourd’hui et un gage d’avenir. Or, ces deux établissements sont arrivés à une étape charnière quant à leurs capacités d’accueil. Le lycée Guynemer ne parvient pas à loger tous ses internes, le lycée Gide manque de salles de cours et d’espaces de vie scolaire. Il est plus que temps d’investir dans les bâtiments. »

Concernant le centre d’accueil : « La vente à un promoteur privé du  centre d’accueil  condamnerait toute évolution et restructuration du lycée Gide.

Jean-Luc Chapon confirme sa position : « Le stationnement autour du lycée est destiné essentiellement aux professeurs et à certains lycéens qui disposent à proximité, place du Souvenir-Français d’un vaste parking toujours vide. A eux de l’utiliser pour que les places de stationnement actuelles puissent être supprimées. Le plan de restructuration actuellement envisagé, mais pas encore précisé par la Région n’est possible que parce que la ville d’Uzès a construit une nouvelle gendarmerie , libérant les anciens locaux qu’à mon initiative, le Département a cédé à la Région. Enfin concernant le centre d’accueil, il a été construit par la ville pour donner aux internes un lieu plus convivial que ce qui existait alors. Dans son plan de restructuration, la Région, actuellement locataire de la structure, doit préciser si elle compte s’en porter acquéreur, car il n’est pas question que la ville d’Uzès effectue les travaux qui  s’avèrent nécessaires dans ce bâtiment. »

 



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