Elections professionnelles dans l’éducation nationale : une chute historique de la participation

LEMONDE.FR | 21.10.11 |

L’Education nationale avait la particularité d’enregistrer un fort taux de mobilisation aux élections professionnelles. Elle ne l’a plus : les résultats du vote au
comité technique ministériel (CTM), connus dans la nuit de jeudi 20 à vendredi 21 octobre, sont marqués par une chute, historique, de la participation : 38,54 % de votants, contre plus de 61 % en 2008. Selon la Rue de Grenelle, seulement 419 440 des 1 038 294 agents – dont 860 000 enseignants – appelés à voter sur Internet, du jeudi 13 octobre, 10 heures, au jeudi 20 octobre, 17 heures, ont répondu à l’invitation.

 

Pour les syndicats, l’enjeu était pourtant crucial : avec le changement des règles de représentativité entériné par la loi du 5 juillet 2010 sur la rénovation du dialogue social, le comité technique ministériel (CTM), est devenu le lieu par excellence des négociations – seules les organisations ayant des élus pouvant signer des accords. Pour la première fois cette année, le vote était électronique.

 

 

Pour la première fois aussi, à l’élection des délégués dans les commissions administratives paritaires (CAP), au niveau national et local, s’ajoutait celle des délégués dans les comités techniques (CT), au niveau ministériel et académique, intégrant les personnels non titulaires.

TASSEMENT DE LA FSU ET DISPARITION DU SNALC

Au sein du comité technique ministériel (CTM), passé de 20 à 15 sièges, deux tendances se dessinent : le tassement de la FSU, qui a perdu la majorité absolue, et la disparition du Snalc et de ses alliés « républicains ».

Mais le rapport de forces n’est pas radicalement modifié : la FSU, principale fédération syndicale du monde éducatif, passée de 43 % à 41 % des voix, conserve sa première place, avec 7 sièges (sur 15). L’UNSA, passée de 19 % à 21 % des voix, se maintient deuxième, avec 4 sièges. En progrès lui aussi, le SGEN-CFDT, passé de 9 % à 10 % des suffrages, remporte un siège. FO et la CGT – passés respectivement de 9 % à 10 % et de 5 % à 6 % des voix – remportent un siège. Un siège également pour Sud Education.

D’autres syndicats ont recueilli des voix, mais pas suffisamment pour obtenir un siège au CTM (16 485 suffrages pour la CSEN-Fgaf-Faen-Scenrac-CFTC, 1 717 voix pour la CFE-CGC avenir-écoles, 1 383 pour le SNCA-EIL, syndicat national des certifiés et agrégés, 1 019 pour le STC, Syndicat des travailleurs corses, 879 pour l’UDAS, Union des alternatives syndicales, etc.). Et 19 519 votes sont blancs.

UN « TROU D’AIR EN TERMES DE PARTICIPATION »

Comment les syndicats ont-ils accueilli ces résultats ? FO, qui devient la troisième organisation avec 35 000 voix, et l’UNSA, qui a marqué des points dans plusieurs académies (Lille et Aix-Marseille notamment), se sont discrètement félicitées de leurs progrès. Le Snalc, évincé du CTM, met en cause « les dysfonctionnements à la pelle et les changements des règles de représentativité », précisant « vouloir déposer un recours ».

Mais, pour tous, l’inquiétude prime face à l’effondrement du taux de participation. Bugs informatiques, difficultés de fonctionnement, défaillances techniques, encombrement de la plateforme… Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, a dénoncé le « vol des bulletins de vote » causé par le vote électronique – près de 250 000 électeurs n’auraient pas retiré leur identifiant leur permettant de voter sur Internet.

Même son de cloche du côté du Snuipp-FSU, majoritaire dans le premier degré, qui pointe un « trou d’air en termes de participation ». « Le ministère a tout fait pour affaiblir la représentativité des syndicats et la parole des enseignants », relève son secrétaire général, Sébastien Sihr, notamment en « multipliant les entraves à la mise en œuvre du vote électronique » et en « raccourcissant la période de vote de trois à une semaine ».

« DÉFAILLANCES » DU MINISTÈRE

Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA met lui aussi en cause la procédure « très complexe » et « les défaillances » du ministère. « Le parcours du votant s’est apparenté à un vrai parcours du combattant électronique », souligne-t-il. Si Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, ne conteste pas les difficultés informatiques, il reconnaît, de son côté, une « possible désaffection » : « On ne peut mettre uniquement sur le [compte du] vote électronique la baisse de la participation, et cela ne doit pas nous dispenser d’une autoanalyse. »

Dans un communiqué commun, le SGEN-CFDT et l’UNSA reconnaissent ainsi : « La baisse de la participation, que nous regrettons, a des causes multiples. Notons le non engagement du ministre de l’éducation nationale, la suspicion entretenue par certaines organisations syndicales sur la fiabilité du vote électronique, le caractère inédit du vote pour cette nouvelle instance, les difficultés techniques… Mais les organisations syndicales sont également interpellées par ce fait. Il nous faut sans doute renforcer le lien avec les personnels et redonner du sens au syndicalisme dans le milieu. »

Le dépouillement des votes devait se poursuivre pour les comités techniques académiques (CTA) et les commissions administratives paritaires (CAP). Résultats attendus dans la journée du vendredi 21 octobre.

Mattea Battaglia

 

La FSU remporte les élections professionnelles à l’éducation nationale

LEMONDE.FR avec AFP | 21.10.11 | 09h49

 

 

Malgré une faible participation, les enseignants et autre personnel de l'éducation nationale ont reconduit leur représentants syndicaux.

Malgré une faible participation, les enseignants et autre personnel de l’éducation nationale ont reconduit leur représentants syndicaux.AFP/GERARD JULIEN

C’était les élections professionnelles de la nouveauté, au sein de l’éducation nationale. Premier scrutin électronique et changement des règles de représentativité ont mis à mal la participation, plus basse qu’à l’accoutumée, mais n’ont pas bouleversé les résultats. La FSU est parvenue à conserver sa première place, l’UNSA sa deuxième.

La FSU a obtenu 40,62 % des voix à l’issue du dépouillement des votes, au comité technique ministériel (CTM), soit 7 sièges sur un total de 15. L’UNSA, en progrès, a recueilli 20,72 % des voix soit 4 sièges. FO (10,09 %), le SGEN-CFDT (9,99 %), la CGT (6,47 %) et Solidaires (5,79 %) ont tous un siège. D’autres syndicats ont recueilli des voix mais pas suffisamment pour obtenir un siège.

« Malgré toutes les difficultés et dysfonctionnements du vote électronique et la baisse de 20 points de la participation [...] nous sommes très satisfaits de la confiance des personnels dans l’action syndicale que l’on mène », se félicite Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Même son de cloche à l’UNSA, où Christian Chevalier, secrétaire général, interprète ce résultat comme une approbation du « syndicalisme réformiste ».

DE NOUVELLES RÈGLES

Depuis la loi du 5 juillet 2010 sur la rénovation du dialogue social, les représentants syndicaux vont devoir négocier au sein du comité technique ministériel, seule instance de négociations et de signature d’accords. Les syndicats n’ayant pas d’élu en sont de facto éliminés.

Plus d’un million d’agents, dont 860 000 enseignants, étaient appelés depuis le 13 octobre à élire leurs représentants sur internet. Un mode de scrutin, qui selon les syndicats, a provoqué un effondrement de la participation. En 2011, elle s’élève à 40 %. A titre de comparaison, elle était de 62 % lors des dernières élections en 2008.



Un professeur sur six en «burn-out»

Article du Figaro.fr (pour une fois)

Une étude révèle que 17% des professeurs sont victimes d’épuisement, contre 11% dans les autres professions. Les jeunes en dessous de 30 ans sont les plus exposés. Le ministère de l’Education conteste la fiabilité statistique du rapport.

Un professeur sur six en «burn-out» dans Revue de presse coeur-Les professeurs de collèges et lycées sont 17% à être touchés par le «burn-out», ce phénomène d’épuisement physique, mental et émotionnel, contre 11% dans les autres professions, révèle une étude de deux spécialistes publiée dans Le Monde daté de jeudi. «Près de 30% des enseignants interrogés ont dit songer, souvent, à quitter le métier», explique Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education nationale et coauteur de cette enquête réalisée auprès de 2100 personnels de 400 établissements. «Les différences entre les sexes et entre les établissements -en zone urbaine, en zone rurale, en ZEP…- sont moins déterminantes que le facteur âge. Les jeunes en dessous de 30 ans sont plus exposés», ajoute-t-il.

Crise de l’autorité, classes parfois surchargées et plus hétérogènes qu’il y a 20 ans, manque de soutien de l’institution, difficultés face au rythme des réformes, quasi-absence de médecine de prévention, manque d’organisation des enseignants eux-mêmes en collectifs de travail… Telles sont les raisons avancées par les professeurs pour expliquer ces sentiments d’impuissance et de solitude.

Ce n’est pas un hasard si les enseignants sont les seuls, avec la police, à bénéficier des services d’un établissement psychiatrique dédié, l’Institut Marcel-Rivière surnommé «la Verrière», dans les Yvelines. Près de 1000 patients s’y font soigner chaque année.

Les souffrances et l’épuisement de nombreux enseignants ont été largement mis en lumière depuis le suicide la semaine dernière d’une professeure dans son lycée de Béziers.

Sentiments d’usure, d’impuissance et d’abandon.

Au-delà des syndicats, qui pour beaucoup ont parlé d’un «drame révélateur du malaise enseignant», le père et les collègues de Lise Bonnafous, 44 ans, ont dit que son geste dépassait sa seule personne. «Son message désespéré était celui-ci: il faut refonder, à tout prix, une nouvelle et authentique école de la République, celle où primaient les valeurs du civisme et du travail; celle où le professeur était au centre de tout; celle où l’enfant du peuple pouvait devenir fils de roi», a écrit le père dans un mail adressé à Midi Libre et publié mercredi. «Son geste appelle à la solidarité de l’ensemble des personnels et témoigne de notre difficulté à accomplir notre mission. Nous attendons donc l’engagement responsable de nos autorités. Nous pensons très fort à Lise», avaient déclaré ses collègues dès vendredi.

Selon Françoise Lantheaume, sociologue à Lyon-2, «il y a des souffrances extra-ordinaires, comme celle de cette femme, mais elles sont rares. Et il y a des souffrances ordinaires: les enseignants français expriment massivement des sentiments d’usure, d’impuissance et d’abandon». «Je l’ai constaté il y a une dizaine d’années déjà en collèges et lycées, je le vois maintenant en primaire», a-t-elle ajouté.

Manque de prévention

Les syndicats avancent le chiffre de 39 suicides par an pour 100.000 enseignants. Mais le ministère de l’Education nationale a contesté mercredi ces statistiques du rapport, notant que les données portent sur un travail mené en «Hollande à la fin des années 90». Citant une enquête de sa direction générale des ressources humaines, ont été recensés «52 cas de suicides de septembre 2008 à septembre 2009 sur une population de 857.000 enseignants, soit un peu plus de 6 cas de suicides pour 100.000 enseignants». «Rien ne semble indiquer en l’état une évolution à la hausse du taux de suicide sur ces dernières années», a déclaré une porte-parole.

Après chaque cas de suicide, les syndicats rappellent qu’aucun dispositif de prévention du stress n’existe, puisque, contrairement aux salariés de droit privé, les enseignants ne bénéficient pas d’une visite médicale annuelle.

A son arrivée au ministère en 2009, Luc Chatel avait pourtant fait de la santé et du suivi des enseignants une priorité, dans le cadre de son «pacte des carrières». Mais les moyens n’ont pas été au rendez-vous, selon les syndicats. Seuls 17 des 80 médecins de prévention promis en 2010 ont été effectivement recrutés, explique Elizabeth Labaye, chargée des questions de santé au Snes-FSU, notamment car ce métier «n’est pas attractif».

«Les conditions de travail sont catastrophiques car il y a en moyenne plus de 10.000 agents de l’Education nationale par médecin». Ceux-ci sont donc «submergés, notamment avec le développement des risques psycho-sociaux» et «ne reçoivent que les personnels en urgence», sans pouvoir faire de prévention. «On a acquis des directeurs des relations humaines mais ils n’ont pas de réponses à ce type de situation. Tout simplement parce que cela a un coût», a relevé Philippe Tournier du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d’établissements.

VOS TÉMOIGNAGES - Effectifs des classes, établissements, sentiment d’abandon… Enseignant, vous avez peut-être déjà rencontré ces situations d’épuisement qui touchent la profession. Faites-nous part de vos témoignages dans les commentaires ci-dessous ou bien en écrivant à temoin@lefigaro.fr.

 



Hérault Education : 900 précaires dans le département

CHRISTOPHE GAYRAUD

20/10/2011, 09 h 03 | Mis à jour le 20/10/2011, 09 h 20

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Chaque année, leur contrat risque de ne pas être reconduit.

Chaque année, leur contrat risque de ne pas être reconduit. (D. CRESPIN)

Des emplois pour 20 heures hebdomadaires, voire 24, héritiers des feux TUC et CES, aux rémunérations variant entre 500 € et 1 000 € nets par mois. Neuf cents contrats aidés de ce type aux statuts précaires, pour des périodes d’un an renouvelables la plupart, sont encore en vigueur dans les établissements scolaires de l’Hérault, depuis la maternelle jusqu’au lycée.

« Sous-contrats de travail »

C’est pour protester contre ces « sous-contrats de travail » que le Collectif des précaires dans l’Éducation nationale a manifesté hier matin devant le rectorat de Montpellier. Une délégation a été reçue par le secrétaire général du rectorat. Dans les revendications des manifestants, la titularisation de tous ces intervenants mais aussi la nécessité de formation qui leur est due. « Sans nous, l’Éducation nationale ne pourrait pas faire face à ses responsabilités, explique Philippe Charpentier du syndicat Sud Éducation.

Nous sommes employés pour de l’aide à la direction, l’accompagnement des enfants handicapés, la vie scolaire. Il est indispensable que ces postes soient créés, que les personnes les occupant ne vivent plus avec la menace de ne pas voir leur contrat reconduit. » Le représentant du rectorat leur a répondu que les décisions devaient être apportées par le ministère.



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