Education: bataille de chiffres entre Hollande et Chatel sur les 60000 postes

Le ministre de l’Education estime que la proposition du candidat PS coûterait 7,5 milliards d’euros sur le quinquennat, au lieu de 2,5 milliards. Jack Lang réplique en dénonçant son «incompétence».

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Education: bataille de chiffres entre Hollande et Chatel sur les 60000 postes dans Actualités

François Hollande le 22 octobre à Paris (AFP / Joel Saget)

7,5 milliards ou 2,5 milliards d’euros? Le ministre de l’Education et le candidat socialiste à la présidentielle s’opposent sur la facture de la proposition de celui-ci de (re)créer 60000 postes en cinq ans dans l’Education nationale.

Pour Luc Chatel, une telle mesure qui reviendrait à créer  12000 postes par an sur la prochaine mandature, coûterait «500 millions d’euros la première année, 1 milliard la deuxième année, 1,5 milliard la troisième année, 2 milliards la quatrième année et 2,5 milliards la dernière année». Le cumul «serait alors de 7,5 milliards d’euros et non de 2,5 milliards», chiffrait le ministre de l’Education, vendredi.

«Le sparadrap du capitaine Haddock»

Ce samedi, il en rajoute en criant à nouveau à l’«imposture» du PS, promettant à leur candidat une mesure qui va coller comme «le sparadrap du capitaine Haddock» pendant la campagne présidentielle.

Peu avant dans la journée, c’est l’ex-ministre (PS) de l’Education, Jack Lang, qui est monté au créneau pour défendre le candidat Hollande en dénonçant l’«incompétence» et la «malhonnêteté intellectuelle» de Chatel. Taxant de «chiffre extravagant» son évaluation, Lang estime que «ce calcul est dénué de tout fondement». «Chaque année, pendant 5 ans, sera ouvert un crédit de 500 millions d’euros destiné à engager 12 000 nouveaux professeurs. A la fin du mandat, ces nouveaux crédits représenteront un total de 2,5 milliards d’euros, tout le reste n’est que mauvaise littérature», tranche le socialiste.

«Lang fâché avec le calcul»

«Il est de notoriété publique que Jack Lang n’a jamais très bien su compter lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Mais là, il nous montre qu’il est définitivement fâché avec le calcul», rétorque, à son tour, l’actuel ministre UMP.

Vendredi, François Hollande avait, lui, opposé les 2,5 milliards d’euros que coûterait, selon lui, sa proposition de créer 60000 postes dans l’Education aux «75 milliards d’euros de cadeaux fiscaux» du quinquennat de Nicolas Sarkozy. «Je veux préparer l’avenir, c’est-à-dire l’avenir de nos enfants. Si on veut qu’il y ait de la croissance, si on veut qu’il y ait demain de l’emploi, il faut que nos enfants soient les mieux formés possible. Ce n’est plus le cas. Il y a eu 100000 suppressions de postes dans l’Education nationale», rappelle-t-il à France 2.

«Je ne dissimule pas le coût – 500 millions d’euros, 2 milliards et demi à la fin du quinquennat – mais la vraie limite c’est « est-ce que dans le découragement qui existe aujourd’hui dans la jeunesse pour préparer les concours de l’Education nationale, on pourra encore trouver des étudiants qui voudront se destiner à ce métier-là? »», s’interroge le candidat PS.

 

Education: Valérie Pécresse confirme les chiffres avancés par Chatel

La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a confirmé, samedi dans un communiqué, le chiffrage de 7,5 milliards d’euros, fait par Luc Chatel, de la création de 60.000 postes dans l’Education nationale proposée par François Hollande.

La ministre du Budget Valérie Pécresse à Paris, le 28 septembre 2011 photo : Eric Piermont, AFP

Mme Pécresse « s’indigne des critiques aussi violentes qu’injustifiées de Jack Lang à l’égard de Luc Chatel qui avait fort justement calculé le vrai coût pour les finances publiques de la création de 60.000 postes dans l’éducation nationale sur cinq ans: 7,5 milliards en cumulé, à raison de 12.000 recrutements supplémentaires par an ».

Jack Lang a dénonce samedi « l’incompétence et la malhonnêteté intellectuelle » de Luc Chatel qui selon lui présente « un chiffre extravagant ».

Me Pécresse souligne « qu’un fonctionnaire est recruté pour l’ensemble de sa vie professionnelle et que sa retraite est payée par le budget de l’Etat, ce qui porte le coût de la proposition socialiste à largement plus de 100 milliards d’euros sur les cinquante prochaines années ».

Pour elle, cette proposition « interdira toute revalorisation des carrières des enseignants faute de moyens disponibles pour mieux les payer » et « provoquera le gel des recrutements d’agents dans d’autres missions de service public (infirmières, policiers…) ».

Le candidat PS à la présidentielle de 2012, François Hollande, a chiffré à 2,5 milliards d’euros le coût au bout de cinq ans de la création de ces 60.000 postes.

 

Proposition de Hollande sur l’Education : Chatel dénonce « l’imposture » du PS

Le ministre de l’Education a dénoncé samedi « l’imposture » du Parti socialiste dont le candidat à la présidentielle François Hollande prévoit de créer 60.000 emplois dans l’Education nationale, une mesure qui va leur coller, selon Luc Chatel, comme « le sparadrap du capitaine Haddock ».

Le ministre de l'Education Luc Chatel le 13 octobre 2011 à Béziers, dans le sud de la France photo : BORIS HORVAT, AFP

« Je voudrais dénoncer l’imposture du PS sur les 60.000 emplois dans l’Education nationale », a déclaré à l’AFP M. Chatel, après avoir été critiqué samedi par le député PS et ancien ministre de l’Education, Jack Lang, pour son « incompétence » et sa « malhonnêteté intellectuelle ».

« Les socialistes sont aux abois, ils sont en train de se rendre compte de l’infaisabilité de cette mesure qui va devenir pour eux le sparadrap du capitaine Haddock », a estimé M. Chatel.

« Il est de notoriété publique que Jack Lang n’a jamais très bien su compter lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Mais là, il nous montre qu’il est définitivement fâché avec le calcul », a-t-il poursuivi.

M. Chatel maintient que la création de 60.000 postes dans l’Education nationale coûterait bien 7,5 milliards d’euros au bout de cinq ans et non 2,5 milliards comme l’évalue François Hollande, défendu par Jack Lang.

Qualifiant de « chiffre extravagant » l’évaluation de M. Chatel, M. Lang ajoute que « ce calcul est dénué de tout fondement ».

M. Lang « recommande » à Luc Chatel « de suivre un cours de première année de finance publique, on lui apprendrait que son évaluation est contraire à toutes les règles les plus élémentaires du droit budgétaire ».

 

 

 

 

 

 

 



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