Enseignante agressée à Sète: placement sous contrôle judiciaire de l’élève requis

Le parquet de Montpellier a requis jeudi le placement sous contrôle judiciaire d’une élève de première qui avait violemment agressé à coups de poing une de ses enseignantes.

Le parquet de Montpellier a requis jeudi le placement sous contrôle judiciaire d’une élève de première qui avait violemment agressé à coups de poing une de ses enseignantes d’un lycée professionnel de Sète (Hérault) mercredi, a-t-on appris de source judiciaire.

 

Le parquet a exigé de la jeune fille qu’elle reprenne son traitement médical, dont l’arrêt est probablement l’une des causes de sa crise de violence, et a interdit toute rencontre avec la victime, a-t-on précisé de même source.

En fin d’après-midi, la décision du juge pour enfants n’était pas encore connue.

Les faits se sont produits mercredi en milieu de matinée alors que les élèves du lycée professionnel Charles-de-Gaulle étaient en groupe réduit dans un cours de vente. Le professeur a demandé à la jeune fille de se calmer. Celle-ci n’obtempérant pas, l’enseignante lui a demandé de sortir, ce qui a déclenché la crise de violence.

La lycéenne a plaqué l’enseignante contre un mur puis l’a frappée à plusieurs reprises avant d’être maîtrisée par d’autres professeurs.

Transportée aux urgences, le professeur de vente s’est vu prescrire mercredi trois jours d’interruption de travail (ITT) par le médecin hospitalier mais cette prescription a été annulée jeudi par le médecin légiste, a précisé une source policière.

La jeune fille a en outre été exclue temporairement du lycée, en attendant une convocation devant le conseil de discipline.

(Source AFP)

 

 

Sète Enseignante agressée : placement sous contrôle judiciaire de l’élève requis

Midilibre.fr

06/10/2011, 19 h 41 | Mis à jour le 06/10/2011, 19 h 46


Les professeurs du lycée ont exercé leur droit de retrait.

Les professeurs du lycée ont exercé leur droit de retrait. (Vincent DAMOURETTE / MIDI LIBRE)

Le parquet de Montpellier a requis jeudi le placement sous contrôle judiciaire d’une élève de première qui avait violemment agressé à coups de poing une de ses enseignantes d’un lycée professionnel de Sète (Hérault) mercredi, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet a exigé de la jeune fille qu’elle reprenne son traitement médical, dont l’arrêt est probablement l’une des causes de sa crise de violence, et a interdit toute rencontre avec la victime, a-t-on précisé de même source.

En fin d’après-midi, la décision du juge pour enfants n’était pas encore connue. Les faits se sont produits mercredi en milieu de matinée alors que les élèves du lycée professionnel Charles-de-Gaulle étaient en groupe réduit dans un cours de vente.

Le professeur a demandé à la jeune fille de se calmer. Celle-ci n’obtempérant pas, l’enseignante lui a demandé de sortir, ce qui a déclenché la crise de violence. La lycéenne a plaqué l’enseignante contre un mur puis l’a frappée à plusieurs reprises avant d’être maîtrisée par d’autres professeurs. Transportée aux urgences, le professeur de vente s’est vu prescrire mercredi trois jours d’interruption de travail (ITT) par le médecin hospitalier mais cette prescription a été annulée jeudi par le médecin légiste, a précisé une source policière.

La jeune fille a en outre été exclue temporairement du lycée, en attendant une convocation devant le conseil de discipline.

 



Les stagiaires n’en peuvent plus…

Par François Jarraud du café pédagogique

 

Réunis à l’appel du Snes, des stagiaires franciliens ont témoigné d’une charge de travail d’autant plus insupportable qu’ils cumulent un temps complet d’enseignant avec des journées de formation inutiles car ils sont trop épuisés pour en profiter. Le Snes demande une entrée progressive dans le métier et la mise en place d’un système de pré recrutement  pour faire face à la pénurie de candidats.

 

Les stagiaires n'en peuvent plus...  dans Actualités stag01Natacha, Nicolas, Agnès, Agathe, Léa, Julie, Jean, Adrien, et même… Luc. Tous sont enseignants stagiaires, parfois pour la seconde fois. Le Snes les a réunis le 5 octobre pour qu’ils témoignent de leurs difficultés. Le message est unanime : « on est dans une situation pas normale ».

 

Premier choc. Ce qu’ ont déjà appris les stagiaires c’est la méfiance envers l’institution. Ces stagiaires vous ne les verrez pas et les prénoms cités ci-dessus sont inventés. Ils craignent les représailles puisque l’avis de l’inspection est essentiel pour leur titularisation. Ce n’est pas la seule raison pour laquelle ils ont peu de considération pour l’institution. Leur premier contact, que ce soit à Créteil, Versailles ou Paris, se fait avec des inspecteurs sympathiques mais tenus à la langue de bois officielle ou des personnages arrogants. « Vous allez souffrir, vous devez vous y habituer » leur lâche l’un. « Vous allez travailler la nuit. Ce sera de bons souvenirs » dit un autre. L’institution est déjà décrédibilisée et pas seulement parce qu’elle a imaginé une entrée dans le métier aussi pitoyable. Les stagiaires ne supportent plus qu’on essaye en permanence de les culpabiliser. Qu’on leur envoie l’image de l’enseignant « inné » ayant le « feu sacré ».

 

Mais le gros problème c’est la masse de travail. « Je fais 65 heures par semaine pour 1600 euros par mois » nous confie Jean, professeur d’histoire-géographie dans un lycée du 93. Etre stagiaire c’est faire un temps complet dès le début de l’ année (les certifiés stagiaires qui dans certaines académies sont déchargé de deux heures se sont vus gratifiés de deux heures supplémentaires…) avec ce que cela implique comme préparations quand on débute et comme copies. S’y ajoutent les journées de formation (qui sont en plus du temps de travail). « On a des problèmes de cerveau disponible » nous dit Agathe qui « en rêve la nuit ». « Cela devient un problème pour nos élèves car on est fatigués et encore moins efficaces », ajoute Léa. Il faut dire que les stagiaires ne sont pas épargnés par les rectorats. Plusieurs d’entre eux enseignent en zone d’éducation prioritaire (Eclair). D’autres, comme Agathe, ont des classes d’examen, ce qui n’aurait pas du être le cas. Ils ont de l’accompagnement personnalisé (souvent en classe entière !). Ils connaissent des camarades bombardés professeurs principaux, ce qui alourdit encore le temps de travail.

 

stagiaire02 dans Actualités« On enchaîne les mauvais cours« . La demande de formation est bien là. « Je sais parler l’anglais très bien. Mais je ne sais pas l’enseigner. On ne me l’a pas appris », dit Agnès, stagiaire dans un lycée de l’académie de Versailles. Les stagiaires sont déçus des 5 journées de formation qui ont eu lieu avant la rentrée. Trois journées ont été utilisées en discours officiels et renseignements administratifs. Il est resté une journée sur l’enseignement de la discipline, ce qui est jugé insuffisant, et une journée de « tenue de classe ». Tout en reconnaissant qu’ils ont appris quelques trucs, les stagiaires sont assez ironiques sur cette formation. « C’était surtout des conseils superflus », dit Jean, professeur d’histoire-géographie dans l’académie de Paris, « du style regarder les élèves dans les yeux ».

 

Quel avenir comme enseignant ? Natacha, qui est cette année professeur titulaire, se demande ce que peut produire une telle formation. « On est le nez dans le guidon en permanence. On a une conception limitée du métier ». Ils n’ont pas de formation didactique et craignent de n’en avoir jamais.

 

snes112Cet aspect là a aussi été mis en avant par les responsables du Snes. Alain Billate, secrétaire académique à Bordeaux, craint l’avenir. « On a affaire à des gens qui nient la nécessité d’une formation. On forme des professeurs qui jamais ne liront de livre de pédagogie. C’est dramatique ». Emmanuel Mercier, secrétaire national en charge de la formation, critique vertement la nouvelle formation en alternance sensée résoudre la question didactique. »On envoie les étudiants en classe. Mais ce n’est pas de la formation. Il n’y a pas d’analyse et de réflexion sur la pratique.  On généralise l’idée que l’apprentissage est un mode de recrutement ». Frédérique Rolet, secrétaire générale, montre les conséquences pour le système de la situation actuelle : la baisse du recrutement. Aux concours 2011 il y avait 119 candidats présents en lettres classiques pour 185 postes, en maths 1319 pour 950 postes, en éducation musicale 134 pour 120.  Elle a soutenu les revendications du Snes : une entrée progressive dans le métier, appuyée par un prérecrutement sur le modèle des anciens IPES. Le Snes appelle les stagiaires à participer à une enquête d’opinion.

 

François Jarraud

 

Liens :

Le dossier de presse

Paroles de stagiaires

J’aurais voulu me rendre utile

Masters en alternance

Stagiaires Happy End

Stagiaires impossibles

 



Jack Lang : « L’Education subit une purge depuis 10 ans

Article du Nouvel Obs

« La revendication des professeurs n’est pas corporatiste mais d’intérêt public », explique l’ancien ministre socialiste de l’Education.

Jack Lang le 19 juin 2011. (FRED DUFOUR / AFP) Jack Lang le 19 juin 2011. (FRED DUFOUR / AFP)

 

Enseignants du privé et du public ont répondu massivement, mardi 27 septembre, à l’appel à la grève et à la manifestation contre les suppressions de postes et la casse de l’Education nationale. A quelques mois de la présidentielle, le malaise est profond. Jack Lang, député socialiste et ancien ministre de l’Education du gouvernement Jospin, revient pour le « Nouvel Observateur » sur un sujet qui doit, selon lui, être LA priorité de la campagne et des décisions politiques à venir.

Partagez-vous le constat alarmant des syndicats sur l’état actuel de l’Education nationale ?

- Le constat que je fais est peut-être plus alarmant encore. Je l’ai décrit dans un livre récent qui est une lettre ouverte au président de la République « Pourquoi ce vandalisme d’Etat contre l’Ecole« , et je pense que la réalité est encore plus grave que celle qui est énoncée.

 

Cette situation est-elle seulement imputable au gouvernement actuel ?

- Naturellement, des améliorations doivent être apportées. Tout n’est pas budgétaire ou quantitatif. Mais là, on dépasse la mesure. Depuis dix ans le gouvernement a supprimé 150.000 postes ou contrats. C’est une purge, une hémorragie. Cela se traduit par des réalités pédagogiques : ce gouvernement a supprimé 17.000 postes de professeurs stagiaires et l’année de formation rémunérée des futurs maîtres. Pour la première fois depuis la naissance de l’Ecole publique, les maîtres sont privés de formation pratique. Les professeurs sont les seuls fonctionnaires de ce niveau qui sont privés de formation. Les classes sont en sureffectifs, ce qui rend notamment difficile l’apprentissage de la langue orale et écrite. C’est absolument hallucinant. La revendication des professeurs n’est pas corporatiste mais d’intérêt public. Je les félicite. Ils défendent l’avenir et l’école.

 

Si le PS remporte l’élection présidentielle en 2012, quelles mesures préconisez-vous afin de redresser rapidement la barre ?

- Si le budget est voté tel qu’il est prévu, la rentrée 2012 sera une catastrophe. Donc avant toute réflexion, et quel que soit le gagnant de la primaire, il faudra adopter un plan d’urgence en mai prochain pour faire face à la rentrée de l’automne. Car le gouvernement actuel veut encore supprimer 16.000 ou 17.000 postes. Cette fois-ci, on sera à l’os. Ensuite, je suis favorable au plan voulu par François Hollande de recrutement pluriannuel des professeurs. Cela me semble une solution raisonnable. Car je pense que la gauche doit annoncer la couleur. On ne peut pas juste dire que l’Education est une priorité, il faut le montrer. Moi, ma première priorité c’est l’Ecole, la deuxième c’est l’Ecole et la troisième, c’est l’Ecole.

 

Ces mesures peuvent-elles réellement être mises en oeuvre en pleine crise économique ?

- Je récuse totalement ce raisonnement. On veut enfermer le pays dans cette absurdité. Je répondrai comme Obama : « Il faut choisir, entre enrichir encore les milliardaires et investir dans l’éducation ». Il a choisi, je choisis, j’ai choisi. Il y a aujourd’hui 100 milliards d’euros d’exonérations fiscales au bénéfice des plus riches. C’est un trésor qui doit permettre de financer l’éducation. Ras le bol de ce chantage financier. Les pays qui aujourd’hui ont de l’avance dans ce domaine, notamment en Asie, eux ne mégotent pas pour leur éducation.

 

Interview de Jack Lang, député socialiste du Pas-de-Calais, par Anne Collin.

(Mardi 27 septembre 2011)

Le Nouvel Observateur

 



L’école française a-t-elle tué le plaisir d’apprendre ?

Article Le Monde.fr

En 2010, sur 760 enfants interrogés par l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), seuls 9,6 % affirmaient se sentir à l'aise à l'école.

En 2010, sur 760 enfants interrogés par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), seuls 9,6 % affirmaient se sentir à l’aise à l’école.AFP/FREDERICK FLORIN

 

Les enfants peuvent-ils prendre du plaisir à l’école ? En France, contrairement à l’idée reçue, la notion n’est pas absente des textes officiels. Ou pas totalement. Si Jules Ferry conseillait à l’origine de « rendre l’école aimable et le travail attrayant », une école austère s’est imposée au fil du temps. « L’école n’a pas voulu, d’emblée, tuer l’idée qu’il pouvait y avoir du plaisir à apprendre », rappelle le sociologue François Dubet.

 

« Plaisir et ennui à l’école »… En consacrant à ce sujet leur numéro de rentrée, les animateurs de la Revue internationale d’éducation de Sèvres, lue dans vingt-cinq pays, ne s’attendaient pas à susciter un tel intérêt. « Les contributions ont afflué de partout, des Etats-Unis, de Norvège, du Sénégal, d’Inde, du Brésil… mêlant les regards de professeurs, de chercheurs, d’historiens, d’écrivains », se réjouit Alain Bouvier, rédacteur en chef de cette publication, et membre du Haut Conseil de l’éducation.

C’est que le thème réveille, chez chacun, ses propres souvenirs d’écolier – « souriants ou amers, uniformes ou divers, toujours vifs après les années », écrit la philosophe Laurence Cornu-Bernot en préface du dossier. C’est qu’il révèle, aussi, une quête de sens de l’école, un peu partout dans le monde.

PLAISIR ET JEU S’EFFACENT AU COLLÈGE

En France, le resserrement autour de la notion d’autorité s’est accéléré après Mai 68. La tonalité générale des programmes et instructions est plutôt fondée sur la rigueur, le travail, l’attention. Le plaisir et le jeu, reconnus dans les textes en maternelle, s’amenuisent à l’école élémentaire, pour s’effacer pratiquement au collège, « lieu où le lien enseignant-élève se dissout », regrette François Dubet.
« Les collégiens s’ennuient de plus en plus », confirme Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l’éducation nationale. « Ils ne comprennent pas le sens des apprentissages, ne parviennent pas à mettre en relation les savoirs scolaires avec ceux qu’ils acquièrent ailleurs, autrement, ils viennent consommer du cours… Toutes les conditions sont réunies pour détruire le plaisir d’apprendre », déplore-t-il.

L’enseignant français « n’est pas formé pour transmettre du plaisir », estime le sociologue Pierre Merle. Pour lui, « si un professeur est prêt à se mettre en quatre pour intéresser ses élèves, il lui est difficile de rivaliser avec le plaisir immédiat que confèrent aujourd’hui la télévision ou Internet. La culture du zapping ne profite pas à l’école. » L’idée que l’apprentissage n’est pas une partie de plaisir demeure très répandue – « peut-être une sorte d’héritage judéo-chrétien », suggère M. Merle. La rhétorique de l’effort s’impose encore dans toutes les bouches : on « travaille » à l’école, on fait ses « devoirs »… Les petits Anglais, eux, confient volontiers aller à l’école « pour s’amuser ».

PERTE DE CONFIANCE

Le bien-être à l’école est-il réservé à une poignée de privilégiés fréquentant les écoles « nouvelles », « ouvertes », Montessori, Steiner… essentiellement privées ? Sur les bancs de l’école publique, trop souvent, le malaise l’emporte, le stress, la peur d’échouer. En 2010, 73,3 % des 760 enfants interrogés par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) affirmaient « aimer peu, voire pas du tout aller à l’école ou au collège ». Ils étaient 23,7 % à dire s’y ennuyer souvent, voire tout le temps ; 52,8 % reconnaissaient y avoir subi des violences et seulement 9,6 % confessaient s’y sentir à l’aise. En 2011, 42 % des 600 familles interrogés se sont dites inquiètes de la réussite scolaire de leurs enfants.

La perte de confiance en soi et en l’institution, alimentée par la course aux diplômes, l’usage de la notation et du redoublement, le recours de plus en plus immodéré à l’évaluation, semblent être une spécificité nationale. Aux tests PISA, qui comparent les résultats des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE, la France ne brille guère. « Les élèves sont inquiets en cours, mais aussi lors des devoirs à la maison », souligne Eric Charbonnier, analyste de l’OCDE. « Les résultats de PISA 2009 ont montré que ceux qui prennent du plaisir à lire, et qui sont motivés, sont aussi ceux qui s’en sortent mieux aux épreuves de compréhension de l’écrit, explique-t-il. Dommage que la peur d’échouer fasse perdre une partie du bénéfice engendré ! »

Si l’on s’accorde à reconnaître les vertus du plaisir à l’école, peut-on espérer un changement, officiel, de cap ? Les premières propositions faites par les candidats engagés dans la campagne présidentielle laissent sceptique. « La réforme de l’école est abordée de manière quantitative, pas qualitative », regrette Pierre Frackowiak. « Pas sûr que rajouter des postes d’enseignants suffise à donner du sens à l’école. »

Ce pourrait être, néanmoins, une première étape.

Mattea Battaglia



Les jeunes profs, démunis mais pas démotivés

Article Libé.fr

Le syndicat des enseignants SE-Unsa a mené sa petite enquête pour mieux cerner le profil de la relève.

Par C.B.

 

Malaise, quel malaise? Les trois quarts des jeunes profs «s’éclatent» dans leur métier. Ça, c’est pour la bonne nouvelle du sondage du SE-Unsa, deuxième syndicat d’enseignants, qui a mené sa petite enquête pour mieux cerner le profil du jeune prof d’aujourd’hui (moins de 35 ans). Entre mi-avril et mi-juillet, le syndicat a fait tourner un questionnaire dans les IUFM, les universités et les réseaux sociaux. Histoire de savoir s’ils «s’éclatent», donc, mais surtout quelles sont leurs attentes, leurs difficultés, leur vision de l’avenir. 5000 enseignants (dont 80% de femmes) ont répondu, répartis entre milieu rural et urbain.

Et alors? Tout ne va évidemment pas si bien. Derrière l’enthousiasme pour leur métier, les réponses confirment une série de difficultés. Mal payé, en manque de formation et de reconnaissance, démuni face aux élèves en difficulté ou handicapés, sans illusions sur la capacité du système à garantir l’égalité des chances… Le jeune prof de 2011 est pétri de doutes. Sur son métier et surtout sur les conditions dans lesquelles il l’exerce.

Ainsi, les trois quarts disent travailler plus de 40 heures par semaine (dont la moitié plus de 44 heures). Du coup, ils ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus, alors qu’il sont parmi les plus mal payés de l’OCDE. Pour les deux-tiers d’entre eux, leur formation professionnelle ne les a que très peu préparés aux réalités du terrain. Sans grande surprise, plus les profs sont jeunes, moins ils s’estiment formés, ce qui recoupe les critiques récurrentes sur la réforme de la masterisation.

«Paradoxe»

Chiffre inquiétant, près de la moitié avoue ne pas savoir faire progresser un élève en difficulté. Ils sont 90% quand il s’agit d’un élève handicapé. D’ailleurs, seuls 10% trouvent le système efficace pour garantir l’égalité des chances. Et encore moins (3,4%) pour préparer à l’insertion professionnelle.

«Ces jeunes enseignants voient parfaitement ce vers quoi ils veulent aller, mais ils se heurtent au mur de l’infaisabilité. Ils n’arrivent pas plein de certitudes, ils sont à la recherche de réponses. Mais des réponses différentes de celles que leur propose le système. C’est tout le paradoxe, qui génère une grande frustration», relève Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Frustration d’autant plus mal vécue qu’ils estiment, pour leur grande majorité (87%), que leur métier est mal perçu par la socitété. Résultat, à trente ans, ils se voient déjà ailleurs : la moitié de ceux qui ont répondu à l’enquête n’envisagent pas être prof toute leur vie –  sans pour autant vouloir quitter leur statut de fonctionnaire. Au final, le malaise est donc bien là. Et il aurait même tendance à surgir plus tôt que pour leurs aînés.

Le syndicat, en campagne à l’approche des élections professionnelles du 20 octobre, a casé quelques questions sur l’attente envers les syndicats. D’où il ressort que la grande majorité (90%) y reste attachée, mais attend moins une logique d’opposition que des propositions.

 

Jeunes profs : Un présent qui ne prépare pas l’avenir 

Par François Jarraud du café pédagogique

Incompris. Sous-payés. Bouc-émissaires. Ce diagnostic est celui des jeunes professeurs sur leur métier tel qu’il apparaît dans le sondage réalisé par le Se-Unsa auprès de 4 898 « jeunes enseignants » (moins de 35 ans) publié le 4 octobre 2011. Les jeunes profs aiment bien leur nouveau métier mais sont très insatisfaits. On retiendra par exemple la paye,  le désarroi devant certaines situations professionnelles et la  demande d’une seconde carrière.

Les jeunes profs, démunis mais pas démotivés dans Actualités 04jeunesprofs1L’enthousiasme est bien présent puisque 75% des enseignants assurent le vivre dans leur métier et même 19% « énormément ». Seulement 21% « ne s’éclatent pas » dans le métier.

Mais les insatisfactions sont aussi là. Le premier motif d’insatisfaction c’est la paye. 69% des jeunes enseignants estiment ne pas bien gagner leur vie. Le pouvoir d’achat est leur première préoccupation. 74% ne sont pas prêts à travailler plus pour gagner plus. Ce n’est pas vraiment un paradoxe : 72% travaillent plus de 40 heures par semaine. Seulement 5% se déclarent aux 35 h.

Autre motif d’insatisfaction : l’encadrement. C’est un des principaux motifs de stress au travail. 82% ne sont pas satisfaits de la façon dont l’éducation nationale les gère. Les enseignants se sentent maltraités par la société et les médias.

Enfin il y a les difficultés liées au métier et à la maigreur de la formation. 69% se déclarent mal formés. La moitié des jeunes enseignants (44%) estiment ne pas être capables de faire progresser leurs élèves et c’est évidemment un énorme motif de frustration. 90% ne savent pas comment accueillir un enfant handicapé.

Le désir de fuite est bien présent. La moitié ne se voit pas enseigner jusqu’à la retraite et un tiers n’est pas satisfait de son affectation. Un prof sur deux est intéressé par une seconde carrière. On sait ce qu’est devenue cette promesse… Doit-on rattacher ici le fait que près de 80% des enseignants sont partants pour un stage à l’étranger ?

Ces jeunes enseignants mêlent trait générationnel et esprit de corps. 85% d’entre eux sont attachés au syndicalisme et une infime minorité seulement « subit » les syndicats. Le trait générationnel a à voir avec Internet : c’est la première source d’information pour ces enseignants, devant la radio puis la télévision.

04jeunesprofs2 dans Actualités Quels enseignements tirer de ce sondage ? Le premier c’est que le « malaise enseignant » sensé toucher les enseignants vers la quarantaine est présent plus tôt que prévu. Tous simplement parce que le discrédit jeté sur le métier se lit chaque mois sur la feuille de paye. Les enseignants savent que leur niveau de vie recule. Ils savent aussi depuis quelques semaines qu’il est un des plus bas de l’OCDE. Sur ce terrain une autre information mérite d’être relevée : les enseignants ne veulent pas travailler plus parce qu’ils travaillent déjà énormément. Il n’y a pas de gain à attendre d’une « intensification du travail enseignant »…

Pour le Se-Unsa, le sondage met en avant également le manque de formation.  » Leur regard sur leur formation n’en est que plus dévastateur. Pour plus des deux tiers, leur formation professionnelle ne les a que peu ou pas du tout préparés aux réalités du terrain. Il est intéressant de constater que plus on est jeune, plus la proportion d’insatisfaits augmente. C’est la confirmation de ce que nous percevions depuis des mois. Tous les ingrédients sont réunis pour gâcher ce que l’on pourrait quasiment qualifier de vocations ».

Comment conclure ? Pour le Se-Unsa,  » nos jeunes collègues témoignent d’une vision distanciée et lucide du rôle et des responsabilités d’une organisation syndicale ». Ils sont attachés à un syndicat qui « fasse des propositions » et soit « médiateur ». Ca tombe bien c’est l’identité que revendique le Se-Unsa.

François Jarraud

 

 



Le SNES (FSU) du lycée Charles Gide d’uzès écrit au Président de Région

 Logo FSUFédération Syndicale Unitaire de l’Uzège

 

SNES du lycée Charles Gide d’Uzès  Logo SNES

  

à          Monsieur Christian BOURQUIN, Président de la Région Languedoc Roussillon

            Monsieur Jacques CRESTA Président de la commission – Education – Lycée

Monsieur Fabrice VERDIER Membre de la commission  - Education – Lycée et représentant du Conseil régional au Conseil d’Administration du lycée Charles Gide

 

Objet : Restructuration du Lycée Charles Gide d’Uzès

 

Messieurs,

 

Notre établissement est aujourd’hui arrivé à saturation de ses effectifs et nous devons ensemble, les personnels du lycée et les élus décisionnaires, gérer le très court terme et prévoir le plus long terme.

 

Pour cette année scolaire, plusieurs problèmes concrets se posent dans notre lycée.

 

L’installation indispensable des locaux provisoires par la Région depuis deux ans, pour répondre à l’afflux d’élèves, nécessite la création d’au moins deux postes d’Agent Technique : un pour le service général et un autre pour la maintenance des bâtiments. Cette demande se fonde sur les ratios de surface et du nombre d’élèves établis par vos services. En effet avec près de 900 élèves et 7 salles de classes provisoires supplémentaires le nombre d’agents est aujourd’hui totalement insuffisant pour entretenir correctement notre lycée.

 

Les préfabriqués, installés dans nos trois cours, sont certes spacieux, mais les conditions d’enseignement y sont inacceptables et depuis la rentrée plusieurs élèves ont eu des malaises. Comme a pu le constater M Verdier au printemps dernier, par forte chaleur, la température est insupportable et des odeurs très fortes émanent de la structure même des locaux. Nous demandons donc une inspection sanitaire de ces salles par vos services et l’installation très rapide d’une climatisation pour chacune d’elle.

 

L’arrivée de l’Ordi dans notre lycée nous préoccupe également. En effet, nos salles ne sont absolument pas équipées pour recevoir ce type de matériel. Nous saluons l’investissement lourd que représente cet outil octroyé à chaque élève de seconde mais nous souhaitons qu’il soit fonctionnel et utilisable dans notre établissement pour ne pas être un investissement pédagogiquement inutile.

 


À terme, une restructuration profonde et globale de notre EPLE est indispensable. Lors de la réunion du 24 juin dernier, certaines pistes ont été avancées, par le Directeur adjoint à l’éducation du Conseil régional, M Sellier, et par le maître d’œuvre, Mustang architecture-design, pour l’aménagement du terrain dit de « l’ancienne Gendarmerie ». Cependant, les contraintes imposées par les architectes mandatés par les Bâtiments de France pour l’étude de l’élargissement du secteur sauvegardé de la ville d’Uzès, M Wagon et M Balmassière ainsi que par le Maire adjoint d’Uzès en charge de l’urbanisme, M Joly, rendent les projets proposés impossibles.

 

L’urgence de la situation rend pourtant cette restructuration impérative pour un fonctionnement rationnel de notre lycée et pour son développement (BTS  par exemple) dans le cadre de l’aménagement du territoire de l’Uzège et du Gard.

Nous voulons aujourd’hui réaffirmer notre demande que la « commande initiale » soit respectée c’est à dire la construction :

o      d’une salle multifonctions utilisable par les deux lycées ;

o      d’un nouvel internat et une restauration collective, communs aux deux établissements de l’Uzège ;

o      de logements de fonctions pour libérer des espaces dans l’enceinte du lycée Gide.

Ceci doit s’accompagner :

-       du « rachat » par la Région à la commune d’Uzès du centre d’accueil et de l’internat puisque le Maire d’Uzès ne semble plus disposé à le céder pour l’euro symbolique comme ses représentants s’y étaient engagés lors des CA du lycée Gide ;

-       d’une réhabilitation de la totalité des locaux libérés pour agrandir, moderniser et rendre fonctionnels nos espaces pédagogiques et administratifs.

 

Il nous semble évident à ce jour, que le projet doit être étudié dans sa globalité pour arriver à honorer cette commande, c’est à dire envisager dès le départ les constructions et les réhabilitations des locaux. Il est tout aussi évident que le projet ne peut se conduire que par tranches de travaux successifs mais il est impératif pour nous, que les premiers « coups de pioche » soient très rapidement réalisés. C’est pour cela que nous exigeons depuis de nombreux mois un échéancier précis de l’avancement du projet.

 

Comme l’a annoncé M Bourquin lors de sa venue à Uzès, les constructions ont été budgétées pour un montant de 16 millions d’euros et la réhabilitation du lycée Gide l’a été pour une somme de 17 millions d’euros. De plus, M Verdier nous a aussi annoncé, lors de la réunion du mois de juin, le lancement d’un concours d’architectes pour mettre en oeuvre cette restructuration. Cet équipement structurant pour l’Uzège est indispensable, c’est pourquoi nous sommes impatients que ces annonces deviennent réalité.

 

Pour le bien commun des familles de l’Uzège et de la qualité du service public d’Education, nous devons, ensemble, mettre toute notre énergie pour voir rapidement sortir de l’impasse ce projet et pour surmonter les querelles locales.

 Nous souhaitons donc dans les plus brefs délais (avant les vacances de la Toussaint) la convocation d’une nouvelle réunion de tous les intervenants pour présenter l’échéancier des travaux.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de Région, Messieurs les Vice- Présidents l’expression de nos sentiments distingués.

 

 

Pour le SNES du lycée Charles Gide et la FSU de l’Uzège

Emmanuelle Michard et Franck Tichadou



Des milliers de lycéens dans la rue « contre la suppression d’un mois de vacances »

Article Libé.fr

Des milliers de lycéens dans la rue

Policiers en banlieue. (© AFP Jean-Philippe Ksiazek)

Une rumeur sur la suppression de vacances a déclenché vendredi matin des manifestations lycéennes et des violences urbaines en région parisienne et dans le Nord et l’Est de la France.

Au Chesnay, dans les Yvelines, une dizaine de voitures ont été endommagées autour d’un lycée. Dans le Nord de la France, plusieurs milliers de lycéens ont manifesté dans des villes du Nord/Pas-de-Calais, de Picardie et de Champagne-Ardenne en raison de cette rumeur infondée selon laquelle le gouvernement voudrait supprimer un mois de vacances.

Dix-huit jeunes manifestants ont été interpellés dans le Pas-de-Calais après des incidents à Lens et à Arras, où, selon la préfecture, ils auraient dégradé des bus, mis le feu à des conteneurs et sont soupçonnés d’outrage à agent.

Par ailleurs, quatre jeunes ont été interpellés à proximité d’un lycée professionnel d’Amiens-Nord, après avoir jeté des cocktails Molotov et des briques sur la police, a indiqué la préfecture de la Somme. Il ne s’agit pas d’élèves, mais de «gens extérieurs qui étaient là pour casser», selon cette source.

SMS et Facebook

Ces manifestations sont parties d’une consigne, propagée par SMS et sur Facebook, appelant à bloquer l’accès aux établissements scolaires au motif que le président Nicolas Sarkozy voulait supprimer un mois de vacances, a-t-on expliqué au rectorat d’Amiens.

Selon le rectorat de Lille, quelque 500 lycéens d’établissements professionnels ont manifesté à Douai et une centaine à Dunkerque, dans le département du Nord, où des établissements de Lille et Trith-Saint-Léger ont également été touchés.

Près de 500 lycéens ont également protesté à Béthune (Pas-de-Calais), sans désordres, a précisé la préfecture du Pas-de-Calais, région où plus de 2.000 manifestants ont été dénombrés au total. Le mouvement a même touché plusieurs petites villes.

Des consignes de fermeté ont été données aux forces de l’ordre, selon la préfecture. «Cela n’a ni queue ni tête. On ne sait pas d’où part cette rumeur infondée et ubuesque», a expliqué le rectorat de Lille, qui a dénoncé une «désinformation orchestrée».

La rumeur se répand par SMS et le réseau social Facebook, et «fait tâche d’huile», selon la même source.

Feu de poubelles

En Picardie, une vingtaine d’établissements ont été touchés, dont cinq à Amiens qui concentraient la majorité des manifestants. Ils ont tenté de bloquer l’accès aux bâtiments et, pour certains, ont mis le feu à des poubelles, jeté des pierres, des oeufs ou des tomates.

En Champagne-Ardenne, «plusieurs petits rassemblements» ont été recensés vendredi matin, mais sans débordements.

Un rapport du comité de pilotage sur les rythmes scolaires proposait de raccourcir de deux semaines les vacances d’été et de porter la durée des vacances de la Toussaint à deux semaines, mais aucune décision n’a été prise.

Le ministre de l’Education Luc Chatel avait dit en juillet à l’AFP vouloir entamer une «concertation» avec les syndicats enseignants pour annoncer «à l’automne» des décisions qui pourraient entrer en vigueur «dès la rentrée 2013».

(Source AFP)



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