Hommes, femmes ? Etre transgenre n’est pas une maladie : c’est l’Europe qui le dit

Article Nouvel Obs.com

LE PLUS. Des députés demandent le retrait de manuels scolaires parlant d’identité sexuelle, la France, suivant l’OMS, considère toujours que la transidentité est une maladie… Mais cette fois, l’Europe fait cavalier seul. Identité de genre ? Théorie du genre? De quoi parle-t-on, en vérité ?

Voici peu de temps la France a découvert ce qu’est l’identité de genre au travers de la polémique concernant les manuels scolaires de SVT en première.

 

Des députés, des sénateurs se sont élevés contre ce balbutiement anti-discriminatoire, l’Europe, aujourd’hui, les désavoue !

 

Drapeaux français et européen (MYCHELE DANIAU / AFP)

Drapeaux français et européen (MYCHELE DANIAU / AFP)

 

« Théorie du genre » ? Non, Identité de genre

 

L’identité de genre est clairement définie dans les Principes de Jogjakarta, ainsi que dans le document écrit en 2009 par Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe :

 

« L’identité de genre est comprise comme faisant référence à l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps (qui peut impliquer, si consentie librement, une modification de l’apparence ou des fonctions corporelles par des moyens médicaux, chirurgicaux ou autres) et d’autres expressions du genre, y compris l’habillement, le discours et les manières de se conduire. »

 

L’identité de genre est ce qui permet à chaque individu sur cette planète de se définir en fonction de lui-même, mais aussi en fonction de la société, donc homme, femme ou, ni homme, ni femme.

 

Les notions d’homme et de femme ne sont que de simples constructions sociales, à ne pas confondre avec l’aspect des organes sexuels définissant les mâles, les femelle et les intersexes. La variabilité des aspects sexuels est étendue au-delà de la simple binarité imposée qui veut qu’il n’existe que des mâles (qui sont, de facto, des hommes) et des femelles (qui sont, de facto, des femmes).

 

Thomas Hammarberg (PETRAS MALUKAS / AFP)

Thomas Hammarberg (PETRAS MALUKAS / AFP)

 

Hammarberg et l’École 


Le 27 septembre 2011, Thomas Hammarberg a publié sur son blog −  »le carnet des droits de l’Homme du commissaire du Conseil de l’Europe » − un article mettant en garde les gouvernements composant ce Conseil de l’Europe, donc la France, de cesser de diffuser des messages homophobes et transphobes: « Les établissements scolaires doivent cesser de diffuser des messages homophobes et transphobes. »

 

Le message sera-t-il assez clair pour que tous ces députés, sénateurs, politiques, religieux… qui crient haut et fort leur haine des manuels scolaires comprennent enfin qu’il s’agit de lutter CONTRE les discriminations et POUR le respect des droits humains ?

 

Transidentité et maladie psychiatrique

 

Contrairement à ce que certains penseront, ce sujet est lui aussi au centre de ce débat politique de respect des droits humains.

 

En effet, si vous avez lu la définition de l’identité de genre, la transidentité (archaïquement appelée « transsexualité ») n’est que l’expression de son identité de genre, d’une façon considérée comme non conforme au genre assigné à la naissance en fonction de l’aspect des organes génitaux.

Nous sommes donc bien, nous, les trans, au centre de ce débat sur le genre.

 

A ce jour, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) considère que la transidentité est une maladie psychiatrique. Cette médicalisation (et psychiatrisation) est la cause de nombreuses discriminations que nous subissons.

 

La France considère toujours que la transidentité est une maladie mentale !

 

L’Europe se désolidarise

 

Le Parlement Européen a publié mercredi 28 septembre 2011, une résolution demandant à l’OMS de retirer tout « trouble de l’identité de genre » de sa liste des maladies mentales.

 

Page 5, point 16 : « Calls on the Commission and the World Health Organization to withdraw gender identity disorders from the list of mental and behavioural disorders, and ensure a nonpathologising reclassification in the negotiations on the 11th version of the International Classification of Diseases (ICD-11); »

 

La conclusion est limpide : l’Europe, au travers de son Parlement, considère que la transidentité n’est pas une maladie.

 

Quand l’État français, si fier de justifier des interventions militaires (justifiée, au demeurant, pour la Libye) sur la base du respect des droits de l’Homme, appliquera-t-il ces mêmes droits à une large partie de sa population ?

 

Quand cessera-t-il de discriminer ?

 



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