Grève unitaire le 15 décembre

Articles du café pédagogique

Evaluation des enseignants : Les syndicats décident aujourd’hui d’une journée de grève unitaire

Grève unitaire le 15 décembre dans Actualités 06cdt1C’est la décision aujourd’hui des syndicats du primaire qui donnera à la journée du 15 décembre sa coloration. Après la publication le 15 novembre des projets de décret et d’arrêté sur l’évaluation des enseignants, les syndicats du second degré ont décidé de ne pas attendre le 21 pour prendre position. Vendredi 18, ils annonçaient leur décision d’appeler à la grève pour le 15 décembre.

 

Signé par la quasi totalité des organisations du second degré  (Cgt, Se-Unsa, Sgen Cfdt, Sncl Faen, Snes Fsu, Snep, Snuep, Snlc FO, Sud) l’appel « condamne unanimement les projets de texte sur l’évaluation des personnels enseignants ». « La fin de la double évaluation (NDLR : par le chef d’établissement et l’inspecteur) reviendrait à reléguer au dernier plan ce qui constitue le coeur du métier, à savoir le travail en classe avec les élèves », note encore le communiqué. Les syndicats appellent donc les personnels du second degré à signer une pétition unitaire en ligne et à faire grève le 15 décembre.

 

C’est au tour aujourd’hui des syndicats du premier degré (Snuipp, Se-Unsa, Sgen) de décider de leur position. Le Snuipp a clairement fait entendre son intention d’appeler à la grève. Les deux autres organisations ont ratifié l’appel du 2nd degré… Cependant la situation est différente dans le premier degré. Des différents aspects des textes, les enseignants du 2nd degré ont surtout retenu l’évaluation par le chef d’établissement. Dans le premier degré l’évaluation reste le fait de l’inspecteur. Ce sont donc les autres aspects du texte qui pourraient mobiliser les enseignants, comme le ralentissement de l’avancement , et donc de la progression salariale, prévue par le nouveau système. L’évaluation des enseignants selon les progrès des élèves n’a pas été relevée par les syndicats jusque là.

Communiqué intersyndicale du secondaire

Le dossier du Café

La pétition unitaire


 

Evaluation : et si on sortait de la langue de bois… ?

On pourrait trouver étonnante la réaction des syndicats enseignants, presque unanime , d’appeler à la grève contre la modification des modalités d’évaluation et d’avancement de leurs mandants. Ce serait oublier combien le sentiment des profs sur ces questions est à vif, surtout dans le second degré. Depuis plusieurs années, la double tutelle des chefs d’établissement et des IPR ou IEN disciplinaires sent la poudre. Entre les sujétions du « projet d’établissement » et la défense de la « discipline », on connait les difficultés à inventer ce nouvel espace professionnel hybride.

 

Pourtant, on sait désormais que l’efficacité de l’éducation tient à la fois  à ce qui se passe dans la classe, dans les modalités de transmission des savoirs, et dans l’établissement, dans la capacité des divers métiers à collaborer pour avancer ensemble sur les difficiles questions de l’accompagnement des élèves, des devoirs, des sanctions,  du lien avec les familles, l’environnement…

 

C’est le moment que choisit l’inénarrable M. Chatel pour annoncer que la publication des résultats des élèves, établissements par établissement, est à terme « nécessaire », notamment pour informer les parents et continuer à réduire les postes. Il a le mérite de la cohérence politique.  Voilà qui devrait déminer le conflit…

 

Evidemment, M. Chatel ignore tout du travail des enseignants. Il ne sait pas que les enseignants ont d’abord besoin du soutien de l’institution, justement parce que c’est elle qui institue. Il ignore sans doute que la force des hussards noirs tenait à la légitimité que leur donnait la République, pas de leur charisme personnel…

 

Evidemment, M. Chatel n’a pas lu Christophe Dejours, qui différencie le « jugement de conformité » nécessairement posé par le supérieur hiérarchique et le « jugement de beauté » porté par les collègues, qui  exprime à la fois le fait de faire le métier « dans les règles de l’art », mais aussi en y ajoutant sa petite graine d’inventivité. Pour essayer de mieux faire « ce qu’on n’arrive pas encore à faire », comme dit F. Lantheaume.

 

Que l’évaluateur soit l’IPR ou le chef d’établissement ne peut poser problème que si l’enseignant ne reconnaît pas la légitimité de celui qui pose ce jugement de conformité. Lorsqu’un prof dit « que connaît le principal à la discipline ? »,  laisse-t-il entendre qu’il accueille en confiance l’IPR dans sa classe ? En tout cas, on peut multiplier les exemples, dans le premier et le second degré, d’inspecteurs ou de chefs d’établissements qui sont tiraillés entre le marteau et l’enclume, entre les réformes à faire pleuvoir sur les fantassins et leur faculté de comprendre les problèmes réels que rencontrent les enseignants.

 

Evidemment, le modèle de M. Chatel est celui du prestataire de service d’éducation, qui entretient des rapports marchands et contractuels avec ses clients. A chacun de fidéliser les siens. Evidemment, M. Chatel ne sait rien de ce qu’est la transmission de la culture, ni pourquoi les élèves des milieux populaires ont besoin d’école.

 

Parce que notre école est en crise, les réponses idiotes de la GRH renforcent l’inquiétude et la colère, là où ceux qui travaillent ont besoin de cadres collectifs pour  inventer autre chose que l’inspection infantilisante, le clientélisme ou la crainte du petit chef. Cela passe, pour les profs, les chefs d’établissement et les inspecteurs, par la capacité à travailler ensemble, localement, avec exigence et sans craindre ni la controverse ni l’incertitude. Chacun y est-il prêt ?

 

Marcel Brun

 

 

Les inspecteurs « vent debout » contre la réforme de l’évaluation des enseignants

snia01 dans Syndicats enseignants« L’ignorance le dispute au mépris. Chatel est un barbare. Il ne connaît rien. Il ne veut rien connaître. Il passe en force ». Roger Keime, secrétaire général du SNIA IPR, syndicat majoritaire chez les IA IPR, est furieux. Il a eu l’occasion de la faire savoir au CSE du 17 novembre. Il en témoigne dans un entretien accordé au Café pédagogique le lendemain.

 

« Quellles que soient les compétences des chefs d’établissement, leurs compétences ne sont pas disciplinaires », estime R Keime, qui rappelle que celles-ci sont un des 4 piliers de la nouvelle évaluation voulue par le ministre. Or pour lui, « la vision de ce qui se fait dans la classe ne peut être obérée. Les inspecteurs voient mal qu’ils n’aient plus qu’à réfléchir à partir de documents d’autoévaluation ou d’analyse du système ». Il rappelle également l’attachement des enseignants au double regard de l’inspecteur et du chef d’établissement. « Exclure les corps d’inspection pédagogique de ce dispositif d’évaluation c’est une fois de plus ignorer leurs compétences, leur expertise et leur légitimité ». Le SNIA IPR manifeste la même hostilité au projet de réforme de la gouvernance académique qui doit passer en CTM le 29 novembre. « C’est une fuite en avant électorale », nous a-t-il confié. « Un texte rédigé à l’UMP plus que par les fonctionnaire du ministère ».

 

gonnet2Du côté des inspecteurs du premier degré, Michel Gonnet, secrétaire général du Snpi Fsu (un quart des IEN), appelle les IEN « à une mobilisation à la hauteur » contre ce texte. « Nous avons appris que les IEN premier degré chargés d’une circonscription (IEN CCPD) ne feraient pas partie du « service académique de l’inspection » prévu dans le document de travail fourni par l’administration. Avec les inspecteurs du second degré, seuls les IEN du premier degré qui ne sont pas chargés d’une circonscription y seront rattachés. Les IEN CCPD, à l’inverse de leurs autres collègues inspecteurs, feraient partie de la ligne hiérarchique décisionnelle à l’instar des chefs d’établissement. Si on relie les deux réformes, une des conséquences en est que l’évaluation des enseignants qui sera demandée à l’IEN-CCPD sera celle d’un supérieur hiérarchique, à savoir un entretien professionnel cadré par des items. Alors que jusqu’ici tous les inspecteurs tiennent leur autorité de leur expertise pédagogique et disciplinaire, les IEN CCPD la tiendraient désormais de leur appartenance à la chaîne hiérarchique. Autrement dit, d’une place de « fonctionnaire de proposition » ceux-ci passeraient à un statut de « fonctionnaire de décision ». Le Snpi veut sauvegarder  » la liberté d’appréciation et la distance intellectuelle nécessaires à l’inspection ».

Les IPR se méfient le la réorganisation académique

 

 

Message  de la FSU :

Face au projet ministériel concernant l’évaluation des enseignants et comme nous vous l’indiquions lors du dernier message, une pétition est désormais en ligne. Cette pétition est largement unitaire (CGT,  SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNUipp-FSU, FO-SNLC)
Elle accessible par le lien suivant :

http://retraitduprojetevaluation.net/
Nous vous appelons à la faire circuler en l’envoyant largement vers vos collègues en particulier de votre établissement.
Nous vous confirmons l’appel à la grève de l’intersyndicale du second degré pour le jeudi 15 décembre
Toutes les informations concernant le projet ministériel est consultable sur le site du SNES

http://www.snes.edu/-Evaluation-des-personnels,4740-.html

Frédérique Rolet, Roland Hubert, Daniel Robin
Co-secrétaires généraux



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