Voie technologique : Pour le SNES, « ça va péter »

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Voie technologique : Pour le SNES, « ça va péter »

Voie technologique : Pour le SNES, STL, STI, STG, ST2S : toutes les voies technologiques enchaînent les réformes, certaines la réforme de la réforme. Comment cela se passe-t-il sur le terrain ? Pour le Snes, qui réunit le 8 décembre un colloque national, la situation devient très grave dans certaines branches comme STI ou STL. La réforme génère une grande souffrance au travail.

 

L’enseignement technologique est en crise. S’il représente encore un quart de tous les bacheliers, celle-ci diminue. Toutes les voies connaissent une érosion à l’exception de ST2S. Elle est particulièrement forte en STI. Et cela même si la filière donne accès à des études supérieures et à une insertion réelle dans  l’emploi. Aujourd’hui son identité est questionnée entre filières générales réformées et un enseignement professionnel qui devient une voie d’accès au supérieur.

 

« On n’est pas loin de se foutre sur la gueule pour savoir qui va rester », témoigne un enseignant de STI. « Les inspecteurs nous renvoient la responsabilité de tout ce qui va mal ». Les témoignages réunis par le SNES pour le colloque de la voie technologique viennent de toute la France, de Bayonne à Dunkerque. Pourtant les situations décrites en STI et STL sont partout les mêmes. Les seules interrogations c’est de savoir quand les élèves vont exprimer leur ras le bol.

Lisez le reportage

 

L’enjeu du technologique et du professionnel

10auduc dans Syndicats enseignantsEn 2011, un bachelier (71,6% d’une classe d’âge)  sur deux obtient son diplôme dans le cadre d’une filière technologique ou professionnelle.

 

Cette situation a deux conséquences. La part des bacheliers généraux dans la classe d’âge n’a que peu augmenté depuis vingt ans. Tous ceux qui écrivent sur le baccalauréat « distribué à tout le monde » devraient se souvenir que sur 21 ans, entre 1990 et 2011, le pourcentage d’une classe d’âge obtenant un baccalauréat général n’a augmenté que de 7,5% alors que le pourcentage total de bacheliers toutes filières confondues s’est accru de 28,1%.

 

Ce développement des bacheliers technologiques et professionnels a eu inévitablement des conséquences dans l’enseignement supérieur que nous permet de bien mesurer la note de la DEPP parue le 14 novembre 2011. Il y a en France en 2010-2011 environ 2 300 000 étudiants dont seulement 1 400 000 sont inscrits dans les universités. Pourquoi cette différence ? parce que les bacheliers technologiques et professionnels qui vont dans l’enseignement supérieur choisissent peu l’université (28,5 % pour les bacs technos, 7,7%  % pour les bacs pros). Ils s’orientent indépendamment des IUT, avant tout vers les BTS, les écoles spécifiques, les écoles de commerce et l’apprentissage (150 000 étudiants préparent un diplôme du supérieur par l’apprentissage). L’enseignement privé, de ce fait, représente dans le supérieur 1 étudiant sur 6, majoritairement sous statut privé « marchand », puisque les instituts catholiques qui représentaient 7,8% en 2000 n’en représentent plus que 6,5% en 2010.

 

Au total, cette poussée des formations professionnelles et technologiques permet en 2009 que 46,4% des jeunes d’une classe d’âge sont titulaires d’au moins un diplôme de l’enseignement supérieur ( 53,8% pour les femmes et 39% pour les garçons).  L’objectif des 50% de diplômés du supérieur est donc atteint et dépassé en 2011.

 

On peut donc dès lors se demander, quand on se rappelle que les enseignants de ces filières ont été les grands oubliés de la mastérisation, pourquoi, face aux attaques contre cette voie incontestable de promotion sociale qui permet la réussite de nombreux jeunes, il y a une telle absence de ripostes et de réflexions ? Est-ce parce que les enseignants, les décideurs, ceux qui écrivent ou qui parlent dans les médias n’y scolarisent pas leurs enfants ?

 

Pourquoi le monde universitaire laisse-t-il se développer le privé marchand et l’apprentissage sans proposer des perspectives à la hauteur du nombre de bacheliers concernés ?

 

Pourquoi tant de réticences à dire qu’aujourd’hui un diplôme du supérieur sur deux (comme les bacheliers) vient de ces filières et continuer dans une démarche élitiste à ne diffuser des chiffres de diplômés du supérieur qui ne concernent que les  voies universitaires générales ?

 

L’enjeu des qualifications professionnelles supérieures est décisif pour le développement économique futur d’un pays. Il est indispensable qu’il figure au premier plan des préoccupations de ceux qui exercent ou qui veulent exercer le pouvoir  et qu’ils ne se contentent pas de mener un débat sur la liaison secondaire-supérieur qui ne concerne que les formations traditionnelles. N’est-il pas utile de rappeler que ce sont des ministres de gauche en 1986 et en 2000 qui ont créé le bac pro, la licence professionnelle afin de permettre une diversification et une démocratisation du supérieur ?

 

Jean-Louis Auduc   

 

 



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