Hollande choisit les Hauts-de-Seine pour répondre aux propositions sur l’école du candidat Sarkozy

Article du Monde.fr

06 mars 2012
Hollande choisit les Hauts-de-Seine pour répondre aux propositions sur l’école du candidat Sarkozy dans Actualités hollandevlagarenne-300x183FRançois Hollande devant les grilles du collège Edouard Manet de Villeneuve-la-Garenne (AFP PHOTO POOL / PATRICK KOVARIK)


Une matinée à Villeneuve-la-Garenne ? Privilège de candidat à la présidence ! C’est en effet dans ce département – fief du sarkozysme – que le candidat socialiste a choisi, mardi matin 6 mars, de rappeler ses priorités éducatives et de réagir aux propositions du chef de l’Etat faites la semaine dernière sur l’école.

A l’annonce d’une augmentation de 500 euros pour les enseignants de collège, faite par Nicolas Sarkozy (à condition qu’ils acceptent de travailler 26 heures hebdomadaires), le candidat socialiste a répondu par ses quatre priorités, certes, mais aussi par une légère ouverture sur le terrain de la feuille de paye.

Interrogé en marge d’une table ronde avec des enseignants du collège Henri Matisse, François Hollande a déclaré au Monde être « très conscient que les enseignants français gagnent moins que dans une partie des pays de l’OCDE. Mais je ne veux pas faire des promesses que je ne pourrai pas tenir. Le budget est très contraint. En revanche, si les marges de manœuvre le permettent, ce sujet pourra être abordé dans le cadre de la discussion ouverte avec les acteurs de l’école », a-t-il ajouté.

Statut de 1950. Quand Nicolas Sarkozy propose les 500 euros contre l’abandon du statut de 1950, qui définit le métier d’enseignant par les heures de cours, le candidat socialiste a rappelé qu’il « ne souhaitait pas changer le statut de 1950″. Une déclaration prolongée par Bruno Julliard, son conseiller sur l’enseignement scolaire. Au yeux de ce dernier, « il y a bien d’autres moyens de prendre en compte des missions autres que les heures de cours sans pour autant changer un statut ».

Les enseignants du collège Henri Matisse, classé en zone d’éducation prioritaire et en zone de prévention violence, avaient invité le candidat PS – le seul présidentiable à avoir répondu – à venir observer in situ ce que la baisse des moyens en matière d’éducation signifie concrètement dans un établissement pas vraiment favorisé.

Ils ont raconté comment leur collège où près d’un enfant sur deux est issu d’un milieu défavorisé contre un sur vingt seulement d’un milieu favorisé, va perdre 33 heures d’enseignement à la rentrée prochaine. L’équipe enseignante va voir partir en fumée tous les dispositifs pédagogiques qu’elle mettait en place depuis quelques années pour tenter d’améliorer le très faible taux de réussite au diplôme national du brevet. En juin 2011, les collégiens de Henri Matisse ne sont que 58 % à avoir décroché ce diplôme que 86 % des élèves du département obtiennent.

hollandevlagarenne2-1024x692 dans ActualitésAFP/PATRICK KOVARIK

« Atteindre l’excellence ». François Hollande leur a rappelé sa volonté de mettre l’accent sur les classes charnières. La classe de 6e, qui marque l’entrée au collège est en effet jugée comme un moment les plus difficiles d’une scolarité. Surtout pour des élèves fragiles. François Hollande propose de mettre « plus de moyens, plus de ressources, plus d’enseignants dans les zones défavorisées. Car mon objectif n’est pas seulement de lutter contre l’échec. C’est aussi de permettre aux enfants d’atteindre l’excellence », a-t-il rappelé.

Un discours qui là encore répond au candidat sarkozy. Ce dernier avait choisi de visiter l’internat d’excellence de Montpellier avant de prononcer son discours sur l’école, mardi 28 février. Or l’internat d’excellence c’est une somme d’argent conséquente consacrée à à peine plus de 2000 élèves. Deux visions de l’excellence se font ainsi face. Le collège qui tente de rester « unique » et de garder tous les élèves côté PS ; le collège qui recrée un pallier d’orientation après à la 5e, côté UMP. Des dispositifs dérogatoires pour favoriser l’excellence de quelques-uns pour l’UMP, l’excellence pour tous côté PS.

Pour y parvenir le candidat socialiste a d’ailleurs proposé deux leviers. D’une part les dédoublements de classes, d’autre part le maintien des moyens dévolus à l’innovation pédagogique. Il s’est au passage insurgé une énième fois contre la baisse de moyens, s’étonnant que « là où on devrait avoir plus d’heures de soutien, on coupe des moyens ! ».

Pré-recrutement. Une occasion de rappeler aussi que l’engagement qu’il a pris des « 60 000 postes » servira les zones défavorisées, et mettra l’accent sur l’enseignement primaire. Bruno Julliard a aussi rappelé en marge de cette visite que les 12 000 postes annuels sur 5 ans qu’on pouvait imaginer étaient peut-être un modèle trop mathématique. M. Hollande a en effet précisé que serait mis en place un pré-recrutement des enseignants dès l’année de licence.

Une fois que le dispositif portera ses fruits et que le vivier de candidats enseignants s’étoffera, les recrutements pourront trouver preneurs, alors que les premières années il sera difficile d’augmenter de manière conséquente les postes aux concours enseignants. François Hollande a aussi répété sa volonté de remettre en place une formation initiale. Une réforme qui absorbera déjà à elle seule plus d’une dizaine de milliers de postes !

Dans une salle éclairée par la lumière du jour « faute d’argent pour changer les ampoules », comme l’a expliqué le chef d’établissement, la présence du candidat a suscité quelques espoirs dans un corps enseignant qui enchaîne les journées de grève et de mobilisation depuis la rentrée. Reste qu’ils n’ont toujours pas trouvé le moyen de boucler leur rentrée, sans mettre 29 enfants par classe de 6e ou supprimer tous leurs dispositifs d’aide…

Maryline Baumard



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