Enseignement catholique: la guerre scolaire n’aura pas lieu

Article de l’Express.fr

Enseignement catholique: la guerre scolaire n'aura pas lieu

François Hollande et Vincent Peillon ne voient aucun problème à associer le privé au débat sur l’enseignement.

REUTERS

Le candidat, qui a su séduire les profs du public, a une bonne cote dans l’enseignement catholique. Et pour cause: il prend garde de ménager ses susceptibilités.

Souvenez-vous de François Mitterrand et de l’école libre. Souvenez-vous de ce blocage. » Cet avertissement de Nicolas Sarkozy à Laurent Fabius sur le plateau de l’émission de France 2 Des paroles et des actes, le 6 mars, n’a pas échappé au secrétaire général de l’enseignement catholique, Eric de Labarre: « Personne n’a intérêt à rallumer la guerre scolaire, nous avons aujourd’hui une forte capacité de mobilisation. »

Un possible retour de la gauche au pouvoir ne l’inquiète pas. Et pour cause. François Hollande, qui a fait une partie de sa scolarité chez les Frères des écoles chrétiennes, n’a rien d’un bouffeur de curé. « Il a une vision beaucoup moins caricaturale de l’enseignement privé que d’autres, gauche et droite confondues. C’est un élu local, il sait ce que nous représentons dans les zones rurales. »

Sur le sujet sensible des relations entre l’Etat et l’enseignement catholique, François Hollande balise le terrain et joue la carte du dialogue. Le candidat socialiste a reçu une délégation d’évêques le 7 mars. Le même jour, une rencontre était organisée entre Vincent Peillon, son responsable éducation, et les représentants de l’enseignement catholique.

Pour l’école catholique, « mieux vaut un socialiste humaniste qu’un UMP ultralibéral »

C’est un vieil ami, l’avocat chrétien Jean-Pierre Mignard, qui a joué les intermédiaires. « Je les vois comme je vois tout le monde, avec bienveillance et intérêt », rapporte Peillon. Il assure que les socialistes ne toucheront pas à la règle du 80/20 qui encadre la répartition des moyens budgétaires entre public et privé. Et si l’école libre veut s’associer aux réflexions sur l’évolution du système, « pas de problème ».

Prudent, l’enseignement catholique soigne ses relais au sein du Parti socialiste. Henri Nallet, par exemple, ministre de François Mitterrand et vice-président de la Fondation Jean-Jaurès, est un proche de Fernand Girard, fin lobbyiste de l’enseignement catholique. « Finalement, pour nous, mieux vaut un socialiste humaniste qu’un UMP ultralibéral », s’amuse Girard.

La loi Carle ne sera pas remise en question

Le privé, traditionnellement à droite, compte en effet parmi les déçus du sarkozysme. Il a perdu 6 850 emplois depuis 2007. Une situation jugée intenable, qui a fini par crisper les enseignants et les parents. Philippe Gustin, l’ex-directeur de cabinet de Luc Chatel, en a fait les frais: ce franc-maçon laïcard refusait de céder aux demandes du privé qui réclamait moins de suppressions de postes que prévu. Mal lui en a pris: d’importantes manifestations ont perturbé la rentrée. Et l’enseignement catholique a obtenu sa rallonge budgétaire. « Il a fini par comprendre: quand on nous prend des postes, on gueule », commente-t-on sobrement au Secrétariat général de l’enseignement catholique.

Le seul acquis du quinquennat, c’est la loi Carle, du 28 octobre 2009, qui a maintenu une situation plutôt favorable au privé en matière de financement des écoles accueillant des élèves scolarisés hors de leur commune. L’adoption de ce texte a fait pousser des cris d’orfraie aux associations laïques, et une bonne partie des parlementaires socialistes l’a combattue.

« Toucher à la loi Carle, c’est la bêtise à ne pas faire », prévient Bernard Toulemonde, inspecteur général et fin connaisseur de l’enseignement privé. Que fera François Hollande? « La loi Carle ne me pose pas de problème. Nous ne rouvrirons pas ce dossier », promet aujourd’hui Vincent Peillon. Il y aurait des coups à prendre des deux côtés: s’il veut soigner les cathos, Hollande n’a pas non plus intérêt à braquer les plus ardents défenseurs de la laïcité au sein de son camp.



La loi Carle déboutée : un coup d’arrêt aux privilèges de l’enseignement privé

Pascale Le Neouannic et François Cocq

Le tribunal administratif de POITIERS en date du 15 février 2011 a rejeté la demande formulée par l’établissement privé catholique sous contrat : l’école Sainte Marie de la Providence de Rochefort. Celui-ci, au nom de l’application de la sinistre loi Carle, voulait obliger 21 communes de Charente-Maritime à participer aux frais de scolarisation des enfants domiciliés sur leur territoire communal mais inscrits dans l’école privée située dans une autre commune.
« La commune de résidence n’a pas l’obligation de participer aux dépenses de fonctionnement des écoles élémentaires sous contrat d’association résultant de la scolarisation d’enfants fréquentant l’école d’une autre commune, lorsqu’elle est en mesure d’accueillir les enfants concernés », a estimé le Tribunal administratif de Poitiers.
Il s’agit d’un désaveu cinglant à l’une des principales dispositions de la loi Carle votée à l’automne 2009. Cette loi confirmait dans ses grandes lignes l’article 89 de la loi relative aux libertés et responsabilités locales du 13 août 2004 contre lesquelles le camp laïc s’était élevé avec vigueur.
Il s’agit d’un coup d’arrêt majeur aux nombreux avantages octroyés par les gouvernements depuis des années à l’enseignement privé, alors même que la pénurie est seule à l’ordre du jour pour l’enseignement public. Il confirme que l’école publique laïque et gratuite communale ne saurait être mise en concurrence avec des institutions confessionnelles privées payantes situées sur une autre commune, dénonçant la relation marchande entre l’usager et la commune introduite par la loi Carle.
Le tribunal administratif mesure ici tous les risques encourus pour les finances des communes si demain elles étaient contraintes de payer pour la satisfaction de choix particuliers. Cette école privée a tenté ni plus ni moins de remettre en cause la « libre administration des collectivités locales », principe constitutionnel.



Ecole: Hollande veut des journées moins longues, plus de jours sur l’année

Article 20minutes.fr

Mis à jour le 17.03.12 à 18h03

Le candidat PS à l’Elysée, François Hollande, a détaillé samedi plusieurs mesures pour l’Education, comme une modification des rythmes et de la carte scolaires, un décret accordant des droits aux représentants des parents d’élèves et une loi d’orientation.

« La réforme des rythmes scolaires sera l’une des priorités », a déclaré M. Hollande devant la fédération de parents d’élèves FCPE, qui a soumis douze « exigences pour l’école » aux candidats lors d’une rencontre à Paris.

« C’est en France que la scolarité dans l’année est la plus courte et les heures de la journée les plus longues », a-t-il développé, plaidant pour « une journée scolaire plus courte ». Cela irait de pair avec un raccourcissement des temps de vacances, pour qu’il y ait « plus de journées d’école ».

« Nous reverrons le mécanisme de la carte scolaire », a déclaré M. Hollande, qui a défendu ses autres mesures (création de 60.000 postes, triplement du nombre d’enfants de moins de trois ans en maternelle, rétablissement de la formation initiale des enseignants). « Tout enfant de trois ans dont les parents veulent qu’il soit scolarisé doit être accueilli à l’école maternelle », a-t-il dit.

M. Hollande s’est engagé samedi en faveur d’une demande forte de la FCPE: un décret qui accorderait des droits aux représentants des parents d’élèves. « Si je deviens le président, sans attendre que l’Assemblée soit renouvelée, le décret sera pris », a-t-il promis.

Le candidat socialiste est « pour le maintien des notes avec une autre évaluation qui tienne compte des progrès et des efforts », a-t-il ajouté.

« Je présenterai une loi de programmation et d’orientation. Ce travail sera préparé par une vraie concertation avec tous les acteurs de l’école: les professeurs, les personnels de l’Education nationale et les parents », a promis le député de Corrèze, qui veut « réduire de moitié le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans formation » (150.000 chaque année).

Il a estimé que jamais une élection présidentielle n’avait confronté « deux conceptions de l’école aussi différente », entre « une conception qui considère que l’école est là pour sélectionner, contre l’école de la réussite et de l’émancipation ».

© 2012 AFP


Eva Joly veut créer 20 000 postes dans l’Education

Article Libé.fr

La candidate d’Europe Ecologie-Les Verts a répondu ce samedi à l’interpellation de la fédération de parents d’élèves FCPE.

Eva Joly, candidate d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à l’élection présidentielle, a prôné samedi un système éducatif français moins élitiste et souhaité recréer 20.000 postes, lors d’une journée d’interpellation de candidats par la fédération de parents d’élèves FCPE.

« Notre école est aujourd’hui à bout de souffle, nous devons inventer ensemble un nouveau modèle (…) Mais cela ne va pas être simple, car nous partons de 200 ans de tradition élitiste », a-t-elle déclaré à La Bellevilloise, un lieu branché parisien, dans le XXe arrondissement.

« Nous avons un chantier énorme: transformer cette école élitiste en une école devant former des citoyens capables de prendre la parole en public, de comprendre les grands enjeux et de pouvoir dire non », a-t-elle ajouté.

Pour cela, la candidate écologiste prône notamment 20.000 recrutements dans l’Education nationale, des formations professionnelles et permanentes pour les enseignants, une carte scolaire « qui assure la mixité sociale » et une offre de scolarité en maternelle « dès deux ans dans les quartiers difficiles ».

Selon elle, le quinquennat de Nicolas Sarkozy se termine par « une dérive des inégalités » et « une dégradation de notre école » dues notamment au « non remplacement d’un enseignant sur deux » et à « la suppression des structures d’aide », notamment les postes d’enseignants « Rased » contre l’échec scolaire.

«Fondre les grandes écoles dans l’université»

Eva Joly défend également « des écoles dans de mêmes lieux de 6 à 16 ans », des équipes pédagogiques stables et un « véritable statut pour les parents d’élèves », sujet sur lequel elle a pris « un engagement solennel ».

« Je ne rallumerai pas la guerre scolaire », a-t-elle déclaré en réponse à une question sur l’enseignement privé sous contrat avec l’Etat, « mais en assurant que les obligations de service public pèsent sur les écoles qui bénéficient de fonds publics », notamment en termes d’accueil des élèves et de mixité sociale.

Dans le supérieur, elle prône de « fondre les grandes écoles dans les universités, ainsi on améliorerait les universités et on rendrait possible un enseignement supérieur pour tous ».

« Les grandes écoles sont en réalité un lieu de reproduction des élites. Malgré les efforts de certaines, comme Sciences Po Paris, il n’y a pas de diversité dans les grandes écoles », a-t-elle estimé.

Avant elle, sont intervenus devant la première fédération de parents d’élèves Philippe Poutou (candidat du NPA) et Claude Goasguen comme représentant de Nicolas Sarkozy (UMP).

Contrairement à ses prédécesseurs, Eva Joly a été très applaudie par les délégués de la FCPE venus de toute la France. Les relations de la salle avec Claude Goasguen ont même parfois été tendues.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), François Hollande (PS) et Jacqueline Gourault au nom de François Bayrou (Modem) devaient à leur tour être interrogés dans l’après-midi.

 

(AFP)



Les résultats du sondage : Les enseignants choisissent leur politique éducative

Par François Jarraud du café pédagogique

Les réponses au sondage 

Les enseignants ont des positions nuancées sur les changements à apporter à l’Ecole. C’est le principal enseignement du sondage réalisé par Le Café pédagogique auprès de ses lecteurs. Les 12 et 13 mars, 1050 personnels de l’éducation nationale ont répondu à une quarantaine de questions reprenant les principales propositions des candidats à la présidence de la République. Si les enseignants sont très déterminés sur certains points, ils sont prêts à accepter des évolutions à condition qu’un vrai projet se dessine pour l’Ecole. Cette position tout en nuances donne des possibilités inattendues à une nouvelle équipe, à condition qu’elle ne soit pas sarkozienne…

 

Les résultats du sondage : Les enseignants choisissent leur politique éducative dans Actualités 16JulesFerryQuel échantillon ? Nous avions prévu d’arrêter le sondage au premier millier de réponses complètes et validées ce qui a été atteint en moins de 48 heures avec 1050 réponses. N’ont pu se prononcer sur Internet que des lecteurs authentifiés sur le site du Café pédagogique, chacun ne pouvant se prononcer qu’une seule fois. L’échantillon est-il représentatif ? Ces 1050 personnes comprennent 81% d’enseignants, 9% de personnels de direction et 10% de cadres, formateurs etc. 36% enseignent dans le primaire, 29% en collège, 19% en lycée, 6% en L.P. On retrouve dans les réponses un éventail politique assez ouvert et des choix pédagogiques variés (par exemple 15% pour la revalorisation Sarkozy et 23% pour l’orientation précoce ce qui tend à valider la qualité de l’échantillon. Certaines questions, toujours issues des programmes des candidats, ne concernaient que certains niveaux. Enfin des questions ouvertes sur les changements attendus étaient proposées à tous et ensuite par niveau d’enseignement.

 

L’objectif du sondage était de confronter les enseignants et les cadres du système éducatif aux multiples propositions des candidats à l’élection présidentielle. Les enseignants ont pu faire leur choix. Et leurs réponses sont beaucoup plus nuancées que ce que l’on attendait. Il se dégage 5 grandes caractéristiques.

 

Un net rejet de la politique éducative de Nicolas Sarkozy

 

16JulesFerry2 dans ActualitésPratiquement aucune réforme, aucune proposition de Nicolas Sarkozy ne trouve grâce aux yeux des enseignants. Le jugement est beaucoup plus négatif qu’attendu, par exemple sur l’aide personnalisée au primaire ou l’accompagnement personnalisé en lycée.

 

Les mesures générales comme l’évaluation et le recrutement par le chef d’établissement sont rejetées par près de 8 enseignants sur 10 seulement 14 et 17% les acceptent. 82% sont favorables à un moratoire des suppressions de postes, 85% pour de nouvelles embauches. L’orientation précoce, un des points du programme Sarkozy, qui permettrait d’expulser du collège les enfants difficiles, n’est soutenue que par 23% des enseignants, 70% sont contre. La proposition sarkozienne de revaloriser el salaire en échange de travailler plus n’est acceptée que par 15% des enseignants, 73% sont contre. Le rétablissement de la carte scolaire est demandé par 79% d’entre eux. Le seul trait durable du quinquennat c’est « l’accent doit être mis sur les fondamentaux » : 59% des enseignants sont pour.

 

A l’école primaire, l’aide personnalisée est nettement rejetée : 89% des enseignants sont contre son maintien en état. 74% demandent la suppression des évaluations nationales chères au coeur du ministre. 94% s’opposent aux suppressions des Rased. Dans les réponses libres, on note de nombreuses demandes d’un retour aux programmes de 2002, ce qui veut dire qu’au bout de 4 ans les programmes de 2008 ne sont toujours pas acceptés. Au collège, le Livret personnel de compétences est rejeté par 51% des enseignants, 40% souhaitent le garder. C’est un enseignement sur lequel on reviendra. Au lycée, le moratoire pour la réforme du lycée technologique est validé par 58% des enseignants seulement 14% sont contre. Seulement un enseignants sur dix est pour le maintien en l’état de l’accompagnement personnalisé, 80% sont contre. En lycée professionnel, la proposition de mettre en alternance la terminale pro ne recueille que 14% d’avis favorables,  86% sont contre.

 

« Foutez-nous la paix ! »

 

Dans les questions ouvertes, à tous les niveaux, les enseignants manifestent spontanément un véritable ras le bol contre la pression hiérarchique. « Laissez-nous travailler » disent plusieurs profs.  » Que cesse le mépris affiché à notre égard par nos gouvernants depuis dix ans » dit un autre.  » Le monde enseignant autour de moi ( jeunes et anciens) est fatigué de toutes ces pressions que nous venons de subir ces dernières années et de la politique de dénigrement dont nous sommes la cible ! Qui peut croire que nous ne sommes que des fainéants toujours en vacances, en grève, immobiles !! Jaloux ou pervers… Nos élèves subissent en contre-coup des pressions eux aussi qui sont insupportables à regarder ! Où sont les rêves de mes débuts ? », écrit un autre. Une idée se dégage : les enseignants ont l’impression qu’on les empêche de bien faire leur métier. Le ras le bol est très fort.

 

Des exigences très fortes

 

16JulesFerry3La revalorisation salariale n’est pas que créditée par les réponses aux questions : 91% des personnels la demande alors que la revalorisation Sarkozy est rejetée par 73% des professeurs. Cette demande revient dans toutes les questions ouvertes spontanément avec force.

 

Une autre attente forte est la diminution du nombre d’élèves par classe. Elle est présente de la maternelle au lycée. C’est un point de vue classique chez les enseignants. Mais elle s’exprime avec beaucoup plus de force que d’ordinaire et particulièrement en maternelle et en école élémentaire. Elle fait sans doute écho au « bourrage de classe » qui résulte des suppressions de postes. On voit des enseignants du primaire dire que 2 niveaux, 3 niveaux ca va encore mais 4 ou 5… La demande de plus d’enseignants que de classe revient régulièrement.  Cette revendication renvoie au sentiment de dégradation du métier. Avoir moins d’élèves c’est pouvoir travailler en petits groupes ou à deux enseignants, autrement…

 

Au delà des tensions des avis nuancés et des capacités d’évolution

 

Si l’on sent une nette tension contre la hiérarchie et un ras le bol, pour autant de vraies marges d’évolution du système existe. L’idée que les professeurs ne veulent rien changer est fausse. Il y a là des autoroutes pour la nouvelle équipe.

 

16JulesFerry4La demande de formation initiale (98%) et continue (93%) est absolument massive. Cela veut dire que les enseignants ressentent le besoin de faire évoluer leurs pratiques pédagogiques et d’acquérir de nouvelles compétences. Cela alors que la moitié de l’échantillon a plus de 45 ans. La demande de matériel numérique est validée par 84% des sondés.

 

« Il est urgent de revoir le statut des enseignants, mais pas comme M. Sarkozy l’envisage », nous dit un enseignant. La nécessité de faire évoluer le métier avec la prise en charge de nouvelles fonctions est plébiscitée par 71% des enseignants contre 16%. Le statut de 1950 n’est pas sacralisé : 31% des enseignants refusent d’y toucher mais 52% acceptent sa remise en cause. La révision des rythmes scolaires au primaire est une demande forte avec 67% d’avis favorable au rétablissement de la semaine de 4,5 jours. Même les vacances d’été sont sujets à discussion : la diminution des vacances d’été est acceptée par 43% des enseignants contre 42%. Le projet d’école fondamentale regroupant école et collège n’est pas rejetée d’emblée : 29% sont favorables, 37% contre et 34% ne savent pas.

 

Ces capacités d’évolution sont la grande surprise du sondage. Les enseignants sont ulcérés et en révolte contre la hiérarchie. Mais au fond d’eux ils sont prêts à évoluer.

 

Une attente politique

 

16JulesFerry5« Avant toute réforme, il est nécessaire que la nation dise ce qu’elle attend et veut pour sa jeunesse. Un débat sur le modèle de celui-de 2003/2004 serait utile ». «  »Les valeurs de notre système sont-elles les bonnes ? « . « Nous nous devons de mettre tout en oeuvre pour leur apporter ce à quoi chacun a droit dans l’Ecole de la République ». « Je voudrais une vraie réflexion sur l’école avec tous les partenaires mais surtout les personnels de terrain (et non toutes ces études des inspecteurs qui n’ont souvent jamais enseigné dans le primaire) et des rectorats qui n’ont aucune idée de ce qui se passe dans les classes). Ceci afin d’aboutir à une loi cadre, quitte à changer bien des choses mais de façon concertée, qui apporte une solution aussi bien aux élèves, aux enseignants, et aux autres acteurs ».  » Le candidat qui pourra proposer ni plus ni moins de moyens mais qui insufflera une réflexion globale sur le fonctionnement de l’institution (gestion des flux, formation, rôle de l’école, examens et concours, …) afin d’en améliorer le fonctionnement à coût constant pourrait bien remporter mon suffrage ».

 

Arrêtons là les citations. Spontanément les enseignants demandent le retour du politique. Ils veulent un vrai débat sur l’Ecole. Pas pour savoir s’il faut des notes éliminatoires au bac, si la viande de la cantine est hallal ou s’il faut punir les familles d’élèves absentéistes. Ils veulent pas des mots suivis d’aucun moyen et de l’injonction de se débrouiller. Ils veulent un débat sur les valeurs que l’Ecole doit transmettre et mettre en oeuvre. Ils ont compris que le quinquennat de Nicolas Sarkozy a attaqué celles du système éducatif. Ils attendent quelqu’un capable de réunir la nation sur des objectifs éducatifs clairs. Ils veulent un cap, des perspectives, les moyens de les atteindre. Ils sont prêts à toutes les évolutions pour que l’Ecole redevienne un objet de fierté. L’heure du politique est venue.

 

François Jarraud



Présidentielle : Choisissez le programme !..…

C’est sans doute une caractéristique de cette campagne 2012. A quelques semaines du premier tour des présidentielles, l’éducation est bien au cœur du débat politique. Chaque candidat a mis en avant ses propositions, que ce soit, par exemple, François Hollande lors de son discours d’Orléans ou Nicolas Sarkozy à Montpellier. Une certitude : à l’issue du scrutin, l’Ecole sera sommée de changer.

Quelles orientations pour ce changement ? Nous ouvrons le dossier « Présidentielle » avec un point sur les programmes des principaux candidats. Nous le construisons tout au long de la semaine avec d’autres éclairages politiques (quel bilan Education pour N Sarkozy ?) ou pédagogiques (comment enseigner l’élection).

Quels choix pour l’Ecole ? Qui est le mieux à même de définir un changement pour l’Ecole ? Sans doute vous ! Acteurs de l’Ecole vous vivez au quotidien le bilan du quinquennat Sarkozy. Vous êtes à même de voir où mènent les propositions des candidats. Mieux qu’eux peut-être, vous pouvez proposer des améliorations et des orientations.

Dès maintenant, donnez votre avis. Le Café pédagogique lance un sondage auprès de ses lecteurs pour les inviter à choisir parmi les propositions des candidats celles qui retiennent leur attention. Le sondage vous permet aussi d’émettre des propositions pour l’école, le collège ou le lycée.
Participez au sondage !

Présidentielles : Les candidats face à l’Ecole

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#faitdujour

ÉDITORIAL

Quand dire c’est faire … jusqu’à un certain point

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#edito

LE SYSTEME

Faut-il en finir avec la réforme du lycée ?
Dans un rapport remis le 9 mars, l’Inspection générale fait le point sur l’application de la réforme du lycée général et technologique. Ce fleuron difficilement construit de l’ère sarkozienne se heurte à ses contradictions et à de nombreux obstacles. Aujourd’hui les objectifs principaux de la réforme sont loin d’être atteints. Les inspecteurs appellent à s’en remettre au temps. Pendant ce temps, les élèves essuient les plâtres…

Chronique de la carte scolaire
Les enseignants mis en fichier
Primaire : Postes à Mayotte et en Polynésie
Enseignant en promotion
Atlas mondial de la parité
Les enseignants américains dans l’insécurité.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#systeme

L’ÉLÈVE

Orientation : Les métiers de la statistique
L’insertion des jeunes dans l’emploi .

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#eleve

LA CLASSE

Décrochés ou décrocheurs
Moins d’élèves, moins d’échecs ?….

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#classe

LA RECHERCHE

Familles, école, quartier : Les 5èmes Rencontres nationales sur l’Accompagnement du GFEN…

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#recherche

CITOYENNETE

L’Alsace lance Le mois de l’autre.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#citoyennete

LES DISCIPLINES

La Guerre d’Algérie et la propagande
Le déclin de la calotte glaciaire arctique
9ème Congrès des enseignants documentalistes.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/03/12032012Accueil.aspx#disciplines



Les neuf coups qui ont plombé le moral des profs sous Sarkozy

Nolwenn Le Blevennec
Rue89 – 12 mars 2012

Flicage des profs et des élèves, manque de formation des jeunes enseignants : en matière d’éducation, le bilan des attaques portées à l’école depuis 2007 est sévère.

Mardi 28 février, le candidat Nicolas Sarkozy annonçait à Montpellier ses propositions pour l’éducation. Son bilan est pourtant difficile à vendre. Nicolas Sarkozy n’avait pas de grand dessein pour l’Education nationale, ni de bienveillance particulière. Il y a vu une source d’économies potentielles, et le Président a détricoté des « choses » qui marchaient plutôt bien, sans cohérence.
Le résultat : une baisse de vocation. Il y avait, selon RTL, 92 000 candidats au Capes en 2004, il n’y en avait plus que 28 000 l’an dernier. Presque 900 postes n’ont pas été pourvus en 2011. Des enseignants manquent en lettres, maths, anglais ou allemand.

Cette liste des coups portés à l’école n’est pas exhaustive ; elle a notamment été réalisée en relisant les articles et témoignages publiés sur Rue89 depuis mai 2007.

1. Les établissements se vident de leurs profs

C’est quoi ? Le fil rouge du mandat de Nicolas Sarkozy qui prévoie le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Chaque année, les parents d’élèves se mobilisent contre les suppressions de postes dans des opérations « écoles mortes » (le Nord – Pas-de-Calais est très touché).

Selon nos calculs, cela fait près de 71 000 postes supprimés en cinq ans. En ajoutant les 8 701 suppressions de postes de la rentrée 2007, on arrive à un bilan de près de 80 000 sur l’intégralité du mandat – c’est le chiffre que tout le monde retient.

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? Classes surchargées, personnels déplacés ou qui partagent leur temps entre plusieurs établissements, embauche de contrats précaires…

A lire
Ma journée à soutenir des élèves en grande difficulté (Rue89)
A Marseille, les moins de 3 ans refoulés de la maternelle (Rue89)
En cinq ans, près d’un tiers de l’effectif total de Rased (Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) a aussi disparu. Un dispositif que la communauté éducative juge plus abouti que l’aide individuelle personnalisée (qui ignore les difficultés relationnelles ou sociales).

La suppression de postes se fait aussi au détriment de la scolarisation des moins de 3 ans – en forte baisse depuis dix ans.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Non. Dans un entretien donné aux Echos, le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, juge « possible » de continuer à réduire le nombre de postes dans l’éducation après 2012 et n’écarte pas de recourir « à un organisme indépendant » pour l’évaluation des élèves.

2. Les jeunes étudiants sont propulsés dans les classes

C’est quoi ? Avant, un postulant aux concours devait avoir au minimum un bac +3 pour le Capes, et bac +4 pour l’agrégation. Après le concours, il effectuait un an de stage (6 à 8 heures par semaine en classe, le reste du temps en cours théorique à l’IUFM).

Depuis la rentrée 2010, il faut un niveau master (bac +5) pour se présenter. Les nouveaux masters aménagés comportent une part de théorie. Les stages pratiques (facultatifs) sont prévus en deuxième année de master, alors que les étudiants n’ont pas encore réussi le concours. Post-examen, ceux qui ont réussi sont propulsés à temps plein dans les classes.

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? Les jeunes profs sont « balancés » dans leurs classes sans savoir comment parler à leurs élèves (ils manquent de pratique et ne bénéficient plus en alternance des conseils de l’IUFM).

La réforme ne tient pas compte du rythme des étudiants, qui doivent valider leur dernière année de master, préparer les concours d’enseignants et faire des stages en même temps.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Oui, mais en pire. Nicolas Sarkozy a reconnu, en janvier 2011, la nécessité d’« améliorer notre système » :

A lire
Prof stagiaire, ma première rentrée scolaire s’annonce mal (Rue89)
Jeunes profs en alternance, nouvelle embrouille de Chatel ? (Rue89)
Masterisation : Luc Chatel désavoué par le Conseil d’Etat (Rue89)
le « séjour d’accueil » (avec distribution d’un DVD de tenue de classe) à l’académie passe de trois jours à cinq jours ;

à la rentrée 2012, des étudiants pourront suivre un cursus en alternance dans des universités-pilotes. ;
dès la première année de master, ils pourront enseigner de 3 à 6 heures par semaine ou occuper un poste d’assistant pédagogique à mi-temps.
Aucune précision sur les conditions d’encadrement, Luc Chatel est soupçonné de vouloir recruter de la main d’œuvre à bas coût.

3. Les profs et les élèves se sentent fliqués

C’est quoi ? Jusqu’à présent, tous les enseignants étaient tenus de renseigner un cahier de textes papier mis à la disposition des élèves. Désormais, dès la rentrée 2011, à chaque cours, il faut remplir un cahier de textes numérique très complet, qui doit comporter les documents utilisés pour les cours.

Les élèves sont eux répertoriés depuis 2009 dans Base-élèves, des fichiers qui enregistrent des informations variées sur un élève pour l’ensemble de sa scolarité (état civil, adresse, responsable légal…).

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? Le cahier de textes numérique apparaît, pour certains, comme une volonté politique de surveillance. Il donne à l’administration un pouvoir sur les enseignants.

Pour les profs, il s’agit d’une augmentation de leur charge de travail sans compensation financière.

Contre les fichiers Base-élèves, des enseignants, chefs d’établissement, parents d’élèves, réunis dans un collectif estiment que ces fichiers ne respectent pas le droit à la vie privée, et craignent qu’ils soient utilisés par la police. Qualifiés de « désobéisseurs », les enseignants qui refusent de les remplir ont été déplacés ou sanctionnés.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? En grande partie. Au départ, les fichiers Base-élèves comportaient des données intrusives et sensibles.

A lire
J’écris pour les profs qui pètent les plombs (Rue89)
Le cahier de textes numérique, c’est big brother en classe (Rue89)
Fichage des élèves : le ministère mate les derniers résistants (Rue89)
Face aux critiques, Xavier Darcos, alors ministre de l’Education nationale, a revu deux fois les fichiers, en les expurgeant de données à caractère personnel en 2007 (critères ethniques) puis en 2008 (profession et catégorie sociale des parents, situation familiale, absentéisme signalé).

Le Conseil d’Etat a demandé que d’autres modifications soient apportées : la durée actuelle de conservation des données de 35 ans a par exemple été jugée trop longue.

4. Les écarts se creusent entre les lycées

C’est quoi ? C’est le résultat de la réforme Chatel, avec l’introduction, de la seconde à la terminale, d’un accompagnement personnalisé de deux heures hebdomadaires (groupes de quinze à vingt élèves). Pour compenser, le ministre a décidé de couper un peu partout. L’histoire-géo passe en option pour les filières S.

Par ailleurs, une plus grande autonomie est donnée aux établissements pour gérer les heures « de dédoublement » qui permettent un travail en petit groupe. Auparavant réparties par discipline au niveau national, ces heures (10 heures en moyenne) sont désormais à la libre disposition des établissements.

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? Les élèves scientifiques sont pénalisés : ils perdent des heures d’histoire. Mais surtout, on reproche à cette réforme de creuser l’écart entre les lycées. La formation proposée change d’un établissement à l’autre, en fonction de l’usage qui est fait du volume d’heures laissé au libre arbitre du chef d’établissement.

A lire
La réforme Chatel est injuste et élitiste (LeMonde.fr)
Dans les meilleurs établissements, les heures d’accompagnement personnalisé se transforment en une heure de mathématiques en plus.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Non.

5. Les chefs d’établissement sont les nouveaux patrons

C’est quoi ? La loi LRU datant d’août 2007 concentre les pouvoirs entre les mains des présidents d’université et de leur conseil d’administration. Ils ont le pouvoir de recruter les enseignants qu’ils désirent et de lever des fonds privés via des fondations. Le statut des enseignants-chercheurs est plus encadré. Le prolongement à l’école ? C’est le projet de la mise en place de l’évaluation des profs par les chefs d’établissement dès la rentrée 2012.

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? L’autonomie des universités suscite toujours des critiques : des universitaires continuent de réclamer son retrait, dénonçant la toute-puissance des présidents, la privatisation et la mise en concurrence des universités.

A lire
Pour ou contre l’évaluation des profs par le chef d’établissement ? (Rue89)
Le métier d’enseignant-chercheur face aux préjugés (Lexpress.fr)
Concernant l’évaluation par les chefs d’établissement, les profs se posent des dizaines de questions. Par exemple : quelle légitimité a un ancien prof de techno devenu proviseur pour évaluer un prof de français ?

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Partiellement. Modifié dans le cadre de la loi LRU, le statut des enseignants-chercheurs a été revu par Valérie Pécresse.

6. La mise en concurrence des établissements

C’est quoi ? C’est une des mesures phares du quinquennat Sarkozy. En 2007, le président de la République décide « d’assouplir » la carte scolaire en autorisant les dérogations. Les élèves sont toujours affectés à l’établissement de leur quartier, mais peuvent obtenir une dérogation, notamment s’ils sont boursiers. « Une manière de favoriser l’égalité des chances et la diversité sociale. »

A lire
La réforme de la carte scolaire a rendu l’école plus injuste (Rue89)
Pourquoi cela plombé le moral des profs ? Selon Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat, cité dans Libération en 2010, les établissements les plus fragiles qui sont les plus touchés : 30% des collèges et lycées classés ZEP-RAR (zone d’éducation prioritaire-réseau ambition réussite) jugent que la libéralisation de la carte scolaire a eu un impact négatif.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Non.

7. L’absentéisme scolaire provoque la fin des allocs

C’est quoi ? C’est un retour en arrière, puisque la suppression des allocations familiales pour absentéisme scolaire a été mise en place en 1946 (jusqu’en 2004). Un décret de janvier 2011rétablit cette pratique.

Un an après, il y a eu 161 suspensions (chiffres arrêtés à octobre 2011), les départements des Vosges et du Cher en tête. Les familles touchées étaient « très majoritairement » suivies par les services des conseils généraux. Les gens du voyage sont aussi touchés, selon un cadre de la CAF.

A lire
Absentéisme à l’école et allocs : pourquoi Sarkozy se trompe ? (Rue89)
Pourquoi cela plombé le moral des profs ? Les profs n’ont pas réagi massivement. Il n’y a pas eu de mouvement national sur le sujet.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Non, au contraire. C’est une source de fierté pour Luc Chatel qui a présenté ces chiffres en décembre dernier.

8. Les remarques clownesques des ministres

C’est quoi ? Il y a au moins deux épisodes ridicules marquants. La phrase de Xavier Darcos, en juillet 2009 :

« Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? »

Et puis, il y a eu la sortie com à l’Intermarché du tout nouveau ministre Luc Chatel en août 2009 : devant les caméras, des fausses mères de famille (en réalité des sympathisantes/élues UMP) disent tout le bien qu’elles pensent de l’action du ministre. La mise en scène est démasquée : Intermarché protège Chatel en affirmant que les interviewés sont des salariés de l’enseigne.

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? Sans commentaire.

Le gouvernement a-t-il corrigé ? Partiellement. Xavier Darcos a présenté ses excuses lors du débat sur le budget de l’Education nationale au Sénat.

A lire
Chatel à Intermarché : les dessous d’un coup de com’ (Rue89)
Dans des lettres à trois médias (France Inter, France Info et Libération), Luc Chatel ministre a « condamné fermement » le « procédé » d’Intermarché invitant des salariés à « faire figuration ».

9. La chasse aux femmes voilées

C’est quoi ? Luc Chatel, ministre de l’Education, propose au printemps 2011 que les personnes accompagnant les élèves lors de sorties scolaires respectent le « principe de neutralité et laïcité » de l’école, et donc d’interdire les signes ostentatoires (en premier lieu le voile).

Pourquoi cela a plombé le moral des profs ? Les profs sont loin d’être unanimes là-desus, mais certains ont souffert du fait que l’école soit instrumentalisée dans ce débat.



Flash spécial : Le rapport de suivi de la réforme du lycée

Où en est la réforme du lycée ? Après un premier rapport exagérément flatteur en 2011, Catherine Moisan et Jean-François Cuisinier, coordinateurs du rapport de l’Inspection générale, livrent un document beaucoup plus critique sur l’application sur le terrain de la réforme mise en place par Luc Chatel. Cela tient aussi à l’échantillonnage retenu. En 2011 l’Inspection avait soigneusement trié les établissements. Dans le rapport 2012, l’échantillon est beaucoup plus équilibré entre académies (les meilleures mais aussi celles où les difficultés sont nombreuses et beaucoup de moyennes) et entre els établissements.

Le rapport aborde cinq grandes questions. La première concerne les effets de la réforme sur l’orientation des élèves. L’objectif fixé par Luc Chatel c’était le rééquilibrage au profit de la série L et de certaines filières technologiques comme STI. On peut dire que cet objectif n’est pas atteint. Certes la filière L passe de 9,5 à 10,2 % des passages en fin de seconde mais cette hausse est à mettre en perspective avec l’augmentation du taux de passage vers les filières générales (+6,8% en 6 ans). En réalité la hiérarchie des filières est renforcée, la plus forte hausse se portant sur la série la plus « noble », la série S : 30,8 % des sorties en 2009, 32,6% en 2011. Les séries STI2D, STL et ST2S enrayent juste leur chute. Le rapport souligne d’ailleurs que les conseils de classe n’ont pas modifié leurs procédures d’orientation.

Les stages de remise à niveau et stages passerelle , censés apporter plus de souplesse entre les filières, ne fonctionnent pas. Pire encore , les stages passerelle sont utilisés pou réorienter vers le professionnel les élèves dont on ne veut plus, une perspective qui était largement prévisible.

L’accompagnement personnalisé, qui était l’autre grande idée de la réforme, ne semble pas réussir à aider les élèves qui en ont besoin. Il a bien été institué dans la plupart des établissements, avec des modalités de fonctionnement différents. Le rapport montre beaucoup d’errance dans l’utilisation des heures. Les inspecteurs ne manquent pas d’en rendre les professeurs seuls responsables, dressant un portrait assez caricatural des enseignants. « Une première catégorie de professeurs éprouve de fortes réticences à se projeter dans le rôle qui lui est assigné par la réforme… Les professeurs ont appris à transmettre une discipline, pas à enseigner… Une autre catégorie, au contraire, se félicite de cet « espace de liberté » qui leur permet enfin d’exercer leur véritable métier de professeur. Ces professeurs font preuve d’un haut niveau de professionnalisme… » Mais plus critiques encore sont les élèves ! Ils jugent que l’A.P. « ça ne sert à rien ». Le tutorat n’est présent que dans une minorité d’établissements.

L’autonomie des établissements, un autre grand enjeu de la réforme, semble progresser dans la mesure où les chefs d’établissement ont corrigé des erreurs. « Certains échecs d’organisation (de l’A.P.) trop complexe l’an dernier ont fortement déstabilisé les professeurs », reconnaît le rapport, et particulièrement les barrettes. « L’organisation de l’AP à la rentrée 2011 en 2nde a souvent tenu compte des dysfonctionnements de l’année dernière : des alignements de classes en barrette mis en place par beaucoup de lycées sur une grande échelle mais souvent mal gérés par excès d’ambition et défaut d’organisation ; le désir « contrarié » de nombreux enseignants de travailler avec les élèves qu’ils connaissent ; la place donnée aux élèves dans le dispositif », notent les inspecteurs. Globalement on assiste à la décrue des barrettes et au retour du groupe classe, spécialement en première. Que dégâts pour en arriver là !

La réduction des moyens nuit à la réforme , affirment les inspecteurs. « Dans certaines académies, le poids des suppressions d’emplois est si prégnant dans la gestion de l’académie et ses relations avec les établissements que le pilotage par les moyens prévaut mécaniquement sur le pilotage pédagogique ».

Les préconisations très curieusement ne s’intéressent qu’à la gestion des moyens et aux cadres du système éducatif. On est très loin des élèves et des professeurs. Les inspecteurs veulent « renforcer la globalisation des DGH », ce qui augmenterait l’autonomie des établissements mais faciliterait aussi les retraits de moyens, aujourd’hui bloqués par les textes. Quatre préconisations sur 12 ne concernent que les IPR et nous y reviendrons plus longuement. Les autres concernent l’accompagnement des chefs d’établissement.

Pour le moment la réforme Chatel n’a pas atteint ses objectifs. En ce sens ce rapport apporte un éclairage intéressant pour la nouvelle équipe qui arrivera au pouvoir dans quelques semaines. Plus d’analyses et de réactions dans L’Expresso de lundi.
Le rapport

http://media.education.gouv.fr/file/2012/96/8/Rapport-IG-Suivi-de-la-mise-en-oeuvre-de-la-reforme-du-lycee-d-enseignement-general-et-technologique_209968.pdf

Le rapport de 2011

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/03/16_reformelycee.aspx



Quel bilan pour l’Ecole sous Sarkozy ?

Pas facile à faire ce bilan !
Quel bilan pour l'Ecole sous Sarkozy ?  dans Actualités fj2010

D’abord du fait des dissimulations. Sous Sarkozy, le ministère ne publie que les études et les statistiques qui vont dans le sens voulu par le pouvoir. De fait le nombre des publications s’est effondré aussi bien pour les Notes d’information de la DEPP que pour les travaux de l’Inspection générale. Sur ce terrain les années Chatel seront celles de la bouche cousue…
Ensuite du fait des incohérences. Voilà un gouvernement qui prétend appliquer al loi Fillon (quand même !) de 2005 sur le « socle commun » et qui multiplie les dispositifs dérogatoires, ceux qui écartent de l’Ecole les jeunes à la fin de la 5ème… Voilà un pays qui s’est fixé comme objectif 80% de jeunes au niveau bac mais qui veut établir des notes éliminatoires au bac…
Au final, ce sont souvent les observateurs étrangers qui aident à saisir les particularités du système éducatif français.
Notre bilan tient en 18 mots et deux noms propres. Accompagnement, Autonomie, Budget, Carte scolaire, Décrochage, Evaluation, Formation, Inégalités, Innovation, Lycée, Métier, Niveau, Pilotage, Professionnel, Recrutement, Socle, STI, ZEP sont les mots du lexique sarkozien. Les deux noms propres sont ceux de deux grands témoins : la direction de l’éducation de l’OCDE  et l’historien de l’école Claude Lelièvre.
Dix huit et deux : au total vingt articles. Symboles d’un quinquennat en vain ?
François Jarraud



Chatel attaque le bac

Par François Jarraud
« L’examen du bac est à bout de souffle. Il ne certifie plus un niveau de connaissances. Si on continue comme cela on va dévaloriser le bac ». Alors que Luc Chatel avait tenu à prendre ses distances avec les détracteurs du bac en 2010 et 2011, il a opéré le 12 mars un revirement complet en dénonçant la qualité du diplôme. A 40 jours de l’élection présidentielle, le ministre publie un rapport qui dénonce la baisse de qualité du bac et propose sa refonte. C’est la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur qui est en jeu.
Chatel attaque le bac  dans Actualités 13bac1Un rapport critique sur le bac. Luc Chatel s’appuie sur un rapport d’une vingtaine de pages coordonné par l’inspecteur des finances Laurent Buchaillat et l’inspecteur général Stéphane Kesler, ancien directeur du services des examens (SIEC). Il faut rappeler que la RGPP s’est fixé comme objectif la réduction des coûts des examens, ce qui explique la présence des Finances. « L’amélioration continue de la réussite à l’examen, dans un contexte d’élargissement de l’accès au baccalauréat, suscite des doutes sur sa qualité certificative» affirment les rapporteurs. En clair, à leurs yeux, le fait que le nombre de bacheliers augmente signifie que le niveau baisse. Le rapport relève que le nombre de bacheliers a doublé depuis 1985 passant de 253 000 à 513 000. « Cela a entraîné la destruction de l’unité du diplôme » poursuivent les rapporteurs, avec la multiplication des bacs. C’est donc bien la montée des bacs professionnels depuis 1985, année de leur création qui semble leur poser problème. Ils dénoncent aussi  la règle de compensation des résultats. « 5% des élèves de S auraient eu le bac avec des notes inférieures à 10 dans les disciplines principales », affirment-ils. En fait 219 lycéens ont eu le bac S avec une note inférieure à 10 dans les 3 disciplines scientifiques (pour 145 000 reçus). Enfin ils critiquent les épreuves de second groupe dont « la qualité certificative est incertaine ». Elles permettent à des candidats ayant atteint au moins 8 de moyenne de représenter certains épreuves.
Les propositions Chatel. Pour le ministre il faut « moins d’options, moins d’épreuves facultatives, des notes éliminatoires, plus de contrôle continu, plus de tronc commun ». Moins d’options et d’épreuves facultatives parce qu’elles sont accusées de rapporter des points. Le ministre veut par exemple réduire le nombre de langues présentées au bac. Des notes éliminatoires parce que ça permettrait aux yeux de Luc Chatel de remonter le niveau du bac. Et ça reprend l’annonce faite par Nicolas Sarkozy à Montpellier le 28 février. Les rapporteurs ont calculé qu’en utilisant des notes éliminatoires on pourrait éliminer 25% des bacheliers de L, 14% d’ES et 11% de S. Ce simple calcul est intéressant à observer… Plus de contrôle continu parce que ça permettrait, bien que Luc Chatel s’en défende, de diminuer le coût du bac. Justement les rapporteurs soulignent que celui-ci a augmenté de 45% en moyenne de 2008 à 2009 (73% pour le bac général, 29% pour le bac technologique). Pour Roland Hubert, co-secrétaire général du Snes, on a là une des motivations de cette réforme. « Supprimer des options permettra de faire des économies durant l’examen mais aussi toute l’année », note-t-il. Le Snes s’inquiète de l’appel au contrôle continu car il remet en question la dimension nationale de l’examen.
Le bac est-il donné à tout le monde ? Il faut rappeler que seulement deux jeunes sur trois passent le bac. Dans tous les pays de l’Union européenne, un document certifie la fin de l’enseignement secondaire. Selon les statistiques de l’Unesco, le taux brut de diplômés de fin du secondaire s’établit à 51% en France contre 92% en Finlande, 73% aux Etats-Unis, 74% en Italie. Le taux brut de diplômés du supérieur est à 38% en France contre 62% aux Etats-Unis, 74% en Finlande, 55% en Italie. La France fait partie des pays développés où l’accès au bac est moyennement élevé.
13bac2 dans Réforme du lycéeQue voudrait dire le remplacement des épreuves du bac par un recours accru au contrôle continu ? On sait, depuis les travaux de D. Oget, que si le bac était passé au contrôle continu les résultats finaux seraient largement différents. Le fait qu’au bac on corrige une copie anonyme augmente les chances de certains candidats : les garçons, les jeunes des milieux populaires.
Pour Bruno Julliard, co-responsable de l’équipe éducation de François Hollande, la proposition de Luc Chatel relève du conservatisme bon teint. « C’est un discours rétrograde qui va de la défense des notes à l’orientation précoce en fin de 5ème. C’est le même ressort idéologique de remise en question de la démocratisation de l’accès au supérieur », nous a-t-il confié. Pour lui il sert aussi à éloigner des regards le bilan « désastreux » de N Sarkozy. B Julliard relève son étonnement de voir cette réforme arriver alors que la réforme du bac est en cours. « La question des notes éliminatoires va à rebours de ce qu’il faut faire. On a besoin de davantage de bacheliers pour avoir davantage de diplômés du supérieur ».
Ce qui semble défriser dans un fort taux de réussite au bac c’est quand même que certains qui n’y arrivaient pas y arrivent. Or on sait bien que statistiquement on a d’autant plus de chances de réussir le bac que l’on est issu d’un milieu favorisé. L’enjeu de la réforme du bac c’est la démocratisation de l’enseignement supérieur. Mais la sortie inattendue de ce rapport à quelques jours des élections semble davantage un artifice politicien surfant sur les valeurs de la droite extrême qu’une proposition sérieuse. Luc Chatel a promis de ne pas toucher au bac 2012. Au-delà l’avenir d’une partie des bacheliers serait compromis s’il n’y avait pas d’alternance politique.
François Jarraud
Le rapport

http://media.education.gouv.fr/file/2012/09/9/BAC-evolu[...]

Le bac est-il donné à tout le monde

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/20[...]

Luc Chatel annonce de nouvelles épreuves

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Page[...]



12345...40

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES