Grève et manifestation : Les enseignants ne sont pas dans l’attente

Article du café pédagogique

Mardi 31 janvier, les syndicats Fsu, Sud, Fo et le Snalc ont réussi un mouvement d’une ampleur identique à celui du 15 décembre. La perspective électorale n’a pas calmé le jeu. Une partie des enseignants n’entend  pas attendre les élections.

 

« Les gens attendent les élections. Mais moi j’attends pas. C’est maintenant que je veux dire que ça va pas ». Depuis le Cher, ces deux enseignantes d’EPS proches de la retraite sont venues manifester à Paris contre les suppressions de postes, les classes surchargées mais aussi la retraite qui s’éloigne. Elles font partie des 9 à 20 000 enseignants qui ont manifesté le 31 janvier à l’appel des syndicats Fsu (Snes, Snep, Snuep et Snuipp), de FO, de la CGT et de Sud. D’après le ministère, 16% des enseignants ont fait grève ce jour au primaire, 12% dans le secondaire. Des chiffres que les syndicats contestent et remontent aux alentours de 40%. « On a bien une poursuite du mouvement » nous a dit Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes, « c’est le signe d’un mécontentement général ». Au centre de ce mouvement la réforme de l’évaluation des enseignants qui la confie aux chefs d’établissement. « On peut avoir une évaluation efficace, qui prenne en compte le travail collectif des enseignants. Mais on en est loin ».  Pour Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, la publication des nouvelles cartes scolaires explique aussi la mobilisation. « Il y a une volonté des enseignants de dire que la rentrée 2012 doit se faire dans des conditions différentes », nous a t-il confié. « N Sarkozy avait promis de sanctuariser l’école primaire. Il ne le fait pas ».

 

Dans la foule aussi beaucoup d’enseignants des Rased, réunis autour de Loïc Douet et Francis Jauset, du bureau national de la Fnaren. Ils confirment une forte diminution des Rased à la rentrée : environ 2500 postes en moins. Dans certains départements ils disparaissent. C’est le cas en Seine et Marne où les maîtres G sont affectés à d’autres missions.

 

Quelles suites ? La Cgt demande « une poursuite rapide et unitaire de la mobilisation ». S’il est trop tôt pour savoir ce que décideront ses partenaires, la puissance du mouvement devrait peser sur les programmes des candidats.

 

 



Flash Spécial : L’avenir des professeurs se jouera en 2012

Article du café pédagogique

Répondant à une question du Café pédagogique à l’occasion des voeux à la presse le 11 janvier, Luc Chatel a confirmé ce matin l’intention de l’UMP de porter le débat sur le métier des enseignants face à la gauche devant les Français.

 

« La formation politique à laquelle j’appartiens porte une vraie vision du système éducatif… Nous sommes en train de transformer en profondeur le système éducatif… L’Ecole est à un tournant de son histoire ». Luc Chatel a conduit ce matin un discours offensif sur l’éducation, n’hésitant pas à défier le candidat socialiste sur un dossier où le projet reste encore à dessiner.

 

Luc Chatel a d’abord dressé un bilan favorable de son action. Il l’a fait avec plus d’habileté que Nicolas Sarkozy le 5 janvier, mettant en avant par exemple à l’occasion des bilans de CE1 et CM2 un « frémissement » des résultats qu’il porte à l’actif de la reforme du primaire plutôt qu’une évolution de 18% des résultats comme l’a fait le président. Il a ainsi mis au bilan positif de son action l’accompagnement personnalisé (« un grand succès »), la réforme du primaire, la masterisation (« des résultats encourageants »), la lutte contre le décrochage, et la revalorisation (le texte augmentant les nouveaux enseignants est paru ce matin au J.O.).

 

Luc Chatel a annoncé un rapport et des mesures sur le bac. A la demande de l’Association des journalistes de l’éducation, il a promis de rendre ce rapport public. IL a aussi annoncé des mesures pour l’enseignement des langues à l’occasion du salon Expolangues, laissant entendre que le Cned proposerait des outils révolutionnaires, probablement d’enseignement à distance.

 

Mais on retiendra surtout de ses propos ce qui concerne l’évolution du métier enseignant. D’abord par al tonalité très offensive envers la gauche. Ensuite par l’importance de ce qui est annoncé. « Il y a ceux qui disent créer 60 000 emplois dans l’éducation », a lancé Luc Chatel , avant d’affirmer que cette mesure couterait « 100 milliards » et qu’elle était incompatible avec une revalorisation des enseignants.

 

Interrogé sur l’évolution du métier enseignant, Luc Chatel s’est montré aussi très offensif. Il a défendu la réforme de l’évaluation des enseignants, se félicitant d’avoir entamé le débat avec un syndicat. « Le statut de 1950 ne peut être traité que devant les Français » a -t-il affirmé. Il a annoncé que ce serait le cas au printemps. Affirmant que l’UMP « n’est pas seule à penser » qu’il faut faire évoluer le métier, il a nettement mis au défi la gauche de faire des propositions devant les Français sur ce sujet. Ce n’est pas devant la profession que le sort des professeurs va se jouer. Ce sera un des enjeux de l’affrontement droite gauche.

 

Les abonnés à notre fil Twitter ont pu suivre en direct la conférence de Luc Chatel.

Sarkozy la même politique après 2012



Sarkozy : La même politique éducative après 2012

Article du café pédagogique

Par François Jarraud

 

Ceux qui attendaient des idées nouvelles à l’occasion des voeux du président Sarkozy au monde de l’éducation et de la recherche en sont pour leurs frais. Présenté à l’occasion des voeux au monde de l’éducation et de la recherche, le programme du futur candidat ne fait que prolonger l’action gouvernementale : baisse de moyens, réforme de l’évaluation des enseignants, développement de filières de relégation pour les jeunes en difficulté, réforme de l’enseignement professionnel. Les seules nouveautés consistent en l’annonce d’une réforme du collège, une remise en question plus décomplexée du principe d’égalité d’accès à l’éducation et la refonte du statut des enseignants. Le cap fixé il y a 5 ans reste d’actualité.

 

Sarkozy : La même politique éducative après 2012  dans Actualités 06SarkoPour le futur candidat, le discours ne pouvait éviter le bilan du quinquennat. Nicolas Sarkozy a dressé un bilan très positif de l’action de son gouvernement. Ainsi, grâce à elle, les résultats des écoliers se sont formidablement améliorés. « Le nombre d’élèves de CE1 ayant des acquis solides a progressé de 16% en français, de 11% en maths » a affirmé le chef de l’Etat, se basant sans doute sur les évaluations nationales dont les résultats sont pourtant fort contestés. Selon cette évaluation, le taux d’élèves ayant des acquis solides et très solides en français est passé de 72% à 79% depuis 2009. N Sarkozy a aussi vanté le million d’élèves suivant l’accompagnement éducatif, un dispositif pour le moment pas évalué sérieusement.

 

Mais l’essentiel du discours a été réservé au programme du candidat. Un programme qu’il faudra faire sans moyens supplémentaires. « Si la question c’est uniquement la hausse du budget, nous devrions avoir les enseignants les plus heureux du monde », a affirmé N Sarkozy. Il demande de « faire  mieux avec les mêmes moyens ». Au passage il critique la proposition de F. Hollande. « La paupérisation est un problème immense pour la société française. Il faut continuer à réévaluer la condition enseignante », a déclaré le président. Avant d’ajouter : « Mais si on augmente le nombre d’enseignants, est-ce que vous croyez que la société française aura les moyens de faire l’augmentation du nombre d’enseignants et la revalorisation ?  »

 

Un point très important concerne le collège. Le chef de l’Etat a annoncé la fin du collège unique, car « le collège unique n’arrive pas à prendre en compte la complexité des élèves ». Il invite à « recentrer la 6ème et la 5ème sur les fondamentaux (français et maths probablement) et à assurer « la diversité des parcours en 4ème et 3ème. Il n’est pas normal que le collège ne prépare pas à la voie professionnelle ». C’est une allusion claire au développement de filières de pré- apprentissage, du type des actuels DIMA.

 

Le lycée professionnel serait aussi fortement réformé. N Sarkozy a repris l’idée de faire en alternance la dernière année de CAP et de bac pro. « S’il y a plus de chômage en France qu’en Allemagne c’est qu’il y a moins d’alternance » a -t-il dit. Les lycées professionnels vont déjà perdre du fait de la réforme du bac pro 38 000 élèves en 2012. Le passage à l’alternance accélérerait leur déclin.

 

La réforme du métier enseignant est l’autre point important. « Ce dont souffrent les enseignants c’est le décalage entre ce que la société demande et la réalité des élèves », affirme le président. « Ca va impliquer d’accepter de nouvelles manières de travailler, d’être davantage présent dans les établissements en contrepartie d’avoir une rémunération augmentée ». « Je tiens au projet de réforme de l’appréciation des enseignants car c’est un pas vers cette nouvelle conception des professeurs » ajoute N Sarkozy.  Il se déclare pour l’évaluation des enseignants par les chefs d’établissement « à condition que les compétences disciplinaires soient évaluées par les inspecteurs ». La formule est compatible avec le projet de décret qui prévoit d’associer les inspecteurs à la grille d’auto évaluation de l’enseignant.

 

Quelle cohérence ? Si bien des points du discours sont critiquables, le discours de N Sarkozy montre une grande cohérence avec l’action entreprise ces 5 dernières années. La même vision libérale de l’Ecole est réaffirmée. Celle d’une école qui sélectionne et élimine tôt au nom de l’égalité des chances. « On a confondu égalitarisme et égalité des chances » affirme N Sarkozy. C’est aussi un mode de gestion où l’autonomie des établissements permet leur mise en concurrence, un pilotage par des tests d’évaluation et un contrôle étroit des enseignants. N. Sarkozy ne peut ignorer que c’est là qu’il rencontrera la plus forte résistance à son projet. Plus qu’une nouvelle manière de travailler c’est une dégradation et une transformation profonde du métier enseignant qu’il souhaite opérer. Le paradoxe c’est que cette perspective tienne lieu de « voeux » au monde de l’éducation.

 

F Jarraud

 

Le programme UMP

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Hollande et les syndicats fustigent le bilan de Sarkozy en matière d’éducation

En présentant ses vœux aux acteurs de l’éducation et de la recherche, le président a préconisé la redéfinition du métier d’enseignant.

Par Libération avec AFP

Hollande et les syndicats fustigent le bilan de Sarkozy en matière d'éducation dans Actualités

Nicolas Sarkozy, le 5 janvier 2012 à Poitiers. (© AFP Fred Dufour)

Les syndicats d’enseignants ont dénoncé jeudi « une attaque libérale » de Nicolas Sarkozy sur l’éducation et « la poursuite de sa politique d’étouffement budgétaire« , après la présentation du programme du très probable futur candidat en la matière.

Dans un communiqué, le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, a dénoncé une « attaque libérale du candidat Sarkozy » fondée notamment sur « l’autonomie du chef d’établissement » et « un désengagement de l’Etat employeur qui se décharge sur l’Université de l’ensemble de la formation des enseignants« .

« Rien n’est dit sur la façon de prendre en charge l’échec scolaire« , a ajouté le Snes, en regrettant que « le principe de la baisse de l’emploi public soit réaffirmé« .

Des enseignants plus présents

En présentant ses voeux aux acteurs de l’éducation et de la recherche jeudi à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), Nicolas Sarkozy a préconisé notamment l’autonomie des établissements, la remise en cause du collège unique et la redéfinition du métier d’enseignement.

A ce sujet, il a suggéré que les professeurs puissent « accepter de nouvelles manières de travailler, d’être plus présents dans les établissements« . « Mais en contrepartie, leur rémunération devra être considérablement augmentée« , a-t-il ajouté, sans toutefois dire comment.

Aujourd’hui, dans le secondaire, un professeur doit assurer 15 heures de cours par semaine s’il est agrégé et 18 heures s’il est certifié.

La FSU, première fédération syndicale de l’éducation, a tenu à rappeler jeudi que ces heures de cours ne correspondaient pas au travail total des enseignants, ceux-ci travaillant en moyenne 20h27 en dehors des cours, selon une étude de 2002 du ministère de l’Education nationale.

Dans un communiqué distinct, le SE-Unsa a déploré « une vision libérale et rétrograde » et « la poursuite de la la politique d’étouffement budgétaire« .

« Cerise sur ma galette, le président de la République annonce -une augmentation considérable de la rémunération des enseignants-, oubliant qu’il en avait pris l’engagement dans sa -Lettre aux éducateurs- de 2007… et que les personnels attendent toujours!« , a-t-il ajouté.

Hollande dénonce un bilan «lourd» …

Le député de Corrèze a jugé que dans l’Education, le bilan du président sortant était « particulièrement lourd« .

« Avoir supprimé 70.000 postes, avoir découragé le personnel qui se dévoue, avoir aussi supprimé la formation initiale des enseignants et avoir laissé l’échec scolaire progresser (…), avoir laissé la violence s’installer dans certains établissements, avoir négligé l’enseignement professionnel (…). Nous n’avons pas là un bilan qui justifie un projet qui puisse donner confiance« .

Interrogé sur les propos de Nicolas Sarkozy en faveur d’un aménagement du « collège unique« , M. Hollande a fait remarquer: « ce débat existe depuis (la création du) collège unique et Nicolas Sarkozy n’avait pas eu de mots suffisamment durs à son endroit en 2007. Qu’a-t-il fait » depuis ?

« Moi je suis toujours pour qu’il y ait un collège qui accueille les élèves. Qu’il y ait -c’est déjà le cas- au sein du collège, une diversité des parcours, chacun le comprend, mais que soit ouverte la possibilité de professionnaliser dès 14 ans, non!« .

Enfin sur la revalorisation du métier d’enseignant, « Nicolas Sarkozy dit qu’il veut les payer davantage. Aujourd’hui je constate (…) que les enseignants, sauf les plus jeunes n’ont pas été revalorisés« , a-t-il dit.

… et défend un projet «responsable»

Invité par la presse, François Hollande a réagi aux propos du chef de l’Etat qui a jugé que recréer des postes était « irresponsable« .

« Certains veulent dépenser moins, ils formeront moins, et nous perdrons des parts de compétition dans l’économe mondiale et nous aurons un chômage plus élevé« , a-t-il déclaré. C’est « vouloir l’école à l’anglo-saxonne« , « un modèle libéral (…) hiérarchisé autour du chef d’établissement et où il y aura moins d’enseignants« .

« Et puis il y a le projet que je porte, qui est responsable, parce qu’il ne s’agit pas d’augmenter le budget national. Il s’agit de redéployer et de mettre des moyens supplémentaires en personnels dans l’Education nationale pour réparer ce qui a été détruit depuis 5 ans« , a-t-il fait valoir.

« Ce que je propose, c’est que l’Education ait davantage de professeurs, de surveillants, de personnels d’accueil, d’encadrement, d’infirmières, de médecins scolaires« , a rappelé le candidat, qui avait annoncé pendant la primaire sa volonté de recréer sur 5 ans 60.000 postes dans ce secteur.

Ce système « lutte contre l’échec scolaire« , « élève le niveau de la qualification » et « ne laisse aucun enfant sortir du système » selon lui.



L’enseignement selon M. Sarkozy : autorité, autonomie et flexibilité

LEMONDE.FR | 05.01.12 | 12h10  Mis à jour le 05.01.12 | 12h17

Depuis 2007, Nicolas Sarkozy n’avait jamais vraiment livré une vision de l’école. L’éducation nationale a été surtout, pour lui, une réserve
d’économies budgétaires. Et, de son côté, le ministre de l’éducation, Luc Chatel a avancé en mesurant ses paroles, peu disert sur l’édifice
dont il posait les premières pierres.
Présentant ses voeux de Nouvel An au monde de l’enseignement, jeudi 5 janvier, au Futuroscope à Poitiers (Vienne), sur le territoire de
l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le président de la République a voulu faire connaître la charpente de ce qu’il propose de
continuer à construire après 2012 si les Français le lui permettent. Pour une restauration de l’autorité dans une école républicaine, voilà
l’esprit qui se dégage du long discours que M. Sarkozy devait prononcer.
C’est une manière habile de s’adresser à la fois à son électorat classique et aux enseignants, en habillant ses propositions de
vêtements républicains, afin d’éviter qu’elles ne soient perçues comme relevant d’un libéralisme débridé.

« DÉCALAGE »

Le premier levier de modernisation pour M. Sarkozy est la redéfinition du métier d’enseignant, présentée comme devant restaurer l’autorité
des maîtres. « Ce dont souffrent en premier lieu les enseignants, c’est le décalage entre ce que l’institution leur demande officiellement à
travers ces fameux textes statutaires qui remontent aux années 1950 et la réalité de la société d’aujourd’hui, des élèves qui leur sont
confiés », devait-il déclarer.
Mettre fin à ce décalage nécessite, selon le chef de l’Etat, « de la part des professeurs, d’accepter de nouvelles manières de travailler ».
« D’être plus présents dans les établissements, sans aucun doute », devait-il préciser, en ajoutant aussitôt :
« Mais, en contrepartie de ce nouvel engagement, leur rémunération devra être considérablement augmentée, et leurs conditions de travail très sensiblement
améliorées. » C’en serait donc fini du statut de 1950, qui définit le métier par un nombre d’heures de cours et que le monde enseignant juge protecteur.
François Hollande aussi veut ce changement, mais il y va, lui, par la concertation, quand la majorité procède par touches successives.
L’évaluation des enseignants par les chefs d’établissement, que M. Chatel met en place, est une des premières bases de cette nouvelle
conception du métier. Ce qui est sous-jacent dans cette approche, c’est l’esprit « flexiprof » du rapport du conseiller d’Etat Marcel
Pochard, « L’évolution du métier d’enseignant », commandé dès 2007 et rapidement enterré parce que le terrain n’était pas mûr.
Autre axe structurant du projet Sarkozy, l’autonomie est présentée, elle aussi, comme un moyen de restaurer l’autorité enseignante.
Fort de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) d’août 2007, qui a donné de l’autonomie aux universités,
le président a conscience de ne pas avoir fait franchir aux écoles, collèges et lycées le même tournant décisif. Or il estime
que ce qui a marché pour le supérieur fonctionnera de la maternelle au bac.
A ses yeux, l’autonomie est le moyen « que partout et ce dès l’école primaire se constituent de véritables équipes de professeurs,
motivés et soudés autour du chef d’établissement ». « Des équipes, devait-il dire jeudi, qui se sentiront collectivement responsables des
élèves qui leur seront confiés ; des équipes capables de parler d’une seule voix, d’une voix forte. »
Dans un projet libéral, l’autonomie des établissements va de pair avec le choix des enseignants par des chefs d’établissement aux pouvoirs
renforcés. Cette approche est mise en place, depuis la rentrée, dans 200 collèges difficiles, et est pratiquée dans l’enseignement privé,
qui scolarise un élève sur cinq.

RECENTRAGE SUR LES APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX

Outre une évaluation flatteuse du travail accompli dans l’enseignement supérieur ? « d’ici à cinq ans, nous aurons en France un nombre
significatif d’universités de dimension mondiale » ?, M. Sarkozy devait profiter de cette cérémonie pour dévoiler ses souhaits quant à
l’évolution des enseignements.
Pour l’école primaire, il devait se féliciter du recentrage sur les apprentissages fondamentaux avec la mise en place des programmes de
2007-2008. Mais son discours voulait aussi envoyer un message aux enseignants des petites classes, qu’il promet d’aider « à devenir de
véritables experts des apprentissages fondamentaux ».
« De nombreuses universités ont mis en place des mastères spécifiques de grande qualité. Ces initiatives doivent être encouragées »,
devait-il préciser. Contrairement aux v?ux de 2011, où il proposait d’améliorer la formation initiale, très réduite depuis l’entrée en
vigueur de la mastérisation, le chef de l’Etat s’engage cette fois à s’appuyer sur cette formation au niveau bac +5 des nouveaux maîtres. A
l’heure où 15 % des enfants sortent du primaire sans maîtriser la lecture, cet argument a au moins autant de poids pour les oreilles
parentales que pour celles des enseignants.

Pour le collège, M. Sarkozy devait rappeler qu’ »il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique tel que nous le connaissons aujourd’hui ».
Et préciser que l’heure est venue, selon lui, d’ »assumer la diversité des parcours en quatrième-troisième ».
« Il n’est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l’enseignement général, et pas à la voie professionnelle : comment,
dans ces conditions, cette dernière ne serait-elle pas vécue comme une voie de relégation ? », devait-il expliquer. S’il n’a jamais été
vraiment « unique », le collège pourrait voir ses parcours se diversifier encore si M. Sarkozy obtient un nouveau mandat.

« UN PROFOND BOULEVERSEMENT »
Pour ce qui concerne le lycée, le président de la République devait parler de la dernière année des formations professionnelles. « Pourquoi
ne pas rendre l’alternance obligatoire en dernière année de baccalauréat professionnel, ainsi qu’en CAP ?, devait-il demander.
J’ai conscience qu’il s’agirait d’un profond bouleversement, qui impliquerait d’augmenter de plus 200 000 par an le nombre de contrats
d’alternance. Une réorganisation complète du mode de relation entre lycées professionnels et entreprises serait nécessaire. Mais une telle
disposition serait une réponse extrêmement forte au problème structurel du chômage des jeunes et même au problème du chômage en
général. »

La réponse ainsi proposée à la question du chômage précoce en est aussi une au candidat socialiste à la présidentielle François
Hollande, qui fait de la jeunesse une de ses grandes priorités.

Voilà donc dessinée, à quelque cent jours du premier tour, l’école selon Nicolas Sarkozy. Déguisé en v?ux, ce discours pré programmatique
fait enfin apparaître cette école dont on pressentait les contours sans jamais en voir l’architecture intégrale.

Maryline Baumard



Ecole : L’UMP veut la rupture

Par François Jarraud du café pédagogique

La droite veut reconstruire l’Ecole. Mort du collège unique, nouveau statut enseignant, chefs d’établissement aux pouvoirs renforcés, notation publique des établissements, les propositions de l’UMP pour l’éducation rompent nettement avec la tradition scolaire.
Ecole : L'UMP veut la rupture dans Actualités 09ump7L’UMP a réuni le 8 novembre sa Convention éducation et publie ses propositions de campagne pour les présidentielles de 2012 en matière d’éducation. Elles se déclinent autour de 4 points : la réforme des rythmes scolaires, celle du collège, le management scolaire et la réforme du statut des enseignants.
Auparavant vient le bilan.  » Des résultats encourageants sont cependant déjà perceptibles », estime le document UMP en citant les évaluations de CE1 et de Cm2 qui montrent  » une meilleure maîtrise des fondamentaux ». Il montre également « une augmentation sans précédent de la rémunération des jeunes enseignants », une hausse du pouvoir d’achat de tous grâce aux heures supplémentaires. Globalement « les moyens existent mais il faut les mettre là où on en a le plus besoin ».
Après avoir modifié les rythmes scolaires sous X Darcos, l’UMP propose de nouveaux rythmes en conformité avec les recommandations de l’Académie de médecine. Extension de deux semaines de l’année scolaire, sans qu’il soit fait mention d’une compensation, au primaire et au secondaire, semaine de 4 jours et demi au primaire, pause méridienne d’une heure et demi.
« Passer du collège unique au collège pour tous… S’il ne s’agit pas de remettre en cause le collège pour tous, il faut cependant l’adapter aux nouveaux besoins des élèves qui sont plus diversifiés qu’auparavant », écrit l’UMP. De fait il s’agit bien d’en enterrement du collège unique. D4une part l’UMP recommande d’expérimenter des collèges « par classes » en coupant le collège en deux niveaux (5-6ème et 3-4ème) institués dans des établissements différents. Ce système permettrait de mettre en place facilement un double examen d’entrée en 6ème et 4ème, les deux anciens paliers d’orientation seraient remis en place. A l’issue de la 5ème, une partie des jeunes pourraient être envoyés dans des classes de pré professionnalisation.  » Dans le cadre de la réforme du collège, une diversification des voies serait permise, afin que chaque enfant puisse s’orienter dès l’âge de 14 ans vers une voie de réussite qui lui correspond ». Des classes « métiers études » seraient instituées ouvrant sur des CFA. C’est la fin du socle commun qu’annonce ce projet. L’expression est peu citée dans le document et parfois sans l’adjectif « commun »…
L’UMP propose une gestion manageriale des établissements. Les écoles primaires deviendraient des établissements. A la tête des établissements, le chef d’établissement embaucherait le personnel de son établissement. Il l’évaluerait. Enfin les résultats des évaluations nationales de chaque école et chaque collège seraient publiées. On aurait ainsi une mise en concurrence renforcée des établissements.
Enfin l’UMP propose une réforme du statut des enseignants du secondaire.  » Il faut réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais l’accompagnement : tutorat, orientation, concertation. Cette redéfinition des missions pourrait aboutir à la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel CAPES et qui serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat ». Sans toucher aux certifiés et encore moins aux agrégés, cette disposition les mettrait en extinction et on aurait une nouvelle catégorie d’enseignants probablement au temps de service passé à 24 heures (plus un tiers). Cette mesure permettrait d’économiser des milliers de postes. Dans le même souci, l’UMP entérine la fin de la scolarisation à 3 ans et pose la question du devenir du Cndp et du Cned appelés à se fondre dans une seule nouvelle structure.
Tous ces dispositifs ont été semés par Nicolas Sarkozy durant son quinquennat mais aboutissent à une rupture. L’UMP propose d’aller au bout des démarches et de mettre en place une école sans doute plus conforme aux principes libéraux que proche du modèle anglo-saxon. C’est la mise en concurrence des établissements qui devra assurer l’amélioration du système éducatif. C’est le chef d’établissement patron qui est seul responsable de bonne cote de sa maison. L’école semble passer du service public au service marchand.

Le programme UMP

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Sur le site du Café
Echos de la Convention UMP
09ump1 dans Actualités

Sommaire

C’est devant un public acquis et conquis que s’est tenue, ce mardi 8 novembre, au Théâtre Bobino, la convention éducation de l’UMP. Les mots d’ordre : personnalisation, autonomie, décloisonnement et confiance, sont répétés avec conviction par les participants successifs, très motivés, comme le disait une militante en sortant, pour « convaincre les français à faire le bon choix ». Un climat clairement pré-électoral, donc, dans lequel les critiques du programme du PS ont fusé, en contrepoint des projets forts de l’UMP : revoir les rythmes scolaires, la gestion des personnels enseignants (« on ne peut plus fonctionner avec des statuts de 1950! »), les relations avec l’entreprise, le développement de la professionnalisation précoce des élèves et le retour sur le collège unique, qui ne « correspond plus à la société d’aujourd’hui ».
Chatel annonce de nouvelles suppressions de postes
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Sommaire

Surenchère. Face à la crise suscitée par les nouveaux textes sur l’évaluation des enseignants, Luc Chatel jette le 17 novembre de l’huile sur le feu en dévoilant une vision ultra libérale de l’éducation : fin de la carte scolaire, sélection précoce, recrutement par le chef d’établissement. Le PS n’est pas en reste.
Les réactions syndicales
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Sommaire

« Rétrograde » pour Thierry Cadart (Sgen Cfdt). « Vrai projet radical » pour Christian Chevalier (Se-Unsa) que cela confirme dans son analyse d’une privatisation de l’Ecole. « Conception idéologique libérale » pour Sébastien Sihr du Snuipp. Le projet UMP a déjà les syndicats contre lui.
B. Groison :  » Le gouvernement refuse tout débat »
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Sommaire

Secrétaire générale de la Fsu, la première fédération de la fonction publique, Bernadette Groison invite au débat. Débat sur l’avenir de l’éducation et la gestion des moyens en temps de crise. Débat plus général sur la gestion de la crise avant les élections présidentielles. C’est renvoyer Luc Chatel et le gouvernement à leur bilan et à leur arrogance.


Décret portant sur la réorganisation des services académiques à partirdu 1er février 2012

Le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, a présenté, mercredi 4 janvier en conseil des ministres, un décret portant sur la réorganisation des services académiques à partirdu 1er février 2012. Principal changement, le pouvoir des recteurs sera renforcé, avec l’objectif à terme pour chaque académie de remplir un « contrat » passé avec l’Etat.
Le décret précise que les recteurs pourront désormais « définir l’organisation fonctionnelle et territoriale de l’académie, afin de l’adapter aux caractéristiques locales », et disposeront dans l’académie « de l’ensemble des compétences relatives au contenu et à l’organisation de l’action éducatrice ainsi qu’à la gestion des personnels et au suivi du fonctionnement des établissements qui y concourent ».

Les actuels inspecteurs d’académie directeurs des services départementaux de l’éducation nationale, les IA-DSDEN, vont devenir les adjoints des recteurs dans les départements, avec le titre de « directeurs académiques ».

AVIS NÉGATIF DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’ÉDUCATION

Pour le gouvernement, les nouvelles compétences du recteur lui permettront d’établir une ligne hiérarchique plus claire et de lier les responsabilités de pédagogie et de gestion. « Ce décret va changer l’organisation de notre système éducatif », a lancé M. Chatel, ajoutant que la réorganisation « va permettre à l’éducation nationale de s’adapter aux mutations et elle va rendre le système plus fluide et plus efficace ». Le décret « traduit aussi la contractualisation que nous avons mise en place avec les académies », a-t-il ajouté, évoquant l’ambition d’établir des contrats d’objectifs de quatre ans avec chacune des académies.

A ce stade, sept académies expérimentent ce nouveau mode de gouvernance par contrat, dont Créteil, Dijon, Montpellier, Strasbourg ou Versailles. Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE), instance représentative de la communauté éducative, avec avis consultatif, avait nettement rejeté en juillet 2011 ce projet, au motif notamment d’une trop grande concentration des pouvoirs des recteurs.



Bonnes vacances à tous

Joyeuses fêtes de fin d’année.



Le ministère accélère l’annonce des suppressions de postes d’enseignants

Personne ne s’y attendait. Du moins pas si tôt. A quelques heures du début des vacances scolaires de Noël, vendredi 16 décembre, la répartition par académie des suppressions de postes dans l’éducation nationale pour la rentrée 2012 est tombée.

Le ministère a présenté aux organisations syndicales les grandes lignes de cette répartition, alors que son budget n’a pas encore été définitivement adopté par le Parlement, la majorité de gauche au Sénat freinant des quatre fers.

 LEMONDE | 17.12.11 | 13h22

D’ordinaire, cette annonce intervient fin décembre, début janvier. Mais l’élection présidentielle approche. « Il faut dégager le terrain pour la campagne », soutient Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat SE-UNSA. Un terrain miné par la suppression de 14 000 postes en 2012 – dont 5 700 dans le premier degré et 6 550 dans le secondaire -, qui viennent s’ajouter aux 66 000 suppressions intervenues depuis 2007.

La répartition des suppressions de postes par académie est un sujet sensible dans l’éducation nationale. Sur le terrain, il se traduit souvent par des fermetures de classes dans les écoles.

En janvier, l’annonce de la répartition des emplois supprimés sur le territoire avait déclenché, tout au long du premier semestre, une vague de protestations de la part des élus locaux, des parents d’élèves, des enseignants. La communauté éducative disait alors que le « mammouth » était « à l’os », qu’il ne pourrait pas supporter une nouvelle « cure d’amaigrissement ».

Le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, soutient le contraire. « On peut continuer à ne pas remplacer une partie des départs en retraite » après 2012, a-t-il déclaré fin novembre, lors d’un séminaire consacré à la RGPP, la révision générale des politiques publiques.

Comme en 2011-2012, toutes les académies perdront des postes, à l’exception de la Guyane, qui en gagnera 50. Les académies les plus touchées sont celles de Lille (399 postes supprimés dans le premier degré, 589 dans le second degré) et Nancy-Metz (367 pour le primaire, 425 dans le secondaire). Dans le haut du tableau figurent aussi les académies de Versailles (755 postes supprimés au total), Créteil (595) ou encore Aix-Marseille (504).

Les critères de répartition de ces suppressions de postes sont peu détaillés dans le document que Le Monde s’est procuré. Le ministère évoque le « rattachement territorial » (académies à dominante rurale, urbaine ou d’outre-mer), les « difficultés sociales » et les « variations démographiques ». Il ne précise pas que ses prévisions d’effectifs montrent une hausse significative du nombre d’élèves à la rentrée 2012, effet du « boom » démographique du début des années 2000 : 6 000 élèves de plus sont attendus dans les écoles primaires à la prochaine rentrée, 21 200 dans les collèges, 6 600 dans les lycées généraux et technologiques, selon les documents budgétaires débattus par les parlementaires.

S’ouvre maintenant une phase périlleuse pour les recteurs, qui vont devoir plancher sur les « leviers » à actionner afin de respecter les objectifs budgétaires.

Les recettes utilisées cette année devraient être remises au goût du jour. Augmentation du nombre d’élèves par classes, fermeture d’options, diminution des cours à effectifs réduits, suppressions de postes de remplaçants au collège et au lycée. Dans une enquête publiée en septembre, le SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement, avait calculé que le système fonctionnait grâce aux heures supplémentaires. « Si les enseignants refusaient de les assurer, il y aurait, dans chaque établissement, une classe sans professeur », avait estimé Philippe Tournier, son secrétaire général.

Quant à l’école primaire, le président de la République avait promis, en juin, de la « sanctuariser ». Autrement dit, le nombre de fermetures de classes ne devait pas excéder le nombre d’ouvertures. Pour tenir l’engagement présidentiel, les recteurs devront toucher aux dispositifs d’accompagnement et de soutien : intervenants en langues, réseaux d’aide spécialisés aux élèves en difficultés (Rased)…

« Tous ces postes qui ne sont pas forcément visibles, mais qui contribuent à prendre en charge les élèves les plus fragiles. Ce sont eux qui vont payer la facture », s’inquiète Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, majoritaire chez les professeurs des écoles. Reste le vivier des enfants de moins de 3 ans : 34,5 % d’entre eux étaient scolarisés en 2000. Ils ne sont que 13 % cette année, et ce taux risque encore de diminuer encore en 2012.

La répartition des suppressions de postes par académie n’est pas définitivement figée. Vendredi, les syndicats ont obtenu le report du comité technique ministériel sur ce sujet à début janvier. « Sur le budget, il doit y avoir un débat et un vote. Or, l’administration a pensé qu’une simple consultation suffisait », déplore Christian Chevalier.

Sollicité, le ministère de l’éducation nationale n’a pas souhaité s’exprimer. Mais comme, sur ce dossier, il faut faire vite, il y a fort à parier que le « débat » attendu par les syndicats ne s’apparente à un dialogue de sourds…

Aurélie Collas



Black Out Rue de Grenelle

Article du café pédagogique

Black Out Rue de Grenelle dans Actualités 25chatel1La censure exercée par le cabinet de Luc Chatel sur les publications statistiques et les études ministérielles contredit le modèle de gouvernance de l’Ecole.

 

« Comme tous les travaux ne collent pas au plan communication, les informations fournies au grand public sur l’école se réduisent comme peau de chagrin« , écrit Maryline Baumard dans Le Monde du 12 décembre. Dans un article relevé, elle signale les données « peu fiables » lâchées par le ministère alors que nombre d’études restent bloquées. M. Baumard cite en exemple les Notes d’information du ministère : 61 sorties en 2001 contre 37 en 2008 et 19 cette année. Les 40 qui manquent, sans aucun doute, contrarient la politique ministérielle.

 

Justement le Café s’était penché de son côté sur les rapports de l’Inspection générale (IGEN) : une vingtaine par an jusqu’en 2006 (23 en 2006, 19 en 2005), 16 en 2007, 4 en 2009, 3 en 2010 et 1 seul en 2011 (et encore nous avions pu en critiquer la méthodologie). Là encore tout donne à penser que les études non publiées, par exemple celle qui a été réalisée sur l’enseignement primaire, contrarient à un titre ou un autre les orientations décidées par le ministre.  

 

Rappelons aussi qu’en septembre, le Haut Conseil de l’Education a dénoncé les évaluations « trompeuses » réalisées par le ministère. Evaluations critiquées à son tour par Nathalie Mons dans une tribune d’Educpro. « Les évaluations standardisées du primaire – dont il faut rappeler qu’elles n’ont pas été conçues initialement par la direction du ministère compétente dans ce domaine – sont entachées de multiples biais, qui handicapent en particulier leur comparabilité dans le temps », écrivait-elle. « Par exemple, il faut savoir que, pour l’évaluation de CE1, une partie significative des questions de 2011 était identique à celles de 2010. C’est comme si vous aviez deux années de suite le même sujet au bac. »

 

Une faiblesse pour qui ? Cette situation tout à fait nouvelle révèle la double faiblesse de la direction Chatel. La première c’est la minceur des arguments qui fondent sa politique. Le ministre ne peut pas s’appuyer sur grand chose pour la soutenir. Têtus, les faits viennent sans cesse la contrarier. Porteur du projet libéral de pilotage du système éducatif par les résultats, au terme d’un invraisemblable compromis étatique, il se retrouve dans un pilotage strictement administratif qui contredit le projet global de gouvernance. L’absence de données est-elle aussi une résistance administrative au projet libéral ?

Article de M Baumard

Article de N Mons

Le HCE dénonce des évaluations trompeuses

 



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