Report de l’audience au Conseil Régional

La réunion entre le collectif pour la restructuration des lycées d’Uzès et la Région  initialement programmée le jeudi 13 décembre 2012 est reportée au lundi 17 décembre à 13h30.

Cette réunion mettra en présence les personnes suivantes :

du côté du conseil régional,
- Karine Margutti, conseillère régionale, suppléante de M. Verdier au CA du Lycée Guynemer
- Bernard Bolluix, Directeur de l’Education
- Benoît Célié, Directeur adjoint de l’Education
- Isabelle Blanca, conseillère technique au cabinet du Président, en charge de l’Education

du côté du collectif,

- Nicole Bouyala :
Maire de St Quentin la Poterie de 1983 à 2001,
Chargée de mission cabinet ministériel de 1981 à 1986,
Auteur d’un livre sur la bataille du Lycée d’Uzés  1974 1981
Membre du collectif pour la restructuration des lycées

- Odile Pernin-Vidal :
Adjointe au maire de Vallabrix
Enseignante, syndiquée SNES – Syndicat National des Enseignements de Second degré
Membre du collectif pour la restructuration des lycées

- Bernard Rieu :
Maire de vallabrix
Membres du bureau de la Communauté de Communes de L’Uzège
Enseignant retraité,
Membre du collectif pour la restructuration des lycées

- Michel Huet :
Représentant de parents d’élève FCPE
Secrétaire du SNEP – Syndicat National de l’Education Physique
Enseignant retraité
Membre du collectif pour la restructuration des lycées

- Franck TICHADOU :
Conseiller municipal de Montaren et Saint Médiers
Vice Président du Syndicat Intercommunal Scolaire de l’Uzège
Secrétaire de l’Uzège de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Enseignant lycée Charles Gide d’Uzès
Membre du collectif pour la restructuration des lycées

- Denis Fernandes :
Agent d’encadrement Région sur les lycées Gide et Guynemer d’Uzès
Représentant : SNUACTE – Syndicat National Unitaire des agents des Collectivités Locales et de l’état
Membre du collectif pour la restructuration des lycées



Le point sur la situation du Collectif sur la restructuration des lycées d’Uzès du 28 novembre au 7 décembre 2012

En réponse à notre 1er demande d’audience au Président de Région le collectif a reçu, le 7 décembre, un courrier du Président, en date du 4 décembre : “Mon emploi du temps très chargé actuellement ne me permet pas de vous recevoir mais je souhaiterais que vous rencontriez, dans un premier temps, M Stéphane GOZLAN, mon directeur de cabinet.”
Entre temps notre relance à la Région en date du 4 décembre a porté ses fruits et le collectif a obtenu une audience express ; ce rendez-vous aura lieu le jeudi 13 décembre à 9H30 à l’Hôtel de Région avec M CRESTA, Vice-Président délégué à l’Education, M BOLUIX, Directeur de l’Education et Monsieur CELIE, Directeur Adjoint de l’Education.
Le Collectif sera représenté par : Nicole Bouyala, Odile Pernin Vidal, Denis Fernandes, Michel Huet, Bernard Rieu et Franck TICHADOU.

Nous avons 6 nouveaux adhérents ce qui porte le nombre à 37.

Emmanuelle Michard a récupéré de nouvelles pétitions avec 180 signataires. Nous avons donc environs 1200 signataires !
Il faut que toutes les pétitions soient amenées à la prochaine réunion publique, le mercredi 12 décembre à 18H à la Mairie d’Uzès. Le compte exact sera fait à ce moment-là et les pétitions iront, le lendemain, à la Région.

Banderole, suite
Le courrier adressé au maire d’Uzès par Nicole Bouyala a été publié dans le dernier Républicain et sur le blog du collectif.
Profitant de la présence de plusieurs élus d’Uzès à la réunion sur le PLU, les membres du collectif (Nicole avec beaucoup d’énergie) ont demandé la restitution de la banderole. La mairie s’est engagée à la rendre.

Suite à notre demande d’espaces d’affichage pour poursuivre au besoin la campagne de mobilisation nous avons reçu cette proposition de Patricia Seror : « Oui, vous pouvez poser une banderole entre les fenêtres de ma maison, qui est située juste à côté du Lycée Gide.
Ceci en hommage à ce qu’a fait Nicole pour que ce lycée existe encore aujourd’hui, et parce que j’en suis voisine et que cela aura une grande visibilité auprès des parents d’élèves et des passants, et bien sûr parce qu’en tant que parent d’élève de futures lycéennes à Uzès, je me sens suffisamment concernée par ce combat pour le faire. »

Réunion sur le PLU
- RV avec l’architecte 5 décembre
Présents : Nicole Bouyala, Emmanuelle Michard, Michel Huet, Odile Pernin-Vidal
Je résume la discussion aux suggestions de l’architecte qui pourront guider nos interventions face aux interlocuteurs de la Région.
1) Avant le concours d’architectes, la Région devrait nommer un programmateur qui définit tout ce qui doit être fait. C’est sur la base de ce cahier des charges que les architectes vont répondre à la commande.
2) Faire un relevé complet du site (les 3 espaces, Guynemer, gendarmerie, Gide), pour matérialiser l’existant et faire ressortir les disponibilités.
3) Penser à l’utilisation d’autres espaces « complémentaires » si nécessaire : par ex., le bâtiment des anciennes casernes avec sa cour.
4) Point essentiel : avoir une réflexion sur l’ensemble du projet, qui dépasse la seule réponse aux besoins cruciaux immédiats (internat, demi-pension) et prévoie le développement des lycées dans les décennies à venir. La réalisation peut ensuite s’échelonner selon les priorités définies au départ (phasage du programme). Autrement dit, il ne faut pas accepter le découpage des opérations proposé actuellement : on s’occupe d’abord de l’ancienne gendarmerie et on voit ce qu’on peut faire avec le reste ensuite.
- Réunion publique sur le PLU – 6 décembre
La question sur l’utilisation du terrain de l’ancienne gendarmerie dans le cadre du secteur sauvegardé a été posée par Nicole Bouyala.
Le maire d’Uzès est intervenu brièvement pour renvoyer la balle à la Région. Il a laissé l’architecte des Bâtiments de France, J. Dreyfus, donner une réponse précise. En résumé :
- possibilité d’utiliser le terrain pour bâtir en respectant des contraintes de hauteur des bâtiments et de proximité avec les propriétés voisines (PLU),
- possibilité d’utiliser le bâtiment partiellement protégé (façade et toitures),
- protection du pigeonnier,
- le dernier projet de la Région comportait trop de bâtiments à construire sur ce terrain.
Le choix de l’emplacement pour réaliser l’extension n’est pas en cause. Les deux architectes (J. Dreyfus, B. Wagon) ont souligné l’intérêt pour la ville de conserver ses établissements scolaires au centre.
B. Wagon a cependant insisté sur la nécessité de faire un projet respectueux du cadre historique, bien intégré dans le secteur sauvegardé.
Dans la discussion qui a suivi, un autre point a été soulevé : pas de construction dans ce secteur sans fouilles archéologiques préalables. On se trouve sur un espace sensible (enclos Saint-Ferréol) où l’on pourrait découvrir des vestiges très anciens. La Région devrait commencer par là dans son programme.
Réunion publique du collectif – 12 décembre 18h – Mairie d’Uzès
Ordre du jour prévisionnel :
- bilan actions et prévision actions futures
- définition d’une ligne de conduite claire pour le RV à la Région
- formuler une déclaration de nos objectifs à diffuser à la presse et peut-être sous forme de tract
- constitution d’un bureau.

Bien cordialement, Odile Pernin-Vidal et Emmanuelle Michard



Pour manifester notre solidarité avec nos collègues de Béziers au lycée Charles Gide

Pour manifester notre solidarité avec nos collègues de Béziers, après le drame du Lycée Jean Moulin, nous avons demandé au chef d’établissement de pouvoir nous rassembler

Jeudi   20 octobre à   11h30

Nous voudrions  profiter de ce temps pour évoquer  ce qui fragilise aujourd’hui les personnels de l’Education Nationale, nationalement et localement.

Afin de toucher le plus grand nombre ce moment de « libération de la parole » se fera jeudi matin dans notre établissement (et non pas mercredi).

Nous tenterons d’aborder un sujet qui est trop souvent occulté dans notre profession : le mal-être au travail.

Merci  de faire noter aux élèves qu’ils sont  susceptibles d’être libérés à 11h30 au lieu de 12h le jeudi 20 octobre.

Un collectif de collègues solidaires

 

Compléments d’infos : un dossier du café pédagogique :

Suicide de Béziers : Les enseignants optent pour la décence

Pour manifester notre solidarité avec nos collègues de Béziers au lycée Charles Gide dans Association de Professeurs cla10Suite au suicide spectaculaire de Lise B. au lycée Moulin de Béziers, des syndicats appellent à des actions cette semaine. Ainsi le Se-Unsa appelle à  un moment de recueillement mais aussi de revendication mardi à 14 h. Le Snes a opté pour une minute de silence et une réunion en salle des profs  mercredi matin pour exiger une demi journée banalisée de concertation dans quelques semaines.

 

Ces initiatives font référence aux décisions prises au lycée J Moulin de Béziers. A vrai dire, sur Internet, plusieurs messages circulent en se présentant comme émanant de l’assemblée générale de ce lycée. En réalité le lycée a connu lundi un vaste sit-in. Mardi à 14h une marche blanche est organisée ainsi qu’une AG le matin. Il a été décidé de reprendre les élèves en classe mercredi matin pour un temps de dialogue avec eux avant une seconde marche à 15h vers le rectorat. Le lycée discute encore d’une éventuelle action jeudi à 10h. L’AG n’a donc pas appelé à une minute de silence nationale mercredi. Dans le département de l’Hérault le ressenti est très fort et des actions sont prévues dans les établissements. Ainsi à Pézenas, au lycée, une heure de cours est banalisée ce matin et le lycée s’associera à la marche académique mercredi.

 

En dehors de l’académie, vos messages nous apprennent que dans la très grande majorité des établissements rien n’a encore été décidé. Vous manifestez votre solidarité avec l’enseignante décédée et votre envie de vous exprimer sur les difficultés du métier. Mais le souci dominant est de refuser le surplus d’émotion et l’instrumentalisation. C’est la volonté de décence qui va guider le choix des enseignants mardi et mercredi. Enfin nous recevons aussi des témoignages de personnes mises en danger par l’administration, par exemple des personnes malades détachées que l’on décide de réaffecter devant les élèves alors qu’elles ne sont plus capables d’affronter les classes.

 

Tous les syndicats n’appellent pas à un mouvement. Ainsi, pour Thierry Cadart, secrétaire générale du Sgen Cfdt, le syndicat tiendra compte de la demande ou non d’un mouvement national par l’assemblée générale du lycée J Moulin de Béziers. Dans l’immédiat il craint la récupération de l’émotion suscitée par ce suicide. Il dénonce « la deshumanisation de la gestion des personnels et el manque de démocratie sociale » et demande que « toutes les dimensions de ce drame humain soient analysées ».

Appel du Snes

Appel Se-unsa

 

 

L’Éditorial de Monique Royer

 

Le silence et l’oubli

 

Il y a des drames inconcevables dont on recherche désespérément le sens. Ne rien dire est-ce l’ignorer, en parler est-ce en dire trop, risquer l’indécence ? Lise, enseignante de mathématiques, s’est immolée dans l’enceinte de son lycée de Béziers et l’on reste sans voix. Dans la presse  sont distillées des informations personnelles, femme fragile peut-être mais nous qui vivons dans l’école savons que l’acte tient dans sa dimension dramatique les stigmates d’un sens perdu, d’une dimension de plus en plus oubliée, celle du genre humain.

 

Dans le chapelet des nouvelles s’égrènent les signes d’une époque en devenir, des graines  de couleur, des graines grises, des graines sombres, des souffles nouveaux  nés du  refus, des élans citoyens, une justice qui se met en marche même envers le pouvoir, des gestes désespérés aussi. Relier les uns aux autres serait déjà trouver un sens, trouver une logique dans un monde en désordre, tisser des fils entre des réalités empreintes de différences ; expliquer de façon rationnelle pour trouver à l’évènement un éclairage tamisé.

 

L école n’est plus un sanctuaire, elle vit de plein fouet le délitement économique, social. Elle doit poursuivre vaille que vaille sa mission éducative entre pression et dévalorisation, entre engagement et respect des consignes. Les fragilités se révèlent comme dans tant d’autres métiers où le sens s’efface, constat macabre trop vite classé dans le fourre-tout des drames individuels. L’histoire de Lise nous restera mystérieuse et nous devons le doigt sur la bouche respecter la sphère de l’intime.

 

Nous ne pouvons pour autant fermer les yeux devant la difficulté que certains éprouvent à exercer le métier d’enseigner. Quelle issue, quel avenir pour ceux pour qui la classe est devenue un lieu impossible à vivre sereinement, ceux que gagne l’angoisse au moment de franchir le seuil ?

 

Si le silence s’impose en minutes, en manifestations dignes pour ne pas laisser dans l’indifférence l’issue désespérée de la vie d’une enseignante, il ne doit pas recouvrir de son voile la souffrance au travail dans l’école. Demain, après demain des hommages seront rendus à Lise, à Béziers, à Montpellier et dans toute la France. Après l’émotion, ne laissons pas l’oubli recouvrir hâtivement d’un voile le malaise enseignant.

 

Monique Royer

 

Philippe Tournier (SNPDEN) : « On a acquis des directeurs des relations humaines mais ils n’ont pas de réponses à ce type de situation » 

Secrétaire général du principal syndicat de chefs d’établissement (le SNPDEN), Philippe Tournier met en cause les restrictions budgétaires dans le drame de Béziers. Pour lui l’Education nationale n’a plus les moyens de gérer les personnes fragiles.

Avez-vous une idée de ce qui va se passer mardi et mercredi dans les établissements ?

18tournier dans Infos lycée Charles GideOn est dans l’inconnu sur ce qui va se passer. Jusque là les minutes de silence n’ont pas toujours été très suivies. De toutes façons, je ne suis pas sûr que cela donne la dignité que l’on attend.

Comment expliquez-vous ce drame ?

C’est un drame qui , hélas, n’est pas isolé. Il y a eu d’autres suicides de personnels d’éducation ou d’élèves depuis le début de l’année. Mais il a une dimension très spectaculaire. Et le climat électoral ne va pas dans le sens de la décence nécessaire.

Sur le fond, cela renvoie à la difficulté que rencontrent maintenant les chefs d’établissement face aux personnes en grande difficulté. Il y a dix ans, les personnes fragiles étaient prises en charge sur des postes particuliers. Par exemple on les inscrivait comme TZR en leur demandant très peu de remplacements. Il y avait des dispositifs d’accompagnement dans la vie professionnelle. On ne mettait pas devant les élèves ces personnes.

Tout cela a disparu. Aujourd’hui la logique c’est que chaque enseignant doit être devant des élèves. Du coup, les établissements n’ont plus le choix. Ils sont amenés à envoyer en classe des personnes qui ne peuvent pas faire classe. En dix ans on a acquis des directeurs des relations humaines mais ils n’ont pas de réponses à ce type de situation. Tout simplement  parce que cela a un coût.

Cela remet-il en cause l’accompagnement médical des enseignants ?

C’est simple : il n’y a aucun accompagnement médical. Il faut que ce soit grave pour qu’un établissement alerte un médecin conseil et que l’enseignant rencontre quelqu’un. Ce qui n’est pas traité c’est le mal être ordinaire d’une grande partie des personnels. On n’a pas de possibilité d’adaptation modulaire aux interventions devant les élèves. Sur ce terrain on est moins bien outillé qu’il y a 10 ans.

Enseignant c’est un métier à risque ?

Sur un million de personnes, il y a bien sûr des gens fragiles. Mais les statistiques ont montré il y a déjà longtemps que le taux de suicide est plus élevé chez les enseignants. Ils connaissent un haut niveau de stress. Mais il faut ajouter que ce niveau est partagé avec les élèves. L’école française a un niveau de stress comparable à celui de pays du sud-est asiatique. Sur ce plan l’école française est très différente de celles de nos voisins. Il y a une dizaine d’années on a découvert cette réalité. Et le ministère a immédiatement mis cette information sous le coude. Depuis cela n’a pas été traité. Parce que cela interroge le fonctionnement du système, ce que font les enseignants, les pressions sur eux et sur les élèves. Les organisations qui disent que la solution c’est de  revenir au bon vieux temps ne feraient qu’aggraver les choses.

Propos recueillis par François Jarraud

 

Frédérique Rolet : « Il faut une forme de libération de la parole sur la souffrance au travail » 

Co-secrétaire générale du Snes, premier syndicat du secondaire, Frédérique Rolet revient sur les raisons de l’appel de son organisation à un moment de recueillement mercredi matin. Soucieuse d’échapper au risque de récupération d’un drame qui est aussi personnel, elle attire l’attention sur la nécessité de prendre la parole sur les difficultés du métier d’enseignant.

Le Snes avait d’abord publié un communiqué appelant à une demi-journée banalisée après les vacances. Le 17 un nouveau communiqué invite les enseignants dans toute la France à se recueillir mercredi 19 au matin. Pourquoi ce changement ?

18F_RoletOn a reçu de nombreuses réactions de collègues qui voulaient manifester leur solidarité avec leur collègue, comme on peut le faire dans d’autres corps. Des enseignants voulaient aussi que l’on parle de la perte de sens dans ce métier, des difficultés au travail, de la pression hiérarchique. On a pris contact avec les sections des établissements et on a cadré notre action nationale sur la marche blanche organisée dans l’académie de Montpellier.

Mais on reste prudent. On est conscient qu’un suicide a toujours de nombreuses causes même quand la victime choisit le lieu de travail. On ne veut pas exploiter un drame qui a aussi une dimension privée. Mais il nous semble qu’il faut une forme de libération de la parole sur la souffrance au travail. On déplore que d’autres fassent de la surenchère. Contrairement à ce qui a été écrit, par exemple, la collège était suivie.

On maintient notre mot d’ordre d’une demi-journée banalisée pour débattre des réalités du métier après les vacances de la Toussaint.

Les enseignants sont-ils particulièrement fragiles ?

Quand on fait des réformes et qu’on n’écoute pas les enseignants, qu’on nie leur professionnalisme, on les fragilise. Quand on multiplie les enseignants à cheval sur plusieurs établissements, ou avec des emplois du temps éclatés, on ne favorise pas le travail collectif, dont on nous parle tant par ailleurs. De fait les enseignants ont de moins en moins de lieux d’échange.

Faudrait-il un meilleur suivi médical des enseignants?

Il est vrai que le ministère a du mal à recruter des médecins. Il faudrait quand même développer le nombre de médecins du travail et de psychologues pour que les enseignants aient un interlocuteur à qui confier leurs difficultés qui ne soit pas le chef d’établissement.

Propos recueillis par François Jarraud

 

 

 

 



Comment répondre à la colère et à la souffrance des enseignants ?

Remplacer carotte et bâton par le sens du métier

Par Gérard Aschieri, président de l’institut de recherche de la FSU.

Des enseignants qui s’affichent dénudés pour protester contre le dépouillement de l’école : en dépit de son clin d’œil humoristique, ce geste a une portée symbolique particulièrement forte. D’une certaine manière il rejoint d’autres gestes qui ces derniers mois ont rompu délibérément avec la « bienséance » professionnelle, comme ceux qui se sont déclarés « désobéisseurs ».

Les protestations de vertu effarouchée du ministre ne peuvent occulter la réalité de ce que, selon moi, disent ces gestes : la colère, l’indignation et la souffrance professionnelle devant le « travail empêché ». Il suffit de discuter avec les personnels de leur travail pour percevoir combien ils ont le sentiment douloureux d’être dépouillés de leur professionnalité, d’être empêchés de simplement « bien faire » leur travail, de le faire en accord avec ce pour quoi ils ont choisi ce métier, avec leurs valeurs professionnelles, avec ce que leur dit leur expérience et qu’ils pensent être l’intérêt des élèves. Il y a plus : le sentiment qu’on les méprise, qu’on ignore la réalité de leur travail et de leur engagement : un mépris que manifeste de façon caricaturale le coup de pied de l’âne du président de la République au soir de la journée de grève du 27 septembre mais qui transpire de toute la politique conduite ces dernières années : les suppressions de postes mais aussi les avalanches de réformes conduites par des hiérarchies et des « experts », qui ignorent systématiquement leur point de vue, la transformation d’abord subreptice puis de plus en plus ouverte des finalités de l’école, la volonté de défigurer mais aussi caporaliser leur métier, de les mettre sous pression et en concurrence entre eux.

Cette situation est grave pour l’avenir car, si l’école de la République tient encore, c’est d’abord grâce à l’engagement individuel et collectif de ceux qui la font.

C’est selon moi un défi majeur pour les responsables politiques que de faire confiance aux personnels et leur redonner confiance pour relancer une vraie dynamique qui vise à une école de la réussite pour tous. Et, de ce point de vue, ce que je lis aujourd’hui des programmes ou entends des débats me laisse quelque peu sur ma faim.

Pour cela, il faut d’abord un projet ambitieux qui remette d’aplomb les finalités de la formation des jeunes en redonnant toute leur valeur à la formation de « l’homme » et du « citoyen » à côté de celle du « travailleur » et qui postule que tous les enfants sont a priori capables de réussir. Il faut dans le même mouvement permettre aux personnels et singulièrement aux enseignants de reprendre la main sur leur métier pour le transformer. Ce n’est pas d’abord une question de réforme statutaire. Il s’agit prioritairement de leur donner les instruments permettant de penser leur métier et d’agir sur lui, individuellement et collectivement : la formation, bien sûr, et pas seulement la formation initiale – la formation continue et la recherche en éducation ont sombré corps et biens et il y a urgence à la restaurer ; la capacité de travailler collectivement, de prendre des initiatives ; la stabilité qu’implique la résorption de la précarité ; la reconnaissance qu’exprime une politique salariale…

Substituer la confiance à la défiance ; remplacer carotte et bâton par le sens du métier et les valeurs du service public, voilà la vraie efficacité démocratique.



LYCEE CHARLES GIDE D’UZES EN DANGER : une rentrée 2011 impossible !

Communiqué des personnels du Lycée Charles GIDE, réuni en Assemblée générale, le 15 mars 2011

 

Un lycée fonctionne, sur un plan strictement pédagogique (en accord avec les programmes nationaux), en recevant une enveloppe d’heures du Rectorat (DGH) qui sont réparties selon le nombre de classes, les filières et les options.
Au Lycée Charles GIDE, cette enveloppe est inférieure d’une soixantaine d’heures par rapport à l’année dernière alors que l’on attend l’équivalent de 2 classes en plus.

Le fonctionnement normal du lycée s’avère impossible.
Les solutions préconisées, à ce jour, par le Recteur, sont la suppression d’options (Anglais européen ; Langues anciennes ; LV3 ; ….) et l’augmentation du nombre d’élèves par classe !

Pour sauvegarder ces options, à la rentrée prochaine, l’alternative serait l’absence de groupes à effectifs réduits (Accompagnement Personnalisé ; Langues ; Travaux Dirigés ; …).
Nous refusons de sacrifier des options et des conditions d’enseignement favorables à nos élèves, qui leur ont permis, jusqu’à présent, d’obtenir d’excellents résultats au Baccalauréat.
RENDONS AUX ELEVES CE QUI LEUR EST DU !

 

 

Compte rendu de l’Assemblé générale du personnel
du Lycée C. Gide du 15 mars 2011 de 11H15 à 13H15

On compte entre 32 (mini) et 40 (maxi) présents ; une cinquantaine de personnes sont venues.
F. Tichadou et E. Blois présentent la situation des établissements secondaires de l’Académie :

- en moyenne les LEG ont perdu une cinquantaine d’heures pour un effectif constant et les collèges en moyenne 15h.

- une seule rallonge horaire a été accordée suite aux rencontres avec le Recteur qui considère que les enseignements optionnels dispersent les élèves.

- dans certains établissements les professeurs refusent de siéger aux conseils de classe

Au lycée Charles Gide en plus d’une DGH insuffisante :

Un poste de surveillant sera supprimé à partir du 21 mars

Nous n’avons pas assez d’agents à cause des temps partiels et des contractuel et qu’il n’est pas prévu d’en avoir plus malgré la hausse des effectifs

Il a été décidé après discussions :

•    de ne pas collaborer à la gestion de la pénurie et donc de ne pas participer à la réunion des coordinateurs prévue mardi prochain (37/37)

•    de faire de la journée portes ouvertes une journée d’actions pour informer les parents des futurs élèves de la situation : il s’agit de les accueillir dans la cours A  avec des tracts, des banderoles et de convier la presse et les associations qui nous ont soutenu lors de la dernière journée de grève à un rassemblement à 11H (22/39)

•    de rappeler la situation particulière de notre établissement et d’annoncer au Recteur, vendredi de la semaine prochaine, notre intention d’exercer notre droit de retrait si l’on a plus de 32 élèves par classe (les autres modalités seront à définir demain avec les parents)

•    de boycotter le 2ème bac blanc (38/39)

•    de signer une pétition contre les heures supplémentaires (32/37)



Grève illimitée des personnels enseignants au lycée de Bagnols sur Cèze

Chers collègues,

L’assemblée générale de tous les personnels, réunie ce matin, a décidé de reconduire la grève pour Lundi à l’unanimité (51 votants). Il a été décidé une action lycée mort avec blocage filtrant pour lundi(10h) , Mardi et Mercredi. Un courrier (p.j.) a été envoyé par voie hiérarchique au rectorat. Il a été décidé d’organiser une rencontre Lundi soir 18h, salle de spectacles de la pyramide avec les parents. Des tracts ont été réalisés à destinations des parents mais aussi des collègues qui se posent des question sur l’attitude à adopter.

France3 a été contacté et devrait être présent Lundi Matin. France bleue et d’autres médias radio ont été prévenus.
Un site sur Facebook a été créé.

Le proviseur a été informé de nos actions et nous avons expliqué les objectifs que visaient nos actions « médiatiques »: non pas stigmatiser les personnels de direction que nous sommes d’ailleurs prêts à aider, mais montrer l’inconséquence du Rectorat que nous avons déjà alerté l’année dernière. Nous exigeons qu’une délégation rectorale se déplace.

Rendez vous est donné à tous les collègues grévistes, mais également à ceux qui souhaitent s’informer ou discuter Lundi 06 Septembre à 09h salle des profs, site des Eyrieux. Les fédérations de parents d’élèves sont invitées. Présence de tous indispensable.

Bien à vous,

Renaud Olivieri.

Autre document :

Très chers collègues,

 

Nous faisons des concessions depuis plusieurs années par conscience professionnelle, dans le souci du bon fonctionnement de l’établissement. Malgré tous nos efforts, nos conditions de travail continuent de se dégrader jusqu’à devenir impraticables.

 

QUEL EST NOTRE SEUIL DE TOLERANCE?

 

Dans l’intérêt des élèves et pour sauvegarder des conditions d’enseignement acceptables…

 

REAGISSONS !

 

Ce n’est que dans l’unité que nous arriverons à nous faire entendre, tous personnels confondus, à l’image d’autres établissements du département et de l’académie. Nous sommes d’ores et déjà une cinquantaine à nous engager dans l’action, avec le soutien attendu de certaines associations de parents d’élèves.

 

REFUSONS ENSEMBLE :

 

·     les emplois du temps incomplets et provisoires

·     les incohérences pédagogiques

·     les classes surchargées (plus de 35 élèves en lycée et 30 en SEP)

·     la suppression récurrente de postes (une centaine d’heures perdues sur la DHG)

 

SOYONS SOLIDAIRES !

 

Ce qui touche les uns aujourd’hui affectera les autres demain.

Il est temps de s’engager et de dépasser nos réticences personnelles.

L’assemblée générale du vendredi 3 septembre a décidé d’une action « Lycée Mort » à partir du lundi 6 septembre jusqu’au mercredi 8.

Lundi : rendez-vous à 9 heures salle des professeurs, site Vigan Braquet

10 heures: blocage sur les deux sites

18 heures: accueil des parents d’élèves

 

Nous attendons votre soutien.

 

 

 

 

 

Les personnels du lycée Albert EINSTEIN de Bagnols sur Cèze,

avec nos représentants syndicaux SNES-SNEP-FSU, FERC-CGT, SGEN-CFDT, SN- FO-LC

 

 

Bagnols sur Cèze, le 03 Septembre 2010

 

 

 

A  Monsieur le Recteur

 

S/C de Monsieur le Proviseur du lycée Albert EINSTEIN de Bagnols sur Cèze

 

 

 

 

 

 

Objet : Grève illimitée des personnels enseignants

 

 

 

 

Monsieur le Recteur,

 

Nous, personnels du lycée Albert EINSTEIN de Bagnols sur Cèze réunis en assemblée générale le 02 Septembre et le 03 Septembre, avec nos représentants syndicaux SNES-SNEP-FSU, FERC-CGT, SGEN-CFDT, SN- FO-LC, faisons le constat d’une rentrée qui se déroule dans des conditions inacceptables :

 

Les emplois du temps des élèves et des professeurs ne sont pas terminés, les salles,  les horaires de certaines matières ne sont pas affectés; ces emplois du temps sont pédagogiquement aberrants et non opérationnels; ils empêchent tout début de cours. Cependant, la direction a décidé de maintenir la reprise des cours à lundi conformément à vos directives.  Nous refusons de cautionner ce simulacre de rentrée.

Deux courriers précédents (06 Mai et 11 Juin)  vous ont pourtant alerté sur nos inquiétudes quant à la réalisation des emplois du temps. Nous avions demandé une assistance pour réaliser une simulation. Nous demandions à vous rencontrer urgemment, mais nos demandes sont restées sans réponse. Cette attitude est interprétée pour l’instant par les personnels comme une forme de dédain. Notre cité scolaire rencontre de nombreuses difficultés de fonctionnement. Pourquoi sommes-nous le seul lycée à perdre autant d’heures ? Pourquoi n’avons-nous pas obtenu l’ouverture de la classe préparatoire à laquelle nous prétendions ?

Alors que nous vous alertions sur la dégradation des conditions de travail des enseignants, des agents, des administratifs, dans le contexte de la fusion des deux ex-lycées de Bagnols sur Cèze, nous ne constatons aucun moyen supplémentaire à ce jour en terme d’encadrement (CPE, AED, ……..) pour aider le nouveau lycée dans son fonctionnement.

Nous n’avons que des informations parcellaires sur les effectifs élèves et les groupes (langues, options, enseignements d’exploration,…), mais il apparait déjà qu’il manque des heures d’enseignement dans plusieurs matières. Plusieurs  classes en seconde comporteront au moins 35 élèves, ce que nous refusons catégoriquement. Comment créer les dédoublements pour mettre en œuvre l’accompagnement personnalisé dans de telles conditions ?

Concernant l’avenir du lycée, il n’y a toujours pas de  perspective d’organisation rationnelle à moyen terme, en particulier concernant les répartitions des divisions sur les sites. Les restructurations nécessaires de certains bâtiments ne sont même pas planifiées. Ce lycée n’a aucune lisibilité, ni pour les familles, ni pour les personnels.

 

Nous maintenons notre demande d’un audit général effectué par vos services, afin de dégager des préconisations claires, en particulier à destination des collectivités territoriales.

Nous demandons que nous soient restituées les heures supprimées dans la DHG, que des moyens supplémentaires d’encadrement nous soient octroyés.

Nous vous demandons de faire le nécessaire pour que des emplois du temps satisfaisants soient établis dans les meilleurs délais, notamment en diligentant une intervention immédiate de vos services auprès de la direction afin de l’aider à remettre à plat tous les emplois du temps et de produire un résultat satisfaisant dans les meilleurs délais.

Nous déposons par la présente et pour les motifs qui viennent d’être exposés un préavis de grève qui prolonge pour une durée de deux semaines à partir du 06 Septembre celui précédemment déposé par notre courrier du 11 Juin 2010.

 

Nous nous déclarons à l’unanimité en grève illimitée jusqu’à ce que des emplois du temps dignes de ce nom et pédagogiquement pertinents voient le jour. 

 

Dans l’attente de vos réponses, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de notre attachement au service public national d’éducation.

 

 

 

L’assemblée générale des personnels.

 




Contre les choix gouvernementaux : défendre un service public d’éducation pour la réussite de tous !

Alors que les premiers arbitrages pour le budget 2011 seront rendus à la fin du mois, le ministère de l’Éducation nationale a récemment transmis aux académies des documents destinés à permettre l’identification des futurs postes à supprimer.

Les fiches techniques diffusées montrent ainsi jusqu’où le gouvernement est prêt à aller après avoir déjà supprimé 16 000 postes dans l’Éducation nationale en 2010. La rentrée 2010 s’annonce pourtant d’ores et déjà difficile…

Laisser penser qu’il existe des marges de manœuvre pour supprimer des postes sans effets de dégradation du service public d’éducation, c’est être tout simplement coupé de la réalité des établissements scolaires et sourd face aux interpellations actuelles de tous les acteurs éducatifs.

A l’heure où les inégalités scolaires ne cessent de s’aggraver, il est scandaleux que le gouvernement ose prétendre lutter contre l’échec scolaire, l’absentéisme et la violence, tout en continuant à supprimer les moyens éducatifs et pédagogiques nécessaires à un encadrement de qualité, y compris des élèves les plus fragiles ou à besoins spécifiques. Tous doivent pouvoir en effet être accompagnés vers la réussite, et plus particulièrement encore à l’entrée dans les apprentissages. Il en va d’une certaine conception de l’égalité réelle, qu’un projet de société comme celui de l’éducation, se doit d’incarner.

Nous savons tous à quel point, dans un contexte de crise économique et sociale, l’investissement dans l’éducation est primordial. Une véritable ambition pour l’École ne peut exclusivement reposer sur l’engagement au quotidien des professionnels de l’éducation.

Il est tout aussi hypocrite que le gouvernement ose prétendre résoudre la crise et se préoccuper de la jeunesse de notre pays sans assurer l’effort nécessaire pour que les générations à venir bénéficient d’une formation de qualité.

Si le ministre tente de mettre en avant le principe de rationalisation, il ne trompera cependant personne. Ses « réajustements » soi-disant « techniques » découlent d’une décision éminemment politique : celle qui vise à poursuivre aveuglément l’application à l’Éducation nationale du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

Les personnels de l’Éducation nationale sont engagés au quotidien pour faire face aux difficultés, et c’est bien grâce à cet engagement que les écoles et établissements fonctionnent, évoluent malgré tout, pour répondre au mieux aux objectifs de la réussite de tous. Mais l’enseignement n’est pas qu’affaire de charisme : faire apprendre, transmettre des savoirs, une culture, des compétences ne peut se réduire à énoncer des discours devant un public plus ou moins attentif. Des moyens pour la formation professionnelle, pour soutenir les innovations pédagogiques sont indispensables pour faire progresser l’École.

C’est pourquoi nous interpellons dès maintenant les parlementaires quant à la nécessité de se saisir du sujet pour qu’émerge un véritable débat politique et citoyen quant aux finalités et aux moyens de l’École.

C’est pourquoi nous invitons tous celles et ceux convaincus comme nous que l’État doit immédiatement cesser de mettre en cause les moyens du service public d’éducation, à se mobiliser pour combattre avec vigueur et fermeté cette saignée inacceptable et dangereuse !

Dans le but d’organiser une mobilisation vaste et unitaire dès la rentrée et pendant toute la période du débat budgétaire, nous décidons de nous réunir à nouveau avant la fin de l’année scolaire.



Encore un effort Monsieur Chatel !

L’APSES prend acte des modifications non négligeables que le ministère a consenties à propos du projet de programme de SES pour la classe de seconde. Cette nouvelle version du programme est davantage lisible et attractive pour les élèves sortant de troisième, la sociologie y retrouve une place conséquente et le pluralisme théorique de l’économie fait son retour. Pour autant, l’APSES constate que ce projet comporte toujours un certain nombre de carences. L’approche sociologique de l’entreprise disparaît. L’entreprise n’y est plus, en effet, abordée que sous l’angle exclusif de la combinaison de facteurs de production, elle demeure une entité abstraite sans relations sociales de travail. De même l’APSES déplore l’absence de l’étude anthropologique de la famille qui permet d’appréhender la diversité des formes de parenté et d’alliance et donne aux élèves un regard distancié sur leur vécu. L’année de la mort de Claude Lévi-Strauss, le choix de Luc Chatel est particulièrement étonnant. Ces deux suppressions représentent un manque indéniable face aux questions que des élèves de seconde se posent et pour lesquelles la pluralité de sciences sociales mobilisées en SES est un atout pour fournir une compréhension rationnelle des enjeux aux élèves.

Au-delà de ces modifications, les conditions d’enseignement des SES en classe de seconde à la prochaine rentrée demeurent inacceptables. Parce qu’il concourt à la formation générale des lycéens et à l’élaboration d’une orientation éclairée, cet enseignement ne peut pas être traité de la même manière que les enseignements exploratoires dérivés de matières de tronc commun (« Lettre et société » ou « Méthodes et pratiques scientifiques » par exemple).

Le ministère veut améliorer la culture économique et sociale des lycéens dont la majorité ne fera de l’économie au lycée que pendant son année de seconde. Le programme de SES marque ainsi clairement une différence dans ses finalités et son contenu par rapport à d’autres enseignements exploratoires, ce qui justifie une place et un horaire à part permettant de réellement les mettre en œuvre, ce qui n’est pas le cas avec un horaire de 90 minutes en classe entière. En conséquence, l’APSES demande que l’horaire octroyé aux SES en classe de seconde soit augmenté et qu’il inclut des dédoublements définis dans un cadrage national. Cette demande est incontournable si l’on souhaite impliquer réellement nos futurs élèves dans ces nouveaux champs de savoir afin qu’ils développent l’intérêt pour les sciences sociales et qu’ils acquièrent une posture intellectuelle leur permettant d’appréhender de façon rigoureuse le monde économique et social.

Au-delà de l’effet de communication, si l’économie pour tous les lycéens est une véritable priorité pour Luc Chatel, il faut que cela se traduise dans les structures et la position institutionnelle des SES.

Par ailleurs, en série ES, la disparition pure et simple des spécialités langues, mathématiques ou science politique de première fait craindre une déperdition d’élèves de la série ES vers les séries L et S. Le rééquilibrage voulu par le ministère risque de tourner court et de se résumer à une profonde déstabilisation de la série ES dont l’utilité et la réussite ne sont plus à démontrer. Cette suppression s’accompagne de surcroît d’une réduction incompréhensible des horaires de SES en terminale (-1h30).

Enfin, le ministère refuse de nous donner de quelconques garanties sur la composition, l’autonomie et le calendrier du prochain groupe d’experts chargé de proposer de nouveaux programmes de SES en cycle terminal. Là encore nous craignons que la précipitation ne conduise aux mêmes écueils que ceux constatés lors du précédent programme de seconde : oubli de l’intérêt des élèves, intrusion permanente du cabinet dans le travail du groupe, appauvrissement des finalités de formation des SES. En tout état de cause l’APSES demande que les programmes de cycle terminal soient élaborés dans des délais permettant une réflexion approfondie et une réelle concertation afin de retrouver un climat de confiance.

Pour maintenir l’attractivité de la série ES et obtenir des conditions d’enseignement en cohérence avec les enjeux du lycée du XXIè siècle, l’APSES appelle les professeurs de SES et les citoyens attachés à cet enseignement à un rassemblement à Paris le mercredi 31 mars, square Boucicaut à 13h, près du Ministère de l’Education nationale où se tiendra alors le Conseil Supérieur de l’Education pour rejoindre ensuite l’Assemblée nationale.



Soyons nombreux à défendre l’école de l’égalité des chances

Devant l’inspection académique 58 rue Rouget de Lisle à NÎMES.


Soyons nombreux à défendre l’école de l’égalité des chances


MERCREDI 24 MARS à 9h30

le collectif en résistance pédagogique sera reçu à l’inspection académique à Nîmes :
- nouveaux rythmes scolaires / programmes 2008 /stages remises à niveau pendant les vacances / aides personnalisée après la classe /  suppression des RASED
- logiciel base-élève / évaluations-bilan nationales / livret électronique / contrats d’objectifs des projets d’école/nouveau dossier 6ème
- formation des maîtres / agence de remplacement /suppression de postes / recrutement AVS EVS / loi handicap
- jardin d’éveil / disparition des visites médicales scolaires pour les enfants de 6 ans / Etablissement Publique d’Enseignement Primaire
Il sera demandé comment ces mutations servent l’intérêt de l’enfant.



Impossible absence

L’absence actuelle de vrai débat public sur la place de l’art et de la culture dans notre société est un symptôme historique extrêmement inquiétant.

Elle annonce, pour la première fois depuis la Libération, le risque d’abandon d’une part fondamentale de l’histoire de notre pays.

Une part de notre histoire dont est issue la valeur accordée aux choses de l’esprit, à travers notre littérature, notre théâtre, les arts et leur circulation, dans la vision du monde que nous partageons et la place que nous avons su leur donner dans notre vie réelle. Cette absence fait planer la menace d’une défaite devant l’invasion délétère de l’esprit marchand imposée par ce que l’on nomme « globalisation ».

Les politiques qui refusent l’ordre néolibéral doivent le comprendre : non seulement la culture – au sens le plus large du mot -, est un enjeu fondamental de civilisation, mais c’est aussi pour eux un atout politique majeur.

Comme le dit le grand dramaturge Edward Bond, « que nous resterait-il aujourd’hui des Grecs s’ils ne nous avaient laissé une philosophie, un théâtre, une mythologie, des temples, des statues ? » Autrement dit un immense arrière-plan artistique et culturel créé à partir d’outils symboliques : une langue, des codes, des signes qui nous relient à une mémoire commune, à une volonté d’être ensemble et de rencontrer l’autre, de se frotter à l’inconnu, qui nous constituent en tant qu’êtres pensant, rêvant, imaginant, désirant, créant, construisant l’improbable avenir.

Ce sont ces outils qui nous permettent de nous penser, de nous ressentir, autrement qu’en tant que consommateurs ou marchands…

Notre histoire récente fut traversée de soubresauts où cette aspiration – ce désir collectif, parfois confus, souvent éclatant et vibrant – s’est manifestée. Des outils ont été construits avec le Conseil National de la Résistance. C’est ce que l’on appelle « le service public de la culture ». Il ne s’agit, en réalité, de rien d’autre que la manifestation concrète, politique, d’une volonté de donner à l’esprit sa vraie valeur dans la collectivité.
Ce service public, qui en France fut incarné par un ministère de la Culture, est en passe d’être démantelé.

Deux événements peu commentés, font figure de symptôme.
Au moment précis où plusieurs études alertent sur la désaffection de la lecture parmi les jeunes Français, la direction du Livre du Ministère a été supprimée l’automne dernier ; celles du théâtre, de la musique, de la danse et des arts plastiques ont depuis subi le même sort.
Dans le cadre d’une révision générale des politiques publiques qui veut tout soumettre, y compris l’inquantifiable, à la « rationalité économique », l’ensemble des directions artistiques sont réduites à une Direction générale de la création artistique, coincée entre une Direction des patrimoines et celle des médias et des industries culturelles.
On peut craindre que l’art ne soit plus la priorité de ce ministère…

La même rationalité économique a présidé aux débats du Forum d’Avignon : « économie et culture », présenté comme un « Davos de la culture ». Le symbole est fort. Au moment où la « crise » prouve l’inanité des dogmes néolibéraux qui dominent l’Europe, la culture devient l’ultime nappe phréatique où puiser, au service d’intérêts qui lui sont totalement étrangers.

Quel crédit porter à une « économie créative » initiée par des dirigeants d’entreprises comme Nicolas Seydoux, Didier Lombard et Axel Ganz ? Que peut véhiculer une telle « culture », réduite et instrumentalisée par les impératifs d’une « économie de la connaissance ? »

Dans l’Europe néolibérale, un faisceau de signes innombrables converge vers la destruction de ce que nous appelons l’humain. Brutalité d’une main, propagande de l’autre, encouragement général à cesser de penser et échanger. Cet encerclement qui concerne tous les aspects de nos vies tend à faire de chacun un individu dénué de sens collectif. On peut s’inquiéter de ce qu’il adviendrait d’une civilisation déjà très altérée par un individualisme stérile, une fois amputée ce qu’il lui reste de capacité à utiliser le symbole comme moyen d’échange et de construction d’une richesse culturelle commune.

À leur échelle, de nombreuses collectivités territoriales, avec des politiques qui prennent en compte différents niveaux de l’action artistique et culturelle et pallient les désengagements de l’État, tentent de résister à ce rouleau-compresseur. Comment pourront-elles agir demain, face à un gouvernement qui risque de les priver de toute marge de manœuvre en leur déniant la compétence culturelle ?

Il est temps de l’affirmer : nous avons ici des valeurs essentielles à défendre et à promouvoir.
Ces valeurs, ne doivent pas, sous peine d’effacement, se soumettre à la tyrannie du chiffre. Voici un débat public qui mérite vraiment d’être ouvert !

Pour signer cet appel, c’est ici

Les premiers signataires :

Danielle Mitterrand (Présidente de la fondation France-Libertés)

Stéphane Hessel (diplomate, ancien déporté et grand résistant ayant contribué à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)

Roland Gori (psychanalyste, professeur des universités, initiateur de l’Appel des Appels)

Bernard Lubat (musicien multi-instrumentiste, chanteur, fondateur du festival d’Uzeste et de la Cie Lubat)

Marcel Gauchet (historien, philosophe, directeur d’études à l’EHESS, rédacteur en chef de la revue Débat)

Nicolas Frize (compositeur, membre de la LDH)

Bernard Stiegler (philosophe, directeur de l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou)

Valérie de Saint-Do (co-directrice de Cassandre/Horschamp)

Nicolas Roméas (directeur et fondateur de Cassandre/Horschamp)

Barbara Cassin (philosophe, philologue, directrice de recherche au CNRS)

Philippe Meirieu (professeur en sciences de l’éducation, responsable pédagogique de la chaîne Cap TV, directeur de collection chez ESF Editeurs)

Bernard Bloch (metteur en scène, comédien, directeur artistique du Réseau (théâtre), membre fondateur de la coopérative artistique de production CAP Etoile)

Robin Renucci (comédien, réalisateur, fondateur de L’ARIA Association des Rencontres Internationales Artistiques)

Julien Blaine (poète et performeur, fondateur de la revue Doc(k)s, des Rencontres internationales de poésie de Tarascon et du Centre international de poésie de Marseille)

Jean-Gabriel Carasso (auteur, réalisateur, responsable de l’Oizeau rare, association de recherches culturelles)

Philippe Avron (auteur interprète)

Robert Abirached (écrivain, historien, critique théâtral, ancien directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la culture)

Françoise Fanfelle (Moissac – Infirmière retraitée)

Samuel Wahl (journaliste)

Pépito Mateo (conteur, acteur et écrivain)

Olivier Perrot (Plasticien photographe – Vitry sur Seine)

Édith Rappoport (ancienne conseillère à la DRAC Île-de-France)

Bruno Boussagol (Metteur en scène)

_______

L’appel est en ligne ici

www.horschamp.org



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