Flash spécial : Le rapport de suivi de la réforme du lycée

Où en est la réforme du lycée ? Après un premier rapport exagérément flatteur en 2011, Catherine Moisan et Jean-François Cuisinier, coordinateurs du rapport de l’Inspection générale, livrent un document beaucoup plus critique sur l’application sur le terrain de la réforme mise en place par Luc Chatel. Cela tient aussi à l’échantillonnage retenu. En 2011 l’Inspection avait soigneusement trié les établissements. Dans le rapport 2012, l’échantillon est beaucoup plus équilibré entre académies (les meilleures mais aussi celles où les difficultés sont nombreuses et beaucoup de moyennes) et entre els établissements.

Le rapport aborde cinq grandes questions. La première concerne les effets de la réforme sur l’orientation des élèves. L’objectif fixé par Luc Chatel c’était le rééquilibrage au profit de la série L et de certaines filières technologiques comme STI. On peut dire que cet objectif n’est pas atteint. Certes la filière L passe de 9,5 à 10,2 % des passages en fin de seconde mais cette hausse est à mettre en perspective avec l’augmentation du taux de passage vers les filières générales (+6,8% en 6 ans). En réalité la hiérarchie des filières est renforcée, la plus forte hausse se portant sur la série la plus « noble », la série S : 30,8 % des sorties en 2009, 32,6% en 2011. Les séries STI2D, STL et ST2S enrayent juste leur chute. Le rapport souligne d’ailleurs que les conseils de classe n’ont pas modifié leurs procédures d’orientation.

Les stages de remise à niveau et stages passerelle , censés apporter plus de souplesse entre les filières, ne fonctionnent pas. Pire encore , les stages passerelle sont utilisés pou réorienter vers le professionnel les élèves dont on ne veut plus, une perspective qui était largement prévisible.

L’accompagnement personnalisé, qui était l’autre grande idée de la réforme, ne semble pas réussir à aider les élèves qui en ont besoin. Il a bien été institué dans la plupart des établissements, avec des modalités de fonctionnement différents. Le rapport montre beaucoup d’errance dans l’utilisation des heures. Les inspecteurs ne manquent pas d’en rendre les professeurs seuls responsables, dressant un portrait assez caricatural des enseignants. « Une première catégorie de professeurs éprouve de fortes réticences à se projeter dans le rôle qui lui est assigné par la réforme… Les professeurs ont appris à transmettre une discipline, pas à enseigner… Une autre catégorie, au contraire, se félicite de cet « espace de liberté » qui leur permet enfin d’exercer leur véritable métier de professeur. Ces professeurs font preuve d’un haut niveau de professionnalisme… » Mais plus critiques encore sont les élèves ! Ils jugent que l’A.P. « ça ne sert à rien ». Le tutorat n’est présent que dans une minorité d’établissements.

L’autonomie des établissements, un autre grand enjeu de la réforme, semble progresser dans la mesure où les chefs d’établissement ont corrigé des erreurs. « Certains échecs d’organisation (de l’A.P.) trop complexe l’an dernier ont fortement déstabilisé les professeurs », reconnaît le rapport, et particulièrement les barrettes. « L’organisation de l’AP à la rentrée 2011 en 2nde a souvent tenu compte des dysfonctionnements de l’année dernière : des alignements de classes en barrette mis en place par beaucoup de lycées sur une grande échelle mais souvent mal gérés par excès d’ambition et défaut d’organisation ; le désir « contrarié » de nombreux enseignants de travailler avec les élèves qu’ils connaissent ; la place donnée aux élèves dans le dispositif », notent les inspecteurs. Globalement on assiste à la décrue des barrettes et au retour du groupe classe, spécialement en première. Que dégâts pour en arriver là !

La réduction des moyens nuit à la réforme , affirment les inspecteurs. « Dans certaines académies, le poids des suppressions d’emplois est si prégnant dans la gestion de l’académie et ses relations avec les établissements que le pilotage par les moyens prévaut mécaniquement sur le pilotage pédagogique ».

Les préconisations très curieusement ne s’intéressent qu’à la gestion des moyens et aux cadres du système éducatif. On est très loin des élèves et des professeurs. Les inspecteurs veulent « renforcer la globalisation des DGH », ce qui augmenterait l’autonomie des établissements mais faciliterait aussi les retraits de moyens, aujourd’hui bloqués par les textes. Quatre préconisations sur 12 ne concernent que les IPR et nous y reviendrons plus longuement. Les autres concernent l’accompagnement des chefs d’établissement.

Pour le moment la réforme Chatel n’a pas atteint ses objectifs. En ce sens ce rapport apporte un éclairage intéressant pour la nouvelle équipe qui arrivera au pouvoir dans quelques semaines. Plus d’analyses et de réactions dans L’Expresso de lundi.
Le rapport

http://media.education.gouv.fr/file/2012/96/8/Rapport-IG-Suivi-de-la-mise-en-oeuvre-de-la-reforme-du-lycee-d-enseignement-general-et-technologique_209968.pdf

Le rapport de 2011

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/03/16_reformelycee.aspx



Chatel attaque le bac

Par François Jarraud
« L’examen du bac est à bout de souffle. Il ne certifie plus un niveau de connaissances. Si on continue comme cela on va dévaloriser le bac ». Alors que Luc Chatel avait tenu à prendre ses distances avec les détracteurs du bac en 2010 et 2011, il a opéré le 12 mars un revirement complet en dénonçant la qualité du diplôme. A 40 jours de l’élection présidentielle, le ministre publie un rapport qui dénonce la baisse de qualité du bac et propose sa refonte. C’est la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur qui est en jeu.
Chatel attaque le bac  dans Actualités 13bac1Un rapport critique sur le bac. Luc Chatel s’appuie sur un rapport d’une vingtaine de pages coordonné par l’inspecteur des finances Laurent Buchaillat et l’inspecteur général Stéphane Kesler, ancien directeur du services des examens (SIEC). Il faut rappeler que la RGPP s’est fixé comme objectif la réduction des coûts des examens, ce qui explique la présence des Finances. « L’amélioration continue de la réussite à l’examen, dans un contexte d’élargissement de l’accès au baccalauréat, suscite des doutes sur sa qualité certificative» affirment les rapporteurs. En clair, à leurs yeux, le fait que le nombre de bacheliers augmente signifie que le niveau baisse. Le rapport relève que le nombre de bacheliers a doublé depuis 1985 passant de 253 000 à 513 000. « Cela a entraîné la destruction de l’unité du diplôme » poursuivent les rapporteurs, avec la multiplication des bacs. C’est donc bien la montée des bacs professionnels depuis 1985, année de leur création qui semble leur poser problème. Ils dénoncent aussi  la règle de compensation des résultats. « 5% des élèves de S auraient eu le bac avec des notes inférieures à 10 dans les disciplines principales », affirment-ils. En fait 219 lycéens ont eu le bac S avec une note inférieure à 10 dans les 3 disciplines scientifiques (pour 145 000 reçus). Enfin ils critiquent les épreuves de second groupe dont « la qualité certificative est incertaine ». Elles permettent à des candidats ayant atteint au moins 8 de moyenne de représenter certains épreuves.
Les propositions Chatel. Pour le ministre il faut « moins d’options, moins d’épreuves facultatives, des notes éliminatoires, plus de contrôle continu, plus de tronc commun ». Moins d’options et d’épreuves facultatives parce qu’elles sont accusées de rapporter des points. Le ministre veut par exemple réduire le nombre de langues présentées au bac. Des notes éliminatoires parce que ça permettrait aux yeux de Luc Chatel de remonter le niveau du bac. Et ça reprend l’annonce faite par Nicolas Sarkozy à Montpellier le 28 février. Les rapporteurs ont calculé qu’en utilisant des notes éliminatoires on pourrait éliminer 25% des bacheliers de L, 14% d’ES et 11% de S. Ce simple calcul est intéressant à observer… Plus de contrôle continu parce que ça permettrait, bien que Luc Chatel s’en défende, de diminuer le coût du bac. Justement les rapporteurs soulignent que celui-ci a augmenté de 45% en moyenne de 2008 à 2009 (73% pour le bac général, 29% pour le bac technologique). Pour Roland Hubert, co-secrétaire général du Snes, on a là une des motivations de cette réforme. « Supprimer des options permettra de faire des économies durant l’examen mais aussi toute l’année », note-t-il. Le Snes s’inquiète de l’appel au contrôle continu car il remet en question la dimension nationale de l’examen.
Le bac est-il donné à tout le monde ? Il faut rappeler que seulement deux jeunes sur trois passent le bac. Dans tous les pays de l’Union européenne, un document certifie la fin de l’enseignement secondaire. Selon les statistiques de l’Unesco, le taux brut de diplômés de fin du secondaire s’établit à 51% en France contre 92% en Finlande, 73% aux Etats-Unis, 74% en Italie. Le taux brut de diplômés du supérieur est à 38% en France contre 62% aux Etats-Unis, 74% en Finlande, 55% en Italie. La France fait partie des pays développés où l’accès au bac est moyennement élevé.
13bac2 dans Réforme du lycéeQue voudrait dire le remplacement des épreuves du bac par un recours accru au contrôle continu ? On sait, depuis les travaux de D. Oget, que si le bac était passé au contrôle continu les résultats finaux seraient largement différents. Le fait qu’au bac on corrige une copie anonyme augmente les chances de certains candidats : les garçons, les jeunes des milieux populaires.
Pour Bruno Julliard, co-responsable de l’équipe éducation de François Hollande, la proposition de Luc Chatel relève du conservatisme bon teint. « C’est un discours rétrograde qui va de la défense des notes à l’orientation précoce en fin de 5ème. C’est le même ressort idéologique de remise en question de la démocratisation de l’accès au supérieur », nous a-t-il confié. Pour lui il sert aussi à éloigner des regards le bilan « désastreux » de N Sarkozy. B Julliard relève son étonnement de voir cette réforme arriver alors que la réforme du bac est en cours. « La question des notes éliminatoires va à rebours de ce qu’il faut faire. On a besoin de davantage de bacheliers pour avoir davantage de diplômés du supérieur ».
Ce qui semble défriser dans un fort taux de réussite au bac c’est quand même que certains qui n’y arrivaient pas y arrivent. Or on sait bien que statistiquement on a d’autant plus de chances de réussir le bac que l’on est issu d’un milieu favorisé. L’enjeu de la réforme du bac c’est la démocratisation de l’enseignement supérieur. Mais la sortie inattendue de ce rapport à quelques jours des élections semble davantage un artifice politicien surfant sur les valeurs de la droite extrême qu’une proposition sérieuse. Luc Chatel a promis de ne pas toucher au bac 2012. Au-delà l’avenir d’une partie des bacheliers serait compromis s’il n’y avait pas d’alternance politique.
François Jarraud
Le rapport

http://media.education.gouv.fr/file/2012/09/9/BAC-evolu[...]

Le bac est-il donné à tout le monde

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/20[...]

Luc Chatel annonce de nouvelles épreuves

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Page[...]



Journée d’action du 19 mars réussie au lycée Charles Gide d’Uzès

Dans le cadre de la journée d’action pour « sauver l’Education Nationale », le lycée Charles Gide d’Uzès a su se mobiliser. Tous les enseignants du lycée, qui recevaient les parents, venus se renseigner, lors d’une matinée « portes ouvertes », leurs ont expliqué la situation alarmante qui attend leurs enfants à la rentrée prochaine si des moyens supplémentaires ne sont pas rapidement débloqués par le rectorat de Montpellier.

19 Mars 2011

 

En effet, un lycée fonctionne, sur un plan strictement pédagogique (en accord avec les programmes nationaux), en recevant une enveloppe d’heures de l’état (DGH) qui sont ensuite réparties selon le nombre de classes, les filières et les options.

 

Au lycée Charles GIDE, cette enveloppe horaire est inférieure d’une soixantaine d’heures par rapport à l’année dernière alors que l’on attend l’équivalent de 2 classes en plus. Le fonctionnement normal du lycée s’avère impossible.

 

Les solutions préconisées, à ce jour, par le Recteur, sont, la suppression d’options (Anglais européen ; Langues anciennes ; LV3  ….) et l’augmentation du nombre d’élèves par classe !

Pour sauvegarder ces options, à la rentrée prochaine, l’alternative serait l’absence de groupes à effectifs réduits (Accompagnement Personnalisé ; Langues ; Travaux Dirigés ; Travaux Pratiques …).

 

Les personnels et la FCPE (association  de parents d’élèves)19 Mars 2011 (2)

ont déclaré : « Nous refusons de sacrifier des options et des conditions d’enseignement favorables à nos élèves, qui leur ont permis, jusqu’à présent, d’obtenir d’excellents résultats au Baccalauréat. »

 

Ils ont érigé, dans la cour de l’établissement, des banderoles proclamant :

 

PRIORITE A L’EDUCATION

RENDONS AUX ELEVES CE QUI LEUR EST DU !

19 Mars 2011 (5)

A l’appel de la FSU certains élus de l’Uzège, des associations, des fédérations syndicales et des partis politiques se sont joints à un rassemblement devant le lycée pour exprimer leur solidarité à l’action des personnels de l’établissement.

19 Mars 2011 (4)

Une délégation d’élus locaux et de représentants politiques a été reçue par le Proviseur du lycée, M Cabanis.

19 Mars 2011 (6)

Les parents d’élèves et les élèves

19 Mars 2011 (3)

ont déjà annoncé la poursuite de l’action initiée aujourd’hui par le personnel, avec, jeudi 24 mars, une journée « lycée mort » pour symboliser le risque  de mort pédagogique du lycée à la rentrée prochaine. Dès le jeudi soir, une occupation de l’établissement par les élèves, les parents d’élèves et les enseignants, doit avoir lieu ; occupation qui devrait se poursuivre, le vendredi 24 mars, jour où une délégation sera reçue par le Recteur d’Académie.

 

A suivre ….



Rassemblement devant le lycée Gide à 11h le samedi 19 mars 2011

 

RENDONS AUX ELEVES CE QUI LEUR EST DU !

Les personnels du Lycée Charles GIDE (Uzès), réuni en Assemblée générale, le 15 mars 2011, appellent

à un rassemblement devant le lycée Gide à 11h le samedi 19 mars 2011.

Cette action s’intègre dans le cadre de la journée nationale d’action du samedi 19 mars, organisée par le collectif « l’école est notre avenir »

http://www.uneecole-votreavenir.org

Pour le SNES (FSU) du lycée Charles Gide (Uzès) : Franck Tichadou

Deuxième document : Communiqué du collectif « L’école est notre avenir »
Journée nationale d’action du 19 mars 2011

L’éducation n’est plus une ambition pour ce gouvernement. Il aura supprimé 50 000 postes dans le service public d’éducation en cinq années mettant en difficulté écoles et établissements, dégradant de façon systématique les conditions d’accueil, de formation et de qualification des élèves, détériorant les conditions de travail de l’ensemble des personnels. La Révision générale des politiques publiques (RGPP) aura déstabilisé les personnels et affaibli les capacités de nombreux services comme celui de la Jeunesse et des Sports. Les universités sont confrontées à des difficultés budgétaires et des promesses non tenues.

Le service public d’éducation, cible de la chasse budgétaire, est tiré vers le bas.

À la rentrée 2011, ce seront 16 000 postes supplémentaires qui seront supprimés malgré l’augmentation des effectifs d’élèves. Les conséquences auront des effets immédiats sur la taille des classes dans les écoles, les collèges et les lycées, la scolarisation des enfants de deux et trois ans, les élèves en difficulté, le fonctionnement des services et l’offre d’enseignement… Le gouvernement fait le choix de la régression. Il a fait aussi ce choix en supprimant la formation initiale des enseignants entraînant ainsi démissions et effondrement du recrutement. Dans le même temps, la majorité parlementaire a décidé de favoriser l’enseignement privé au détriment du service public.

Le gouvernement ne prépare pas l’avenir. Ses choix dessinent une Ecole où les inégalités seront renforcées, une École plus dure pour les moins favorisés, une Ecole où la concurrence entre établissements, par l’abandon de la sectorisation, sera la règle. Les enquêtes internationales, comme PISA, confirment que les inégalités se creusent. Le gouvernement ne répond qu’avec des effets d’annonce.

La mobilisation citoyenne doit permettre d’inverser ces choix. Les organisations, rassemblées dans le Collectif « L’École est notre avenir », appellent tous ceux et toutes celles qui soutiennent le service public d’éducation et son engagement permanent pour la réussite des jeunes, sans distinction de fortune et d’origine, à une journée nationale d’action déclinée dans chaque académie le samedi 19 mars.

Les organisations à l’initiative de cet appel :
AFL – Cé – CEMEA – CRAP-Cahiers pédagogiques – EEDF – FAEN – FCPE – FEP-CFDT – FERC-CGT – FGPEP – FIDL – FOEVEN – Les FRANCAS – FSU – GFEN – ICEM-pédagogie Freinet – JPA – La Ligue de l’Enseignement – Fédération Léo Lagrange – OCCE – SGEN-CFDT – SUD Education – UNEF – UNL – UNSA Education

Les organisations qui soutiennent cet appel :
AEAT – AFPEN – AGEEM – AMUF – ANATEEP – APBG – APSES – APKHKSES – ATTAC France – CFDT – CGT – CMR – CNAJEP – CNAL – CSF – FFMJC – FNAME – Bureau national FNAREN – FNDDEN – FNFR – LDH – MRAP – PRISME – Solidaires – UDPPC – UFAL – UNSA

Dans notre région, le report des travaux de carte scolaire après les élections cantonales, doit nous faire craindre une carte scolaire sans précédent!
Déjà, il est annoncé la suppression de 95 postes dans les écoles de la région.
Le collectif « L’Éducation est notre avenir », appellent tous ceux et toutes celles qui soutiennent le service public d’éducation, à une journée nationale d’action. Seule une mobilisation citoyenne et massive peut permettre d’inverser ces choix.
MANIFESTATION RÉGIONALE À MONTPELLIER
SAMEDI 19 MARS, 14h30, place de Thessalie



Articles du café pédagogique sur la réforme du lycée

Réforme du lycée : Attention fragile !

Articles du café pédagogique sur la réforme du lycée dans Actualités 16_reforme1« Cette réforme est en marche. C’est une vraie révolution pédagogique ». En présentant le 15 mars 2011, le rapport de l’Inspection générale sur « le suivi de la mise en oeuvre de la réforme des lycées d’enseignement général et technologique », Luc Chatel a plus vanté l’oeuvre accomplie que répondu aux inquiétudes soulevées par l’annonce de fortes réductions de moyens dans les lycées à la prochaine rentrée. A-t-il même vraiment entendu les inspecteurs ? Derrière l’optimisme officiel, le rapport montre que les objectifs fixés à la réforme sont loin d’être atteints et que la réforme reste « très fragile ».

 

 Présenté par Catherine Moisan et Jean-François Cuisinier, le rapport aborde la réforme du lycée sous 4 axes : un bilan des enseignements d’exploration, de l’accompagnement personnalisé, l’autonomie des établissements et le pilotage de la réforme.

Lisez le reportage du Café

Le rapport sur la réforme

 

La FCPE demande des moyens pour la réforme des lycées

Les parents de la FCPE soulignent la faiblesse de l’accompagnement de la réforme et demande que les dispositifs prévus, par exemple les passerelles, soient réellement mis en place.

 

« Le rapport de l’Inspection générale sur la réforme du Lycée corrobore les témoignages des parents d’élèves : accompagnement personnalisé dévoyé en heures de rattrapage de cours, tutorat souvent inexistant et enseignements d’exploration transformés en enseignements de prédétermination… », écrit la FCPE en réaction à la publication du rapport de suivi de l’Inspection générale.

 

Elle « exige que soient donnés aux lycées les moyens de la mise en place des dispositifs pédagogiques prescrits par les textes réglementaires, elle continue à demander l’arrêt des suppressions de postes au lycée comme initialement promis pour mettre en œuvre la réforme ».

Communiqué

 

Lycée : Un avenir plein de frustrations

Où est passé l’optimisme qui avait porté une majorité du Conseil Supérieur de l’Education à soutenir cette réforme ? Six mois après son lancement, on n’observe ni rejet massif, ni difficultés majeures. Juste la certitude que les frustrations sont à venir.

 

C’est en ce moment que les conseils de classe de seconde confrontent les premiers voeux des familles aux exigences des passages en première. Ils doivent le faire alors que des modes d’évaluation nouveaux, en langues, dans les enseignements d’exploration, coexistent avec les traditionnels. La petite minorité de lycées qui a réussi à mettre en place une évaluation par compétences  doit s’y retrouver. Ailleurs les familles et les élèves doivent s’arranger avec des notes qui ont des significations en fait différentes. Traditionnellement  65% des élèves demandent un passage en première générale, seulement 57% l’obtiennent et 18% redoublent (moyenne nationale). Cette année, le thermomètre étant illisible, on peut s’attendre à une poussée des demandes en première générale. Or il n’y aura pas plus de places dans ces classes et même plutôt moins. Il y a de fortes chances qu’après une seconde où souvent le climat scolaire a pâti d’emplois du temps interminables, l’année se termine dans la frustration et l’incompréhension pour une partie plus importante des familles et des jeunes. L’objectif d’améliorer l’orientation grâce aux enseignements d’exploration est-il encore à la portée de la réforme ?

 

Une autre frustration est en train de rattraper les profs. Ils ont mis en place les nouveaux programmes, inventé sur le terrain les enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé. En récompense, voilà que les académies viennent reprendre une partie des moyens. Rappelons que la réforme s’est faite à moyens constants, une partie de ceux-ci n’étant pas fléchés sous prétexte d’encourager l’autonomie des établissements. La saisie de ces moyens, variable d’une académie à une autre, va décrédibiliser le projet pédagogique qui sous-tend la réforme. Ce qui risque d’en rester c’est qu’elle n’a été qu’un leurre pour diminuer les horaires d’enseignements et rendre le métier plus aliéné et plus difficile. L’Inspection générale a raison de souligner dans son rapport que la réforme risque de s’y fracasser.

 

Question de temps. C’est un classique de dire que le temps d’un ministre de l’éducation n’a rien à voir avec le temps long des réformes. Pour autant ces difficultés auraient pu être anticipées. La rue de Grenelle ne manque pas de cadres parfaitement capables de les prévoir. Mais on ne l’a pas fait. On donne ainsi l’impression que le temps du ministère est désynchronisé de celui de la classe. Ni les élèves, ni les professeurs n’ont mérité de faire « le crash test des réformes ministérielles », comme le dit l’un d’eux dans le rapport de l’Inspection. Au moment où j’écris ces lignes, les enseignants ne connaissent toujours pas l’ampleur des pertes d’heures l’année prochaine. Ils ne savent pas plus à quel bac ils préparent leurs élèves de seconde (rappelons qu’une partie des épreuves a lieu en première). Qui jugera utile d’ajuster les montres ? A quoi sert de lancer une réforme pour l’annuler administrativement au bout de 6 mois ?

 

Pour le SNIA-IPR, une réforme précipitée

leborgne1 dans Réforme du lycée« Cette réforme est intéressante. Mais elle va déboucher sur des difficultés faute d’avoir envisagé la suite », explique Jean-François Le Borgne, président sortant du SNIA-IPR, premier syndicat des inspecteurs IPR. Il répond à nos questions sur le rapport que vient de remettre l’Inspection générale et la réforme du lycée.

 

Le rapport s’appuie sur 36 établissements, souvent prestigieux, de 8 académies. Que pensez-vous de sa méthodologie ?

 

 En regardant la liste des établissements, j’ai l’impression moi aussi qu’on les a sélectionné. La plupart ont l’habitude des expérimentations et on peut s’attendre à ce que les résultats y soient plus favorables. Les résultats transmis dans mon académie (qui n’a pas été  retenue pour le rapport ) montraient de très fortes disparités. Par exemple, pour l’accompagnement personnalisé (AP), des méthodes très différentes. Le plus surprenant c’était le mécontentement des élèves hostiles à l’AP soit parce qu’ils le jugeaient inutile, soit parce qu’ils voulaient du soutien ou qu’ils regrettaient des heures de cours supprimées. On peut aussi regretter que peu de parents aient été concernés par l’enquête. On ne les a pas interrogés.

Lisez la suite de l’entretien avec JF Le Borgne

 

 

 



La reforme du lycée dans la presse

Le café pédagogique

Sans feu ni loi, pour le Snpden, l’éducation n’est plus nationale

P Tournier, secrétaire gal du Snpden - Photo CP« Chatel a-t-il tué l’éducation nationale ?  Selon le principal syndicat de chefs d’établissement, le Snpden Unsa, faute de régulation centrale et de moyens, la loi féodale s’installe dans l’éducation nationale. Chaque académie s’affranchit des textes officiels et applique ses propres textes.

 

« Si les académies étaient notées sur 20 en préparation de rentrée 2011, elles auraient en moyenne 7,9 en « respect des textes » et 10,9 en « dialogue » », annonce le Snpden. Au terme d’une enquête auprès des personnels de direction, le syndicat dresse le portrait d’une éducation nationale éclatée et sans loi centrale. « Les deux tiers des académies s’écartent de la règlementation nationale dans les modalités de calcul des dotations aux établissements », écrit le Snpden. « C’est particulièrement le cas en ce qui concerne les marges de manoeuvre garanties aux établissements à l’occasion de la réforme du lycée : 80 % des académies ne respectent pas les textes. De même, 16 académies sur 30 n’intègrent pas les IDD dans le calcul des dotations des collèges. Si 5 le font finalement dans un second temps en heures supplémentaires, 11 ont décidé leur pure et simple suppression ».

 

La réforme du lycée est utilisée pour récupérer des moyens. Selon le Snpden, le lycée est la première cible des académies qui utilisent les marges de manoeuvre confiées aux établissements pour récupérer des moyens. « Parmi les victimes, les tout récents textes sur la réforme du lycée, vieux de moins d’un an. 20% seulement des académies les appliquent dans le calcul des dotations et la moitié s’asseoit dessus plus ou moins lourdement, soit qu’elles affectent des moyens au « H/E » (pourtant impossible à concilier avec les textes), soit qu’elles maintiennent l’ancien système des dédoublements au « 25ème élève »… Ce sont les marges de manoeuvre laissées aux établissements, pourtant explicitement garanties par des arrêtés, qui sont ainsi tout de suite redevenues des « marges d’ajustement » dans 80 % des académies ». Autre victime collatérale des difficultés de financement, le plan d’accompagnement triennal qui doit permettre aux lycées ayant des STI2D ou des STL d’amortir d’éventuels effets de structures. « Or 13 académies refusent de mettre en oeuvre ce mécanisme de sauvegarde », précise le Snpden.

 

Au collège les IDD sont de fait supprimés. « Les autorités locales ont décidé d’elles-mêmes de supprimer les « itinéraires de découverte » (IDD) dans le calcul des dotations aux collèges dans la majorité des académies : 16 sur 30″, ajoute le Snpden. Ce dispositif innovant, ressemblant aux TPE des lycées et aux TIPE du supérieur, formant les élèves au travail autonome est ciblé par les académies.

 

La régionalisation de l’éducation est en marche. « Au fur et à mesure que l’échelon national s’estompe, on semble assister à la naissance de 30 ministères de l’Education : l’ampleur et la profondeur des disparités que révèle cette enquête conduisent à s’interroger sur ce que recouvre exactement aujourd’hui l’adjectif « nationale » qui suit le mot « Education »… », conclut le Snpden. Le 8 mars, au Sénat, le syndicat avait déjà montré qu’il y avait « 30 ministères de l’éducation nationale ». « On assiste « à un déversement du rectorat à qui on donne le soin de gérer le réel et à la fonte du pilotage national depuis une quinzaine d’années », disait Philippe Tournier. « Une tendance qui s’accélère puisque même les suppressions de postes sont maintenant confiées aux recteurs ». C’est un nouveau débat qui s’ouvre pour le système éducatif français : celui de sa territorialisation.

Le dossier du Snpden

Quand les élus du peuple discutent privatisation

N . Mons : Le rôle de l’Etat reste primordial

Qui est le mieux placé pour diriger : l’Etat, les collectivités locales ?

 

Le Monde

Lycée : la réforme Chatel avance à petits pas

Mardi 15 mars, l’inspection générale a remis au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel un rapport d’évaluation sur l’application de la réforme du lycée, appliquée en classe de seconde depuis septembre 2010. Les inspecteurs ont vérifié dans trente-six établissements si les innovations préconisées étaient réellement entrées en vigueur.

Ni réquisitoire, ni constat d’échec, c’est une réforme « dont les composantes multiples se mettent en place progressivement », notent les inspecteurs. Dès son annonce, cette réforme avait divisé les syndicats d’enseignants. Elle provoque aujourd’hui des tensions, mais pas de rejet.

  • « Enseignements d’exploration »

A raison d’une heure trente par semaine, les « enseignements d’exploration », permettant aux élèves de découvrir de nouvelles disciplines, sont à choisir parmi seize spécialités. Bémol : chaque élève doit choisir au moins un des deux enseignements d’économie (sciences économiques et sociales et principes fondamentaux de l’économie et de la gestion). Le rapport suggère d’élargir le choix des autres enseignements.

  • Accompagnement personnalisé

Les deux heures « d’accompagnement personnalisé », consacrées au soutien, à l’approfondissement pour les meilleurs et à l’aide à l’orientation, provoquent « déstabilisation et inquiétude ». Cette mesure « nécessite du temps ». Emplois du temps casse-tête, manque de formation des enseignants, peu de temps pour préparer un réel projet pédagogique : pas un lycée ne fonctionne comme son voisin.

  • Autonomie des établissements

Enfin, l’appui apporté à « l’autonomie des établissements » et à leur « prise de responsabilité » est un pari « en voie d’être gagné ». Les inspecteurs généraux se réjouissent que les lycées s’adaptent aux élèves, par l’unité des classes ou par la multiplication des groupes.

En conclusion, le rapport juge que les avancées observées sont « réelles mais fragiles » et que leur plein accomplissement « nécessite d’autres formes de pilotage », faisant notamment évoluer le rôle des inspecteurs « vers une fonction de conseil ».

Luc Cédelle et Lucie Hennequin 

 



Lycée Gide : réunion d’information rentrée 2011

L’état ne donne pas les moyens de mettre en œuvre sa réforme !

Le conseil d’administration du Lycée C.Gide a rejeté à l’unanimité la dotation horaire attribuée par le rectorat. Elle est largement insuffisante. Il manque plus de 60heures pour que tous les élèves aient leurs heures d’enseignement dans les conditions prévues par les textes officiels. De plus une augmentation des effectifs de 60 élèves n’est pas prise en compte : seulement une demi-classe prévue en supplément !
Les membres du conseil d’administration ont fait une demande d’audience auprès du recteur, sans réponse à ce jour.
Les conditions de préparation de la rentrée 2011 sont sans précédent. Aussi les enseignants du lycée convient tous les parents des collèges et du lycée à une réunion d’information Mercredi 16 mars à 17h au centre d’accueil du lycée Gide (au fond de la deuxième cours à gauche)



Lycée : Le Snpden et le Se-Unsa rappellent le ministre au respect des textes

Article : le café pedagogique.

P Tournier Snpden - Photo CPLes chefs d’établissement Unsa et les enseignants invitent le ministère à respecter les engagements de la réforme du lycée. « Les contraintes de préparation de la rentrée 2011 obèrent l’impact positif que la réforme devrait avoir pour les élèves », écrivent le Snpden, premier syndicat des chefs d’établissement, et le Se-Unsa. « La pression budgétaire et la recherche de « gisements d’efficience » conduisent de nombreux recteurs à passer outre les dispositions pourtant clairement inscrites dans les textes… Ce détournement compromet gravement la mise en place de parcours plus souples et plus personnalisés, porteurs de réussite pour les lycéens. Il compromet également les évolutions pourtant nécessaires de notre système éducatif, car il nourrit – à juste titre – la défiance de la communauté éducative ». Une enquête du Café avait montré en janvier les difficultés crées par la réforme.

Communiqué  commun

Le désarroi des profs de seconde

 

Des syndicats demandent la suspension des suppressions de postes

A la suite de la publication du rapport du CAS, l’Unsa éducation et le Snuipp Fsu demandent un moratoire des suppressions de postes. « L’Unsa exige la réévaluation complète et contradictoire de la RGPP ». Le Snuipp »demande instamment au ministre de suspendre don projet de suppression de postes ». Le rapport du Centre d’analyse stratégique a montré que l’encadrement de sélèves en France est parmi le splus bas des pays développés.

Le rapport du CAS

 



A Philippe Lamour (Nîmes) la rentrée n’est pas terrible non plus

Les suppressions massives de postes d’enseignants et une de leur conséquence directe, la réforme du lycée, mise en place cette année pour les élèves de seconde, conduisent à une nette dégradation des conditions d’enseignement offertes à vos enfants :

 

- Le nombre d’élèves par classe est trop élevé :

 

> Les 13 classes de seconde comptent 34 à 35 élèves. Aider les plus en difficulté devient donc très difficile. Le rétablissement de la 14ème classe de seconde aurait permis d’alléger ces effectifs.

 

> Il y a cette année 109 élèves en Terminale S. Au lieu de les répartir équitablement entre les 4 classes, 3 TS se retrouvent à 30 élèves, et une ne compte que 19 élèves. Ceci permet d’économiser des heures en ne dédoublant pas cette classe lors des TP et des TD. La logique est purement comptable, et en aucun cas pédagogique.

 

- Des classes sont supprimées : 2 Terminales ES au lieu de 3. Résultat : la majeure partie des élèves ayant échoué au baccalauréat ont dû aller redoubler dans d’autres lycées de Nîmes ou à Milhaud. Qu’en sera-t-il l’année prochaine des 73 élèves qui sont en 1ère ES cette année ? Se retrouveront-ils à 37 par classe en Terminale ? Devront-ils aller s’inscrire ailleurs ?

 

- Les nouvelles conditions de « formation » des professeurs stagiaires : elles pénaliseront cette année 4 classes de seconde et 2 classes de première. Ils auront au cours de l’année au moins 3 professeurs d’espagnol différents : outre leur enseignant (stagiaire sans tuteur dans l’établissement pour le guider), un remplaçant (ou plus) assurera les cours jusqu’à la Toussaint, et un étudiant viendra plusieurs semaines au cours de l’année pour prendre les classes.

 

- Des problèmes sont directement liés à la « nouvelle classe de seconde » :

 

AVANT LA REFORME

AUJOURD’HUI

Aide individualisée : 1h en français et 1h en maths par semaine pour les élèves en difficulté (8 élèves maximum)

Modules d’histoire-géographie : 1h en groupe une semaine sur deux

2 h d’  «accompagnement personnalisé»  par semaine:

-       1h en classe entière

-       1h en demi-classe financée sur 27 semaines seulement.

L’année scolaire s’achève-t-elle en avril ?  Comment « personnaliser » en classe entière ?

Option de détermination :

2h30 à 3h par semaine (SES, options artistiques, IGC…) avec 20 élèves maximum.

Enseignements d’exploration :

1h30 par semaine avec des effectifs de 34 élèves !

Pas de vrai programme, pas d’évaluation…

 

Perte d’heures d’enseignement en maths, français, histoire- géographie.

C’est un appauvrissement de l’enseignement

Un cadre national base du principe d’égalité entre usagers du service public

Fin de l’égalité républicaine entre les lycées et les lycéens, chaque établissement faisant des choix « pédagogiques » qui lui sont propres, souvent imposés par une baisse des moyens.

 

Vos enfants perdent des heures d’enseignement.

Celles-ci se déroulent dans de mauvaises conditions.

Les effets d’annonce ne résistent pas à une analyse des faits : les effectifs sont trop lourds pour apporter l’aide indispensable à vos enfants en cette année d’entrée au lycée.

 

Parents, Elèves, Enseignants

C’est tous ensemble que nous devons défendre l’Ecole Publique



Lycée Charles Gide: un effectif en hausse avec guère plus de moyens

Article Midi Libre.com

lycée entrée.jpg

CONTEXTE : Décision rarissime, le rectorat accorde la création d’une demi-classe de première S

Les personnels enseignant et d’éducation du lycée Charles- Gide et l’association de parents d’élèves FCPE se sont attachés à alerter les lycéens, les familles et l’opinion publique sur la situation de l’établissement à l’orée de l’année scolaire. Ils se sont surtout attardés sur deux points : l’accueil des élèves dans une structure scolaire de plus en plus exiguë et la nomination de quatre professeurs stagiaires dans les conditions prévues par la réforme Chatel.
Les effectifs du lycée sont en effet en progression avec 828 élèves, qui remet en cause l’encadrement et la gestion. Les trois classes de 1 re S, avec 35 élèves chacune, et les onze classes de 2 de , avec 33 élèves, sont en sureffectif. Sur le plan matériel comme sur le plan pédagogique, cette situation n’est pas gérable et pose des problèmes de sécurité. Pour les personnels, la création d’une classe de 1 re S s’impose dès cette rentrée.

Avec 88 élèves supplémentaires, l’accès à la cantine sera long et fastidieux pour les demi-pensionnaires. Des adolescents qui auront commencé leur journée à 6 heures du matin ne pourront prendre leur repas qu’à 13 heures. Franck Tichadou, de la FSU, pense que « la Région doit s’emparer de ce problème et lui apporter au plus vite une solution ». Pour accueillir convenablement les élèves, il manque une classe de 1 re S, de l’espace à la cantine, des personnels administratifs et techniques, toujours moins nombreux face aux tâches qui leur incombent.

La visite, jeudi après-midi, de Fabrice Verdier, vice-président du conseil régional, n’a pas apporté de solution au problème de la cantine. En revanche, le recteur s’étant déclaré favorable à la création d’une demi-première S, il a assuré que la région pourvoira à son accueil.

L’un des points unanimement contestés de la réforme ministérielle touche aux nouvelles modalités de formation des professeurs. Les enseignants stagiaires assurent cette année un service complet (18 heures en général, au moins quatre classes en responsabilité), mais ils doivent également suivre une formation. En conséquence, leurs classes seront confiées à des remplaçants durant certaines périodes de l’année.
Convaincus que « cette discontinuité va à l’encontre de la stabilité dont les élèves ont besoin au cours de leur année scolaire », les personnels du lycée avaient refusé la création des « postes berceaux » dans l’établissement. Quatre enseignants stagiaires sont cependant nommés au lycée : deux en histoire-géographie, un en espagnol, un en français. L’un d’entre eux sera affecté à un poste partagé : 9 heures à Uzès et 9 heures à Nîmes par exemple.

 

Lycée Charles Gide: la tension monte face aux réformes

lycée rentrée.jpgHier après-midi, les personnels du lycée Gide ont gardé les élèves de secondes dans la cour pour les informer de la réforme de la formation des maîtres, des sureffectifs en première S, du manque de personnels administratifs et techniques alors que les effectifs ont augmenté de 88 élèves par rapport à la rentrée 2009, sur un total de 830. L’inspection tente d’imposer la mission de tutorat à des enseignants qui ne le souhaitent pas. La direction impose des missions de professeur principal à certains qui ne le veulent pas dans le contexte de la réforme du lycée. Des représentants des parents FCPE sont également intervenus pour soutenir l’action des enseignants.

 



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