Article du Midi Libre lycée des métiers d’art.

Lycée des métiers d’art Guynemer: la semaine des mathématiques a été lancée par le recteur

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De gauche à droite, M.Chapon, Mme Troussier, MM.Verdier, Philip, Bouad.

Vendredi 15 mars,  Christian Philip, recteur de l’académie de Montpellier, accompagné par M. Gutierez, directeur des services académiques du Gard, étaient accueillis par Christine Troussier, proviseure du lycée des métiers d’art Guynemer, où il devait lancer l’opération  »Semaine des mathématiques » qui se tient du 18 au 23 mars. Il s’agit pour les professeurs impliqués dans cette démarche, Mmes Anglade, Tabarot et Naïmi, de proposer une image actuelle, vivante et attractive des mathématiques, d’insister sur l’importance des mathématiques dans la formation des citoyens et dans leur vie quotidienne (nombres, formes, mesures, sciences du numérique), de présenter la diversité des métiers dans lesquels les mathématiques jouent un rôle important ou essentiel ainsi que la richesse des liens existant entre les mathématiques et les autres disciplines (physique, chimie, sciences de la vie, environnement, informatique, sciences économiques et sociales, géographie, etc.) ;de mettre en lumière l’importance des mathématiques dans l’histoire des civilisations (occidentale, arabe, indienne, chinoise) et leur lien avec l’art.
La place que tiennent les mathématiques dans la vie de l’établissement était illustrée par l’inauguration des aménagements en mobilier (bancs  et tables en pierre, en fer et en bois, velum). confectionné sur place, de la cour du lycée. Rémy, vice président du conseil de vie des lycéens, qui a monté le projet afin de montrer le savoir faire des divers ateliers, explique la démarche qui montre que les mathématiques sont bien présentes;«Nous avons réalisé une étude préalable; Il a fallu  définir les normes ergonomiques. Les élèves ont été invités à proposer des projets. Certains ont été retenus et réalisés. »
Ce fut l’occasion pour Fabrice Verdier, représentant le président du Conseil régional , avec à ses côtés Denis Bouad, vice président du Conseil général, et Jean-Luc Chapon, maire d’Uzès,  de parler de cet internat dont ont besoin les deux lycées Guynemer et Gide:« Ce lycée forme des artistes qui savent travailler le fer, le bois et la pierre. Nous allons lui donner les moyens dont il a besoin d’aller de l’avant. Un concours d’architecte va être lancé en fin d’année afin d’aménager l’ancienne gendarmerie toute proche. »



Education : les programmes des candidats

LEMONDE.FR | 04.03.12

Nicolas Sarkozy a présenté cette semaine ses propositions sur la politique de l’éducation, axée sur un renforcement de la présence des enseignants pour mieux accompagner les élèves. Mais la politique de l’éducation s’articule aussi autour d’autres thématiques comme l’apprentissage, les rythmes scolaires ou l’université ; quels sont les propositions des candidats sur l’éducation ?

UN ACCES PLUS DEMOCRATIQUE A L’ENSEIGNEMENT ET UNE UNIFORMISATION DE L’ECOLE

 

Pour Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), la politique de l’éducation s’axe autour du renforcement des services publics et d’une normalisation de l’école. Tous trois sont pour l’arrêt du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et pour l’embauche d’enseignants et de personnels de l’éducation dont ils souhaitent revoir la formation (notamment au handicap).

Les candidats de LO et du NPA proposent la création d’un service public de la petite enfance et, avec le candidat du Front de gauche, ils souhaitent scolariser les enfants dès 2 ans. Par ailleurs, ils sont fermement opposés à toute orientation précoce et M. Poutou propose une école commune sans sélection ni orientation de 3 à 18 ans quand M. Mélenchon souhaite que les mêmes programmes soient enseignés à tous jusqu’à la fin du collège et que la scolarité soit obligatoire jusqu’à 18 ans.

Sur les rythmes scolaires, le candidat du NPA propose plus de souplesse et de réserver le temps scolaire au matin et l’après-midi aux activités extra-scolaires. Il propose en outre d’ouvrir un débat public sur les contenus des cours et défend, comme Mme Arthaud, un système sans note ni classement.

Concernant les études supérieures, M. Poutou souhaite construire au moins 220 000 logements étudiants et accorder une allocation d’autonomie aux étudiants, tout comme M. Mélenchon, qui veut augmenter les montants des bourses. Tous deux refusent par ailleurs une privatisation du secteur (ils sont pour l’abrogation de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU)) et une perte de la mainmise de l’Etat aux profit des entreprises dans l’université.

>> Lire : « Mélenchon dénonce la financiarisation de l’école »

Avec un peu moins de ferveur, Eva Joly (Europe Ecologie – Les Verts) défend elle aussi une uniformisation de l’école avec la mise en place d’une « école fondamentale » réunissant le primaire et le secondaire. Elle souhaite également l’arrêt du « un sur deux » et veut embaucher 20 000 postes de cadres éducatifs et enseignants, dont elle compte rétablir l’année de formation en alternance avec la pratique en classe (supprimée en 2009). Mme Joly propose enfin de revoir le système d’affectation des enseignants, notamment dans les zones difficiles (allègement des charges horaires et pas d’affectation non désirée pour les enseignants de moins de cinq ans d’expérience). Elle compte également créer un service public de la petite enfance et 400 000 places d’accueil pour les jeunes enfants.

Par ailleurs, la candidate met en avant les innovations pédagogiques dans les cours ainsi que les activités artistiques et culturelles. Elle propose également un plan national d’éducation à la préservation de la nature et de systématiser l’enseignement des sciences de la nature à tous les niveaux. Comme Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, elle souhaite abandonner le système des notes.

La candidate d’EELV souhaite enfin la construction d’au moins 50 000 chambres universitaires, l’abaissement des frais d’inscription à l’université et l’abrogation la loi LRU (qu’elle remplacera par une « loi élaborée avec la participation de tous les acteurs »).

>> Lire : La liste des propositions d’Eva Joly

Corinne Lepage (Cap21), comme l’autre candidate écologiste Mme Joly, veut introduire davantage d’innovation dans les programmes scolaires en s’ouvrant à d’« autres formes d’apprentissage des connaissance » et réviser les rythmes scolaires.

Dans le supérieur, elle ne compte pas revenir sur la LRU et propose de concentrer les efforts sur quelques universités (metttre en place une « Silicon Valley à la française »). Elle suggère un nouveau modèle d’établissement, offrant des formations professionnelles en deux ans et servant aussi de lieux de vie ouverts sept jours sur sept.

François Hollande (Parti socialiste) attache lui aussi une certaine importance à l’acquisition d’un même socle commun de compétence pour tous, particulièrement sur les fondamentaux (français, mathématiques, etc.). Le candidat socialiste, qui propose de scolariser les enfants dès 2 ans et de créer un service public de la petite enfance, souhaite par ailleurs revoir les rythmes scolaires en allongeant l’année pour alléger les journées de travail. Pour les jeunes sortis de l’école à 16 ans et sans formation, il veut proposer une « solution de formation, d’apprentissage ou un service civique », pour, à terme, diviser par deux le nombre de jeunes sortant sans qualification du système scolaire.

M. Hollande compte également arrêter le « un sur deux » dans l’éducation et embaucher 60 000 professionnels de l’enseignement – sans pour autant augmenter le nombre global de fonctionnaires. Il propose de revaloriser leur salaire et de restaurer l’année de formation pratique.

Dans les études supérieures, il souhaite décloisonner les filières universitaires et renforcer les passerelles pour éviter des spécialisation trop précoce et réformer la loi LRU pour une « autonomie réelle des établissements ». Enfin, il souhaite lui aussi créer un système d’allocation d’étude.

>> Lire : François Hollande promet de débarrasser l’école du sarkozyme

Dominique de Villepin (République solidaire), un peu comme ses concurrents d’extrême gauche, se prononce pour une solide école commune et continue de 3 à 18 ans. Mais il suggère de la diviser en deux parties, avec une « école du socle » commune à tous jusqu’à 14 ans et une « école de la détermination » avec orientation et spécialisation progressive jusqu’à 18 ans et compte ainsi sortir du collège unique. Il propose la suppression des ZEP et le transfert de ces crédits vers un « droit personnalisé à l’enseignement prioritaire » affecté anonymement à des élèves en fonction de critères scolaires et sociaux.

L’ancien premier ministre veut également rendre possible l’apprentissage dès 14 ans et propose de créer des grands établissements régionaux pour les études supérieurs tout en interdisant le recrutement local des enseignants-chercheurs. Il veut également permettre l’accès à un « revenu citoyen » de 550 euros par mois dès 18 ans et reserver des places dans toutes les filières sélectives (CPGE, STS, IUT) aux 5 % des élèves de chaque lycée ayant eu les meilleurs résultats au bac

Concernant les statuts des enseignants, M. de Villepin propose d’introduire une distinction entre les jeunes enseignants et les enseignants confirmés dans les horaires, les mutations, les rémunérations et de développer les passerelles à mi parcours dans les carrières.

>> Lire : l’entretien de Dominique de Villepin accordé au Monde

UNE EDUCATION PLUS PERSONNALISÉE

Nicolas Sarkozy (Union pour un mouvement populaire) veut lui un renforcement de la présence des enseignants pour un meilleur encadrement individuel des élèves. Tout en donnant plus d’autonomie aux chefs d’établissement, il propose aux enseignants du secondaire qui le souhaitent de pouvoir travailler huit heures de plus par semaine (passer de dix-huit à vingt-six heures hebdomadaires) pour augmenter leur salaire d’environ 25 % (soit 500 euros par mois). Le but est d’augmenter leurs horaires de présence dans les établissements pour mieux accompagner les élèves qui éprouvent des lourdes difficultés scolaires.

>> Lire : Nicolas Sarkozy propose aux enseignants de travailler plus pour gagner plus

>> Lire des témoignages d’enseignants : « Rester 26 heures dans le collège ? C’est déjà le cas »

>> Lire : Sarkozy, les profs et l’argent : de 2007 à 2012

Il a également annoncé qu’il arrêterait le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans le primaire. Dans la même idée d’accompagnement personnalisé des élèves, le candidat de l’UMP veut, comme M. Bayrou, sortir du collège unique et permettre l’entrée en apprentissage dès 14 ans.

M. Sarkozy a par ailleurs montré sa satisfaction envers les « internats d’excellence » qu’il compte pérenniser. Sur le supérieur, pas plus de propositions, si ce n’est la poursuite de la loi LRU qu’il a lui-même fait voter.

 

UNE ÉCOLE PLUS CLASSIQUE ET LA PRIORITÉ AUX FONDAMENTAUX

François Bayrou (Mouvement démocrate) prône une école plus individualisée et adaptée aux parcours des élèves avec la sortie du collège unique au profit d’un « collège hors les murs » avec des pédagogies adaptées. Il veut en outre donner plus d’autonomie aux chefs d’établissement.

Comme François Hollande, le candidat du MoDem estime qu’il faut donner la priorité à l’apprentissage des contenus fondamentaux et propose de consacrer 50 % du temps scolaire en primaire à l’écrit et au français mais aussi « informer les élèves sur ce qu’ils ne maîtrisent pas : les codes de comportement, d’habillement, de langage, les chemins de la confiance en soi ». M. Bayrou, qui souhaite par ailleurs que le contenus des programmes soient débattus au Parlement, veut, comme son concurrent socialiste, alléger les journées de travail.

Sans augmenter les effectifs de l’éducation nationale, il propose de réduire le nombre d’élèves par classe dans les établissements où cela est nécessaire. Tout en prônant un encadrement des élèves après la fin des cours (il avait créé les « études dirigées » en 1996, lorsqu’il était ministre de l’éducation), il souhaite que les temps de travail des enseignants puissent être étendus, mais seulement sur la base du volontariat. Concernant leur formation, il souhaite restaurer l’année de formation en alternance avec la pratique en classe et maintenir les concours de recrutement nationaux pour les enseignants du second degré.

Le candidat du MoDem met également l’accent sur l’apprentissage qu’il veut « favoriser, soutenir et valoriser » notamment en créant de nouveaux centres de formations. Il ne développe pas davantage de propositions sur l’enseignement supérieur si ce n’est de repenser la classe de terminale comme une préparation aux études supérieures.

>> Lire : François Bayrou dévoile son programme pour l’éducation

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), veut lui avant tout revenir aux fondamentaux dans les programmes scolaires et restaurer le respect de l’école et de l’enseignant : il propose d’augmenter le nombre d’heures de français dans le primaire (passer de dix à seize heures hebdomadaires) et permettre l’exclusion des élèves « gravement perturbateurs » pour les prendre en charge dans un « environnement spécialisé, à vocation disciplinaire et éducative ». Les enseignants seront en outre mieux formés à l’autorité.

Le candidat souverainiste souhaite également revoir les rythmes scolaires, en revenant à la semaine de quatre jours et demi dans le premier degré et dédoubler les classes de CP. Il compte d’ailleurs stopper le « un sur deux » pour recruter 30 000 enseignants, principalement pour les premières classes.

Sur le supérieur, le candidat de DLR veut, en dix ans, porter à 2 % du PIB l’effort budgétaire dans ce secteur pour « permettre un accès plus démocratique » à l’enseignement supérieur par des bourses au mérite et la réduction des frais d’inscription.

Marine Le Pen (Front national) insiste également sur le respect de l’enseignant et de l’école (la « valeur discipline ») et l’apprentissage des fondamentaux, dont elle veut augmenter les volumes horaires. Comme M. Sarkozy, elle souhaite individualiser davantage l’école, donner plus d’autonomie aux chefs d’établissement, sortir du collège unique et permettre l’entrée en apprentissage dès 14 ans. La candidate frontiste propose d’arrêter le « un sur deux » et de remplacer tous les départs à la retraite sans pour autant réembaucher.

Elle veut par ailleurs placer des détecteurs de métaux à l’entrée des établissements les plus dangereux et compte interdire l’accès à l’école pour les enfants de sans-papiers. Mme Le Pen veut créer un service public de l’enseignement supérieur et généraliser le regroupement des universités en pôles de recherche et d’enseignement. Enfin, elle souhaite que les étudiants français soient prioritaires dans l’attribution des logements étudiants.

>> Lire aussi : Le « travailler plus pour gagner plus » dans l’éducation est peu concluant

>> Lire aussi : Sarkozy-Hollande, à chacun son école

Hélène Bekmezian

 

 

 

« Rester 26 heures dans le collège ? C’est déjà le cas »

Après la proposition du candidat Nicolas Sarkozy d’augmenter le temps de travail des enseignants qui le souhaitent pour renforcement l’encadrement et l’accompagnement des élèves, nous avons sollicité l’avis de membres du corps enseignants via un appel à témoignages publié sur Le Monde.fr. Ils ont été extrêmement nombreux à répondre et se sont montré majoritairement contre cette proposition. Voici des extraits de leur témoignages, à la tonalité parfois désabusée, souvent énervée.

« CONFUSION ENTRE TEMPS DE PRÉSENCE DEVANT ÉLÈVE ET TEMPS DE TRAVAIL EFFECTIF »

Une large majorité des enseignants ayant apporté leur témoignage ont tenu à rappeler le contenu du métier d’enseignants qui ne se limite au cours devant éléve et beaucoup nous ont envoyé, pour preuve, leur emploi du temps détaillé de la semaine.

Gaetan Oddou, 38 ans, enseignant depuis 15 ans, Tarascon (Bouches-du-Rhône)

 

« 15 heures de cours ne signifie pas 15 heures de travail. Dire cela est aussi absurde que dire à un acteur de théâtre qu’il ne travaille que 2 heures par semaine ou à un journaliste qui présente le journal du matin qu’il ne travaille que deux heures par jour. On fait une confusion entre temps de présence devant élève et temps de travail effectif. »

Corrections de copie, préparation des cours, accueil des élèves, animation de divers clubs, préparation de projets…. De très nombreux témoignages relatent par le menu détail les multiples composantes du travail, qui souvent s’exporte jusque dans la vie personnelle.

Bernard Prévot, 60 ans, professeur de mathématique en collège, Bordeaux (Gironde)

 

« Je fais, chaque semaine : 18 heures de cours, 1 heure et demi d’heure supplémentaire annuelle, 4 heures d’animation pour le club échecs, 1h de préparation au brevet à partir du mois de février. J’assure 10 heures de vie de classe sur l’année, je participe à de nombreuses réunions : commission permanente, conseil d’administration, commission de pilotage informatique, rénion du réseau de réussite scolaire…. J’évalue ma présence au collège à 26 heures (au moins) et j’estime mon travail à plus de 40 heures par semaine. »

Yves Moalic, 56 ans, professeur de lettres en lycée depuis 33 ans, Semur-en-Auxois (Côte-d’Or)

 

« Je n’ai quasiment jamais eu un week-end complet de repos dans ma carrière et mes petites vacances m’ont toujours servi à me mettre à jour dans mes préparations et mes corrections. Chaque semaine : 19 heures de cours, 3 heures de réunions diverses, 2 heures de réception des parents, 2 heures d’encadrement des sorties culturelles, 1 heure de tutorat bénévole, 8 à 10 heures de correction, 8 à 10 heures de préparation, sans compter toutes les soirées consacrées à des lectures « utilitaires » … 45 heures pendant les semaines calmes, 50 à 55 au moment des conseils de classes et des examens blancs. »

Comme Bernard et Yves, pratiquement tous les professeurs ayant calculé leurs heures hebdomadaires (« en toute honnêteté », précisent certains) arrivent à un total de 40 à 60 heures par semaine et fustigent le « regard condescendant de la population et de la classe politique sous-entendant que notre travail se résumerait à 18 heures ».

Virginie Lagrange, 36 ans, professeur de lettres et histoire en lycée professionnel, Montreuil (Seine-Saint-Denis)

 

« Par ailleurs, dans un lycée pro, nous aiguillons les élèves avant, pendant et après les stages ; recherches, comportements, gestions de conflits. Au quotidien, nous gérons aussi les difficultés sociales (pauvreté, violence, addictions) et réorientons les élèves vers les infirmières, les assistantes sociales ou les associations. »

Alors si les huits heures supplémentaires de travail proposées par Nicolas Sarkozy peuvent recouvrir ce travail là, effectué de toute façon, les enseignants approuvent.

Manuel Drigoz, professeur en secondaire

 

« Je voudrais tirer mon chapeau à notre président pour proposer aux enseignants une augmentation de 25 % sans rien demander en échange ! Pourquoi ‘rien’ ? Mais parce qu’entre les conseils de classe, les corrections de copies, les entretiens individuels, le soutien bénévole, je suis largement à plus de 30 heures de présence dans mon établissement. »

Emilie Vallaud, professeure en collège

 

« Bien sûr que j’accepterais de rester 26 heures dans le collège où je travaille, tout simplement parce que c’est déjà le cas. Alors je voudrais savoir, au juste, qu’est-ce qui sera pris en compte dans ces heures supplémentaires ? Le montage, les photocopies d’exercices ? Le remplissage du cahier de texte en ligne ? Les visites chez l’assistante sociale ? Les coups de téléphone aux parents ? »

Baptise Belleau, professeur en secondaire

 

« Si pendant ces heures de présence supplémentaires je peux préparer mes cours, corriger mes copies, préparer mes devoirs, continuer à enrichir mes connaissances .. pourquoi pas. Si non, cela ne fera que se rajouter aux 45 heures hebdomadaires que me prend tout cela enseignement compis. Alors non, même payées double ou triple. »

« IL N’Y A AUCUN LIEU PRÉVU POUR ACCUEILLIR LES ENSEIGNANTS AU TRAVAIL »

D’autres professionnels de l’éducation, qui bénéficient d’emplois du temps moins lourds ou qui aimeraient rester faire à l’école le travail qu’il font à la maison, font état de problèmes d’ordre matériel, ou techniques.

Claire Herzog, professeur de lettres en collège

 

« De présence où ? Nous sommes obligés de préparer et de corriger chez nous, faute de lieu où travailler dans le calme (élèves au CDI, salles des professeurs surchargée … il n’y a même pas de lieu pour recevoir les parents dans notre collège de plus de 600 élèves). Je travaille chez moi le soir, tard et, quand je ne suis pas face aux élèves, où trouver un endroit où pouvoir m’installer ? Les classes libérées sont prises par des collègues. »

Yve-Marie Gourio, professeur en lycée

 

« Il n’y a aucun lieu prévu pour accueillir les enseignants au travail. Pas de bureau, pas de téléphone. L’administration fait tout pour que l’établissement se vide le plus tôt possible. on est donc contraint de transporter le matériel de travail chez soi. Tout est fait pour que le professeur achète ordinateur, imprimante, fournitures et soit le moins longtemps possible dans l’établisssement. »

Christelle Clément, 40 ans, professeur en secondaire

 

« La salle des profs est à notre disposition : quatre ordinateurs qui fonctionnent correctement mais sur lesquels Internet rame et qui sont usagés et trop lents pour travailler, un seul scanner, deux photocopieuses dont une est régulièrement en panne et pas d’imprimante. Tout cela pour 85 professeurs environ et deux ‘grandes tables’ pour travailler. Pas assez de places non plus dans l’établissement pour faire des bureaux individuels. Comment résoud-on l’équation ? »

« ATTENTION À L’EXPLOSION DES ARRÊTS MALADIES »

Enfin, pour un certains nombres de professeur ayant apporté leur témoignage, l’enseignement, ce n’est pas qu’un calcul d’heure, de projet ou de réunion mais un métier dans lequel on s’engage et qui laisse des traces sur le moral, comme sur l’état physique. Pour eux, travailler plus, ce serait travailler trop.

Guillaume Luciani, professeur, Marseille (Bouches-du-Rhône)

 

« Acutellement, j’enseigne 4 heures de plus par semaine et c’est la dernière année que je le fais. Je n’arrive pas à faire un travail de qualité, ma vie est devenue un enfer. J’y laisse aussi ma santé. Je gagne 600 euros de plus par mois mais c’est ingérable. Les élèves ont beaucoup changé, le travail est très pénible. L’augmenter, c’est ne pas mesurer la difficulté de l’enseignement. Attention à l’explosion des arrêts maladies, dépression, épuisement. »

Elena Pavel, professeur d’histoire-géographie en lycée en zone d’éducation prioritaire (Essonne)

 

« Il est impossible de faire 26 heures en ZEP. A chaque fin de trimestre, tous les collègues sont sur les rotules ou malades. Nous sommes épuisés. Les classes sont difficiles, les élèves sont parfois dans une misère sociale sans nom. Nous pousser à rester 26 heures au collège (en plus des réunions, des conseils de classe, des rendez-vous avec les parents…) nous mettrait nerveusement à bout. »

Yann Dalloz, professeur en collège en zone d’éducation prioritaire

 

« Les gens qui déversent leur bile sur les enseignants n’imaginent pas une seconde ce que c’est que de faire cours dans ces classes. 26 heures de cours ?! Impossible, ou alors tout juste un mois. Après, c’est le ‘burn-out’… »

Hélène Bekmezian

 

26 heures au lycée ? Je les fais déjà, monsieur le Président !

Article Rue 89

Amael Kervarrec | Professeur agrégé

Monsieur le Président, vous voulez augmenter le temps de présence des enseignants dans les établissements, de dix-huit heures à vingt-six heures. On arrive, on ouvre la porte, les élèves entrent, la sonnerie retentit, les élèves sortent, on ferme la porte et on rentre chez nous ? C’est ça ?

Vous pensez que le travail des enseignants se résume à la présence devant les élèves, sans préparation, sans réunion inter-équipe, sans photocopies, sans conseils aux élèves, sans rencontres parents-professeurs, sans conseils de classe ?

Vos conseillers vous ont mal informé. Puisque par vos déclarations vous nous forcez à compter nos heures – ce que je ne fais jamais –, je l’ai fait cette semaine.

Je suis agrégé. Je vous vois venir d’ici : « Mais quel fainéant : il n’enseigne QUE quinze heures par semaine ! »

Oui, légalement, mais avec les suppressions de postes, je me retrouve déjà avec une heure supplémentaire que je ne peux refuser : seize heures (et j’ai de la chance de n’en avoir qu’une).

Responsable de laboratoire, j’ai également une heure de présence en plus pour la gestion du laboratoire (matériel, commandes, budget).

Mais détaillons cela.

Lundi : sept heures et demi de présence

Début des cours à 7h30. J’arrive, comme presque tous les jours, un peu avant 7h15 pour :

  • faire des photocopies,
  • relever mon casier,
  • faire le tri des communications avec la hiérarchie,
  • lire les panneaux d’affichage.

Ensuite : quatre heures de cours non stop (dix minutes de récréation pour ranger le matériel et préparer le suivant). Fin des cours à 11h30.

Avant de rentrer : réunion pour les travaux personnels encadrés (TPE) de 11h30 à 12h30.

Les bulletins, remplis au lycée

L’après-midi est consacrée à la préparation du conseil de la classe dont je suis professeur principal : deux heures de remplissage d’appréciations pour 33 élèves de terminale et de bilan de leurs intentions d’orientation. Je pourrais le faire chez moi mais je le fais à l’établissement (facilité d’impression des bulletins).

Mardi : cinq heures

Le matin, pas de cours : je vais courir un peu puis, de chez moi, prépare mon TP de jeudi avec les terminales.

Début des cours à 14 heures. J’arrive à 13h30 pour la préparation de la salle (matériel de TP, vidéoprojecteur…). Il ne s’agit pas de faire tout cela en présence des élèves de sixième sinon c’est énervement et chahut garantis.

Fin des cours ? Zut, j’oubliais : l’heure de vie de classe avec mes terminales pour faire le point sur leurs vœux post-bac.

Arrivent les conseils de classe des secondes, de 17h15 à 18h30.

Mercredi : quatre heures et quart

Début des cours à 7h30 mais arrivée comme d’habitude un quart d’heure avant. Fin des cours à 11h30.

Jeudi : dix heures

Cours de 7h30 à 11h30 puis de 13 heures à 16 heures.

Conseil de classe de seconde de 16h30 à 17h45.

Conseil de classe de terminale de 18 heures à 19h15.

Vendredi : zéro heure… au lycée

Pas de cours : quel veinard ! Un week-end de trois jours !

Zut : un paquet de copies à corriger, un devoir et une sortie géologie à préparer, un TP à peaufiner… sont incontournables si je veux avoir un samedi et un dimanche à accorder à ma famille. Sans oublier un petit passage par l’établissement (mais je n’y suis pas obligé ) pour faire quelques photocopies.

Vous allez me dire : « Mais des conseils de classe, il n’en a qu’une fois par trimestre ! » Certes, monsieur le Président ! Mais quand ce n’est pas cela c’est :

  • une rencontre parents-professeurs,
  • une réunion de projet d’établissement,
  • une réunion sur des projets interdisciplinaires,
  • la gestion des achats de matériel,
  • une réunion sur la mise en place du socle commun….

Oui je fais un beau métier et c’est avec plaisir que je me rends chaque matin à l’établissement. Oui je gère mon temps comme je le veux. Oui j’ai des vacances.

Mais si vous souhaitez réellement augmenter les salaires des enseignants qui passent 26 heures par semaine dans l’établissement, alors faites-le de suite car le compte y est !

 

 

 

Education : les programmes des candidats dans Revue de presse icone_blog_5

L’éducation selon Sarkozy : mensonges, malheur, mépris et fric

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 29/02/2012 à 09h26

Voici bien longtemps que je n’avais suivi le discours d’un homme politique de bout en bout, qui plus est un discours électoral. Car je ne supporte plus les tribuns, qu’ils se prennent pour De Gaulle, pour Mitterrand ou pour… Fidel (Castro). Je l’ai fait ce mardi soir car il s’agissait d’éducation, j’ai écouté le candidat sortant. Je ne recommencerai pas.

Huit heures de plus pour.. encadrer !

Je l’ai dit il n’y a pas si longtemps à propos du programme de la droite. Elle nous prépare une école de malheur. Et le candidat n’est pas en reste.

Mensonges, malheur, tels sont les deux mots qui caractérisent ce discours de Montpellier. Mais je suis obligé d’en ajouter un autre : fric. Car en effet le candidat sortant se propose de créer une autre école en achetant, en achetant tout et tous.

Les enseignants d’abord auxquels il propose de vendre huit heures supplémentaires par semaine de présence dans l’établissement pour 500 euros de plus par mois. Je ne suis pas sûr qu’on ne puisse pas marchander. Huit heures de plus, mais pour y accomplir quelle mission ? Encadrer !

Et s’il y a lieu, soutenir, faire du soutien, cette mesure « révolutionnaire » comme disait le dernier ministre sans même savoir, ou le sachant c’est encore pire, qu’il s’agit d’une « inactivité » qui à toujours été depuis un demi-siècle la recette des ministres qui n’en pouvaient plus et qui n’a jamais donné quelque résultat que ce soit.

Il fournira en outre des bureaux aux profs pour qu’ils puissent recevoir enfants et parents à l’aise. On se demande où il les mettra ses bureaux sans parler de la symbolique des bureaux, j’y reviendrai un de ces jours.

Et l’« obligation de résultats » du chef ?

Demeurons un instant encore avec les enseignants avant de marchander avec les parents. Car il veut, lui, le candidat, leur offrir l’autonomie. Le travailler plus pour 500 euros se fera sur le mode du volontariat dans le cadre d’établissements autonomes. Et tout devient flou car il nous dit bien que les enseignants seront recrutés directement par l’établissement mais il oublie, ce soir, de nous parler du chef d’établissement qui, évidemment, sera le seul maître à bord.

De sorte que, imaginez un professeur refusant le « travailler plus » même pour « gagner plus ». Que va-t-il lui arriver, d’autant plus que le chef, comme dans toute entreprise qui se respecte, sera soumis à une « obligation de résultats » ? Personne jusqu’ici n’avait tenté aussi brutalement de porter atteinte à la dignité des éducateurs.

La morale ne s’enseigne pas

Venons-en aux parents. Il convient de les « responsabiliser ». Chacun sait ce que signifie « responsabiliser » : c’est acheter. Ainsi se vante le candidat, il a menacé de supprimer les allocations familiales (et la foule de hurler son contentement et d’agiter ces drapeaux qui maintenant servent à tout et à tous) à je ne sais combien de familles et les enfants sont revenus à l’école. N’est-ce pas la plus belle des morales, la plus aboutie des éthiques, j’allais dire des esthétiques ?

Car le candidat a osé parler de morale pour dire qu’il faut un enseignement de la morale. Son ex-collègue Luc Ferry dont, aussi loin de moi qu’il puisse être politiquement, j’apprécie les leçons sur Kant, aurait dû lui donner quelque leçons, justement. Lui dire que la morale ne s’enseigne pas, elle se vit et ce faisant se construit pas à pas.

« Imaginaire partagé » et « classes de niveau »

Dire que cette école, son école est celle où les enfants de toutes origines, les enfants des riches et les enfants des pauvres (je dois dire que j’ai sursauté à cette formule qui est le titre d’un livre que j’ai écrit voici dix ans, je sais il ne l’a pas lu…) sont assis sur les mêmes bancs est non seulement un mensonge mais une insulte à tous ces enfants qui, particulièrement depuis la suppression de la carte scolaire, sont « ghettoïsés » dans les établissements des « zones ».

Dire qu’il faut que l’école produise un « imaginaire partagé » (il découvre l’expression en lisant son texte, s’en gargarise mais manifestement n’en comprend pas le sens) alors qu’il propose par ailleurs d’en finir avec le collège unique, de créer des « classes de niveau », car il tient à la structure de classe (si j’ose dire, pardon) et d’orienter (on sait vers où) les élèves (on sait lesquels) à partir de la quatrième, est plus qu’un mensonge, c’est du mépris.

Contre Internet mais pour la tablette

Mépris disais-je. En effet et sans vergogne il pique (enfin son scribe pique selon sa délicate habitude) à gauche et à droite : contre le « pédagogisme » (autrement dit la pédagogie active je suppose ) mais pour l’épanouissement des enfants, même ceux orientés en fin de cinquième sans doute.

Pour la « réussite de chacun » mais pour l’archaïque redoublement dont personne ne veut plus en Europe. Contre Internet qui permettrait de ne pas apprendre mais pour la « tablette » si elle contient Hugo, Maupassant, Balzac et Proust (dont il a lu la « Recherche » de bout en bout sans le moindre doute).

Et puis, enfin, ces mots dont l’accumulation décrit l’architecture de l’école proposée par le candidat sortant, les voici : autorité, évaluation, notes, mérite, courage, respect et politesse (lui ! ), morale (lui ! ), hiérarchie, sanction, récompense, rétribuer, responsabiliser soit : fric.

Je le confirme : une école de malheur.



Revue de presse : Mobilisation des enseignants du 31 janvier 2012

Grève dans l’éducation : les syndicats satisfaits de la mobilisation

Créé le 31-01-2012 à 07h45 – Mis à jour à 18h14

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Les enseignants protestaient contre les suppressions de postes et la réforme de l’évaluation.

Plusieurs milliers d’enseignants ont défilé mardi 31 janvier à Paris à l’appel de syndicats qui ont également lancé un mouvement de grève pour dénoncer les 14.000 suppressions de postes à la rentrée et exiger le retrait du projet de réforme de l’évaluation.

Le ministère annonce un taux de grévistes de 15,55% dans le primaire et de 12,41% dans les collèges et lycées.

Selon le SNUipp-FSU (principal syndicat du premier degré), l’appel était suivi dans 52 départements, avec un taux moyen global de grévistes de 40%. Selon le Snes-FSU (principal syndicat du secondaire), la grève était suivie par 42% des enseignants.

La journée nationale d’action est appelée par le Snes-FSU, FO, le Snalc et le SNUipp-FSU, mais pas par le Sgen-CFDT ni le SE-Unsa.

Un total de 80.000 postes supprimés

A Paris, la manifestation nationale a réuni entre 9.000 personnes selon la police et 20.000 selon les organisateurs. Derrière la banderole de tête réclamant « retrait du projet d’évaluation et arrêt des suppressions de postes », Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération dans l’éducation, s’est félicitée d’une mobilisation « très significative ».  »Le taux de grévistes est important et ce n’était pas gagné », a-t-elle dit. « Aujourd’hui, on fait la démonstration que les personnels de l’éducation ne sont pas prêts à attendre l’élection (présidentielle) ».

Sur les 14.000 postes qui doivent être supprimés à la rentrée, 6.550 vont l’être dans le secondaire et 5.700 dans le primaire. Au total, entre 2007 et 2012, 80.000 postes auront disparus.

Le Snes constituait le gros des bataillons venus de toute la France : Lille, Marseille, Strasbourg, Montpellier, Belfort… Des actions se déroulaient également en régions : à Toulouse, entre 1.000 et 1.800 personnes selon les sources ont défilé sous la pluie. Ils étaient quelques centaines à Agen, Pau et Bordeaux.

« Continuer à alerter l’opinion publique »

Au Mans, plus d’une centaine de manifestants ont envahi l’inspection académique pour protester contre la disparition de 52 postes de « Rased », les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté.

« La rentrée 2012 sera extrêmement tendue sous l’effet de coups de rabots successifs qui finissent par étrangler l’école dans sa capacité à aider les élèves et notamment les plus en difficulté, en particulier en raison de l’hécatombe dont sont victimes les postes ‘Rased’ », a dit Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU. Ces enseignants, spécialisés dans la lutte contre l’échec scolaire, étaient fortement représentés dans le défilé parisien.

« La mobilisation a pour objet de continuer à alerter l’opinion publique pour que la priorité à l’éducation et notamment à l’école primaire se précise concrètement dans les budgets à venir », a dit Sébastien Sihr.

« Pas question de réactiver les projets de ce type »

Autre sujet d’inquiétude : le projet de réforme de l’évaluation, ressenti avec davantage d’acuité dans le secondaire où l’évaluateur deviendrait le seul chef d’établissement, à l’occasion d’un entretien tous les trois ans qui déterminerait l’évolution du salaire. Ce projet est « gravissime car il remet en question la spécificité de notre métier », a déclaré François Portzer, président du Snalc, faisant valoir que « le chef d’établissement n’est pas compétent pour évaluer les disciplines ».

La mobilisation « permet de dire aussi au futur gouvernement : ‘vous voyez, il n’est pas question de réactiver les projets de ce type’. C’est un changement profond de culture qui nécessite des négociations dans un vrai dialogue social », a pour sa part déclaré Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du Snes.

 

 

Des milliers d’enseignants défilent à Paris pour défendre l’école

Créé le 31/01/2012 à 12h00 — Mis à jour le 31/01/2012 à 16h19

SOCIAL – Dans leur viseur: la réforme de l’évaluation des profs et les suppressions de poste…

Plusieurs milliers d’enseignants ont commencé à défiler mardi, peu avant 14h30, lors de la manifestation nationale à Paris, derrière une banderole exigeant le «retrait du projet d’évaluation et l’arrêt des suppressions de postes», a constaté un journaliste de l’AFP.

L’aide à l’échec scolaire en première ligne

Les enseignants «Rased» (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), étaient venus en nombre, une spécialisation qui paie un lourd tribut aux suppressions de postes. Certains portaient des chasubles proclamant «Rentrée 2012: 250.000 élèves privés d’aides spécialisées». Sur les 14.000 postes qui doivent être supprimés à la rentrée 2012, 6.550 vont l’être dans les collèges et lycées et 5.700 dans le primaire, dont quelque 2.500 nouveaux postes d’enseignants «Rased», selon un décompte du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, qui a réalisé une carte de France gigantesque dénombrant les suppressions des «Rased» département par département.

Le Snes (premier syndicat du secondaire) constituait le gros des bataillons venus de toute la France: Lille, Marseille, Strasbourg, Montpellier, Belfort… En tête du cortège, parti de la Sorbonne pour rejoindre la Bastille, Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, première fédération dans l’éducation, s’est félicitée de la mobilisation «très significative». «Le taux de grévistes est important et ce n’était pas gagné», a-t-elle dit à l’AFP. «Aujourd’hui, on fait la démonstration que les personnels de l’éducation ne sont pas prêts à attendre l’élection (présidentielle)».

«Projet de réforme gravissime»

«La journée est révélatrice de la politique dévastatrice que mène le gouvernement tant sur l’évaluation qui touche au coeur des métiers que sur les suppressions de postes», a ajouté Mme Groison. «Il est urgent de stopper cette politique qui tourne le dos à la réussite de tous les élèves. Il faut absolument que des projets éducatifs émergent avec des moyens adéquats», a insisté la responsable syndicale.

François Portzer, président du Snalc, a souligné que le projet de «réforme de l’évaluation des enseignants du secondaire est gravissime car elle remet en question la spécificité de notre métier», faisant valoir que «le chef d’établissement n’est pas compétent pour évaluer les disciplines». Les manifestants scandaient «Retrait des décrets Chatel, ni négociable ni amendable».

Les enseignants sont également appelés à la grève et des mobilisations avaient lieu en province.

© 2012 AFP


Ecole : L’UMP propose un programme de rupture

Article du café pédagogique
La droite veut reconstruire l’Ecole. Mort du collège unique, nouveau statut enseignant, chefs d’établissement aux pouvoirs renforcés, notation publique des établissements, les propositions de l’UMP pour l’éducation rompent nettement avec la tradition scolaire.

 

L’UMP réunit le 8 novembre sa Convention éducation et publie ses propositions de campagne pour les présidentielles de 2012 en matière d’éducation. Elles se déclinent autour de 4 points : la réforme des rythmes scolaires, celle du collège, le management scolaire et la réforme du statut des enseignants.

 

Auparavant vient le bilan. «  Des résultats encourageants sont cependant déjà perceptibles », estime le document UMP en citant les évaluations de CE1 et de Cm2 qui montrent «  une meilleure maîtrise des fondamentaux ». Il montre également « une augmentation sans précédent de la rémunération des jeunes enseignants », une hausse du pouvoir d’achat de tous grâce aux heures supplémentaires. Globalement « les moyens existent mais il faut les mettre là où on en a le plus besoin ».  

 

Après avoir modifié les rythmes scolaires sous X Darcos, l’UMP propose de nouveaux rythmes en conformité avec les recommandations de l’Académie de médecine. Extension de deux semaines de l’année scolaire, sans qu’il soit fait mention d’une compensation, au primaire et au secondaire, semaine de 4 jours et demi au primaire, pause méridienne d’une heure et demi.

 

« Passer du collège unique au collège pour tous… S’il ne s’agit pas de remettre en cause le collège pour tous, il faut cependant l’adapter aux nouveaux besoins des élèves qui sont plus diversifiés qu’auparavant », écrit l’UMP. De fait il s’agit bien d’en enterrement du collège unique. D4une part l’UMP recommande d’expérimenter des collèges « par classes » en coupant le collège en deux niveaux (5-6ème et 3-4ème) institués dans des établissements différents. Ce système permettrait de mettre en place facilement un double examen d’entrée en 6ème et 4ème, les deux anciens paliers d’orientation seraient remis en place. A l’issue de la 5ème, une partie des jeunes pourraient être envoyés dans des classes de pré professionnalisation. «  Dans le cadre de la réforme du collège, une diversification des voies serait permise, afin que chaque enfant puisse s’orienter dès l’âge de 14 ans vers une voie de réussite qui lui correspond ». Des classes « métiers études » seraient instituées ouvrant sur des CFA. C’est la fin du socle commun qu’annonce ce projet. L’expression est peu citée dans le document et parfois sans l’adjectif « commun »…

 

L’UMP propose une gestion manageriale des établissements. Les écoles primaires deviendraient des établissements. A la tête des établissements, le chef d’établissement embaucherait le personnel de son établissement. Il l’évaluerait. Enfin les résultats des évaluations nationales de chaque école et chaque collège seraient publiées. On aurait ainsi une mise en concurrence renforcée des établissements.

 

Enfin l’UMP propose une réforme du statut des enseignants du secondaire. «  Il faut réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais l’accompagnement : tutorat, orientation, concertation. Cette redéfinition des missions pourrait aboutir à la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel CAPES et qui serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat ». Sans toucher aux certifiés et encore moins aux agrégés, cette disposition les mettrait en extinction et on aurait une nouvelle catégorie d’enseignants probablement au temps de service passé à 24 heures (plus un tiers). Cette mesure permettrait d’économiser des milliers de postes. Dans le même souci, l’UMP entérine la fin de la scolarisation à 3 ans et pose la question du devenir du Cndp et du Cned appelés à se fondre dans une seule nouvelle structure.

 

Tous ces dispositifs ont été semés par Nicolas Sarkozy durant son quinquennat mais aboutissent à une rupture. L’UMP propose d’aller au bout des démarches et de mettre en place une école sans doute plus conforme aux principes libéraux que proche du modèle anglo-saxon. C’est la mise en concurrence des établissements qui devra assurer l’amélioration du système éducatif. C’est le chef d’établissement patron qui est seul responsable de bonne cote de sa maison. L’école semble passer du service public au service marchand.

Le programme UMP

 

Echos de la Convention UMP

Ecole : L'UMP propose un programme de rupture dans Actualités 09ump3C’est devant un public acquis et conquis que s’est tenue, ce mardi 8 novembre, au Théâtre Bobino, la convention éducation de l’UMP.  Les mots d’ordre : personnalisation, autonomie, décloisonnement  et confiance, sont répétés avec conviction par les participants successifs, très motivés, comme le disait une militante en sortant, pour  « convaincre les français à faire le bon choix ». Un climat clairement pré-électoral, donc, dans lequel les critiques du programme du PS ont fusé, en contrepoint des projets forts de l’UMP : revoir les rythmes scolaires, la gestion des personnels enseignants (« on ne peut plus fonctionner avec des statuts de 1950! »), les relations avec l’entreprise, le développement de la professionnalisation précoce des élèves et le retour sur le collège unique, qui ne « correspond plus à la société d’aujourd’hui ».

Lisez le reportage

 

Les réactions syndicales

sys5 dans Revue de presse« Rétrograde » pour Thierry Cadart (Sgen Cfdt). « Vrai projet radical » pour Christian Chevalier (Se-Unsa) que cela confirme dans son analyse d’une privatisation de l’Ecole. « Conception idéologique libérale » pour Sébastien Sihr du Snuipp. Le projet UMP a déjà les syndicats contre lui.

 

« Pour le coup l’arrivée de N Sarkozy a changé la vision de l’école de la droite », nous a déclaré Christian Chevalier, secrétaire général du se-Unsa. « Jusque là la droite s’adaptait à l’école républicaine. Elle a maintenant son propre projet » qu’elle veut mettre en place. Même s’il « n’est pas surpris car ces mesures s’inscrivent dans la logique des mesures déjà avancées », il souligne la rupture. « On n’est plus dans l’Ecole de la République. C4est l’école de la ségrégation ». C Chevalier attire par exemple l’attention sur le risque de déserts scolaires du fait de l’embauche des enseignants par les chefs d’établissement. « L’UMP a un vrai projet pour l’Ecole : l’Ecole de la concurrence. Ce n’est pas une école de la réussite de tous les élèves ».

 

Interrogé lui aussi, Thierry Cadart (Sgen Cfdt) voit dans cette mise en concurrence « une obsession idéologique,… une tentative d’importer dans le système éducatif les principes du management des entreprises ». Le Sgen qui est ouvert à l’évolution des missions des enseignants, appelle « à ce que le débat nécessaire ne prenne pas une forme caricaturale ».

 

Pour Sébastien Sihr (Snuipp Fsu), « la vision éducative de l’UMP c’est le chacun pour soi » et la mise en concurrence, nous confie-t-il. Avec les jardins d’éveil tous les parents par exemple n’auraient plus accès à l’éducation préélémentaire. Le syndicat est favorable à une évolution des missions des enseignants mais fustige un programme qui « fait l’impasse sur les dynamiques professionnelles qui fondent les réussites des élèves ». Il dénonce « une conception libérale de l’école ».

 

Article Libération.fr

 

L’école UMP: le « vous » dès l’âge de 3 ans !

Vous connaissez Christine Maso ? Non ? Moi non plus, jusqu’à ce que j’assiste mardi à Bobino à la Convention UMP sur l’éducation. Et que Christine Maso, une prof de maternelle assise à la tribune, propose une loi pour interdire le tutoiement des petits, rendant donc obligatoire le vouvoiement, histoire d’imposer le respect

8 nov 2011 038

Il était autour de 17 heures 30 lorsque la Convention a débuté dans la salle parisienne, soudain plongée dans le noir comme pour un spectacle – ce qui ne facilite pas la prise de notes. Les balcons sont vides mais à l’orchestre, on voit beaucoup de militants UMP aux cheveux blancs et quelques jeunes placés bien devant.

Après un début classique – un discours bilan-perspectives du ministre Luc Chatel – , Christine Maso fut l’une des toute premières sollicitées par l’animateur du raout, Nicolas Rossignol, un homme plutôt joyeux. La raison: prof, elle est au coeur du sujet.

L’enseignante de moyenne et grande section de maternelle évoque alors ces élèves de maternelle qui tutoient leurs profs et qui sont « de plus en plus arrogants« . « Autorité, respect, seraient-ils devenus des gros mots ? », lance-t-elle devant une salle conquise, hostile par nature à « la chienlit ». Mais elle réserve son annonce-surprise à plus tard, lorsqu’elle est interrogée une seconde fois: « et pourquoi pas une loi pour interdire le tutoiement ? ».

En son temps, Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel, était aussi un adepte du « vous ». Mais ayant déjà pas mal de sujets de frictions, il n’avait pas insisté.Christine Maso ne s’arrête pas là. Elle est ensuite carrément applaudie lorsqu’elle déplore le mauvais niveau des élèves en français: « c’était quand même mieux avant lorsqu’on enseignait sujet, verbe, complément, au lieu de groupe nominal… ».

La Convention de l’UMP – deux panels d’une petite dizaine d’intervenants chacun, l’un sur l’éducation, l’autre sur le supérieur – a ainsi oscillé entre la nostalgie d’une époque où les élèves ne pipaient pas mot en classe, et le rêve d’une école libérale où les directeurs recruteraient eux-mêmes les profs et où ces derniers travailleraient plus sans gagner plus.

Le rêve libéral, c’est Luc Chatel qui l’a développé. « Il faut que vous soyez fiers du bilan, mes chers amis », a-t-il commencé. Puis il a prôné « la troisième révolution, celle de la personnalisation«  de l’enseignement, après la démocratisatoin (la première révolution) et la massification (la deuxième) – son leitmotiv ces derniers temps.

Plus sérieusement, reprenant une partie des 30 propositions de la Convention, il a évoqué une série de réformes à faire, dont voici les principales:

- un changement de statut des profs afin qu’ils soient davantage présents dans les établissements et qu’au delà des cours, ils assurent aussi du tutorat, de l’orientation, etc (proposition 15 de la Convention). « Le métier d’enseignant a changé, a-t-il expliqué, avant, face à des classes homogènes, il pouvait se contenter de transmettre le savoir. Mais aujourd’hui, peut-on continuer avec un statut fait en 1950 ? » (selon lequel un prof certifié assure 18 heures de cours par semaine, un agrégé 15, auxquelles il faut ajouter les préparations, les corrections, les rendez-vous avec les parents, etc, ndlr).

- le recrutement des profs par les chefs d’établissement (proposition 10). « Je suis fier que 300 lycées et collèges expérimentent une autonomie du recrutement, c’est révolutionnaire, s’est félicité le ministre, il faudra aller plus loin ». Il faisait ici allusion aux établissements du dispositif Eclair.

- un changement des rythmes scolaires, avec un allongement de deux semaines de l’année en raccourcissant les vacances d’été (proposition 3). « Les élèves français ont 1 000 heures de  cours par an, un record parmi les pays développés, en plus concentré sur un petit nombre de jours », a souligné le ministre.

- une mise en concurrence des écoles, avec publication des résultats des évaluations nationales des CE1 et CM2 et ceux de celle introduite cette année en 5è (proposition 4). Sur la scène de Bobino, Luc Chatel n’a pas été aussi précis, mais il a vanté « l’autonomie des établissements » et la possibilité pour les parents de « mesurer les performances » des écoles de leurs enfants.

8 nov 2011 039Jean-François Copé, le patron de l’UMP, est ensuite revenu sur ses dadas. Il a défendu l’idée de collèges par niveau – certains regroupant les 6è et 5è, les autres les 4è et 3è (proposition 6). Selon lui, cela doit permettre d’avoir davantage de mixité sociale et d’éviter les « ghettos scolaires ».

Il voulait un examen à l’entrée en 6è fleurant bon le certif. Mais pour surmonter « sa petite divergence avec Luc » (Chatel), il  fait un petit effort et est maintenant d’accord pour une évaluation en début de CM2 (proposition 5).

Les ministres présents – également Laurent Wauquiez pour l’Enseignement supérieur, Nadine Morano pour l’Apprentissage et la secrétaire d’Etat à la Jeunesse Jeannette Bougrab,- se sont succédés à la tribune pour s’autoféliciter du chemin déjà parcouru -  « la réussite exceptionnelle » de la LRU (la loi d’autonomie des universités), « les grandes avancées » dans l’éducation, etc.

Les chiffres ont déferlé pour illustrer le succès des réformes – 240 000 élèves de primaire ont fait un stage de pré-rentrée cette année par exemple – et la hausse continue du nombre d’enseignants alors que celui des élèves baisse. Mais il n’y pas eu un mot sur les suppressions de postes – 66 000 depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007.

Quelques mots enfin sur le panel Enseignement supérieur. Il a consisté essentiellement en une célébration de la LRU. Après l’ »égalitarisme » post-soixante huitard et « la poussière » accumulée par « les  corporatismes », la droite a fait ce que la gauche rêvait de faire en donnant l’autonomie aux universités, a dit en substance Laurent Wauquiez.

Il a aussi célébré le rapprochement des universités avec les entreprises et leur plus grand souci de l’insertion professsionnelle de leurs diplômés. « Ah ! le lien avec les entreprises, c’était une horreur, une abomination il y a dix ans », a-t-il lancé pour le plus grand plaisir des militants.

Les invités ont eu 3-4 minutes pour parler, ce qui leur a laissé peu de temps pour dire des choses intéressantes. Et comme il fallait libérer la salle pour le spectacle à 20 heures tapantes, il n’y a pratiquement pas eu de questions de l’assistance.

Tout cela est censé préfigurer ce que sera le programme du candidat UMP à la présidence, candidat non déclaré mais connu, en campagne sans vouloir le dire. Suivez mon regard…

Crédits photos: sur la scène de Bobino, le premier panel laisse la place au second. Parmi les personnages s’en allant, Luc Chatel; Laurent Wauquiez en plein discours (DR).

 



L’UMP inquiète les syndicats en proposant un nouveau statut des enseignants

AFP du 08/11/2011 à 20:35

L’UMP a provoqué l’inquiétude des syndicats de l’éducation en proposant mardi de « revoir » les « obligations de service » des enseignants via « un nouveau statut » qui permettrait d’intégrer dans leurs missions « l’accompagnement », comme le tutorat.

Il s’agit d’une des 30 propositions du parti présidentiel pour sa convention sur l’éducation, organisée au théâtre Bobino à Paris et destinée à alimenter le projet du futur candidat Nicolas Sarkozy.

« Il faut réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais l’accompagnement : tutorat, orientation, concertation », prône l’UMP.

Il est important d’avoir un débat « sans tabou », ont estimé le ministre de l’Education nationale Luc Chatel et le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé à leur arrivée à la convention.

M. Chatel a également assuré qu’il n’y avait « pas de projet caché ».

Aujourd’hui, dans le secondaire, un professeur doit assurer 15 heures de cours par semaine s’il est agrégé et 18 heures s’il est certifié, selon un décret de 1950 sur les missions des enseignants.

La redéfinition de ces missions « pourrait aboutir » à « la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel Capes et serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat ».

« Cette mesure, si elle était retenue par Nicolas Sarkozy » pour la présidentielle de 2012, serait applicable à compter du concours 2013 du Capes, a indiqué à l’AFP la présidente UMP de la commission des Affaires culturelles et de l’Education de l’Assemblée, Michèle Tabarot.

Ceux qui enseignent déjà pourraient eux-aussi, s’ils le souhaitent, opter pour ce nouveau statut en échange d’une « revalorisation de leur rémunération », a précisé Mme Tabarot.

« On était prêt à débattre du changement du statut, d’inclure d’autres modalités dans notre service mais à condition que cela se traduise en diminution du service face aux élèves. Là, on a bien compris que c’est en plus », déplore Patrick Gonthier (Unsa Education).

« Nous sommes pour une évolution du statut », renchérit Thierry Cadart (Sgen-CFDT), mais « pour nous, la reconnaissance de ces nouvelles tâches doit s’accompagner d’une baisse des obligations de services en termes de face-à-face pédagogique classique ».

Selon M. Gonthier, « ce double statut », avec une meilleure rémunération du nouveau, « apportera de la concurrence dans les établissements » et « des tensions entre personnels ». « L’UMP est en train de monter un piège: recrutements diversifiés, rémunérations inégales et chefs d’établissements transformés en évaluateurs et notateurs », résume-t-il.

De fait, l’UMP préconise aussi la mise en place d’une évaluation des enseignants « par le chef d’établissement », s’appuyant sur « une dimension qualitative », « qui mesurerait leur capacité à faire progresser les élèves ».

Dans les « grands établissements », un « responsable disciplinaire », désigné parmi les enseignants, « pourrait animer l’équipe de professeurs de sa discipline et participer à leur évaluation ».

« On voit qu’il y a une vision du management des personnels qui est très marquée par le secteur privé dans ce qu’il peut avoir de pire. Il faut mettre en place une évaluation collective de travail pour aider les enseignants à orienter leur action et non pas entrer dans une logique d’évaluation-punition, carotte et bâton », estime Thierry Cadart.

Après la réforme des universités, l’UMP entend aussi renforcer « l’autonomie » des établissements scolaires avec la possibilité pour le principal et le proviseur, « mais aussi, à terme, le directeur d’école », de « recruter librement » son équipe enseignante et administrative.

 

Article Libé.fr Aujourd’hui à 17h47

Un nouveau statut de l’enseignant version UMP inquiète les syndicats

Le parti présidentiel a notamment proposé de «revoir» les «obligations de service» des enseignants en y intégrant «l’accompagnement», comme le tutorat.

 

L’UMP a provoqué l’inquiétude des syndicats de l’éducation en proposant mardi de «revoir» les «obligations de service» des enseignants via «un nouveau statut» qui permettrait d’intégrer dans leurs missions «l’accompagnement», comme le tutorat.

Il s’agit d’une des 30 propositions du parti présidentiel pour sa convention sur l’éducation, organisée au théâtre Bobino à Paris et destinée à alimenter le projet du futur candidat Nicolas Sarkozy.

«Il faut réfléchir à un nouveau statut des enseignants qui permette d’intégrer dans les missions des enseignants non seulement les cours mais l’accompagnement: tutorat, orientation, concertation», prône l’UMP.

Aujourd’hui, dans le secondaire, un professeur doit assurer 15 heures de cours par semaine s’il est agrégé et 18 heures s’il est certifié, selon un décret de 1950 sur les missions des enseignants. La redéfinition de ces missions «pourrait aboutir» à «la création d’un nouveau corps qui concernerait les candidats à l’actuel Capes et serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat». «Cette mesure, si elle était retenue par Nicolas Sarkozy» pour la présidentielle, serait applicable à compter du concours 2013 du Capes, a indiqué à l’AFP la présidente UMP de la commission des Affaires culturelles et de l’Education de l’Assemblée, Michèle Tabarot.

Ceux qui enseignent déjà pourraient eux-aussi, s’ils le souhaitent, opter pour ce nouveau statut en échange d’une «revalorisation de leur rémunération», a précisé Michèle Tabarot.

«L’UMP est en train de monter un piège»

«On était prêt à débattre du changement du statut, d’inclure d’autres modalités dans notre service mais à condition que cela se traduise en diminution du service face aux élèves. Là, on a bien compris que c’est en plus», déplore Patrick Gonthier (Unsa Education).

«Nous sommes pour une évolution du statut», renchérit Thierry Cadart (Sgen-CFDT), mais «pour nous, la reconnaissance de ces nouvelles tâches doit s’accompagner d’une baisse des obligations de services en terme de face-à-face pédagogique classique». Selon lui, «ce double statut», avec une meilleure rémunération du nouveau, «apportera de la concurrence dans les établissements» et «des tensions entre personnels». «L’UMP est en train de monter un piège: recrutements diversifiés, rémunérations inégales et chefs d’établissements transformés en évaluateurs et notateurs», résume-t-il.

De fait, l’UMP préconise aussi la mise en place d’une évaluation des enseignants «par le chef d’établissement», s’appuyant sur «une dimension qualitative», «qui mesurerait leur capacité à faire progresser les élèves». Dans les «grands établissements», un «responsable disciplinaire», désigné parmi les enseignants, «pourrait animer l’équipe de professeurs de sa discipline et participer à leur évaluation».

«On voit qu’il y a une vision du management des personnels qui est très marquée par le secteur privé dans ce qu’il peut avoir de pire. Il faut mettre en place une évaluation collective de travail pour aider les enseignants à orienter leur action et non pas entrer dans une logique d’évaluation-punition, carotte et bâton», estime Thierry Cadart.

Après la réforme des universités, l’UMP entend aussi renforcer «l’autonomie» des établissements scolaires avec la possibilité pour le principal et le proviseur, «mais aussi, à terme, le directeur d’école», de «recruter librement» son équipe enseignante et administrative.

(Source AFP)

 

 

 

 



Education: bataille de chiffres entre Hollande et Chatel sur les 60000 postes

Le ministre de l’Education estime que la proposition du candidat PS coûterait 7,5 milliards d’euros sur le quinquennat, au lieu de 2,5 milliards. Jack Lang réplique en dénonçant son «incompétence».

247 commentaires Par LIBÉRATION.FR

Education: bataille de chiffres entre Hollande et Chatel sur les 60000 postes dans Actualités

François Hollande le 22 octobre à Paris (AFP / Joel Saget)

7,5 milliards ou 2,5 milliards d’euros? Le ministre de l’Education et le candidat socialiste à la présidentielle s’opposent sur la facture de la proposition de celui-ci de (re)créer 60000 postes en cinq ans dans l’Education nationale.

Pour Luc Chatel, une telle mesure qui reviendrait à créer  12000 postes par an sur la prochaine mandature, coûterait «500 millions d’euros la première année, 1 milliard la deuxième année, 1,5 milliard la troisième année, 2 milliards la quatrième année et 2,5 milliards la dernière année». Le cumul «serait alors de 7,5 milliards d’euros et non de 2,5 milliards», chiffrait le ministre de l’Education, vendredi.

«Le sparadrap du capitaine Haddock»

Ce samedi, il en rajoute en criant à nouveau à l’«imposture» du PS, promettant à leur candidat une mesure qui va coller comme «le sparadrap du capitaine Haddock» pendant la campagne présidentielle.

Peu avant dans la journée, c’est l’ex-ministre (PS) de l’Education, Jack Lang, qui est monté au créneau pour défendre le candidat Hollande en dénonçant l’«incompétence» et la «malhonnêteté intellectuelle» de Chatel. Taxant de «chiffre extravagant» son évaluation, Lang estime que «ce calcul est dénué de tout fondement». «Chaque année, pendant 5 ans, sera ouvert un crédit de 500 millions d’euros destiné à engager 12 000 nouveaux professeurs. A la fin du mandat, ces nouveaux crédits représenteront un total de 2,5 milliards d’euros, tout le reste n’est que mauvaise littérature», tranche le socialiste.

«Lang fâché avec le calcul»

«Il est de notoriété publique que Jack Lang n’a jamais très bien su compter lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Mais là, il nous montre qu’il est définitivement fâché avec le calcul», rétorque, à son tour, l’actuel ministre UMP.

Vendredi, François Hollande avait, lui, opposé les 2,5 milliards d’euros que coûterait, selon lui, sa proposition de créer 60000 postes dans l’Education aux «75 milliards d’euros de cadeaux fiscaux» du quinquennat de Nicolas Sarkozy. «Je veux préparer l’avenir, c’est-à-dire l’avenir de nos enfants. Si on veut qu’il y ait de la croissance, si on veut qu’il y ait demain de l’emploi, il faut que nos enfants soient les mieux formés possible. Ce n’est plus le cas. Il y a eu 100000 suppressions de postes dans l’Education nationale», rappelle-t-il à France 2.

«Je ne dissimule pas le coût – 500 millions d’euros, 2 milliards et demi à la fin du quinquennat – mais la vraie limite c’est « est-ce que dans le découragement qui existe aujourd’hui dans la jeunesse pour préparer les concours de l’Education nationale, on pourra encore trouver des étudiants qui voudront se destiner à ce métier-là? »», s’interroge le candidat PS.

 

Education: Valérie Pécresse confirme les chiffres avancés par Chatel

La ministre du Budget, Valérie Pécresse, a confirmé, samedi dans un communiqué, le chiffrage de 7,5 milliards d’euros, fait par Luc Chatel, de la création de 60.000 postes dans l’Education nationale proposée par François Hollande.

La ministre du Budget Valérie Pécresse à Paris, le 28 septembre 2011 photo : Eric Piermont, AFP

Mme Pécresse « s’indigne des critiques aussi violentes qu’injustifiées de Jack Lang à l’égard de Luc Chatel qui avait fort justement calculé le vrai coût pour les finances publiques de la création de 60.000 postes dans l’éducation nationale sur cinq ans: 7,5 milliards en cumulé, à raison de 12.000 recrutements supplémentaires par an ».

Jack Lang a dénonce samedi « l’incompétence et la malhonnêteté intellectuelle » de Luc Chatel qui selon lui présente « un chiffre extravagant ».

Me Pécresse souligne « qu’un fonctionnaire est recruté pour l’ensemble de sa vie professionnelle et que sa retraite est payée par le budget de l’Etat, ce qui porte le coût de la proposition socialiste à largement plus de 100 milliards d’euros sur les cinquante prochaines années ».

Pour elle, cette proposition « interdira toute revalorisation des carrières des enseignants faute de moyens disponibles pour mieux les payer » et « provoquera le gel des recrutements d’agents dans d’autres missions de service public (infirmières, policiers…) ».

Le candidat PS à la présidentielle de 2012, François Hollande, a chiffré à 2,5 milliards d’euros le coût au bout de cinq ans de la création de ces 60.000 postes.

 

Proposition de Hollande sur l’Education : Chatel dénonce « l’imposture » du PS

Le ministre de l’Education a dénoncé samedi « l’imposture » du Parti socialiste dont le candidat à la présidentielle François Hollande prévoit de créer 60.000 emplois dans l’Education nationale, une mesure qui va leur coller, selon Luc Chatel, comme « le sparadrap du capitaine Haddock ».

Le ministre de l'Education Luc Chatel le 13 octobre 2011 à Béziers, dans le sud de la France photo : BORIS HORVAT, AFP

« Je voudrais dénoncer l’imposture du PS sur les 60.000 emplois dans l’Education nationale », a déclaré à l’AFP M. Chatel, après avoir été critiqué samedi par le député PS et ancien ministre de l’Education, Jack Lang, pour son « incompétence » et sa « malhonnêteté intellectuelle ».

« Les socialistes sont aux abois, ils sont en train de se rendre compte de l’infaisabilité de cette mesure qui va devenir pour eux le sparadrap du capitaine Haddock », a estimé M. Chatel.

« Il est de notoriété publique que Jack Lang n’a jamais très bien su compter lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Mais là, il nous montre qu’il est définitivement fâché avec le calcul », a-t-il poursuivi.

M. Chatel maintient que la création de 60.000 postes dans l’Education nationale coûterait bien 7,5 milliards d’euros au bout de cinq ans et non 2,5 milliards comme l’évalue François Hollande, défendu par Jack Lang.

Qualifiant de « chiffre extravagant » l’évaluation de M. Chatel, M. Lang ajoute que « ce calcul est dénué de tout fondement ».

M. Lang « recommande » à Luc Chatel « de suivre un cours de première année de finance publique, on lui apprendrait que son évaluation est contraire à toutes les règles les plus élémentaires du droit budgétaire ».

 

 

 

 

 

 

 



Elections professionnelles dans l’éducation nationale : une chute historique de la participation

LEMONDE.FR | 21.10.11 |

L’Education nationale avait la particularité d’enregistrer un fort taux de mobilisation aux élections professionnelles. Elle ne l’a plus : les résultats du vote au
comité technique ministériel (CTM), connus dans la nuit de jeudi 20 à vendredi 21 octobre, sont marqués par une chute, historique, de la participation : 38,54 % de votants, contre plus de 61 % en 2008. Selon la Rue de Grenelle, seulement 419 440 des 1 038 294 agents – dont 860 000 enseignants – appelés à voter sur Internet, du jeudi 13 octobre, 10 heures, au jeudi 20 octobre, 17 heures, ont répondu à l’invitation.

 

Pour les syndicats, l’enjeu était pourtant crucial : avec le changement des règles de représentativité entériné par la loi du 5 juillet 2010 sur la rénovation du dialogue social, le comité technique ministériel (CTM), est devenu le lieu par excellence des négociations – seules les organisations ayant des élus pouvant signer des accords. Pour la première fois cette année, le vote était électronique.

 

 

Pour la première fois aussi, à l’élection des délégués dans les commissions administratives paritaires (CAP), au niveau national et local, s’ajoutait celle des délégués dans les comités techniques (CT), au niveau ministériel et académique, intégrant les personnels non titulaires.

TASSEMENT DE LA FSU ET DISPARITION DU SNALC

Au sein du comité technique ministériel (CTM), passé de 20 à 15 sièges, deux tendances se dessinent : le tassement de la FSU, qui a perdu la majorité absolue, et la disparition du Snalc et de ses alliés « républicains ».

Mais le rapport de forces n’est pas radicalement modifié : la FSU, principale fédération syndicale du monde éducatif, passée de 43 % à 41 % des voix, conserve sa première place, avec 7 sièges (sur 15). L’UNSA, passée de 19 % à 21 % des voix, se maintient deuxième, avec 4 sièges. En progrès lui aussi, le SGEN-CFDT, passé de 9 % à 10 % des suffrages, remporte un siège. FO et la CGT – passés respectivement de 9 % à 10 % et de 5 % à 6 % des voix – remportent un siège. Un siège également pour Sud Education.

D’autres syndicats ont recueilli des voix, mais pas suffisamment pour obtenir un siège au CTM (16 485 suffrages pour la CSEN-Fgaf-Faen-Scenrac-CFTC, 1 717 voix pour la CFE-CGC avenir-écoles, 1 383 pour le SNCA-EIL, syndicat national des certifiés et agrégés, 1 019 pour le STC, Syndicat des travailleurs corses, 879 pour l’UDAS, Union des alternatives syndicales, etc.). Et 19 519 votes sont blancs.

UN « TROU D’AIR EN TERMES DE PARTICIPATION »

Comment les syndicats ont-ils accueilli ces résultats ? FO, qui devient la troisième organisation avec 35 000 voix, et l’UNSA, qui a marqué des points dans plusieurs académies (Lille et Aix-Marseille notamment), se sont discrètement félicitées de leurs progrès. Le Snalc, évincé du CTM, met en cause « les dysfonctionnements à la pelle et les changements des règles de représentativité », précisant « vouloir déposer un recours ».

Mais, pour tous, l’inquiétude prime face à l’effondrement du taux de participation. Bugs informatiques, difficultés de fonctionnement, défaillances techniques, encombrement de la plateforme… Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, a dénoncé le « vol des bulletins de vote » causé par le vote électronique – près de 250 000 électeurs n’auraient pas retiré leur identifiant leur permettant de voter sur Internet.

Même son de cloche du côté du Snuipp-FSU, majoritaire dans le premier degré, qui pointe un « trou d’air en termes de participation ». « Le ministère a tout fait pour affaiblir la représentativité des syndicats et la parole des enseignants », relève son secrétaire général, Sébastien Sihr, notamment en « multipliant les entraves à la mise en œuvre du vote électronique » et en « raccourcissant la période de vote de trois à une semaine ».

« DÉFAILLANCES » DU MINISTÈRE

Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA met lui aussi en cause la procédure « très complexe » et « les défaillances » du ministère. « Le parcours du votant s’est apparenté à un vrai parcours du combattant électronique », souligne-t-il. Si Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT, ne conteste pas les difficultés informatiques, il reconnaît, de son côté, une « possible désaffection » : « On ne peut mettre uniquement sur le [compte du] vote électronique la baisse de la participation, et cela ne doit pas nous dispenser d’une autoanalyse. »

Dans un communiqué commun, le SGEN-CFDT et l’UNSA reconnaissent ainsi : « La baisse de la participation, que nous regrettons, a des causes multiples. Notons le non engagement du ministre de l’éducation nationale, la suspicion entretenue par certaines organisations syndicales sur la fiabilité du vote électronique, le caractère inédit du vote pour cette nouvelle instance, les difficultés techniques… Mais les organisations syndicales sont également interpellées par ce fait. Il nous faut sans doute renforcer le lien avec les personnels et redonner du sens au syndicalisme dans le milieu. »

Le dépouillement des votes devait se poursuivre pour les comités techniques académiques (CTA) et les commissions administratives paritaires (CAP). Résultats attendus dans la journée du vendredi 21 octobre.

Mattea Battaglia

 

La FSU remporte les élections professionnelles à l’éducation nationale

LEMONDE.FR avec AFP | 21.10.11 | 09h49

 

 

Malgré une faible participation, les enseignants et autre personnel de l'éducation nationale ont reconduit leur représentants syndicaux.

Malgré une faible participation, les enseignants et autre personnel de l’éducation nationale ont reconduit leur représentants syndicaux.AFP/GERARD JULIEN

C’était les élections professionnelles de la nouveauté, au sein de l’éducation nationale. Premier scrutin électronique et changement des règles de représentativité ont mis à mal la participation, plus basse qu’à l’accoutumée, mais n’ont pas bouleversé les résultats. La FSU est parvenue à conserver sa première place, l’UNSA sa deuxième.

La FSU a obtenu 40,62 % des voix à l’issue du dépouillement des votes, au comité technique ministériel (CTM), soit 7 sièges sur un total de 15. L’UNSA, en progrès, a recueilli 20,72 % des voix soit 4 sièges. FO (10,09 %), le SGEN-CFDT (9,99 %), la CGT (6,47 %) et Solidaires (5,79 %) ont tous un siège. D’autres syndicats ont recueilli des voix mais pas suffisamment pour obtenir un siège.

« Malgré toutes les difficultés et dysfonctionnements du vote électronique et la baisse de 20 points de la participation [...] nous sommes très satisfaits de la confiance des personnels dans l’action syndicale que l’on mène », se félicite Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Même son de cloche à l’UNSA, où Christian Chevalier, secrétaire général, interprète ce résultat comme une approbation du « syndicalisme réformiste ».

DE NOUVELLES RÈGLES

Depuis la loi du 5 juillet 2010 sur la rénovation du dialogue social, les représentants syndicaux vont devoir négocier au sein du comité technique ministériel, seule instance de négociations et de signature d’accords. Les syndicats n’ayant pas d’élu en sont de facto éliminés.

Plus d’un million d’agents, dont 860 000 enseignants, étaient appelés depuis le 13 octobre à élire leurs représentants sur internet. Un mode de scrutin, qui selon les syndicats, a provoqué un effondrement de la participation. En 2011, elle s’élève à 40 %. A titre de comparaison, elle était de 62 % lors des dernières élections en 2008.



Un professeur sur six en «burn-out»

Article du Figaro.fr (pour une fois)

Une étude révèle que 17% des professeurs sont victimes d’épuisement, contre 11% dans les autres professions. Les jeunes en dessous de 30 ans sont les plus exposés. Le ministère de l’Education conteste la fiabilité statistique du rapport.

Un professeur sur six en «burn-out» dans Revue de presse coeur-Les professeurs de collèges et lycées sont 17% à être touchés par le «burn-out», ce phénomène d’épuisement physique, mental et émotionnel, contre 11% dans les autres professions, révèle une étude de deux spécialistes publiée dans Le Monde daté de jeudi. «Près de 30% des enseignants interrogés ont dit songer, souvent, à quitter le métier», explique Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education nationale et coauteur de cette enquête réalisée auprès de 2100 personnels de 400 établissements. «Les différences entre les sexes et entre les établissements -en zone urbaine, en zone rurale, en ZEP…- sont moins déterminantes que le facteur âge. Les jeunes en dessous de 30 ans sont plus exposés», ajoute-t-il.

Crise de l’autorité, classes parfois surchargées et plus hétérogènes qu’il y a 20 ans, manque de soutien de l’institution, difficultés face au rythme des réformes, quasi-absence de médecine de prévention, manque d’organisation des enseignants eux-mêmes en collectifs de travail… Telles sont les raisons avancées par les professeurs pour expliquer ces sentiments d’impuissance et de solitude.

Ce n’est pas un hasard si les enseignants sont les seuls, avec la police, à bénéficier des services d’un établissement psychiatrique dédié, l’Institut Marcel-Rivière surnommé «la Verrière», dans les Yvelines. Près de 1000 patients s’y font soigner chaque année.

Les souffrances et l’épuisement de nombreux enseignants ont été largement mis en lumière depuis le suicide la semaine dernière d’une professeure dans son lycée de Béziers.

Sentiments d’usure, d’impuissance et d’abandon.

Au-delà des syndicats, qui pour beaucoup ont parlé d’un «drame révélateur du malaise enseignant», le père et les collègues de Lise Bonnafous, 44 ans, ont dit que son geste dépassait sa seule personne. «Son message désespéré était celui-ci: il faut refonder, à tout prix, une nouvelle et authentique école de la République, celle où primaient les valeurs du civisme et du travail; celle où le professeur était au centre de tout; celle où l’enfant du peuple pouvait devenir fils de roi», a écrit le père dans un mail adressé à Midi Libre et publié mercredi. «Son geste appelle à la solidarité de l’ensemble des personnels et témoigne de notre difficulté à accomplir notre mission. Nous attendons donc l’engagement responsable de nos autorités. Nous pensons très fort à Lise», avaient déclaré ses collègues dès vendredi.

Selon Françoise Lantheaume, sociologue à Lyon-2, «il y a des souffrances extra-ordinaires, comme celle de cette femme, mais elles sont rares. Et il y a des souffrances ordinaires: les enseignants français expriment massivement des sentiments d’usure, d’impuissance et d’abandon». «Je l’ai constaté il y a une dizaine d’années déjà en collèges et lycées, je le vois maintenant en primaire», a-t-elle ajouté.

Manque de prévention

Les syndicats avancent le chiffre de 39 suicides par an pour 100.000 enseignants. Mais le ministère de l’Education nationale a contesté mercredi ces statistiques du rapport, notant que les données portent sur un travail mené en «Hollande à la fin des années 90». Citant une enquête de sa direction générale des ressources humaines, ont été recensés «52 cas de suicides de septembre 2008 à septembre 2009 sur une population de 857.000 enseignants, soit un peu plus de 6 cas de suicides pour 100.000 enseignants». «Rien ne semble indiquer en l’état une évolution à la hausse du taux de suicide sur ces dernières années», a déclaré une porte-parole.

Après chaque cas de suicide, les syndicats rappellent qu’aucun dispositif de prévention du stress n’existe, puisque, contrairement aux salariés de droit privé, les enseignants ne bénéficient pas d’une visite médicale annuelle.

A son arrivée au ministère en 2009, Luc Chatel avait pourtant fait de la santé et du suivi des enseignants une priorité, dans le cadre de son «pacte des carrières». Mais les moyens n’ont pas été au rendez-vous, selon les syndicats. Seuls 17 des 80 médecins de prévention promis en 2010 ont été effectivement recrutés, explique Elizabeth Labaye, chargée des questions de santé au Snes-FSU, notamment car ce métier «n’est pas attractif».

«Les conditions de travail sont catastrophiques car il y a en moyenne plus de 10.000 agents de l’Education nationale par médecin». Ceux-ci sont donc «submergés, notamment avec le développement des risques psycho-sociaux» et «ne reçoivent que les personnels en urgence», sans pouvoir faire de prévention. «On a acquis des directeurs des relations humaines mais ils n’ont pas de réponses à ce type de situation. Tout simplement parce que cela a un coût», a relevé Philippe Tournier du SNPDEN-Unsa, principal syndicat des chefs d’établissements.

VOS TÉMOIGNAGES - Effectifs des classes, établissements, sentiment d’abandon… Enseignant, vous avez peut-être déjà rencontré ces situations d’épuisement qui touchent la profession. Faites-nous part de vos témoignages dans les commentaires ci-dessous ou bien en écrivant à temoin@lefigaro.fr.

 



Actualité dramatique mais la rentrée était satisfaisante selon Luc Chatel

 

L’enseignante qui s’était immolée par le feu est morte

Elle s’était immolée à l’heure de la récréation dans la cour du lycée Jean-Moulin à Béziers, jeudi.

 

L’enseignante de mathématiques qui s’était immolée par le feu jeudi matin dans la cour du lycée Jean-Moulin à Béziers (Hérault), est décédée des suites de ses brûlures. Elle avait été brûlée au troisième degré et transportée au CHU à Montpellier.

Selon une source médicale, l’enseignante de 44 ans, professeur de mathématiques, «était brûlée au 3e degré sur 95% du corps». «Le corps a besoin de la peau pour respirer et avec ces brûlures, elle n’aurait pas pu survivre en raison des infections», a ajouté cette source.

A la mi-journée, les collègues de l’enseignante avaient lu, devant les grilles du lycée, un message de «solidarité pour Lise», brandissant de petites pancartes blanches intitulées «Plus jamais ça», «On veut des actes».

«Hier (jeudi, ndlr), une enseignante a choisi de s’immoler dans la cour du lycée à l’heure de la récréation. Cet acte symbolique nous bouleverse et nous interroge tous», avaient déclaré les 280 professeurs du lycée dans ce communiqué.

«Son geste appelle à la solidarité de l’ensemble des personnels et témoigne de notre difficulté à accomplir notre mission. Nous attendons donc l’engagement responsable de nos autorités», ajoutaient-ils.

Interrogé par l’AFP à la nouvelle du décès, l’un d’eux, Christophe Quittet, a annoncé la tenue d’une «marche blanche» lundi à 14 heures au départ de l’établissement.
Selon lui, les cours ne reprendront pas lundi matin, en vertu d’un droit de retrait éventuellement reconductible.
Vendredi, l’établissement avait rouvert ses portes pour accueillir les élèves et enseignants qui souhaitaient être entendus par la cellule de soutien psychologique, qui avait déjà pris en charge jeudi après-midi plusieurs dizaines d’élèves très choqués et qui devait encore fonctionner plusieurs jours.

Une action est par ailleurs prévue mercredi à Montpellier, dont le point d’arrivée sera l’inspection d’académie, selon M. Quittet.

La victime donnait des cours depuis 10 ans dans ce grand lycée de 3.000 élèves, deuxième cité scolaire du Languedoc-Roussillon.

Selon plusieurs témoins, elle avait annulé le cours qu’elle devait donner entre 9 heures et 10 heures jeudi. Puis, peu avant la récréation, elle s’est placée sous le préau et s’aspergée d’essence très calmement avant d’y mettre le feu et d’avancer dans la cour sous les yeux des élèves, terrifiés, dont certains lui sont venus en aide.

Décrite comme très fragile psychologiquement, notamment suite au décès de son neveu, l’enseignante «bénéficiait d’un accompagnement pédagogique et médical», avait indiqué jeudi le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, venu sur les lieux, refusant à ce stade de confirmer le lien, avancé par le parquet, entre ce geste de désespoir et son activité professionnelle.

Si ses collègues se veulent prudents sur les raisons de cet acte, l’un d’entre eux estimait jeudi soir, sous couvert de l’anonymat, que la «pression ambiante était peut-être trop forte» et qu’«une écoute aurait peut-être évité ce passage à l’acte».

«Au cours des années, on a vu le métier évoluer, le public changer, les réformes arriver, des réformes nécessaires mais bien souvent menées à l’emporte-pièce, sans discernement, dans l’urgence, et à un moment donné il peut arriver ce genre de geste», confiait-il.

Au niveau national, le Snes, premier syndicat du secondaire, a réclamé un «débat» sur le métier d’enseignant après cette «tragédie». Il souhaite notamment «interpeller le ministre sur l’importance de la mise en place d’une véritable médecine du travail dans l’Education nationale» et l’amélioration des «conditions générales de travail des enseignants, dont la pénibilité s’est considérablement accrue ces dernières années».

 

A Béziers, les collègues de l’enseignante témoignent de leur difficile mission

Les enseignants du lycée Jean-Moulin de Béziers, où une cellule de soutien devait être maintenue plusieurs jours, exprimaient leur désarroi et leur difficulté à mener à bien leur mission, vendredi au lendemain de la tentative de suicide d’une de leurs collègues.

Alors que la professeure de mathématiques de 44 ans, hospitalisée au CHU de Montpellier, se trouvait toujours dans un état préoccupant, ses collègues ont lu à la mi-journée, devant les grilles de l’établissement, un message de « solidarité », brandissant de petites pancartes blanches intitulées « Plus jamais ça », « On veut des actes ».

« Hier (jeudi, ndlr), une enseignante a choisi de s’immoler dans la cour du lycée à l’heure de la récréation. Cet acte symbolique nous bouleverse et nous interroge tous », déclarent les 280 professeurs du lycée dans ce communiqué.

« Son geste appelle à la solidarité de l’ensemble des personnels et témoigne de notre difficulté à accomplir notre mission. Nous attendons donc l’engagement responsable de nos autorités. Nous pensons très fort à Lise », ajoutent-ils.

Brûlée au troisième degré, la victime donnait des cours depuis 10 ans dans ce grand lycée de 3.000 élèves, deuxième cité scolaire du Languedoc-Roussillon.

Selon plusieurs témoins, elle a annulé le cours qu’elle devait donner entre 09h00 et 10h00 jeudi. Puis, peu avant la récréation, elle s’est placée sous le préau et s’est s’aspergée d’essence très calmement avant d’y mettre le feu et d’avancer dans la cour sous les yeux des élèves, terrifiés, dont certains lui sont venus en aide.

Décrite comme très fragile psychologiquement, notamment suite au décès de son neveu, l’enseignante « bénéficiait d’un accompagnement pédagogique et médical », avait indiqué jeudi le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, venu sur les lieux, refusant à ce stade de confirmer le lien, avancé par le parquet, entre ce geste de désespoir et son activité professionnelle.

Si ses collègues se veulent prudents sur les raisons de cet acte, l’un d’entre eux estimait jeudi soir, sous couvert de l’anonymat, que la « pression ambiante était peut-être trop forte » et qu’ »une écoute aurait peut-être évité ce passage à l’acte ».

« Au cours des années, on a vu le métier évoluer, le public changer, les réformes arriver, des réformes nécessaires mais bien souvent menées à l’emporte-pièce, sans discernement, dans l’urgence, et à un moment donné il peut arriver ce genre de geste », confiait-il.

La CGT Educ’Action du département a appelé à un rassemblement mercredi après-midi à Montpellier, devant le rectorat puis à la préfecture.

Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, préfère attendre de « savoir ce qu’il en est réellement » quant au lien entre la tentative de suicide de la professeure et son travail, avant de décider d’une action. « Il est sûr qu’il y a une souffrance accrue des enseignants depuis cinq ans, mais on ne saute pas sur les occasions », a souligné Bernard Duffourg, délégué du syndicat dans l’académie.

Au niveau national, le Snes a réclamé un « débat » sur le métier d’enseignant après cette « tragédie ». Il souhaite notamment « interpeller le ministre sur l’importance de la mise en place d’une véritable médecine du travail dans l’Education nationale » et l’amélioration des « conditions générales de travail des enseignants, dont la pénibilité s’est considérablement accrue ces dernières années ».

Le Snalc a également estimé que cette tentative de suicide exprimait « l’immense malaise de toute une profession ».

L’établissement a rouvert ses portes vendredi matin, mais les cours n’ont pas repris. La cellule de soutien psychologique, qui avait déjà accueilli jeudi après-midi plusieurs dizaines d’élèves très choqués, fonctionnera jusqu’à mardi, selon le rectorat.

 

Béziers Lycée Jean Moulin : Luc Chatel partage sa « profonde émotion » après l’immolation de l’enseignante

 

Midilibre.fr

13/10/2011, 14 h 33 | Mis à jour le 13/10/2011, 14 h 38

 


Le ministre de l'éducation a fait part de sa profonde émotion et demande à l’inspecteur d’académie de se rendre sur place.

Le ministre de l’éducation a fait part de sa profonde émotion et demande à l’inspecteur d’académie de se rendre sur place. (AFP – LIONEL BONAVENTURE)

Selon un communiqué du ministère de l’Education nationale, Luc Chatel a appris avec « une profonde émotion » l’acte de
désespoir du professeur de mathématiques
ce matin dans la cour du lycée Jean Moulin à Béziers.

« Le ministre partage la stupeur et la tristesse de l’ensemble des personnels et des élèves du lycée. Il a demandé tous les éléments pour tenter de comprendre les raisons qui ont pu conduire cette enseignante à ce passage à l’acte. »

Le ministre a aussi demandé à l’inspecteur d’académie de se rendre sur place pour « être aux côtés de la communauté éducative et pour l’accompagner dans cette épreuve, » notamment par la mise en place d’une cellule psychologique.

Face à ce drame, Luc Chatel « assure la communauté éducative de tout son soutien et de sa solidarité la plus totale ».

 

 

 

Béziers Une enseignante tente de s’immoler par le feu : Luc Chatel dépêché sur place

 

Avec AFP

13/10/2011, 10 h 55 | Mis à jour le 13/10/2011, 20 h 50

 


Luc Chatel lors de son déplacement à la sous-préfecture de Béziers.

Luc Chatel lors de son déplacement à la sous-préfecture de Béziers. (Photo O. G.)

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel s’est rendu jeudi au CHU de Montpellier, au chevet de la professeure qui a tenté de s’immoler par le feu dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers, décrivant une enseignante « en grande fragilité psychologique ».

« J’ai rencontré l’équipe médicale qui a pris en charge la professeure. A l’heure où je vous parle, sa situation de santé est extrêment préoccupante », a déclaré Luc Chatel, lors d’un bref point de presse en sous-préfecture de Béziers.
Brûlée au 3e degré

Ce matin, une femme de 44 ans, professeur de mathématique, a tenté de s’immoler par le feu dans la cour du lycée Jean-Moulin à Béziers. Brûlée au troisième degré sur tout le corps, toujours en vie et consciente, elle a été prise en charge par les pompiers et évacuée par hélicoptère vers le centre des grands brûlés du CHU de Montpellier.

Après son premier cours ce jeudi matin, l’enseignante est allée dans la cour à l’heure de la récréation de dix heures, un bidon d’essence à la main. Elle s’est placée au centre de la cour avant de s’asperger de carburant et d’y mettre le feu. Elle aurait crié devant des élèves : « C’est pour vous ». Des professeurs et des élèves ont immédiatement tenté d’éteindre les flammes.

Un acte désespéré

Selon le procureur de la République de Béziers, Patrick Mathé, « c’est l’acte de quelqu’un de désespéré ». Il a évoqué une « tentative de suicide en lien avec l’activité professionnelle ». L’enseignante aurait fait une dépression, suite au décès de son enfant handicapé l’an dernier et aurait été convoquée à plusieurs reprises par la direction de l’établissement.

Elle était en conflit avec des élèves. Il y a une dizaine de jours, une réunion houleuse aurait eu lieu avec les lycéens qu’elle aurait très mal vécue. Considérée par ses collègues comme une enseignante rigoureuse à « l’ancienne ». Quatre parents d’élèves interrogés ont raconté qu’elle s’occupait peu des élèves en difficulté, préférant les exclure de son cours pour faire travailler les autres. Selon des élèves, certains la trouvaient trop sévère et contestaient ses méthodes.

Le lycée en émoi

La scène a été observé par de nombreux élèves et professeurs. Selon France Bleue Hérault, des témoins disent avoir vu une personne en flamme se débattre dans la cour de récréation. Une cellule de soutien psychologique, comptant quatre médecins et des infirmiers, a été mise en place jeudi au sein de l’établissement, qui regroupe lycée général, technique, professionnel et compte plus de 3 000 élèves. Jeudi après-midi, 80 élèves avaient déjà été pris en charge par cette cellule qui « restera active aussi longtemps que nécessaire », a promis le ministre.

Les réactions

Le sénateur-maire (UMP) de Béziers, Raymond Couderc, s’est rendu sur place, ainsi que le sous-préfet de l’Hérault et le vice-procureur de la République. Le rectorat de l’Académie de Montpellier n’a pas souhaité dans l’immédiat communiquer à ce sujet.
 

Hérault Un élève violemment agressé au collège de Poussan

 

Midi Libre

12/10/2011, 17 h 17 | Mis à jour le 12/10/2011, 17 h 54

Une bagarre entre trois collègiens a dégénéré mardi après-midi dans la cour du collège de Poussan. Un élève de 4e a été pris à partie par deux autres collégiens pour un motif encore inconnu.

Passé à tabac, gravement blessé au visage, la victime a été transférée vers les urgences de l’hôpital de Sète. Opéré au bloc ce matin, le jeune garçon souffre de fractures au nez et à la mâchoire. Ses deux agresseurs, âgés de 14 et 15 ans ont été provisoirement exclus de l’établissement.

L’inspection académique a signalé la bagarre et transmis le dossier au parquet de Montpellier.

 

 

 

Sète Agression d’une enseignante : comme un fossé entre profs et élèves

 

M. C.

07/10/2011, 11 h 08 | Mis à jour le 07/10/2011, 11 h 08

 

 

Le proviseur a pris la parole hier matin devant les élèves réunis dans la cour.

Le proviseur a pris la parole hier matin devant les élèves réunis dans la cour. (V. D.)

Après l’agression d’une enseignante mercredi, ses collègues n’ont pas fait cours hier matin. Vibrant discours du proviseur.

7 h 55, jeudi, au portail du lycée Charles-de-Gaulle. Un début de matinée apparemment comme les autres… mais qui, au lendemain de l’agression d’une enseignante par une élève, sortira de l’ordinaire. Malou ne le sait pas encore, elle qui contrôle scrupuleusement les entrées. Chaque élève est privé de montrer son carnet, tel un laissez-passer, pour pouvoir pénétrer dans l’établissement. « C’est surtout pour éviter les intrus qui viennent chercher la bagarre ou qui déclenchent les alarmes, explique l’avenante surveillante, qui semble très appréciée par les élèves. À part quelques-uns, ils ne sont pas méchants ».

La sonnerie de 8 h retentit. Mais quelques minutes plus tard, les élèves refluent vers la cour et le portail. Moment de flottement. « Il paraît que les profs font grève », entend-on. « Mais non, il y a cours, rentrez ! », lance Malou aux lycéens déjà revenus dans la rue. Finalement, les élèves sont priés de ne pas regagner leur classe, mais de rester dans la cour.

Le proviseur : « Vous voulez le respect ? Commencez déjà à le donner aux autres »

Visages graves, le proviseur, Michel Irrmann, et plusieurs dizaines de profs, s’avancent vers le préau. On installe deux haut-parleurs. Michel Irrmann prend le micro. « Un fait d’une extrême importance s’est produit hier (NDLR : mercredi), entame-t-il d’un ton solennel. Il faut que vous compreniez que vous êtes des êtres humains. Vous n’avez pas à agresser qui que ce soit. Les enseignants sont là pour vous aider, pour vous apprendre à grandir, pour vous faire réussir dans la vie. Un petit groupe d’entre vous commet des agressions verbales permanentes. Votre camarade a passé la limite. Mais la limite commence au moment de la parole. Vous voulez le respect ? Commencez déjà à le donner aux autres. Les enseignants ont beaucoup de courage de travailler pour vous. Vous ne leur rendez même pas le centième de ce qu’ils vous donnent ».

Et le proviseur de prévenir, en conclusion : « Dorénavant, la moindre expression insultante, le moindre geste d’agressivité, sera fortement sanctionné. Je vous rappelle que l’agression verbale est aussi passible de la justice. Combien d’entre vous auraient déjà dû avoir affaire à elle ? ».

Droit de retrait

Ça et là, quelques ricanements ou chuchotements se sont fait entendre. Mais la plupart des trois cents élèves présents ont attentivement écouté les mots forts prononcés par Michel Irrmann. Puis une enseignante a brièvement pris la parole pour annoncer que les professeurs avaient décidé d’exercer leur droit de retrait pour la matinée. Et qu’il n’y aurait donc pas cours. Ce qui a déclenché des salves d’applaudissements. Air consterné du proviseur et des profs : « Décidément, il y en a qui ne comprennent vraiment rien… ». Entre de nombreux élèves visiblement peu affectés par l’agression et un corps enseignant sous le choc, il y a, effectivement, comme un fossé…

 

 



165.000 manifestants pour une grève historique dans l’Education

par Le Nouvel Observateur   

Les syndicats annoncent plus de 50% de grévistes pour cette journée de mobilisation qui rassemble exceptionnellement public et privé.

Manifestation dans l'éducation à Paris le 27 septembre 2011 (AFP) Manifestation dans l’éducation à Paris le 27 septembre 2011 (AFP)

Les défilés contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, à l’appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi 27 septembre plus de 165.000 manifestants en France, dont « 45.000 à Paris », selon une première estimation communiquée par l’intersyndicale.

« Plus de 120.000 manifestants ont défilé », sans compter la manifestation qui s’est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l’intersyndicale.

Près de 54% (53,75%) des enseignants du primaire et 50% de ceux du secondaire dans le public sont en grève, ont annoncé les syndicats de la FSU à la mi-journée.

Auparavant, le ministère de l’Education avait fait état d’une estimation dans la matinée de 28,89% de grévistes en primaire et 22,3% dans le secondaire, tous ces chiffres, ministériels et syndicaux, correspondant à l’enseignement public.

Signe d’un profond malaise dans l’Education nationale, un front uni des syndicats du public et, fait exceptionnel, du privé, appelle à la grève pour dénoncer la « dégradation » de l’école, l’un des enjeux de la présidentielle de 2012.

Le cortège parisien est parti vers 15h du Luxembourg.

 

Bernadette Groison secrétaire générale de la FSU
« La volonté » du chef de l’Etat de « diviser les salariés », c’est « une marque de faiblesse de sa part », a jugé mardi, à l’issue de la manifestation pour l’éducation à Paris » elle a ajouté « la volonté de Nicolas Sarkozy d’essayer de diviser les salariés, d’opposer les gens, c’est une marque de faiblesse de sa part. Je pense que ces ressorts-là ne fonctionnent plus »

 

Marseille: Des représentants des écoles, collèges et lycées privés se sont joints au cortège et l’on pouvait lire notamment sur une pancarte « Ecole privée sainte Jeanne-d’Arc sur le bûcher« .

Selon les syndicats, le taux de grévistes était de 70% dans la région en primaire et de 60% dans le secondaire. De son côté, le rectorat d’Aix-Marseille donnait, selon « des estimations arrêtées à 11H00″, 33,6% de grévistes en primaire, 26,6% en collèges, 15,6% en lycées professionnels et 18,5% en lycées d’enseignement général et technologique.

 

Dans la capitale, « 45.000 manifestants ont défilé« , a ajouté l’intersyndicale. La tête du cortège parisen, partie vers 14H30, est arrivée à Sèvres-Babylone, pas très loin du ministère, vers 16H30

 

Marseille: de 1.500 à 1.600 personnes selon la police, à 5.500 selon la FSU, ont défilé « pour une autre politique de l’Education », comme le proclamait une banderole en tête de manifestation.

 

Les défilés contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, à l’appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi plus de
165.000 manifestants en France, dont « 45.000 à Paris« , selon une première estimation communiquée par l’intersyndicale.

« Plus de 120.000 manifestants ont défilé« , sans compter la manifestation qui s’est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l’intersyndicale.

 

 

 

«L’enseignement était un vrai choix, un désir profond»

Par LIBÉRATION.FR

 

Suppressions de postes en pagaille, manque de reconnaissance dans l’exercice de leur métier, quasi-disparition d’une formation digne de ce nom… Le métier de prof va mal. Ce mardi, les syndicats du public et du privé appellent à la grève qui s’annonce massivement suivie.

Signe d’un profond malaise, la rédaction de Libération reçoit un grand nombre de témoignages de profs, découragés et désabusés. En voici une sélection.


«Un immense gâchis pour tout le monde»

Chloé, 29 ans, prof de français. Elle enseignait depuis deux ans et demi quand, en janvier dernier, à bout de force et de nerfs, elle a demandé une mise en disponibilité.

«L’enseignement était un vrai choix, un désir profond. J’avais d’ailleurs un pied dans l’éducation depuis quelques années, en tant qu’assistante d’éducation et assistante maternelle, un moyen de ne pas cultiver trop d’illusions.

Après le concours, j’ai passé deux ans sans vagues, une année à Paris et une année au fin fond du 93. J’y trouvais ma place, ma légitimité et une forme d’épanouissement. L’an dernier cependant, parvenue au bout de mes «privilèges», à savoir ni stagiaire, ni nouvelle titulaire, les choses ont beaucoup bougé. J’ai ensuite été envoyée dans une zone d’éducation prioritaire (ZEP) d’Aubervilliers pour un remplacement de deux mois.

J’y suis allée avec appréhension mais aussi avec l’envie de mener ma mission à bien. Or, ma position de remplaçante m’a rendu la tâche pratiquement impossible puisque d’emblée le dialogue était difficile. Elèves bien sûr mais aussi équipe pédagogique et administrative considérant le caractère éphémère de mon intervention comme un frein à toute communication. Et moi-même, me sentant bien inutile et jetable à tout moment, j’ai perdu entrain et motivation, sans lesquels l’enseignement devient périlleux.

J’ai eu très vite le sentiment d’être mise dans une position d’échec puisque face à un public méconnu, j’étais non seulement désarmée mais seule. La formation à l’IUFM (avant la réforme de la masterisation, ndlr) ne nous permet en aucune façon d’anticiper des situations de crise, puisqu’il est toujours question d’une classe modèle, à peine perturbée par quelques bavardages ou démotivations. Mais on ne nous dit jamais comme réagir face à des «micro-incidents» ou des drames quand ceux-ci interviennent de façon presque continue, sans parler de la difficulté d’être une jeune femme: cela va du retard ou du travail non fait, aux interpellations directes du type «t’es une pute» ou indirecte du type «elle est bonne la prof, mate son cul!», jusqu’aux menaces de mort. Face à ces situations quotidiennes, rien ne se passe, l’administration minimise et contribue à l’éclatement de notre autorité.

Pris individuellement, on peut toujours trouver une explication, la source de tel ou tel comportement, l’absence des parents, la solitude, le mal-être ou la maladie. Mais en tant que professeur, arrive un moment où le voile posé entre élève et adulte se déchire. Nous devenons simplement des êtres humains face à d’autres être humains, nous devenons vulnérables et la guerre est déclarée. Et c’est un immense gâchis pour tout le monde. On finit par avoir peur et cette peur entame l’envie, le sommeil… C’est le début de la dépression.»

On n’enseigne plus, on manage!

Jean-Michel, professeur de lettres modernes en Normandie depuis dix ans.

«Je surprendrais peut-être les personnes les plus éclairées, et bienveillantes (ce qui n’est pas commun face au métier que j’exerce) en disant que je n’ai presque jamais enseigné. Aujourd’hui, plus que jamais, et cela fait déjà longtemps, un professeur doit communiquer, gérer, relativiser, négocier, obéir, transiger et se justifier – il n’enseigne pas. Quoi d’étonnant dans un monde où quiconque prétend «qu’enseigner c’est transmettre», se voit taxé de conservatisme insupportable?

Personnellement, je n’ai dû enseigner que trois, quatre heures dans ma vie ; le reste était de la médiation.

Comme je suis têtu et que je crois plus à mes idées qu’aux nouveautés à la mode, je résiste. Je n’ignore pas que c’est peine perdue. Une nouvelle attitude professorale se fait actuellement jour dans mon lycée et, même si l’on en trouve des traces depuis fort longtemps dans le monde éducatif, cette attitude a, ces temps derniers acquis, une importance considérable. Il s’agit ni plus ni moins de «manager», pour reprendre un terrible mot anglais, les enseignants, mais aussi les élèves. Toute une somme de maximes et d’axiomes non écrits sont aujourd’hui indiscutables.

En voici quelques-uns, justement, enfin écrits:

- Un élève qui obtient de brillants résultats ne le doit qu’à sa propre excellence.
- Un élève qui échoue ne le doit qu’à l’incompétence de son/ses professeurs(s) qui l’ont mal préparé.
- Pour préparer efficacement un élève à un examen, il faut et il suffit de lui donner des devoirs nombreux et répétitifs, et des tartines d’exercices corrigés rapidement par l’enseignant.

Un bon professeur est celui qui effectue du travail supplémentaire pour ses élèves, c’est-à-dire du «soutien», de «l’accompagnement», des «oraux», ou ne serait-ce que des photocopies très précises et détaillées avec le contenu in extenso des données à restituer.

Nous en arrivons donc, ce qui me semble nouveau, au point où l’enseignant qui effectue ses charges de travail ordinaires, c’est-à-dire 18 heures de cours hebdomadaires, plus les corrections, préparations, lectures, gestions de classes, d’élèves, coups de fils aux parents, médiations, convocations aux formations obligatoires, réunions, conseils divers, cet enseignant est considéré comme un fainéant indigne et un tire-au-flanc.

Ce qui est surprenant, ce n’est pas que l’on considère un enseignant de la sorte, mais plutôt que bien des professeurs, désormais, sont persuadés du bien-fondé de cette idée. Et pour avoir observé, autour de moi, ces enseignants (souvent en matières dites «scientifiques») qui passent leurs journées, même libres, au lycée, à manager des élèves et à combler leur emploi du temps d’heures supplémentaires, j’en ai déduit que ces gens avaient honte de leur «corporation» et qu’ils ne cherchent qu’à montrer au monde, dans un combat perdu d’avance, qu’ils ne sont pas les fonctionnaires paresseux que l’on décrit. Ces «forçats honteux», comme je les désignerais, sont alors les premiers à critiquer, parfois directement, souvent avec perfidie, leurs propres collègues qui eux croient encore à la disponibilité de leur temps.

Dans de telles conditions, l’enseignement est entré de plein fouet dans une dynamique managériale et capitaliste, où le facteur de concurrence joue à plein. Là encore, ce n’est pas tout à fait nouveau car il a toujours été bon, chez les professeurs, de critiquer le voisin, ou de dénoncer les méthodes du collègue. La nouveauté, c’est que tout cela est désormais entouré d’un discours très sérieux, institutionnel, où l’on parle sans fard de «gérer des flux» d’élèves, de «remplir des classes» en «tenant ses chiffres» et donc «d’attirer du public», c’est-à-dire de «développer des performances» pour ne pas «fermer des postes». Le discours est désormais celui du monde de l’entreprise, même si bien entendu les risques ne sont pas les mêmes… pour l’instant!»

«Je me retrouve routier de l’éducation»

Augustin, professeur agrégé d’éducation physique et sportive (EPS) depuis sept ans.

«J’ai enseigné pendant cinq ans en collège dans le 93, en Seine-Saint-Denis. Quand on donne des cours dans des zones d’éducation prioritaire, on engrange plus de points qui permettent ensuite d’être muté où l’on souhaite. Au bout de cinq ans de remplacement, j’espérais obtenir ma mutation dans la Marne pour vivre avec ma femme. J’avais suffisamment de points… Sauf qu’au final, je n’ai pas eu le poste, un collègue avec moins de points que moi m’a pris la place. Sans qu’aucune explication ne me soit donnée.

Bref, je suis toujours remplaçant, j’ai été affecté d’office  dans l’Aube, à Troyes. Je me retrouve routier de l’éducation à faire 240 kilomètres aller/retour par jour pour enseigner! Vive l’Education nationale, vive les syndicats et leur notion d’égalité de traitement. J’ai déposé, seul, un recours devant le tribunal administratif.»

 

A Paris, les profs veulent «des élèves, pas des sardines»

REPORTAGEIls étaient 45.000 dans le cortège parisien selon les syndicats, dont une trentaine de tout nus…

Par LIBÉRATION.FR

165.000 manifestants pour une grève historique dans l'Education dans Actualités

Le cortège a relié Luxembourg à Sèvres-Babylone. (AFP)

Ils l’ont fait. Défiler nu. Enfin, à moitié nu, parce que devant des milliers de personnes (45.000 selon les syndicats, 8500 selon la police, entre 110.000 et 165.000 dans toute la France), dont des mineurs et des parents d’élèves… Après avoir posé en petite tenue dans un calendrier pour dénoncer le «dépouillement de l’école», une trentaine de profs a remis ça ce mardi, en tête du cortège parisien contre les suppressions de postes dans l’éducation. Torse nu pour les hommes, soutien-gorge pour les femmes, masque blanc pour tous, impact médiatique assuré.

Les «dépouillés», organisé en collectif, ont égréné une série de noms, professions, chacun ponctué d’un «dépouillé» tonitruant : «Sylvain G. , illustrateur, dépouillé !, Patrice M., étudiant, dépouillé !». «Ce ne sont pas seulement les enseignants, pas seulement des individus, mais tout un ensemble de métiers qui luttent», explique sous son masque Isabelle, prof dans l’académie de Créteil. «On n’est pas là pour faire de l’étalage ou de l’exhibitionnisme, ce qui est choquant c’est la réalité: l’école est nue».

 dans Revue de pressePlus loin dans le cortège, c’est plutôt ambiance chemisettes et jupes sous le genou – sans forcer le cliché. Car, une fois n’est pas coutume, le privé s’est joint au public pour cette journée de grève. Public, privé, même slogan: «Zéro suppressions de postes en 2012». Après 16.000 nouvelles suppressions cette année, public et privé confondu, soit 66.000 au total depuis le début du quinquennat, «la coupe est pleine», résume Marie-Claude, remontée. Prof d’allemand dans un lycée privé parisien, elle n’avait pas manifesté en tant que prof depuis le mouvement pour la défense de l’enseignement privé en 1984. C’est dire. Ce qui l’a poussée à redescendre dans la rue? D’abord, les classes surchargées. «On veut des élèves, pas des sardines», clame d’ailleurs une pancarte quelques rangs derrière elle. «A 35 par classe, ça devient très compliqué», soupire Marie-Claude, qui fustige aussi la réduction des heures de langues au lycée : «Deux heures en première, ça sert à rien.»

«Moi aussi j’en ai ras la mallette»

Même tranche d’âge, même constat, mais côté enseignement public, Nadine, un carton «Moi aussi j’en ai ras la mallette» pendu au cou. Prof d’espagnol en Seine-et-Marne, elle a fait une croix depuis belle lurette sur «les heures qu’on avait pour enseigner en demi-groupes». Résultat, «les élèves les plus en difficultés trinquent les premiers, ce qui est tout l’inverse du sur-mesure prôné à longueur de discours par le ministre».

Plus loin dans le cortège, des jeunes profs stagiaires en mal de formation, regroupés sous dans le collectif «stagiaire impossible», des «Indignés», des lycéens… Etienne et Baptiste, 16 ans, en première S dans l’Essonne, à Saint-Michel-sur-Orges. Ils sont les seuls de leur lycée à s’être déplacés avec leur «pancarte de l’année dernière». Cette année, ils sont 33 dans leur classe «et c’est beaucoup trop. Encore nous ça va, parce que les élèves sont assez calmes mais dans d’autres classes, c’est pas gérable.»

Christine Boutin de sortie

Bien présents aussi en cette période de campagne, les politiques: Ségolène Royal, Martine Aubry, Harlem Désir, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélanchon… Et Christine Boutin. «Je suis là parce que l’éducation nationale est en danger», commence la présidente du Parti Chrétien-Démocrate, tout sourire devant les caméras. Une guêpe vient perturber son plan communication. Puis un enseignant: «Pendant des années, vous avez été dans ce gouvernement et vous n’avez rien fait. Alors c’est bien sympathique de venir défiler, mais c’est un peu tard», l’apostrophe Dominique, prof dans un lycée technique, en chaudronnerie, depuis 37 ans. «Je suis là parce qu’il y a un malaise important», poursuit l’ancienne ministre. «Malaise que vous avez contribué à créer», rétorque le prof, mettant un terme à la pseudo discussion.

En aparté, il poursuit: «Sarkozy a dégradé vraiment les choses, mais elles l’étaient avant, notamment dans les filières techniques. Il n’y a plus de formation spécifique, or les profs doivent apprendre à apprendre. On peut être un bon professionnel et être complètement paumé devant les élèves! D’ailleurs, on n’en trouve plus des profs. Il faut un master pour enseigner aujourd’hui, mais des masters en chaudronnerie ça n’existe pas encore…»

«Ça frise la folie»

En gilets jaune fluo, des enseignants Rased (réseau d’aide aux élèves en difficulté), dont les effectifs ont été sérieusement amochés par les suppressions de postes. Telles Agnès et Annick, fatiguées de «palier le manque» : sur les 20 postes de leur réseau en Essonne, cinq n’ont pas été renouvelés depuis 2007. «On n’arrive plus à gérer, on travaille dans l’urgence permanente. Alors que les besoins, eux, augmentent. Les élèves en difficulté sont encore plus livrés à eux-mêmes dans des classes surchargées. Ça frise la folie.»

 

Derrière la banderole FCPE, première fédération des parents d’élèves, Katherine, mère d’un élève de 4e dans un collège plutôt bien loti de Courbevoie, près de Paris. Elle a posé une RTT pour venir soutenir les enseignants. «Le prof de maths de mon fils est absent depuis la rentrée, il n’a toujours pas de remplaçant. On a fait appel au rectorat qui a répondu :  »le titulaire devrait rentrer de congé maladie en octobre. Estimez-vous heureux, dans 80 classes de l’académie de Versailles, il n’y a pas de prof de maths du tout ».»

 

 



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