Forte mobilisation: 163.000 manifestants selon la police

Article Nouvel Obs.fr

Le défilé parisien a rassemblé entre 9.000 et 40.000 personnes selon les sources. Le ministère estime à 33% la proportion de grévistes tandis que la FSU (syndicat majoritaire) indique qu’un professeur sur deux est en grève dans les collèges et lycées, et 69% en primaire.

Manifestation des enseignants, jeudi à Nice (Sipa)

Manifestation des enseignants, jeudi à Nice (Sipa)

Selon les chiffres de la police, 163.000 personnes ont manifesté ce jeudi 20 novembre contre les suppressions de postes d’enseignants et pour de meilleures conditions de travail.
Les manifestants étaient entre 9.000 et 40.000 à Paris, de 5.500 à 20.000 à Bordeaux, 5 à 11.000 à Marseille, 6 à 10.000 à Lyon, 5 à 10.000 à Toulouse et à Nantes, ou encore 5.700 à 9.000 à Grenoble, 3.400 à 6.000 au Mans, 2.500 à 5.000 dans les rues de Rouen.

La Réunion suit le mouvement

Aux cortèges qui ont défilé dans de nombreuses villes de métropole se sont joints à la Réunion entre 3.500 et 8.000 manifestants à Saint-Denis, de 2.000 à 4.000 à Saint-Pierre.
Jour de grève dans l’Education nationale, les manifestants entendaient protester contre les suppressions de postes, notamment les maîtres spécialisés Rased, et contre la dégradation des conditions de travail, revendiquant également un meilleur dialogue social.

33% grévistes en moyenne nationale

Selon les chiffres publiés par le ministère le mouvement des enseignants était plutôt bien suivi avec plus de 33% grévistes en moyenne nationale. La mobilisation la plus forte était constatée dans le premier degré avec 48,62% des instituteurs en grève.
Dans les autres établissements, 24,41% des enseignants des collèges étaient en grève, 15,48% dans les lycées professionnels et 19,42% dans les lycées d’enseignement général.

« Une véritable interpellation au ministre »

Pour les syndicats, la mobilisation est plus importante. « Plus d’un enseignant sur deux » était en grève dans les collèges et lycées, selon le Snes-FSU (majoritaire) et 69 % des professeurs des écoles étaient en grève en primaire, selon le SNUipp-FSU (premier syndicat).
La grève est « majoritaire dans le second degré », écrit le Snes, estimant que « sans contestation possible, plus d’un enseignant sur deux a fait grève aujourd’hui (ce jeudi) dans les lycées et collèges ».
Selon le syndicat, « le message adressé est clair, et constitue une véritable interpellation au ministre [de l'Education Xavier Darcos, ndlr]. Celui-ci doit maintenant prendre en compte les revendications exprimées fortement par les personnels » sur les 13.200 suppressions de postes inscrites au budget 2009, la « revalorisation » des enseignants, la « réforme du lycée ».

« L’empilement des réformes sans concertation »

Les syndicats de l’Education, en ordre de bataille, ont appelé les enseignants de la maternelle à l’université, du public et du privé à une grève nationale contre les réformes éducatives du gouvernement et les suppressions de postes, avec une centaine de manifestations dans toute la France. De nombreuses villes refusent d’appliquer le service minimum d’accueil dans les écoles. Selon le ministère de l’Education, ces villes ne représentent que « 3 à 17% au maximum de toutes les communes de chaque académie ».
Les syndicats, qui ont choisi la Journée internationale des droits de l’Enfant pour leur mobilisation, dénoncent les suppressions de postes (11.200 cette années, 13.500 annoncées en 2009), les restrictions budgétaires ou encore « l’empilement des réformes sans concertation ».

La mobilisation ville par ville :

- Bordeaux : entre 5.500 et 20.000 manifestants
- Marseille : entre 5.000 et 11.000 manifestants
- Lille : entre 3.800 et 5.000 manifestants
- Lyon : entre 6.000 et 10.000 manifestants
- Paris : entre 9.000 et 40.000 manifestants
- Toulouse : entre 5.000 et 10.000 manifestants

 



Xavier Darcos : les enseignants « méritent mieux » que leurs syndicats

Article le Monde.fr

A la journée de grève des enseignants contre la politique éducative du gouvernement et la poursuite des suppressions de postes, jeudi 20 novembre, Xavier Darcos a décidé d’opposer la fermeté. Le ministre de l’éducation s’est appliqué à minimiser l’importance de cette grève, pourtant très suivie, particulièrement dans l’enseignement primaire. « Le monde et la France avancent plus vite que les cortèges », a-t-il déclaré le matin sur RTL, alors que son entourage soulignait le caractère rituel des « grèves de novembre » dans l’éducation nationale.

 

Le ministre qui, depuis sa nomination, avait souvent présenté les syndicalistes comme des « défenseurs de l’école républicaine », n’a pas craint cette fois de les heurter de front. « Les professeurs, a-t-il dit, méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement comme si le monde ne changeait pas autour de nous. »

M. Darcos s’est toutefois heurté à une autre sorte de résistance : celle de nombreuses municipalités, principalement de gauche, qui n’ont pas voulu ou pas pu mettre en place le service minimum d’accueil, jeudi, pourtant rendu obligatoire par la loi du 16 août 2008 dès lors que plus de 25 % des personnels sont en grève. M. Darcos s’est fait menaçant, évoquant des décisions de tribunaux administratifs du sud de la France qui, saisis sur le non-respect du service minimum d’accueil, auraient « créé des astreintes de 10 000 euros par heure ».

« RÉFORME DE TROP »

Comme de coutume, le ministère s’oppose également aux syndicats sur les chiffres de participation au mouvement. Il estime à 33,39 % la participation de l’ensemble des enseignants (primaire et secondaire). C’est dans le premier degré que l’impact du mot d’ordre de grève a été le plus fort : 48,62 % de participation, selon le ministère, 69 %, selon le syndicat majoritaire. Dans le second degré, la moyenne de participation est de 21,26 %, selon le ministère et plutôt de près de 50 %, selon les syndicats. La manifestation parisienne a rassemblé 40 000 personnes selon les syndicats, seulement 9 000 selon la police. Mais d’autres manifestations ont eu lieu dans les grandes villes de province (Bordeaux, Marseille, Lyon, Toulouse, Nantes, Grenoble…) et, sur l’ensemble du territoire, l’estimation par la police du nombre de manifestants est de 163 000.

Les syndicats ont prévu de se retrouver vendredi pour décider des suites de cette journée. Pour eux, cette grève est « l’une des plus massives de ces dernières années ». Ceux du primaire, où l’amorce de suppression des réseaux d’aides aux élèves en difficulté (Rased) semble être la « réforme de trop », ont voulu innover en adressant au ministre un « préavis de négociations » lui « donnant » cinq jours pour ouvrir des discussions. Les « railleries », selon l’expression de l’UNSA, de M. Darcos ont exaspéré les syndicalistes, mais aussi, selon des témoignages nombreux et concordants, une majorité des professeurs « de base », y compris ne faisant pas grève, dissuadés par la perspective de perdre une journée de salaires. Pour Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA (syndicat des enseignants), « une faille s’est clairement creusée entre le ministre et ses enseignants ».

Luc Cédelle

 

 



1...1213141516

recitsdautrefois |
loupian-demain pour vous |
Pour GREPIAC, du Dialogue à... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lenfantestadulte
| deci-dela
| BONNES NOUVELLES