Education: le prix des suppressions de postes

29 AOÛT 2011 – MEDIAPART
Par Lucie Delaporte.

C’est une enquête particulièrement précieuse que vient de rendre publique le SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement. Menée auprès d’un panel de 1500 collèges et lycées, elle permet d’observer au plus près du terrain – là où les radars ministériels ne fonctionnent étrangement plus – les conséquences concrètes des 16.000 nouvelles suppressions de postes pour cette rentrée.

Alors que le ministère, année après année, assure que les suppressions de postes – plus de 60.000 depuis 2007 – n’ont aucune incidence sur la scolarité des élèves, le SNPDEN a voulu prendre les devants et interroger les chefs d’établissements sur le coût réel de ces baisses d’effectifs.

Les résultats de cette enquête (lire le pdf en cliquant ici) sont d’autant plus intéressants que, comme a tenu à le souligner le secrétaire général du SNPDEN Philippe Tournier, parallèlement aux opérations de communication du ministère, s’est installée «une opacité croissante sur ce qui se passe à l’école. On a des systèmes d’information dans l’Education nationale dont la caractéristique principale est de n’informer sur rien». Le syndicat a donc interrogé directement ses adhérents pour connaître leur façon de résoudre l’équation : Comment faire toujours plus avec toujours moins ? Quels sont leurs leviers? Qu’ont-ils choisi de sacrifier? Autant d’informations évidemment capitales mais que le ministère se garde bien de collecter, ou de publier.

Première variable d’ajustement pour gérer la pénurie: proposer, ou imposer, des heures sup au-delà des obligations réglementaires. Il apparaît ainsi qu’une partie des suppressions de postes sera «absorbée» par l’explosion des heures supplémentaires (+ 6,7% au lycée général soit 2,2 heures par poste), bien souvent attribuées d’office aux enseignants. Elles représentent en moyenne l’équivalent de quatre postes «économisés» pour un établissement qui en compte 42.

Alors que les enseignants ont le droit de refuser plus d’une heure sup, l’enquête montre qu’en réalité «dans un établissement moyen du panel où les professeurs refuseraient ces heures, il y aurait 28 heures (hebdomadaires) non assurables, soit l’équivalent des horaires d’une classe». Des chiffres qui démontrent que le système ne tiendrait donc pas aujourd’hui sans l’implication, bien au-delà de leurs obligations légales, des équipes enseignantes… Mais pour combien de temps?
12% des établissements affirment ne plus pouvoir respecter les horaires nationaux
Au-delà du recours aux heures supplémentaires, l’un des leviers les plus utilisés par les chefs d’établissement (33%) pour boucler leur rentrée est la suppression des cours à effectifs réduits (RGPP du ministère de l’éducation). Le principal d’un collège raconte ainsi «l’impossibilité de faire des groupes réduits en sciences et en langues où il est difficile de travailler l’oral en classe de trente élèves».

L’augmentation des effectifs est particulièrement difficile à gérer dans certains établissements: «autour de certaines machines, les élèves ne doivent pas être plus de douze ou de quinze. Ils sont trente, comment je fais?» s’alarme un proviseur de lycée professionnel.

Autre «gisement d’efficience» selon l’expression employée rue de Grenelle: sabrer dans l’aide aux élèves en difficulté. Un tiers des établissements déclarent l’avoir réduite. L’accompagnement personnalisé en lycée ou les projets éducatifs, autant de dispositifs par ailleurs vantés par le ministère, sont aussi les plus fréquemment sacrifiés. «On supprime tout ce qui est qualitatif. L’objectif du ministère, c’est que surtout les suppressions de postes ne se voient pas. Cela ne se verra pas forcément le 5 septembre, mais cela se verra dans Pisa 2012», prévient Philippe Tournier (enquête sur le niveau scolaire des élèves de l’OCDE).

Au final, malgré ces «marges», 12% des établissements affirment ne plus pouvoir respecter les horaires nationaux! Les établissements qui s’en écartent le plus, pointe l’enquête, sont d’ailleurs ceux classés comme «moyens» ou «un peu défavorisés» (14%). Un décrochage pour le moins inquiétant…

Autre résultat troublant de l’enquête : elle montre que les postes ont été en priorité retirés aux collèges et lycées en difficulté (leur taux d’encadrement recule de 2,4% en moyenne, avec une chute de – 3,8% dans les lycées professionnels) alors que, selon ce panel, les collèges et lycées favorisés ont vu, eux, ce taux augmenter de 0, 43%…«On prend plus à ceux qui ont moins», tranche Philippe Tournier, par ailleurs proviseur à Créteil.

Mais tout va bien puisque cette année encore, le ministère devrait se réjouir, a ironisé le secrétaire général du SNDPEN, d’une nouvelle rentrée «techniquement réussie».

Article du café pédagogique
Le HCE dénonce les évaluations « trompeuses » et « peu exigeantes » de l’éducation nationale 

 

 

Par François Jarraud

 

Quelques jours après l’OCDE, une nouvelle critique grave de la façon dont est piloté le système éducatif est lancée par le HCE. Le Haut Conseil de l’Education demande que l’évaluation du système éducatif soit confiée à un organisme indépendant. En effet il juge que les évaluations utilisées par l’éducation nationale sont « trompeuses » et inadaptées.

 

B Racine, président du HCE, photo CP« Dans une démocratie, toute politique publique doit faire l’objet d’une évaluation transparente et objective. Celle-ci a pour but de contrôler l’utilisation qui est faite des moyens alloués et de mesurer l’efficacité de la politique menée. La politique éducative doit donc, comme les autres, faire l’objet d’une évaluation régulière », rappelle le Haut Conseil de l’Education, organe indépendant de contrôle du système éducatif, chargé de veiller sur l’application du socle commun. Or pour lui les évaluations utilisées ne sont pas à la hauteur, voire elles enjolivent  volontairement les choses…

 

S’agissant des indicateurs fournis par le ministère au Parlement dans le cadre de la LOLF, les indicateurs des « compétences de base » en français et en mathématiques, le HCE les juge « partiels, peu exigeants et donc trompeurs quant à la maîtrise du socle commun ». La formulation est sévère. « Cet indicateur n’est pas à même de nous renseigner réellement sur le degré de maîtrise du socle commun par les élèves », assure le HCE. » En effet, il se limite à une compétence et demie sur les sept compétences que compte le socle commun » et  » le niveau d’exigence attendu pour les « compétences de base » est bien moindre que pour le socle commun ».

 

Ce n’est pas mieux pour les résultats des évaluations nationales de CE1, CM2 et 3ème. Le HCE pointe des questions de méthode : ces évaluations confondent évaluation du système éducatif et évaluation de sa classe par le maître. En CM2 et 3ème, « la fiabilité des indicateurs n’est pas assurée. La manière dont elles sont renseignées n’est ni contrôlée ni harmonisée ». En 3ème, le HCE constate un écart entre la règle de non-compensation pour obtenir le socle et la réalité de terrain. « 11% des élèves se sont vus attribuer le socle sans avoir validé les sept compétences » souligne le HCE. Ces évaluations  mises en place par la Dgesco avaient été critiquées pour leur manque de technicité. Luc Chatel avait demandé début 2011 à la DEPP (division des études du ministère) d’aider la Dgesco à en améliorer la qualité.

 

Alors il reste les indicateurs CEDRE, réalisés par la DEPP, qui relèvent d’échantillons d’élèves relevés chaque année par le ministère à la fin de l’école et du collège. Le HCE vante son sérieux et sa capacité à montrer les inégalités. Mais ces indicateurs restent partiels..

 

Education: le prix des suppressions de postes dans Actualités 1509111Pour une agence indépendante.  » Le Haut Conseil de l’Éducation recommande de renoncer aux indicateurs actuels de la LOLF sur la maîtrise des « compétences de base ». Ces indicateurs donnent en effet une image erronée du degré de maîtrise effective du socle commun par les élèves. » Il « suggère » de créer « un dispositif nouveau en faisant évaluer les évaluations CEDRE dont il s’inspirerait sur le plan méthodologique », c’est à dire qu’elles auraient lieu par échantillon. Il demande que chaque année un palier du socle soit évalué, en prenant en compte la totalité des compétences  avec des « valeurs stables » permettant des comparaisons dans le temps. Ces évaluation seraient compatibles avec les enquêtes internationales comme PISA ou PIRLS.  » Le moment est venu de confier à une agence d’évaluation indépendante la mise en oeuvre d’un tel programme », écrit le HCE. « Il est essentiel en effet que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives et transparentes, donc incontestables ».

 

La mise en place du pilotage par l’évaluation ? Cette dernière demande met en question la façon dont le ministère publie ou non les travaux de la DEPP et la qualité du travail de la Dgesco en ce domaine. Elle semble même accuser le pouvoir politique pour des opérations de camouflage. Mais l’enjeu de la démarche du HCE est plus grand encore. En définissant un système d’évaluation fiable et indépendant du pouvoir politique, le HCE semble vouloir poser une évaluation du système éducatif à l’anglo-saxonne qui permette un véritable pilotage de l’Ecole. On connaît les dérives de ce pilotage dans les pays anglo-saxons. L’avenir dira si un système dévaluation indépendant est une utopie ou non dans le système éducatif français. Est-ce pour l’Ecole un progrès ou une impasse, voilà encore un autre débat.

 

 

Liens :

L’étude du HCE

X Pons sur la culture d’évaluation



Revue de presse : rapport de l’OCDE

En France, les profs sont moins payés que les autres

Contrairement à une idée reçue, les enseignants ne roulent pas sur l’or en France. Ils gagnent moins que leurs homologues des pays riches. Et surtout, leur salaire recule depuis 1995, selon l’OCD

Article l’Expansion.fr

Revue de presse : rapport de l'OCDE dans Actualités 59267_a-french-teacher-writes-on-a-blackboard-during-a-morning-lesson-in-a-primary-classroom-at-la-providence-school-in-vincennes

Une classe de primaire à Vincennes

REUTERS/Charles Platiau

A quelques mois de l’élection présidentielle, c’est un pavé dans la mare de l’Education nationale que lance l’OCDE. Dans son rapport 2011 « Regards sur l’éducation », publié ce mardi, l’organisation qui réunit les pays les plus riches de la planète juge « alarmante » la situation salariale des enseignants en France.

Tout d’abord, le salaire statutaire moyen (hors primes et heures supplémentaires) des enseignants du primaire ou du secondaire est inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE, aussi bien pour les enseignants débutants (-25% environ), que pour ceux qui ont 10 ou 15 ans d’expérience professionnelle (de -14% à -17% en fonction du degré d’enseignement). Seuls les salaires en fin de carrière sont légèrement au dessus de la moyenne de l’OCDE.

« C’est un premier critère assez alarmant, mais en plus, quand on regarde l’évolution de ce salaire statutaire entre 1995 et 2009, la France avec la Suisse fait partie des deux pays qui ont eu une baisse constante de ce salaire des enseignants », a commenté lors d’une conférence de presse Eric Charbonnier, analyste des politiques éducatives de l’OCDE. De fait, l’évolution du salaire d’un enseignant du premier cycle du secondaire ayant 15 ans d’expérience est passée d’un indice 110 à un indice 95, selon les critères de l’OCDE.

« Ces statistiques de l’OCDE ne font que refléter une triste réalité: les enseignants français sont moins bien payés que leurs homologues des pays développés et leur niveau de vie n’a cessé de se dégrader depuis dix ans, confie à L’Expansion.com Daniel Robin, secrétaire général du SNES-FSU, principal syndicat de l’Education nationale. C’est encore pire depuis deux ans: le gel du point d’indice dans la Fonction publique et la hausse de la CSG et des cotisations retraites [dans le cadre de la réforme des retraites de 2010, NDLR] se traduisent par une perte sèche de pouvoir d’achat pour les enseignants », ajoute-t-il.

1666 euros en début de carrièreSelon l’Insee, le salaire moyen mensuel net d’un enseignant du primaire était de 2367 euros en 2008, de 2423 euros pour les professeurs agrégés, certifiés et enseignants du supérieur. C’est légèrement supérieur à la moyenne du salaire d’un agent des services civils de l’Etat (2328 euros nets par mois). Mais c’est près de deux fois moins qu’un cadre dans le secteur privé (statut équivalent à celui des professeurs certifiés et agrégés), qui gagne en moyenne 4081 euros par mois.

Selon la grille de rémunération du ministère de l’Education nationale, un professeur des écoles gagne 1666 euros en début de carrière puis 3026 euros en fin de carrière. Même grille de salaire pour le professeur certifié. Les agrégés gagnent plus: 2032 euros en début de carrière, 3722 euros après 30 ans de carrière. Pour les enseignants du secondaire (collèges et lycées), s’ajoutent à ces rémunérations des primes, indemnités diverses et heures supplémentaires. Le tout pouvant atteindre 200 à 250 euros par mois selon la SNES-FSU.

Des niveaux bien en-deçà des autres grandes économies mondiales. En Allemagne, le salaire mensuel moyen d’un enseignant certifié de plus de 15 ans de carrière s’élève à 5400 euros, selon les données de l’OCDE. Aux Etats-Unis, le même professeur gagne 4150 euros par mois. En France, il ne touche que 1913 euros, puis 2540 euros (après 20 ans de carrière) pour finir à 3000 euros.

Ces statistiques ne vont pas manquer d’alimenter le débat électoral pour 2012, alors que la droite envisage d’augmenter le temps de présence de cours des enseignants, moyennant rémunération (c’est le « travailler plus pour gagner plus » cher à Nicolas Sarkozy), que Martine Aubry propose de prendre en compte dans le nombre d’heures travaillées les réunions d’équipe et les rendez-vous avec les parents, et que François Hollande se déclare prêt à recréer les 70.000 postes supprimés depuis cinq ans. Las, aucun des candidats ne répond aux voeux des syndicats: « une revalorisation du salaire des enseignants à un niveau au moins aussi élevé que la moyenne des pays riches », détaille Daniel Robin.

 

OCDE : L’école française s’est nettement dégradée en 10 ans   

 

 

Par François Jarraud du café pédagogique

 

A quelques mois des présidentielles, l’OCDE dresse un portrait terriblement accusateur pour la politique éducative des gouvernements des dix dernières années: inégalités sociales et ethniques dans l’accès à l’éducation, baisse du taux de scolarisation, désinvestissement dans l’éducation y compris dans les salaires des enseignants, l’école française a rompu avec sa tradition républicaine. La publication le 13 septembre des « Regards sur l’éducation » va probablement orienter le débat sur l’Ecole durant les prochaines semaines. Car l’OCDE a aussi des suggestions sur ce qui pourrait améliorer la situation.

 

1309112 dans Revue de presse « La tonalité n’est pas très positive« , nous a déclaré le 12 septembre Bernard Hugonnier, directeur adjoint à l’éducation de l’OCDE. Certes la France a rattrapé son retard sur les autres grands pays européens en améliorant le taux de diplômés dans la population sur les 30 dernières années. Mais sur ces dix dernières années la situation s’est considérablement dégradée.

 

Le taux de scolarisation des 15-19 ans a généralement augmenté de 9,5% dans les pays de l’OCDE. En France il est passé de 89 à 84%. Certes cela résulte en partie de la baisse des redoublements. Mais cela se traduit  par le fait que 130 000 jeunes quittent le système éducatif sans diplôme du secondaire ce qui est énorme. La situation n’est pas meilleure chez les 20-29 ans où le taux stagne alors que dans l’OCDE il a monté de 8%. Le gouvernement s’est engagé à avoir 50% d’une tranche d’âge diplômé du supérieur. Il lui manque 30 000 jeunes diplômés. C’est presque 200 000 jeunes qui n’atteignent pas le niveau scolaire que la société considère comme normal.

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Pour les dépenses pour l’éducation , la France se singularise à nouveau. Elle est simplement le dernier pays de l’OCDE pour l’évolution de ses dépenses éducatives. Elles ont évolué moins vite que le PIB, même si le rythme n’est pas le même du primaire au supérieur. Il y a par contre une unité pour les salaires des enseignants qui sont toujours inférieurs à la moyenne de l’ OCDE: 33 359$ pour un enseignant du primaire français contre 38 914 dans l’OCDE; 38 856 en collège français contre 41 701. Ces salaires ont diminué en France alors qu’ils ont progressé dans tous les pays de l’OCDE sauf deux : seule la Hongrie fait plus mal que la France. « On peut s’interroger sur l’attractivité du métier d’enseignant dans ces conditions », remarque Bernard Hugonnier.

 

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L’Ecole a rompu avec ses valeurs républicaines. Mais le pire est peut-être la montée des inégalités sociales dans l’accès à l’éducation. L’influence de la famille dans l’éducation est particulièrement forte en France estime l’OCDE. Sur 34 pays, elle n’est plus forte que dans un seul pays (la Nouvelle Zelande). L’origine pèse aussi d’un grand poids. En moyenne dans l’OCDE il y a 55 points d’écart (aux résultats de PISA) entre un jeune allochtone de première génération et un autochtone. En France l’écart est de 75 points, soit presque deux années de scolarité. Pour la seconde génération il est de 55 points contre 35. « On est très loin de l’école républicaine », remarque Bernard Hugonnier.

 

Pourtant les diplômes ont un effet certain en France. Ils protègent du chômage davantage en France qu’ailleurs. Ils assurent un gain sensible à celui qui a investi dans son éducation. Ainsi le gain d’un diplômé du supérieur par rapport à un non diplômé représente 291 000 $ sur une vie en France (330 000 dans l’OCDE) et 191 000 pour une femme (233 000). A noter l’écart entre les genres ! Pour l’Etat la rentabilité est aussi importante : un diplômé du supérieur « rapporte » (en balance entre impôt et services rendus par l’Etat) 64 000 $ soit le triple de l’investissement mis dans son éducation.

 

1309113Que faudrait-il faire ? La question a été posée à Eric Charbonnier, expert auprès de l’OCDE.  Des pays ont remarquablement amélioré leur situation ces dernières années et ont rattrapé la France. C’est par exemple le cas du Portugal, de l’Allemagne, ou de la Pologne. Au Portugal on a amélioré la formation des enseignants et subventionné les familles défavorisées. En Allemagne on a allongé la journée d’école (en mettant fin aux après-midi libres) , investi dans l’éducation pour financer l’offre éducative de l ‘après-midi et imposé l’allemand comme langue obligatoire dès l’école maternelle ». Bernard Hugonnier rappelle la façon dont à Shanghaï on lutte contre les inégalités. « On échange systématiquement enseignants, élèves et personnels de direction entre les écoles qui ont de très bons résultats et celles qui sont en difficulté. C’est dire que la mise en concurrence des écoles n’est sans doute pas la bonne voie. Si on doit faire le choix entre diminuer le nombre d’ élèves par classe et améliorer la qualité des enseignants, il vaut mieux faire ce dernier choix. Même si cela passe par une augmentation des salaires ».

 

Ce sont maintenant les candidats aux présidentielles qui auront à proposer leurs choix. La question de l’ investissement dans l’éducation est revenue au centre du débat.

 

François Jarraud

 

Liens :

Regards sur l’éducation 2011

 



Revue de presse Education

 AFP 10/09/2011 à 17:28

Education: Aubry ironise sur la proposition d’Hollande

Martine Aubry (PS) a ironisé samedi sur la proposition de François Hollande de recréer au cours du prochain quinquennat l’ensemble des postes supprimés depuis 2007 dans l’Education nationale, se disant « contente » que son rival à la primaire ait selon elle « changé d’avis ».

« Je suis contente que François Hollande fasse maintenant de l’éducation une priorité et qu’il ait changé d’avis car il y a encore quelques jours, il disait vouloir sanctuariser le budget de l’éducation à ce qu’il est aujourd’hui », a taclé la maire de Lille, en marge de l’université de rentrée du PS du Nord, organisée dans la métropole lilloise.

François Hollande a déclaré vendredi à Soissons (Aisne) qu’il recréerait en cinq ans, s’il était élu à l’Elysée, les « 60.000 à 70.000″ postes supprimés dans l’Education nationale depuis 2007, en promettant d’arrêter « l’hémorragie que représente la règle du non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».

« Remettre des enseignants oui, mais en remettre en priorité là où il y en a besoin, la réponse est donc un peu plus complexe », a estimé Mme Aubry, qui juge qu’ »il faut des moyens et des enseignants », mais « également des psychologues et des éducateurs pour les consolider dans leur tâche ».

 

 

AFP 09/09/2011 à 20:48

Education: Hollande veut recréer les postes supprimés, « irresponsable » dit Chatel 

François Hollande, candidat à la primaire PS, a pris vendredi l’engagement de revenir sur l’ensemble des suppressions de postes engagées dans l’Education nationale depuis 2007, une proposition aussitôt jugée irresponsable par les ministres Luc Chatel et Valérie Pécresse.

François Hollande, candidat à la primaire PS, signe des autographes à Hirson, dans l'Aisne, le 9 septembre 2011 photo : Francois Nascimbeni, AFP

« Je fais la proposition de faire une loi de programmation qui permettra de récréer des postes sur les cinq ans. On créera les 60.000 à 70.000″ postes supprimés depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, a affirmé M. Hollande lors d’une conférence de presse à Soissons (Aisne).

A ce jour, 66.000 postes ont été supprimés dans l’Education.

Le député de Corrèze a même ajouté que s’il y avait « plus de moyens et plus de croissance, on pourrait peut-être en mettre davantage ».

« Je prends un engagement sur 5 ans minimal », a-t-il commenté, en promettant d’arrêter « l’hémorragie que représente la règle du non-renouvellement d’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite et nous allons recréer des postes ».

François Hollande, qui a fait de la jeunesse l’axe central de sa campagne, a expliqué que les postes nouvellement créés seraient « affectés là où les besoins sont les plus sensibles ».

« Ce ne sont pas que des postes d’enseignants qu’il faudra créer mais aussi des postes d’encadrants, d’assistantes sociales, de psychologues », et des métiers « liés aux nouvelles technologies », a-t-il notamment noté.

S’agissant du financement de ces postes, il a relevé que les « suppressions de postes », cela rapportait « 250 millions par an ». Il a mis en regard le coût de la TVA dans la restauration « 3 milliards d’euros », et les exonérations des heures supplémentaires « 4,5 milliards d’euros ».

Ces propositions de M. Hollande ont entraîné une réplique cinglante de Luc Chatel qui les a jugées « irresponsables » en raison de la politique de désendettement à mener et « irréalistes » du fait du peu de candidats se présentant actuellement aux concours d’enseignants.

« M. Hollande propose à nouveau les vieilles recettes de la fuite en avant budgétaire (…). Il révèle son vrai visage, puisque je rappelle qu’il est à la tête du département de France le plus endetté », a asséné à l’AFP le ministre de l’Education.

De son côté, la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse a estimé que « la primaire socialiste » virait « chaque jour un peu plus à la course à la dépense ». « Les déclarations anti-dette de François Hollande sont de pure façade », a-t-elle ajouté.

Les engagements du candidat vont au-delà des préconisations de la fondation Terra Nova, proche du PS. Dans un rapport sur l’école 2012, cette fondation prône de réinvestir fortement dans le primaire et l’éducation prioritaire, en créant notamment 10.000 postes par an durant le quinquennat dans l’Education nationale.

A l’AFP qui le questionnait pour savoir s’il se démarquait du projet PS, le député de Corrèze a répondu: « je suis plus précis ».

 

Luc Chatel et les chiffres de l’école : je t’aime, moi non plus

Article Rue 89

Un crocodile prof de maths (Leo Fung/Flickr/CC).

Décidement, Luc Chatel aime les chiffres. La réciproque, par contre, n’est pas automatique. En cette veille de rentrée, le ministre de l’Education nationale ne sèche pas sur un exercice de maths. Il préfère ressortir de son cartable ses fiches favorites : une ribambelle de chiffres cités dans son premier ouvrage en librairie ce 1er septembre et dont EducPros publie les meilleures feuilles.

Luc Chatel répond au journaliste Nicolas Beytout :

« Contrairement aux idées reçues et aux caricatures qu’on entend souvent ici ou là, les moyens, dans l’Education nationale, sont là. »

S’ensuit une brève démonstration chiffrée. Seul hic : elle est tronquée.

Luc Chatel se garde d’expliquer les raisons

« Depuis 1980, le budget par élève, en France, en euro constant, a augmenté de 80%. »

Ce nombre rondelet est l’un des arguments préférés de Luc Chatel qui le répétait déjà en mai dernier sur Europe 1 ou encore en juin au Sénat. Parfait pour noyer des annonces moins réjouissantes (comme la suppression de 16 000 postes dans l’Education nationale en 2012) mais plutôt souligner les moyens engagés.

Pour Guy Barbier, secrétaire national du syndicat SE-Unsa, même si les chiffres sont réels, le ministre se garde bien d’en expliquer les raisons :

  • le parcours scolaire a évolué : « Les formations étaient plus courtes qu’aujourd’hui. Autre exemple : le nombre d’élèves en classe préparatoire aux grandes écoles, où les enseignements sont plus coûteux, a augmenté. » ;
  • le remplacement des professeurs : « Il n’était pas comptabilisé dans les années 1990, il s’agissait alors de personnel non titulaire. » ;
  • la réforme Jospin, en 1989, a revalorisé le salaire des enseignants et a donc augmenté les dépenses ;
  • le volume horaire des professeurs de lycées pros a diminué pour être aligné sur les autres, passant de 24 à 18 heures par semaine.

Guy Barbier conclut :

« Luc Chatel laisse croire que les gens n’ont pas à se plaindre. Mais cette manière de représenter la réalité n’est pas très honnête. C’est de la com ! »

« Plus de profs, moins d’élèves »

Luc Chatel, pour qui il y a finalement plus de profs et moins d’élèves, continue :

« Notre pays continue à investir dans l’éducation en général presque un point de plus de son PIB que la moyenne des pays développés de l’OCDE. »

Vrai, sauf qu’il ne précise pas que la part du PIB consacrée à l’éducation par la France a diminué. Entre 2000 et 2008, la part des dépenses intérieures à l’éducation est passé de 7,3 à 6,6%.

Evolution de la part des dépenses liées à l'éducation dans le PIB.

Dans sa démonstration, le ministre oublie aussi de citer certains chiffres, publiés pourtant par un organisme rattaché à Matignon. D’après la synthèse sur l’emploi public 2011, le niveau d’encadrement dans le primaire (avec cinq enseignants pour 100 élèves) est le plus faible des pays de l’OCDE. Mariane Baby, adjointe du Snuipp, le syndicat des enseignants du premier degré, note :

« On est très dubitatif sur les chiffres de Luc Chatel. Aujourd’hui, l’Education nationale manie un certain nombre de leviers qui dégradent les conditions d’enseignement. Dans l’école primaire, on supprime 8 967 postes alors que l’on compte 4 000 élèves de plus. »

Alors, qui a parlé d’idées reçues et de caricature ?

Photo et graphique : un crocodile prof de maths (Leo Fung/Flickr/CC) ; évolution de la part des dépenses liées à l’éducation dans le PIB.

 

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 

Articles du café pédagogique

 

 

Le Sgen Cfdt dénonce une « rupture de confiance » entre l’institution et les enseignants

Revue de presse Education dans Revue de presse cadart8Le « brouilllard médiatique » entretenu par Chatel sur l’Ecole a fini par susciter une grande méfiance des enseignants envers l’institution, a déclaré Thierry Cadart, lors de la conférence de presse de rentrée du Sgen Cfdt le 8 septembre. Le syndicat a fait un bilan désastreux de la rentrée « techniquement réussie » et d’un système éducatif « en grande difficulté ».

 

« Jamais la distance entre les discours officiels et la réalité du terrain n’a été aussi grande« , estime Thierry Cadart. Pour le Sgen il y a une véritable rupture de confiance » entre l’institution et les enseignants qui aboutit à un repli sur soi généralisé.

 

Le Sgen prend ses distances avec les réformes mises en place. Car l’application des réformes explique ce sentiment. « Le gouvernement sabote les réformes en ne donnant pas les moyens de leur mise en place ».  Ainsi pour le socle commun, « on fait semblant » de l’appliquer faute de moyens pour former les enseignants. L’autonomie est détournée par le ministre. Au lieu de l’autonomie des équipes pédagogiques, le ministère développe l’idée d’établissement gérés comme des entreprises. « Un contresens » pour le Sgen.

 

L’échec de l’accompagnement personnalisé. Un sondage publié par le Sgen du Calvados montre que seulement 9% des enseignants du primaire sont pour son maintien en l’état. 38% demandent l’abandon et la majorité une nouvelle organisation. C’est l’horaire qui est le plus critiqué : seulement 24% des enseignants le jugent favorablement.

 

Au collège, le Sgen dénonce une « rentrée dans l’amertume » face à la montée des effectifs et du travail demandé. Là aussi le syndicat signale un large espace entre discours et réalité. La circulaire sur l’accompagnement personnalisé au collège plaque ce smots sur l’aide aux travaux déjà existante. A lycée, l’accompagnement personnalisé se fait généralement en classe entière ce qui vide la mesure de sens.  

 

Le syndicat compte sur la mobilisation des enseignants le 27 septembre pour « sauver l’école d’une politique qui la défait ». Il appelle à « retrouver un sens au métier ».

 

 

L’enseignement privé demande la réduction des horaires disciplinaires

Selon l’AFP, les responsables bretons de l’enseignement catholique ont demandé « une nouvelle définition de l’horaire enseignant » ou une réduction d’une demi-heure ou d’une heure des horaires au collège pour pouvoir réaliser la rentrée 2012.

 

« Nous ne pourrons pas faire la rentrée en 2012″ avec les suppressions de poste envisagées estiment-ils. Ils expriment publiquement les pistes envisagées nationalement par l’enseignement catholique, comme le Café l’avait montré en juin dernier. Pour l’enseignement catholique, la seule façon de ne pas fermer d’établissement c’est de faire travailler davantage les enseignants pour la même rémunération ou de réduire le volume d’heures d’éducation. Des suggestions qui pourraient intéresser la rue de Grenelle…

Dépêche AFP

Ce que prépare le minsitère

 

« Atomisation » du collège pour le Se-Unsa

« Par cette série de circulaires convergentes (3ème prépa-pro, dispositifs en alternance en 4ème, évaluation nationale en classe de cinquième), par le développement d’établissements spécifiques (ERS, programme Eclair, internats d’excellence), Luc Chatel atomise un collège « unique » déjà mal en point« , estime le Se-Unsa. Le syndicat estime que « cette politique « révolutionnaire » va à l’encontre des études internationales qui montrent l’importance et les résultats d’une politique éducative qui concentre les efforts sur une scolarité commune longue ».

Communiqué

Sur le collège

 

Les profs du privé manifesteront le 27 septembre

Cftc, Cfdt, Spelc, Cgc et Cgt : tous les syndicats de l’enseignement privé ont signé une déclaration commune appelant les personnels à participer à la journée du 27 septembre. « Depuis 2008, plus de 5 000 emplois ont été retirés dans l’enseignement privé associé à l’Etat par la mise en œuvre de la RGPP alors que les prévisions d’effectifs sont fortement à la hausse », rappellent-ils. « Les conséquences sont désastreuses : l’offre de formation se réduit suite aux fermetures de classes et d’établissements, tout particulièrement en milieu rural ; les conditions de travail se dégradent pour les élèves et le personnel des établissements scolaires ».

Le communiqué

 

L’Humanité 8/9/2011

Education : l’enseignement privé fera aussi grève avec le public
Après l’appel à une journée de grève, le 27 septembre prochain, lancé par les syndicats du public pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, la quasi totalité des syndicats des établissements privés sous contrat appellent, fait inédit, à rejoindre la mobilisation.
La Fep-CFDT, le Snec-CFTC, le Spelc, le SNPEFP-CGT et le Synep-CFE-CGC réclament « zéro retrait d’emploi pour la rentrée 2012″ et appellent « tous les personnels des établissements d’enseignement privés à défendre leur avenir en participant à la journée du 27 septembre dans l’Education nationale et dans l’enseignement agricole », selon un communiqué commun.
Environ « 1.350 suppressions d’emplois sont à nouveau envisagées (en 2012) pour l’enseignement privé », déplorent les syndicats. « Depuis 2008, plus de 5.000 emplois ont été retirés dans l’enseignement privé associé à l’Etat par la mise en oeuvre de la RGPP (révision générale des politiques publiques) alors que les prévisions d’effectifs sont fortement à la hausse », rappellent-ils. Ce chiffre de 5.000 postes supprimés tient compte des 1.433 postes enlevés à la rentrée 2011, a précisé Bruno Lamour, secrétaire général de la Fep-CFDT. « C’est exceptionnel que cinq organisations syndicales du privé lancent, de manière conjointe, un appel pour rejoindre les syndicats du public », a-t-il dit.
Le principe d’une grève conjointe dans le privé est dans l’air depuis fin août
Les suppressions de postes dans le privé, exclusivement d’enseignants, ont des conséquences « désastreuses », déplorent les fédérations. Elles « réduisent l’offre de formation » à cause de fermetures de classes et d’établissements « tout particulièrement en milieu rural », elles « dégradent les conditions de travail des élèves et des personnels », et elles rendent « impossible » la prise en charge des élèves les plus en difficulté ou en situation de handicap ». Contrairement au public, tous les professeurs sont devant des élèves et ne sont pas détachés à d’autres fonctions, il n’y a pas de professeurs remplaçants et le privé peut basculer certains postes d’enseignants du primaire dans le secondaire. Le principe d’une grève conjointe dans le privé était dans l’air lorsque la Fep-CFDT, principale fédération dans le secteur, avait annoncé fin août qu’elle s’associait à la mobilisation du 27 septembre, mais il fallait attendre que l’accord de principe se concrétise. « Les souhaits que nous avons ne sont pas spécifiques à l’enseignement privé mais bien ceux qui préoccupent nos collègues du public: (…) l’Education nationale est mise à mal depuis quelques années par le gouvernement, dont la conséquence est qu’il n’y a plus de priorité accordée à l’éducation », avait alors fait valoir Bruno Lamour, secrétaire général de la Fep-CFDT.
80 000 postes supprimés durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy
Alors que douze millions d’élèves ont repris le chemin des classes, syndicats d’enseignants, chefs d’établissement et parents d’élèves de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) dénoncent les conditions de travail dégradées. Pour le primaire, 1.500 classes sont supprimées, ce qui conduit à « plus d’élèves par classe » analyse le principal syndicat SNUipp-
FSU. Même punition pour les collèges et lycées, 4.800 postes disparaissent alors que plusieurs dizaines de milliers d’élèves supplémentaires sont attendus.
Avec les suppressions prévues pour 2012, ce sont environ 80.000 postes qui auront disparu au sein de l’Education nationale durant le quinquennat 2007-2012, « une tendance qui va se poursuivre les quinze prochaines années, en raison de l’arrivée des enfants nés du baby-boom des années 2000″, a précisé Daniel Robin, cosecrétaire du SNES-FSU dans l’Humanité du 5 septembre 2011.

 

 



L’éducation au coeur de la campagne de l’élection présidentielle

AFP le 04/09/2011 à 23:00

L’éducation, une des grandes préoccupations des Français, promet d’être un thème fort de la campagne présidentielle de 2012, à en croire les prises de positions politiques et les livres de cette rentrée, dans un contexte d’inégalités scolaires accrues au cours des années 2000.

« J’observe que la question de l’école devrait être au coeur des débats » pour 2012, a déclaré, en s’en félicitant, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, lors de sa conférence de presse de rentrée jeudi.

Livres de François Bayrou, Luc Chatel, Jack Lang ou Arnaud Montebourg, prises de position de Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royal: avant même le retour des élèves sur les bancs des écoles lundi, femmes et hommes politiques ont déjà pris position en cette rentrée sur l’éducation.

Dans « 2012 Etat d’urgence », François Bayrou (Modem) en fait une de ses « deux questions d’urgence nationale », tandis qu’en publiant son « Projet pour l’école », Arnaud Montebourg (PS) prône d’ »inverser la tendance » des suppressions de postes.

Luc Chatel (UMP) a lui présenté son bilan et sa vision dans un entretien avec Jean-Pierre Chevènement (« Le monde qu’on leur prépare »), bilan que Jack Lang (PS) a qualifié de « vandalisme d’Etat contre l’école » en proposant de créer une « Ecole nationale supérieure de formation des maîtres ».

Il est vrai que, selon les sondages, les Français font désormais de l’école une de leurs préoccupations principales après l’emploi. En juillet, le baromètre BVA pour l’Institut Paul Délouvrier plaçait même l’éducation en tête des priorités (pour 60%), devant l’emploi et la santé.

L’enjeu est de taille: si la France forme des élites, elle échoue à combattre l’échec scolaire (depuis 2000, la proportion des élèves de 15 ans « les moins performants en compréhension de l’écrit » est passée de 15% à 20%, selon l’OCDE), si bien que les inégalités s’y creusent.

« Les derniers résultats des évaluations en CE1 et CM2 montrent que le noyau dur des élèves en grandes difficultés persiste », résume Sébastien Sihr, du SNUIpp-FSU, principal syndicat du primaire, alors que Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 de diviser par trois le nombre de ces élèves à l’entrée en 6e.

Les inégalités scolaires se creusent

Pour relever le défi, l’UMP mise surtout pour 2012 sur l’autorité, l’autonomie des établissements, des évolutions au collège et une réforme des missions des enseignants.

En face, le PS veut concentrer ses efforts sur la petite enfance, les établissements défavorisés, la formation pédagogique, la mixité scolaire, et ce en gelant (au moins) les suppressions de postes.

Mais un débat commence déjà à s’imposer en cette rentrée, celui des « missions » des enseignants du secondaire, c’est à dire leurs obligations de service définies dans un décret de 1950 (15 heures de cours hebdomadaire pour les agrégés, 18 heures pour les autres).

Il a été lancé au printemps par Nicolas Sarkozy qui voudrait une présence accrue des professeurs dans leurs établissements, au-delà des heures de classe, mais la proposition reste encore floue.

S’il s’agit de faire travailler plus les enseignants, sans compensation salariale, afin de poursuivre la politique d’économies budgétaires dans l’Education nationale, leurs syndicats ont déjà dit « non ».

Martine Aubry a expliqué qu’elle « regarderait » le décret avec les syndicats si elle gagnait la primaire PS, mais en insistant surtout sur des « temps de concertation » pédagogique et de rencontre des parents.

 

 

Une rentrée, deux écoles

Pour cette dernière rentrée des classes avant l’élection présidentielle de 2012, droite et gauche s’affrontent sur l’éducation.

Article Libé.fr Par VÉRONIQUE SOULÉ

L'éducation au coeur de la campagne de l'élection présidentielle dans Actualités

(Mychele Daniau)

A gauche, les uns veulent la «repenser entièrement», d’autres la «refonder». A droite, Luc Chatel annonce rien moins qu’une «troisième révolution» scolaire, celle de la «personnalisation» (lire page 4)… En cette rentrée 2011, la dernière avant la présidentielle, l’école est au cœur des attentions des politiques. Face à ce que beaucoup considèrent comme l’un des grands gâchis du sarkozysme, elle pourrait être l’un des enjeux de la campagne électorale.

Dans un sondage (1) diffusé le 25 août, 35% des Français placent l’école juste derrière l’emploi (42%) dans l’ordre de leurs préoccupations. Avec les vagues de suppressions de postes, les réformes lancées à marche forcée et la démoralisation des enseignants, le bilan du quinquennat est d’ores et déjà très contesté. Tour de vue des points de divergence.

Les suppressions de postes

Du centre à l’extrême gauche, tout le monde est d’accord : il faut arrêter les coupes claires (60 000 postes supprimés ces quatre dernières années). Si tout ne se résume pas au nombre de postes, il est clair pour l’opposition qu’on ne redressera pas l’école avec toujours moins de profs, d’autant que la France connaît une reprise démographique. Les candidats à la primaire socialiste, dont plusieurs ont présenté leur projet sur l’école la semaine dernière, se montrent toutefois prudents : s’ils demandent un moratoire, ils ne s’engagent pas sur des chiffres. «Je ne pourrai pas rétablir les 100 000 postes supprimés, ce n’est pas possible budgétairement la première année», a prévenu Ségolène Royal. Pour Martine Aubry, l’essentiel sera de «cibler» les moyens supplémentaires sur les établissements en ayant le plus besoin – banlieues difficiles ou zones rurales isolées.

En face, Luc Chatel «assume» les suppressions. D’après lui, l’école ne pouvait pas se dispenser de l’effort national pour rétablir les finances publiques. En plus, la question n’est pas «la quantité» mais «la répartition des moyens». Le ministre cite un chiffre choc pour frapper les esprits à cette rentrée : le budget moyen par élève a augmenté de 80% depuis 1980. Une époque où l’école n’avait pas grand chose à voir à celle d’aujourd’hui, avec alors 25% d’une génération au bac contre 66% désormais…

Les inégalités scolaires

La droite et la gauche font à peu près le même constat : l’école française est l’une des plus inégalitaires d’Europe. Elle forme une élite réduite et, à l’autre bout, le groupe des élèves en échec ne cesse de grossir. De plus, l’écart entre les deux se creuse. Pour la droite, la solution est d’aider les élèves «méritants» – de milieux modestes, plutôt bons et motivés. Elle a mis en place pour eux les «internats d’excellence», réforme phare du quinquennat. En revanche, la masse des élèves modestes qui ne sont pas «méritants» sont abandonnés à leur sort dans des établissements qui, souvent, se ghettoïsent, en raison de l’assouplissement de la carte scolaire voulue par Nicolas Sarkozy et des dérogations de plus en plus nombreuses.

La gauche, elle, croit à l’éducation prioritaire, cette politique consistant à donner davantage de moyens aux établissements les plus en difficultés. Et elle accuse le pouvoir de l’avoir démantelée sans aucun débat. Pour le PS, la lutte contre les inégalités passe en outre aujourd’hui par le primaire, où les écarts se creusent très tôt et souvent ne se rattrapent plus. Pour Martine Aubry notamment, c’est le maillon essentiel sur lequel il faut concentrer les efforts. La gauche prône aussi de manière encore floue un retour à la carte scolaire pour garantir une mixité sociale, mais sans revenir à l’ancien système.

Le sort du collège

Là encore, le diagnostic est assez partagé : le collège ne va pas bien. La droite, qui n’est pas unie sur la question et sait le sujet explosif, s’est pourtant gardée d’y toucher, préférant réformer le lycée et les programmes du primaire. C’est ici sans doute que le débat est le plus idéologique. Beaucoup à l’UMP – mais aussi au sein de la gauche républicaine – ne croient pas au collège unique. Pour eux, vouloir amener tous les élèves en troisième est une utopie qui a conduit à faire baisser le niveau général. Mieux vaudrait donc revenir à une orientation précoce – des élèves «manuels» vers des filières courtes. Jean-François Copé, le patron de l’UMP, a lancé l’idée d’un examen en fin de primaire. Luc Chatel propose des troisièmes «prépa pro» en lycée professionnel et des quatrièmes en alternance.

Pour la gauche, le nœud du problème réside dans la rupture entre l’école et le collège, une transition difficile où les élèves fragiles se perdent. Elle propose d’y travailler pour amortir le grand saut. Arnaud Montebourg va plus loin : il prône une «école unique pour les élèves de 6 à 15 ans», comme cela se fait dans plusieurs pays européens, notamment en Finlande, dont le système scolaire est souvent montré en exemple. Mais il n’est pas sûr que les profs français apprécient… Ses camarades au PS préfèrent vanter une école du «socle commun» où l’on évalue les élèves sur des compétences et pas seulement sur des connaissances disciplinaires.

La formation des enseignants

Pour la première fois, lors de sa conférence de presse de rentrée, Luc Chatel a reconnu que la mise en place de la réforme de la formation des enseignants en 2010-2011 «n’avait pas été facile». C’est peu dire. Les jeunes profs se sont retrouvés parachutés dans des classes avec leur Capes ou leur agrégation sans avoir appris à enseigner. Et cela recommence cette année. L’opposition est unanime sur ce point : la réforme est ratée. Elle visait avant tout à économiser des postes d’enseignants en supprimant l’année de formation en alternance. Il va falloir tout reprendre.

En même temps, le PS annonce un débat sur le métier d’enseignant et sur ses missions, qui ont évolué au fil des ans sans que le statut, datant de 1950, n’ait été revu. Derrière, il y a la volonté de demander aux profs de rester plus dans les établissements, pour y faire notamment du travail en équipe. Un sujet délicat, d’autant que les profs se sentent ces temps-ci très attaqués. La droite parle aussi d’ouvrir le débat. Mais ça commence mal. Luc Chatel envisage de raccourcir de deux semaines les vacances d’été. Ce qui signifie pour les profs travailler plus sans gagner plus…

L’autonomie des établissements

Avec l’individualisation, c’est le grand mot de la rentrée de Luc Chatel : pour moderniser le système, il faut donner davantage d’autonomie au terrain. Cela se traduit à cette rentrée par 300 établissements, faisant partie d’un programme baptisé Eclair, où les directeurs vont participer au recrutement des professeurs. Luc Chatel veut leur donner plus de poids dans l’évaluation des enseignants. L’opposition dénonce cette autonomie qui masque, de fait, un désengagement de l’Etat et l’introduction d’un type de management libéral. La gauche, qui prône une autonomie pédagogique, promet de revenir à un pilotage national du système.

(1) Sondage CSA/Snuipp réalisé par téléphone les 9 et 10 août sur un échantillon représentatif de 1 008 personnes de 18 ans et plus.

 

 

 

Rentrée des classes sous tension

Publié le 05-09-11 à 06:03    Modifié à 08:57     par Le Nouvel Observateur avec AFP     1 réaction

Douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école aujourd’hui. Une rentrée marquée par les suppressions de postes d’enseignants et par la réforme du lycée.

12 millions d'élèves font leur rentrée lundi 5 septembre, de la maternelle au lycée. DURAND FLORENCE/SIPA 12 millions d’élèves font leur rentrée lundi 5 septembre, de la maternelle au lycée. DURAND FLORENCE/SIPA

Plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, font leur retour en classe lundi 5 septembre, une rentrée marquée par quelques nouveautés et de nouvelles suppressions de postes dont les effets se font de plus en plus sentir sur les conditions d’enseignement.

Au total, 6,7 millions d’écoliers, 3,3 millions de collégiens et 2,1 millions de lycéens vont apprendre auprès d’environ 840.000 professeurs.

Réforme du lycée

L’entrée en vigueur de la réforme du lycée en classes de première, des expérimentations comme l’autonomie de recrutement d’enseignants, mais aussi la lutte contre le harcèlement ou de nouvelles sanctions contre la violence comptent parmi les innovations de cette rentrée.

Suppressions de postes

Les syndicats d’enseignants et de chefs d’établissement dénoncent eux une rentrée aux conditions de travail dégradées du fait de « la poursuite de la liquidation de la formation des enseignants » (SE-Unsa, primaire et secondaire) et des 16.000 postes supprimés par rapport à l’an dernier.

Primaire comme secondaire sont touchés: dans les écoles, avec 1.500 classes supprimées dans tout le pays, il y a « par effet mécanique, plus d’élèves par classe » (SNUipp-FSU), et en collèges et lycées la suppression de 4.800 postes intervient au moment où il y a plusieurs dizaines de milliers d’élèves de plus à accueillir (environ 80.000 selon le Snes-FSU).

L’enseignement privé est lui aussi touché (1.433 postes en moins), si bien que les syndicats du secteur ont décidé de se rejoindre à la grève unitaire lancée dans le public pour le 27 septembre.

Luc Chatel rassure les familles

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a voulu « rassurer » les parents en indiquant que la rentrée scolaire des 12 millions d’élèves qui a lieu ce lundi « va bien se passer ».

« Je veux rassurer les parents, chaque enfant aura ce (lundi) matin un enseignant. Il y a 850.000 professeurs qui vont accueillir ce matin les 12 millions d’élèves. C’est un exercice compliqué, complexe, mais nous avons une très bonne administration à l’Education nationale qui fait bien les choses et la rentrée va bien se passer sur le plan administratif et technique », a-t-il déclaré.

Avec les 14.000 suppressions à venir en 2012, quelque 80.000 postes auront disparu au cours du quinquennat 2007-2012 dans l’Education nationale qui pèse pour 60 milliards d’euros, soit 21% du budget de l’Etat.

Le Nouvel Observateur – AFP

 

 

AFP  05/09/2011 à 17:58

Education nationale : Hollande entend arrêter « l’hémorragie » des postes

François Hollande, candidat à la primaire du PS, a affirmé lundi qu’il fallait « arrêter l’hémorragie » des postes dans l’Education nationale, proposant au contraire d’en « recréer » avec un plan « sur plusieurs années » qui commencerait dès la rentrée 2012.

 

François Hollande salue des membres du personnel lors de la visite d'une école à l'occasion de la rentrée scolaire, le 5 septembre 2011 à Tours photo : Alain Jocard, AFP

Lors d’une visite dans une école primaire de Tours le jour de la rentrée scolaire, M. Hollande a estimé, devant des parents d’élèves et enseignants, que « la responsabilité de la gauche n’est pas de faire plaisir aux enseignants comme on le dit souvent d’une manière caricaturale, mais de donner à la France toute entière des chances supplémentaires parce c’est par son école que la France arrivera à retrouver aussi confiance en elle ».

Pour cela, il faut « arrêter la suppression, l’hémorragie » de postes dans l’Education nationale, selon le député de Corrèze qui a dénoncé le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux décidé par le gouvernement, rappelant qu’un fonctionnaire sur deux est un enseignant.

 

« Il va falloir recréer des postes » avec une « programmation sur plusieurs années », a-t-il ajouté, parlant de « plan d’urgence » avec des postes en plus dès la rentrée 2012 si la gauche l’emporte, tout en appelant à « un peu de patience » car « on ne va pas recréer dès le lendemain de l’élection tous les postes qui ont été supprimés ».

Comme Martine Aubry, il souhaite aussi « répartir différemment les enseignants là où les besoins sont le plus criant ».

« On peut demander beaucoup de choses à l’école mais s’il n’y a pas les enseignants, ça devient difficile », « c’est eux qui au bout de la chaîne font la transmission du savoir », a-t-il souligné, plaidant pour un « vrai grand ministère » allant de la petite enfance à la jeunesse.

Pour les enseignants, il a aussi dit réfléchir à « une école nationale de formation ».

Quant au débat sur le décret de 1950 sur le nombre d’heures de cours hebdomadaires dans le secondaire lancé au printemps par Nicolas Sarkozy, M. Hollande a affirmé que c’était « une discussion à engager » mais on ne peut « pas commencer par dire +travailler plus+ », « il faut d’abord recréer la confiance ».

Le candidat à la primaire a également souhaité mener une « réflexion sur la professionalisation des métiers d’accompagnement » des enfants handicapés.

Interrogé sur les différences de programmes avec les autres candidats PS sur l’éducation, M. Hollande a répondu : « il y a un grand consensus parmi les socialistes, nous avons tous fait de l’école la priorité ».

 

Suppressions de postes : les établissements défavorisés sous tension

LEMONDE.FR | 05.09.11 | 17h12   •  Mis à jour le 05.09.11 | 18h38

Cette année, les collèges et lycées français doivent accueillir 40 000 élèves supplémentaires sur un total de 5,4 millions. Parallèlement 4 800 postes d’enseignants sont supprimés – ils étaient près de 350 000 l’année dernière selon l’Education nationale. Dans quelles proportions le nombre d’élèves par enseignant a-t-il évolué ? Cette équation mathématique pourrait être soumise aux élèves de collège. Mais lundi 5 septembre, ce sont tous les chefs d’établissements du secondaire qui s’attèlent à l’exercice et préparent une rentrée sous tension.

 

Au total, 16 000 postes dans le primaire et le secondaire ont été supprimés depuis l’an dernier. Avec 14 000 suppresions prévues en 2012, le quinquennat 2007-2012 enregistrera la suppression de 80 000 postes. Des restrictions budgétaires qui interviennent dans un contexte d’accroissement démographique : davantage d’élèves rentrent dans le secondaire cette année, 80 000 de plus que l’année dernière, selon le syndicat enseignant Snes-FSU. « Evaluation fantaisiste » selon le ministère de l’éducation nationale qui estime précisément à « 40 741 élèves » le nombre de nouveaux entrants dans le secondaire. L’écart de mesure est immense, mais sur le terrain le constat reste le même : il s’agit « de faire autant avec moins ».

LES ÉTABLISSEMENT AGISSENT À LA MARGE

Philippe Vincent, proviseur du lycée Freyssinet à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) fait le calcul : il accueille deux élèves en moins cette année mais dans son lycée, six postes ont été supprimés. Comme les autres chefs d’établissements, son objectif est d’assurer les enseignements obligatoires en priorité. « J’ai utilisé trois leviers », explique le proviseur, également secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-UNSA). Le premier levier : l’augmentation des élèves par classe, une mécanique observée dans la vaste majorité des établissements. « Dans les classes de seconde nous sommes passés de 29-31 élvèves par classes à 33 voire 36 élèves, » note-t-il. Le proviseur a également regroupé  les classes de première Littéraire et Economique et Social pour certains cours, une solution rendue possible par la réforme du lycée qui prévoit un tronc commun pour les classes de première. « Enfin, j’ai dû me. sepérer de l’italien en tant que troisième langue vivante en seconde : on a fermé l’option »

Les établissements agissent ainsi à la marge : augmentation des effectifs, suppressions des heures de soutien, des ateliers ou des cours optionnels, rajout d’heures supplémentaires aux professeurs titulaires ou encore recours aux professeurs contractuels ou vacataires. Selon Philippe Vincent, l’enseignement à temps plein des professeurs stagiaires dès la première année « permet aussi d’avaler la pillule ». « J’ai l’impression d’avoir raqué les fonds de tiroirs et d’être allé au bout de ce que je pouvais sans attaquer la qualité de l’enseignement, estime ainsi le chef d’établissement. La question est maintenant la suivante : comme je gère la prochaine étape? »

LES ÉLÈVES DÉFAVORISÉS, LES PLUS TOUCHÉS

Dans l’immédiat, ces ajustements permettent d’assurer la rentrée. Mais pour les équipes pédagogiques, certains pâtiront rapidement de ces changements : les élèves les plus défavorisés. « A Henri IV, pas de problème, » résume Patrick Cambier, secrétaire permanent du SPDNEN, mais avec l’augmentation des effectifs et la suppression des heures de soutien, les professeurs auront « moins de disponibilité pour les élèves en difficulté (…) C’est laisser agir le jeu social , tout ira bien pour certains et pour les autres les inégalités iront en s’agrandissant », dénonce Patrick Cambier.

 

 

 

Les élèves défavorisés par leurs origines sociales souffriront encore plus des suppressions de postes.

Les élèves défavorisés par leurs origines sociales souffriront encore plus des suppressions de postes.AFP/ÉRIC FEFERBERG

Jérôme Ferec, professeur de Sciences de la vie et de la terre (SVT) au collège Jean Perrin, dans le 20e arrondissement de Paris, prépare ainsi « une rentrée plus difficile que les autres ». Dans ce collège parisien, au moins 90 % d’élèves viennent de milieux défavorisés. Le taux de réussite au brevet de 2011 est l’un des plus faibles de l’Académie : 51 % en contre 83 % pour l’Académie de Paris. Lundi matin, si le ministre de l’éducation nationale Luc Chatel affirmait sur France 2 que la rentrée allait « bien se passer sur le plan administratif et technique », dans le collège Jean Perrin certaines élèves découvrent un emploi du temps sans cours de SVT, d’anglais ou d’arts plastiques. En cause : la suppression de trois postes après que l’Académie de Paris a mal évalué l’afflux de 40 nouveaux élèves pour cette rentrée.

Ces lacunes devraient être comblées dans « les quinze prochains jours », espère le principal du collège, M. Caron, avec le recours notamment à des professeurs remplaçants ou vacataires. En attendant, Jérôme Ferec s’apprête à distribuer à la classe de 4e dont il est le professeur principal un emploi du temps temporaire, sans mention des salles de classe ni cours d’arts plastiques. Il anticipe l’accueil de ses élèves avec un entrain mêlé d’inquiétude : « Il faudra trouver les mots (…), les élèves ont une mauvaise image de l’éducation dans leur quartier et un sentiment d’injustice car ils savent qu’il en est autrement dans les collèges de centre-ville ». Pour ce professeur, également délégué au syndicat enseignant SNES, le recours à des remplaçants également engagés auprès d’autres établissements est particulièrement préjudiciable dans un collège où « les élèves demandent une attention énorme » : ces professeurs seront automatiqument moins disponibles, estime-t-il.

ECHEC SCOLAIRE ET VIOLENCE

Pour sa collègue de lettres modernes, Clarisse Bensaïd, c’est avant tout l’augmentation des effectifs et la suppression des ateliers et heures de soutien qui risquent de peser sur les conditions d’enseignement. « L’année dernière, j’avais huit heures en demi-groupe, cette année deux heures seulement. » Des dédoublements de classe nécessaires selon la professeure et syndiquée auprès du SNES : « Nous sommes face à un public issu de l’immigration (…), des élèves qui ne peuvent travailler à la maison et se couchent tard. Ils sont donc fatigués, dissipés, ont de fortes difficultés de concentration ». Les demi-groupes, organisés en ateliers d’écriture permettaient « de remettre sur les rails : on peut dialoguer avec l’élève ». Clarisse Bensaïd a ainsi rencontré des élèves qui, inhibés et braqués, rendaient feuille blanche en classe entière mais qui, avec davantage d’attention du professeur, « posaient les premiers mots » en demi-groupe.

Les changements induits par les suppressions de postes et l’arrivée d’élèves supplémentaires vont entraîner un accroissement de l’échec scolaire et de la violence, redoute Clarisse Bensaïd : « Quand on a pas les mots, on va à l’insulte ». « Aujourd’hui, nous sommes dans un ghetto et l’on va davantage ghettoïser l’éducation », dénonce la professeure.

C’est dans ce contexte tendu que les syndicats ont appelé à une grève unitaire, le 27 septembre. Des initiatives se multiplient déjà : des élus communistes ont appelé à des actions dans toute la France cette semaine. A Toulouse, un comité de défense de l’école s’est créé. Mais syndicats et enseignants admettent à demi-mots leurs doutes quant au succès de la mobilisation. En salle des professeurs, ils résument le sentiment des équipes pédagogiques : « la résignation ».

Flora Genoux

Une rentrée des classes très politique

Publié le 05-09-11 à 12:19    Modifié à 17:02     par Le Nouvel Observateur     5 réactions

Les ténors de l’UMP jouent aux profs donneurs de leçons. Par Véronique Radier.

Un élève écrit sur le tableau noir, dans l'une des classes de l'école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011, jour de la rentrée scolaire. (AFP - Frank Perry) Un élève écrit sur le tableau noir, dans l’une des classes de l’école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011, jour de la rentrée scolaire. (AFP – Frank Perry)

Jamais rentrée des classes n’aura à ce point autant passionné nos politiques. Année électorale oblige. Il faut dire que déjà, lors de la présidentielle de 2007, l’école avait été au centre des débats. En 2012 le sujet sera plus brûlant encore… car il préoccupe de plus en plus les Français, classes moyennes en tête.

Rhétorique parfaitement huilée

Les ténors de l’UMP jouent aux profs donneurs de leçons : « j’ai l’impression que le PS découvre l’Education Nationale » a ainsi ironisé Luc Chatel, le ministre de l’Education, lors de sa conférence de presse de rentrée.

Fort habile, il connaît, c’est vrai, ses dossiers sur le bout des doigts et a mis au point une rhétorique parfaitement huilée que reprennent à leur compte les leaders de la majorité, comme Jean-François Copé ce matin sur France Inter.

Pour justifier, par exemple, les 80 000 suppressions de postes en cinq ans, la disparition de l’année de formation en alternance des enseignants, ils répliquent qu’ »il ne faut pas tout ramener à ‘la question des moyens‘ ». Jolie pirouette pour esquiver le débat.

Suppressions de postes et de moyens

Mais derrière les effets d’annonces incessants, pas une semaine où Luc Chatel ne lance une « nouveauté « , le tableau de l’école en 2011 est plus noir que rose…

Deux exemples : les suppressions de postes et de moyens pèsent d’avantage encore sur les établissements défavorisés et les nouveaux enseignants, cuvée 2012, ne sont guère mieux préparés à leur job que ceux de l’an passé.

Bref, on cherche en vain « l’école sur mesure pour chaque élève » que le gouvernement prétend mettre sur pied.

Véronique Radier – Le Nouvel Observateur

 

 

Education: qui propose quoi à la primaire socialiste

4 commentaires Par LIBÉRATION.FR

 dans Revue de presse

(ajari/Flickr)

Quel est le programme du parti socialiste sur l’éducation ? Les candidats à la primaire se démarquent-ils sur ces questions? Fiche pratique pour y voir plus clair.

Le tronc commun

«Nous proposons un nouveau pacte éducatif à la nation», lit-on en préambule. Voici les propositions, dans l’ordre:

Les tout-petits

Lancer un plan de création de places en crèches.
Permettre la scolarisation dès deux ans pour les parents qui le souhaitent (et non seulement en fonction du nombre de places disponibles).
Rendre la scolarisation obligatoire dès trois ans (contre six ans aujourd’hui).

> A lire: scolarisation des tout-petits (décryptage).

Le primaire

Objectif: «L’école primaire souffre d’un sous-investissement (…) Nous lui donnerons les moyens de garantir à tous les élèves l’acquisition d’un socle de compétences (lire, écrire, compter, cliquer)»

Refonte des rythmes scolaires «pour alléger les journées de travail et mieux les répartir dans l’année». 

> A lire: «Raccourcir les vacances d’été?», ici
«Maires des grandes villes contre maires des montagnes» ici

Personnalisation des réponses éducatives avec des pédagogies différenciées.

Nouvelle sectorisation «qui prendra en compte un indice de mixité sociale». Référence ici à la carte scolaire, que Nicolas Sarkozy avait promis de supprimer.

> A lire: «La nouvelle carte scolaire des inégalités» ici
et «La carte scolaire a la peau dure» (papier datant de juillet 2010) ici

Le secondaire (collège, lycée)

Pas grand chose. Si ce n’est: «maintenir un champ très large de disciplines et de compétences indispensables à la réussite.»

L’enseignement supérieur

Rétablir l’enseignement pluridisciplinaire en début de cycle et améliorer l’encadrement pédagogique pour «empêcher les échecs trop importants».

Développer l’offre de formation technique et professionnelle.

Mettre en place des aides financières: une allocation d’études sous conditions de ressources pour les étudiants. Et un dispositif «nouvelle chance» pour les jeunes sortis tôt du système éducatif et souhaitant reprendre une formation.

Le statut et la formation des enseignants

Objectif: «élaborer une réforme qui devra être prête pour la rentrée scolaire 2013»

Revalorisation du métier d’enseignant.
Rétablir une véritable formation initiale.
Décharger les enseignants des missions qu’ils n’ont pas à remplir (en les confiant à des psychologues, des assistantes sociales, etc.).
«Au delà des mesures d’urgence, une réforme devra être prête pour la rentrée 2013».

> Source: le projet PS version longue (en pdf, ici)
Version courte (en pdf, ici)

Les propositions des candidats

Sur l’éducation, comme sur les autres sujets, les six candidats (Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls) ont évidemment des positions communes. Dans leurs déclarations et feuilles de route, ils reprennent largement les mesures inscrites dans le projet socialiste commun. Mais certains vont plus loin dans leurs engagements et propositions. Inventaire des différences.

Ségolène Royal

La candidate se targue d’avoir une meilleur connaissance du sujet que ses concurrents en tant qu’ancienne ministre déléguée à l’Enseignement scolaire (1997-2000).

• Mettre «deux adultes dans les classes, là où c’est nécessaire». L’idée est de mettre en place des binômes dans les zones les plus difficiles en envoyant au côté de l’enseignant en poste un stagiaire en formation. L’année de formation professionnelle serait en effet rétablie.

Organiser un soutien scolaire gratuit coordonné par des associations et dispensé par les étudiants, qui en contrepartie, verraient leur cursus revalorisé.

Lutte contre la violence scolaire: Royal propose de créer «un nouveau métier d’éducateur accompagnateur des enseignants», sorte de «surveillant bien formé qui pourrait s’intégrer dans l’équipe éducative».

Moratoire immédiat sur les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012 (14.000, ndlr), et rétablissement de l’année initiale de formation des enseignants. Mais la candidate ne se risque pas à chiffrer des rétablissements de postes.

Avance sur calendrier: il faut dès 2012, «des solutions efficaces, concrètes, justes et immédiates.»

Précision: sur le temps de travail des profs, elle ne souhaite pas reprendre sa proposition de 2006 préconisant que les enseignants restent 35 heures sur leur lieu de travail, qui selon elle «prête à confusion» «La charge de travail des enseignants» devra être «définie avec eux et par bassin scolaire» en fonction des difficultés des établissements.

> Source: conférence de presse du mercredi 30 août.

François Hollande

Sur la scolarisation des tout-petits, il avance un objectif chiffré: «Je veux ouvrir 500.000 places pour accueillir les jeunes enfants.» Et la création d’un droit prioritaire de garde: «Pour les 2,7 millions d’élèves les plus démunis, il faut aussi donner à leur famille un droit prioritaire pour la garde de leurs enfants.»

Orientation: «Je veux mettre en place un référent dans les écoles, qui suivra l’élève tout au long de ses choix.» «Plus aucun jeune ne doit sortir du système scolaire sans une vraie qualification.»

Etudiants: Hollande reprend l’idée d’un «contrat d’autonomie», «qui leur assure des conditions de vie dignes, à travers des systèmes d’allocations d’étude ou de prêt pour financer leurs études.» Cette idée de prêt n’est pas exprimée en tant que telle dans le projet commun.

A lire aussi: «Hollande propose un plan d’urgence pour la rentrée 2012»

> Source: le site de campagne de François Hollande, ici

Martine Aubry

Secondaire: alors le programme commun est très bref sur le secondaire, Aubry souhaite une «mobilisation massive contre l’échec au collège». Ses leviers: «personnalisation des parcours scolaires et des pédagogies, valorisation des matières technologiques et professionnelles», «meilleure orientation.» Son engagement : «100 % des lycéens doivent sortir du secondaire avec une formation générale, technologique ou professionnelle.»

Sécurité dans les écoles: Aubry souhaite «rétablir la sécurité dans les établissements scolaires», sujet absent du programme commun. «J’accorderai un nombre suffisant de professionnels formés là où il y en a besoin. Ils seront accompagnés par des emplois d’avenir pour encadrer les élèves. Je créerai un nouveau métier de l’éducation dédié à la surveillance dans l’enceinte scolaire et à ses abords.»

Sur les choix budgétaires, «Je donnerai plus à ceux qui ont moins (établissements classés prioritaires, ndlr). Les moyens accordés à l’éducation nationale seront mieux répartis entre les territoires et les établissements.»

Calendrier resserré: comme Ségolène Royal, Martine Aubry souhaite une réforme applicable dès septembre 2012, alors que le programme PS parle de 2013. Aubry souhaite engager une «large concertation avec les enseignants», au lendemain de la primaire «pour être prêts, dès la rentrée 2012».

> Source: le site de campagne de Martine Aubry, ici.

Arnaud Montebourg

Il est le candidat qui a le plus développé ses propositions sur l’école: 137 pages, à lire ici (pdf).
En accéléré, ça donne:

Créer, à terme, une «école commune»: rassembler primaire et collège en un établissement unique, «ou les rapprocher au maximum».

Repenser la journée à l’école, partagée en trois temps inégaux: l’enseignement des disciplines du socle commun, l’enseignement de disciplines plus culturelles le latin, qui retrouvera ainsi une place, comme fondement de notre société»). Mais aussi de l’artisanat et du patrimoine, en passant par l’apprentissage d’une autre langue, le théâtre et les autres arts ou les projets européens. Le troisième temps sera celui de l’étude obligatoire, assurée par des étudiants encadrés par des professeurs. Du primaire à la terminale.

Rythme scolaire: «Les journées seront allégées, les semaines dureront cinq jours et l’année scolaire sera allongée de deux semaines.»

Pédagogie. Un accroissement sans précédent du nombre d’heures en petits groupes. Former les enseignants à de nouvelles pratiques pédagogiques, notamment coopératives.

Des classes hétérogènes. Avec la disparition des «classes à profil» (classes européennes, classes bi-langues, classes homogènes et élitistes composées des élèves «allemand première langue et latin» et toutes les autres classes qui tendent à l’homogénéité…).

Un nouvelle carte scolaire. «Les familles émettraient des vœux classant plusieurs établissements d’un secteur géographique donné; charge aux autorités académiques de s’efforcer d’assurer une mixité scolaire entre les établissements.»

Vers «un lycée polyvalent», regroupant l’enseignement général et technologique et professionnel. Donner un contenu commun aux filières du lycée: entre autres, sciences économiques et sociales et philosophie pour tous.

Sur les suppressions de postes: «Nous inverserons la tendance.» Grâce à une approche «différenciée» de la pédagogie, «la fin de l’échec scolaire» et un redoublement «réduit à des situations exceptionnelles» permettront de «dégager 13.000 postes d’enseignants (8.300 au collège et 5.500 au primaire)».

La formation des enseignants: elle se fera «en deux temps et en deux ans». La réforme de la masterisation est aménagée avec le concours ramené à la fin de la première année de master. Pendant les deux ans, «le stagiaire sera en alternance enseignement/formation et accompagné pour la gestion de classe et la didactique de sa (ses) discipline(s)». Enfin, «des enseignants formateurs professionnalisés feront leur apparition pour appuyer les nouveaux  professeurs.»

Manuel Valls

Financement: «Sans dépenser un euro de plus, le produit fiscal des heures supplémentaires pourra ainsi être réaffecté à l’éducation de nos enfants. Ce choix les préparera mieux à l’avenir que 300.000 emplois précaires de cinq ans

Réaffecter les moyens sur les zones scolaires les plus difficiles. Pour ces écoles et ces collèges, l’augmentation de 25% des financements devra permettre de tenir deux objectifs. D’une part, les professeurs expérimentés seront incités à y rester par une majoration sensible de leurs salaires. D’autre part, des professeurs nouveaux y seront recrutés pour réduire le nombre d’élèves par classe et personnaliser les réponses éducatives. Autre engagement: dans les ZEP, en CP et CE1, le nombre d’élèves par classe ne doit pas excéder 17.

Rythme scolaire. «Comme en Finlande, le temps scolaire des écoliers s’étalera sur 188 jours.»

• Renforcer les passerelles entre primaire et secondaire en généralisant «les échanges de professeurs entre CM2 et 6e».

Expérimenter des pistes nouvelles. Entre autres : mettre en place un «véritable service public de l’orientation», «faire de l’alternance une voie d’excellence».

Enseignement supérieur. Indispensable autonomie des universités (conçue comme la capacité de s’administrer elle-même et de définir ses orientations stratégiques, dans le cadre des politiques publiques nationales et locales). Valls est également favorable aux investissements privés dans les universités tout en étant vigilant: «les financements publics doivent rester majoritaires

> Sources: son livre L’énergie du changement, l’abécédaire optimiste, à paraître au Cherche-Midi le 8 septembre prochain (extraits à lire ici). Et le livre «Pouvoirs», publié en 2010 aux éditions Stock (extraits à lire ici).

Jean-Michel Baylet (parti radical de gauche)

Pour les tout-petits: plutôt que la scolarisation dès deux ans (inscrite dans le programme PS), le PRG veut développer des jardins d’éveil pour les 2-3 ans dans le cadre d’un «service public de la petite enfance».

Mettre le paquet sur la formation professionnelle: accompagner les lycées professionnels pour qu’ils soient tous labellisés «lycée des métiers» dans cinq ans.
Développer l’apprentissage sous statut scolaire afin d’améliorer la formation générale de ces filières. Créer une voie des métiers, du Bac Pro en trois ans aux formations supérieures.

Formation et statut des enseignants: Maintenir le principe des concours nationaux de recrutement et des programmes nationaux. Tout en mettant en place un système de pré-recrutement des enseignants au niveau licence afin de faciliter la transition vers la masterisation par une formation en alternance de deux ans. Et revoir le système de notation des professeurs afin d’éviter que les plus inexpérimentés ne commencent systématiquement leur carrière en ZEP.

> Source: le site Internet du parti radical de gauche, ici

 

 

humanitefr le 5 Septembre 2011

Une rentrée scolaire de « pénurie et de dérégulation »

Mots clés : Education,

Nouvelle année de diète pour le monde éducatif. Alors que plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, ont fait leur retour en classe lundi matin, cette rentrée est une nouvelle fois marquée par des suppressions de postes et une série de mesures dont les effets se font de plus en plus sentir sur les conditions d’enseignement. Une journée de mobilisation unitaire est prévue le 27 septembre.

L’entrée en vigueur de la réforme du lycée en classes de première, des expérimentations comme l’autonomie de recrutement d’enseignants, la mise en place d’une évaluation en classe de 5e et une pré-orientation vers la voie professionnelle à partie de la 3e mais aussi la lutte contre le harcèlement ou de nouvelles sanctions contre la violence comptent parmi les innovations de cette rentrée. Pour la FSU, « c’est une école à plusieurs vitesses qui organise le tri entre élèves méritants et les autres« . Jeudi, le ministre Luc Chatel avait dressé un bilan des réformes depuis 2007 en louant le « plus beau métier du monde », tout en « assumant » les dizaines de milliers de postes d’enseignants supprimés…

Syndicats d’enseignants et chefs d’établissement dénoncent une rentrée aux conditions de travail dégradées du fait de « la poursuite de la liquidation de la formation des enseignants » (SE-Unsa, primaire et secondaire) et des 16.000 postes supprimés par rapport à l’an dernier. Le primaire comme le secondaire sont touchés.

Dans les écoles, avec 1.500 classes supprimées dans tout le pays, il y a « par effet mécanique plus d’élèves par classe », selon le SNUipp-FSU, principal syndicat du secteur. Et d’année en année, les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire (Rased), les postes de conseillers pédagogiques et d’intervenants en langues étrangères font les frais des coupes budgétaires.

En collèges et lycées, la suppression de 4.800 postes intervient au moment où il y a plusieurs dizaines de milliers d’élèves de plus à accueillir: environ 40.000 élèves selon Luc Chatel, le double selon le Snes-FSU.

L’enseignement privé est lui aussi touché (1.433 postes en moins), si bien que les syndicats du secteur ont décidé de se joindre à l’appel à la grève unitaire lancé dans le public pour le 27 septembre.

Avant cela, les élus communistes ont appelé à une semaine d’actions à travers la France de lundi à vendredi, et un comité de défense de l’école vient d’être créé à Toulouse réunissant élus, enseignants et parents d’élèves.

Avec les 14.000 suppressions à venir en 2012, quelque 80.000 postes auront disparu au cours du quinquennat 2007-2012 dans l’Education nationale, qui pèse pour 60 milliards d’euros, soit 21% du budget de l’Etat.

 

Article : Le Figaro.fr
Éducation : les enjeux pour la présidentielle

Mots clés : , , ,

Par Marie-Estelle Pech Publié le 04/09/2011 à 21:15 Réactions (136)

Selon un sondage CSA, l'éducation est la deuxième préoccupation des Français après la question de l'emploi.
Selon un sondage CSA, l’éducation est la deuxième préoccupation des Français après la question de l’emploi. Crédits photo : DENIS CHARLET/AFP

 

PS et UMP s’affrontent sur le statut des enseignants, les rythmes scolaires et les parcours individualisés.

coeur-En ce jour de rentrée scolaire, l’éducation s’impose comme l’un des sujets majeurs de la campagne présidentielle à venir. Dans un sondage réalisé le mois dernier par l’institut CSA, le thème arrive en seconde position, juste après l’emploi, dans la liste des préoccupations des Français. La classe politique l’a bien compris : Luc Chatel, Arnaud Montebourg, François Bayrou viennent d’écrire des livres sur le sujet. Des ballons d’essai ont été lancés lors des universités d’été avant même la rentrée scolaire. Et l’UMP comme le PS s’appuient sur des think-tanks comme l’Institut Montaigne, la Fondation politique ou Terra Nova pour avancer leurs pions. Quatre sujets font déjà débat.

flechegrise2 Le statut des enseignants 

Ce dossier délicat a été rouvert par Nicolas Sarkozy en juin dernier. «Nous serons amenés à réfléchir dans les mois à venir aux conditions d’exercice du métier d’enseignant», avait-il déclaré lors d’un déplacement. L’idée que les enseignants devraient passer plus de temps dans les établissements scolaires fait son chemin à droite. Ces questions ne sont pas totalement restées en friche pendant le quinquennat. Une réforme de leur formation, notamment, a été entamée et le traitement des jeunes enseignants a été revalorisé pendant leur première année d’exercice. Pour le reste, il y a tout à faire. Depuis 1950, date à laquelle les décrets régissant le métier ont été pris, rien n’a changé : un titulaire du concours du Capes «doit» dix-huit heures de cours hebdomadaires quand un agrégé en effectue quinze. Tous ceux qui ont essayé de faire bouger les lignes ont échoué. Dernier en date : Gilles de Robien en 2007, dont la réforme fut abandonnée. Une fois élu, Nicolas Sarkozy avait préféré lancer une concertation globale sur le métier. Mais le rapport Pochard qui en avait découlé en 2008 est resté en jachère, le sujet étant jugé trop explosif. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy affiche la volonté d’en faire un sujet de campagne, même si, comme Luc Chatel l’a rappelé dans Le Parisien, le thème «reste sensible comme les retraites : tout le monde est d’accord pour qu’on s’en occupe, mais quand il faut que chacun fasse un effort, plus personne n’est là !». La gauche est quant à elle gênée. Elle ne tient pas à braquer son électorat échaudé par l’expérience Allègre et ses «petites phrases» peu amènes sur le monde enseignant. Certes, Ségolène Royal avait abordé le sujet de front en 2007, affirmant que les enseignants devraient pouvoir rester 35 heures dans les établissements. Les candidats à l’investiture du Parti socialiste estiment tous nécessaire de redéfinir les missions des enseignants mais si Arnaud Montebourg et Manuel Valls l’affirment franchement, Martine Aubry et François Hollande restent prudents.

flechegrise2 Les rythmes scolaires 

C’est un «beau sujet de campagne présidentielle», affirme-t-on dans l’entourage de Luc Chatel. Les heures de cours sont trop concentrées, des dizaines de rapports l’ont démontré depuis trente ans. Dans sa «Lettre aux Français», Martine Aubry affirme aussi qu’il faut «repenser les rythmes scolaires avec les familles et les collectivités locales» et propose l’organisation d’une semaine de cinq jours. Un rapport remis à Luc Chatel au printemps propose un raccourcissement des vacances d’été et un retour à la semaine de quatre jours et demi. Ces projets divisent car il est difficile de séduire tout le monde, parents, enseignants, industrie du tourisme et collectivités locales. La diminution des vacances d’été ne peut être envisagée qu’accompagnée d’une modification du temps de travail des enseignants. Un «zonage» rendrait compliquée l’organisation du bac qu’il faudrait donc revoir… Quant au retour à une semaine de quatre jours et demi, elle est complexe. Localement, dans les conseils d’école, parents et professeurs préfèrent conserver la semaine de quatre jours. Si cette dernière est néfaste pour les enfants, selon les spécialistes, les adultes sont satisfaits de ce nouveau rythme…

flechegrise2 Les suppressions de postes 

Sur ce point, l’UMP et le PS diffèrent radicalement. «Ceux qui vous disent aujourd’hui dans le cadre d’une course à l’échalote qu’ils recréeront des postes dans l’Éducation nationale en 2012 mentent», a affirmé Luc Chatel. Ségolène Royal s’est prononcée pour un «moratoire sur les suppressions de postes». Martine Aubry, elle, a affirmé qu’elle «mettr(ait) fin immédiatement aux suppressions massives de postes».

flechegrise2 L’individualisation des parcours 

La «personnalisation» des enseignements, l’une des promesses du candidat Sarkozy en 2007, a été l’un des grands chantiers du quinquennat : les deux heures d’accompagnement personnalisé hebdomadaires au lycée en témoignent. De même, les élèves d’école primaire bénéficient de deux heures de soutien par semaine. Enfin, des stages de remise à niveau sont désormais organisés pendant les vacances. Les internats d’excellence ou les établissements de réinsertion scolaire vont aussi dans ce sens de parcours personnalisés et l’UMP entend poursuivre dans cette direction. «La vraie question aujourd’hui, c’est le sur-mesure», affirme Luc Chatel. Pour lutter contre l’échec scolaire, Martine Aubry invoque aussi «la personnalisation des parcours scolaires et des pédagogies». Une annonce raillée par le ministre de l’Éducation la semaine dernière : «Avant, le Parti socialiste avançait des recettes du passé, maintenant, il décrit le présent. J’ai envie de leur dire : “N’hésitez pas à venir voir ce qui est mis en œuvre dans les écoles.”»

 

 

 

 



Formation des enseignants : « La situation actuelle semble la pire »

Article du café pédagogique

Formation des enseignants : « La situation actuelle semble la pire » affirme le rapport Jolion

Par Marcel Brun

« Le système actuel met les étudiants en situation d’échecs par accumulation de contraintes au lieu de les mettre en situation de réussite. ». Cette phrase pourrait être tirée d’une plateforme revendicative, mais elle est extraite du rapport d’étape sur la masterisation des enseignants que vient de remettre Jean-Michel Jolion, président du comité Master, à Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur. Dans une présentation de la situation très synthétique (12 pages), le rapport insiste sur un point connu de tous les étudiants : que vaut un master de ce type (et sa formation) pour les étudiants qui n’ont pas le concours d’enseignant (la majorité) ?

Formation des enseignants : « La situation actuelle semble la pire »  dans Revue de presse jolion01Comme de nombreux acteurs depuis deux ans, le rapport cherche des solutions pour sortir du dilemme infernal : comment rendre compatible la préparation d’un concours et le travail universitaire de recherche inhérent à un master, alliant travail d’appropriation de savoirs disciplinaires, stages, problématisation d’un axe de mémoire, écriture… ? « La situation actuelle semble la pire des solutions, à la fois parce qu’elle désorganise l’Université et oblige les étudiants à courir plusieurs lièvres à la fois. Solution ? « L’admissibilité en fin de M1 » pour proposer un M2 spécifique aux non-admissibles et une découverte approfondie du métier pour les admissibles. Avec pour corollaire le maintien de l’admissibilité pour plusieurs années, pour permettre aux reçus-collés (ayant eu le master, mais pas le concours) de retenter le concours sans redoubler en master. Proposition iconoclaste, le rapport demande même de publier le nombre de postes plusieurs années à l’avance pour donner des indications pertinentes sur le marché de l’emploi enseignant aux étudiants de licence…

Des concours « déconnectés » de l’exercice du métier. Les concours en prennent également pour leur grade : leurs contenus sont jugés peu articulés avec les contenus des masters, « la non prise en compte de l’activité professionnelle en cours de formation est un principe de plus en plus difficile à comprendre pour les étudiants. Les concours sont jugés « déconnectés » de l’exercice réel du métier ».

Motivation et souffrance. Si le « nouveau système ne s’est pas effondré, c’est essentiellement grâce à « la motivation très très (sic) forte des étudiants », malgré leur grande « souffrance ». « Nous sommes au milieu du gué d’une réforme qui aurait mérité un plus grand consensus en amont pour en permettre une vraie réussite ». Sachant que « les deux ministères » (éducation nationale et supérieur) n’ont pas les moyens de mettre en place les outils de supervision nécessaires pour « connaître la réalité du terrain », notamment les raisons de la baisse du nombre d’inscriptions ou les problèmes spécifiques posés aux filières professionnelles, comment construire des réponses à des problèmes qu’on connaît mal ?

La question de la formation en alternance, un autre cheval de bataille des directeurs d’IUFM, est également citée. Une éventuelle modification du statut des assistants d’éducation pourrait permettre une nouvelle piste, parmi d’autres, pour la formation des enseignants.

La place des IUFM. Notons que comme le demande la conférence des directeurs d’IUFM, le rapport demande une place spécifique pour les IUFM dans le champ de l’université, à la fois du fait des responsabilités spécifiques qu’ils ont du assumer dans la nouvelle organisation (notamment avec les rapports nombreux avec les rectorats et inspections académique pour la mise en stage), mais aussi par leur rôle important dans l’aménagement du territoire. On sait que certains centres départementaux sont menacés par les restructurations financières.

Liens :

Lire le rapport

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/docsjoints/jolion.pdf

Dossier Formation des enseignants

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/ReformeFormation.aspx

 



Action du 19 mars à Uzès dans la presse

Article Midi Libre

Lycée Gide: rendons aux élèves ce qui leur est dû !

lycée 19 mars.jpg

A l’appel du collectif « L’école est notre avenir », plusieurs centaines de lycéens et de parents auxquels s’étaient joints des représentants des partis politiques se sont retrouvés dans la cour et devant le lycée Charles-Gide pour appuyer le slogan affiché sur les murs :« Rendons aux élèves ce qui leur est dû! »

Pour le collectif une évidence s’impose: « La   rentrée 2011 est impossible pour cet établissement ! »
Le conseil d’administration du lycée Charles-Gide d’Uzès a rejeté, le 17 février, le tableau de  la répartition des moyens par discipline pour s’opposer à la dotation horaire globale insuffisante proposée par les services du rectorat de Montpellier. Selon les estimations officielles, le nombre d’élèves attendus dans le lycée augmentera, de près de 60 élèves l’année prochaine. Or, les moyens alloués à l’établissement sont en baisse de 45 heures (soit une perte de 4 %) alors que les effectifs augmentent de 6,5 %. Les estimations minimales, au regard de la nouvelle réforme du lycée, font apparaître un écart d’au moins 62,5 heures entre la DHG attribuée et celle qui serait nécessaire pour que les élèves aient les conditions d’études conformes aux textes réglementaires.

Au lycée Charles-Gide, cette enveloppe est inférieure d’une soixantaine d’heures par rapport à l’année dernière alors que le personnel  attend l’équivalent de deux classes en plus.  « Les solutions préconisées, à ce jour, par le recteur, soulignent les responsables du collectif, sont la suppression d’options (anglais européen, langues anciennes, LV3..) et l’augmentation du nombre d’élèves par classe.

Pour sauvegarder ces options, à la rentrée prochaine, l’alternative serait l’absence de groupes à effectifs réduits (accompagnement personnalisé, langues, travaux dirigés…). Nous refusons de sacrifier des options et des conditions d’enseignement favorables à nos élèves, qui leur ont permis, jusqu’à présent, d’obtenir d’excellents résultats au baccalauréat. »

 



Articles du café pédagogique sur la réforme du lycée

Réforme du lycée : Attention fragile !

Articles du café pédagogique sur la réforme du lycée dans Actualités 16_reforme1« Cette réforme est en marche. C’est une vraie révolution pédagogique ». En présentant le 15 mars 2011, le rapport de l’Inspection générale sur « le suivi de la mise en oeuvre de la réforme des lycées d’enseignement général et technologique », Luc Chatel a plus vanté l’oeuvre accomplie que répondu aux inquiétudes soulevées par l’annonce de fortes réductions de moyens dans les lycées à la prochaine rentrée. A-t-il même vraiment entendu les inspecteurs ? Derrière l’optimisme officiel, le rapport montre que les objectifs fixés à la réforme sont loin d’être atteints et que la réforme reste « très fragile ».

 

 Présenté par Catherine Moisan et Jean-François Cuisinier, le rapport aborde la réforme du lycée sous 4 axes : un bilan des enseignements d’exploration, de l’accompagnement personnalisé, l’autonomie des établissements et le pilotage de la réforme.

Lisez le reportage du Café

Le rapport sur la réforme

 

La FCPE demande des moyens pour la réforme des lycées

Les parents de la FCPE soulignent la faiblesse de l’accompagnement de la réforme et demande que les dispositifs prévus, par exemple les passerelles, soient réellement mis en place.

 

« Le rapport de l’Inspection générale sur la réforme du Lycée corrobore les témoignages des parents d’élèves : accompagnement personnalisé dévoyé en heures de rattrapage de cours, tutorat souvent inexistant et enseignements d’exploration transformés en enseignements de prédétermination… », écrit la FCPE en réaction à la publication du rapport de suivi de l’Inspection générale.

 

Elle « exige que soient donnés aux lycées les moyens de la mise en place des dispositifs pédagogiques prescrits par les textes réglementaires, elle continue à demander l’arrêt des suppressions de postes au lycée comme initialement promis pour mettre en œuvre la réforme ».

Communiqué

 

Lycée : Un avenir plein de frustrations

Où est passé l’optimisme qui avait porté une majorité du Conseil Supérieur de l’Education à soutenir cette réforme ? Six mois après son lancement, on n’observe ni rejet massif, ni difficultés majeures. Juste la certitude que les frustrations sont à venir.

 

C’est en ce moment que les conseils de classe de seconde confrontent les premiers voeux des familles aux exigences des passages en première. Ils doivent le faire alors que des modes d’évaluation nouveaux, en langues, dans les enseignements d’exploration, coexistent avec les traditionnels. La petite minorité de lycées qui a réussi à mettre en place une évaluation par compétences  doit s’y retrouver. Ailleurs les familles et les élèves doivent s’arranger avec des notes qui ont des significations en fait différentes. Traditionnellement  65% des élèves demandent un passage en première générale, seulement 57% l’obtiennent et 18% redoublent (moyenne nationale). Cette année, le thermomètre étant illisible, on peut s’attendre à une poussée des demandes en première générale. Or il n’y aura pas plus de places dans ces classes et même plutôt moins. Il y a de fortes chances qu’après une seconde où souvent le climat scolaire a pâti d’emplois du temps interminables, l’année se termine dans la frustration et l’incompréhension pour une partie plus importante des familles et des jeunes. L’objectif d’améliorer l’orientation grâce aux enseignements d’exploration est-il encore à la portée de la réforme ?

 

Une autre frustration est en train de rattraper les profs. Ils ont mis en place les nouveaux programmes, inventé sur le terrain les enseignements d’exploration et l’accompagnement personnalisé. En récompense, voilà que les académies viennent reprendre une partie des moyens. Rappelons que la réforme s’est faite à moyens constants, une partie de ceux-ci n’étant pas fléchés sous prétexte d’encourager l’autonomie des établissements. La saisie de ces moyens, variable d’une académie à une autre, va décrédibiliser le projet pédagogique qui sous-tend la réforme. Ce qui risque d’en rester c’est qu’elle n’a été qu’un leurre pour diminuer les horaires d’enseignements et rendre le métier plus aliéné et plus difficile. L’Inspection générale a raison de souligner dans son rapport que la réforme risque de s’y fracasser.

 

Question de temps. C’est un classique de dire que le temps d’un ministre de l’éducation n’a rien à voir avec le temps long des réformes. Pour autant ces difficultés auraient pu être anticipées. La rue de Grenelle ne manque pas de cadres parfaitement capables de les prévoir. Mais on ne l’a pas fait. On donne ainsi l’impression que le temps du ministère est désynchronisé de celui de la classe. Ni les élèves, ni les professeurs n’ont mérité de faire « le crash test des réformes ministérielles », comme le dit l’un d’eux dans le rapport de l’Inspection. Au moment où j’écris ces lignes, les enseignants ne connaissent toujours pas l’ampleur des pertes d’heures l’année prochaine. Ils ne savent pas plus à quel bac ils préparent leurs élèves de seconde (rappelons qu’une partie des épreuves a lieu en première). Qui jugera utile d’ajuster les montres ? A quoi sert de lancer une réforme pour l’annuler administrativement au bout de 6 mois ?

 

Pour le SNIA-IPR, une réforme précipitée

leborgne1 dans Réforme du lycée« Cette réforme est intéressante. Mais elle va déboucher sur des difficultés faute d’avoir envisagé la suite », explique Jean-François Le Borgne, président sortant du SNIA-IPR, premier syndicat des inspecteurs IPR. Il répond à nos questions sur le rapport que vient de remettre l’Inspection générale et la réforme du lycée.

 

Le rapport s’appuie sur 36 établissements, souvent prestigieux, de 8 académies. Que pensez-vous de sa méthodologie ?

 

 En regardant la liste des établissements, j’ai l’impression moi aussi qu’on les a sélectionné. La plupart ont l’habitude des expérimentations et on peut s’attendre à ce que les résultats y soient plus favorables. Les résultats transmis dans mon académie (qui n’a pas été  retenue pour le rapport ) montraient de très fortes disparités. Par exemple, pour l’accompagnement personnalisé (AP), des méthodes très différentes. Le plus surprenant c’était le mécontentement des élèves hostiles à l’AP soit parce qu’ils le jugeaient inutile, soit parce qu’ils voulaient du soutien ou qu’ils regrettaient des heures de cours supprimées. On peut aussi regretter que peu de parents aient été concernés par l’enquête. On ne les a pas interrogés.

Lisez la suite de l’entretien avec JF Le Borgne

 

 

 



La reforme du lycée dans la presse

Le café pédagogique

Sans feu ni loi, pour le Snpden, l’éducation n’est plus nationale

P Tournier, secrétaire gal du Snpden - Photo CP« Chatel a-t-il tué l’éducation nationale ?  Selon le principal syndicat de chefs d’établissement, le Snpden Unsa, faute de régulation centrale et de moyens, la loi féodale s’installe dans l’éducation nationale. Chaque académie s’affranchit des textes officiels et applique ses propres textes.

 

« Si les académies étaient notées sur 20 en préparation de rentrée 2011, elles auraient en moyenne 7,9 en « respect des textes » et 10,9 en « dialogue » », annonce le Snpden. Au terme d’une enquête auprès des personnels de direction, le syndicat dresse le portrait d’une éducation nationale éclatée et sans loi centrale. « Les deux tiers des académies s’écartent de la règlementation nationale dans les modalités de calcul des dotations aux établissements », écrit le Snpden. « C’est particulièrement le cas en ce qui concerne les marges de manoeuvre garanties aux établissements à l’occasion de la réforme du lycée : 80 % des académies ne respectent pas les textes. De même, 16 académies sur 30 n’intègrent pas les IDD dans le calcul des dotations des collèges. Si 5 le font finalement dans un second temps en heures supplémentaires, 11 ont décidé leur pure et simple suppression ».

 

La réforme du lycée est utilisée pour récupérer des moyens. Selon le Snpden, le lycée est la première cible des académies qui utilisent les marges de manoeuvre confiées aux établissements pour récupérer des moyens. « Parmi les victimes, les tout récents textes sur la réforme du lycée, vieux de moins d’un an. 20% seulement des académies les appliquent dans le calcul des dotations et la moitié s’asseoit dessus plus ou moins lourdement, soit qu’elles affectent des moyens au « H/E » (pourtant impossible à concilier avec les textes), soit qu’elles maintiennent l’ancien système des dédoublements au « 25ème élève »… Ce sont les marges de manoeuvre laissées aux établissements, pourtant explicitement garanties par des arrêtés, qui sont ainsi tout de suite redevenues des « marges d’ajustement » dans 80 % des académies ». Autre victime collatérale des difficultés de financement, le plan d’accompagnement triennal qui doit permettre aux lycées ayant des STI2D ou des STL d’amortir d’éventuels effets de structures. « Or 13 académies refusent de mettre en oeuvre ce mécanisme de sauvegarde », précise le Snpden.

 

Au collège les IDD sont de fait supprimés. « Les autorités locales ont décidé d’elles-mêmes de supprimer les « itinéraires de découverte » (IDD) dans le calcul des dotations aux collèges dans la majorité des académies : 16 sur 30″, ajoute le Snpden. Ce dispositif innovant, ressemblant aux TPE des lycées et aux TIPE du supérieur, formant les élèves au travail autonome est ciblé par les académies.

 

La régionalisation de l’éducation est en marche. « Au fur et à mesure que l’échelon national s’estompe, on semble assister à la naissance de 30 ministères de l’Education : l’ampleur et la profondeur des disparités que révèle cette enquête conduisent à s’interroger sur ce que recouvre exactement aujourd’hui l’adjectif « nationale » qui suit le mot « Education »… », conclut le Snpden. Le 8 mars, au Sénat, le syndicat avait déjà montré qu’il y avait « 30 ministères de l’éducation nationale ». « On assiste « à un déversement du rectorat à qui on donne le soin de gérer le réel et à la fonte du pilotage national depuis une quinzaine d’années », disait Philippe Tournier. « Une tendance qui s’accélère puisque même les suppressions de postes sont maintenant confiées aux recteurs ». C’est un nouveau débat qui s’ouvre pour le système éducatif français : celui de sa territorialisation.

Le dossier du Snpden

Quand les élus du peuple discutent privatisation

N . Mons : Le rôle de l’Etat reste primordial

Qui est le mieux placé pour diriger : l’Etat, les collectivités locales ?

 

Le Monde

Lycée : la réforme Chatel avance à petits pas

Mardi 15 mars, l’inspection générale a remis au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel un rapport d’évaluation sur l’application de la réforme du lycée, appliquée en classe de seconde depuis septembre 2010. Les inspecteurs ont vérifié dans trente-six établissements si les innovations préconisées étaient réellement entrées en vigueur.

Ni réquisitoire, ni constat d’échec, c’est une réforme « dont les composantes multiples se mettent en place progressivement », notent les inspecteurs. Dès son annonce, cette réforme avait divisé les syndicats d’enseignants. Elle provoque aujourd’hui des tensions, mais pas de rejet.

  • « Enseignements d’exploration »

A raison d’une heure trente par semaine, les « enseignements d’exploration », permettant aux élèves de découvrir de nouvelles disciplines, sont à choisir parmi seize spécialités. Bémol : chaque élève doit choisir au moins un des deux enseignements d’économie (sciences économiques et sociales et principes fondamentaux de l’économie et de la gestion). Le rapport suggère d’élargir le choix des autres enseignements.

  • Accompagnement personnalisé

Les deux heures « d’accompagnement personnalisé », consacrées au soutien, à l’approfondissement pour les meilleurs et à l’aide à l’orientation, provoquent « déstabilisation et inquiétude ». Cette mesure « nécessite du temps ». Emplois du temps casse-tête, manque de formation des enseignants, peu de temps pour préparer un réel projet pédagogique : pas un lycée ne fonctionne comme son voisin.

  • Autonomie des établissements

Enfin, l’appui apporté à « l’autonomie des établissements » et à leur « prise de responsabilité » est un pari « en voie d’être gagné ». Les inspecteurs généraux se réjouissent que les lycées s’adaptent aux élèves, par l’unité des classes ou par la multiplication des groupes.

En conclusion, le rapport juge que les avancées observées sont « réelles mais fragiles » et que leur plein accomplissement « nécessite d’autres formes de pilotage », faisant notamment évoluer le rôle des inspecteurs « vers une fonction de conseil ».

Luc Cédelle et Lucie Hennequin 

 



Lycée Gide: une situation alarmante.

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Jeudi dernier, à l’occasion de la jourée de mobilisation et de grève lancée par le personnel enseignant, les élèves et les professeurs se sont réunis devant le lycée Gide afin d’alerter la population sur les conditions dans lesquelles  se prépare la prochaine rentrée scolaire.

«Partout en France, dit Franck Tichadou, professeur FSU, les moyens horaires des établissements sont en baisse, alors que se poursuit la réforme du lycée qui  va concerner aussi le niveau 1re à la rentrée prochaine. Au lycée d’Uzès, la situation n’échappe pas à la règle générale :  il va manquer 60 heures pour mettre en place les enseignements prévus par les textes et les effectifs par classe vont augmenter. Les enseignants voudraient faire entendre  leur conviction profonde :
L’augmentation des effectifs est un atout pour un établissement scolaire rural comme le nôtre, si les pouvoirs publics respectent leur engagement d’assurer convenablement la formation de la jeunesse. »

Les professeurs du lycée Gide en grève à 55 % se sont adressés au Rectorat pour exiger une révision de la dotation horaire (des moyens de fonctionnement) et une augmentation du nombre de classes qui prennent en compte la croissance des effectifs dispositions indispensables pour que les élèves bénéficient à minima des horaires prévus par les textes et des conditions d’études acceptables.
D’autres actions sont prévues pour  faire aboutir ces revendications.

 

Midi Livre 8 février

Marseillaise 8 fevrier



Chatel veut donner le goût des sciences aux élèves, critiques des syndicats

Renforcement du calcul mental en primaire, décloisonnement des disciplines scientifiques au collège: Luc Chatel a détaillé lundi son « plan sciences » qualifié d’effet d’annonce par les syndicats, tandis que des scientifiques saluent un effort, toutefois insuffisant, pour développer ces matières.

AFP – 31/01/2011 à 18:10

Ce plan présenté au Palais de la découverte à Paris par le ministre de l’Education nationale est la réponse à la publication le 7 décembre du classement « Pisa » de l’OCDE, où les élèves français de 15 ans se classaient 27e sur 65 pour la culture scientifique, et 22e pour les mathématiques.

M. Chatel a relevé un « paradoxe préoccupant »: le jeune public présente un « intérêt » pour les sciences, mais qui « s’émousse tout au long de la scolarité », avec des bacheliers qui « se détournent des carrières scientifiques ».

Pour lutter contre « l’innumérisme » (le pendant de l’illettrisme en mathématiques), le ministre a demandé que les élèves de primaire fassent « 15 à 20 minutes de calcul mental » chaque jour et « récitent » les tables de calcul.

Les futurs professeurs des écoles stagiaires, issus pour les trois quarts de filières de sciences humaines auront à la rentrée un module de sciences et de mathématiques.

A la rentrée, dans 400 collèges (sur les quelque 7.000 en France) classés dans les zones les plus en difficultés, les élèves de 6e et 5e auront un seul enseignant pour les sciences physiques, la chimie, les Sciences et vie de la terre (SVT) et la technologie. Il s’agit de l’extension d’une expérimentation (dite « enseignement intégré ») menée depuis 2006 dans 50 collèges.

Le ministre a aussi signé des conventions avec des associations partenaires oeuvrant pour susciter le goût de ces disciplines.

Interrogé sur le coût de ce plan, M. Chatel a répondu qu’il serait financé par des « redéploiements internes ». Aucun objectif quantifié en matière de réduction des difficultés scolaires n’a été fixé.

Les syndicats enseignants y ont vu une énième annonce: « Coquille vide » (SNUIpp-FSU), plan qui « fait pschitt » (Sgen-CFDT), « nouvel écran de fumée » (SE-Unsa), ce plan a pour objet « d?allumer des contre-feux médiatiques » au moment où commencent à être connues département par département les conséquences des 16.000 suppressions de postes prévues en 2011, en plus des quelque 50.000 dans l’Education depuis 2007.

Le Snes-FSU a relevé qu’avec la réforme du lycée qui se met en place en classe de première à la rentrée, les horaires de sciences en première scientifique allaient être réduits.

Selon l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) la première S comportera 40% d’enseignements scientifiques, contre « plus de 50% aujourd’hui ».

Pierre Léna, délégué à l’Education et à la Formation à l’Académie des sciences, a jugé ces mesures « positives », en particulier l’enseignement intégré au collège.

« Encore faut-il les mettre en place avec ténacité sur le terrain pour que cela ait un impact réel sur les résultats des élèves » aux prochains classements Pisa, a-t-il dit à l’AFP.

Le ministre « n’a pas répondu à ses interrogations » sur les horaires de sciences en classe de première ni sur la baisse des crédits alloués à la formation continue des enseignants de sciences, a-t-il reconnu.

Pour Michel Vigier, fondateur de l’association pour la prévention de l’innumérisme, ces mesures « ne vont pas dans le mauvais sens, mais ne suffisent pas ».

Prônant une « autre approche de la mathématique », il a douté de l’efficacité du « par coeur » pour donner le goût des maths, surtout « si on ne dit pas aux élèves à quoi servent les tables de calcul. La mémoire ne peut pas fonctionner »

 

Article le café pédagogique

Chatel lance aujourd’hui un « plan sciences »

Chatel veut donner le goût des sciences aux élèves, critiques des syndicats dans Actualités chatel01Pour lutter contre le faible niveau en maths des écoliers et encourager le goût des sciences, Luc Chatel présente aujourd’hui un « plan sciences » qui concerne l’école, le collège et le lycée. «  Ce dispositif a pour objectifs d’améliorer les performances en mathématiques des élèves à l’école primaire, d’entretenir la curiosité et de développer le goût pour les disciplines scientifiques et technologiques au collège et d’encourager les vocations pour les carrières scientifiques et technologiques au lycée ». Le « plan sciences » de Luc CHatel doit être présenté lundi 31 janvier, mais le ministre en a déjà révélé l’essentiel dans Le Journal du Dimanche (JDD).

 

A l’école. « Je vais m’attaquer à « l’innumérisme« , annonce Luc Chatel dans le JDD, « c’est-à-dire l’incapacité à réaliser les calculs de la vie courante ». Il préconise 15 à 20 minutes de calcul mental par jour afin que  » tous les automatismes sont bien en place par un entraînement quotidien aux calculs élémentaires ». Pour les sciences, il veut encourager  » l’expérimentation et l’investigation, qui motive les élèves ». Et pour cela il annonce la nomination d’un inspecteur chargé des mathématiques et d’un autre chargé des sciences dans chaque département. Il encouragera aussi la diffusion du jeu d’échec dans les classes. « . Cette pratique développe le raisonnement logique et peut aider par ce biais ludique les élèves qui éprouvent des difficultés scolaires « .  Par ailleurs « à la rentrée prochaine, nous allons mettre en place des modules de formation aux sciences pour les professeurs stagiaires dans tous les départements ». Un effort de recherche est aussi annoncé.  » Je souhaite proposer aux universités un programme de recherche pédagogique appliquée pour travailler à une meilleure compréhension des mécanismes d’apprentissage ».

 

Au collège, Luc CHatel veut étendre à 400 collèges RAR ou CLAIR l’expérimentation d’enseignement intégré des sciences menée actuellement dans 52 collèges. Lancée en 2006, cette expérimentation associe SVT, physique et technologie. Elle est soutenue par l’Académie des sciences et l’Académie des technologies qui encouragent le partage d’expériences. Récemment Eduscol a mis en ligne les vidéos de l’université de printemps du 24 au 26 mars 2010 sur l’EIST. Chacun des 400 collèges « devra avoir un projet pédagogique scientifique mené avec le monde associatif et les entreprises ».

 

Au lycée, Luc CHatel demandera s’appuiera aussi sur les entreprises.  » Nous allons demander à chaque lycée de nouer des partenariats locaux avec des entreprises pour qu’une fois par trimestre elles viennent dans un établissement faire une présentation des métiers de leur secteur, à composantes scientifique et technologique. Cela peut être l’occasion de susciter des vocations ». Pour encourager les vocations scientifiques des jeunes filles, il s’appueira aussi sur les associations , « Femmes ingénieurs », « Femmes et mathématiques », « Femmes et sciences ».

 

Pour le Snuipp, qui a réagi le 30 janvier au soir, « ce qui est présenté par le ministre comme des nouveautés sont des points déjà présents au programme de l’école primaire. Tous les parents le savent très bien. Ces activités sont pratiquées régulièrement dans les classes car les enseignants en connaissent l’importance ». Mais le Snuipp en profite pour dénoncer  » les programmes de 2008, leur conception mécaniste des apprentissages et leur lourdeur » et demander s’ils « permettent vraiment de prendre ce temps de la recherche, de l’observation et de la réflexion ? »

 

Interview L CHatel

L’EIST sur Eduscol

Sur l’EIST

Sur l’EIST

Snuipp

 

 

Témoignage d’un enseignant en poste en Angleterre:

Bonjour à tous,

Je suis actuellement en poste pour un an dans un collège anglais et j’observe de près les dégâts de l’enseignement intégré des SVT, Physique  et Chimie par un seul professeur.

Ici la formation des enseignants est disciplinaire mais les autorise à enseigner « science » donc les 3 matières SVT, P&C.

La technologie reste à part et regroupe différents enseignements comme « cuisine et textile », « design », « bois »…cela ressemble plus à notre EMT d’antan, avec des moyens (je suis dans un Technology collège).

L’informatique et communication (IC) est aussi une discipline à part.

Toujours est-il que pour moi, depuis septembre dans cet établissement, je n’ai pas vu d’enseignement de sciences au sens où on peut le concevoir en France.
Les groupes très variables en nombre, puisque les élèves sont regroupés par niveau de compétence, et chaque groupe se voit enseigner un programme à exigences variables. Le but est plus d’atteindre l’objectif fixé (target) que d’acquérir le niveau le plus élevé possible.
Les « target » sont fixés par un savant calcul statistique suite aux évaluations nationales.
Un élève se voit donc attribué un objectif pour chaque discipline et se retrouve donc dans un groupe ad hoc. Conséquence plus ou moins directe  si l’élève est dans un groupe faible rien ne le pousse à progresser et aucun camarade pour tirer le groupe vers le haut.

On peut donc retrouver un élève, pour  une discipline donnée, dans le groupe « TOPSET » (relativement encensé et considéré comme l’élite)  et dans le groupe le plus faible pour une autre discipline.

Il en résulte des groupes « topset » chargés  et donc dans lesquels les TP sont peu pratiques à mettre en œuvre; et des groupes, parfois formés de 10 élèves, cumulant tous les « handicaps » et avec qui il semble in-envisageable de faire faire des TP compte tenu de leur très faible niveau.

Il y a tout de même parfois des activités pratiques qui ne sont jamais intégrées dans une véritable démarche d’investigation et  ressemblent plus à des démonstrations du savoir du prof en matière de réactions chimiques ou phénomènes physiques spectaculaires qu’à un véritable TP visant à répondre un problème donné par une démarche scientifique rigoureuse et justifiée.

Je ne blâme pas les collègues qui dans la plupart des cas ne sont pas compétents pour enseigner les 3 disciplines.

Les biologistes de formation m’ont confié ne pas avoir fait de physique depuis leur GCSE (épreuve de fin de secondary school = fin de seconde en France). Imaginez un prof de science de collège qui aurait un niveau de seconde en physique, chimie ou biologie !!!

Ils ne sont pas tenus d’être « graduate » dans les 3 disciplines pour enseigner et donc n’ont refait de la physique, de la bio ou de la chimie que dans le cadre de leur études spécifiques.

J’ai assisté à de nombreux cours de bio dont les contenus théoriques sont équivalents à ce que nous pourrions faire en France.
Imaginez que la reproduction est traitée ici chez les végétaux, animaux sans qu’à aucun moment il n’y ait eu un TP de microscopie !! pas de spore, pas de pollen, pas de spermatozoïde, pas de dissection d’ovaire de lys ou autre, et pas même un échantillon macroscopique en salle !!!
Idem pour la classification des êtres vivants !
Les sciences sont devenues totalement virtuelles, et médiées par l’outil informatique dans sa plus basique expression puis qu’il n’y a pas même d’EXAO. Google et quelques sites institutionnels règnent en maitre. (cf. http://www.bbc.co.uk/schools/gcsebitesize/science/ ) Je mets tout de même l’adresse car il y a des ressources intéressantes à exploiter en DNL SVT ou autre.

Toutefois, le nouveau gouvernement anglais souhaite changer un peu la tendance et remonter le niveau de science de la nation.
Pour cela, il relance le Bac Anglais qui sera attribué aux élèves ayant obtenu un grade compris entre C et A* ( de 12 à plus de 18 sur 20) et cela pour au moins 5 disciplines :Anglais, Math, 1 langue étrangère, Science, et histoire ou géographie.

Ceci met une pression importante sur les Secondary school car les statistiques sur 5 matières sont rarement aussi bonnes que lorsqu’elles sont
annoncée discipline par discipline. Rares sont les élèves arrivant à cumuler 5 grades dans cet intervalle de notes.

La seule bonne nouvelle est que le rapport PISA condamne ce type de  pédagogie par différentiation de l’enseignement ! Pourquoi alors que le Royaume uni commence à, sinon faire machine arrière au moins se poser des questions sur la façon d’enseigner les sciences, nous allons bille en tête dans cette impasse ? Sans doute une grande clairvoyance ministérielle !!!Grande différence en notre faveur, encore pour le moment, nous ne sommes pas encore liés personnellement à la réussite de nos élèves, notre carrière n’en dépend pas et nous ne sommes pas contraint de leur faire plaisir pour avoir une bonne note en retour et être considéré comme un bon prof !Ici c’est le cas, pas de corps d’inspection disciplinaire, pas de règle du jeu commune et un chef d’établissement-chef d’entreprise qui recrute avec son conseil.

Les profs sont en concurrence directe et en période de crise il ne fait pas bon perdre son job ou tout au moins ne pas avoir d’avancement !!

Bon courage à tous et si vous avez des questions précises n’hésitez pas

JP



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