Peut-on « dégraisser le mammouth » ?

LEMONDE | 06.04.10

 

Le slogan de campagne est devenu une règle comptable. Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007, le non-remplacement de la moitié des fonctionnaires partant à la retraite est globalement de mise. Et le chef de l’Etat a rappelé, mercredi 31 mars, qu’il le resterait jusqu’au budget 2013.

 

Dans l’éducation nationale, premier employeur, la saignée est importante. On a « dégraissé le mammouth » pour reprendre l’expression utilisée, en 1997, par Claude Allègre, alors ministre de l’éducation. En trois ans, 50 000 des quelques 700 000 enseignants ont vu leur poste disparaître. En 2012, si le rythme est maintenu, ce sont 80 000 postes qui auront été détruits. Alors que le nombre d’élèves repart à la hausse à la rentrée prochaine, des voix se font entendre à gauche – Martine Aubry, François Hollande -, mais aussi à droite – Dominique de Villepin -, pour demander une pause dans l’application à l’éducation et à la police de cette règle budgétaire.

 

Depuis plusieurs mois, le terrain gronde de grèves sporadiques pour attirer l’attention sur la violence latente qui laisse les équipes épuisées et impuissantes, le manque d’enseignants remplaçants, ou l’opposition de fond aux réformes, qu’elles soient du lycée ou de la formation des maîtres. Disparates, ces griefs trouvent pourtant un point de convergence dans le manque de moyens.

 

LA QUÊTE DU GRAS SUR LE MAMMOUTH

Pour combler les trous, s’est d’abord installée une mécanique de cache-misère consistant à rogner partout où les coupes restent invisibles. Dans un premier temps, ce sont les remplaçants des collèges et lycées, bataillons de profs en stand-by, qui ont été affectés sur des postes à l’année.

Certaines académies comme Lille ou Créteil ont commencé l’année 2009 sans solution pour les absences en anglais et dans des disciplines professionnelles. Pour combler les absences -maladies ou maternité, les -académies embauchent des vacataires au coup par coup. Des étudiants ou des retraités qui assurent à eux seuls 50 000 heures d’enseignement.

 

Dans un second temps, des options ont été supprimées. « Les académies de Lille, Amiens, Nancy ou Metz ont perdu pas mal de cours facultatifs en langues, disciplines artistiques ou éducation physique « , regrette Guy Barbier, secrétaire national du Syndicat des enseignants (SE).

 

D’autres ajustements ont aussi permis des gains de postes presque invisibles. Insignifiante d’un point de vue statistique, la baisse du taux de redoublement de 5,8 % à 5,4 % des élèves de collège, entre 2007 et 2008, a permis sur une seule année d’économiser une centaine de postes.

 

En lycée, avec des taux différents, le gain est identique. Au fil des ans, cela commence à compter. Quant au passage du nombre moyen d’élèves par classe, de 24,3 en collège en 2007, à 24,5 en 2008, il a permis une économie théorique de 1 400 postes.

 

LE MUSCLE DU MAMMOUTH EST ATTAQUÉ

Comme ces coupes n’ont pas suffi, il a ensuite fallu rogner sur les enseignements eux-mêmes. Tous les degrés du système ont perdu un peu de temps d’enseignement. Et l’addition de ces petits grignotages a permis de gagner plus de 10 000 postes.

A l’arrivée de Nicolas Sarkozy, 23,4 % des moins de 3 ans étaient scolarisés, ils ne sont plus que 18 %. Beaucoup de classes de très petits ont disparu, y compris dans les zones d’éducation prioritaires où la pré scolarisation est pourtant un droit inscrit dans la loi. Or 42 000 enfants de moins dans les écoles, cela compte.

Les enfants du primaire, eux, ont perdu deux heures hebdomadaires censées dégager du temps pour que leurs maîtres assurent une aide aux élèves en difficulté, et aussi pour que le ministre puisse récupérer des postes d’instituteurs spécialisés dans cette aide qui jusque-là travaillaient en réseau, à la demande.

 

Au lycée professionnel, les jeunes qui préparaient en quatre ans leur bac le font en trois ans depuis cette rentrée. Quant aux jeunes enseignants, ils paient aussi leur tribut, puisque l’année durant laquelle ils étaient stagiaires rémunérés disparaît à cette rentrée et qu’ils vont se retrouver tout de suite affectés devant une classe.

En multipliant ainsi les coupes à tous les niveaux, le grand public n’y a vu que du feu. En revanche, effet indirect, la vie des établissements a changé. Moins nombreux, les enseignants sont aussi moins disponibles. En collège, ce sont plus de 6 % des cours qui sont assurés en heures supplémentaires ; en lycée, plus de 12 %. Le 1,2 milliard d’euros défiscalisés qu’ils se partagent verrouille largement leur emploi du temps.

 

LE NIVEAU DES ÉLÈVES LES PLUS FRAGILES BAISSE

Si ces coupes étaient sans conséquences sur le niveau des élèves, le contribuable se réjouirait de voir la facture scolaire tomber de 6,7 % du PIB, il y a deux ans, à 6,6 aujourd’hui. Or les chercheurs restent dubitatifs sur l’évolution actuelle.

Responsable du programme d’évaluation international des élèves à 15 ans (PISA), Eric Charbonnier l’observe : « La France reste dans la moyenne des pays de l’OCDE. Les résultats des élèves de 15 ans n’ont pas changé depuis dix ans. En revanche, ce qui a changé, c’est la taille du groupe des élèves en très grande difficulté. Ceux qui ne maîtrisent pas suffisamment les compétences, même pour décrocher un CAP, ont été multipliés par deux. »

 

Et dans le primaire ? « Le niveau moyen des élèves au sortir du primaire a globalement baissé depuis vingt ans. De plus, cette baisse, qui, en lecture, concerne surtout les élèves les plus faibles, se traduit par un creusement des inégalités sociales dans cette matière », précise Marie Duru-Bellat, spécialiste de l’économie de l’éducation à Sciences Po. Si cette baisse de niveau est antérieure à l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, il sera bien difficile de savoir si elle a été enrayée ou aggravée puisque tout le système d’évaluation a changé et ne permet plus de comparaison dans le temps.

Reste le classement international pour se faire tout de même une petite idée de l’évolution. « La position relative de la France par rapport aux autres pays se dégrade… Les écoliers français se situent, en lecture, en moins bonne position qu’il y a une dizaine d’années. Hier placés dans les premiers rangs, nous sommes aujourd’hui très moyens », rappelle Marie Duru-Bellat.

 

LA RIGUEUR COMME POLITIQUE ÉDUCATIVE

L’autre conséquence de ces coupes claires est que toute décision ministérielle est -devenue suspecte, lue d’emblée comme un levier pour gagner des postes.

Le dernier exemple en date reste la réforme du lycée. Luc Chatel a beau répéter sur tous les tons, qu’elle est faite à moyens constants, les acteurs du terrain n’y croient pas. « Il ne coupe certes pas les moyens pour la mise en place de la réforme en seconde à cette rentrée, souligne Daniel Robin, cosecrétaire général du SNES. Mais il les coupera en 2011 et 2012 sur les classes de 1re et de terminale. » Le tronc commun d’enseignements en classe de 1re permettra, selon le syndicaliste, de regrouper des élèves des filières littéraires et scientifiques pour des cours communs.

Au fil du temps le « un sur deux » n’est plus perçu comme une politique de rigueur budgétaire, mais comme la politique éducative en vigueur. Un peu comme si le ministre de l’éducation avait emménagé à Bercy.

 

Maryline Baumard



Evaluations en Angleterre : elles sont à l’origine d’un déclin de l’intérêt pour la lecture et pour les apprentissages chez les enfants.

Article Quelle école pour demain

Prétextant une volonté d’efficacité et de modernisation, le gouvernement actuel est en train d’imposer à l’école française les nouvelles Évaluations Nationales.

Changements majeurs par rapport aux formes précédentes :
- Elles sont mises en place en fin de cycle 2 et 3, au lieu de se trouver en début de CE2 et de 6ème. Elles ont ainsi un rôle de verdict final pour chaque classe de fin de cycle, suppriment tous les dispositifs de concertation que les évaluations précédentes avaient permis, notamment entre école et collège…
- Toute école est tenue de faire remonter les résultats des classes concernées, qui devront être utilisés « pour le pilotage des circonscriptions. »
- Leur contenu et consignes de passation très peu adaptés, leur mode de notation à l’emporte-pièce ne leur donne aucun intérêt diagnostic : ce sont des chiffres dénués de sens que les écoles sont tenues de transmettre.

Or cette logique du pilotage par les chiffres est la norme depuis plus de 10 ans en Angleterre… Et les effets sur l’école sont si catastrophiques, que les enseignants sont en train de décider d’en boycotter la session 2010.

On peut s’interroger : pourquoi choisir pour la France des options qui sont fermement dénoncées là où elles sont appliquées ?


Lu dans le Guardian, le 23 mars 2010 : Teachers plan to boycott school tests.

Les enseignants projettent de boycotter des tests à l’école.

Les professeurs principaux en Angleterre s’apprêtent aujourd’hui à enclencher une bataille avec le prochain gouvernement quelque soit sa couleur politique. Des milliers d’entre eux ont l’intention de boycotter les tests nationaux pour les élèves âgés de 11 ans après les prochaines élections (législatives, prévues le 6 mai [Ndlr]).

Les syndicats ont appelé les milliers de directeurs d’écoles (et leurs députés) à se prononcer par un vote en faveur d’un boycott des tests de maths et d’anglais, connus sous le nom de « Sats », et sur lesquels devront plancher 600 000 élèves pendant une semaine à partir du 10 mai.

Ce boycott pourrait donc être le premier conflit auquel le nouveau gouvernement sera confronté dès son élection.

« frustrer l’administration »

Les [principaux syndicats enseignants – la NUT (National Union of Teachers) et la NAHT (National Association of Head Teachers) ont demandé aux enseignants s’ils seraient d’accord de « frustrer l’administration » de ces tests.

« Si nous avons un résultat favorable au vote, et nous sommes confiants, nous publierons des consignes de ce que ne devront pas faire les enseignants ; ce qui privera l’administration de ces tests » déclare Christine Blower, la secrétaire générale de la NUT.

En janvier, un quart des membres de la NUT ont répondu à un vote initial. Les trois-quarts de ces votants se sont prononcés pour un boycott.

Les partis sont favorables aux tests.

Le parti travailliste et les conservateurs sont favorables aux tests [Sat].

L’année dernière, Gordon Brown s’était adressé personnellement aux enseignants en leur demandant de ne pas les boycotter. Ed Balls, le Secrétaire aux écoles, a annoncé des reformes concernant ces tests pour l’année prochaine. Ils seront publiés avec les annotations des enseignants en plus des notes données par les correcteurs externes.

Les Tories projettent de transférer les tests en première année de l’école secondaire et de les faire corriger par les enseignants, plutôt que par des examinateurs externes.

Stigmatisation, dressage.

Mais les syndicats veulent les mettre au rebut.

Pour eux, les tests sont utilisés pour remplir des tableaux de résultats par école « sans intérêt ». Ils stigmatisent les établissement qui comportent un grand nombre d’élèves en difficulté et transforment la dernière année de l’école primaire en un dressage pour les examens.

Lors de sa conférence annuelle à Liverpool le mois prochain, le syndicat demandera aux enseignants d’adopter une motion demandant la suppression de « Sats ».

Cette motion, proposée par des enseignants de Waltham Forest, dans l’est de Londres, stipule : « Nous pensons que nous devons nous tourner vers un système où l’évaluation est vraiment au service de l’apprentissage. Les « league tables » sont à l’origine d’un déclin de l’intérêt pour la lecture et pour les apprentissages chez les enfants. En abolissant Sats, nous faisons un premier pas vers un vrai progrès. »


Pour les anglophones, le texte original (quelques paragraphes ont été réorganisés lors de la traduction.)

Headteachers in England were today gearing up for a battle with the next government – whatever its political colour – after it emerged that thousands plan to boycott national tests for 11-year-olds days after the general election.

Teachers’ trade unions are balloting tens of thousands of school heads and their deputies over whether to boycott maths and English tests, formerly known as Sats, which 600,000 children are expected to sit during the week starting 10 May.

Teachers have until 16 April to vote, but today the unions – the National Union of Teachers (NUT) and the National Association of Head Teachers (NAHT) – said they were confident the majority of those balloted would vote for a boycott.

The two unions have asked teachers whether they would agree to « frustrate the administration » of the tests. Pupils and teachers would still attend school if a boycott went ahead, but children would not be entered for the tests.

A boycott could be the first battle a new government faces after the election, which is predicted to be called for 6 May.

Labour and the Conservatives support the tests. Last year Gordon Brown made a personal appeal to teachers not to boycott them. Ed Balls, the schools secretary, has announced reforms to next year’s tests which will see teacher assessments published alongside the externally marked exams. The Tories are considering deferring the tests to the first year of secondary school and allowing teachers, rather than external examiners, to mark them.

But the unions want them scrapped, saying the tests are used to compile « meaningless » school league tables, which unfairly stigmatise schools with the most challenging pupils, and turn children’s last year of primary school into a repetitive drill for the exams.

Christine Blower, the general secretary of the NUT, said : « If we have a successful ballot outcome, which we are confident that we will, then we will issue a list of instructions to teachers of things they should not do so, that way it will frustrate the administration of the tests. »

In January, a quarter of NUT members responded to an initial ballot. Three-quarters of respondents voted for a boycott.

Teachers will be asked to pass a motion at the union’s annual conference in Liverpool next month calling to abolish Sats.

The motion, proposed by teachers in Waltham Forest, east London, states : « We believe that we must move to a system where assessment is truly for learning … League tables are the driving force behind the decline in nurturing a love of reading and a love of learning in children. Abolishing Sats is the first step in a move to genuine improvements in achievement. »

The NUT is also heading for collision course with the next government over the expansion of academies. At the conference, teachers will be asked to step up plans to thwart Labour and Tory proposals to boost the number of academies.

A motion, proposed by teachers in Lambeth, south London, states : « Further expansion of the academies programme may tip the balance from a coherently planned, local and democratic education system into a wasteful patchwork of privatised, competing school market places in which those with ’buying power’ will do best. »



Les jeunes profs seront mieux payés

Article LeMonde

Attendue depuis deux ans, la « revalo » arrive. Luc Chatel en a annoncé les grandes lignes dans l’émission Le Grand Jury RTL-Le Figaro, où il était invité dimanche 28 mars. Elle se matérialisera par 157 euros net supplémentaires en bas de la feuille de paye des professeurs des écoles et des certifiés qui entrent dans le métier le 1er septembre prochain. Pour les agrégés, le gain sera de 259 euros.

La revalorisation proposée par Luc Chatel veut lisser la courbe des carrières en augmentant le traitement perçu les sept premières années. Elle répond aussi au besoin d’attirer des jeunes diplômés, alors que les départs annuels en retraite sont nombreux et que dans certaines disciplines, le taux de quatre candidats pour un poste mis au concours – estimé garantir la qualité du recrutement – est tout juste assuré.

L’augmentation des débuts de carrière a été un des arguments pour « vendre » l’allongement de la formation des enseignants à cinq années, (dite réforme de la mastérisation) qui entre en vigueur en septembre. A titre de comparaison, le CEREQ a évalué fin 2009 que le salaire net médian des jeunes diplômés, quelle que soit l’entreprise où ils travaillent, était de 1900 euros net, trois ans après avoir obtenu un master en sciences dures et de 1500 avec un même niveau d’études en sciences humaines.

Selon l’entourage du ministre «  le traitement mensuel net d’un professeur des écoles stagiaire s’inscrira désormais dans une fourchette allant de 1 577 euros à 1 628, selon le lieu de résidence, tandis que celui d’un professeur certifié stagiaire pourra s’élever à 1 811 s’il est affecté en zone d’éducation prioritaire. Un professeur agrégé stagiaire percevra, lui, en moyenne un traitement mensuel net de 2 027 euros  ».

Les syndicats souhaitaient, eux, que l’ensemble des enseignants bénéficient de cette augmentation qui touche un enseignant sur quatre.

La revalorisation est l’élément essentiel du « pack de carrière », de Luc Chatel. Y figurent aussi un droit individuel à la formation, doublé de deux entretiens de carrière, à 2 ans et à 15 ans. Le ministre a aussi annoncé la mise en place des premiers rudiments d’une médecine du travail avec le recrutement de 80 médecins et l’obligation pour tout enseignant de passer une visite à 50 ans.

 

Maryline Baumard

 

Article Le Figaro

Chatel promet d’augmenter les salaires des jeunes profs

«Nous avons des étudiants qui font l'effort d'une année d'études  supplémentaire, eh bien la contrepartie, c'est qu'ils sont mieux payés»,  a commenté le ministre
«Nous avons des étudiants qui font l’effort d’une année d’études supplémentaire, eh bien la contrepartie, c’est qu’ils sont mieux payés», a commenté le ministre Crédits photo : Abaca

Le ministre de l’Education a annoncé dimanche une revalorisation salariale pour environ un quart des professeurs, ainsi que des mesures de gestion de carrière.

Les jeunes profs seront mieux payés  dans Revue de presse coeur-Une bonne nouvelle pour une partie des professeurs. Un peu moins du quart d’entre eux (20.000 débutants et 170.000 enseignants déjà en fonction) vont bénéficier de mesures de revalorisation salariale à partir du 1er septembre 2010, a annoncé dimanche le ministre de l’Education Luc Chatel.

«On va proposer en début de carrière une augmentation de 157 euros nets par mois pour les professeurs des écoles et les professeurs certifiés (…) et pour les professeurs agrégés 259 euros [nets mensuels]d’augmentation», a-t-il précisé. Cette revalorisation avait été promise par le président de la République Nicolas Sarkozy. Elle est liée à la réforme de la formation des enseignants, qui prévoit que les futurs enseignants soient recrutés au niveau «master 2» (bac + 5). «Nous avons des étudiants qui font l’effort d’une année d’études supplémentaire, eh bien la contrepartie, c’est qu’ils sont mieux payés», a commenté le ministre.

Au total, les revalorisations prévues représentent un coût de «196 millions d’euros, soit exactement la moitié des économies réalisées par le non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite», a précisé le ministre de l’Education lors du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI.

 

Un droit invidivudel à la formation

Le ministre de l’Education a par ailleurs annoncé la mise en place en septembre 2010 d’un Droit individuel à la formation (DIF), suivi par les enseignants «sur la base du volontariat». Cette formation, de 20 heures par an, sera «complémentaire aux formations de l’Education nationale», a-t-il expliqué. Elle sera effectuée pendant les vacances scolaires et sera rémunérée «50% du salaire horaire». Il a également annoncé la création d’«un entretien systématique» consacré à la mobilité professionnelle pour «tous les professeurs après deux ans et ensuite après 15 ans de carrière» et la mise en place sur internet d’»un portail unique» recensant «les postes à pourvoir hors Education nationale».

Sur le plan de la santé sera lancée une campagne de recrutement de «80 médecins de prévention» à partir de juin 2009. Un bilan de santé sera proposé à «tous les personnels de l’Education l’année de leur 50 ans» à partir de la rentrée 2010, a ajouté le ministre. Le comité d’hygiène et de sécurité va par ailleurs être transformé en comité d’hygiène, de sécurité et de sécurité des conditions de travail. «On va traiter enfin de la prévention des risques», s’est réjoui Luc Chatel.

 

Lutter contre l’absentéisme

Le ministre de l’Education a également fait des propositions pour lutter contre l’absentéisme à l’école. Il propose de confier aux préfets la responsabilité de suspendre les allocations familiales aux parents d’enfants qui pratiquent l’absentéisme scolaire. Le ministre a dit constater que «le contrat de responsabilité parentale (institué par la loi du 31 mars 2006 et signé entre des parents et le département, ndlr) ne fonctionne pas». Il permettait, en cas de manquement, au président du conseil général de demander à la Caisse d’allocations familiales (CAF) de suspendre les versements.

«Depuis 2006, quelques dizaines de cas ont été mis en oeuvre. Nous allons changer cela», a annoncé le ministre. «Je ne suis pas opposé à ce qu’il y ait une responsabilité des préfets», a-t-il avancé. Une telle disposition n’est «pas simple à organiser», elle nécessite de «trouver un véhicule législatif». Ce sera fait «dans les prochaines semaines», a assuré Luc Chatel, car le gouvernement veut aller «très vite».

 

 

 

 

 



Des étudiants à la place des profs ? Non monsieur Chatel…

Des crayons de couleur (PharCyder/Flickr)

Mardi 9 mars, Luc Chatel, ministre de l’Education, a annoncé que les établissements scolaires pourraient puiser dans un contingent de retraités et d’étudiants pour palier les absences de profs. Une idée déjà avancée par son précédesseur, Xavier Darcos. Nouveau tollé chez les enseignants et les candidats au professorat. Un internaute recalé à seize places près a écrit une lettre ouverte à Luc Chatel dans la foulée de cette annonce.

Monsieur le Ministre,

Je rentre de l’école (à défaut d’être instit, je suis auxiliaire de vie scolaire, tu dois connaître) et quelle n’est pas ma joie de vous entendre à la télévision ! Dans votre joli costume, avec votre jolie cravate rayée, vous me susurrez ces quelques mots, en gros : « On fera désormais appel à des étudiants ainsi qu’à des retraités pour remplacer les profs absents ». Parce que les profs, on le sait, sont assez fainéants et souvent absents.

Ça tombe bien, je connais un type, les enfants, il aime ça. Il a même déjà vu quatorze fois « Les Goonies », « Jumanji » et connaît les Walt Disney sur le bout des doigts. Il s’occupe toujours bien de ses p’tits neveux quand ils viennent le voir dans sa p’tite maison. Son rêve, c’est de faire de longues études et de gagner plein de sous. En attendant, aller faire un tour dans une classe et se faire appeler « maître », ça peut le faire kiffer. Il sera intéressé, François. En plus, il a lu tout Piaget. Et puis il se retrousse souvent les manches le matin devant sa glace, comme Bégaudeau dans « Entre les Murs ».

François, Berthe ou Martine, au choix

Y’a aussi cette dame que j’entendais l’autre jour chez le coiffeur. Une petite centaine d’année, plus beaucoup de cheveux, sinon blancs, et la larme à l’œil lorsqu’elle se plaint au coiffeur efféminé de sa retraite exagérément petite. Elle, les classes, ça la connaît. Elle s’est toujours inspirée du maître de « La Guerre des boutons », foutant sans scrupule des coups de règle à ses ouailles.

Evidemment, lorsqu’elle va venir remplacer l’instituteur de CM2 de la ZEP chaude de Créteil, elle risque d’avoir recours à un dictionnaire de la banlieue, au début. « Kiffer », ça lui parle pas. Mais les coups de règle, c’est intemporel. Et puis, c’est pas parce qu’on est vieux qu’on tape moins fort. Non, Berthe, elle s’en sortira, c’est sûr. Bien vu ! D’ailleurs, la FCPE te suit.

Ah, sinon, t’as aussi Martine. Elle, c’est plus dangereux, déjà. Tu vois, les enfants, elle aime ça, mais de façon légèrement plus malsaine si tu vois c’que je veux dire. T’as vu « Little Children », avec Kate Winslet ? Ouais ? Ben elle serait un peu du genre du type de la piscine, là. Elle, c’est « Lolita », son roman culte. Enfin, niveau étude, ça le fait. Elle est maline, Martine, en plus ça rime. Elle a des licences, des masters et plein de trucs dans la psychologie. Elle a le profil. Oh, et puis de premier abord, elle est gentille, quoi. Juste, si elle te propose un bonbon et une place dans sa voiture, tu cours. Sinon… Bon, elle aura quand même des gamins dans sa classe. Tu me diras, c’est sympa pour elle !

Il existe pourtant une liste complémentaire…

Enfin, sinon, j’étais disponible, hein ? Tu sais, Luc, j’ai une licence en Staps et l’an passé j’ai passé le concours de professeur des écoles. Fichtre de moi, je l’ai loupé. De… seize places. Tu sais, je l’ai passé l’année dernière, l’année où tes collègues nous avaient supprimé pas mal de postes. On était tombé à 206 places dans mon académie, pour 2 500 inscrits. C’est pas mal comme stats, pour le minable salaire qu’on a ensuite, n’est ce pas ?

Enfin, j’ai terminé 222e sur 2 500, je mérite sûrement moins que Martine, Berthe et François d’être un instit. Parce que ce que tu ne précises pas, c’est que c’est la première année où l’on est confronté à ces problèmes de remplacements. D’habitude, tu fais appel à la liste complémentaire des concours. Oui oui, ne fais pas ton petit cachotier, tu sais très bien que tu as accès à nous tous, étudiants de cette liste qui a été ouverte, par vous, tout en sachant très bien que vous ne vous en serviriez pas. De l’indécence ? Où ça ?

Pense à notre situation à nous, étudiants, bloqués sur cette liste, ayant acheté notre cartable, pleins d’espoirs au courant du mois d’août. On se dit : « Ils ont fait une liste complémentaire, c’est pour s’en servir. » Et d’attendre, collés au téléphone, septembre, puis octobre, novembre, décembre. Ne pas baisser les bras, toujours y croire. Voir les premiers problèmes de remplacements dans les écoles, les drames dans les collèges et lycées dus au manque d’effectif. On se dit à nouveau que ça va sonner. Et puis non.

Cher Luc Chatel, c’était pour savoir : essaies-tu de rivaliser avec le PDG de France Telecom dans les vagues de suicide, en bon employeur que tu es, avec ce genre d’allocutions aussi provocatrices qu’honteuses ?

Cher Luc Chatel, je souhaite vraiment à tes enfants de ne pas tomber dans la classe de François, ni celle de Berthe, ni même celle de Martine. Vraiment. Mais j’attends, égoïstement, qu’il se passe quelque chose de grave, afin que vous vous rendiez compte de votre connerie.

En tous cas, tu m’as remotivé pour aller voter dimanche. Salutations quand même !

Photo : des crayons de couleur (PharCyder/Flickr)

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Une école sous le choc après l’interpellation d’un père sans papiers

Libération

26-03-2010

SOCIETE – Vers 8h30 hier matin, la police a attendu que Guilherme Hauka Azanka, Angolais en situation irrégulière, revienne de déposer ses trois enfants à l’école Gilbert Dru de la Guillotière (Lyon 7e), pour forcer la porte de son domicile, l’embarquer et tenter de l’expulser, pour la troisième fois en un mois. Sous les yeux de sa compagne, de leur bébé d’un an et une petite fille de dix ans. Une quinzaine de parents d’élèves, mobilisés depuis plusieurs semaines en faveur de Guilherme Hauka, ont essayé de s’interposer, dénonçant « la brutalité policière » et « l’acharnement à détruire une famille ».  A la sortie de l’école, hier, de nombreux parents étaient encore en état de choc, craignant une nouvelle expulsion de leur voisin…

« Papa en instance d’expulsion. Ecole en colère ». La banderole placée à l’entrée de l’école maternelle Gilbert-Dru a jauni en trois mois que des parents de l’école, épaulés par le Réseau Education Sans Frontière, se mobilisent pour que Guilherme Hauka Azanka ne soit pas arraché à sa compagne et leurs quatre enfants.  Jeudi après-midi, à 16h30, ils étaient une vingtaine massés devant l’école à se repasser le film de la matinée, partagés entre l’inquiétude et la colère.

A 8h30, alors que le père venait de déposer ses trois enfants à l’école, une dizaine de policiers se sont présentés à son domicile et ont défoncé la porte qu’il refusait d’ouvrir. Alertés, une quinzaine de parents se sont précipités à son secours. « On a fait le plus de barouf possible. Les policiers ont essayé de nous intimider, et l’un d’eux m’a retourné le pouce car je voulais filmer la scène » raconte Sandrine Barat, le bras en écharpe pour une huitaine de jours. « C’est tellement injuste, poursuit la jeune femme. Guilherme a toujours demandé à s’insérer dans cette société ; ses enfants sont intégrés parmi nous, ils sont intelligents, travaillent bien à l’école. Pourquoi s’acharner à vouloir détruire cette famille ? » D’autres parents ont assisté, de plus loin, à la scène. « On l’a vu descendre comme ça, menotté, une seule claquette aux pieds, avec un vide terrible dans les yeux. Ça m’a choquée de le voir partir comme ça, laissant sa famille derrière lui » témoigne une maman.

A la sortie de l’école, la petite fille de 10 ans qui a assisté le matin même à toute la scène, et vu un policier pointer une arme sur le père de sa meilleure amie, était manifestement en état de choc. Incapable de parler, de confier sa peur. Elle a simplement échangé quelques mots à la récréation avec son amie Exaucée, l’aînée de la famille Hauka-Mawete, puis semble s’être repliée dans le mutisme. Florence Mawete, la compagne de Guilherme Hauka, est elle aussi abasourdie. « Mon mari n’est pas un criminel, il est timide, il ne vole pas, il ne vend pas de la drogue. Sauf qu’il n’a pas ses papiers et ne veut pas quitter sa famille ».

Pourtant, « aux yeux de la loi, soupire Catherine Tournier, responsable de RESF dans le Rhône, Guilherme est un délinquant multirécidiviste et violent : il a refusé par deux fois de monter dans l’avion, il s’est débattu pour rester avec sa famille ». Guilherme Hauka, qui vit depuis huit ans en France et y a refondé une famille, s’est vu refuser la demande d’asile à son arrivée. La Préfecture ne lui a pas a pas non plus accordé de titre de séjour « vie privée et familiale », au motif qu’il avait déjà une famille en Angola. Mais, d’après RESF, ses enfants sont dispersés et son épouse décédée. Guilherme Hauka a reçu à la place du titre de séjour une obligation à quitter le territoire français, confirmée en octobre par le tribunal administratif.

En janvier, il est interpellé une première fois et placé en centre de rétention en vue de son expulsion. Refusant d’embarquer, il est traduit en justice et incarcéré pendant deux mois. Le 18 mars, il est conduit directement de la prison à l’aéroport où il refuse de nouveau de monter dans l’avion. « Il a préféré s’enduire de matières fécales plutôt que d’embarquer. Les policiers lui ont demandé de se nettoyer, il a refusé, et il a alors été recouvert d’une couverture avant d’être mis dans l’avion » expliquait hier son avocat, Me Sabatier, à l’AFP. Lors de l’escale à Francfort, le pilote refuse de décoller avec un voyageur sous contrainte. Guilherme Hauka est alors rapatrié en France et présenté à un juge des libertés et de la détention (JLD) qui ordonne sa libération, samedi dernier, et lui accorde sept jours pour quitter le territoire.

« Depuis qu’il a été libéré, on était plein d’espoir, raconte Sophie Buisson, la directrice de l’école maternelle. Lundi et mardi, on a vu ses enfants revivre : ils avaient le sourire ; après deux mois de séparation, ils étaient accrochés à leur père en arrivant à l’école. Alors ce matin, on est tombés de haut. J’ai trouvé que c’était violent, brutal. Guilherme Hauka a le souci de ses enfants ; il est impliqué dans la vie de l’école, assure tous les accompagnements, participe aux réunions. Pour nous, voir un père arraché à ses enfants, c’est inacceptable. En plus, on ne comprend rien à toutes ces procédures » poursuit la directrice.

Ce que ne savaient pas Guilherme Hauka, sa famille et ses soutiens, c’est que la Préfecture a fait appel de la décision du JLD dès le lundi, ouvrant la voie à la possibilité d’une nouvelle interpellation. Conduit en centre de rétention, Guilherme Hauka ne devrait pas être expulsable avant cinq jours. « Ça nous laisse peut-être le temps d’obtenir enfin sa régularisation si on arrive à alerter les gens, les élus, voire le président de la République ? » se demandent avec inquiétude des parents. Ils ont photocopié une affichette qu’ils veulent placarder dans l’ensemble du quartier et au-delà : « Libérez et régularisez Guilherme Hauka Azanga ! Assez d’acharnement contre un père de famille ».

Ils se sont donné rendez-vous samedi à 13h45 place des Terreaux, pour la manifestation organisée par le Réseau éducation sans frontière appelant à « la régularisation de tous les jeunes et familles sans papier ». « Ce n’est pas parce que c’est la loi qu’il est juste de séparer des familles. Nous voulons au contraire que ce qui nous semble juste rentre dans la loi » explique Catherine Tourier de RESF. Clamant leur soutien à Guilherme Hauka Azanka et sa famille, les parents de l’école Gilbert-Dru ouvriront demain le cortège.

Anne-Caroline JAMBAUD



Les profs ont défilé pour exprimer leur «exaspération»

Article 20 minute.fr

Manifestation de l'Education le 24 novembre 2009 à Paris.

Manifestation de l’Education le 24 novembre 2009 à Paris./SIPA

 

SOCIAL – Manifestations et rassemblements ont eu lieu dans toutes les académies…

C’était une journée de mobilisation pour l’éducation ce vendredi. Huit syndicats sont à l’origine de l’appel à la grève: le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, le Snalc-Csen, Snep-FSU, Snetap-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, Sud Education, et SNCL-FAEN.

Manifestations dans toute la France

Entre 1.100 manifestants selon la police et 10.000 selon les organisateurs ont défilé vendredi à Paris, entre Luxembourg et le ministère de l’Education nationale, pour exprimer leur «exaspération» et demander des postes et des personnels formés. D’autres manifestations ont eu lieu dans plus de 60 villes pour exprimer leur «exaspération» et demander des postes et des personnels formés.

A Paris, les manifestants, essentiellement des professeurs, sont partis peu après 14h15 du métro Luxembourg (5e), en direction des abords du ministère de l’Education nationale (7e) derrière une très large banderole sur laquelle on pouvait lire: «Abrogation des réformes Sarkozy-Chatel, de l’ambition pour tous les jeunes! Des postes et des personnels formés!».

Dans la matinée, entre 1.400 et 3.000 personnes manifestaient déjà à Marseille et 1.300 à 2.500 étaient rassemblées à Lyon. A Sarreguemines (Moselle), ils étaient 800 lycéens à manifester. A Toulouse, les manifestants étaient entre 450 à 500, à Nice entre 350 et 500-1.000. On comptait aussi 200 personnes à Reims (Marne) et une centaine à Metz, Saint-Brieuc et Saint-Malo.

50% d’enseignants en grève selon les syndicats

A la mi-journée, le ministère de l’Education nationale indique que les taux de participation à la grève sont de 15,14% pour les enseignants des collèges, 8,03% pour les enseignants des lycées professionnels et de 11,70% pour les enseignants des lycées d’enseignement général et technologique. Soit une moyenne pondérée de 12,90% pour les enseignants du second degré.

Des chiffres très différents de ceux fournis par les syndicats. Environ 50% des enseignants étaient en grève, selon la co-secrétaire générale du syndicat Snes-FSU, Frédérique Rolet.

Dégradation des conditions de travail

Les organisations syndicales s’insurgent notamment contre les 16.000 suppressions de postes prévues à la rentrée, dans le cadre d’une «politique budgétaire qui dégrade toujours plus les conditions de travail et d’étude et réduit l’offre de formation».

Elles contestent aussi la réforme du lycée, la jugeant conçue pour supprimer des postes et portant en germe une désorganisation des établissements en «imposant une autonomie de gestion de la pénurie».

Turbulences et insécurité

Les syndicats s’inquiètent enfin des conditions d’entrée dans le métier des enseignants tout juste recrutés, qui pourront se voir imposer un temps plein dès la rentrée de septembre, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

De plus, cette journée de mobilisation intervient après les turbulences du début d’année: tensions autour des remplacements d’enseignants, d’une rentrée 2010 difficile avec des suppressions de moyens et du thème de l’insécurité après trois agressions d’élèves dans des établissements du Val-de-Marne cette année.

C.C. avec agence

Article 20Minutes.fr

Les profs mobilisés contre les réformes

Les profs ont défilé pour exprimer leur «exaspération» dans Réforme du lycée article_1203-FRA09-EDUCATIONMANIFESTATION

« Ras-le-bol généralisé », « crise à son paroxysme ». Le ton monte chez les enseignants. Et à l’avant-veille du premier tour des régionales, ils ont bien l’intention de le faire savoir. La moitié des professeurs pourrait être en grève aujourd’hui, selon le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées.

Près de 26 manifestations seront organisées dans toute la France, avec une mobilisation particulièrement forte dans les académies d’Ile-de-France, de Lille, d’Aix-Marseille et de Lyon. La crise, profonde, trouve ses racines dans de multiples facteurs, parmi lesquels « des conditions de travail dégradées », « les effets successifs des réformes prévues ou en cours » ou la « dureté » de la ligne du ministre de l’Education, accusé par le Snes-FSU de faire « comme si tout allait bien ». Luc Chatel, mercredi encore, confirmait d’ailleurs le remplacement d’enseignants absents par des retraités de l’Education nationale dès la rentrée 2010. Une annonce révélatrice du « mépris pour le professionnalisme des enseignants », selon le SNUipp.

La fracture entre le ministre de l’Education et les enseignants semble bel et bien consommée, et intervient dans un contexte généralisé d’accroissement de la violence en milieu scolaire. Hier, quatre agresseurs ont pénétré dans un amphithéâtre de l’université Paris-XIII-Villetaneuse pour y racketter une trentaine d’étudiants. Une agression qui tombe mal pour le gouvernement, alors que Brice Hortefeux se félicitait dans le même temps « d’une baisse très sensible du racket » lors d’une réunion à l’Elysée sur le thème de la violence en milieu scolaire – réunion censée préparer les futurs états généraux de la sécurité à l’école, qui se tiendront les 7 et 8 avril à la Sorbonne.

A l’appel de la Fidl et de l’Unef, les lycéens eux aussi manifesteront aujourd’hui. Dès lundi, ils observeront « une grève des trousses et des cahiers » pour dénoncer les politiques éducatives du gouvernement. W

Ingrid Gallou

 

 

Article Libé.fr

«C’est comme si on voulait sacrifier cette jeunesse»

Par MARGAUX COLLET

Les enseignants étaient entre 1100 et 10 000 à  manifester ce vendredi

Les enseignants étaient entre 1100 et 10 000 à manifester ce vendredi

«Si on est là aujourd’hui, c’est pour nos élèves». Christine est enseignante au lycée professionnel Auguste Perret d’Evry. Elle manifeste ce vendredi pour «dénoncer les suppressions de postes que nous sommes les premiers à subir». C’est d’ailleurs un mot d’ordre récurrent dans les différents cortèges réunis à l’appel des huit syndicats d’enseignants des lycées et collèges. Difficile d’estimer l’importance de la mobilisation puisque le ministère avance 13% de grévistes, les syndicats 50%.

Principaux mots d’ordre de la manifestation: s’opposer aux 16 000 suppressions de postes annoncées pour 2010 dans l’Education nationale, la réforme de la formation des maitres et celle des lycées, mise en place à partir de septembre prochain. La proposition faite lundi, par le ministre Luc Chatel, de remplacer les enseignants absents par des étudiants qualifiés ou de jeunes retraités suscite également un vent de fronde.

«Postes supprimés, lycées sacrifiés»

Derrière une banderole «Pas contents» les professeurs du lycée Le Corbusier d’Aubervilliers sont venus protester, eux, contre la réforme du lycée. «La fin des demi-groupe et la suppression d’heures de spécialisation laissent présager beaucoup de théorie et moins de temps pour au final enseigner plus de choses». Aurélie Chassaigne, documentaliste dans ce lycée, ajoute qu’il existe une certaine confusion. Selon elle, «les chefs d’établissements sont débordés par l’application de la réforme car les informations leur arrivent au dernier moment».

En Seine-Saint-Denis, les professeurs du collège Jean-Baptiste Clément de Dugny appellent à un «plan de sauvetage de l’éducation pour le 93». Amina El Abid enseigne le français dans cet établissement dont «le résultat de 56% au brevet est pointé du doigt mais où on ne fait que réduire les moyens». Le jeudi 11 mars, à l’initiative de la FCPE, les parents ont lancé une opération «école déserte» en soutien aux enseignants et aucun élève n’était en classe, en signe de protestation. Damien Faraco, professeur de physique dans ce même collège, déplore que «dans un établissement en difficulté, il n’est pas possible de supprimer d’avantage de postes et d’augmenter les effectifs». Sa collègue Amina, ajoute, dépitée, «c’est comme si on voulait sacrifier cette jeunesse».

Les étudiants aussi présents

«Enseigner, c’est un métier. Il faut des enseignants formés !» Un étudiant IUFM lance ce slogan dans son mégaphone sur fond de percussions. Audrey Moreau est stagiaire en 1ère année à l’IUFM d’Ivry, elle fait donc partie de «la dernière promo avant l’application de la mastérisation». Elle se mobilise tout de même car le passage de la formation en cinq ans et la suppression des stages signifie pour elle que «l’on va envoyer face à des élèves des enseignants non formés avec le risque d’une gestion de classe catastrophique».

A l’appel de l’Unef, des étudiants, certes peu nombreux, étaient également présents. Le président du syndicat étudiant, Jean-Baptiste Prévost, explique que «les étudiants sont évidemment concernés par ce qui est en train de se passer». «Que ce soit du fait des milliers d’étudiants qui se destinent à enseigner ou de par la proposition du ministre de constituer un vivier de jeunes précaires pour remplacer les enseignants».

Azzedine Darmouli, professeur de SES au lycée Paul Eluard de Saint-Denis estime que «c’est dévaloriser son métier puisqu’il pourra être remplacé par un étudiant». Il déplore que «les logiques comptables priment à présent dans l’éducation, notamment par l’instauration d’un tronc commun à toutes les filières et la suppression des programmes spécifiques en histoire ou en langues». Une pancarte à la main, il constate «que la priorité de cette réforme a été son optique budgétaire. Il n’y a pas eu de réflexion de fond ».

 

Article Le Figaro.fr

Journée de grève dans les collèges et les lycées

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Crédits photo : AFP

A mi-parcours d’une journée de manifestations contre les réformes gouvernementales, les grévistes sont 13% selon le ministère et 50% selon le premier syndicat du secondaire. Une bagarre des chiffres qui rend difficilement compte de l’ampleur du mouvement.

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Crédits photo : AFP

Difficile de dire si le mouvement de grève des enseignants était bien suivi, vendredi. A la mi-journée, le Snes-FSU – premier syndicat du secondaire – annonçait 50 % de grévistes dans les collèges et les lycées, contre 13 % selon le ministère de l’Education nationale. Dans le détail, le ministère estime que les professeurs étaient 15 % à avoir cessé le travail dans les collèges, 8 % dans les lycées professionnels et 11,7 % dans les lycées d’enseignement général et technologique.

Traditionnellement, et encore plus en collèges et lycées que dans les écoles primaires, les chiffres du ministère et des syndicats sont très différents. Le Snes-FSU reproche notamment au ministère de rapporter le nombre des grévistes à l’ensemble des personnels et non à ceux en exercice le jour de la grève.

 

Une soixantaine de manifestations

Même écart entre les chiffres des manifestations. Ils étaient 1.100 selon la police, 10.000 selon les organisateurs, à défiler vendredi dans la capitale. La réforme du lycée comptait parmi les motifs de critique des huit syndicats – SNES-FSU, FO, CGT, Sud-Education, FAEN et SNALC – ayant appelé à cette journée nationale de grève et manifestations. Pourtant, les manifestants parisiens, enseignants et lycéens, ont essentiellement dénoncé les 16.000 suppressions de postes prévues pour 2010 et la réforme de la formation.

En tout, une soixantaine de manifestations étaient organisées vendredi dans toute la France. Dans la matinée, entre 1.400 et 3.000 personnes ont manifesté à Marseille et 1.300 à 2.500 étaient rassemblées à Lyon. On comptait aussi des centaines de manifestants à Toulouse, Nice, Reims ou encore Metz. Les organisations syndicales sont convenues de se retrouver à 18 heures pour décider des suites du mouvement.

LIRE AUSSI :

» La réforme du lycée décryptée matière par matière

» Lycée : Chatel maintient le cap

 

 

 

 

 

 



Urgent – Ecole recrute retraités, étudiants, pour remplacements

Article Libe.fr

 

Manif paris janv 2010
Trop c’est trop: cinquante parents d’élèves de Pantin, en Seine-Saint-Denis, ont envoyé ce matin à Luc Chatel des recours en indemnisation.  Ils réclament un euro symbolique de « réparation » par jour de cours perdu par leurs enfants parce que leurs enseignants, absents, n’ont pas été remplacés. Pour ces parents exaspérés, le service public a failli. Et le ministre doit répondre. Pas sûr que sa proposition de recourir à des retraités et à des étudiants pour des remplacements suffise à désamorcer la colère.

La démarche de ces familles est inédite. Les absences non remplacées sont traditionnellement un sujet de mécontentement pour les parents. En primaire, les enfants sont répartis en « surnombre » dans d’autres classes et souvent perdent leur temps. Mais ponctuellement, les familles comprennent que le remplacement ne puisse se faire le jour même. De plus jusqu’ici, les plaintes concernaient surtout le secondaire, avec des profs non remplacés parfois pendant deux semaines. Dans le primaire, grâce aux « brigades » de remplacement, le problème semblait moins aigu.

Malgré tout la situation est difficile dans certaines académies comme Créteil. A l’école  Joliot Curie de Pantin, Daniel Garault , représentant des parents d’élèves à l’origine de la révolte, affirme que sa fille Adèle, en CE1, a vu défiler 18 enseignants depuis le CP – une prof partie en congé maternité, ses deux remplaçantes à temps partiel, les collègues qui se sont répartis les élèves, etc.

« En collectant les recours, explique-t-il, je me suis aperçu que mon école n’était pas une exception. Dans les quatre autres où des parents sont mobilisés, il y a au moins une classe où les élèves ont eu au minimum quinze jours de cours non assurés depuis la rentrée ». Le maire de Pantin, le socialiste Bertrand Kern, dont la fille est scolarisée dans l’une de ces écoles, compte parmi les plaignants.

Pour Daniel Garault comme pour les autres parents, il y a en plus une injustice. La Seine-Saint-Denis est particulièrement touchée par la pénurie de remplaçants – sur la seule ville de Pantin, il en manquerait une douzaine. Or la population y est socialement  fragile et les journées perdues pèsent plus lourdement pour ces enfants que pour d’autres. A Joliot Curie, un tiers des familles sont non francophones, une majorité d’origine étrangère. .

Chatel mars 2009 ministre Ind et Consommation (Reuters) L’annonce par Luc Chatel d’une « mobilisation générale » en faveur du remplacement n’a guère impressionné à Pantin. Le ministre a notamment demandé aux Rectorats de « constituer un vivier supplémentaire de contractuels associés: des personnes qui auront déjà été vues par les inspecteurs, et dont on sait qu’on  pourra les appeler au pied levé, pour un ou trois jours, des jeunes retraités de l’Education nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ».

L’annonce a surtout déclenché un tollé parmi les syndicats enseignants – comme le SE-Unsa, Sud Education , le Snalc – , étudiants – l’Unef -, lycéens – la Fidl et l’UNL – ainsi que les chefs d’établissement du SNPDEN.  « Remplacer au pied levé un enseignant dans une classe de maternelle ou de CM2 ne s’improvise pas: cela demande connaissance des niveaux, de la gestion d’une classe et professionnalisme », écrit le SNUipp, principal syndicat du primaire. « Le ministre feint d’oublier qu’à la rentrée, il a supprimé 3000 postes de remplacement », rappelle le SNES, principal syndicat du secondaire, qualifiant Chatel de « pompier pyromane ».

« Ce que nous voulons pour nos écoles de Pantin, ce sont des gens compétents, diplômés, qualifiés, même chevronnés. Car nos enfants ont accumulé des retards. Si le ministre voulait nous être agréable, pour compenser, il pourrait même nous affecter deux enseignants par classe jusqu’à la fin de l’année. Ce ne serait pas de trop pour combler les lacunes des enfants », rêve Daniel Garault.

Ce mercredi, la FCPE (première fédération de parents d’élèves) du 93 organise une réunion d’informations pour les parents intéressés par ce type d’action à 19 heures à la Bourse du Travail de Bobigny. Un avocat expliquera la démarche et les papiers à réunir. Un rendez-vous est ensuite prévu dans trois semaines, pour envoyer les recours au ministre.

Crédits photos: manif à Paris en janvier 2010 (de l’auteure), Chatel encore ministre de l’Industrie et de la Consommation en mars 2009 (Reuters)

 

Article Le Monde.fr

« J’en suis à mon 26e CDD dans l’éducation nationale »

Vacataires, contractuels, TZR (pour titulaire sur zone de remplacement)... Les appellations désignant les professeurs remplaçants renvoient à des statuts différents, mais à une réalité partagée : le sentiment d’être un enseignant « de seconde zone », toujours en « intérim ». Alors que le ministre de l’éducation, Luc Chatel, souhaite s’attaquer au problème du non-remplacement dans l’éducation nationale, des professeurs remplaçants témoignent de leur quotidien.

  • TZR : les fonctionnaires bouche-trous, par Mohamed D.

Je suis professeur titulaire de sciences physiques depuis deux ans en étant titulaire sur zone de remplacement (TZR). Ce statut me paraît corrompu puisqu’il est né de la nécessité de remplacer les professeurs absents (congé de maternité, maladie ou autre). Or ce n’est pas son application, du moins dans mon cas. Je n’ai jamais remplacé personne mais je sers en fait de variable d’ajustement dans la dotation horaire des établissements : en somme, lorsqu’un chef d’établissement a besoin de six heures en physique par exemple, il le signale au rectorat, qui lui donnera un TZR pour six heures. Les TZR ne connaissent donc aucune stabilité dans les établissements (ce qui ne facilite jamais l’assise de l’autorité puisqu’on est perpétuellement « testé » par nos nouveaux élèves).

  • Qui râle le plus fort obtient un remplacement, par G. S.

Je suis enseignant du premier degré affecté au remplacement d’enseignants partis en stage de formation continue (chaque enseignant du premier degré a droit à 36 semaines de formation au cours de sa carrière) en Seine-et-Marne. Mais dans les faits, la formation continue n’existe quasiment plus faute de crédits et j’effectue des remplacements de collègues malades. Le taux de remplacement est de plus en plus faible et nous sommes déplacés en fonction des réactions de mécontentement des parents : qui râle le plus fort obtient un enseignant au détriment d’autres secteurs moins mobilisés.

L’année dernière j’ai été affecté en urgence, fin février, hors de ma zone géographique, dans une classe qui n’avait pas d’enseignant depuis les congés de la Toussaint. Le nombre de remplaçants disponibles est tel qu’en Seine-et-Marne, la continuité de l’enseignement n’est plus garantie. Dans ma circonscription de référence, on compte chaque jour une moyenne de dix absences non remplacées chaque jour, avec un pic à dix-sept en février.

  • Une situation écœurante, par Carine R.

Je suis TZR en lettres modernes depuis dix ans. Au début, la pénibilité du métier (essayez de prendre une classe de collégiens en ZEP en cours d’année…) était compensée par quelques « avantages » : des points pour les mutations, des indemnités correctes, parfois quelques jours de « vacances » entre deux remplacements épuisants. On a supprimé une bonne partie de ces avantages. En dix ans, j’ai eu en tout trois mois sans élèves, et la réalité, c’est qu’à peine un remplacement est fini, on nous appelle pour un autre. Avec des situations aberrantes : être appelée le lendemain de la rentrée de septembre pour un congé maternité prévu depuis avril ; être appelée un lundi (le remplacement précédent s’étant achevé le vendredi soir) pour remplacer une collègue absente depuis deux semaines. La situation actuelle est écœurante. Le rectorat supprime des postes de TZR à la pelle, et après, on se plaint que les profs ne sont pas remplacés. On fait appel à des vacataires sans expérience qui abandonnent devant la difficulté de la tâche : j’ai ainsi été le septième professeur de français d’une classe de quatrième difficile.

  • Une aberration, par Thomas A.

Je suis professeur de lettres remplaçant TZR. Je suis rattaché à un collège dans lequel j’ai quelques classes, mais pas suffisamment pour couvrir mon service. On m’emploie donc à des tâches pour lesquelles je ne suis pas qualifié (tenir le CDI et former des élèves ne parlant pas français). En parallèle, depuis qu’une enseignante en lettres est partie en congé maternité dans ce collège, on a recruté une vacataire qui n’a jamais enseigné pour effectuer le service complet de la collègue arrêtée – alors même que j’ai des heures inemployées qui auraient pu servir à le pallier.

  • La réalité d’un TZR lambda, par Vincent S.

Je suis professeur d’histoire-géographie et j’ai toujours été TZR. Cela fait plusieurs années que j’exerce dans deux établissements en même temps et ces affectations varient d’une année sur l’autre : en cinq ans, j’ai travaillé dans deux lycées généraux, quatre lycées professionnels et quatre collèges. Pratique pour le suivi des élèves ! Bien que titulaire d’un Capes d’histoire-géographie, je travaille régulièrement en lycée professionnel (normalement ces postes sont réservés à des enseignants spécialisés titulaires du concours CAPLP) : donc, la polyvalence est bien de rigueur.

Comment s’investir véritablement dans la vie d’un établissement et améliorer ses pratiques ? Comment construire sa vie quand on sait que les TZR peuvent être envoyés dans des zones limitrophes de la leur (donc, dans un rayon de près de 100 kilomètres, dépassant souvent les contours départementaux) d’une année sur l’autre ?  Quant à la fameuse « sécurité de l’emploi », quid des contreparties ? Nous ne choisissons pas nos lieux de travail, sommes sous-payés au regard de notre niveau d’études, déconsidérés par les parents et notre métier est rendu de plus en plus difficile par les exigences qu’on nous impose et le public que l’on accueille. Mais je reste zen : j’aime (encore) mon métier.

 

Article le Monde

Luc Chatel s’attaque au non-remplacement des enseignants
LEMONDE.FR | 09.03.10 | 07h21  •

Dans un entretien au Parisien mardi 9 mars, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, expose son plan contre les absences non remplacées des enseignants et décrète « la mobilisation générale ». « Il faut se mobiliser pour toutes les disciplines, parvenir au remplacement des enseignants, dans le primaire comme dans le secondaire, dans les délais les plus brefs », explique le ministre, pointant « un taux de remplacement », pour les absences de courte durée, qui « n’est que de 19 % dans le second degré ».

M. Chatel estime que cinquante mille des huit cent cinquante-sept mille professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10 % d’entre eux dans le primaire et 20 % dans le secondaire ne sont pas assez utilisés. Il préconise donc un système « plus souple », souhaitant « faire bouger les frontières académiques ». « En cas de besoin, le futur responsable [des remplacements] de rectorat devra pouvoir appeler son homologue de l’académie voisine. » Enfin, pour mieux pallier les absences de courte durée, le ministre prône de faire appel à « de jeunes retraités de l’éducation nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ».

Le père d’une élève scolarisée à Pantin, en Seine-Saint-Denis, avait annoncé le 15 février avoir déposé plainte contre le ministre de l’éducation nationale « pour faute grave d’organisation du service public de l’éducation », déplorant « des problèmes de remplacement intenables ». « Il manque de façon régulière sur la commune douze à treize enseignants, l’équivalent d’une grosse école », avait affirmé Daniel Garault, délégué FCPE élu des parents d’élèves, père d’une élève en CE1 à l’école Joliot-Curie, dénonçant « des problèmes de remplacement intenables à Pantin, et plus largement dans l’académie de Créteil ». M. Garault avait appelé à « un dépôt de plainte collectif » des parents d’élèves, le 9 mars, au tribunal administratif de Montreuil.

Le Monde.fr avec AFP

 

Article Le Figaro.fr

Le plan Chatel contre l’absentéisme des profs

Par Charlotte Menegaux
09/03/2010 | Mise à jour : 12:13
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Selon la FCPE, le non-remplacement des professeurs absents ferait perdre en moyenne une année de cours sur l'ensemble de la scolarité d'un enfant.
Selon la FCPE, le non-remplacement des professeurs absents ferait perdre en moyenne une année de cours sur l’ensemble de la scolarité d’un enfant. Crédits photo : AFP

Le ministre de l’Education nationale entend demander aux recteurs de se mobiliser pour améliorer les remplacements. Quitte à faire appel à des étudiants ou des retraités.

Urgent - Ecole recrute retraités, étudiants, pour remplacements dans Revue de presse coeur-La FCPE (première fédération de parents d’élèves) ne cesse de le rappeler, un élève perdrait en moyenne, sur l’ensemble de sa scolarité, un an en temps de cours non remplacé. «Avis de mobilisation générale à tous les échelons de l’Education nationale» lance le ministre, mardi. Avant de réunir les recteurs dans la matinée, Luc Chatel dévoile son plan pour mieux remplacer les professeurs absents dans Le Parisien. Il confirme en fait les pistes déjà évoquées par Le Figaro en janvier dernier. Le point sur ses propositions :

«Enclencher la recherche de solutions dès le premier jour». Luc Chatel estime que, dans le primaire comme dans le secondaire, l’absence d’un enseignant doit être réglée au plus vite. Actuellement, un délai de carence fait qu’une absence est signalée au rectorat au bout de quatorze jours ouvrables. En deçà, elle est gérée en interne par l’établissement.

«Concentrer les moyens» sur les absences de courte durée. Comme le rappelle le ministre de l’Education nationale, le taux de remplacement des absences de moins d’une semaine les plus imprévisibles-, n’est que de 19%. A l’inverse, il est respectivement de 91,3 et 92% dans le primaire et le secondaire, en ce qui concerne les absences de plus de quinze jours. Or, un tiers des absences imprévisibles (maladie, accident…) ne durent qu’une journée, et les trois quart sont inférieures à six jours.

«Instaurer un pilote chargé du remplacement». Chaque chef d’établissement devra désormais désigner un responsable en la matière. Aucun collègue ne peut remplacer, au pied levé, un professeur absent ? Dès le premier jour, le «pilote» devra faire appel au rectorat, où un «interlocuteur dédié à ce seul problème» tentera de lui apporter la meilleure réponse. Le ministre ne dit pas qui occupera ces fonctions dans les structures existantes.

«Faire bouger les frontières académiques». Les futurs responsables de rectorat devront pouvoir contacter l’académie voisine, en cas de manque de remplaçants dans leur propre académie. Le ministre de l’Education nationale ne précise pas dans quelles limites ce dispositif pourra être utilisé. Mais il cherche visiblement à assouplir les règles qui distribuent actuellement les remplaçants par académie.

«Faire appel à des retraités de l’Education nationale, des étudiants ou adultes diplômés». Peu avare en chiffres, Luc Chatel rappelle que 10% (en primaire) et 20% (en secondaire) des 50.000 remplaçants titulaires ne sont pas «pleinement utilisés». Il cherche donc à «améliorer le vivier de remplaçants» de chaque rectorat. Comparant les étudiants qualifiés aux internes de médecine, Luc Chatel estime que «c’est devant les élèves qu’on apprend le mieux à enseigner». Il n’envisage l’utilisation de ce «vivier supplémentaire de contractuels associés» que pour des remplacements courts, de un à trois jours. S’il ne précise pas ce qu’il entend par «adulte diplômé», il indique que ces nouveaux contractuels «auront déjà été vu par les inspecteurs».

 

 


Les principales Fédérations de parents d’élèves sont globalement satisfaites que le gouvernement se saisisse du problème. Les réactions de leurs présidents : 

Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (première fédération de parents d’élèves, classée à gauche) : «Aujourd’hui, les recteurs ne peuvent pas quantifier les heures d’absence de profs car il n’y a aucun outil spécifique. On va désormais acquérir plus de transparence sur le sujet. Enfin, le gouvernement reconnaît la légitimité de nos revendications. Cela fait des années que l’on met l’accent sur la nécessité de remplacer les profs absents, et ce dès le premier jour d’absence. Il faut désormais voir ce que cela va donner sur le terrain. Je ne crois pas beaucoup à l’idée d’élargir les frontières académiques. Où va-t-on fixer les limites ? Où va-t-on placer le bureau des remplacements -qui doit effectivement absolument être créé ? Ce qui nous dérange surtout, c’est que ce ne soit pas un enseignant qui remplace un enseignant. Les professeurs retraités, pourquoi pas, mais il ne s’agit pas vraiment d’une solution pérenne pour les élèves. Pour les étudiants, c’est compliqué. Ils doivent être accompagnés pendant leur formation, on ne peut pas les abandonner comme ça devant une classe inconnue pour quelques jours… Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités jusqu’au bout et qu’il crée des postes d’enseignants remplaçants. Des milliers d’entre eux ont été supprimés par l’ancien ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, il va falloir corriger le tir si on veut aller au bout des choses».

Philippe Vrand, président de la PEEP (deuxième fédération de parents d’élèves du public, classée à droite) : «L’absentéisme des profs dure depuis trop longtemps, les parents en ont ras-le bol ! Les deux pistes de réflexions que nous défendons depuis longtemps ont été prises en compte : la gestion des ressources humaines doit être géographiquement plus souple, et le délai de carence de quatorze jours avant de déclarer un prof absent auprès du rectorat doit être supprimé. Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, se saisit du problème et nous en sommes satisfaits. Il faut maintenant que ces propositions soient appliquées. Pour ce faire, regardons en interne : pourquoi ne pas envisager un vivier de remplaçants titulaires à disposition des établissements scolaires ? Les enseignants ne pourraient-ils pas rester 2 ou 3 heures de plus par semaine (payées en heures supplémentaires) pour être disponibles au pied levé en cas d’absences d’autres profs ? Je sais qu’ils ont beaucoup de travail en amont et en aval de leurs cours, mais peut-être qu’ils peuvent participer à l’effort collectif ? Nous pensons également qu’il faut travailler sur la polyvalence des enseignants (certains d’entre eux sont tout à fait capables, par exemple, d’assurer un remplacement en géographie alors qu’ils sont profs de français). Quant à l’idée de faire appel à des retraités de l’Education nationale volontaires : je dis pourquoi pas. Je pense également que des gens en formation qui se prédestinent à être enseignants peuvent tout à fait faire l’affaire. Donnons-nous les moyens d’assurer tous les cours pour la réussite de nos enfants.»

 

Article 20 Minutes.fr

Luc Chatel dévoile son plan pour pallier les absences non remplacées des enseignants

EDUCATION – Il veut notamment faire appel à des étudiants ou des retraités de l’Education nationale…

Luc Chatel décrète la «mobilisation générale». Réunissant les recteurs ce mardi, le ministre de l’Education nationale entend remédier rapidement au casse-tête des enseignants non remplacés en cas d’absence. Le vrai problème concerne particulièrement les absences courtes, pour lesquelles «le taux de remplacement n’est que de 19% dans le secondaire», estime Luc Chatel, interrogé dans Le Parisien de ce mardi.

Les solutions envisagées? D’une part, faire appel à des «contractuels associés», soit «des étudiants qualifiés, des adultes diplômés ou des jeunes retraités de l’Education nationale». Et, d’autre part, mettre fin aux frontières académiques, qui empêchent les remplaçants titulaires de pouvoir donner cours dans d’autres académies que la leur. Luc Chatel estime en effet que 50.000 des 857.000 professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10% d’entre eux dans le primaire et 20% dans le secondaire «ne sont pas pleinement utilisés».

Un «monsieur remplacement»

L’objectif pour les recteurs sera alors, dans un premier temps, de nommer un «monsieur remplacement», soit un interlocuteur que les établissements pourront appeler à la première heure pour leur trouver un remplaçant. Ensuite, d’ici à la rentrée prochaine, le ministre demande aux recteurs de se constituer un vivier de «contractuels associés», ces remplaçants d’un nouveau genre qui seront supervisés par des professeurs expérimentés.

Cette annonce intervient alors qu’une journée nationale de grèves et de manifestations se profile vendredi à l’appel des syndicats de l’enseignement pour protester contre les réformes dans l’éducation. De même, des fédérations de parents d’élèves de Seine-Saint-Denis continuent depuis plusieurs semaines de déposer des recours devant les tribunaux administratifs pour des problèmes de remplacement.

 

 

 

 



Ce lycée d’Aubervilliers qui propage sa grève partout en ville

En Seine-Saint-Denis, le ras-le-bol des profs prend de l’ampleur. Une semaine après avoir voté la grève illimitée, les enseignants de la cité scolaire Henri Wallon d’Aubervilliers sont les fers de lance de l’opposition aux suppressions de postes dans l’Education nationale. Partie du lycée, la contestation se propage dans les écoles primaires et les collèges.

Armée de quelques tracts et d’une solide conviction, la délégation d’Henri Wallon pénètre à douze heures précises dans la salle des professeurs du lycée Auguste Blanqui, à Saint-Ouen. Une trentaine d’enseignants de ce complexe scolaire s’est mise en « grève illimitée » lundi dernier.

Tous comptent bien en profiter pour aller à la rencontre d’un maximum de collègues des autres établissements du département. Le but : bâtir une opposition unie contre les réformes entreprises par le ministère de l’Education nationale.

« Chaque jour, nous décidons dans quel établissement nous allons nous rendre. »

Lise Tchao, professeur de français au lycée Henri Wallon, explique :

« Il faut agir ensemble : chaque année, les établissements organisent de manière isolée des journées de grève qui n’ont aucun impact sur les décisions du gouvernement. Cette semaine, nous avons réalisé que les autres établissements rencontrent les mêmes difficultés. Beaucoup ont décidé de nous rejoindre. » (Voir vidéo)

Pendant que ces professeurs exposent leurs revendications à leurs collègues d’Auguste Blanqui, une deuxième délégation visite une autre école :

« Chaque jour, nous décidons dans quel établissement nous allons nous rendre. Pour l’instant, nous en avons visité une quinzaine, tous niveaux confondus. Certains d’entre eux nous ont eux-même contactés, puis ils se déplacent à leur tour ailleurs. »

La stratégie s’annonce pour le moment payante. Après une semaine de grève et de débrayages, ils étaient environ 200 personnes, enseignants et parents d’élèves confondus, à manifester jeudi devant la mairie d’Aubervilliers.

Les enseignants du collège Diderot ont eux conçu un blog. Il centralise les actions entreprises par les divers établissements de la ville. Les syndicats ont également relayé leur appel à venir manifester devant la mairie de Saint-Denis, ce mardi à 14 h.

« Depuis cinq ans, plus de 50 000 emplois ont été détruits »

D’après Ronan Le Berre, l’opposition est une nécessité. Ce professeur d’anglais en poste à Aubervilliers insiste sur le nombre de postes supprimés :

« Depuis cinq ans, plus de 50 000 emplois ont été détruits au sein de l’Education nationale. On ne peut pas rester les bras croisés. On doit tout faire pour stopper cette tendance, car les conséquences sont désastreuses. »

Dans la salle des professeurs d’Auguste Blanqui, l’auditoire est très réceptif. Deux sentiments dominent : la colère et l’inquiétude. Selon eux, l’école est attaquée de toute part, tant au détriment des élèves que des professeurs.

Hélène Becherini, professeur de Lettres et d’Histoire à Saint-Ouen, dénonce :

« Désormais, d’un lycée à l’autre, les élèves ne bénéficient pas du même nombre d’heures de cours, ce qui est injuste. L’Etat a en effet instauré des heures planchers : je n’ai que trois heures et demi pour enseigner le Français et l’Histoire à mes élèves. Puis, le proviseur peut ensuite décider de me débloquer des heures de cours supplémentaires. Mais c’est à sa seule discrétion. »

La lettre du ministère

Sa collègue Viviane Moguellet, professeur d’anglais en filière générale, brandit la lettre envoyée par le ministère aux professeurs des filières liées au tertiaire administratif :

« Alors qu’ils enseignent la comptabilité ou le secrétariat, on leur annonce qu’ils devront peut-être donner des cours de Sciences physiques ! Si jamais ils refusent, ils peuvent être licenciés. On dénigre ces personnes qui ont pris la peine de passer un concours et on ne pense pas aux conséquences que ces décisions auront sur les élèves. »

(Voir la lettre)

Pour Lise Tchao, ce n’est pas un hasard si le mouvement est né en Seine-Saint-Denis :

« Nous sommes confrontés à des situations sociales extrêmement dures. Quand le gouvernement prend une décision qui lui paraît minime, comme la suppression d’un poste ou la réduction du nombre de surveillants, les conséquences sont énormes pour nous qui sommes sur le terrain. »

Postes supprimés, effectifs augmentés

Viviane Moguellet confirme les complications engendrées par les suppressions de poste :

« L’État supprime des postes et augmente les effectifs des classes. Cette année, les élèves se retrouvent à plus de trente dans les classes de langue. Notre lycée est situé en ZEP, nos élèves ont plus de difficultés à se concentrer. Ils font plus de bruit, se fatiguent plus vite. Les profs s’énervent aussi plus rapidement. »

La garantie de la sécurité pose aussi problème. Selon Hélène Becherini, professeur d’Histoire et de Lettres, le nombre de surveillants était deux fois plus important il y a quelques années. Pour l’équipe de Wallon, le manque de surveillants dénoncé par le lycée de Vitry-sur-Seine confirme leurs revendications : les établissements manquent cruellement d’adultes pour encadrer les enfants.

Les parents essentiels au mouvement

Ronan Berre avoue honnêtement ne pas savoir si le mouvement prendra ou s’il sera dur de mobiliser. Cependant, la délégation de Wallon est plutôt optimiste : de nombreux parents les auraient soutenus jeudi, lors de leur première manifestation. Aux yeux des grévistes, leur participation est indispensable.

Georges Vartaniantz, un enseignant, tient à tirer les leçons du passé :

« Il est important de mobiliser les parents. En 1998, on a réussi à gagner car ils nous soutenaient. On ne peut pas espérer de victoire si les parents ne sont pas avec nous. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89



Une action forte en SES

Epreuve annulée

Epreuve annulée



La réforme du lycée relance la guerre des programmes d’économie

Article l’Humanité

Le chômage fait tache dans les programmes

Enseignants et lycéens montent au créneau pour dénoncer la baisse du niveau des futurs programmes de sciences économiques et sociales, et les dangers de leur réorientation idéologique.

« Le ministère souhaite-t-il faire enseigner les “aspects positifs de l’économie” en SES  ? » interroge dans son communiqué l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). C’est une crainte avérée depuis la mise à disposition, mercredi, des nouveaux programmes d’économie de la classe de seconde. Enseignants et lycéens déplorent, par exemple, l’impasse totale faite sur les problématiques du chômage, du pouvoir d’achat ou encore la portion congrue laissée aux sciences sociales par rapport à l’économie. Cette réorientation des apprentissages va de pair avec la création d’une nouvelle discipline, fortement contestée par les professeurs de sciences économiques, et baptisée « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » (Pfeg).

« Choix dogmatiques »

Le gouvernement a donc tranché dans le bras de fer opposant les entreprises, favorables à cette option, où la microéconomie tient une place de choix, et les enseignants. Dans un rapport remis au gouvernement en 2008, une mission dirigée par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, avait mis l’accent sur le besoin de microéconomie et déploré que les SES insistent plus sur « les problèmes de notre société » que sur ses « réussites ». Sauf que l’actualité récente a montré combien ces « problèmes » étaient prégnants.

Dans ce contexte, que redoutent donc les entreprises  ? Que les jeunes lycéens développent leur esprit critique sur les enjeux des processus de précarisation et de discrimination  ? La Fidl, organisation lycéenne, n’a pas hésité à dénoncer « un formatage cérébral »  : « En enlevant tous les aspects sociaux du programme économique et social, le gouvernement espère-t-il faire de nos lycéens de braves moutons formés à la logique d’entreprise, prêts à se faire licencier, à être de bons soldats  ? » Même écho du côté de l’UNL, qui juge ce préprogramme « dogmatique ». L’association lycéenne rappelle ainsi que la crise frappe de plein fouet les jeunes, « premières victimes de la hausse du chômage et de la précarité ».

Ixchel Delaporte

 

L’enseignement de l’économie à nouveau en débat

Article les Echos
Une fois n’est pas coutume, les professeurs d’économie vont pouvoir se prononcer eux-mêmes sur leurs nouveaux programmes scolaires. Echaudé par le conflit survenu l’an passé avec les enseignants de cette discipline, le ministère de l’Education nationale a décidé de jouer cartes sur table dans le cadre de sa future réforme du lycée. Luc Chatel a mis en ligne hier sur Internet les nouveaux programmes d’enseignement de l’économie en seconde, qui seront mis en oeuvre à la rentrée prochaine. « Les propositions seront mises en ligne jusqu’au 12 mars pour que les enseignants se les approprient et puissent éventuellement suggérer quelques ajustements », a fait valoir le ministre de l’Education dans « Le Figaro ». Moyen de calmer le jeu mais aussi d’éviter le tête-à-tête avec la toute puissante Apses, association des professeurs d’économie, qui, après avoir réussi à faire reculer Xavier Darcos l’an passé, fait désormais monter la pression sur son successeur, en appelant ses troupes à défiler samedi. L’Apses considère que la réforme, qui rend l’enseignement obligatoire en seconde, à raison de 1 h 30 par semaine, et propose aux élèves de choisir entre « sciences économiques et sociales » et « principes fondamentaux de l’économie et de la gestion » ne s’accompagne pas de programmes satisfaisants. Ils « gomment les enjeux économiques et sociaux contemporains », et font l’impasse sur le chômage déplore l’Apses, rejointe par les lycéens de l’UNL.

Les Echos

 

La réforme relance la guerre des programmes d’économie
La Tribune 2/2/2010
Les projets de programmes de sciences économiques et sociales et d’économie-gestion soumis à consultation sont jugés peu attractifs et orientés idéologiquement.

Avec la mouture Chatel de la réforme du lycée, on croyait la hache de guerre sur les programmes d’économie enterrée. Il n’en est rien. La mise en ligne par le ministère de l’Education nationale de ses projets de programmes pour la classe de seconde a réactivé la polémique suscitée en 2008 par le rapport Guesnerie. Ce dernier préconisait notamment de familiariser les lycéens avec le monde de l’entreprise et critiquait un enseignement qui mettait  » plus l’accent sur les problèmes de notre société  » (chômage, précarité) et  » peu sur ses réussites « . Prudente, l’Apses (Association des professeurs de sciences économiques et sociales), plus occupée à défendre la place réservée à sa discipline (cette option de 3 heures hebdomadaires, choisie par 43 % des élèves de seconde, va devenir, comme l’économie-gestion, un enseignement exploratoire d’1h30) estimait cependant récemment que  » ce procès en idéologie de la part du patronnat  » restait  » sous-jacent « .

Enjeux :
Et de fait, les programmes soumis à consultation jusqu’au 12 mars cumulent les défaut.  » L’apprentissage d’outils plus abordables par des étudiants du supérieur est privilégié aux dépens des notions clés  » , critique Marjorie Galy, vice-présidente de l’Apses, qui craint un effet  » repoussoir  » auprès de jeunes de 15 ans, peu enclins à saisir les charmes des élasticités ou des courbes de coût marginal. Des sujets tels le chômage, la famille ou les investissements dans les entreprises disparaissent. L’association nationale des professeurs d’économie et gestion (Apceg), elle, dénonce des programmes  » trop lourds « ,  » trop dogmatiques  » qui  » gomment tous les enjeux du monde contemporain  » et qui ne mettent pas en perspective  » les savoirs de gestion « . Conséquence dommageable commune à ces deux enseignements exploratoires :  » Nous ne sommes plus dans une logique d’exploration ! » constate Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT qui regrette que la réforme du lycée soit l’occasion de  » régler de vieux comptes idéologiques « . De son côté le Snes-FSU dénonce une démarche  » microéconomique standard  » alors que les organisations lycéennes (UNL, FIDL) soupçonnent un  » formatage cérébral » destiné à  » ne pas éveiller l’esprit critique « .
La semaine dernière, le nouveau directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquer, cité par l’agence spécialisée AEF, démentait toute  » approche idéologique  » et rappelait que l’objectif de la consultation est  » de tenir compte des observations « . Le respect ou non de cet engagement  » sera un test « , prévient déjà Thierry Cadart. L’Apses compte pour sa part proposer un  » programme alternatif  » dans quinze jours.

Par Clarisse Jay

 

 



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