Les profs appelés à descendre dans la rue samedi à Paris

Les raisons de la colère: les suppressions des postes, la réforme du lycée, celle de la formation des maîtres….

Article Libé.fr

 

Des personnes manifestent lors de la grève nationale de la fonction publique le 21 janvier 2010 à

Des personnes manifestent lors de la grève nationale de la fonction publique le 21 janvier 2010 à Strasbourg. (© AFP Frederick Florin)

 

Plusieurs organisations de l’Education appellent à une manifestation nationale samedi à Paris notamment pour protester contre les suppressions de postes de professeurs et la réforme de la formation des enseignants.

Le cortège partira de la place Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement) à 13H30, pour se diriger vers la station de métro Sèvres-Babylone (VIIe arrondissement). «Une dizaine de milliers» de manifestants sont attendus, selon la FSU.

Suppressions de postes. Les syndicats entendent protester «contre le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite et la suppression systématique de dizaines de milliers de postes», selon le texte d’appel de la FSU. 50.000 postes ont été supprimés dans l’Education depuis 2007.

La formation des maîtres. Est aussi réclamé «l’abandon» de la réforme de la formation et du recrutement des futurs enseignants (écoles, collèges, lycées) «et la négociation d’une toute autre réforme».

Le manque de formation pédagogique et pratique (devant élèves) au regard des aspects disciplinaires et la place du concours pendant l’année de Master 2, qui va surcharger les étudiants, entre autres, sont fortement critiqués.

La réforme du lycée. Les syndicats du second degré et la FIDL demandent par ailleurs de revenir sur la réforme du lycée qui doit s’appliquer à la rentrée 2010 pour la classe de seconde. Les textes de cette réforme ont été publiés jeudi au journal officiel.

Les opposants dénoncent les diminutions horaires de certaines disciplines et estiment que cette réforme a été faite pour supprimer des postes.

Les programmes de SES. Les professeurs de l’APSES protesteront en particulier contre les projets de nouveaux programmes d’économie de seconde pour la rentrée 2010, qui «gomment systématiquement les enjeux économiques et sociaux contemporains», en particulier sur la question du chômage.

 

Education : 10.000 manifestants défilent dans Paris

 

NOUVELOBS.COM | 30.01.2010 | 15:46

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Des milliers de manifestants défilaient cet après-midi à Paris pour protester notamment contre les suppressions de postes et la réforme de la formation des enseignants.

 

(Sipa)

(Sipa)

Des milliers de manifestants, 10.000 selon la FSU, défilaient samedi 30 janvier après-midi à Paris pour protester notamment contre les suppressions de postes et la réforme de la formation des enseignants.
Les manifestants se sont rassemblés place Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement) à 13H30, répondant à l’appel de plusieurs organisations de l’Education dont la FSU, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNLC-FAEN, les lycéens de la FIDL et les professeurs de sciences économiques et sociales de l’APSES.
Quelque 10.000 personnes, selon les organisateurs, participaient à cette manifestation, qui doit aller jusqu’à la station Sèvres-Babylone (VIIe arrondissement). L’estimation policière du nombre de manifestants n’était pas encore connue samedi en milieu d’après-midi.

« Réussite de tous »

Défilant derrière une banderole proclamant: « Pour la réussite de tous. Stop aux réformes de régression! Stop aux suppressions de postes! », les syndicats entendent protester « contre le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite et la suppression systématique de dizaines de milliers de postes », selon le texte d’appel de la FSU.
Est aussi réclamé « l’abandon » de la réforme de la formation et du recrutement des futurs enseignants (écoles, collèges, lycées) « et la négociation d’une toute autre réforme ».
Au milieu des banderoles et des ballons se trouvait un chameau, « pour montrer que l’école est au pain sec et que la réussite des élèves n’est pas un mirage », a expliqué à l’AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat des professeurs des écoles.

(Nouvelobs.com)

 

Entre 8.000 et 12.000 manifestants du monde de l’éducation défilent à Paris

 

Entre 8.000, selon la police, et 12.000 personnes, selon la FSU, ont défilé samedi après-midi à Paris, pour protester notamment contre les suppressions de postes et la réforme de la formation des enseignants, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le cortège, qui est parti en début d’après-midi de la place Denfert-Rochereau (XIVe), est arrivé vers 16H30 à la station Sèvres-Babylone (VIIe) où les manifestants se sont dispersés dans le calme.

Ils manifestaient à l’appel de plusieurs organisations de l’Education dont la FSU, la CGT Educ’action, le SNALC-CSEN, le SNLC-FAEN, les lycéens de la FIDL, les professeurs de sciences économiques et sociales de l’APSES.

Défilant derrière une banderole proclamant « Pour la réussite de tous. Stop aux réformes de régression! Stop aux suppressions de postes! », les syndicats entendent protester « contre le non remplacement d?un fonctionnaire sur deux partant en retraite et la suppression systématique de dizaines de milliers de postes », selon le texte d’appel de la FSU.

Au milieu des banderoles et des ballons se trouvait un chameau, « pour montrer que l’école est au pain sec et que la réussite des élèves n’est pas un mirage », a expliqué à l’AFP Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat des professeurs des écoles.

« Le fait qu’il y ait des milliers de personnes venues de toute la France montre qu’il y a un problème persistant et une volonté militante de rassembler », a estimé le secrétaire générale de la FSU, Gérard Aschieri.

Parmi les revendications des manifestants, « l’abandon » de la réforme de la formation et du recrutement des futurs enseignants (écoles, collèges, lycées) « et la négociation d?une toute autre réforme ».

Les syndicats du second degré, la Fidl et l’UNL s’opposent également à la réforme du lycée qui doit s’appliquer à la rentrée 2010 pour la classe de seconde. Les textes de cette réforme ont été publiés jeudi au Journal officiel.

« La réforme du lycée montre ses limites, au vu des programmes mis en place, notamment celui de SES. On invite le ministre (de l’Education) à remettre à plat tous les programmes et en discuter avec la communauté éducative », a dit à l’AFP Antoine Evenou, de l’UNL.

La contestation de la politique gouvernementale de suppressions de postes dans la fonction publique sera l’un des grands axes du 6e congrès de la Fédération syndicale unitaire (FSU) organisé à Lille du 1er au 5 février et marqué par le départ de son secrétaire général, Gérard Aschieri.

Elu à la tête de la première fédération de l’Education en 2001, réélu en 2004 et 2007, M. Aschieri, 57 ans, quittera ses fonctions à l’issue du congrès.

Bernadette Groison, 48 ans, professeur des écoles, devrait lui succéder, à condition d’obtenir 70% des voix lors de l’élection vendredi par le Conseil délibératif fédéral national (sorte de parlement de la FSU).

 

Plus de 8 000 manifestants du monde de l’éducation défilent à Paris

 

 

 

 



«On file deux millions à Proglio et on casse le service public»

REPORTAGE

A Paris, les manifestants sont partis de la place de la République derrière une banderole «Service public, notre bien commun».

Libération.fr

Par LAURE EQUY, MARIE PIQUEMAL

La manifestation des fonctionnaires ce jeudi à Paris.

La manifestation des fonctionnaires ce jeudi à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Alors cette manif, réussite ou flop ? Cinq millions de fonctionnaires étaient appelés à se mobiliser ce jeudi contre les suppressions de poste, et «pour sauver le service public».

Selon les trois syndicats (CGT, FSU et Solidaires) qui appelaient à la journée d’action, les manifestations ont mobilisé plus de 100.000 personnes dans toute la France. A Toulouse, ils étaient entre 2000 et 2500, entre 1500 et 2000 à Rennes, et 500 à Orléans.

A Paris, la mobilisation était plutôt timide. 6.500 personnes selon la police, 15.000 selon les syndicats. «La grève est un luxe, faut pouvoir perdre un jour de salaire…», plaide une manifestante tandis qu’un autre se persuade à mi-cortège, que le «gros des troupes n’était pas encore arrivé».

«Elèves et profs floués», «Bachelot au cachot»

Education. «D’un côté, on file deux millions à Proglio, et de l’autre, on casse le service public de l’Education. C’est scandaleux» hurle Marie-Pierre, à côté d’un haut-parleur trop fort. Cette prof d’anglais dans un lycée classé ZEP à Argenteuil est dans une colère noire, notamment contre la réforme du lycée qui entre en vigueur la rentrée prochaine. «On nous vend ça derrière un habillage pédagogique, mais l’objectif est de faire des économies. C’est inacceptable. Et puis, c’est le flou artistique. Par exemple, en langues étrangères, le réforme prévoit des groupes de compétences. Ça veut dire quoi? Des groupes de niveau? Des manière de travailler différentes?»

Adossée à une voiture en attendant que le cortège démarre, Sylvie, directrice d’une école maternelle à Montfermeil, dénonce les pressions permanentes de la hiérarchie. Ces mails, ces appels incessants du rectorat pour tout et n’importe quoi. «On est rentrés dans une autre logique, dans un système de rentabilité et d’évaluation permanente. Par exemple, pour les grandes sections, les profs doivent désormais remplir un livret de compétence de 40 pages pour chaque élève. Rendez vous compte, pour des enfants de 5 ans!»

Au rayon pancartes: «Elèves et profs floués» côtoie «Bachelot au cachot», au milieu des traditionnels gros ballons syndicaux appelant à sauver les retraites et augmenter le pouvoir d’achat.

Derrière leur banderole syndicale, des agents de la fonction publique territoriale. «Contre la suppression de la taxe professionnelle parce qu’on va tous en payer les conséquences. En 2012, on va tous raquer». Pour Gérald, travaillant à la mairie de Bonneuil sur Marne, «c’est calculé. On donne de moins en moins d’argent aux services publics, comme ça ils se dégradent, et le gouvernement pourra alors dire: « on les supprime, ils sont de trop mauvaise qualité »».

Hôpitaux. «On nous parle d’identité nationale, mais l’identité française, c’est nos services publics!», s’enflamme une infirmière, fière de sa formule. En poste dans un service de gériatrie, elle dénonce les conditions de travail: «dans mon service, c’est une infirmière pour 40 patients en fin de vie. Et depuis un an, on est obligé de faire 12 heures d’affilée, voire 13h-13h30 quelques fois. On craque.» Une autre: «On est en train de détruire l’hôpital public. Où va-t-on se faire soigner demain? Les cliniques privées choisissent leurs patients. Un jeune sportif qu’il faut opérer du genou, ça rapporte plus qu’un patient âgé diabétique!»

Au milieu du boulevard Saint-Martin, entre le cortège des hôpitaux de Paris et celui de la fonction publique territoriale, trois jeunes du centre des impôts de Paris Nord. Sophie, jolie brune, prend la parole: «Avant de travailler aux impôts, je faisais du management chez Mc Do. Et il y a plein de points communs… Aux impôts, ils ont mis en place un système de statistiques pour évaluer nos performances. On a 48 heures pour répondre à un mail, un mois pour un courrier. L’objectif, c’est d’être au plus près des contribuables… Sauf que quand on se retrouve avec 2000 dossiers à gérer… C’est plus possible.»

«La gauche politique doit être là, au service du mouvement social»

«On file deux millions à Proglio et on casse le service public» dans Revue de presse

(Crédit: Reuters/ Gonzalo Fuentes)

Défiler pour la défense des services publics sans faire de l’ombre au mouvement social. En marge du premier rang de représentants syndicaux alignés derrière la banderole, quelques personnalités de gauche sont venues porter les couleurs de leurs partis. On croise Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière: elle dénonce un gouvernement, tout miel avec Henri Proglio, qui, d’un côté, «justifie» la double rémunération du PDG d’EDF, pour un montant cumulé de 2 millions d’euros, et de l’autre, «met au régime sec tout ce qui peut servir un tant soit peu à la population». Consternée par le voeu d’Eric Woerth (Budget) d’un service public «moins coûteux et plus performant», Arthaud peste contre «ces ministres vraiment dans leur monde pour ignorer qu’on manque de lits dans les hôpitaux, qu’on vit un calvaire dans les transports, faute de moyens».

«Woerth se moque du monde, c’est pas beau de prendre les gens pour des cons, tonne Jean-Luc Mélenchon, «ça se dégrade partout, le peu qu’ont les gens, ils le perdent.» Un coup d’oeil sur le cortège et le président du Parti de gauche l’admet: «mobiliser n’est pas facile, les gens ont peur. Mais la gauche politique doit être là, au service du mouvement social, pas lui tirer dans le dos…» Alors que la sortie de Martine Aubry sur la retraite à 60 ans crée des remous à gauche, Mélenchon veut enfoncer le clou, s’en prend à ceux qui «annoncent que, sur les retraites, la partie est finie et qu’on est d’accord avant même que la négociation ne commence.» «Si les politiques ne se battent plus, ça casse un peu les jambes», pointe-t-il. Apercevant le porte-parole du PS dans la manifestation, l’ex-socialiste fonce.

- «Alors, Benoît, c’est quoi la vérité? Elle l’a dit ou elle l’a pas dit?»

- «Mais non. c’est 60 ans, c’est 60 ans, sinon tu reviendras pas!»

_ «Vous l’avalerez pas celle-là, hein?!»

Foi de Benoît Hamon donc, «le PS est attaché à la retraite à 60 ans» et plaide pour «rendre plus juste et équitable notre système, en tenant compte des métiers difficiles et pénibles». Quant à la patronne du PS, elle aurait juste dit que «dans les faits, on part à 61 ou 62 ans, dans le privé.» Hamon s’arrête là pour l’explication de texte et tourne les talons. «Pas le sujet du jour.» A ses côtés, Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics, accuse l’Etat, «premier licencieur malgré la crise»: «la réalité est qu’on fait chaque jour avec de moins en moins pour des résultats de pire en pire.»

Plus loin, vers la porte Saint-Martin, Marie-George Buffet distribue ses tracts Front de gauche, «100% mouvement social, service maximim au côté des luttes», répète-t-elle: «Le ministère du Budget veut faire des économies sur le dos des services publics, quitte à mettre des milliards dans les banques. C’est constant mais là on touche le noyau dur.»

 

100.000 fonctionnaires défilent dans toute la France

NOUVELOBS.COM | 21.01.2010 | 17:18

Les syndicats estiment entre 25 à 30% le taux de grévistes. Les manifestants critiquent les réformes de l’Etat et les suppressions de postes dans la fonction publique.

Les manifestants à Paris (AFP)

Les manifestants à Paris (AFP)

Quelque 100.000 personnes ont manifesté jeudi 21 janvier dans toute la France contre les réformes de l’Etat et les suppressions de postes dans la fonction publique, ont indiqué les trois syndicats CGT, FSU et Solidaires. Ils estiment entre 25 et 30% le taux de grévistes.
Pour le seul défilé parisien, les syndicats ont estimé à 15.000 le nombre de participants. La police parle elle de 6.600 personnes.
Sur l’ensemble des trois fonctions publiques -d’Etat, hospitalière et collectivités territoriales- les syndicats ont estimé entre 25 et 30% le nombre total de grévistes recensés jeudi, ont-ils indiqué à l’AFP, et à 100.000 le nombre de participants aux quelque 120 manifestations organisées dans tout le pays.
Selon le ministère de la Fonction publique, la journée de grève était suivie à la mi-journée par 12,2% des agents de l’Etat, 3,5% de ceux des collectivités locales et 2% de ceux des hôpitaux.

15.000 personnes à Paris

A Paris, le cortège de 15.000 personnes est parti de République pour se diriger vers Richelieu-Drouot derrière une impressionnante banderole de tête, porteuse de l’inscription « service public, notre bien commun, non à la RGPP [révision générale des politiques publiques, NDLR], aux suppressions d’emploi et à la mobilité, non aux réformes régressives, territoriales, lycée, formation des maîtres et LRU, culture ou hospitalière. Pour une fonction publique de qualité : créer des emplois, améliorer les salaires ».
Le secrétaire général de la FSU, première centrale de l’enseignement, Gérard Aschieri, s’est félicité d’une « mobilisation plutôt en hausse » qui « va dans le bon sens ». « C’est plutôt bon signe » a-t-il dit à l’AFP. « Le point commun entre toutes les personnes qui se mobilisent, l’explication de toutes ces réformes, c’est le désir de supprimer des postes, qu’il s’agisse de la RGPP, de la réforme des lycées, ou de la réforme des collectivités territoriales », a-t-il ajouté.

« Banquez pour nos salaires, pas pour les actionnaires »

Dans les autres villes, les grèves ont mobilisé de nombreuses personnes.
A Toulouse, 35 écoles sur 119 étaient fermées et seulement une cinquantaine d’enfants ont été accueillis dans le service d’accueil obligatoire que la mairie a dû mettre en place après sa condamnation par le tribunal administratif. Entre 2.500 et 5.000 personnes ont défilé dans les rues de la ville. « Banquez pour nos salaires, pas pour les actionnaires », réclamaient des fonctionnaires du Trésor, tandis que les futurs professeurs des écoles dénonçaient la suppression de l’IUFM (Institut de formation des maîtres).
A Marseille, où 170 écoles primaires sur 450 étaient fermées, 8.000 personnes (2.400 selon la police) ont défilé en musique derrière une banderole proclamant : « Services publics: notre bien commun pour l’emploi, les salaires, les statuts, les retraites ».
Ils étaient également entre 1.500 personnes et 4.000 à Montpellier.
A Nice, deux militants du SNUipp-FSU, portant chacun un masque représentant Nicolas Sarkozy et des pancartes « Casse-toi, pauvre con », ont été brièvement interpellés par la police lors d’une manifestation qui a réuni 1.200 selon la police, 1.500 selon les organisateurs.

« Les services publics ne sont pas des pompes à fric »

A Bordeaux, seulement 700 enfants ont été accueillis dans les écoles. Entre 1.500 et 5.000 manifestants ont défilé dont des enseignants, fonctionnaires hospitaliers, employés du Conseil général de la Gironde, une coordination santé départementale ainsi que des étudiants.
A Pau, le défilé a réuni entre 1.300 et 1.800 personnes, et à Bayonne le cortège, où se distinguait un groupe d’agents hospitaliers, a rassemblé entre 750 et 1.500 personnes.
A Clermont-Ferrand, 3.500 manifestants selon les syndicats, 1.300 selon la police, ont scandé au son de l’accordéon: « Les services publics sont pas des pompes à fric, c’est notre capital, ne les laissons pas aux multinationales ! ». Des agents administratifs du CHU avait écrit sur une pancarte : « aujourd’hui pour vous soigner il faut ça », sous la photographie d’une carte Vitale, « demain il faudra ça », sous celle d’une carte bancaire.
A Lyon, entre 2.400 et 4.000 personnes ont défilé.
A Strasbourg, la manifestation contre « toutes les politiques qui visent à faire des économies budgétaires et non à réformer le service public », a rassemblé entre 340 et 500 participants.
Dans l’ouest, des défilés ont également réuni entre 1.500 personnes et 3.500 personnes à Rennes, entre 1.500 et 1.800 à Nantes, entre 800 et 1.000 à Saint-Brieuc, entre 750 et 1.500 à Caen, et un millier à Saint-Nazaire.

(Nouvelobs.com avec AFP et AP)

 

 

Faible mobilisation des fonctionnaires contre les suppressions de postes

 
           
 

La journée d’action et de grève des fonctionnaires contre les suppressions de postes et les réformes de l’Etat en cours était suivie jeudi 21 janvier à la mi-journée par 12,2 % des agents de l’Etat, 3,5 % de ceux des collectivités locales et 2 % de ceux des hôpitaux, selon le ministère de la fonction publique. Des chiffres bien inférieurs à ceux de la dernière journée d’action interprofessionnelle, le 19 mars 2009, quand le taux de grévistes avait atteint 26 % dans la fonction publique d’Etat, 15 % dans les collectivités territoriales et 18,4 % dans les hôpitaux.

Environ cinq millions de fonctionnaires étaient appelés à participer à cette grève nationale par trois syndicats, la CGT, Solidaires et la FSU. Les syndicats CFDT et UNSA ne se sont joints à eux que dans l’enseignement et l’équipement. Environ 120 manifestations étaient organisées, dont trois grandes à Paris, Lille et Toulouse, a indiqué la CGT.

Les appels à la grève, principalement contre les suppressions de postes, étaient nombreux dans l’éducation, avec même un préavis national de la CFDT pour l’enseignement privé. Dans le public, le ministère a fait état de 14,36 % de grévistes à la mi-journée, dont 15,57 % parmi les enseignants : 17,69 % des professeurs du primaire et 13,78 % de ceux du secondaire. Le SNUIPP-FSU, principal syndicat dans le premier degré, y a fait fait état d’un tiers de grévistes. Le premier syndicat du second degré, le SNES-FSU, a lui fait état de « plus de 40 % » de grévistes dans les collèges et lycées, en progression par rapport à la grève du 24 novembre. Il reproche au ministère de calculer le nombre des grévistes en rapportant les absents à l’ensemble des personnels, qu’ils soient en exercice ou non le jour de la grève.

ÉDUCATION, HÔPITAUX, FONCTION TERRITORIALE, PÔLE EMPLOI…

Les parents d’élèves de la FCPE et deux syndicats lycéens ont appelé ensemble à des assemblées générales. Dans les universités, l’UNEF (étudiants) et dix-neuf syndicats ont appelé à manifester contre la réforme du recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées.

Dans les hôpitaux, les suppressions de postes, mais aussi la création controversée d’un ordre des infirmiers, alimentent la grogne. Les syndicats des fonctionnaires territoriaux protestent contre les « projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut » de fonctionnaire. Enfin, le regroupement en deux ou trois grandes directions des nombreux services de l’Etat dans les départements inquiète tout particulièrement les salariés de l’équipement et de la répression des fraudes. A Pôle emploi, les agents franciliens sont appelés à la grève.

Pour sa part, le ministre de la fonction publique, Eric Woerth, reconnaît « que cent mille emplois de fonctionnaire ont disparu depuis 2007″ mais cite en exemple des administrations d’autres pays « fonctionnant avec moins de fonctionnaires, avec une bonne qualité de service public ».

 

Services publics : les effectifs fondent comme neige au soleil

L’Humanité.fr

Dans l’enseignement, les hôpitaux ou les collectivités locales : cinq millions de fonctionnaires sont appelés à une grève nationale contre la casse organisée du service public. Reportage en Haute-Normandie

Rouen (Seine-Maritime), correspondance.

« Comme bon nombre de salariés du public, je suis en grève aujourd’hui, car je n’en peux plus », lâche fatigué, Didier Lecanu, agent de la direction interdépartementale des routes (DIR) du secteur Nord-Ouest du territoire français, qui a succédé à l’ancienne direction départementale de l’équipement (DDE). Et des griefs, cet agent, également secrétaire de la section départementale CGT des personnels des réseaux et des infrastructures, en a à revendre. « C’est de pire en pire. On voudrait nous vider de notre savoir-faire qu’on ne s’y prendrait pas mieux », peste le syndicaliste, qui critique ouvertement les conséquences des différentes lois de décentralisation qui se sont succédé jusqu’à présent. « Désormais les routes départementales et certaines nationales sont gérées directement par les conseils généraux, qui ont leurs propres agents d’intervention. Et pour ne rien arranger, l’État, dont nous dépendons (la DIR dépend du ministère de l’Environnement ‚ NDLR), confie bon nombre de nos missions à des sociétés privées, et nous laisse ce qui ne rapporte pas, c’est-à-dire l’entretien des aires de repos, la protection des chantiers, l’intervention sur des pannes, des accidents, la signalisation, le fauchage », s’irrite-t-il. Et d’ajouter d’emblée, « que le ministère ose parler de notre réseau d’entretien comme d’un réseau d’excellence, c’est se moquer des usagers ».

Pour l’homme, c’est le service public de l’entretien des routes qui fond comme neige au soleil. « Et justement là, au moment des fortes intempéries de neige, on nous a demandé d’être performants pour dégager au plus vite les routes et les sécuriser », affirme-t-il d’un ton qui en dit long sur son ras-le-bol et son état de découragement. « Je n’en peux plus », lâche-t-il. « J’ai cinquante-huit ans et j’ai décidé de prendre ma retraite à la fin de l’année, alors que je pourrais aller jusqu’à soixante ans, mais je n’en peux plus », répète-t-il plusieurs fois. « Je fais ce métier depuis 1976 et la situation n’a jamais été pire qu’aujourd’hui, au point de me dire que, si c’était à refaire, je ne recommencerais pas à cause des conditions de travail qui sont les nôtres maintenant. » Didier Lecanu précise ses propos. « Dans mon équipe on est passés de quinze à six agents en trente ans. Nos effectifs sont en baisse constante. La qualité s’en ressent, s’emporte-t-il. Alors, surtout au moment des intempéries comme celles qu’on vient de connaître, la direction n’hésite pas à rappeler les gars sur leurs congés, leurs repos, y compris ceux qui viennent de faire des astreintes. »

On pourrait alors penser que les salaires sont au moins à la hauteur des exigences. « Pas du tout », s’insurge Didier Lecanu, qui manifeste aujourd’hui aussi pour dénoncer la perte de pouvoir d’achat. Fonctionnaire d’État, après trente-quatre ans d’ancienneté, il perçoit 1 806 euros brut par mois (et 1 200 euros brut à la retraite) et les différentes primes n’ont pas été réévaluées depuis au moins trois ans. Pas cher payé pour un métier qui requiert une disponibilité vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. « Et les nouveaux débutent au smic », ajoute-t-il. Il espère donc que tous ses collègues cesseront le travail pour exprimer leur colère mais aussi leurs revendications nombreuses en termes de salaire et de statut. Pour le syndicaliste, son métier est d’ailleurs sur ce dernier point à un tournant majeur. Le risque est en effet grand que les agents de la DIR soient, dans un avenir proche, amenés à travailler en détachement, pour des sociétés privées concurrentes et qu’ils soient dans l’obligation, au bout d’un certain temps, de choisir entre le secteur public et le privé.

Et la goutte d’eau pour Didier Lecanu est l’attitude de certains usagers de la route, pour lesquels il a le sentiment pourtant de travailler. « On a parfois des réflexions désagréables quand on est arrêtés en bordure de route. Certains nous klaxonnent, nous traitent de fainéants. Les routiers sympas ne le sont pas toujours. Ils nous jettent des papiers, des cartons, alors que nous sommes en train de nettoyer les voies. Tous ces gens sont pourtant contents de nous trouver quand ils sont dans le besoin. »

Á défaut de faire évoluer les mentalités sur son travail, il espère au moins faire entendre les revendications de son secteur et de son syndicat, qu’il portera fièrement. Son esprit syndicaliste est, lui, resté intact.

Frédéric SEAUX

 

 

 

 

 

 



Les héros de la culture sont fatigués…

par zébulonne, enseignante
15.12.09
Article Le Monde

Enseignante en lycée depuis trois ans après sept années de collège et mère de deux enfants, je suis vraiment très inquiète pour l’avenir de notre école, de nos enfants et de notre démocratie.
Certains de mes collègues sont des battants, motivés et parfois totalement habités par leur mission et qui persistent à croire qu’il est possible d’éduquer et de former à la réflexion des générations toujours plus larges et plus sollicitées par des sirènes contraires. Ceux-ci s’investissent parfois au-delà de leur mission première et montent divers projets pour soutenir et susciter l’intérêt des élèves. Ils sont rarement reconnus ou remerciés que ce soit par l’institution ou les parents.

Il arrive en revanche assez fréquemment qu’on reproche à un enseignant qui fait du mieux qu’il peut la mission qui lui a été confiée dans le cadre institutionnel de ne pas faire plus, de ne pas organiser de voyage ou de sortie pédagogique comme si ce supplément d’âme était un dû.

J’entendais Ariane Mnouchkine nous appeler « héros de la culture » et c’est vrai qu’il faut souvent du courage pour tenter d’instiller dans les cerveaux de nos bambins, le ferment de la culture, de la science et de la poésie, la graine du civisme et de la réflexion. Il est vrai aussi que ce combat est parfois vain et que des pans entiers de nos classes sortent mal ficelés, peu préparés à s’adapter aux changements du monde contemporain, encore moins à les penser. Ils pourront- si toutefois ils trouvent un emploi- les consommer ou être broyés par eux sans résistance. Certains seront sauvés certes… Mais ce choix – cette sélection – a de plus en plus un lien direct avec l’origine sociale alors les héros de la culture sont fatigués et un peu désespérés.

Ce gouvernement détricote progressivement notre école qui déjà ne sait plus du tout réparer les inégalités sociales initiales. Un seul objectif, louable certes, la réduction de la dette publique, guide les mesures qui se succèdent et s’ajoutent, créant à chaque fois des oppositions mais sans susciter de contestation efficace et solidaire.

Que voulons-nous donc : une génération qui n’aura pas de dettes mais pas trop de tête non plus ? Il suffit bien que certains – les chefs – pensent ; ils diront aux autres ce qu’ils doivent faire – telle semble être la philosophie implicite de mon ministère. Les enfants de ceux qui ont un capital économique et/ou culturel pourront toujours aller se former dans des écoles privées où on leur apprendra le maniement de la langue qui permet éventuellement le maniement des autres, ou recevront à la maison les bases nécessaires à leur bon développement et à leur épanouissement personnel.

Quant aux autres, s’ils sont en difficulté dès la maternelle ou la primaire, ils ne pourront plus être aidés par des psychologues ou des rééducateurs formés, qui dans les RASED parvenaient souvent à dénouer des situations complexes. C’est proprement insulter ces professionnels et bien des recherches en psychologie et sociologie de l’éducation, que de croire qu’en regroupant une demi-heure par semaine les élèves en difficulté, le maître d’école va pouvoir sans changer d’outil ni de regard, sans formation, débloquer les situations les plus difficiles. C’est pourtant le choix qui a été fait en primaire et que le ministre s’apprête à étendre au lycée. Des fédérations de parents et des syndicats enseignants ont alerté, tenté de résister mais peu ou prou l’affaire est passée. Les dégâts sont à venir. Mais des postes ont été supprimés et seront supprimés. Cela seul compte.

De même l’intégration croissante des élèves en situation de handicap dans le système « normal » se fait bien souvent au détriment de la qualité de leur accueil, faute de formation des personnels. Là encore derrière les belles déclarations d’intention se cache la suppression des budgets nécessaires pour payer des personnels réellement formés pour accueillir et encadrer ces élèves « à besoin spécifique ». Là aussi, les dégâts et les déceptions sont à venir.

On sent désormais une lutte idéologique s’associer à l’objectif budgétaire pour supprimer ou diminuer l’influence de matières qui pourraient aider les élèves à réfléchir par eux même, c’est à dire contre l’idéologie dominante (celle du marché et de ses pseudo-lois naturelles qui permettent le maintien des hiérarchies existantes), partout présente sous des formes apparemment anodines : sont visées en premier lieu les sciences économiques et sociales qui permettent de construire un regard distancié et potentiellement critique sur notre société et l’histoire géographie qui s’est vivement défendue et a recueilli beaucoup de soutiens dans les mondes universitaires et médiatiques.

Les langues ont en amont déjà été quasiment vidées de leur contenu culturel au profit d’un enseignement en « compétences » qui ne donne pas vraiment les fruits escomptés. L’enseignement du français, base de tous les autres enseignements est lui même réduit et rendu plus difficile alors que tous les professeurs s’accordent à reconnaître l’urgence d’une meilleure maîtrise de la langue maternelle.

Sans doute suis-je pessimiste et évidemment ma position s’inscrit dans une analyse consciemment ancrée à gauche, mais je pense qu’il ne déplaît pas – de façon consciente ou non -, à ceux qui nous dirigent que la majorité des élèves ne parvienne pas à développer un niveau de réflexion suffisant pour résister aux manipulations médiatiques, pour analyser un discours politique et/ou économique et apprendre à construire un argumentaire, pour se réunir et croire en sa capacité de résister ou d’inventer quelque chose. Là-aussi les dégâts sont à venir et peuvent véritablement inquiéter.

Comment réagissons-nous devant les suppressions massives de postes qui se traduisent par les aberrations évoquées ci-dessus, sans compter le massacre de la formation des enseignants.

Il y a là véritablement de quoi hurler : pour qui sait combien il est difficile d’entrer dans ce métier et que les premières années se font dans une douleur, variable selon les tempéraments, jusqu’à ce que l’enseignant trouve son rapport personnel à l’autorité et à la transmission des savoirs, il est évident que ce à quoi on veut réduire la formation des maîtres est une horreur et qu’on envoie sciemment des jeunes collègues au casse-pipe psychologique, sans leur donner la possibilité de se ressourcer ou de se construire ni même de préparer correctement leurs cours, car cela s’apprend aussi et qu’en début de carrière cela prend énormément de temps.

Je plains sincèrement mes jeunes collègues qui vont faire les frais de cette nette régression. Et je regrette le peu de solidarité des collègues en place, qui, parce que l’IUFM était loin d’être parfait, acceptent assez facilement la suppression d’une formation digne de ce nom pour nos futurs collègues. De toute façon, le ministère a déjà recours depuis bien longtemps à des vacataires qui ne sont ni formés ni payés correctement et qui pourtant doivent assurer la même tâche que les titulaires recrutés sur concours. Alors advienne que pourra. Les dégâts sont à venir chez les professeurs et les élèves.

Et ce sera là mon dernier motif d’écoeurement, les salles des profs à quelques exceptions près ne sont plus des lieux de solidarité et d’engagement. Elles sont encore souvent faites d’individus agréables et qui s’investissent dans leur métier et auprès des élèves mais la majorité est en retrait en ce qui concerne la réflexion et la lutte syndicale ou politique pour la construction d’une école plus démocratique et plus juste. Les aînés sont probablement lassés d’avoir lutté en vain et dû subir de nombreux revers, les nouvelles générations ne sont pas formées à la lutte ni même simplement à l’existence d’une possible parole collective et se méfient « spontanément » (après tout de même un beau travail de sape médiatique) de tout mouvement syndical.

La dernière mouture de la réforme du lycée rondement menée par le ministère a suscité, hélas, des prises de position par discipline, chacun cherchant à tirer la couverture à soi alors qu’il eût fallu faire front commun, car là encore le seul objectif est budgétaire. Les syndicats ont fait ce travail mais ils ne sont plus majoritaires dans les salles des professeurs et malgré de belles mobilisations par matière ou par endroit, la « réforme Chatel » ne paraît pas pour l’instant en danger. Un glissement vers le centre et la droite s’est opéré. Tant mieux pensera notre bon vieux pays de droite. Tant mieux ou tant pis c’est selon, mais il est sûr que si l’on ne veut pas de l’école qui se dessine là en creux par petites touches décidées, il faudrait le dire haut et fort dans la rue, dans les forums et surtout dans les urnes, il faudrait inventer de nouvelles formes d’action ou retrouver le chemin des luttes traditionnelles.

Les héros de la culture sont fatigués et ont besoin du soutien des usagers de l’école, parents et élèves et même employeurs qui accueillent les nouvelles générations et mesurent parfois amèrement les dégâts d’une éducation au rabais. Il est certain en tout cas qu’ils ne peuvent pas compter sur leur hiérarchie proche ou lointaine.

L’école est l’affaire de tous. Sans soutien ni reconnaissance, des professeurs qui se battent pour donner une véritable instruction à tous, se lasseront. Nombre d’entre eux songent déjà à quitter un métier exigeant et difficile mais dévalorisé et souvent décrié. Alors il n’y aura plus pour élever nos enfants que des adultes gardiens, qui ne leur apprendront que la soumission à l’autorité en répétant mal les discours à la mode ou des adultes animateurs qui les occuperont gentiment (ou pas) en tâchant de ne pas se faire trop déborder pendant que nous irons travailler. C’est déjà parfois le cas.

Mais le pire est devant nous.

Rassurez-moi : le pire est-il toujours certain ?

 

PS (du webmaster) : Moi aussi je suis fatigué de me battre contre un pouvoir absurde et j’ai besoin de vacances pour repartir au combat en janvier.

Bonne vacances à tous et bonnes fêtes de fin d’année.



«Chatel, si tu savais, ta réforme où on s’la met !»

Article Libé.fr

REPORTAGE

Motivés, mais peu nombreux, des lycéens parisiens ont tenté de bloquer leurs établissements jeudi, pour protester contre la réforme du ministre de l’Education Luc Chatel.

Par LUCIE LE HOUEZEC

Le lycée Victor Duruy (VIIème arrondissement) bloqué par ses élèves.

Le lycée Victor Duruy (VIIème arrondissement) bloqué par ses élèves.

 

Paris, VIIème. Ce jeudi, devant le lycée Victor Duruy, 100 à 200 lycéens organisent le blocage. Les plus motivés sont présents depuis 07h00 du matin et la neige ne les fait pas fuir.

Peu à peu, les élèves arrivent, s’entassent, bloquent l’entrée de l’établissement. «Cool!, lance l’une d’elle, j’avais pas eu le temps de réviser les logarithmes !». Les collégiens et les prépas rejoignent leurs salles de cours, sous les sifflets des lycéens.

«Oui, oui, oui, à notre éducation !»

«Non, non, non, aux suppressions, oui, oui, oui, à notre éducation !» scandent les lycéens, perchés sur les arceaux à vélo. Marine, 17 ans, explique les raisons de sa présence: «Je ne suis pas complètement contre cette réforme parce qu’en S [filière scientifique, Ndlr] on a beaucoup plus de matières que les autres pour le bac. Avoir l’Histoire-Géo en option, ça allègerait les révisions de terminale. Mais d’un autre côté, c’est un enseignement vraiment important qui nous apporte de la culture G».

Selon, elle, s’il y a une matière à supprimer, c’est l’ECJS – éducation civique, juridique et sociale – qui représente deux heures de cours par mois.

Pour Irène, 15 ans, cette réforme spécialise encore plus les études avant le bac. «On ne peut pas déjà choisir ce qu’on veut faire de notre vie», s’indigne-t-elle.

Camille, 15 ans elle aussi, est syndiquée à la FIDL. Selon elle, «la suppression de l’Histoire-Géo en S a motivé les étudiants à se mobiliser mais la mesure importante est la suppression des postes». Elle explique que le fait de passer cette matière en option est une ruse, «après ils vont la supprimer».

9h00. La neige en amuse certains et en fait fuir d’autres. Entre deux slogans, les plus motivés demandent aux autres de rester mobilisé et de ne pas partir. Puis, ils reprennent leur refrain : «Chatel, si tu savais, ta réforme, ta réforme, Chatel, si tu savais, ta réforme où on se la met !».

Une mobilisation forte, mais vite retombée

Quatre heures plus tard, des élèves de plusieurs lycées du XVIème arrondissement les ont rejoint. Ensemble ils prennent la route de l’Assemblée nationale, pensant se rendre au Ministère de l’Education nationale… dans la direction opposée. Rapidement, les CRS les encerclent. Les manifestants font demi-tour et retournent devant le lycée avant de se disperser.

Les syndiqués de la FILD prennent les choses en main et lancent un appel au mégaphone : «On va a Sèvres-Babylone rejoindre d’autres lycéens!». La moitié du groupe suit, l’autre décide de rester bloquer le lycée jusque 16h30. Pour témoigner leur soutien, une vingtaine de professseurs ont signé une pétition.

Objectif rue de Grenelle

A 13h30, il ne neige plus. La vingtaine d’étudiants décidés à rejoindre le ministère se met en route, mégaphones et klaxons sous le bras. Ils rejoignent leurs camarades, une trentaine au total. «Je viens d’avoir quelqu’un au téléphone qui m’a dit que 38 cars de CRS nous attendent devant le ministère, ce qui fait quasiment un car par personne. Vous voulez y aller?», demande un des membres de la FILD. L’assemblée répond oui à l’unanimité.

Le cortège se met donc en marche, direction la rue de Grenelle. Sur la route, ceux qui n’ont pas eu le réflexe «Moon Boots» se plaignent du froid et de la faim : «On est quand même dehors depuis 07h00 du matin !».

A l’arrivée, les CRS sont bien présents, mais beaucoup moins nombreux que ce qui était annoncé : seulement un CRS par élève. Quelques minutes plus tard, le mouvement perd encore de l’ampleur. Les élèves partent par petits groupes. «Il ne va rien se passer et aucune délégation ne rentrera dans le ministère contrairement à ce que l’on espérait».

Les plus courageux d’entre eux prévoient de relancer le mouvement demain matin.



Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel

16/12/2009

S.V

Une chose est sûre : la chute brutale des températures n’a pas démotivé les étudiants lycéens du Pays Basque encore et toujours mobilisés contre la réforme du lycée prévue par le ministre de l’Éducation Nationale, Luc Châtel.

Certes, ils étaient moins nombreux hier matin que la semaine dernière, mais plusieurs centaines de lycéens (entre 800 et 1 000 selon les forces de l’ordre) ont tout de même répondu présents et sont descendus dans la rue pour dénoncer une réforme qui va “à contre sens” des besoins réels du système éducatif. Rappelons peut-être que sept lycées de la Côte basque sont toujours bloqués et risquent très certainement de l’être jusqu’à la fin de la semaine… qui pourrait toutefois sonner le glas de la mobilisation étudiante en raison, bien évidemment, des vacances scolaires. Qu’en sera-t-il de la motivation des lycéens à la rentrée de janvier ?

Fin de l’école pour tous ?

“Cette réforme remet en cause le principe de l’école égalitaire au profit d’une école libérale où la priorité est donnée à la réussite” tonne un des rares professeurs présent dans le cortège. Et d’insister sur l’aspect élitiste de la société que l’on est en train de créer “petit à petit”.

 

Réforme/lycée: 7 établissements bloqués

 

Article Le Figaro.fr

Sept lycées étaient partiellement ou totalement bloqués aujourd’hui dans le département du Nord par des élèves qui protestent contre le projet de réforme du lycée,selon le rectorat de Lille.

Ces blocages, à la veille d’une journée nationale de mobilisation, affectaient partiellement les lycées Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van der Meersch à Roubaix et Beaupré à Haubourdin. Les lycées Montebello de Lille (hors classes préparatoires ou BTS), Marguerite de Flandre de Gondecourt et Kernanec de Marcq-en-Baroeul étaient, eux, totalement bloqués, selon le rectorat.

Aucun blocage n’était signalé en Picardie et en Champagne-Ardennes.

Le projet gouvernemental de réforme du lycée prévoit une revalorisation des filières technologique et littéraire, généralise le soutien et rend l’orientation « réversible ». La réforme doit aussi rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale S, recentrée sur les sciences.

Un premier projet, l’an dernier, avait finalement été écarté, en raison de la mobilisation lycéenne.

 

Les contestaires du lycée Kernanec toujours en pointe contre la réforme Chatel

mardi 15.12.2009, 05:04 - La Voix du Nord

 Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts. Hier matin, on bat la semelle mais on tient le coup malgré le froid, sur le parvis du lycée Kernanec où étaient distribués des tracts.

|  ON EN PARLE |

Il a été lancé il y a une dizaine de jours, et a fait tâche d’huile dans la métropole …

 

. Le mouvement de contestation lancé par une partie des lycéens de Kernanec se poursuivait hier. La cible, c’est le projet de réforme des lycées. Petit tour du côté des lycées du secteur.

OAS_AD(‘Position1′);Nouvelle mobilisation lycéenne contre la réforme Châtel dans Réforme du lycée

> Kernanec (Marcq). Hier matin sur le parvis de l’établissement, et dans un froid glacial, quelque trente élèves battaient la semelle, s’attachant à persuader ceux de leurs camarades qui voulaient aller en cours de n’en rien faire. Et s’ils veulent absolument entrer : « Ils entrent, on ne veut pas s’opposer par la violence », répond Quentin, élève en classe de seconde.

Quentin qui explique que, durant toutes ces journées, les lycéens d’ici et d’ailleurs ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot : contacts d’un établissement à l’autre ; mise sur pied d’un site Internet où ils appellent à la mobilisation contre la « réforme Chatel » ; demande de rendez-vous au rectorat (il pourrait avoir lieu cet après-midi) ; préparation de la tenue d’assemblées générales (c’est pour ce matin) dans ou devant les « bahuts » ; organisation d’une nouvelle manifestation, prévue cet après-midi à Lille, à 14 h 30. Là, en ce lundi frigorifiant, les Kernanec distribuent un tract : « On en a cinq cents, mais il y en a eu quatre mille d’imprimés, pour les différents lycées. » Réforme « balancée comme un coup de poing économique », absence de concertation du ministre Luc Chatel avec les enseignants, programme pas encore défini, dénonce le billet en termes vifs…

> Lycée automobile (Marcq). Pas la moindre effervescence ce lundi, où, devant l’entrée, un élève interrogeait : « C’est quoi, la réforme Chatel ? » > Valentine-Labbé (La Madeleine). « Un blocus chez nous ? Non », indique une lycéenne de seconde. Elle ajoute cependant qu’en tout début de matinée, il y a avait du monde, qu’après beaucoup sont entrés à cause du froid – sans forcément aller en cours – et que pas mal sont repartis chez eux. •

PHILIPPE LEROUX

 

Des lycées toujours bloqués

Article 20Minutes.fr Créé le 15.12.09 à 04h14

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s'opposer à la réforme des lycées.

Les lycéens ont rejoint le défilé des profs pour s’opposer à la réforme des lycées./ C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Le préavis de grève avait été déposé pour les enseignants, il sera suivi par quelques centaines de lycéens. Au départ, il était question de manifester contre la réforme de l’IUFM, les revendications vont finalement s’étendre à la nouvelle réforme des lycées. Hier, huit lycées ont encore connu quelques perturbations, avec des blocages partiels, plus ou moins suivis. Et des combinaisons pas toujours efficaces. Ainsi, une quarantaine d’élèves de Beaupré à Haubourdin sont venus prêter main-forte à Montebello, à Lille. Mais à midi, tout était levé. Idem pour Queneau à Villeneuve-d’Ascq, Baggio et Fénelon à Lille, Valentine-Labbé à La Madeleine, Van-der-Meersch à Roubaix et Marguerite-de-Flandre à Gondecourt.

Seul Kernanec à Marcq-en-Baroeul maintient un blocus total depuis une dizaine de jours. Des tensions commencent d’ailleurs à naître dans ce lycée. « L’administration est devenue plus menaçante vis-à-vis de nous, explique un des meneurs. Alors, on a renforcé les barricades. »

Cet après-midi, rendez-vous a été donné à 14 h, porte de Paris à Lille, pour une nouvelle manifestation. En compagnie cette fois des enseignants, mais aussi des stagiaires et des étudiants des IUFM. W

Gilles Durand

 

Double manif contre la réforme et pour la formation des profs

Effet du froid ou de l'approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.

Effet du froid ou de l’approche des vacances, les lycéens étaient 600 hier dans les rues, après avoir été un millier jeudi dernier.


Les revendications lycéennes et enseignantes ont convergé hier dans les rues de Lille, au cours d’une nouvelle manifestation qui a rassemblé environ 600 personnes.



Dans le viseur, la réforme Chatel et celle de la formation des enseignants.
C’était la troisième fois en une semaine que les lycéens de la métropole descendaient dans la rue contre la réforme de leurs cursus. 300 mardi dernier, 1 000 jeudi, 600 hier… Le compteur fait le yo-yo, mais les mots d’ordre restent solidement imprimés sur les banderoles : « Stop à la casse de l’éducation ! »,« Non à la réforme des lycées » ou encore « lycéens vs Chatel »… Venus de Montebello, Fénelon ou Pasteur à Lille, Kernanec à Marcq-en-Baroeul ou encore de Queneau à Villeneuve d’Ascq, les lycéens veulent marcher dans les traces de leurs aînés de l’an dernier qui avaient réussi à faire plier Xavier Darcos après une partie de l’hiver sur le pavé.
Car sur le fond, l’inquiétude reste vive quant à la volonté affichée par Luc Chatel de remanier le cursus des lycéens et de toucher à la pédagogie.

//  dans Revue de presse

« Ils veulent une plus grande spécialisation des filières, témoigne Hugo, en terminale S à Kernanec. Mais le but du lycée ce n’est pas ça. Si ça continue, bientôt les littéraires n’auront plus de notion de sciences et les scientifiques devront presser des boutons sans recul critique sur ce qu’ils font ». Le propos peut paraître caricatural, mais c’est bien la crainte d’un lycée qui formerait des opérateurs spécialisés davantage que des citoyens qui prédomine dans le cortège qu’ont rejoint pour la première fois quelques dizaines d’enseignants. « Le lycée est là pour former des esprits, pas des instruments. On n’est pas là pour former de la chair à patrons, mais des citoyens », poursuit en effet Daniel Compère, prof au lycée Kernanec. « Le gouvernement est en train d’instituer le lycée à deux vitesses, à l’américaine, avec pourquoi pas le choix par le jeu des options de faire par exemple à Tourcoing un lycée estampillé « lettres » et à Marcq un lycée « sciences ». C’est la fin de l’Éducation nationale ».

Les IUFM dans la lutte
En fin de parcours, dans le secteur du rectorat, les lycéens et leurs profs ont joint leurs voix à celles de la petite centaine de formateurs et des étudiants des IUFM qui eux mènent un combat contre la fin programmée de la professionnalisation de la formation des enseignants. « Les étudiants auront une bonne formation disciplinaire, mais plus aucun apport sur la pédagogie, la didactique », craint Pierre Carion, animateur du collectif « IUFM en lutte ». Reçue par le recteur, une délégation syndicale a obtenu l’assurance qu’une réunion avec les présidents d’universités, futurs gestionnaires du cursus des nouveaux enseignants, sera organisée en janvier. Un petit pas…w

SÉBASTIEN LEROY

Des sciences sociales réduites à peau de chagrin

PAR LAURENCE DE COCK, PROFESSEURE D’HISTOIRE-GÉOGRAPHIE (1), ET GUILLAUME MAZEAU, MAÎTRE DE CONFÉRENCES EN HISTOIRE (2), POUR LE CVUH (3).

Article L’Humanité.fr

Que vise la suppression de l’histoire-géographie en terminale S ?

Alors que certains ne s’offusquent que de la suppression de l’enseignement obligatoire de l’histoire-géographie en terminale S, nous pensons que l’enjeu de la réforme est beaucoup plus lourd pour nos disciplines et pour l’ensemble des sciences sociales dans le secondaire. Cette réforme, mal ficelée et vendue par une opération de marketing politique, insiste sur l’efficacité pédagogique et l’articulation avec le supérieur. Que l’on tente alors de comprendre :

1) Pourquoi supprimer les modules en classe de seconde qui étaient les rares moments possibles de travail sur les méthodes historiennes et géographiques en demi-groupes ?

2) Quelle concertation existe-t-il entre les enseignements secondaire et supérieur sur une éventuelle continuité pédagogique ou une mise en commun de méthodes ou d’outils de travail ? Aucune. Bien au contraire : en imposant à toutes les terminales un programme allant de 1989 à nos jours (propositions ministérielles), on prononce tout simplement l’arrêt de mort de l’histoire-géographie, ainsi ravalée au mieux à l’étude du temps présent, au pire à un simple commentaire d’actualité. Ce projet masque à peine la volonté du gouvernement de transformer l’enseignement de l’histoire en didactique d’un passé le plus récent possible, afin d’ôter la distance nécessaire à toute réflexion sur l’organisation du savoir historique où temps et espace sont étroitement mêlés. D’où une hémorragie à craindre dans le supérieur en termes d’effectifs et de vocations !

3) Quel montage de contenus nous promet cette condensation des programmes sur deux ans, entre la seconde et la première ? Quels moments historiques, quelles aires culturelles sortiront rescapés d’une telle compression ? Dans le contexte d’instrumentalisation politique du passé que l’on connaît actuellement, de quelles garanties dispose-t-on pour qu’une telle simplification ne vienne pas couronner les tentations récurrentes de l’ethnocentrisme, du recours à l’émotion facile ou du devoir de mémoire téléguidé depuis le sommet de l’État ? Comment ne pas craindre que cette histoire, réduite à peau de chagrin, ne fasse passer l’événementiel avant l’esprit critique ?

4) Quelle sera la participation des enseignants à l’élaboration de ces nouveaux programmes ? Le ministère se donne deux mois pour les bâtir. On imagine que leur confection, menée tambour battant pour des raisons politiques, ne s’embarrassera pas beaucoup de la traditionnelle consultation du terrain. Plutôt que de mettre publiquement en scène la punition des fonctionnaires « désobéisseurs  », plutôt que de traiter les enseignants en exécutants d’injonctions non négociées, le ministère devrait les considérer pour ce qu’ils sont avant toute chose : des acteurs du système éducatif.

Ainsi donc, c’est une histoire scolaire d’un autre âge qui nous est proposée : celle du cours magistral, dans lequel le professeur, réinvesti d’une autorité patriarcale, délivre le savoir à des élèves collectivement infantilisés. Celle de contenus indigents et soumis aux myopes exigences de la rentabilité immédiate qui perpétueront une citoyenneté d’adhésion en lieu et place d’une citoyenneté critique.

Nous rejoignons nos collègues de sciences économiques et sociales pour dénoncer ce projet maquillé par de fallacieux arguments pédagogiques et éducatifs ; la logique est limpide : restriction budgétaire par le sacrifice des sciences sociales au nom d’un utilitarisme de courte vue.

(1) Au lycée de Nanterre. (2) À l’université Paris-I. (3) Comité de vigilance sur les usages de l’histoire, http://cvuh.free.fr-

 



La masterisation, un vrai casse tête

Article Libé.fr

La réforme de la formation des enseignants, encore appelée « masterisation », aura réussi une chose : refaire l’unité syndicale contre elle. Enseignants, universitaires, parents d’élèves, étudiants, lycéens… vont manifester aujourd’hui pour réclamer son retrait ou au moins une sérieuse refonte. Pourtant Luc Chatel et  Valérie Pécresse entendent conclure au plus vite, si  possible avant Noel.

Pecresse en visite à l'usine Renault de Flins, 2 oct 09 (Reuters)
La réforme du lycée divise les syndicats. Il y a les « pros », avec quelques réserves, comme le Sgen-CFDT et l’Unsa, et les « antis » comme le Snes-FSU et le Snalc. Les enseignants d’histoire-géographie, ceux de SES (sciences économiques et sociales) et d’autres encore sont aussi montés au créneau. Les medias en ont parlé, l’opinion s’y est intéressée. .

Le problème avec la réforme de la formation des enseignants, c’est qu’elle est technique et donc compliquée. Elle a d’abord été  présentée en 2008, est devenue un point dur de la mobilisation universitaire, a alors été reportée d’un an, a  donné lieu à de nouvelles consultations, a été représentée le 13 novembre dernier avec des arbitrages ministériels qui ont encore fâché tout le monde…. Du coup, on en a perdu le fil.

 

Tous la critiquent. Mais souvent pour des raisons différentes. Tentons donc d’y voir clair alors qu’une large intersyndicale appelle à une mobilisation, à quelques jours des vacances de Noel, ce qui n’est probablement pas le meilleur moment pour mobiliser les foules.

Un bref rappel de la réforme. Désormais pour être recrutés, tous les enseignants devront avoir un master – soit un bac plus cinq. Jusqu’ici, il leur fallait une licence mais beaucoup, dans le secondaire, avaient au delà. Officiellement, il s’agit ainsi de revaloriser la profession afin de pouvoir mieux payer les débutants, jugés mal payés par Nicolas Sarkozy, et de mettre la France au diapason de l’Europe – où la plupart des enseignants seraient déjà recrutés au niveau master.

Chatel au salon de l'auto en 2008, flickr (galerie de luc.chatel) Avec la réforme, le ministère économise aussi une année de postes d’enseignants-stagiaires payés, soit l’essentiel des 16000 postes supprimés en 2010. Ce qui fait dire à beaucoup qu’encore une fois, on fait une réforme pour économiser des postes.

Plusieurs points font problème:

- Le premier porte sur la place du concours de recrutement – de professeurs des écoles, le Capes pour le secondaire, etc. Les ministres ont décidé que les étudiants le passeraient durant la deuxième année du master (en M2). En début du M2 – en septembre pour les profs du primaire, en novembre-décembre pour le secondaire – pour l’admissibilité (la première partie), à la fin du M2 pour l’admission (la seconde partie).

Impossible, disent les protestataires – plusieurs ont écrit une lettre aux ministres -, car c’est tout simplement ingérable: l’étudiant de M2 devrait faire en même temps un mémoire pour son diplôme de master, un stage pour se préparer à enseigner, bachoter pour le concours, et réussir son master… En plus que vont devenir les étudiants collés au concours et engagés en M2 ? Officiellement, le master qu’ils suivront sera assez généraliste pour leur permettre de continuer et de se réorienter ensuite. Mais les protestataires n’y croient pas.

- Les universitaires notamment craignent que le master soit ainsi dévalorisé. Il est prévu qu’il propose une « ‘initiation à la recherche » permettant ensuite de suivre un doctorat. Mais cela semble impossible de tout faire en même temps.

- Au delà, c’est le manque de formation professionnelle qui inquiète. Les stages ne seront pas obligatoires et il n’est pas sûr qu’il y en ait pour tout le monde. Les enseignements en pédagogie et en sciences de l’éducation semblent aussi réduits à la portion congrue. Du coup, la FCPE craint de voir arriver devant des classes des enseignants qui connaissent mal les enfants. Le Snuipp, premier syndicat du primaire, dénonce aussi ce recul alors que les classes sont de plus en plus chargées et hétérogènes.

- Parallèlement, beaucoup voient là l’occasion pour le gouvernement de se débarrasser des IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres), dénoncés comme un repaire de « pédagogues ». Même s’ils étaient assez critiqués, ils permettaient une première approche du terrain. Des syndicats comme le Sgen-CFDT réclament que la réforme mentionne clairement leur rôle dans la formation professionnelle des futurs enseignants.

- Aux yeux des universitaires surtout, le contenu des concours pose problème. Des syndicats comme AutonomeSup dénoncent la réduction à deux épreuves écrites seulement de la première partie des concours. Cela fait craindre une baisse du niveau disciplinaire des lauréats. Le Snesup-FSU s’inquiète aussi de l’affaiblissement des masters, notamment dans leur dimension recherche.

- Enfin les critiques s’inquiètent d’un recul de la mixité sociale des futurs enseignants. La réforme supprime en effet l’année d’enseignants-stagiaires: les lauréats au concours se préparaient au métier en alternant cours et stages sur le terrain, et étaient payés 1300 euros par mois. Aujourd’hui le futur prof devra s’engager sur un cursus de cinq ans, et au mieux il sera payé 3000 euros pour 108 heures de stage, le maximum autorisé en une année.

Valérie Pécresse était interviewée ce matin sur France Inter. Elle a indiqué que la réunion du Cneser (le conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, réunissant les partenaires sociaux) le 21 décembre où le gouvernement présentera sa réforme permettra de « dialoguer et d’améliorer les choses si nécessaire ». Il n’y a plus qu’à attendre et à voir.

Crédits photos; Valérie Pécresse visitant les usines Renault à Flins en octobre 2009 (Flickr), Luc Chatel au Salon auto en 2008 (Reuters)

 

Les enseignants attendus dans la rue

Article 20Minutes.fr

SOCIAL – Les manifestations sont annoncées dans plusieurs villes de province, comme Caen, Lille, Marseille, Montpellier, Nancy ou Toulouse…

La réforme controversée de la formation des enseignants va être une nouvelle fois, ce mardi, la cible d’une journée nationale de mobilisation intersyndicale. Des lycéens pourraient se joindre au mouvement pour protester contre la réforme du lycée.

«Parce qu’enseigner est un métier qui s’apprend», une intersyndicale allant des fédérations FSU, Unsa-Education et Sgen-CFDT aux étudiants de l’Unef, en passant par les parents de la FCPE et les lycéens de l’UNL et la Fidl ont appelé à des manifestations, rassemblements et assemblées générales. Dans l’enseignement privé, la Fep-CFDT appelle aussi à cette journée.

Une formation trop théorique

Les syndicats protestent contre un projet «régressif» et demandent «une vraie formation professionnelle», reprochant au projet gouvernemental de privilégier l’apprentissage des savoirs disciplinaires au détriment de la pédagogie. «Si vous additionnez tous les stages proposés avant le concours, vous obtenez déjà davantage de présence devant les élèves» que dans la situation actuelle, «soit plus de 300 heures», a rétorqué ce week-end le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel.

Des grèves pourraient avoir lieu, mais il n’y a pas eu d’appel national, seulement le dépôt de préavis, notamment du SNUipp-FSU (premier syndicat du primaire) et du Sgen-CFDT, pour «couvrir» les personnels qui souhaiteraient faire grève. La mobilisation devrait être forte dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) de l’ensemble du pays, selon des syndicats. La réforme prévoit de recruter les enseignants au niveau master 2 (bac +5) et de confier la formation aux universités via des masters.

M. D. avec agence

 

Formation des maîtres, les dangers de la réforme

Article L’Humanité.fr

Rejetée par l’ensemble de la communauté éducative, la « masterisation » du recrutement des profs est au coeur de la mobilisation enseignante prévue aujourd’hui.

photo : Joël Saintier/phototheque.org.

Rien n’a changé. Au printemps dernier, le gouvernement, bousculé par une mobilisation sans précédent dans les universités, se voyait contraint de repousser d’un an la mise en place de sa réforme de la formation des maîtres. Sept mois plus tard, la nouvelle mouture du texte, présentée en novembre par Luc Chatel et Valérie Pécresse, n’a rien réglé. Des enseignants du primaire jusqu’aux présidents d’université, l’ensemble du monde éducatif l’a rejetée ! Ce projet, qualifié de « régressif » et « dangereux », sera au coeur de la journée de mobilisation qui doit se dérouler aujourd’hui à l’appel d’une large intersyndicale. Retour sur les raisons de ce désaveu unanime.

Une formation professionnelle minimale

Recrutés en fin de master (bac + 5), les futurs enseignants ne passeront plus par les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Aux douze semaines de stages obligatoires, dispensés actuellement en deuxième année d’IUFM, vont se substituer, lors de la première année de master (M1) 108 heures de stages facultatifs dits « d’observation » et, en deuxième année (M2), 108 heures de stages, encore facultatifs, dits « en responsabilité ». Le ministère parle de « progressivité dans la spécialisation ». Les organisations syndicales, elles, y voient surtout une régression sans précédent de la formation professionnelle. « Puisque ces stages ne sont pas obligatoires, un prof des écoles pourra débuter en septembre sans jamais avoir mis les pieds dans une classe ! », peste une formatrice de l’IUFM de Paris. Une aberration qui va devenir réalité dès septembre prochain pour les étudiants actuellement en première année d’IUFM. Réforme oblige, le gouvernement a décidé que ceux qui réussiront le concours de recrutement en juin 2010 ne bénéficieront pas de la deuxième année d’IUFM. Ils atterriront donc directement dans les classes, sans aucune expérience du terrain. Le contenu des masters reste le second point épineux. Le gouvernement les a voulus plutôt « généralistes » afin de favoriser la réorientation des étudiants en cours de cursus. Résultat : ils font la part belle aux savoirs disciplinaires et minorent l’aspect pédagogique du métier. « Face à des classes hétérogènes, les débutants ne sauront pas comment un élève apprend ni comment transmettre son savoir », alerte Didier, prof à l’IUFM de Créteil.

Discorde sur le calendrier des épreuves

Autre point largement contesté : le choix de faire passer les deux concours (admissibilité et admission) au cours de la seule année de M2 (en septembre pour le primaire, en décembre pour le secondaire). « Placer les épreuves disciplinaires d’admissibilité en M1 aurait eu l’avantage de dégager l’année de M2 pour la formation pédagogique, estiment de nombreux syndicats. Là, elle va être sacrifiée. » Comme le dénonce l’Unef, les étudiants vont affronter une deuxième année de master titanesque avec le concours de l’admissibilité, la réalisation d’un mémoire pour valider le master, la préparation du concours de l’admission et la réalisation, si possible, de 108 heures de stages ! « Ça va se résumer à un long bachotage  », redoute l’organisation étudiante.

Cette seconde année impossible va refroidir bon nombre de candidats potentiels, notamment ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir de longues études. Elle produira aussi, immanquablement, un taux d’échec élevé et des situations difficiles pour les étudiants.

Que vont devenir ceux qui auront entamé leur M2 mais échoué à leur admissibilité ? Et ceux qui auront leur master mais ne décrocheront pas le concours de l’éducation nationale (les reçus-collés) ? « Plutôt que de se réorienter vers un autre métier, comme le dit le gouvernement, ils viendront grossir les rangs des précaires de l’éducation », anticipent la plupart des syndicats, dont beaucoup auraient souhaité une admissibilité en fin de M1, pour faciliter la réorientation dès septembre.

Précarité organisée à grande échelle

Conjuguée à la baisse continue du nombre de postes ouverts au concours, la réforme de la formation des maîtres va fabriquer de la précarité à grande échelle. « Les nombreux reçus-collés seront des cibles privilégiées pour effectuer des remplacements sous statut vacataire ou contractuel, explique Didier, prof d’histoire- géographie à l’IUFM de Livry-Gargan. Ce type de recrutement précaire, effectué directement par les rectorats, voire les établissements, va se développer au détriment de l’emploi statutaire et de la qualité de l’enseignement donné aux enfants. »

LAURENT MOULOUD

 

 

 



Nimes. Manif. : Deux cents lycéens contre la réforme Chatel

Article Midi Libre Nîmes

Édition du vendredi 11 décembre 2009

DRDR

Des signes d’essoufflement ? Pour la première fois accompagnés de professeurs, les lycéens nîmois et uzétiens, réunis hier devant la Maison carrée avant de partir en cortège jusqu’à la préfecture pour dire une fois de plus non à la réforme Chatel, ont eu quelques difficultés à mobiliser. Derrière une banderole « L’éducation assure la croissance de vos enfants », ils étaient 250 selon les organisateurs et 150 pour les renseignements généraux, dont une vingtaine de professeurs, principalement du Snes FSU. Parmi eux, Emmanuel Bois enseigne la physique-chimie à Daudet : « Cette réforme est pilotée par les suppressions de postes et d’horaires élève : 2 heures en seconde et bien plus pour les 1 re et terminale pour qui je suis très inquiet. Pour les élèves favorisés, il n’y aura pas forcément de

Nimes. Manif. : Deux cents lycéens contre la réforme Chatel dans Réforme du lycée

cachePubVide(‘pubCarreEdit’); conséquences mais pour les autres, toutes les études montrent que la présence à l’école est primordiale. » Derrière cette réforme, l’enseignant craint également une autonomisation sous-jacente des établissements : « Dix heures par classe et par niveau seront laissées à l’appréciation du chef d’établissement. Et on nous fait croire que le programme sera national… » Côté lycéens, Emilie, porte-parole du mouvement, aurait souhaité mobiliser davantage mais reste convaincue de l’importance de l’action : « En 1 re S, on survole déjà le programme d’histoire. Ils veulent encore supprimer des heures et faire de nous des moutons. L’histoire est là pour nous ouvrir l’esprit sur le monde et nous sensibiliser. (…) Les 2 heures d’aide obligatoire par semaine pourraient être une bonne idée mais pas en supprimant des postes en même temps. » Le discours est rôdé, maîtrisé, signe d’un mouvement qui a réussi à se structurer, avec des représentants dans chaque établissement et un service d’ordre qui encadre la manifestation avec sérieux. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Une partie de la réponse mardi, avec un appel national à la mobilisation. Photo Gilles LEFRANCQ

Rémy CALLAND

 



Éducation : la réforme des lycées entraine des manifestations

Article La Dépèche.fr

Le Conseil supérieur de l’éducation examine la réforme du lycée. Dans la rue,déjà des manifestations.

Lycée : la réforme qui fâche

Lycée : la réforme qui fâche

OAS_AD(« Position1″);Éducation : la réforme des lycées entraine des manifestations dans Réforme du lycée

En matière d’éducation, l’histoire n’a rien d’un long fleuve tranquille. Amorcée en juin 2008 par Xavier Darcos, la réforme des lycées revue et corrigée par Luc Chatel dès cette rentrée, n’avait pas vraiment fait de vagues jusque-là. Sauf que, dévoilée peu à peu, elle se retrouve confrontée aujourd’hui à un vent de boulets. Au cœur de la polémique : la question de la place accordée aux disciplines.

De fait, hier, pendant que le ministre de l’Éducation nationale, réforme sous le bras, passait l’examen décisif du Conseil supérieur de l’éducation, lycéens et profs se mobilisaient a minima dans la rue (lire ci-dessous).

Sur le fond, le projet qui globalement veut permettre la réorientation des élèves et rééquilibrer les filières du lycée général, n’est pas en cause. C’est plutôt son montage qui dérange. La réforme crée en effet deux heures hebdomadaires d’« accompagnement personnalisé », à horaire global inchangé. Pour cela, il est prévu de diminuer les horaires de certaines disciplines et de recentrer la filière scientifique (S) sur les sciences.

Ce week-end une pétition d’une vingtaine d’universitaires de renom demandait « d’annuler cette décision peu à même de former de « futurs citoyens ». Hier, la Fnaca (anciens combattants) donnait de la voix « en déplorant » la suppression de la matière histoire-géo en terminale S. À l’inverse, les associations de parents d’élèves restaient toujours démarquées des professeurs, défenseurs des disciplines. La FCPE et la PEEP voient de nombreux aspects positifs dans cette réforme à commencer par le rééquilibrage des séries.

Quant à l’UNL, syndicat de lycéens à l’origine l’an dernier par sa mobilisation de l’abandon d’une première mouture de réforme du lycée, il a jugé que « le débat purement disciplinaire » sur l’histoire n’était « pas utile ».

Pour autant, le débat ne s’annonce pas clos. Car après les profs d’histoire-géo, ce sont les profs de physique-chimie et de sciences économiques et sociales qui montent au créneau. Tous dénoncent des horaires ou revus à la baisse ou insuffisants pour l’enseignement de leur discipline respective.

Mais le ministre tient bon. Sur les changements prévus pour l’histoire-géographie. Aussi sur « le tronc commun d’enseignements » pour tous qui ancre « le français, les langues, l’histoire et la géographie dans un socle de culture humaniste partagée ».

Luc Chatel l’a réaffirmé, hier. il veut « améliorer et rendre possible l’orientation jusqu’en première » avec l’ambition clairement affichée de « revaloriser » la filière littéraire « littéralement en voie de perdition ». Enfin il a annoncé qu’il présenterait en mars ses choix de rénovation des filières STI (sciences et techniques industrielles) et STL (de laboratoire) du lycée technologique.

Des manifestations un peu partout en France

Des manifestations de lycéens et de professeurs ont traversé, hier plusieurs villes de France. À Paris, Marseille, au Mans, à Rennes, mais aussi à Bayonne, Biarritz, Anglet, les lycéens souvent plus nombreux que les enseignants, ont entonné des slogans comme « A la poubelle, les réformes Chatel » ou « Assez de cette société qui n’offre que le chômage et la précarité ». À Toulouse, entre 200 et 300 lycéens ont défilé le matin contre « la réforme Chatel des lycées, les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et les mesures sécuritaires dans les lycées », a indiqué le porte-parole de la Coordination des lycées de Toulouse (CLT). Selon le rectorat de l’académie, « deux lycées ont été bloqués » hier matin. Selon le porte-parole de la Coordination, une autre mobilisation est prévue mardi.

«La France a peur de ses lycéens»

Philippe Meirieu. Professeur des universités en sciences de l’éducation. Spécialiste de la pédagogie.

Où vous situez-vous dans cette polémique ?

J’ai signé la pétition demandant d’annuler la décision concernant la suppression des heures d’histoire-géo. Mais je milite depuis de nombreuses années pour un enseignement à caractère général. Un enseignement destiné à tous et non pas sectorisé selon que l’on est dans telle ou telle filière. Je reste d’ailleurs étonné de la tempête disproportionnée au regard de ce qu’ont déjà subi les filières professionnelles, notamment. Ni hier, ni aujourd’hui personne ne s’est ému de l’absence de philosophie dans le cursus.

Comment percevez-vous la réforme ?

Je la qualifierai d’ectoplasmique, sans grande forme et d’une facture dont on ne comprend pas quel but elle veut

atteindre. Elle procède à des ajustements et à des regroupements qui ne sont pas prioritaires.

Selon vous, aucune mesure ne va dans le bon sens ?

Les préconisations me semblent bien loin des enjeux du lycée du XXIe siècle. Posons-nous seulement quelques questions. Qu’est-ce qui rend possible la réussite de l’élève qui du secondaire arrive dans l’enseignement supérieur ? Quel type de travail préconise-t-on en amont ? Quelle place laisse-t-on à l’imagination, aux recherches documentées, quel type de travail et d’épreuves ? Est-ce que l’on doit conserver le bac actuel et ses absurdités ? Et quel rééquilibre peut-on imaginer pour les filières de l’enseignement professionnel. Cette réforme ne pose aucune de ces questions.

Par où faudrait-il commencer ?

La France a à la fois mal à son lycée et peur de ses lycéens. Son lycée est inégalitaire et pour ses élèves, le pays cherche des compromis là où il faudrait avoir de l’audace. D’ailleurs, je m’étonne qu’on élabore une réforme du lycée sans aborder la question du collège laissé à vau-l’eau. Ce n’est ni plus ni moins aujourd’hui qu’une gare de triage où il devient très difficile d’enseigner – avec ses exceptions, j’en conviens. Se pose aussi la question de sa dimension qui, à mon sens, devrait revenir à une taille plus humaine. Là où la présence de l’adulte deviendrait visible.

 

Le CSE adopte les textes de la réforme du lycée

Article  La Café Pédagogique.net

men-6 dans Revue de presseLe CSE a adopté les quatre textes ministériels avec des amendements acceptés par l’administration qui renforcent la dimension pédagogique de la réforme et confortent ses moyens.

 

« De véritables échanges ont eu lieu » nous confie Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE à la sortie du CSE. « Il y a eu de vrais débats sur les textes présentés. On n’avait pas vu cela depuis longtemps » ajoute-il.  En effet c’est un Conseil supérieur de l’éducation tout à fait exceptionnel qui s’est tenu jeudi 10 décembre. Il a duré longtemps (de 14h à 22h30).  Le ministre y a participé  en personne longuement.  Mais la vraie exception c’est l’adoption des décrets et arrêtés avec par exemple 35 voix pour contre 28 pour un décret. Il faut remonter loin en arrière pour voir un projet ministériel adopté ainsi par les représentants de l’Ecole. Rappelons qu’en 2005 la loi Fillon avait obtenu 39 voix contre et 4 pour. En 2007 la réforme Robien sur le primaire comptait 41 contre et 6 pour. Une majorité s’est dégagée au CSE pour que la réforme se fasse.

 

Le CSE commence par un échange de déclarations qui aurait pu figer les positions. Luc CHatel présente sa réforme et pose ses engagements envers les lycéens et les enseignants. Pour les premiers, il fixe trois objectifs : «  mieux orienter chaque lycéen pour en finir avec l’orientation couperet, avec le délit d’initié, avec une voie exclusive d’excellence. Mieux accompagner chaque lycéen pour éviter les décrochages, pour développer l’autonomie, pour permettre d’atteindre l’excellence. Mieux adapter le lycée à son époque pour que chaque lycéen maîtrise les langues étrangères, accède à la culture, se prépare aux responsabilités de l’âge adulte ». Pour cela il y a par exemple les heures d’accompagnement personnalisé. «  Quand un élève se trouve en difficulté, l’accompagnement personnalisé lui permet de surmonter à temps les difficultés avant qu’elles ne se cristallisent, ne s’enracinent et ne conduisent à l’échec, aux sorties précoces, au décrochage. Dorénavant, l’école sera son propre recours ». Aux enseignants, il promet que, s’il a été conduit « à redéfinir les horaires par discipline,… il est clair que le temps d’enseignement n’est pas réduit. Il est simplement organisé différemment ». Il répond ainsi aux remarques des associations disciplinaires. Il fait de même à propos de l’autonomie.  » Je suis, comme vous, très attaché au caractère national de l’éducation, avec des horaires, des programmes et des examens nationaux. Je ne vais pas créer le lycée à géométrie variable ou le lycée à territoire variable. Pas plus que le baccalauréat à géométrie variable. Mais il n’y a aucune contradiction entre le caractère national de l’éducation et une plus grande liberté d’initiative locale. En effet, c’est au plus près des élèves que se construisent les réponses pédagogiques adaptées à leurs besoins pour conduire chacun vers la réussite ».

 

G Aschiéri rappelle la demande de la FSU d’un report du texte et critique particulièrement l’autonomie accordée aux établissements.  » Les dispositions que vous proposez accentuent l’autonomie des établissements et risquent ainsi de creuser encore les inégalités entre établissements et leur mise en concurrence, déjà à l’oeuvre avec la libéralisation de la carte scolaire. Elles renvoient à l’établissement la répartition suivant les disciplines des heures dévolues aux TP, TD et travaux en groupes avec un volume horaire ainsi géré localement qui représenterait près du tiers de l’horaire d’un élève de seconde ». Le Sgen Cfdt annonce « se saisir des leviers de changements positifs qui..  sont proposés, avec vigilance et dans un esprit revendicatif ».  Le Sgen juge positifs l’accompagnement personnalisé et l’autonomie pédagogique.  Le Se-Unsa estime que les mesures proposées « vont dans le bon sens. C’est pourquoi , malgré un contexte politique et budgétaire difficile, il fait le choix de soutenir la nouvelle architecture du lycée ».

 

Des avancées pédagogiques. Alors qu’on a vu ces derniers jours les associations disciplinaires mobiliser au profit de leur matière, les nouvelles grilles horaires ont été adoptées par le CSE. Mais un amendement précise que les heures globalisées (jusqu’à un tiers de l’horaire total)  sont accordées « par division » et non de façon globale à l’établissement ce qui conforte leur utilisation. Leur gestion reste confiée au conseil pédagogique mais le contrôle du conseil d’administration est renforcé. Le chef d’établissement ne pourra pas imposer sa répartition en cas de désaccord avec le CA. Il devra proposer une autre répartition dans un délai court. L’accompagnement personnalisé est redéfini. Il « prend notamment la forme de travaux interdisciplinaires » , c’est-à-dire qu’il pourra prendre la forme de TPE.

 

De nouveaux droits lycéens. Plusieurs amendements renforcent les droits des lycéens. Le tutorat « sera proposé à tous les élèves ». Les lycéens souhaitant utiliser leur droit à la réorientation devront avoir reçu une proposition du chef d’établissement dans un délai d’un mois.

Dossier réforme du lycée

 

 

 



La réforme du lycée dans la presse


Réforme du lycée : « un bon compromis » pour Luc Chatel

NOUVELOBS.COM | 07.12.2009 | 10:05

Le
ministre de l’Education nationale estime n’avoir « sacrifié aucune
discipline » après l’appel à la défense de l’histoire-géographie qui
deviendrait facultatif en terminale S.

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel (Reuters)

Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel (Reuters)

Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, estime dans un entretien au Figaro de lundi 7 décembre, qu’ »un bon compromis » avait été trouvé concernant les modalités de la réforme du lycée qui verrait disparaître l’histoire dans les programmes de terminale S.
« Nous avons trouvé un bon compromis sans sacrifier aucune discipline »,
a-t-il déclaré, rappelant qu’il avait consulté « pendant des mois » et
fait « un tour de France ».
« Le Conseil national de la vie lycéenne a approuvé ce que nous présentions » a confirmé le ministre de l’Education nationale. Pour lui, « il ne faudrait pas prendre le risque de déséquilibrer ce qui a été fait ».
« Mais je me réjouis que certains syndicats fassent preuve de
responsabilité et nous soutiennent, de même que les fédérations de
parents d’élèves », a ajouté Luc Chatel.

Des grands noms s’insurgent


Vingt universitaires de renom, comme Jean-Pierre Azéma, Alain Finkelkraut ou Michel Winock, ont publié dimanche dans le JDD une pétition, dans laquelle ils « s’insurgent » contre la disparition prévue des cours d’histoire en terminale S.
La pétition a également été signée par des personnalités, comme Boris
Cyrulnik, Philippe Delerm ou Michel Onfray, et des responsables
politiques.

(Nouvelobs.com)

 
 

Luc Chatel : «Nous avons trouvé un bon compromis» 

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Alors que la liste des
signataires de la pétition pour maintenir un enseignement obligatoire
d’histoire-géographie en terminale S s’allonge, le ministre de
l’Éducation précise le sens de sa réforme.

La réforme du lycée dans la presse dans Réforme du lycée coeur-

 

Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale : «Il s'agit de mettre l'accent sur l'orientation et l'accompagnement »
Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale : «Il s’agit de mettre l’accent sur l’orientation et l’accompagnement » Crédits photo : Le Figaro

LE
FIGARO. – La perspective de voir supprimer l’histoire-géographie en
terminale S déclenche une levée de boucliers. Comment y répondez-vous ?

Luc CHATEL. – Je
veux tout d’abord redire mon attachement à l’enseignement de
l’histoire-géographie, qui doit conserver la place éminente qui est la
sienne dans le système scolaire français. Il n’est pas question de le
supprimer. Simplement, le programme qui est actuellement traité en
terminale S le sera en première, où nous augmentons les horaires. Nous
avons voulu un tronc commun en première qui permette aux élèves de se
forger une véritable culture commune.

Ce mouvement,
qui affirme un attachement aux savoirs disciplinaires, ne remet-il pas
en question la philosophie de votre réforme, fondée sur des heures
d’accompagnement personnalisé ?

Il faut rappeler la
philosophie de la réforme. Il s’agit de mettre l’accent sur
l’orientation et l’accompagnement. Aussi la spécialisation est-elle
progressive. La seconde redevient une vraie classe de détermination, la
première offre un début de spécialisation avec la possibilité d’une
correction de trajectoire, et la terminale s’appuie sur une plus grande
spécialisation, avec des passerelles vers le supérieur. En terminale,
les lycéens se concentrent donc sur ce qui fait le cœur de leur
orientation. Et ceux qui souhaiteront, après une termi­nale S, faire
par exemple une école de commerce ou Sciences Po pourront choisir de
faire l’option histoire-géographie. Cette option viendra s’ajouter au
programme actuel, qui sera traité en seconde et première. L’inspection
générale va donc s’employer à réécrire progressivement les programmes.
Mais je rappelle que la réforme, c’est aussi l’accompagnement
personnalisé voulu par les chefs d’établissement, les professeurs et
les élèves et qui, évidemment, comportera un enseignement
disciplinaire, y compris d’histoire-géographie, quand l’élève en aura
besoin.

Vous n’envisagez donc pas de rediscuter les modalités de la réforme, même si cette pétition prend de l’ampleur ?

Les
signataires de cette pétition ont lu sur le papier « il n’y aura plus
d’histoire-géographie » ; ils n’ont pas compris qu’il s’agissait d’une
réorganisation. Nous avons consulté pendant des mois, j’ai fait un tour
de France, et, par exemple, le Conseil national de la vie lycéenne, la
semaine der­nière, a approuvé ce que nous présentions. Nous avons
trouvé un bon compromis, sans sacrifier aucune discipline. Il ne
faudrait surtout pas prendre le risque de déséquilibrer ce qui a été
fait. Mais je me réjouis que certains syndicats fassent preuve de
responsabilité et nous soutiennent, de même que les fédérations de
parents d’élèves.

 

» Luc Chatel : «l’histoire-géo va garder une place éminente»

 

L’histoire supprimée en Terminale S : Chatel à rebours

Article Rue89.fr

Deux appels argumentés circulent contre la
suppression des heures obligatoires d’histoire-géographie en Terminale
pour les lycéens de la série S (scientifiques). Les auteurs des appels
ont raison dans leur argumentation sur la nécessité de permettre le
plus longtemps possible de renforcer la culture historique des lycéens,
y compris des scientifiques. Tout comme ils ont raison de refuser une
conception « utilitariste » des programmes d’enseignement des
établissements publics.

Une réponse à côté

La réponse condescendante du Ministre de l’Education nationale est
aussi préoccupante que le projet de réforme lui-même. Les
universitaires signataires des appels n’ont pas mal compris les
changements en cours, comme il le prétend.

C’est lui, le Ministre, qui ne saisit pas combien sa réponse tombe
à côté. Elle repose sur un raisonnement casuiste : les élèves
scientifiques de Terminale qui voudront accéder aux instituts d’études
politiques ou souhaiteront intégrer des classes préparatoires aux
concours des écoles de commerce, pourraient se voir offrir deux heures
optionnelles d’histoire.

Du côté du refus, l’essentiel n’est pas le plaidoyer d’historiens
qui se sentiraient blessés dans leur importance. Ni même le souci
civique de former les citoyens futurs ou déjà électeurs, afin qu’ils
exercent leurs droits politiques de façon d’autant plus réfléchie
qu’ils sauraient de quoi est fait le passé. Il réside dans le fait que
cette proposition aggrave l’isolement des scientifiques.

Le divorce des sciences et des lettres

Une des grandes difficultés à laquelle s’affronte notre société
depuis près d’un siècle, c’est qu’un écart insurmontable s’est creusé
entre les spécialistes des sciences de la nature et leurs concitoyens,
y compris leurs collègues des sciences humaines et sociales.

Cette difficulté a été aggravée par l’éclatement disciplinaire des
universités, consécutif à Mai-68, qui a placé les étudiants dans
l’impossibilité de suivre des enseignements diversifiés. Or, il se
trouve que la Ministre Valérie Pécresse encourage un mouvement de
réunification universitaire qui permettra, à terme, que les étudiants
de Licence puissent composer des menus de formations qui aillent des
lettres aux sciences de la nature, des sciences sociales aux sciences
de la santé, du droit à la physique.

Dans un tel contexte, accentuer les différences de formation au
niveau du lycée est un non-sens. La recherche d’une spécialisation
précoce des lycéens va exactement à contre-courant de ce qui est en
train de se produire à l’Université.

C’est d’autant plus choquant qu’un effort remarquable a été fait,
ces dernières années, pour bâtir des programmes d’histoire-géographie
qui ouvrent les lycéens sur le monde, plutôt que des les enfermer dans
le culte du passé national.

L’échec du « socle commun » ?

Dans une réponse radiophonique, le ministre Luc Chatel a justifié
cette nouvelle usine à gaz dans l’architecture des programmes, au nom
de la nécessaire spécialisation des étudiants scientifiques. De mon
point de vue, c’est bien cela le plus grave. Les priver
d’histoire-géographie, c’est accentuer le divorce entre les sciences et
les lettres. C’est le faire de plus en plus tôt, alors qu’il faudrait
le faire le plus tard possible. A tort, j’avais crû que le modèle du
« socle commun » aurait pour mérite de limiter le processus de
spécialisation. Raté.

 

Avec Luc Chatel, l’histoire-géo ne passe pas en terminale

 
La
décision de rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale
scientifique provoque une levée de boucliers chez les profs, chercheurs
et universitaires. Présentée dans quatre jours, la réforme du lycée est
de plus en plus contestée…

Ça chauffe
dangereusement pour Luc Chatel. À quatre jours de sa présentation
détaillée devant le Conseil supérieur de l’éducation – jeudi prochain
–, la réforme du lycée, esquissée dans ses grandes lignes fin novembre,
rassemble contre elle un front du refus de plus en plus large. Aux
protestations de la FSU, première organisation dans l’enseignement, de
la CGT éduc’action, des syndicats de lycéens UNL et Fidl, et des profs
de sciences économiques et sociales, se sont ajoutées, ce week-end,
celles des historiens.

Une mesure utilitariste et À courte vue Hier, dans le Journal du
dimanche, vingt universitaires et chercheurs ont lancé un appel
retentissant contre la décision de rendre optionnelle
l’histoire-géographie en terminale S. Des personnalités tels Jacques Le
Goff, Jean-Pierre Azéma, Antony Beevor ou encore André Kaspi et
Benjamin Stora jugent « impératif d’annuler » cette mesure « inspirée
par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec
les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la
formation intellectuelle, de l’adaptation au monde contemporain et de
la réflexion civique des futurs citoyens ». Selon le projet de réforme,
les lycéens ayant choisi la série scientifique n’auront plus de cours
d’histoire-géo obligatoires en terminale. L’épreuve d’histoire-géo du
bac serait organisée à la fin de la première. Année au cours de
laquelle ils bénéficieraient de quatre heures de cours hebdomadaires
pour cette matière, contre 2 h 30 actuellement. Pour ceux qui le
souhaitent, deux heures d’histoire subsisteront sous forme d’option en
terminale. Le but officiel du ministère est de revaloriser ainsi les
filières L et ES en dissuadant les candidats à des études comme
Sciences-Po de passer par la série scientifique, plus valorisée et dans
laquelle se lance un élève de terminale sur deux. Il s’agit aussi de
renforcer la spécialisation en terminale S pour « mieux préparer » aux
études supérieures et de faire de la place à « l’accompagnement
personnalisé ». « On ne supprime pas le programme d’histoire-géo en
terminale scientifique, ce programme sera vu en première, s’est défendu
hier Luc Chatel. Que les élèves soient en filière scientifique ou
littéraire, ils auront en première quatre heures d’histoire-géo, une
discipline qui fait partie du tronc commun de matières partagées.
L’histoire-géo va garder la place éminente qui a toujours été la sienne
dans le système éducatif français. »

le pouvoir face à ses paradoxes L’argumentaire ne convainc pas.
« C’est cocasse, voire ironique, a réagi Benjamin Stora. Rendre une
filière optionnelle, c’est la condamner à terme. Or, tout le monde sait
que l’enseignement de l’histoire est essentiel pour se situer dans le
monde contemporain et affronter les défis du futur. » Et les
signataires de l’appel ne manquent pas de souligner le paradoxe du
pouvoir en place qui glorifie, un jour, les souvenirs de la « France
éternelle » et détruit, le lendemain, leur apprentissage. « Au moment
où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de
lancer un grand débat sur l’identité nationale qui doit mobiliser le
pays, cette mesure, font-ils valoir, va priver une partie de la
jeunesse française des moyens de se faire sur la question une opinion
raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi
la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires. » La
polémique fait tâche d’huile. Hier, de nombreuses personnalités – dont
les UMP Hervé Mariton et Renaud Muselier – ont apporté leur soutien à
cet appel des historiens. Pour Luc Chatel, l’affaire pourrait tourner
rapidement au casse-tête. Et cristalliser les mécontentements sur le
dossier de la réforme du lycée, plus que jamais explosif.

Laurent Mouloud

 

 



Lycée Gide: l’appui aux élèves du personnel enseignant

Article Midi Libre UZES

lycée prof.jpg

Durant toute la semaine les lycéens ont assuré dans le calme le blocus du lycée.

Les personnels enseignants du lycée Charles Gide D’UZES partagent l’inquiétude des lycéens et soutiennent leurs revendications. Dans un souci d’efficacité, ils les invitent à adapter leur action aux temps forts de l’action nationale. Ils tiennent à rappeler que tous les cours sont assurés mais alertent la communauté éducative (parents d’élèves et lycéens) sur les régressions dont est porteur le projet de réforme Chatel du lycée.

La logique de cette réforme est déterminée par la contrainte budgétaire et le dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire partant en retraite sur deux. Les classes sont de plus en plus chargées, dégradant les conditions d’apprentissage des élèves, notamment des plus faibles d’entre eux (28 élèves par classe en moyenne au lycée en 2006 contre 32 en 2009).

L’introduction de 2 heures d’accompagnement se fait au détriment des horaires des disciplines. On enlève donc des heures de cours pour les recycler sous forme d’accompagnement, ce qui diminue le volume horaire global des lycéens.

Les cours en demi-groupe ne sont plus définis au niveau national; leur répartition est confiée aux chefs d’établissement sur la base d’une enveloppe globale de 10h par classe. Les disciplines et les établissements seront mis en concurrence.

L’instauration d’un tronc commun en première va se traduire par une hausse des effectifs dans les classes pour les disciplines concernées (français, langues vivantes, histoire-géographie, EPS, ECJS).

L’idée de donner le droit à l’erreur aux élèves, en leur proposant de changer d’orientation en cours ou fin de première, est un généreux principe qui renforcera cependant le déséquilibre des séries.

Un véritable rééquilibrage des séries aurait nécessité un même nombre global d’heures de cours et de dédoublements dans chaque série. Or, il n’en est rien.

 



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