La « crise » : Comprendre pour mieux Combattre

Téléchargez ce document de la FSU pour vous donner quelques arguments sur la crise et la dette dont on nous rabat les oreilles.
Bonne lecture !

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Dernière minute : 4 CUI au lycée Gide (Uzès)

Ce matin l’Inspecteur d’Académie a autorisé le chef d’établissement du lycée Gide (Uzès) à recruter 4 nouveaux CUI (emplois précaires) pour notre établissement, officiellement pour résoudre les « problèmes » de la vie scolaire.

D’après nos informations, en provenance d’autres chefs d’établissement, cette situation est identique dans de nombreux lycées.
Ce gouvernement souhaite donc généraliser la précarité au détriment de vrais postes dans l’Education Nationale.

C’est ce que l’on appelle pudiquement le « traitement social du chômage ».
Faut-il y voir une relation avec les élections et les mauvais chiffres du chômage ?
Pour le SNES (FSU) du lycée Charles Gide (Uzès) : Franck Tichadou



Voie technologique : Pour le SNES, « ça va péter »

Articles du café pédagogique

Voie technologique : Pour le SNES, « ça va péter »

Voie technologique : Pour le SNES, STL, STI, STG, ST2S : toutes les voies technologiques enchaînent les réformes, certaines la réforme de la réforme. Comment cela se passe-t-il sur le terrain ? Pour le Snes, qui réunit le 8 décembre un colloque national, la situation devient très grave dans certaines branches comme STI ou STL. La réforme génère une grande souffrance au travail.

 

L’enseignement technologique est en crise. S’il représente encore un quart de tous les bacheliers, celle-ci diminue. Toutes les voies connaissent une érosion à l’exception de ST2S. Elle est particulièrement forte en STI. Et cela même si la filière donne accès à des études supérieures et à une insertion réelle dans  l’emploi. Aujourd’hui son identité est questionnée entre filières générales réformées et un enseignement professionnel qui devient une voie d’accès au supérieur.

 

« On n’est pas loin de se foutre sur la gueule pour savoir qui va rester », témoigne un enseignant de STI. « Les inspecteurs nous renvoient la responsabilité de tout ce qui va mal ». Les témoignages réunis par le SNES pour le colloque de la voie technologique viennent de toute la France, de Bayonne à Dunkerque. Pourtant les situations décrites en STI et STL sont partout les mêmes. Les seules interrogations c’est de savoir quand les élèves vont exprimer leur ras le bol.

Lisez le reportage

 

L’enjeu du technologique et du professionnel

10auduc dans Syndicats enseignantsEn 2011, un bachelier (71,6% d’une classe d’âge)  sur deux obtient son diplôme dans le cadre d’une filière technologique ou professionnelle.

 

Cette situation a deux conséquences. La part des bacheliers généraux dans la classe d’âge n’a que peu augmenté depuis vingt ans. Tous ceux qui écrivent sur le baccalauréat « distribué à tout le monde » devraient se souvenir que sur 21 ans, entre 1990 et 2011, le pourcentage d’une classe d’âge obtenant un baccalauréat général n’a augmenté que de 7,5% alors que le pourcentage total de bacheliers toutes filières confondues s’est accru de 28,1%.

 

Ce développement des bacheliers technologiques et professionnels a eu inévitablement des conséquences dans l’enseignement supérieur que nous permet de bien mesurer la note de la DEPP parue le 14 novembre 2011. Il y a en France en 2010-2011 environ 2 300 000 étudiants dont seulement 1 400 000 sont inscrits dans les universités. Pourquoi cette différence ? parce que les bacheliers technologiques et professionnels qui vont dans l’enseignement supérieur choisissent peu l’université (28,5 % pour les bacs technos, 7,7%  % pour les bacs pros). Ils s’orientent indépendamment des IUT, avant tout vers les BTS, les écoles spécifiques, les écoles de commerce et l’apprentissage (150 000 étudiants préparent un diplôme du supérieur par l’apprentissage). L’enseignement privé, de ce fait, représente dans le supérieur 1 étudiant sur 6, majoritairement sous statut privé « marchand », puisque les instituts catholiques qui représentaient 7,8% en 2000 n’en représentent plus que 6,5% en 2010.

 

Au total, cette poussée des formations professionnelles et technologiques permet en 2009 que 46,4% des jeunes d’une classe d’âge sont titulaires d’au moins un diplôme de l’enseignement supérieur ( 53,8% pour les femmes et 39% pour les garçons).  L’objectif des 50% de diplômés du supérieur est donc atteint et dépassé en 2011.

 

On peut donc dès lors se demander, quand on se rappelle que les enseignants de ces filières ont été les grands oubliés de la mastérisation, pourquoi, face aux attaques contre cette voie incontestable de promotion sociale qui permet la réussite de nombreux jeunes, il y a une telle absence de ripostes et de réflexions ? Est-ce parce que les enseignants, les décideurs, ceux qui écrivent ou qui parlent dans les médias n’y scolarisent pas leurs enfants ?

 

Pourquoi le monde universitaire laisse-t-il se développer le privé marchand et l’apprentissage sans proposer des perspectives à la hauteur du nombre de bacheliers concernés ?

 

Pourquoi tant de réticences à dire qu’aujourd’hui un diplôme du supérieur sur deux (comme les bacheliers) vient de ces filières et continuer dans une démarche élitiste à ne diffuser des chiffres de diplômés du supérieur qui ne concernent que les  voies universitaires générales ?

 

L’enjeu des qualifications professionnelles supérieures est décisif pour le développement économique futur d’un pays. Il est indispensable qu’il figure au premier plan des préoccupations de ceux qui exercent ou qui veulent exercer le pouvoir  et qu’ils ne se contentent pas de mener un débat sur la liaison secondaire-supérieur qui ne concerne que les formations traditionnelles. N’est-il pas utile de rappeler que ce sont des ministres de gauche en 1986 et en 2000 qui ont créé le bac pro, la licence professionnelle afin de permettre une diversification et une démocratisation du supérieur ?

 

Jean-Louis Auduc   

 

 



Le Maire d’Uzès attaque le SNES du lycée Gide.

Voici (ci-joint) un extrait du journal municipal d’Uzès qui vient d’être distribué dans la ville.

Bulletin municipal Uzès nov 2011
La réplique était attendue mais elle est pitoyable.
Nous ne manquerons par de répondre très prochainement à M le Maire pour le confronter à ses propres incohérences.

Pour mémoire, ci-joint, les courriers envoyés dès septembre à la Région et au Maire d’Uzès.

Cordialement
Pour le SNES (FSU) du lycée Charles Gide (Uzès) : Franck Tichadou

Le Maire d'Uzès attaque le SNES du lycée Gide. dans Infos lycée Charles Gide doc Lettre SNES Chapon sept 2011

doc dans Syndicats enseignants Lettre SNES Région 2011



Grève unitaire le 15 décembre

Articles du café pédagogique

Evaluation des enseignants : Les syndicats décident aujourd’hui d’une journée de grève unitaire

Grève unitaire le 15 décembre dans Actualités 06cdt1C’est la décision aujourd’hui des syndicats du primaire qui donnera à la journée du 15 décembre sa coloration. Après la publication le 15 novembre des projets de décret et d’arrêté sur l’évaluation des enseignants, les syndicats du second degré ont décidé de ne pas attendre le 21 pour prendre position. Vendredi 18, ils annonçaient leur décision d’appeler à la grève pour le 15 décembre.

 

Signé par la quasi totalité des organisations du second degré  (Cgt, Se-Unsa, Sgen Cfdt, Sncl Faen, Snes Fsu, Snep, Snuep, Snlc FO, Sud) l’appel « condamne unanimement les projets de texte sur l’évaluation des personnels enseignants ». « La fin de la double évaluation (NDLR : par le chef d’établissement et l’inspecteur) reviendrait à reléguer au dernier plan ce qui constitue le coeur du métier, à savoir le travail en classe avec les élèves », note encore le communiqué. Les syndicats appellent donc les personnels du second degré à signer une pétition unitaire en ligne et à faire grève le 15 décembre.

 

C’est au tour aujourd’hui des syndicats du premier degré (Snuipp, Se-Unsa, Sgen) de décider de leur position. Le Snuipp a clairement fait entendre son intention d’appeler à la grève. Les deux autres organisations ont ratifié l’appel du 2nd degré… Cependant la situation est différente dans le premier degré. Des différents aspects des textes, les enseignants du 2nd degré ont surtout retenu l’évaluation par le chef d’établissement. Dans le premier degré l’évaluation reste le fait de l’inspecteur. Ce sont donc les autres aspects du texte qui pourraient mobiliser les enseignants, comme le ralentissement de l’avancement , et donc de la progression salariale, prévue par le nouveau système. L’évaluation des enseignants selon les progrès des élèves n’a pas été relevée par les syndicats jusque là.

Communiqué intersyndicale du secondaire

Le dossier du Café

La pétition unitaire


 

Evaluation : et si on sortait de la langue de bois… ?

On pourrait trouver étonnante la réaction des syndicats enseignants, presque unanime , d’appeler à la grève contre la modification des modalités d’évaluation et d’avancement de leurs mandants. Ce serait oublier combien le sentiment des profs sur ces questions est à vif, surtout dans le second degré. Depuis plusieurs années, la double tutelle des chefs d’établissement et des IPR ou IEN disciplinaires sent la poudre. Entre les sujétions du « projet d’établissement » et la défense de la « discipline », on connait les difficultés à inventer ce nouvel espace professionnel hybride.

 

Pourtant, on sait désormais que l’efficacité de l’éducation tient à la fois  à ce qui se passe dans la classe, dans les modalités de transmission des savoirs, et dans l’établissement, dans la capacité des divers métiers à collaborer pour avancer ensemble sur les difficiles questions de l’accompagnement des élèves, des devoirs, des sanctions,  du lien avec les familles, l’environnement…

 

C’est le moment que choisit l’inénarrable M. Chatel pour annoncer que la publication des résultats des élèves, établissements par établissement, est à terme « nécessaire », notamment pour informer les parents et continuer à réduire les postes. Il a le mérite de la cohérence politique.  Voilà qui devrait déminer le conflit…

 

Evidemment, M. Chatel ignore tout du travail des enseignants. Il ne sait pas que les enseignants ont d’abord besoin du soutien de l’institution, justement parce que c’est elle qui institue. Il ignore sans doute que la force des hussards noirs tenait à la légitimité que leur donnait la République, pas de leur charisme personnel…

 

Evidemment, M. Chatel n’a pas lu Christophe Dejours, qui différencie le « jugement de conformité » nécessairement posé par le supérieur hiérarchique et le « jugement de beauté » porté par les collègues, qui  exprime à la fois le fait de faire le métier « dans les règles de l’art », mais aussi en y ajoutant sa petite graine d’inventivité. Pour essayer de mieux faire « ce qu’on n’arrive pas encore à faire », comme dit F. Lantheaume.

 

Que l’évaluateur soit l’IPR ou le chef d’établissement ne peut poser problème que si l’enseignant ne reconnaît pas la légitimité de celui qui pose ce jugement de conformité. Lorsqu’un prof dit « que connaît le principal à la discipline ? »,  laisse-t-il entendre qu’il accueille en confiance l’IPR dans sa classe ? En tout cas, on peut multiplier les exemples, dans le premier et le second degré, d’inspecteurs ou de chefs d’établissements qui sont tiraillés entre le marteau et l’enclume, entre les réformes à faire pleuvoir sur les fantassins et leur faculté de comprendre les problèmes réels que rencontrent les enseignants.

 

Evidemment, le modèle de M. Chatel est celui du prestataire de service d’éducation, qui entretient des rapports marchands et contractuels avec ses clients. A chacun de fidéliser les siens. Evidemment, M. Chatel ne sait rien de ce qu’est la transmission de la culture, ni pourquoi les élèves des milieux populaires ont besoin d’école.

 

Parce que notre école est en crise, les réponses idiotes de la GRH renforcent l’inquiétude et la colère, là où ceux qui travaillent ont besoin de cadres collectifs pour  inventer autre chose que l’inspection infantilisante, le clientélisme ou la crainte du petit chef. Cela passe, pour les profs, les chefs d’établissement et les inspecteurs, par la capacité à travailler ensemble, localement, avec exigence et sans craindre ni la controverse ni l’incertitude. Chacun y est-il prêt ?

 

Marcel Brun

 

 

Les inspecteurs « vent debout » contre la réforme de l’évaluation des enseignants

snia01 dans Syndicats enseignants« L’ignorance le dispute au mépris. Chatel est un barbare. Il ne connaît rien. Il ne veut rien connaître. Il passe en force ». Roger Keime, secrétaire général du SNIA IPR, syndicat majoritaire chez les IA IPR, est furieux. Il a eu l’occasion de la faire savoir au CSE du 17 novembre. Il en témoigne dans un entretien accordé au Café pédagogique le lendemain.

 

« Quellles que soient les compétences des chefs d’établissement, leurs compétences ne sont pas disciplinaires », estime R Keime, qui rappelle que celles-ci sont un des 4 piliers de la nouvelle évaluation voulue par le ministre. Or pour lui, « la vision de ce qui se fait dans la classe ne peut être obérée. Les inspecteurs voient mal qu’ils n’aient plus qu’à réfléchir à partir de documents d’autoévaluation ou d’analyse du système ». Il rappelle également l’attachement des enseignants au double regard de l’inspecteur et du chef d’établissement. « Exclure les corps d’inspection pédagogique de ce dispositif d’évaluation c’est une fois de plus ignorer leurs compétences, leur expertise et leur légitimité ». Le SNIA IPR manifeste la même hostilité au projet de réforme de la gouvernance académique qui doit passer en CTM le 29 novembre. « C’est une fuite en avant électorale », nous a-t-il confié. « Un texte rédigé à l’UMP plus que par les fonctionnaire du ministère ».

 

gonnet2Du côté des inspecteurs du premier degré, Michel Gonnet, secrétaire général du Snpi Fsu (un quart des IEN), appelle les IEN « à une mobilisation à la hauteur » contre ce texte. « Nous avons appris que les IEN premier degré chargés d’une circonscription (IEN CCPD) ne feraient pas partie du « service académique de l’inspection » prévu dans le document de travail fourni par l’administration. Avec les inspecteurs du second degré, seuls les IEN du premier degré qui ne sont pas chargés d’une circonscription y seront rattachés. Les IEN CCPD, à l’inverse de leurs autres collègues inspecteurs, feraient partie de la ligne hiérarchique décisionnelle à l’instar des chefs d’établissement. Si on relie les deux réformes, une des conséquences en est que l’évaluation des enseignants qui sera demandée à l’IEN-CCPD sera celle d’un supérieur hiérarchique, à savoir un entretien professionnel cadré par des items. Alors que jusqu’ici tous les inspecteurs tiennent leur autorité de leur expertise pédagogique et disciplinaire, les IEN CCPD la tiendraient désormais de leur appartenance à la chaîne hiérarchique. Autrement dit, d’une place de « fonctionnaire de proposition » ceux-ci passeraient à un statut de « fonctionnaire de décision ». Le Snpi veut sauvegarder  » la liberté d’appréciation et la distance intellectuelle nécessaires à l’inspection ».

Les IPR se méfient le la réorganisation académique

 

 

Message  de la FSU :

Face au projet ministériel concernant l’évaluation des enseignants et comme nous vous l’indiquions lors du dernier message, une pétition est désormais en ligne. Cette pétition est largement unitaire (CGT,  SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNUipp-FSU, FO-SNLC)
Elle accessible par le lien suivant :

http://retraitduprojetevaluation.net/
Nous vous appelons à la faire circuler en l’envoyant largement vers vos collègues en particulier de votre établissement.
Nous vous confirmons l’appel à la grève de l’intersyndicale du second degré pour le jeudi 15 décembre
Toutes les informations concernant le projet ministériel est consultable sur le site du SNES

http://www.snes.edu/-Evaluation-des-personnels,4740-.html

Frédérique Rolet, Roland Hubert, Daniel Robin
Co-secrétaires généraux



B. Groison :  » Le gouvernement refuse tout débat »

Secrétaire générale de la Fsu, la première fédération de la fonction publique, Bernadette Groison invite au débat. Débat sur l’avenir de l’éducation et la gestion des moyens en temps de crise. Débat plus général sur la gestion de la crise avant les élections présidentielles. C’est renvoyer Luc Chatel et le gouvernement à leur bilan et à leur arrogance.

 

L’UMP vient de publier son programme de propositions pour l’Ecole. Quel jugement portez-vous sur elles ?

B. Groison : C’est une publication sans surprise. La majorité montre bien le choix qu’elle fait en terme éducatif et reste bien dans l’orientation gouvernementale : celle de la contrainte budgétaire. C’est ce qu’on connaît depuis déjà 4 ans. Or cette politique ne permet pas de prendre en charge tous les jeunes. L’UMP parle de réussite pour tous mais en fait elle acte le fait que le système éducatif ne permet pas à tous les jeunes de sortir avec une qualification. Ils maquillent cette réalité en disant que les jeunes ne font pas tous les mêmes efforts, en parlant de la responsabilité des familles, ou des enseignants qui n’arrivent pas à les faire réussir. Ils essaient de mettre des causes pseudo pédagogiques ou sociétales. Mais sur le fond ils n’ont pas décidé de remettre en cause le système et de casser le retard français en terme de décrochage et de corrélation entre réussite scolaire et origine sociale comme le montrent les études internationales.

Que peut-on faire face à l’échec scolaire ?

Il faut recentrer la réflexion et les mesures sur la classe. On a trop tendance à renvoyer hors de la classe le traitement de l’échec scolaire. Du coup on ne donne pas les outils aux enseignants pour que tous les jours ils prennent en charge ces difficultés dans leur classe. Il faut de la formation, donner la capacité à travailler différemment. Par exemple plus de professeurs que de classes au primaire, la possibilité de travailler en équipe et de faire des groupes d’élèves au secondaire. Même si pour certains élèves la difficulté ne peut être traitée qu’ailleurs, il faut revenir à la classe. Un des dangers de la politique Chatel c’est de faire croire qu’avec un millefeuilles de dispositifs (sport l’après-midi etc.) il lutte contre l’échec scolaire. C’est dans la classe que se jouent et que se déjouent les inégalités. C’est une idée que la FSU va porter.

Luc Chatel s’est toujours présenté comme non-idéologue, presque neutre. Avec ce programme n’y a-t-il pas une orientation idéologique affichée ?

Mais Chatel n’a jamais été neutre politiquement même s’il a essayé de faire passer un discours rassurant, y compris en utilisant le vocabulaire des organisations syndicales. Il parle de réussite pour tous, de soutien aux élèves en difficulté. Mais il ne met pas le même contenu à ces mots que nous. Il parle de réussite pour tous mais il ne met pas en place ce qu’il faut pour y arriver. Il fait en sorte que les élèves qui perturbent ou qui peinent à trouver leur voie à l’école soient poussés un peu en dehors du système éducatif et en même temps de tirer les plus « méritants ». Au final le résultat est toujours le même : il y a toujours 130 000 à 140 000 sorties sans qualification et un échec scolaire qu’on n’arrive pas à réduire. Il faut regarder les résultats. Les études internationales lui ont renvoyé cette réalité à la figure d’une manière très forte. Sous une personnalité rassurante sa politique est en fait évidemment celle de l’UMP.

J’ajoute que le dialogue social avec Luc Chatel est problématique puisqu’il ne passe que par voie de presse. Il ne nous donne jamais les moyens de prendre part à un débat, de travailler ensemble les questions éducatives. Il fait des annonces mais ne recherche pas la discussion avec la communauté éducative.

Je me rappelle la soirée très tendue des élections. Il y a maintenant ce programme. Luc Chatel ne se lâche-t-il pas ?

Les échéances politiques vont l’obliger à justifier sa politique. Le ton va peut-être être différent à cause de la campagne. On prendra moins de gants y compris envers les enseignants. On est dans la méthode Sarkozy où on vous dit quoi faire et où on justifie en disant qu’il n’y a rien d’autre à faire que ce que l’UMP propose. C’est le même discours sur la crise et sur l’école et il ne prête pas à débat. D’emblée il discrédite ce que disent les organisations syndicales et les enseignants. Par exemple, le 27 septembre , N Sarkozy s’est permis de dire que proposer 60 000 postes d’enseignants n’était pas raisonnable à part faire plaisir aux syndicats. C’est méprisant. Ca renvoie le PS et les syndicats dans les cordes. Le gouvernement parle beaucoup de dialogue social mais il répond de cette façon. Il reste dans le schéma où rien n’est à discuter alors qu’on a tellement besoin de débats. En dehors de la crise il y a des évolutions de la société énormes, dans un monde qui bouge. Comment éduquer aujourd’hui ? Quelle place de l’école dans la famille ? Que doit-on enseigner ? De quoi a-t-on besoin pour une formation tout au long de la vie ? Voilà des questions passionnantes. Mais le gouvernement refuse tout débat.

Là où il y a encore discussion, je pense au Sénat par exemple, on voit qu’un certain consensus s’est formé autour d’idées simples : le chef d’établissement manager, l’idée que les moyens c’est secondaire… Des thèmes que l’on retrouve dans le programme UMP et qui semblent avoir fait leur chemin bien au-delà.

Dans une situation difficile, on a tendance à chercher des solutions simples. Dire que les choses iraient mieux avec des managers à la tête des établissements ça peut paraître rassurant. C’est le modèle caricaturé du privé. Mais on se trompe. Il faudrait inventer des manières de gérer qui correspondent à l’histoire et l’identité du secteur public. Ce n’est pas d’un renforcement du pouvoir des chefs d’établissement dont on a besoin. C’est de redynamiser les équipes éducatives, de donner un sens au travail collectif en favorisant ce travail des équipes. Les enseignants sont trop seuls avec trop de comptes à rendre. Cette surcharge empêche de se confronter entre enseignants pour réfléchir aux pratiques, aux difficultés des élèves.  Mais il ne suffit pas de parler de travail en équipe. Luc Chatel acquiescerait sans doute lui-même à ce discours ! Il faut donner du temps, de la formation.

Pendant longtemps l’Education nationale a été cogérée. Aujourd’hui vous nous dites que le dialogue est courtois mais vide avec le ministère. Quels moyens d’action restent-ils aux syndicats ?

L’efficacité du syndicat c’est déjà de mettre les personnels en débat. C’est ce qu’on a fait avec les 500 débats dans tous les départements. J’y suis allé. J’ai vu ce besoin de discuter à la fois sur l’Ecole dont on rêve et sur celle que l’on vit. C’est une profession très mobilisée, découragée sans doute par les contraintes budgétaires mais attachée au métier et motivée. Notre second rôle c’est de dire à l’opinion ce que  l’on veut pour l’Ecole. Il va bien falloir dans les mois qui viennent que les candidats disent ce qu’ils comptent faire pour de vrai dans l’avenir. Quand le 27 septembre, Sarkozy répond à la grève des enseignants en disant que lui il s’occupe de l’industrie et pas des fonctionnaires, c’est provocateur. Mais c’est aussi se fourvoyer. Car on ne peut pas parler d’industrie sans parler recherche et éducation. Il va bien falloir parler de ce qu’on veut comme éducation pour nos jeunes et pour la société. Enfin le troisième rôle ce sont les actions. Même si c’est difficile avec ce gouvernement, on veut mettre fin à la règle du « un enseignant pour deux partis en retraite ». On ne désarme pas.

Il faut inverser le raisonnement et partir des besoins de la fonction publique aujourd’hui. Si on ne pense le projet éducatif qu’en terme de moyens budgétaires on est dans l’impasse. La fonction publique doit coller aux évolutions de la société. Et partout où il faut recruter il va bien falloir faire des recrutements. Pour l’éducation, il faut évaluer ce qui est nécessaire sur le court terme et prendre des engagements d’Etat sur plusieurs années. C’est pour cela que l’on a fait des propositions sur le pré-recrutement des enseignants. Au-delà de la question des 60 000 postes, il y a celle de la fonction publique dans la crise. Considère-t-on que la fonction publique est un levier pour sortir de la crise ? Est-on décidé à en programmer la force ? Il faut partir des besoins et ensuite voir quels moyens on met et comment on les met.  Parlons de projets.

Mais on ne peut pas faire l’impasse sur la crise budgétaire…

14Groison2 dans Syndicats enseignantsOn ne nie pas l’existence de la crise. Mais il faut voir aussi où on va chercher des recettes. C’est encore un débat que le gouvernement refuse d’ouvrir. On n’arrive pas à parler de fiscalité. Pourtant, par exemple, à la FSU on conteste l’efficacité du crédit impôt recherche. C’est 5 milliards : on pense qu’il y a là une niche intéressante. Les heures supplémentaires c’est 1,2 milliard. On pense que ce milliard serait mieux utilisé ailleurs. Il faut être conscient qu’on n’est pas dans une période faste et qu’il va falloir prioriser les dépenses. Mais on ne peut pas s’interdire  de penser à des mesures parce que l’on aurait un cadre budgétaire inamovible. On peut abonder le budget si l’on veut.

Aujourd’hui tout le monde dit que les plans successifs du gouvernement  ne font payer pratiquement que les seuls salariés. Tout le monde a compris que le gouvernement essaie de sortir de la crise en touchant le moins possible au système, en essayant de faire payer ceux qui travaillent encore. Peut-on sortir de la crise autrement que par ces plans d’austérité ? On souhaite que ce débat soit porté lors de la présidentielle. Les organisations syndicales disent qu’il y a une autre façon de sortir de la crise. Elles vont dire, avec le projet social qu’elles portent, ce qui leur semble nécessaire d’être fait. Il nous paraît impensable que dans la situation actuelle le gouvernement, qui ne tarit pas d’éloges sur le dialogue social, ne reçoive aucune organisation syndicale ! Comment est-ce possible !

Il y a eu récemment les élections professionnelles. Comment expliquez vous la chute du taux de participation ?

On n’est qu’au début de l’analyse. Mais il faut distinguer deux choses : les dysfonctionnements liés au vote électronique et d’autres facteurs. Je reste persuadée que cette baisse de 20 points ne s’explique pas si l’on ne regarde pas les dysfonctionnements. D’autant qu’il y a stabilité dans tous les autres ministères. La chute n’existe qu’à l’éducation nationale, le seul ministère où l’on votait électroniquement. On sait qu’il y a des personnels qui n’ont pas pu voter. C’est pourquoi on a demandé une commission d’enquête au ministre de l’éducation nationale et aux parlementaires. Le ministère ne peut pas se dédouaner de cette question d’autant que , lors de la simulation, on l’avait alerté que ce n’était pas prêt. On n’a pas voulu nous entendre. On veut que le ministère assume cette responsabilité et que cela ne se reproduise pas. Sur l’idée que la baisse serait due au fait que des collègues n’ont pas voulu voter, on va regarder cela de plus près, corps par corps. Mais une baisse aussi forte ne peut pas venir de cette seule raison.

Le gouvernement utilise cette idée ?

Oui il en a la tentation. Le ministre de la fonction publique s’y est essayé en disant que « les élections c’est un engagement personnel ». Mais ce phénomène n’existe que dans le seul ministère où a eu lieu le vote électronique. D’autre part il y a eu de fortes mobilisations syndicales juste avant le vote, comme le 27 septembre. Dire qu’il y aurait une fêlure entre les syndicats et le personnel n’est pas sérieux.

On voit s’amplifier des mouvements de « résistance » contre l’administration de l’éducation nationale, dans tous les domaines aussi bien dans le primaire qu’au secondaire. Par exemple l’Apses qui édite un « contre-manuel » pour subvertir un programme officiel. Vous sentez-vous menacé par ces mouvements ?

C’est un mouvement qui existe aussi dans d’autres pays. Cependant les syndicats restent le cadre privilégié d’action des personnels. Ce n’est pas un problème pour les syndicats. C’en est un plutôt pour le gouvernement. C’est l’expression d’une colère et d’une volonté de ne pas lâcher sur des convictions. Le cadre est différent du syndicat. Mais ces « résistants » disent-ils des choses différentes des organisations syndicales ? Leur message est important pour le gouvernement.

Propos recueillis par François Jarraud

Article du café pédagogique



Lycée Charles Gide : le Maire d’Uzès méprise ses interlocuteurs

Logo SNES

                                             

Lors du Conseil d’Administration du 8 novembre au lycée Charles Gide le Maire d’Uzès était  encore une fois absent et non représenté. Mme De Saboulin, représentante de la mairie, avait téléphoné à Mme Lorant-Raze pour l’informer de son absence et cette dernière en avait profité pour avoir des réponses aux questions des enseignants et des parents sur l’évolution de deux projets : l’aménagement des abords du lycée et l’entretien du centre d’accueil.

 

A la question de l’entretien du centre d’accueil dans lequel les internes de l’établissement résident, le Maire a répondu qu’il n’était pas de son ressort d’assurer le confort des élèves et que le conseil Régional pouvait y pourvoir. Pour exemple : des volets ne fonctionnant plus, ont été démontés par les services municipaux et remplacés par …. rien ; la seule réponse du Maire étant « la Région n’a qu’à faire poser des rideaux ». Les élèves et parents vont sûrement apprécier à sa juste valeur cette réaction …

Rappel : la Mairie d’Uzès est l’actuel propriétaire de cet internat et la Région lui paye un loyer pour occuper les locaux. L’entretien de ces locaux restant à la charge du propriétaire.

 

A la question de l’aménagement des abords du lycée (place Adolphe Bosc) la réponse est encore plus pitoyable. M Chapon a répondu qu’il était sur le point de donner son accord pour faire installer des plots de sécurisation à l’emplacement des places de parking mais que l’interpellation des représentants syndicaux du lycée (dans leurs communiqués de presse du 12 octobre et du 27 septembre) l’ont coupé dans son élan et donc qu’il s’y refuse maintenant. Le SNES (FSU) du lycée Gide a tenu immédiatement à faire noter au compte rendu du CA qu’il condamnait la « mauvaise foi » du Maire d’Uzès qui, on le rappelle, fait traîner ce dossier depuis près d’un an.     

De plus, le Maire aurait pris un arrêté d’interdiction de stationnement devant le Lycée, arrêté « fantôme » pour l’instant puisqu’aucun panneau ne le signale et que les voitures sont toujours en place.

 

La FSU de l’Uzège déplore la susceptibilité du premier magistrat de la ville d’Uzès qui suspend des travaux nécessaires à la sécurité des lycéens de Gide à cause d’une pseudo atteinte à sa dignité.



Jusqu’où la mauvaise foi peut-elle aller ? Nous sommes consternés et en colère, mais cela ne changera rien…

Suite à notre lettre à M Chapon, Maire d’Uzès voici sa réponse par presse interposée.

Article du Midi Libre.

Enseignement: réactions au lycée Charles-Gide

lycée

Dans Midi Libre du 29 septembre, Jean-Luc Chapon, maire d’Uzès, répondant à la FSU, avait expliqué à la population de l’Uzège que rien n’était de son ressort au sujet du lycée Gide : « Il m’a effectivement été demandé d’aménager un espace d’accueil devant l’entrée du lycée, alors que sa cour est occupée par des préfabriqués. La Région possède l’ancienne gendarmerie située en face, où il lui serait possible de trouver une solution à cet encombrement de la cour… Nous voulons vendre à la Région le centre d’accueil qui accueille l’internat et qui, à terme, deviendra salles de classe. Si la Région qui en est actuellement locataire ne répond pas à notre proposition, nous nous tournerons vers un privé. » Le SNES du lycée Gide et la FSU de l’Uzège, disent leur incompréhension dans un longue lettre ouverte dont voici quelques extraits.

Au sujet de la sécurité : « Les 875 élèves qui arrivent chaque matin au lycée, doivent évoluer sur la place Bosc  entre les véhicules en stationnement et les véhicules en circulation.  Alors que le plan Vigipirate, toujours en vigueur, impose de libérer l’espace devant le lycée, les voitures occupent les deux côtés du portail et sont de part et d’autre de la rue. Le maire, la question de l’accès à l’établissement relève de votre compétence et l’encombrement des cours par les préfabriqués ne saurait constituer un argument pour botter en touche. »

Au sujet du plan de restructuration : « Qui contesterait à Uzès que les deux lycées soient un atout pour la ville, un facteur de dynamisme aujourd’hui et un gage d’avenir. Or, ces deux établissements sont arrivés à une étape charnière quant à leurs capacités d’accueil. Le lycée Guynemer ne parvient pas à loger tous ses internes, le lycée Gide manque de salles de cours et d’espaces de vie scolaire. Il est plus que temps d’investir dans les bâtiments. »

Concernant le centre d’accueil : « La vente à un promoteur privé du  centre d’accueil  condamnerait toute évolution et restructuration du lycée Gide.

Jean-Luc Chapon confirme sa position : « Le stationnement autour du lycée est destiné essentiellement aux professeurs et à certains lycéens qui disposent à proximité, place du Souvenir-Français d’un vaste parking toujours vide. A eux de l’utiliser pour que les places de stationnement actuelles puissent être supprimées. Le plan de restructuration actuellement envisagé, mais pas encore précisé par la Région n’est possible que parce que la ville d’Uzès a construit une nouvelle gendarmerie , libérant les anciens locaux qu’à mon initiative, le Département a cédé à la Région. Enfin concernant le centre d’accueil, il a été construit par la ville pour donner aux internes un lieu plus convivial que ce qui existait alors. Dans son plan de restructuration, la Région, actuellement locataire de la structure, doit préciser si elle compte s’en porter acquéreur, car il n’est pas question que la ville d’Uzès effectue les travaux qui  s’avèrent nécessaires dans ce bâtiment. »

 



Message des enseignants du Lycée Jean Moulin de Béziers

Information urgente !

En accord avec les personnels du lycée Jean moulin réunis en assemblée lundi matin, la FSU 34 appelle à une marche MERCREDI 19 OCTOBRE en hommage à notre collègue décédée. Nous souhaitons une mobilisation académique de grande ampleur.

Le rassemblement aura lieu à 15h devant l’office du tourisme de Montpellier, place de la comédie.

Le parcours empruntera le boulevard Sarrail puis boulevard Bonnes nouvelles pour descendre (descente en barrat) en direction du boulevard Louis Blanc que nous prendrons par la gauche. Nous remonterons la rue de l’université pour une halte devant le rectorat puis rue Cambacérès et une halte devant la préfecture. Nous descendrons la rue de la loge pour revenir place de la comédie ou sur l’esplanade selon la participation.

Les conditions précises du déroulement de la marche seront établies demain, mardi.

Les personnels du lycée jean Moulin ont décidé d’une marche blanche mardi après midi sur Béziers. Ils accueilleront les élèves mercredi matin pour un temps d’échange.

Vous pouvez diffuser ce mail à vos contacts respectifs et neutraliser toute autre information émanant de source individuelle.

Cordialement

Eric. Bachelart (06 14 34 64 66)

Co Secrétaire départemental

FSU de l’Hérault

Maison des syndicats

374 rue de Montmorency

Montpellier



Comment répondre à la colère et à la souffrance des enseignants ?

Remplacer carotte et bâton par le sens du métier

Par Gérard Aschieri, président de l’institut de recherche de la FSU.

Des enseignants qui s’affichent dénudés pour protester contre le dépouillement de l’école : en dépit de son clin d’œil humoristique, ce geste a une portée symbolique particulièrement forte. D’une certaine manière il rejoint d’autres gestes qui ces derniers mois ont rompu délibérément avec la « bienséance » professionnelle, comme ceux qui se sont déclarés « désobéisseurs ».

Les protestations de vertu effarouchée du ministre ne peuvent occulter la réalité de ce que, selon moi, disent ces gestes : la colère, l’indignation et la souffrance professionnelle devant le « travail empêché ». Il suffit de discuter avec les personnels de leur travail pour percevoir combien ils ont le sentiment douloureux d’être dépouillés de leur professionnalité, d’être empêchés de simplement « bien faire » leur travail, de le faire en accord avec ce pour quoi ils ont choisi ce métier, avec leurs valeurs professionnelles, avec ce que leur dit leur expérience et qu’ils pensent être l’intérêt des élèves. Il y a plus : le sentiment qu’on les méprise, qu’on ignore la réalité de leur travail et de leur engagement : un mépris que manifeste de façon caricaturale le coup de pied de l’âne du président de la République au soir de la journée de grève du 27 septembre mais qui transpire de toute la politique conduite ces dernières années : les suppressions de postes mais aussi les avalanches de réformes conduites par des hiérarchies et des « experts », qui ignorent systématiquement leur point de vue, la transformation d’abord subreptice puis de plus en plus ouverte des finalités de l’école, la volonté de défigurer mais aussi caporaliser leur métier, de les mettre sous pression et en concurrence entre eux.

Cette situation est grave pour l’avenir car, si l’école de la République tient encore, c’est d’abord grâce à l’engagement individuel et collectif de ceux qui la font.

C’est selon moi un défi majeur pour les responsables politiques que de faire confiance aux personnels et leur redonner confiance pour relancer une vraie dynamique qui vise à une école de la réussite pour tous. Et, de ce point de vue, ce que je lis aujourd’hui des programmes ou entends des débats me laisse quelque peu sur ma faim.

Pour cela, il faut d’abord un projet ambitieux qui remette d’aplomb les finalités de la formation des jeunes en redonnant toute leur valeur à la formation de « l’homme » et du « citoyen » à côté de celle du « travailleur » et qui postule que tous les enfants sont a priori capables de réussir. Il faut dans le même mouvement permettre aux personnels et singulièrement aux enseignants de reprendre la main sur leur métier pour le transformer. Ce n’est pas d’abord une question de réforme statutaire. Il s’agit prioritairement de leur donner les instruments permettant de penser leur métier et d’agir sur lui, individuellement et collectivement : la formation, bien sûr, et pas seulement la formation initiale – la formation continue et la recherche en éducation ont sombré corps et biens et il y a urgence à la restaurer ; la capacité de travailler collectivement, de prendre des initiatives ; la stabilité qu’implique la résorption de la précarité ; la reconnaissance qu’exprime une politique salariale…

Substituer la confiance à la défiance ; remplacer carotte et bâton par le sens du métier et les valeurs du service public, voilà la vraie efficacité démocratique.



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