L’échec cinglant de la formation des enseignants

Le Monde 9 février 2012
Editorial
L’échec cinglant de la formation des enseignants

C’est la loi du genre : les ministères qui ont l’honneur de figurer au rapport annuel de la Cour des comptes passent en général un assez mauvais moment. Les magistrats de la rue Cambon ne sont pas grincheux par nature ; mais c’est leur rôle, en effet, de vérifier la bonne utilisation des deniers publics et de fustiger les incartades éventuelles.
Il n’est pas fréquent, cependant, de lire un réquisitoire aussi cinglant que celui dressé, cette année, contre la réforme de la formation des enseignants, plus connue sous le nom barbare de  » mastérisation « .
Chacun se souvient que la suppression des instituts universitaires de formation des maîtres figurait en bonne place dans les réformes du quinquennat qui s’achève. Elle a été engagée dès 2008 et complètement mise en oeuvre à la rentrée 2010. L’ambition affichée était double : élever au
master (c’est-à-dire à bac + 5, au lieu de bac + 3 ou bac + 4 auparavant) le niveau de recrutement de tous les professeurs, des écoles, collèges et lycées ; améliorer la formation professionnelle des enseignants en réservant davantage de temps à leur apprentissage direct, devant les élèves.
Le bilan établi par la Cour des comptes est accablant : cette réforme  » soulève aujourd’hui des questions de fond sur l’organisation de la formation initiale, sur l’attractivité du métier d’enseignant et sur l’adéquation de ce nouveau dispositif aux grands objectifs assignés au système éducatif « .
Rien ou presque ne résiste à son examen critique. Les gains budgétaires attendus de cette réforme ? Non seulement ils sont modestes (370 millions d’euros), mais en outre ils occultent de lourds coûts indirects non évalués. La mise en oeuvre accélérée de la réforme ? Elle a provoqué de graves  » dysfonctionnements « , touchant notamment à l’affectation et au temps de travail des jeunes enseignants. Le tutorat par des enseignants plus chevronnés, qui était l’une des innovations de cette réforme ? Il est, à l’évidence, approximatif et inefficient. Sur tous ces points, la Cour note  » la carence des outils de suivi et de pilotage « .
Au total, les magistrats de la rue Cambon estiment que cette réforme  » n’atteint pas les objectifs  » qui lui étaient fixés. Elle  » ne garantit pas  » – c’est un euphémisme – une meilleure formation au métier d’enseignant, permettant notamment de mieux gérer l’hétérogénéité des élèves. Elle paraît déconnectée de l’objectif fixé par la loi d’orientation de 2005 de mise en place d’un socle commun de connaissance que tout jeune devrait maîtriser à la fin de sa scolarité obligatoire. Enfin, elle a asséché, de façon  » préoccupante « , le vivier de recrutement des enseignants et, par conséquent, le niveau de sélectivité des concours.
Bref, pour le dire simplement, c’est un échec. Un échec grave et double. D’une part, l’occasion a été manquée de renforcer réellement la formation des professeurs. D’autre part, la France s’est privée, du même coup, du levier indispensable pour améliorer ses médiocres performances en matière d’éducation.

© Le Monde



Le lycée Charles Gide d’Uzès (Gard) se mobilise



Le lycée Charles Gide d’Uzès en action pour la réussite de ses élèves

 

Logo FCPELogo SNES

Les personnels du lycée Charles Gide, réunis en assemblée générale le mercredi 1er septembre, ont dressé l’état des lieux de l’établissement pour la rentrée 2010. Deux points se sont dégagés de la discussion. L’un concerne l’accueil des élèves dans une structure scolaire de plus en plus exiguë, l’autre, la nomination de 4 professeurs stagiaires dans les conditions prévues par la réforme Chatel.

 

Les effectifs

 

Les effectifs du lycée sont en progression, : 828 élèves sont attendus dans les classes.

Si cette augmentation  est un atout pour l’établissement, elle pose un certain nombre de problèmes d’encadrement et de gestion.

 

Les 3 classes de 1ère S, avec  35 élèves chacune et les 11 classes de 2nde , avec 33 élèves,  sont en sureffectif. Sur le plan matériel comme sur le plan pédagogique, cette situation n’est pas gérable et pose des problèmes de sécurité. Pour les personnels, la création d’une nouvelle classe de1ère S s’impose dès cette rentrée.

 

Avec 88 élèves supplémentaires, l’accès à la cantine sera long et fastidieux pour les demi-pensionnaires. Des adolescents qui auront commencé leur journée à 6 heures du matin ne pourront prendre leur repas qu’à 13 heures. Est-ce raisonnable de concevoir une journée de travail sur un tel rythme biologique? Quant aux élèves qui auront cours sur le temps méridien, comment vont-ils jongler avec cette contrainte ?

La Région doit s’emparer de ce problème et lui apporter au plus vite une solution.

 

Pour accueillir convenablement les élèves, il  manque une classe de 1ère S, il manque de l’espace à la cantine, mais il manque aussi des personnels  administratifs et techniques, toujours moins nombreux face aux tâches qui leur incombent. Est-il logique qu’un nombre toujours plus restreint d’adultes assurent le bon fonctionnement de l’établissement pour un nombre croissant de jeunes?

 


Les professeurs stagiaires

 

L’un des points unanimement contestés de la réforme ministérielle touche aux nouvelles modalités de formation des professeurs.

Les enseignants stagiaires assurent cette année un service complet (18 heures en général, au moins 4 classes en responsabilité) , Mais ils doivent également suivre une formation. Conséquence : leurs classes seront confiées à des remplaçants durant certaines périodes de l’année.

Convaincus que cette discontinuité va à l’encontre de la stabilité dont les élèves ont besoin au cours de leur année scolaire, les personnels du lycée avaient refusé  la création des « postes berceaux » dans l’établissement.

 4 enseignants stagiaires sont cependant nommés au lycée  :  2 en histoire-géographie, 1 en espagnol, 1 en français. Et pour corser une situation déjà plus qu’improbable, ces nouveaux enseignants, comme beaucoup d’autres aujourd’hui, sont parfois affectés sur des postes partagés : pour  9 heures à Uzès et 9 heures à Nîmes par exemple.

 

 

Les personnels du lycée, en collaboration avec la fédération de parents d’élèves FCPE, ont donc décidé d’alerter les familles et l’opinion publique  par une action commune dès les premiers jours de la rentrée.

Ils accueilleront normalement les élèves jeudi et vendredi matin, l’après-midi ils garderont les élèves dans la cour et prendront ce temps pour les informer.

Jeudi, à partir de 17h, ils recevront les parents des élèves de  seconde et répondront à leurs questions.

 

 

 

 

 

 



Le lycée Charles Gide d’Uzès (Gard) dans l’action dès la rentrée !

Logo SNESLogo FCPEUzès, lycée Charles Gide

 

le 1er septembre 2010

 

 

 

Actions des personnels enseignants et d’éducation :

 

- jeudi 2/9 : accueil des élèves de seconde le matin pour la partie administrative.

Les personnels réunis en assemblée générale (43 enseignants sur 65) ont décidé à l’unanimité de garder les élèves dans la cour l’après-midi et de les informer au sujet de la réforme du lycée, de la réforme de la formation des maîtres, des sureffectifs en première S, du manque de personnels administratifs et techniques (secrétariat : une titulaire + un complément de 40% alors que les effectifs ont augmenté de 88 élèves par rapport à la rentrée 2009, sur un total de 830).

L’inspection tente d’imposer la mission de tutorat à des collègues qui ne le souhaitent pas.

La direction impose des missions de professeur principal à des collègues qui ne le veulent pas dans le contexte de la réforme du lycée.

Des représentants des parents FCPE interviendront également pour soutenir l’action des enseignants

 

- vendredi 3/9 : même programme lors de l’accueil des élèves de première et de terminale.

 

 

- lundi 6/9 : le mouvement se durcit, avec les enseignants dans l’établissement.

 

 

- mardi 7/9 : grève, décidée massivement lors de l’assemblée générale de ce matin.

 

 

informations recueillies auprès du secrétaire de S1, Franck Tichadou

 

Emmanuel BOIS

pour le S2 du Gard



Prof stagiaire, ma première rentrée scolaire s’annonce mal

Un poing tenant un crayon de papier (Hirok/Flickr).

A la rentrée, des dizaines de milliers d’élèves feront face à des enseignants non-formés. Ce qui signifie forcément un enseignement de moins bonne qualité. J’ai obtenu, mi-juillet, le Capes de SVT qui me permet de devenir professeur du second degré dès septembre. Je compte bien faire de mon mieux.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’une réforme, la fameuse « masterisation », entre en vigueur. Mais voilà, moi, je fais partie de la génération de transition, titulaire d’un bac + 4 « seulement » -et non d’un master- et d’un Capes. Me voici donc jeté dans le bain de l’Education nationale.

Je voudrai vous alerter sur ce qui est en train de devenir la « formation » des enseignants, suite à cette douloureuse réforme. Et ce, en attirant votre attention sur plusieurs points :

1 J’ai découvert où j’étais affecté dix jours avant la rentrée

Je suis affecté dans un établissement se situant à 250 km de mon logement, très pratique donc pour un déménagement en temps et en heure.

2La réforme inverse le rapport formation/pratique

Jusqu’à l’année dernière, c’était deux tiers de formation, un tiers de pratique. Cette année, ce sera un tiers de formation, deux tiers de pratique pour les enseignants stagiaires. Soit :

  • un temps plein hebdomadaire de 18 heures d’enseignement à assurer,
  • une formation de 180 heures, réparties sur l’année et se déroulant sur le site de l’IUFM de son académie, soit, pour moi, à 250 km de mon futur établissement.

On nous demande donc, pour notre première année, en tant que stagiaire :

  • d’assurer le même job qu’un titulaire -sans le salaire qui va avec, un stagiaire gagnant 100 euros net de moins qu’un néo-titulaire-,
  • en plus de suivre une formation continue.

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Le « compagnonnage » promis de tuteurs sera informel

Selon la réforme, les enseignants stagiaires devaient être encadrés par des tuteurs mais, manifestement pour la plupart d’entre nous, cela ne sera pas le cas.

Les collègues pouvant être choisis comme tuteurs refusent de le faire, en raison -et je les comprends- de leur désaccord total avec cette réforme.

Nous serons aidés et accompagnés par nos futurs collègues, mais dans le cadre de la solidarité enseignante, plutôt que dans celui officiel du tutorat. Ainsi, le ministère se frotte les mains car le boulot sera (mal) fait mais quid de la prime versée normalement au tuteur ?

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Des stagiaires affectés dans des établissements difficiles

L’une de mes collègues, qui a passé le concours dans le secteur privé (Cafep), est affectée dans un établissement accueillant des élèves ayant des difficultés scolaires et/ou comportementales -ce qui, en soit, est une très bonne chose- mais sans avoir reçu de formation spécifique.

Pour couronner le tout, c’est la seule enseignante de sa matière dans l’établissement de son affectation, et n’a, pour le moment, aucun tuteur, comme le prévoit pourtant la réforme.

Je voulais donc vous alerter sur ce qui est en train de devenir la « formation » des enseignants, suite à cette douloureuse réforme.

Sachez aussi que, suite à la réforme de la classe de seconde voulue par notre cher Président, les professeurs travaillent sans manuels scolaires : ceux-ci ne sont toujours pas édités, la faute à un changement de programme trop rapide.

Je vous remercie de m’avoir lu avec attention et espère vous avoir informé de la meilleure manière qu’il soit sur cette pénible rentrée que s’apprêtent à vivre les professeurs stagiaires, comme moi.

Nus nous faisions, tous, une grande joie de pouvoir commencer ce métier passionnant. Nous aurions simplement voulu que cela se fasse dans d’autres conditions.

Rue89 a reçu ce témoignage d’un riverain par courrier électronique alors que les enseignants entament leur rentrée. Il éclaire l’une des conséquences des réformes qui agitent l’Education nationale cette année. Si vous êtes enseignant vous aussi, n’hésitez pas à réagir pour apporter d’autres exemples concrets.

Photo : Un poing tenant un crayon de papier (Hirok/Flickr).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Ailleurs sur le Web



Nouveaux profs : Nous voilà rassurés !

Nous avions tort de craindre l’arrivée massive de collègues non formés et complètement dépassés en la personne des futurs stagiaires : nous avions oublié que lorsque l’État se désengage, ce n’est jamais que la création d’un nouveau marché pour le secteur privé… Voici donc FORPROF : une école privée qui offre pour 600 euros, un stage de formation au métier de prof, en une semaine.
Elle est pas belle la vie ?

Formation continue des professeurs débutants :
Stage de prise en main et de gestion de votre première classe du 23 au 27 Août 2010
Vous allez réussir le concours de juin 2010 et, dès le 1 septembre 2010, vous allez vous retrouver devant une classe sans avoir été préparé techniquement à faire ce métier. Or, prendre une classe en main sans formation est difficile, voire risqué. Réussir sa première quinzaine de classe est indispensable pour réussir son année.
Le Centre National ForproF va vous aider à réussir cette première prise de fonction. Pour cela nous allons organiser, pour vous, les Lauréats du concours de juin, un stage d’été.
Ce stage aura lieu dans toutes les grandes métropoles régionales avec, comme objectifs :
- Acquérir les savoirs et gestes professionnels du Professeur des Ecoles lors de sa prise de fonction (comment gérer les premiers jours ? comment organiser et conduire la première réunion avec les parents ? Les premières séances d’apprentissage, comment les organiser ? Comment s’imposer ? Quelle attitude avoir devant telle ou telle difficulté ?)
- Construire avec les conseils d’un ForproFesseur  votre programmation du premier trimestre.
- Construire les premières séances d’apprentissage pour les 3 premières semaines de la rentrée.
Le travail sera adapté en fonction de votre future première classe: Cycle 1 ou Cycle 2 ou Cycle 3.
Vous aurez la possibilité d’être logé(e) sur place pour un prix très raisonnable lors de 4 nuits.
Nos ForproFesseurs sont des Conseillers Pédagogiques et Maîtres Formateurs, tous praticiens et formateurs d’enseignants du primaire dans l’Education Nationale.
Ref.:  Stage d’été – ForproF- Premier Poste  (pour plus d’informations nous consulter)
Stage d’accompagnement  et de perfectionnement pédagogique (pendant les vacances de Toussaint, d’hiver et de pâques).
Vous êtes, dans vos trois premières années de classe. La pratique au quotidien vous fait mesurer la difficulté de ce métier. Des stages de 5 jours seront organisés à chaque vacance scolaire pour permettre d’améliorer votre quotidien d’enseignant.
Ref.:  Stages ForproF – Bien vivre sa classe -   Vacances de Toussaint ou d’Hiver ou de Pâques ou d’Eté (nous consulter)
Vous aurez la possibilité d’être logé(e) sur place pour un prix très raisonnable lors de 4 nuits.
Coaching Pédagogique personnalisé:
Vous avez, au quotidien besoin d’être accompagnée et soutenue lors de votre pratique professionnelle. Vous avez besoin d’appeler régulièrement un professionnel qui ne vous juge pas, pour avoir des conseils pratiques et des conseils personnels.
Le Centre National ForproF peut vous attribuer un Coach pédagogique. Ce sera un ForproFesseur qui est un professionnel ayant plus de 15 ans de pratique personnelle dans le primaire. Cette personne sera consultable directement au quotidien selon vos besoins et attentes. Ce sera votre Coach attitré pour un trimestre ou plus si besoin.
Ref.: Coaching pédagogique personnalisé- ForproF: 1er Trimestre ou 2ème Trimestre ou 3ème Trimestre (nous consulter)
Liste de Villes où auront lieu les stages de formation continue des professeurs  avec hébergement si besoin (calendrier 2010-2011):
Aix en Provence – Angers – Avignon – Bayonne – Besançon – Bordeaux – Chambéry – Dijon – Grenoble – Guadeloupe (Pointe à Pitre) – Lille – Lyon – Marseille – Martinique (Fort de France) – Montpellier – Nîmes – Nantes – Nice – Paris Etoile – Paris Montparnasse – Paris Nation – Paris Saint Lazare – Pau – Poitiers – La Réunion (St Gilles) – Strasbourg – Toulon – Toulouse – Tours – Valence.

http://www.forprof.fr/



Vive les stagiaires dans le secondaire!

Témoignage d’une enseignante en collège, reçu sur la messagerie de la
SAES (société des anglicistes de l’enseignement supérieur)

——–
Voici la situation incroyable dans laquelle je me trouve, et dans laquelle vous risquez de vous retrouver vous aussi.

Moi qui n’ai pas pour habitude de me plaindre, j’ai décidé d’en informer le plus decollègues possibles, quelle que soit l’académie où ils travaillent.
Merci de faire passer le message à qui vous voudrez.

J’enseigne depuis 22 ans l’anglais dans un petit collège rural de l’académie de Clermont-Ferrand où je suis officiellement nommée « àtitre définitif » (en tout cas c’est ce qui est noté sur i-prof) depuis septembre 1988. Ce collège étant de petite taille, il n’y a quedeux postes d’anglais: le mien (à temps complet) et un autre, qui est partagé avec un autre collège de la région. Mon collègue venant d’obtenir le concours de chef d’établissement, son poste est donc vacant pour la rentrée prochaine, sans toutefois être passé au mouvement . Et voilà que vendredi dernier, j’ai été informée par mon chef d’établissement, qui me soutient activement dans mes démarches,  de la décision de la Direction des Ressources Humaines de nommer un stagiaire à temps complet (c’est-à-dire, pour lui, 16 heures) sur notre collège pour la rentrée prochaine, et de par ce fait de me donner un service partagé sur deux établissements. De plus, il paraît que je serais alors la tutrice du stagiaire nommé. Quel comble!

Je tiens à préciser, pour info, que c’est uniquement grâce à ma principale que je suis au courant de ce qui se trame, et que personnellement le Rectorat n’a pas eu la courtoisie de me contacter à ce sujet. C’est à peine croyable, j’ai vraiment l’impression d’être devenue un pion sur un échiquier.

Apparemment, je ne suis pas la seule dans ce cas. Dans mon académie, un autre cas se présente, où là il s’agit d’un enseignant en SVT avec 25 ans d’ancienneté à qui l’on va demander « gentiment » d’aller se balader l’an prochain.

Plusieurs syndicats ont été contactés, sans réaction pour l’instant.

Si ceci vous révolte autant que moi, merci de transmettre cecourrier à tous ceux que vous connaissez en sachant que nous sommes tous concernés. Le changement de statut des stagiaires, sous prétexte de les mettre davantage en contact avec leur futur métier, va  peut-être faire faire des économies sur le budget, mais déstabiliser bien des établissements, et remettre en cause notre statut.

Nous ne pouvons pas laisser faire les rectorats en douce et créer ainsi des précédents qui pourraient être utilisés à d’autres escients…

Merci de votre soutien.
J. Rebelo



Nous n’acceptons pas…

Voici la motion de l’AG unitaire du samedi 10 avril 2010 :

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3674

Elle est complétée  par la liste des syndicats, associations, coordinations et établissements représentés. https://docs.google.com
Nous, parents d’élèves, étudiants, enseignants du premier, du second degré et du supérieur,formateurs et enseignants des IUFM et des UFR, BIATOSS, chercheurs, réunis en assemblée générale unitaire ce 10 avril, n’acceptons pas une politique destinée à détruire jusqu’à l’idée même de service public de l’Éducation et à faire de la formation et l’éducation des marchandises.
Cette attaque contre l’éducation s’inscrit également dans une entreprise de casse du travail qui frappe aussi  bien le privé que tous les secteurs du public : santé, recherche, justice, culture, pôle emploi.
Nous n’acceptons pas que l’idéologie managériale étende sans cesse son empire, avec les conséquences que l’on sait (exemple de France Télécom, notamment).

Ensemble contre la destruction de l’Éducation nationale, de la maternelle à l’université
Nous continuons à refuser l’opération de casse de l’Éducation nationale baptisée « mastérisation ». Nous affirmons à nouveau, avec la quasi-totalité des syndicats, des associations, des sociétés savantes et un très grand nombre de conseils d’UFR, de conseils centraux d’universités, que nous n’acceptons pas que, sous prétexte d’économies, mais en réalité pour privatiser et marchandiser le savoir, on sabote irrémédiablement la formation des enseignants, que l’on tue les IUFM, les formations à la recherche, que l’on contraigne les nouveaux enseignants à prendre en charge des classes à temps plein dès la première année, sans véritable formation, et que l’on dénature les concours de recrutement, compromettant ainsi durablement la qualité de l’enseignement.
Au moment où le ministre réunit des « États généraux de la sécurité à l’École », il organise en même temps les conditions nécessaires au développement de l’insécurité pour 1,6 millions d’élèves, leurs enseignants-stagiaires non formés, premières victimes de cette réforme, et les établissements où ils seront affectés,Il organise une managérialisation de la gestion des établissements et des personnels, qui déstabilise la situation des agents titulaires et généralise la précarité.

Nous réaffirmons, avec les 80 000 signataires de la pétition nationale, qu’enseigner est un métier qui s’apprend et que la formation des enseignants est un investissement indispensable à l’avenir du pays.
Ce que nous exigeons, dès 2010-2011
Nous exigeons, dès 2010-2011 que :

Les décrets de juillet 2009 soient abrogés et la réforme abandonnée
Les nouveaux enseignants n’effectuent qu’un tiers de leur service de
référence et bénéficient d’une véritable formation au métier pendant les
deux tiers restants,
On puisse s’inscrire au concours de professeur des écoles et au CAPES avec une licence, à l’agrégation avec une première année de Master,
Soit réaffirmé le rôle central des IUFM, et le rôle des maîtres-formateurs (détenteurs d’une certification) dans la formation des  futurs enseignants,
Soient restitués les 16 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale,
Le recrutement de non-titulaires soit arrêté,
La préparation aux concours et une vraie année de formation après le concours soient reconnues par une équivalence de Master,
Le calendrier actuel et le contenu des concours de recrutement soient maintenus,
La préservation, la conservation, l’entretien et le développement de l’intégralité du patrimoine public de l’Éducation nationale soient assurés
de façon pérenne,
* Soient abandonnées les réformes qui attaquent le premier degré (évaluations nationales, suppression des RASED, réduction du temps scolaire,aide personnalisée, stages de remise à niveau, risque de mise en place des EPEP),
Soit abandonnée la réforme des lycées, en préparation pour la prochaine rentrée, qui entraîne la diminution des Dotations Horaires Globales, l’augmentation des heures supplémentaires au détriment des heures postes, la précarisation de la fonction de professeur (stagiaires, contractuels), le dévoiement des savoirs enseignés au profit de pseudo compétences de pré-professionnalisation, l’arbitrage sur les DHG à l’échelle des établissements, générateur de conflits entre les disciplines et de concurrence entre les établissements.
Nous ne participerons pas à la mise en œuvre de ces mesures et nous nous y opposerons, jusqu’à l’abrogation des décrets et à l’abandon de la réforme. Nous ne contribuerons ni à la mise en place pour des étudiants de stages en responsabilité qui ne sont que des emplois précaires déguisés, ni à un « compagnonnage » sans moyens et sans ambition, ni à la confection de masters au rabais, ni à la préparation
des concours.
Aujourd’hui, contribuer à la destruction de l’Éducation nationale ne saurait faire partie des obligations de service, « Agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable », c’est garantir la qualité du service public contre l’acharnement idéologique dont il est victime.
Nous soutiendrons solidairement tout personnel en butte à des pressions hiérarchiques et à des mesures de rétorsion disciplinaires ou autres, pour faits de résistance à la destruction de l’Éducation nationale, de la maternelle à l’université.
Tout (re)commence en mai
Nous appelons tous les citoyens, étudiants, stagiaires, parents, enseignants, BIATOSS, de la maternelle à l’université, tous les syndicats à se mobiliser pour que ces « réformes » soient définitivement rejetées.
Nous appelons à un mot d’ordre unitaire de toutes les organisations syndicales pour le retrait immédiat de ces « réformes » qui devra permettre de les balayer.
Nous appelons tous les personnels à œuvrer dans le sens d’une grève  reconductible dès le mois de mai. Nous nous réunirons à nouveau le samedi 15 mai pour faire  ensemble un nouveau bilan d’étape, élargir et renforcer les moyens d’action.
Nous proposons dès maintenant à tous ceux qui sont prêts à se battre pour  défendre l’Éducation nationale des pistes pour entrer dès maintenant dans  l’action :
Nous proposons de réfléchir dès aujourd’hui à la possibilité de mettre en place une grève des examens et un blocage des concours de recrutement si le  ministère s’obstinait à les organiser en automne. Nous appelons à organiser et à animer des assemblées générales unitaires et transversales de villes et d’arrondissement, pour développer et coordonner  localement des luttes de la maternelle à l’université.
Nous recommandons d’imaginer des actions visibles : Nuit des  écoles/universités/IUFM, marches nocturnes, pique-niques, etc., selon les
possibilités locales. Nous soutiendrons toutes les actions de refus collectif d’être tuteur et d’organiser, d’encadrer ou d’évaluer des stages en responsabilité avant les  concours.
Nous coordonnerons les différents mouvements en cours dans l’Éducation nationale : interconnexion des listes de diffusion et des sites Internet (CNU,  SLU, CNFDE, syndicats, AG locales, Appel des appels, etc.), liens entre les  collectifs de pilotage.
Nous proposons de préparer une grève nationale par des actions coordonnées  de grève par roulement (une journée) et de « grève marchante » (les grévistes d’un établissement vont à la rencontre des établissements voisins).
Nous recommandons de s’opposer partout à la remontée des maquettes de  masters « enseignement » et d’imposer la transparence dans les établissements sur leur élaboration.
La pétition « 100 000 voix pour la formation des enseignants », qui dépasse aujourd’hui les 80 000 signatures, doit être complétée rapidement et sa remise au ministère donnera lieu à une action médiatisée.
Nous appelons tous les jurys de concours à adopter des motions condamnant la réforme, à l’instar du jury du CAPES d’histoire-géographie.
La présente motion est destinée à être largement diffusée et à servir d’appui dans les conseils et les différentes instances pour appuyer les motions et les propositions d’action.



Rentrée 2010, mode d’emploi!

La réforme de la formation des enseignants se met en place dans les écoles élémentaires et maternelles. Illustration:

par capitaine Guynemer

IUFM Paris


C’est la rentrée !

A l’école élémentaire de la rue de l’Avenir, dans la classe de CE2, élèves et parents font la connaissance de l’enseignant, enfin des enseignants… Car ils seront deux dans la classe, jusqu’aux vacances de la Toussaint.

Le premier vient d’être reçu au concours de recrutement des professeurs des écoles, on l’appelle P.E.S. (Professeur d’Ecole Stagiaire). Il n’a pas eu de formation professionnelle, hormis 4 semaines d’observation dans deux classes l’année dernière. Pas de chance, ce n’était pas en CE2, mais bon.

Le deuxième, qu’on appelle T1 (Titulaire 1ère année), sort d’un an de formation professionnelle à l’IUFM, il a eu la chance d’être reçu au concours en 2009 : il fait partie de la dernière promotion d’enseignants formés puisque les IUFM n’existeront plus en 2011. Il aurait du avoir un  poste à l’année dans une école pas trop difficile pour ce début de carrière, mais bon.


Le samedi suivant, réunion de classe.

PES explique aux parents qu’il a un tuteur dans l’école, un enseignant chevronné qui lui apporte conseils et soutien. Bien sûr c’est un peu compliqué parce que le tuteur a un CP et n’a pas fait de CE2 depuis 1997, il ne connaît pas les manuels, et le midi il fait les aides personnalisées. Mais bon, on peut discuter un peu à la récréation, s’envoyer des mails le soir. Et puis le T1 a accepté de prendre le CP du tuteur deux matinées par semaine pour qu’il vienne dans le CE2 voir comment travaille le PES. Et puis, il y a aussi un Maître Formateur qui viendra dans la classe de temps en temps.

Enfin, à partir de novembre, ce sera différent : le T1 quitte l’école pour aller faire des remplacements ailleurs. Le PES reste dans la classe de CE2…les lundis jeudis et vendredis, puisque les mardis il va parfaire sa formation  à l’Université jusqu’au mois de mai.

Pour les mardis, un remplaçant Brigade arrive. Jusqu’au mois de mai, le Brigade remplacera quatre PES dans quatre écoles différentes : une petite section le lundi, un CE2 le mardi, un CM1 le jeudi et une grande section le vendredi. Ca fait une centaine d’élèves, Brigade ne connaîtra peut-être pas tous les prénoms à Noël, mais bon.

Le PES et le Brigade ne se rencontreront jamais puisqu’ils ne sont pas là les mêmes jours, mais bon, quelques mails pour les urgences, ça permet de créer du lien !

Comme la formation professionnelle, c’est vraiment primordial, le PES aura aussi un stage d’une semaine complète au deuxième trimestre. Pas d’inquiétude, son remplacement est prévu…par une autre Brigade, on l’appelle Brigade n°2.

Quand mai arrivera, le PES aura terminé sa formation et sera à plein temps dans sa classe de CE2. Il sera évalué (il ne sait pas encore par qui ni comment) et titularisé (si tout va bien) à la rentrée suivante.

Les parents osent quelques questions sur l’emploi du temps, le programme scolaire, les projets pédagogiques, le livret d’évaluation. Le PES est embarrassé car il a été nommé la veille de la rentrée, il a juste eu le temps de lire les Programmes Officiels, participer à deux réunions le mercredi avec l’inspecteur sur le thème « Déontologie du fonctionnaire», aménager sa classe, s’initier au maniement du Baby-haller pour son élève asthmatique, repérer l’itinéraire pour les séances de piscine qui commencent lundi… Mais bon, il va faire son maximum, mettre les bouchées doubles. L’école est sympa, les collègues attentifs et le PES est très motivé et le T1 va l’aider.


Les parents quittent la réunion, perplexes, inquiets ou fâchés. Que penser ? Que faire ?


 

Vous n’avez pas tout compris ? C’est normal.

 

En revanche, vous avez sans doute compté : PES, T1, Brigade n°1, Brigade n°2… 4 enseignants différents. Une grippe ? Un congé maternité ? Il faudra faire appel à Brigade n°3…

 

A la rentrée, 170 écoles, soit plus de 4000 élèves, seront dans cette situation à Paris.



Le syndicat des inspecteurs d’académie (SIA) alerte dans un courrier du 2 avril le Ministre Luc Chatel sur les conséquences négatives de la réforme de la masterisation (2 avril 2010).

Dans ce courrier adressé à Luc Chatel et transmis à la presse vendredi 2 avril 2010 (pas encore diffusé), Robert Prosperini, secrétaire général du syndicat des inspecteurs d’académie (SIA), veut « alerter le ministre sur les conséquences » qu’il pressent « négatives » des « décisions prises actuellement quant à l’affectation, le service et les modalités de formation des futurs professeurs stagiaires ». Il demande en outre une audience à ce sujet.

Extraits du courrier (source dépêche AEF) :
« Les IA-IPR, acteurs de la ’gestion de la ressource humaine et éducative’ dans les académies, expriment de très fortes réserves quant à la pertinence de mesures qui conduiraient à une entrée périlleuse dans un métier difficile pour de jeunes collègues sans expérience ».

Le syndicat rappelle avoir déjà alerté le ministre par un courrier daté du 25 janvier 2010. Pour toute réponse, la DGRH du ministère leur « rappelle [par lettre du 26 mars 2010] uniquement les dispositions prises, dispositions que, comme inspecteurs d’académie, nous connaissons et sur lesquelles notre courrier précédent avait précisément pour objet de vous alerter ! »

Le secrétaire général insiste sur le « manque évident de considération à l’égard de cadres supérieurs de votre ministère et de leur niveau d’expertise ».

Le SIA revient sur les éléments importants qu’il avait analysés : l’affectation des lauréats du concours sur un poste à temps plein « rendra l’entrée dans le métier bien plus difficile qu’auparavant ». « Une alternance régulière entre théorie et pratique est indispensable pour acquérir les repères professionnels fondamentaux et pour les assimiler de façon durable. Sans cette alternance, la construction d’une base solide de compétences professionnelles sera  incertaine et aléatoire, nuisant à la qualité de l’enseignement et à la sérénité professionnelle des jeunes enseignants et faisant courir, à terme, le risque d’une augmentation du nombre de professeurs en difficulté en cours de carrière ».

« Le remplacement des professeurs stagiaires pour leur permettre de  suivre la formation engendrera une discontinuité des apprentissages  pour les élèves. On ne peut à cet égard ignorer les difficultés de  remplacements – certaines académies ont été conduites à solliciter des  retraités – que ces dispositions auront pour conséquence d’aggraver et  dont les élèves seront les premières victimes ! ».

« D’autre part, le gel des supports budgétaires utilisés pour affecter  les professeurs stagiaires qui diminuera considérablement le nombre de  postes vacants va à l’encontre de l’objectif affiché, que nous partageons, de faciliter la mobilité des fonctionnaires. Dès lors, on  peut se demander à quoi serviront les ’cellules mobilité’ dans chaque  académie qui ont pour mission de rechercher les moyens de générer  cette mobilité. »

« Enfin l’absence d’harmonisation des dispositions prises dans les  académies entraîne une inégalité préjudiciable à la qualité de la  formation dont l’architecture doit répondre à un modèle national  éprouvé ».

Le SIA se dit « conscient que ces dispositions ont pour but de  diminuer la charge budgétaire de l’Éducation nationale pour alléger la  dette publique » : « Nous y souscririons si elle n’avait pas d’impact  sur la réussite scolaire des élèves et à terme sur leur insertion  professionnelle. Finalement, pour des économies à effets immédiats  nous engagerions un processus très coûteux pour l’avenir. Nous pensons  donc que ce n’est pas sur la formation des enseignants que doit porter  dans notre ministère la réforme destinée à optimiser les moyens de  l’État. »

Il propose « que les professeurs stagiaires soient affectés sur un  temps de service de 12/18e, le tiers restant (6/18e) étant dédié à  leur formation en alternance » : « Cette modalité d’affectation est  seule susceptible de garantir la continuité pédagogique due aux élèves  et la qualité du service public d’éducation, d’apaiser les fortes  tensions qui se manifestent de plus en plus dans les établissements  scolaires et d’obtenir l’adhésion des professeurs tuteurs pressentis  », conclut-il en demandant instamment un « cadrage national prenant en compte son analyse et garantissant une égalité d’application sur  l’ensemble du territoire national »



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