« La réforme des rythmes scolaires sera l’une de mes priorités » (F. Hollande aux parents d’élèves)

Article du site officiel du candidat François Hollande

François Hollande a répondu samedi 17 mars à l’invitaton de la FCPE (Fédération des Conseils des Parents d’élève) qui organisait une « journée d’interpellation des candidats à la présidentielle ». Il a donné son point de vue sur l’avenir de l’école, mais aussi sur des sujets très concrets, rythmes scolaires, devoirs à la maison, notes, statut des parents d’élèves, etc…

Retrouvez les principales déclarations du candidat et l’intégralité de son intervention ci dessous.

LES PRINCIPALES DECLARATIONS

1) Rythmes scolaires: une journée scolaire plus courte, plus de jours d’école, retour à la semaine de 4 jours et demi.

« C’est en France que la scolarité dans l’année est la plus courte, et le nombre d’heures dans la journée le plus élevé. Nous devons en terminer avec ce qui produit de la fatigue chez les enfants, de la difficulté d’enseigner pour les professeurs et un déséquilibre dans l’année. Il y a aujourd’hui beaucoup plus de jours sans école que de jours avec école. Nous devons travailler sur un temps dans l’année où il y a plus de journées d’école (…) Donc, nous devons rétablir un équilibre, et nous le ferons en faisant en sorte que nous travaillions avec les enseignants, avec les parents, avec les élus locaux pour revenir à une journée scolaire plus courte et à une semaine scolaire qui ne sera plus celle des quatre jours. (…) Je déciderai le retour à la semaine de quatre jours et demi.

(La disparition du samedi a eu pour conséquence la disparition de deux heures hebdomadaires par élève, soit 72 heures par an) 

2) Scolarisation des enfants de moins de 3 ans :

« Parmi les créations de postes que j’ai annoncées (12000 par an), une part sera affectée dans la maternelle et dans l’école élémentaire, mais d’abord dans la maternelle. Je veux qu’il y ait plus d’enfants qui soient scolarisés à partir de deux ans. (…) Ensuite, à partir de trois ans, je pose un principe, qui est que tout enfant ayant trois ans doit être accueilli à l’école maternelle publique.

3) Les devoirs faits en priorité à l’école, pas à la maison

« Je suis pour qu’une grande partie des devoirs se fasse dans le temps scolaire, c’est-à-dire que ce soit un élément du temps de travail à l’école. Est-ce à dire qu’il n’y aura jamais rien à faire à la maison ? Non, même si j’en vois les contraintes et les risques. Plus il y a de devoirs à faire hors du temps scolaire, plus les inégalités selon les niveaux d’éducation des parents, les situations familiales, risquent encore de se creuser. Donc, nous devons faire en sorte qu’il y ait des devoirs qui soient faits pendant le temps scolaire, mais aussi l’apprentissage par l’élève lui-même d’un certain nombre de travaux qu’il doit conduire à la maison. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas suivi et accompagné.

4Les notes à l’école : faire évoluer l’évaluation

« Je suis pour le maintien des notes, mais avec une autre forme d’évaluation, une évaluation qui tienne compte également des progrès qui sont faits, des efforts qui ont pu être engagés. De ce point de vue, un certain nombre de travaux ont été engagés pour donner plusieurs indications chiffrées : sur le travail mais aussi sur l’implication de l’élève, sur le progrès qu’il a pu faire. Donc, je suis tout à fait favorable à une évolution de l’évaluation des élèves régulièrement.

5) Le redoublement

« Je considère qu’il y a un gâchis par le redoublement. Nous devons limiter le nombre de redoublements. En même temps, nous savons bien qu’il y a des élèves qui ont du retard, des difficultés, des moments particuliers d’adaptation. Donc, nous reprendrons la politique des cycles en la pensant de l’école maternelle jusqu’au collège, pour permettre qu’il y ait aussi du rattrapage, et ne pas entrer dans un processus cumulatif où un redoublement déjà sanctionne, puis un autre oriente, et un dernier élimine. 

6) Cours particuliers : lutter contre la marchandisation de l’école

« Je suis pour que l’accompagnement scolaire puisse être également mené. Nous connaissons, là, la problématique des services privés, de la marchandisation de l’accompagnement scolaire. Si nous voulons lutter contre cette marchandisation, cette nouvelle forme d’inégalité, il nous faut apporter, avec des personnels qui ne sont pas forcément des professeurs, un suivi des élèves par rapport aux devoirs qui doivent être accomplis à la maison ou en étude surveillée. (…) Cela peut être des jeunes tuteurs, cela peut être un certain nombre de personnes qui au-delà de l’école, dans les services civiques, peuvent apporter aussi leurs compétences. Là, il ne s’agit plus du travail des professeurs. Les devoirs principaux doivent être faits avec les professeurs ; l’accompagnement, l’aide et le soutien doivent être faits par des associations ou par le service public lui-même avec des personnels qui ne sont pas nécessairement des professeurs.

7) Une loi d’orientation et de programmation pour le service public d’éducation

«  Je présenterai avec le gouvernement une loi de programmation et d’orientation. (…) Nous avons besoin de cette programmation — programmation de moyens. Nous avons besoin de cette orientation. (…) Nous avons besoin d’avoir une vision et des engagements. La vision, c’est l’école de demain : qu’est-ce qu’elle peut apporter non seulement à chacun de nos enfants, mais aussi à la France ? Cette loi de programmation prévoira des moyens supplémentaires. Lorsque j’ai indiqué les 60 000 postes (12 000 par an), c’était bien pour donner, déjà, cette priorité, dans un contexte budgétaire très difficile, dans un contexte financier très lourd. Et vous avez sans doute entendu ce que cela m’a valu : « comment, vous n’y pensez pas, que l’on pourrait faire 12 000 recrutements par an, 60 000 postes, soit 2,5 milliards d’euros à la fin du quinquennat ? ». J’ai répondu : 2,5 milliards, c’est le coût du bouclier fiscal sur cinq ans. Que préfère-t-on, protéger les plus favorisés ou protéger les enfants de la République ? J’ai ma réponse. »

8) Financement de l’école privée sous contrat

« J’entends ce qui est dit sur la loi Carle. Ce qui est grave, avec notamment l’application de la loi Carle – car il y a la loi et il y a la circulaire, et vous avez sans doute été informés de la circulaire –, c’est qu’une dérive s’est produite. Ce que nous devons faire, c’est faire en sorte que la ville ou la commune – car il s’agit souvent d’une commune rurale – qui veut garder son école publique, que la commune qui a une solution publique pour son école, ne doit pas payer pour un élève de la commune qui va dans une autre commune dans une école privée. »

9) Statut des représentants de parents d’élèves :

« La première évolution serait de dire que le représentant parent élu dans un conseil de classe aurait le droit de s’absenter. »
- « Je pense qu’il faut reconnaître la représentation de parents d’élèves avec des droits spécifiques pour celles et ceux qui en ont été élus. Comment faire : essentiellement avec les employeurs, privés comme publics. Nous aurons d’abord à permettre des autorisations d’absence, ce qui n’est pas toujours possible notamment aux heures où se tiennent les conseils de classe. Ce qui fait que des parents légitimement élus, qui ont la confiance d’autres parents, ne peuvent pas s’y rendre parce qu’ils n’y sont pas autorisés, tout simplement.
- « Ensuite, il y a la question de la rémunération de cette absence. Là encore, je suggérerais qu’il conviendrait de trouver un accommodement avec les employeurs par rapport à des avantages en termes de cotisations sociales ou de fiscalité, qui pourraient être de nature à compenser la perte pendant un temps du travail du salarié.
- « Un décret devrait pouvoir permettre de résoudre un certain nombre de choses. C’est là l’engagement que nous souhaitons entendre, clairement, de la part des candidats à l’élection présidentielle. (…) Si je deviens le prochain président de la République — j’y travaille —, sans attendre même que l’Assemblée nationale soit renouvelée, ce décret peut être pris. Il le sera.
- « Au-delà du décret, nous rêvons de faire des élections de parents un grand moment. (…) Il faut une grande journée d’élection des délégués parents, mais aussi des délégués élèves. Cela pourrait se tenir le même jour. Ce serait une sacrée façon de reconnaître la démocratie au lycée !

 

Intégralité de l’échange

Bonjour François Hollande, merci d’être avec nous. Vous êtes le candidat du Parti socialiste et du Parti radical de Gauche pour cette élection présidentielle. Dans votre programme sur l’école, nous retenons surtout la création des 60 000 postes dans l’éducation et l’augmentation de 25 % de l’allocation de rentrée scolaire. Mais nous aimerions aller plus loin aujourd’hui.

La première question qui vous est posée concerne le statut de parent délégué. Si vous êtes élu, quelles décisions allez-vous prendre pour instaurer un véritable statut de délégué parent ?

D’abord, merci pour votre invitation. J’ai conscience que si nous voulons transformer l’école, si nous voulons faire de l’éducation une grande cause nationale, nous aurons besoin de tous les acteurs, à commencer par les personnels qui se dévouent pour la formation, l’instruction, l’éducation de nos enfants, mais aussi des parents eux-mêmes. Il y a plusieurs idées reçues qui circulent sur l’implication de parents. Il y a l’idée que certains seraient démissionnaires, qu’ils ne comprendraient plus ce qu’est le rôle de l’école et qu’ils s’en seraient éloignés. Il y a sans doute une part de vrai. Mais il y a surtout une telle attente des parents dans l’école, et une telle déception parfois quand il n’y a pas les résultats escomptés ou les moyens mis en place. D’où le rôle indispensable des représentants de parents d’élèves.

Il y a la question de la représentativité. Des progrès ont été faits, on peut mieux faire sur les élections pour qu’elles soient véritablement un moment de vie démocratique et d’implication des parents.

Ensuite, il y a l’interrogation qui m’est adressée sur le statut des représentants de parents d’élèves. Je n’aime pas tellement ce terme de « statut », comme si c’était un moment dans un cursus. Je pense qu’il faut reconnaître la représentation de parents d’élèves avec des droits spécifiques pour celles et ceux qui en ont été élus. Comment faire : essentiellement avec les employeurs, privés comme publics. Nous aurons d’abord à permettre des autorisations d’absence, ce qui n’est pas toujours possible notamment aux heures où se tiennent les conseils de classe. Ce qui fait que des parents légitimement élus, qui ont la confiance d’autres parents, ne peuvent pas s’y rendre parce qu’ils n’y sont pas autorisés, tout simplement.

Donc, la première évolution serait de dire que le représentant parent élu dans un conseil de classe aurait le droit de s’absenter.

Ensuite, il y a la question de la rémunération de cette absence. Là encore, je suggérerais qu’il conviendrait de trouver un accommodement avec les employeurs par rapport à des avantages en termes de cotisations sociales ou de fiscalité, qui pourraient être de nature à compenser la perte pendant un temps du travail du salarié.

Voilà ce que je veux poser comme principes. Oui, il nous faut avoir des droits permettant l’exercice de la mission de représentation. Oui, nous devons regarder avec les employeurs, sans doute progressivement, ce que nous pouvons faire — le premier principe étant l’autorisation d’absence.

Nos parents d’élèves brûlent d’impatience. Cela fait des années qu’on nous parle d’autorisation d’absence. Un décret devrait pouvoir permettre de résoudre un certain nombre de choses. C’est là l’engagement que nous souhaitons entendre, clairement, de la part des candidats à l’élection présidentielle.

Au-delà du décret, nous rêvons de faire des élections de parents un grand moment. Nous rêvons d’une campagne médiatique assumée par l’Etat, comme pour les Prud’hommes, et que cesse cette sempiternelle négociation que nous devons mener chaque année pour pouvoir promouvoir le rôle des parents dans l’école. Il faut une grande journée d’élection des délégués parents, mais aussi des délégués élèves. Cela pourrait se tenir le même jour. Ce serait une sacrée façon de reconnaître la démocratie au lycée !

Un décret est signé par le président de la République ou le Premier ministre. Si je deviens le prochain président de la République — j’y travaille —, sans attendre même que l’Assemblée nationale soit renouvelée, ce décret peut être pris. Il le sera.

La question des élections va même au-delà de la communauté scolaire, et vous avez eu raison d’évoquer aussi la désignation des délégués de classe. Voulons-nous des corps intermédiaires ou n’en voulons-nous pas ? Si nous en voulons, il faut que les corps intermédiaires soient les plus légitimes et les plus représentatifs possibles. Si en revanche tout est fait pour qu’ils ne procèdent pas du suffrage, ou de telle manière que leur légitimité soit réduite ou amenuisée, alors les corps intermédiaires seront progressivement dénoncés comme des empêcheurs, comme des freins, et l’on inventera je ne sais quelle démocratie directe, y compris pour l’avenir de l’école.

Franchement, je suis pour les corps intermédiaires dès lors que nous leur donnons toute la représentativité nécessaire. Je retiens donc l’idée d’une journée de la démocratie à l’école, pour qu’il y ait le plus de participation possible. Pour un enfant, la première élection n’est pas forcément celle du président de la République, mais c’est d’abord l’élection du parent d’élève ! J’ai été parent d’élève. Je me souviens que mes enfants m’adressaient des enveloppes en me disant : « il faut aller voter ». Quelle est la terrible déception, parfois, que ces enfants peuvent rencontrer ? C’est quand leurs parents, pour des raisons de temps, pour des raisons de complications ou de défaut d’information, ne le font pas. Si l’on veut qu’il y ait une participation civique élevée, y compris pour l’élection présidentielle — c’est mon intention —, mieux vaut qu’il y ait une participation électorale élevée à toutes les désignations de représentants dans toutes les institutions possibles, et d’abord dans l’école de la République.

Nous prenons acte de cet engagement. Sachez que tout ce que vous dites ici est enregistré et pourra être retenu contre vous !

J’en ai bien l’impression !

Nous avons fermement l’intention de peser au-delà du 6 mai parce que pour nous, ce n’est pas seulement une question d’élection présidentielle. Elle sera suivie par des élections législatives. L’éducation nous préoccupe beaucoup. Notre investissement sera sans relâche jusqu’à ce que le projet éducatif qu’a rédigé notre organisation puisse voir le jour ou du moins prendre corps au travers des politiques publiques d’éducation mises en œuvre.

Nous allons aborder un deuxième thème. Les parents de la FCPE ont le sentiment que l’école maternelle est aujourd’hui une variable d’ajustement dans l’attribution des postes d’enseignants. Vous engagez-vous à rendre obligatoire la scolarisation des enfants à trois ans et à instaurer un droit à la scolarisation pour les moins de trois ans ?

Je fais le constat que depuis dix ans, le taux de scolarisation des moins de trois ans — c’est-à-dire des deux à trois ans — n’a cessé de diminuer dans notre pays. Il y a dix ans, un tiers des enfants de moins de trois ans étaient scolarisés. Aujourd’hui, nous sommes tombés à 10 %.

Vous avez rappelé que j’avais annoncé des créations de postes pour les cinq prochaines années, 12 000 par an. Parmi ces créations de postes, une part sera affectée dans la maternelle et dans l’école élémentaire, mais d’abord dans la maternelle. Je veux qu’il y ait plus d’enfants qui soient scolarisés à partir de deux ans. Ceci pour des raisons à la fois de droit à la réussite — toutes les études prouvent que plus tôt est arrivée la scolarisation, plus grandes sont les chances d’un parcours scolaire équilibré — et aussi pour des raisons d’accueil des jeunes enfants dans l’institution. J’ai le souvenir d’une parole qui n’aurait peut-être pas dû être prononcée par un ministre de l’Education, qui pensait qu’en dessous de trois ans, c’était simplement de l’accueil — et encore, de l’hygiène. Non, à partir de deux ans, il est déjà possible de transmettre un certain nombre de règles, de principes, de savoirs et de connaissances. C’est aussi donc une volonté de scolariser tôt les enfants.

Ensuite, à partir de trois ans, je pose un principe, qui est que tout enfant ayant trois ans doit être accueilli à l’école maternelle publique.

Ce sera une obligation ?

Tout enfant dont les parents veulent qu’il soit scolarisé sera accueilli à trois ans. Ce n’est pas l’obligation scolaire à trois ans, je préfère être clair.

Au cours de l’actuelle législature, une réforme a vu la disparition du samedi. Cela a eu pour conséquence la disparition de deux heures hebdomadaires par élève, soit 72 heures par an. Comment comptez-vous rétablir ces 72 heures perdues ?

En changeant les rythmes scolaires, en revenant sur cette régression des temps, cette régression de la transmission du savoir qu’a été la réforme dont vous avez parlé. C’est en France que la scolarité dans l’année est la plus courte, et le nombre d’heures dans la journée le plus élevé. Nous devons en terminer avec ce qui produit de la fatigue chez les enfants, de la difficulté d’enseigner pour les professeurs et un déséquilibre dans l’année. Il y a aujourd’hui beaucoup plus de jours sans école que de jours avec école. Donc, nous devons rétablir un équilibre, et nous le ferons en faisant en sorte que nous travaillions avec les enseignants, avec les parents, avec les élus locaux pour revenir à une journée scolaire plus courte et à une semaine scolaire qui ne sera plus celle des quatre jours.

C’est-à-dire la semaine de quatre jours et demi en travaillant le mercredi ou le samedi matin ?

Absolument.

Est-ce qu’on raccourcit les grandes vacances également ?

Là, vous allez me fâcher peut-être avec d’autres… Mais je pense que si nous voulons gagner des jours, oui, nous devons travailler sur un temps dans l’année où il y a plus de journées d’école.

Nous allons aborder la question de la pédagogie. La FCPE souhaite la suppression des notes, des devoirs et du redoublement. Y êtes-vous favorable ?

Je vais commencer par les devoirs, parce que je sais que c’est une question qui est avancée régulièrement par votre fédération. Je suis pour qu’une grande partie des devoirs se fasse dans le temps scolaire, c’est-à-dire que ce soit un élément du temps de travail à l’école. Est-ce à dire qu’il n’y aura jamais rien à faire à la maison ? Non, même si j’en vois les contraintes et les risques. Plus il y a de devoirs à faire hors du temps scolaire, plus les inégalités selon les niveaux d’éducation des parents, les situations familiales, risquent encore de se creuser. Donc, nous devons faire en sorte qu’il y ait des devoirs qui soient faits pendant le temps scolaire, mais aussi l’apprentissage par l’élève lui-même d’un certain nombre de travaux qu’il doit conduire à la maison. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas suivi et accompagné.

Car je suis par ailleurs pour que l’accompagnement scolaire puisse être également mené. Nous connaissons, là, la problématique des services privés, de la marchandisation de l’accompagnement scolaire. Si nous voulons lutter contre cette marchandisation, cette nouvelle forme d’inégalité, il nous faut apporter, avec des personnels qui ne sont pas forcément des professeurs, un suivi des élèves par rapport aux devoirs qui doivent être accomplis à la maison ou en étude surveillée. Cela fera partie aussi de ce que nous pouvons faire pour faire évoluer l’école, et j’y suis prêt.

A quels personnels pensez-vous en particulier ?

Cela peut être des jeunes tuteurs, cela peut être un certain nombre de personnes qui au-delà de l’école, dans les services civiques, peuvent apporter aussi leurs compétences. Là, il ne s’agit plus du travail des professeurs.

Les devoirs principaux doivent être faits avec les professeurs ; l’accompagnement, l’aide et le soutien doivent être faits par des associations ou par le service public lui-même avec des personnels qui ne sont pas nécessairement des professeurs.

Est-ce que vous faites une distinction entre l’école primaire et le collège pour les devoirs ?

Je pense qu’il faut faire cette distinction entre l’école primaire et le collège. A l’école primaire, le plus de devoirs possibles doivent être faits à l’école.

Il y avait une question sur les notes. C’est un sujet difficile parce que — je ne parle pas de votre fédération — les parents sont ambivalents par rapport aux notes. D’un côté, nous voyons bien les risques pour l’élève, la souffrance qui peut être la sienne à travers des notations qui peuvent être parfois humiliantes, l’anticipation d’avoir fait un mauvais devoir, le sentiment d’être montré, d’être déjà classé avant même que toutes les chances aient pu être données. Tout cela est vrai. Et en même temps, les parents souhaitent savoir où en sont leurs enfants, où ils se situent, comment ils se comparent à d’autres, s’ils ont progressé.

Je suis pour le maintien des notes, mais avec une autre forme d’évaluation, une évaluation qui tienne compte également des progrès qui sont faits, des efforts qui ont pu être engagés. De ce point de vue, un certain nombre de travaux ont été engagés pour donner plusieurs indications chiffrées : sur le travail mais aussi sur l’implication de l’élève, sur le progrès qu’il a pu faire. Donc, je suis tout à fait favorable à une évolution de l’évaluation des élèves régulièrement.

Etes-vous favorable aux évaluations pratiquées aujourd’hui en CE1 et CM2 ?

Non, il y a eu trop d’évaluations. Qu’on sache exactement quel est le niveau, c’est normal. Mais on ne peut pas demander aux professeurs, sans cesse, d’évaluer. Il y a un moment où ils doivent d’abord enseigner, pas simplement évaluer le niveau, mais plutôt l’élever.

Souhaitez-vous supprimer ces évaluations ?

Nous en discuterons avec les enseignants, c’est quand même avec eux qu’il faut avoir ce dialogue. Et les parents ! Mais là, c’est une intervention pédagogique, même si cela concerne les parents de savoir où en sont leurs enfants. Donc, nous essayerons de trouver la bonne évaluation, mais je pense qu’on ne peut pas sans cesse évaluer le niveau des élèves.

Les parents ont aussi l’intention de faire de la pédagogie. Si cela n’a pas été le cas ces dernières années, ou pas suffisamment entendu, nous comptons bien, dans les périodes à venir, le faire entendre.

Je n’ai pas encore répondu sur le redoublement. Je considère qu’il y a un gâchis par le redoublement. Nous devons limiter le nombre de redoublements. En même temps, nous savons bien qu’il y a des élèves qui ont du retard, des difficultés, des moments particuliers d’adaptation. Donc, nous reprendrons la politique des cycles en la pensant de l’école maternelle jusqu’au collège, pour permettre qu’il y ait aussi du rattrapage, et ne pas entrer dans un processus cumulatif où un redoublement déjà sanctionne, puis un autre oriente, et un dernier élimine.

Nous avons lu avec attention votre programme. Nous parlons, à la FCPE, de la nécessité d’une loi d’orientation et de programmation pour que cessent enfin ces réformes, ces improvisations, ces soubresauts médiatiques, et pour que l’école devienne véritablement quelque chose de construit, l’affaire de tous.

Avez-vous l’intention, si vous êtes élu, de veiller à ce que soit élaborée une loi d’orientation et de programmation pour le service public d’éducation ?

Ma réponse est oui. Je présenterai avec le gouvernement une loi de programmation et d’orientation. Ce travail sera préparé par une vraie concertation avec tous les acteurs de l’école — je dis bien tous : les professeurs, les personnels de l’Education nationale et les parents. Nous avons besoin de cette programmation — programmation de moyens. Nous avons besoin de cette orientation. Quelle école voulons-nous ? Quelles réformes voulons-nous engager ? Quel travail en équipe pour les enseignants ? Quels rythmes scolaires ? Quels modes d’évaluation ? Toutes les questions que vous avez posées. Nous avons besoin d’avoir une vision et des engagements. La vision, c’est l’école de demain : qu’est-ce qu’elle peut apporter non seulement à chacun de nos enfants, mais aussi à la France ? C’est un sujet qui n’est pas seulement individuel, c’est un sujet citoyen. L’école, ce n’est pas simplement l’affaire des enfants d’aujourd’hui, c’est l’affaire de la France de demain.

Cette loi de programmation prévoira des moyens supplémentaires. Lorsque j’ai indiqué les 60 000 postes (12 000 par an), c’était bien pour donner, déjà, cette priorité, dans un contexte budgétaire très difficile, dans un contexte financier très lourd. Et vous avez sans doute entendu ce que cela m’a valu : « comment, vous n’y pensez pas, que l’on pourrait faire 12 000 recrutements par an, 60 000 postes, soit 2,5 milliards d’euros à la fin du quinquennat ? ». J’ai répondu : 2,5 milliards, c’est le coût du bouclier fiscal sur cinq ans. Que préfère-t-on, protéger les plus favorisés ou protéger les enfants de la République ? J’ai ma réponse.

On m’a donné d’autres comparaisons : 20 000 places de prison supplémentaires, c’est 3 milliards d’euros en investissement et 1 milliard d’euros en fonctionnement. Que préfère-t-on pour donner un signe par rapport à l’avenir ? Moi, je veux faire le choix de l’école de la République.

Mais ces moyens-là devront être au service d’objectifs. Il ne s’agit pas simplement de réparer les dégâts qui ont été commis. Il y en a eu : 80 000 postes supprimés depuis cinq ans, près de 100 000 depuis dix ans. Voilà les conséquences que nous voyons aujourd’hui à travers ces suppressions de classes, parfois d’écoles. Les RASED qui sont mis en cause gravement. Et toutes les structures spécialisées, notamment pour les élèves les plus fragiles. C’est la double peine ! C’est à la fois une diminution générale de postes pour tous les enfants – et donc pour tous les parents concernés – et c’est en même temps vers les quartiers les plus sensibles, vers les zones rurales les plus abandonnées que se font, en plus, les suppressions de postes. Et quand je regarde, même, comment se font les ajustements, ce sont les postes dont les personnes qui les occupaient étaient chargées d’assurer le suivi scolaire, le rattrapage scolaire, l’accompagnement des élèves les plus en difficulté, les plus loin, les plus fragiles – eh bien, c’est vers ces structures-là qu’il a été fait d’abord des suppressions de postes et de moyens.

Donc moi, je ne veux pas simplement rétablir, je ne veux pas refaire ce qui a été défait : je veux qu’en utilisant ces moyens supplémentaires, nous permettions ensemble le changement de l’école pour qu’elle soit encore plus utile, plus efficace, plus sûre pour les enfants de la République.

François Hollande, comme beaucoup de candidats, vous parlez chiffres. J’ai envie de vous parler d’autres chiffres. Depuis de nombreuses années, nous constatons la difficulté, pour les usagers du service public de l’éducation, d’obtenir des statistiques fiables, des chiffres fiables, des évaluations fiables du système d’éducation. Parce qu’en fait, l’Etat et le ministère de l’Education nationale élaborent une politique d’éducation et évaluent également eux-mêmes leur propre politique. Ne serait-il pas concevable que l’évaluation du système d’éducation, du fichier, des différents dispositifs, puisse se faire dans un cadre où les principaux usagers soient également associés ? Où la guerre des chiffres entre ministères et partisans laisserait place à la transparence – d’ailleurs la guerre des chiffres, entre les ratios et les sondages, vous en savez quelque chose ! Nous aimerions, nous, pouvoir disposer de chiffres objectifs, d’évaluations objectives, d’évaluations fiables. Parce qui mieux pourrait participer à l’évaluation du système public d’éducation si ce ne sont les usagers, c’est-à-dire les parents d’élèves et les lycéens eux-mêmes, premier pôle des usagers du système public d’éducation ?

La mesure est déjà un choix. Si nous ne parvenons pas à donner l’indication juste, nous ne pouvons pas poursuivre une politique juste. Le défaut de statistiques et le manque d’informations fiables conduisent nécessairement à des arbitrages contestables. Donc je partage votre volonté. Il y a tous les moyens au sein du ministère de l’Education nationale. Tous les moyens aussi auprès de l’Insee, auprès de toutes les structures d’évaluation, pour que nous puissions avoir toutes les données, toutes les informations permettant d’avoir une bonne connaissance du système éducatif et de ses résultats. Je suis prêt, donc, là-dessus à répondre à votre exigence.

Cela vaut dans tous les domaines. Il y a des phénomènes que nous ne mesurons pas. Je vais m’éloigner un moment de l’école : la souffrance au travail. Nous savons mesurer le chômage – et encore, pas complètement. Nous savons mesurer la qualification – et encore, imparfaitement. Mais la souffrance au travail, est-elle mesurée ? Comme elle n’est pas mesurée, elle est souvent ignorée. Et quand elle vient, c’est souvent à partir de faits divers dramatiques. Chacun en a à l’esprit. Si je reprends votre interpellation, quand il y a des phénomènes que nous ne mesurons pas, nous ne les réduisons pas ou nous ne les attaquons pas. Donc je suis pour un système le plus large possible. Et alors là, si nous pouvons nous mettre autour de la table ensemble et les définir, ce sera bien volontiers que je le ferai.

Nous en prenons acte.

Alors, François Hollande, une nouvelle question de la salle. Aujourd’hui, la loi impose le financement de l’école privée sous contrat. Certaines collectivités vont même au-delà de leurs obligations. Quelle est votre position sur ce point ?

Moi, je suis d’abord pour que les règles soient les mêmes pour tous. Premier point. Et je vais prendre un exemple. Quand il y a eu des suppressions de postes dans l’Education nationale, il y en a eu plus dans l’école publique qu’il n’y en a eu dans l’école privée. Quand nous rétablirons – car nous rétablirons – les moyens, nous rattraperons d’abord les moyens qui ont été perdus dans l’école publique. Et pour l’école privée, qui a perdu moins de moyens, les rattrapages se feront – mais à hauteur de ce qui a été perdu. Je préfère, là aussi, avoir le langage de la franchise – d’autant que tout est enregistré ! Ensuite, j’entends ce qui est dit sur la loi Carle. Ce qui est grave, avec notamment l’application de la loi Carle – car il y a la loi et il y a la circulaire, et vous avez sans doute été informés de la circulaire –, c’est qu’une dérive s’est produite. Ce que nous devons faire, c’est faire en sorte que la ville ou la commune – car il s’agit souvent d’une commune rurale – qui veut garder son école publique, que la commune qui a une solution publique pour son école, ne doit pas payer pour un élève de la commune qui va dans une autre commune dans une école privée. Est-ce que je suis clair ?

Je vous demanderai une précision de plus. Nous savons qu’en certains points du territoire, les parents n’ont pas le choix. Ils doivent inscrire leurs enfants dans une école privée. Au moment où nous parlons d’une France laïque, comment pensez-vous faire pour imposer aux collectivités locales réticentes, voire hostiles à la création d’écoles ou d’établissement publics, le fait qu’il faille le faire et que cela est incontournable pour le respect des principes de la République ?

Ce sont des cas qui ne sont pas si fréquents mais qui, dans certaines régions, existent. Et notamment dans l’ouest – pas n’importe quels départements de l’ouest –, où il n’y a pas de collège public dans la zone considérée. Vous savez que la construction d’un collège est de la responsabilité des conseils généraux. Nous sommes devant cette difficulté. Nous devons donc trouver là une forme d’égalité pour les parents qui veulent scolariser leurs enfants. Mais ce n’est quand même pas à l’Etat – vous vous rendez compte ! – de construire à la place du conseil général. Il faudra donc sans doute poser cette obligation, car ce n’est quand même pas à l’Etat de payer à la place des conseils généraux qui ne voudraient pas assumer leurs obligations – ce serait quand même trop facile. Donc c’est à l’Etat de poser cette obligation à tous les départements.

Une dernière question vous est adressée émanant de la salle. Quelle décision concrète prendrez-vous pour que la gratuité soit effective aussi bien durant le temps scolaire que périscolaire (transport scolaire, restauration, etc.) ?

Une part de la gratuité qui relève de l’Etat, et puis une bonne part de la gratuité relève des collectivités locales. Là aussi, parlons franchement. Transport scolaire : j’entends bien la gratuité, mais rien n’est jamais gratuit. Il y a bien une collectivité qui paie. En l’occurrence, ce sont les conseils généraux qui paient. Dans l’état actuel des finances publiques départementales, si vous ne prenez pas conscience de ce qui s’est passé depuis des années, c’est-à-dire du transfert de charges sur les collectivités locales et les départements, vous aurez des mouvements de retrait par rapport à la gratuité des transports. Donc nous devons engager cette politique aussi par rapport à un financement nouveau des collectivités locales et à une clarification de leurs compétences.

Ensuite, il y a ce qui peut être fait par rapport à la gratuité d’un certain nombre de matériels. Les régions, en matière de lycées, ont fait des choix courageux. Là encore, elles n’y étaient pas obligées. Ce n’était pas dans leurs compétences. Et notamment pour les lycées professionnels, qui avaient plus de charges que d’autres pour suivre un certain nombre d’enseignements. Et d’ailleurs, toutes les régions n’ont pas forcément engagé les mêmes politiques de gratuité et nous avons encore des écarts très considérables selon les régions pour les frais de l’enseignement professionnel.

Par ailleurs – mais je sais que c’est parfois contesté –, je considère que l’équipement numérique doit être aussi apporté aux élèves, ce que l’Etat ne fait pas et que les collectivités font le plus souvent. Et là encore, c’est un élément de gratuité.

Donc sur le sujet de la gratuité, nous aurons, Etat et collectivités locales, à faire le clair sur les responsabilités des uns et des autres.

Faire le clair sur les responsabilités des uns et des autres, voire l’allocation de budgets aux collectivités locales et territoriales : ne faudrait-il pas aussi envisager que dans le cadre de cette révision, les crédits alloués aux collectivités – du moins une partie – soient fléchés éducation/gratuité ?

Reposez-moi la question sur le fléchage.

Je dis qu’il ne suffira pas de revoir les modes de financement des collectivités territoriales, mais que des choix politiques s’opèrent régionalement, localement. Et nous savons quelque fois les dérives ou les choix qui peuvent être opérés. Puisque nous savons que la gratuité est affirmée dans la Constitution, quelle mesure pourriez-vous prendre pour que les financements alloués aux collectivités locales ou territoriales soient fléchés éducation/gratuité et ne puissent être détournés de leur objectif ?

Les collectivités locales ne détournent pas de leur objectif les fonds qui leur sont dédiés, notamment les dotations.

Cela dépend lesquelles.

Non, je ne crois pas qu’on puisse dire cela. Les dotations aux collèges sont généralement insuffisantes, complétées, d’ailleurs, par les collectivités locales. Pareil pour les lycées. Ce que je vois, en revanche, apparaître – et je veux vous interpeller là-dessus, parce que cela renvoie à votre question –, c’est que la décentralisation est un bon principe. Le fait d’avoir transféré aux régions, aux collèges, le financement des équipements est un bon choix. Les départements et les régions ont souvent complété les dispositifs. Il y a maintenant un risque d’inégalité sur le territoire. Je vais prendre un exemple qui m’a été donné, entre ce qui est fait dans un département, les Hauts-de-Seine – département favorisé, riche, pas partout – et le département de la Seine-Saint-Denis. On voit que les collectivités locales qui ont des moyens supplémentaires par rapport à d’autres font davantage sur la gratuité, sur le soutien, sur l’accompagnement, sur l’animation extrascolaire, sur les voyages. Et donc, je pense qu’une péréquation sera nécessaire entre départements et entre régions pour assurer l’égalité.

Bien sûr, par « détourner », je voulais dire qu’il fallait qu’un choix politique soit opéré en matière éducative.

François Hollande, comme tous les candidats qui vous ont précédé, vous avez dix minutes de libre expression à la tribune, pour insister sur les points que vous souhaitez.

J’ai déjà beaucoup parlé ! Mais si vous voulez que je continue…

C’est la règle, depuis ce matin.

Pourrez-vous nous préciser durant cette intervention si, comme certains candidats, ce que vous envisagez de mettre en œuvre est à moyens constants ou pas.

D’abord, merci pour votre écoute, pour vos questions, pour vos exigences. J’ai bien compris que je ne pouvais pas satisfaire toutes les demandes. Et, chacun l’aura bien compris, si je vous avais dit oui à tout, vous n’auriez pas forcément pensé que je pourrai faire tout ce que j’ai promis. Si ? C’est que vous avez grande confiance en moi et je vous en remercie !

Mais j’ai fait de ma campagne présidentielle le choix de mettre la jeunesse au cœur de mes engagements. Je ne l’ai pas fait pour vous complaire ou vous plaire. Je l’ai fait parce que c’est le devoir, aujourd’hui, de celui ou de celle qui sera le prochain chef de l’Etat. Je considère que même et parce que nous sommes dans le contexte budgétaire, contexte financier, contexte économique que nous connaissons, nous avons le devoir de préparer nos enfants à la réussite. Je veux la réussite de tous les élèves ! Pas la réussite pour chacun. La réussite de tous. L’école ne doit pas être avant tout une machine à trier, à écarter ou à orienter. Elle doit permettre, avant ce moment décisif du choix de la filière et du métier, à chaque élève – par l’acquisition des compétences – de s’épanouir en tant qu’individu et en tant que futur citoyen. Voilà le sens et l’objectif de la politique que je veux mener au-delà même de l’éducation.

Car la jeunesse n’est pas simplement l’éducation. C’est l’ensemble des politiques publiques qui doit être orienté vers cette obligation de faire réussir la génération qui vient.

Néanmoins, je ne peux que m’alarmer du chiffre que vous connaissez : 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification. Je considère que c’est un terrible gâchis – gâchis de moyens, gâchis de chances, gâchis de compétences. Mon premier devoir sera de permettre que le gouvernement réduise de moitié le nombre de ces jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification.

Il ne suffit pas de lutter contre l’échec. Il faut faire réussir chacun et chacun, c’est-à-dire tous. Comment y parvenir ? Vous me demandez des moyens. J’ai dit que dans ce moment contraint, où les effectifs de la fonction publique seront stabilisés, je mettrai davantage de postes dans l’Education nationale.

Nous avons l’objectif aussi, je l’ai évoqué, d’améliorer le taux de scolarisation des moins de trois ans – il sera triplé –, d’agir dans les zones de très grande difficulté, de relever le taux d’encadrement, et notamment aux premières années de la vie scolaire, c’est-à-dire grande section, CP, CE1. Je ne peux pas admettre qu’arrive en sixième un tiers d’une génération qui ne possède pas les savoirs fondamentaux.

La réforme des rythmes scolaires sera donc une priorité. Nous articulerons mieux le temps scolaire, le temps éducatif et le temps de l’enfant. J’augmenterai le nombre de jours d’école sur l’année et je déciderai le retour, comme je l’ai dit, à la semaine de quatre jours et demi.

Ces réformes seront aussi des réformes de contenu et d’innovation pédagogique. Et à cet égard, je rétablirai la formation initiale des enseignants. La réforme dite de la mastérisation a été, en définitive, un assèchement des moyens pour l’école et une diminution – hélas – du nombre de candidats pour les postes aux concours. Il y aura donc une formation initiale digne de ce nom, avec des écoles supérieures de professorat et de l’éducation intégrées à l’université. Mais nous rétablirons aussi les moyens de la formation continue des enseignants, si nous voulons leur permettre, avec vous, de faire une pédagogie qui soit adaptée aux rythmes des enfants, à leur mentalité, à leurs savoirs, à leur évolution dans la vie.

Je considère que l’enseignement supérieur lui-même devra être une priorité, une vraie filière d’excellence et pas simplement une orientation.

Ensuite, je suis venu vous dire ce que j’entendais faire sur trois ou quatre sujets en plus de ceux que j’ai indiqués comme priorités. D’abord, la carte scolaire – c’est-à-dire la volonté de mixité scolaire. Nous reverrons le mécanisme de la carte scolaire, de façon à ce qu’il y ait sans doute un choix dans un périmètre, mais qu’il y ait surtout la possibilité pour tous les enfants d’avoir des échanges, d’avoir des chances, d’avoir des conditions que leur permette de réussir pleinement leur scolarité. Brasser les élèves, équilibrer les profils scolaires, c’est un avantage pour chacun. Donc nous le ferons.

Deuxième sujet que je voulais évoquer devant vous – mais cela a été fait –, c’est la laïcité. Nous devons former les professeurs à la laïcité. Ils le sont déjà, notamment pour les enseignants d’histoire, mais nous devons le faire davantage dans la pratique. Je ferai en sorte que dans les programmes d’enseignement, la laïcité – c’est-à-dire aussi l’enseignement des religions – puisse se faire.

Je créerai enfin ou, plus exactement, j’engagerai enfin la création de l’Observatoire de la laïcité dont le décret de création a été signé il y a cinq ans, mais qui n’a toujours pas été mis en œuvre.

Enfin, je suis très attentif au service public de l’orientation. Je veux que nos enfants puissent être suivis très tôt pour être accompagnés à toutes les étapes de la vie scolaire. Et que l’orientation ne vienne pas comme une sanction, mais comme une condition de réussite.

Enfin, nous avons besoin de personnels avec plusieurs métiers, dans l’école : métier d’enseignant, qui est le métier fondamental – transmettre le savoir, la connaissance –, mais aussi d’autres métiers. Métiers de surveillance, d’accompagnement, mais également les métiers qui sont aujourd’hui menacés : médecins scolaires, assistantes sociales, infirmières scolaires – parce que c’est aussi un moyen de repérer bon nombre de difficultés, d’alerter les familles.

Enfin, et j’en termine là, nous avons besoin des familles, mêmes des familles qui sont les plus éloignées, mêmes des familles les plus pauvres – que nous devons aider, aussi, à réussir ou faire réussir leurs enfants. Et donc, il y aura parmi un ensemble de dispositifs, une mesure qui permettra d’aider les parents, d’aller au soutien des parents. Et pour les familles, souvent monoparentales, dont on sait que la mère – car il s’agit le plus souvent de la mère –, ne possède pas tous les éléments de la langue française, notre devoir est aussi de faire que les parents reçoivent une formation, une éducation et une forme de compréhension des enjeux du savoir pour leurs enfants.

Enfin, je voulais vous dire, vous parents, vous si engagés pour la réussite de l’école : c’est une grande cause que de poursuivre la réussite éducative. C’est un grand enjeu, à travers l’élection présidentielle, de savoir quelle place nous donnons à l’école. Il y a plusieurs options qui vous sont ouvertes, ou plus exactement plusieurs choix de conception même de l’école. Jamais peut-être, dans une élection présidentielle, il y a eu, sur la question de l’école, deux politiques si différentes. Pas une politique quantitative contre une politique qualitative, comme on le dit souvent. Pas simplement une politique avec moins d’enseignants d’un côté et plus d’enseignants de l’autre, d’enseignants mieux payés ou d’enseignants moins bien payés. Non, deux conceptions de l’école. Une conception qui considère que l’école n’est là que pour sélectionner, pour mettre en compétition, en concurrence. Et une autre conception qui est celle, sans doute, de notre histoire, mais surtout de notre avenir : une école de la réussite, une école de l’émancipation, une école de l’égalité, une école du suivi, de l’accompagnement, une école qui permet d’avoir à chaque fois non pas une chance, mais deux chances, trois chances, autant de chances qu’il est nécessaire. Une école qui permette non seulement la réussite de l’enfant, non seulement la satisfaction de parents qui ont beaucoup donné pour que leurs enfants puissent avoir une vie meilleure qu’eux, mais aussi la condition du redressement de la France.

Nous sommes dans un moment où nous nous interrogeons sur le destin de notre pays. Que va-t-il devenir ? Est-il encore capable de prendre sa place en Europe, dans la mondialisation ? Faut-il baiser notre protection sociale, réduire nos coûts salariaux ? Eh bien l’une des réponses, peut-être même la principale, est la suivante. Est-ce que nous sommes capables d’élever le niveau de formation, de qualification, de connaissance, du savoir ? Est-ce que nous sommes capables d’avoir une école qui va nous donner toutes les conditions pour le redressement du pays, de la maternelle jusqu’à l’université, en faisant en sorte qu’il y ait une possibilité pour chaque génération de donner le meilleur d’elle-même ? C’est à ces conditions-là que nous pourrons redresser la France dans la justice et en donnant la plus belle des espérances qui soit : la réussite d’une génération qui doit vivre mieux que la nôtre.

Un espoir en guise de bilan

Bilan proposé par le café pédagogique :
En cette fin d’année scolaire, la tentation du bilan est évidente. Et bien des
faits nous pousseraient à faire un bilan négatif. On peut citer la révélation
qu’a été la publication des documents ministériels sur les suppressions de
postes envisagées. L’absence de débat, la technique de grignotage utilisée n’en
finissent pas d’alimenter la suspicion et le trouble dans l’institution.
L’obstination mise à appliquer une réforme de la formation des enseignants est
évidemment un autre motif d’inquiétude. La façon dont est appliquée la réforme
des lycées dans les établissements, la publication des programmes
encyclopédiques de seconde ne poussent pas  à l’optimisme. La façon dont
l’intéressant débat sur la violence scolaire a été conclu par des décisions à
l’emporte pièce non plus. Tout cela vous le retrouvez dans les actualités de ce
numéro 114 du Café pédagogique mensuel.

Mais c’est aussi une leçon d’optimisme qu’apporte ce numéro. D’abord parce que
le Forum des enseignants innovants en constitue la colonne vertébrale. Tout au
long du numéro vous trouverez des articles sur les projets présentés lors du
Forum. Ainsi les projets sur l’évaluation de P. Charbuin (l’évaluation par
compétences au lycée) et S Vinel (l’aide aux devoirs en collège). Mais on peut
citer encore l’expérience extraordinaire de F Aulanier qui a mis en opéra avec
ses élèves une partie du programme de SES. Ou encore les conférences des
Nations Unies animées par V Pellet où des lycéens simulent le fonctionnement
des Nations Unies. Encore ces quelques projets ne sont-ils que la pointe de
l’iceberg de ce que nous avons vus lors du Forum de Dax. Et, sans aucun doute,
ce forum lui-même n’est qu’un petit morceau de l’iceberg des réalisations
innombrables des enseignants.

Notre motif d’espoir il est là. Indépendamment des décisions politiques, des
milliers d’enseignants innovent, inventent, s’impliquent et transmettent la
tradition d’un métier qui n’est pas comme les autres. Sans doute verra-t-on de
plus en plus dans les établissements des collègues arrivés là sans savoir
réellement ce qu’est une classe. Sans doute verra-t-on aussi de plus en plus
souvent des contractuels de passage dans l’éducation nationale et qui croient
faire un métier à horaires fixes. Et peut-être même est-il possible que dans
l’institution ce recadrage du métier soit encouragé. Sans doute va-t-on
continuer à rendre impossible toute pédagogie vivante et à encourager la
transmission la plus passive. Mais l’élan des milliers d’enseignants impliqués,
la noblesse d’un métier qui transforme des petits d’homme sont des forces
irrésistibles. L’année prochaine, avec votre aide, Le Café pédagogique
continuera avec vous à faire avancer l’Ecole.

Bonnes vacances !

Le système

Par François Jarraud

Suppression de postes : Les projets  du ministère

La publication par Le Café pédagogique le 31 mai 2010  des documents exposant
les pistes ministérielles pour les suppressions de postes jusqu’en 2013 a
ouvert un débat nécessaire sur la gestion du système éducatif. Elle a mis au
grand jour des objectifs et des priorités, c’est-à-dire une politique, qui
jusque là n’avait pas été clairement exposée. Elle permet un travail
démocratique en lieu et place de procédures administratives.

Suppression des Rased, réduction de la scolarisation à deux ans, regroupements
scolaires, augmentation du nombre d’élèves par classe au primaire; augmentation
de la taille des classes au collège, fermeture des petits établissements,
« rationalisation » de l’offre éducative en lycée et de l’offre de formation en
L.P., réduction des IDD, voilà pour le secondaire. Découvrez le détail de la
stratégie ministérielle.

« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés ». Aucun enseignant ne sera
épargné par les mesures Chatel qui frapperont d’une façon ou d’une autre les
écoles et les établissements. Mais certains corps, certains enseignements même
seront particulièrement affectés par la stratégie de grignotage imaginée par le
ministère.

Le 17 mai, puis le 28 mai, le Café pédagogique vous a donné les premières
informations sur la méthode mise en place par le ministère pour dégager les 16
000 suppressions de postes décidées pour 2011. Le 17 mai nous vous avons averti
:  » Selon des indiscrétions remontées jusqu’au Café, les inspecteurs d’académie
ont été chargés par les recteurs, à la demande du ministre, de dégager les
gisements d’emploi possibles. Les recteurs seraient en ce moment même en train
de faire remonter à Paris les diagnostics des inspecteurs d’académie. » Le 28
mai un document ministériel parvenu jusqu’à nous énumérait « pas moins d’une
trentaine de « leviers » identifiés mais dont l’impact sera différent selon les
académies.  La plupart affectent directement les classes. C’est le cas par
exemple de l’augmentation de la taille des classes, de la baisse de la
scolarisation à 2 ans, de l’enseignement spécialisé – RASED, par exemple ou
encore de  » la rationalisation de l’offre de formation ».

Le 31 mai, nous publions les documents ministériels remis aux inspecteurs
d’académie comprenant les fiches de suppressions de postes qu’ils doivent faire
remonter. Ces documents étaient accompagnés d’annexes (fichiers excel et pdf)
présentant les écarts départementaux ou académiques pour différents taux afin
de permettre aux inspecteurs d’argumenter sur les suppressions de postes.

Au primaire

La mesure la plus grave concerne les Rased , particulièrement les maîtres E et
G et les psychologues scolaires. Pour le ministère,  » La durée de
l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à
vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles
s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les
élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Cet effort
représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à
aider les élèves qui en ont le plus besoin. Dans ce nouveau contexte, la
contribution des enseignants spécialisés des RASED, qui s’ajoute à cet effort,
doit évoluer ». Le document propose « plusieurs scénarios » :  » suppression des
seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en
classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les
écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;
suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient
d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en « surnuméraires » dans
les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ; un
troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en
extinction des psychologues scolaires ». Le ministère reconnaît que la mesure
est difficile :  » Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de cette
mesure montrent qu’elle nécessite une affirmation et un accompagnement
politiques importants. Il vous est demandé ici un exercice d’évaluation du
besoin minimal en maîtres E et des conséquences en termes de libération
d’emplois de l’absence de recrutement nouveau de psychologues scolaires et de
maîtres G. »

Une autre marge de manœuvre découle simplement de l’augmentation du nombre
d’élèves par classe. Estimant que « hors cas ou situations spécifiques, les
études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des
effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves
et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes », le
ministère demande aux inspecteurs  d’encourager les regroupements d’écoles et
de jouer sur les taux d’ouverture et fermeture. « Outre les leviers d’action
liés aux modalités d’affectation des élèves et à l’augmentation des seuils de
création de classes, les fusions d’écoles ainsi que la mise en place des
regroupements pédagogiques intercommunaux sont de nature à permettre une
répartition plus homogène et plus cohérente des effectifs tout en réduisant le
nombre de classes nécessaires », note le ministère. Il y voit un obstacle : « Il
est vrai que le resserrement du réseau scolaire ne peut se réaliser qu’avec la
participation des autorités locales mais il convient de souligner aussi que
l’émulation des élèves et donc leur réussite scolaire, sera favorisée dans des
écoles qui offrent un environnement éducatif plus étendu ». Les statistiques
montrent de grands écarts entre départements ce qui doit encourager les
inspecteurs à niveler vers le haut le nombre d’élèves par classe.

On ne sera pas surpris de trouver la suppression de la scolarisation à deux ans
dans les cartons du ministère. Depuis 2000 le taux de scolarisation a fondu de
moitié. On va vers la liquidation.  » Les études disponibles ne démontrent pas
que la scolarisation à deux ans constitue un avantage évident dans toutes les
situations par rapport à d’autres modes de garde alternatifs », tranche le
ministère. « L’économie à réaliser devra donc se traduire par une diminution du
taux de scolarisation des enfants de deux ans, dont le niveau pourra être
différent selon les académies et qui devra tenir compte du niveau actuel de
cette scolarisation ».

La réduction du besoin de remplacements est  envisagée en organisant les
formations hors temps scolaire et en recourant à des non titulaires. Enfin le
ministère entend récupérer aussi au moins un milliers d’emplois chez les
intervenants en langue vivante.

Dans le secondaire

La première mesure touche les collèges où le ministère entend augmenter le
nombre d’élèves par classe. Estimant que  » il n’est pas démontré en effet que
la taille des classes ait un effet probant sur la réussite des élèves » et
encore que  » le surcroît de moyens au profit de certaines académies, pourtant
significatif, ne permet pas d’atteindre une plus grande performance scolaire et
d’égaliser les chances », le ministère envisage de  » procéder à une analyse du
nombre d’élèves par division ou groupe d’élèves au regard des caractéristiques
sociales et structurelles de l’académie, des niveaux et types de formation, et
d’estimer les gains en emplois qui peuvent être générés dans le cadre d’une
optimisation des effectifs dans les structures ». Le document officiel donne un
exemple :  » Exemple : Au sein d’un établissement, 240 élèves sont en 4ème dans
10 divisions soit un nombre d’élèves par division de 24,0. En augmentant le
nombre d’élèves par division de 5 élèves on devrait obtenir : 240 / 29 = 8,3
divisions arrondi à 9 (gain d’une division). Soit un gain théorique en ETP (sur
la base d’un coût théorique d’une division de 29 heures) de 1(division) x
29(heures) /18 = 1,6. » Les inspecteurs sont invités à retourner des tableaux
des gains projetés.

La fermeture des petits établissements est une autre voie explorée.  » Il s’agit
pour l’académie d’entamer ou de poursuivre le dialogue avec les collectivités
afin d’aboutir à la fermeture des petits établissements ». Pour le ministère,
« outre le coût de ces établissements pour les finances publiques (Etat et
collectivités territoriales), cette situation peut nuire à la qualité de la
formation dispensée : isolement des enseignants, multiplication des services
partagés, difficulté à monter financièrement des projets pédagogiques,
difficulté de faire intervenir des partenaires ».

Si les lycées doivent rester intouchés à la rentrée 2010, le ministère indique
qu’il n’en sera pas de même en 2011. Il entend « rationaliser » les moyens grâce
aux apports de la réforme.  » Il s’agit pour l’académie de rechercher les gains
potentiels liés aux conditions de mise en œuvre de la réforme du lycée… La
réforme du lycée général et technologique offre des possibilités significatives
d’optimisation aux établissements : une dotation horaire globalisée pour la
mise en place de groupes à effectifs réduits, la possibilité de « mise en
réseau » des établissements pour assurer certains enseignements de manière
optimale, la mise en place d’un « tronc commun » en première permettant la
constitution de classes réunissant des élèves des différentes séries,
l’organisation de l’enseignement des langues vivantes par groupes de
compétence. La rationalisation de la carte des langues rares et la mise en
place de conventions entre établissements pour la mise en place des
enseignements d’exploration devront être recherchées. L’utilisation de la
dotation globalisée laissée à la disposition de l’établissement doit être la
plus efficace possible dans le cadre du dialogue avec les établissements ». Là
aussi, le ministère invite au calcul. Sachant que le nombre moyen d’heures
constaté pour la seconde est de 41,3 h,  » Pour la classe de seconde, il s’agit
de faire différentes simulations en chiffrant le gain que pourrait dégager une
dotation forfaitaire moyenne de 39h par division, 39,5h, 40h… Pour les classes
de première et de terminale générales, il convient d’évaluer les possibilités
offertes par le « tronc commun ». »

Dans les lycées professionnels, c’est la « rationalisation de la carte des
formations » qui permettra de dégager des moyens.  » Le regroupement des
divisions à effectifs réduits sera recherché ainsi qu’une augmentation de la
taille des divisions. L’objectif est de rationaliser la carte des formations et
de spécialiser les établissements afin d’optimiser la taille des structures ».

Le ministère entend  également revenir sur les décharges horaires des
enseignants, une mesure que Robien avait fait passer et que Darcos avait
annulée. Constatant que le volume des décharges égale 19 827 ETP (équivalent
temps plein = un emploi ) le ministère entend s’en prendre d’abord aux
décharges non statutaires (soutien scolaire, chorale, coordination
disciplinaire, missions académiques, formation tice, utilisation tice).

Cas unique, un enseignement obligatoire est aussi remis en cause : les IDD. Le
ministère demande à constater les différences entre établissements pour
« lisser » là aussi les moyens… Enfin le gouvernement poursuivra sa politique d’
« optimisation du remplacement »    et de réduction du nombre d’emplois
administratifs.

Le fait que ces documents nous sont parvenus par plusieurs voies montre que
leur mise en application suscite déjà de larges remous dans l’encadrement de
l’éducation nationale. On sait que les décisions seront prises le 15 juin. A
cette date les académies  auront une idée précise des postes supprimés. Mais
les organisations professionnelles pourraient dès maintenant demander des
explications au ministère.
Primaire : augmenter la taille des classes

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/1_Augmentationtaillec

lasses.doc
Primaire : Réduire les remplacements

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/2_Reductionbesoinsrem

placement.doc
Primaire : Scolarisation à 2 ans

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/3_Baissescolarisation

enfantsages.doc
Primaire : Rased

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/4_Sedentarisationense

ignants.doc
Secondaire : plus d’élèves par classe au collège

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/6_Augmentationclasses

college.doc
Secondaire : Fermer les petits établissements

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/7_Evolutionreseauetab

s.doc
Secondaire : Supprimer les décharges

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/8_Reductionvolumedech

arges.doc
Secondaire : Optimiser les remplacements

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/9_Optimisationremplt2

nddegre.doc
Secondaire : « Rationaliser » l’offre scolaire

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/10_LEGT_Rationalisati

onoffrescolaire.doc
Secondaire : L.P. : revoir l’offre de formation

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/11_LP_Rationalisation

carteformations.doc
Secondaire : Revoir les IDD
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/12-IDD_Etat des
lieux04-05-2010.doc
Général : emplois administratifs

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/13-renfortefficiencea

dministratifs.doc
L’Express du 28 mai

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/28052010Accueil.aspx

L’Expresso du 17 mai

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/17052010Accueil.aspx

Suppressions de postes : Les syndicats montent en ligne

La publication par le Café pédagogique, lundi 31 mai, des documents
ministériels présentant les pistes qui seront suivies pour supprimer les
emplois dans l’éducation,  suscite une vague de réactions, souvent très vives.

Le climat a changé. Le rapprochement syndical qui était apparu sur la question
des retraites est en train de se consolider dans l’éducation après la
publication des pistes ministérielles pour définir les postes à supprimer. Tous
les syndicats critiquent fortement la méthode et les objectifs gouvernementaux.

Ainsi le Snes évoque le « cynisme » de Luc CHatel et estime qu’il « abat ses
cartes ». « Ce document est la preuve qu’au gouvernement, et en particulier au
ministère de l’Education nationale, il y a bien un discours coté cour et un
discours coté jardin », déclare le Snes. « S’agissant du second degré, alors que
le président de la république affirmait il y a peu encore que la réforme du
lycée ne supprimerait aucun emploi, son ministre écrit aujourd’hui noir sur
blanc que « La réforme du lycée général et technologique offre des possibilités
significatives d’optimisation aux établissements » notamment par le biais de la
dotation globalisée, de la mise en place du tronc commun en première, des
conventions entre établissements pour les enseignements d’exploration ».

Le « cynisme » se retrouve dans le communiqué du Sgen Cfdt. « Par ces propositions
empreintes d’un cynisme certain, le ministre veille à remplir les conditions de
l’échec des réformes  en cours. C’est l’aveu même que la politique de
restrictions budgétaires conduit au renoncement et à l’abandon de toute
ambition pour l’École », écrit le Sgen. « L’Éducation n’est pas une priorité pour
ce gouvernement et  l’avenir des jeunes ne semble pas le préoccuper. Comment
lutter notamment contre l’absentéisme scolaire, le décrochage scolaire, les
difficultés de lecture si on démunit le système éducatif de ces personnels
spécialisés (CPE, enseignants spécialisés, COP, psychologues scolaires) et que
parallèlement on continue à alourdir les effectifs des classes ? »

Le Se-Unsa dénonce « le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ».
« La recherche d’économies budgétaires broie désormais toute ambition éducative
pour notre pays », écrit le Se Unsa.  » Alors que la crise imposerait un
investissement éducatif hors du commun, c’est exactement le choix inverse qui
est fait ».
Les documents ministériels

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/CommentLChatelvareduirep

ostes.aspx
Communiqué

http://www.se-unsa.org/spip.php?page=article-presse&id_article=2125

Communiqué

http://www.snes.edu/Suppressions-d-emplois-Luc-Chatel.html

Inspecteurs et chefs d’établissement FSU réagissent aux documents ministériels
« Les inspecteurs et les personnels de direction ne seront pas les fossoyeurs de
l’Éducation nationale » proclament le Snpi, syndicat d’inspecteurs, et le
Snupden, organisation des personnels de direction. « Le ministère attend de la
part des personnels d’encadrement la plus grande « loyauté » (synonyme ici
d’allégeance). Il est nécessaire que chaque inspecteur, chaque personnel de
direction, refuse les mensonges et les manipulations ainsi que le soutien à une
politique de démantèlement de la Fonction publique aux conséquences
désastreuses pour l’ensemble de la population. » Le fossé entre cadres et
ministre se creuse-t-il ?
Communiqué

http://syndicat.snpi-fsu.org/index.php?option=com_content&task=view&id=264&Item

id=47

Les parents protestent
« L’Education nationale va encore devoir payer un lourd tribut au dogme du non
remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite imposé par Nicolas
Sarkozy », estime la Fcpe.  « L’heure est au raclage de fonds de tiroirs et au
grignotage !… La règle idéologique des suppressions de postes va notamment
obliger le ministre de l’Education nationale à avouer ce que son prédécesseur
n’avait jamais reconnu : les suppressions de postes ne peuvent se faire sans
dégradation notable des conditions d’accueil des élèves ».

La Peep, seconde association de parents, cherche une position médiane mais
critique les suppressions de postes.  » S’il est évidemment compréhensible que
le ministère réfléchisse au fonctionnement rationnel de notre système éducatif
car c’est bien son rôle, il ne faut pas que la logique purement mathématique
prévale », note la Peep. Critiques aussi sont les lycéens de la SGL.  » en
indiquant comme levier l’augmentation du nombre d »élèves par classe, le
ministère veut conduire ouvertement à une surcharge de ces dernières, qui
aboutira logiquement à la fin d’une éducation personnalisée pendant les cours
par les professeurs, se trouvant en situation d’un trop plein d’élèves à
suivre. Ainsi, les cours s’assimileront plus à un « gavage  intellectuel »
stérile (du fait du trop grand nombre d’élèves) qu’à des moments de
transmissions de savoirs et d’épanouissement personnel, c’est un véritable
retour en arrière ! »
Communiqué Peep

http://www.peep.asso.fr/art-5132-communique-du-1er-juin-2010.html

Communiqué Fcpe

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2367.php

Suppressions de postes : La réponse du ministère

Le Café a interrogé lundi 31 mai Philippe Gustin, directeur de cabinet de Luc
Chatel qui évoque « une nouvelle gouvernance ». Philippe Gustin conteste certains
chiffres  de suppressions de postes annoncés, car « la prévision des départs en
retraite est complexe et il n’y a pas encore de données officielles à ce
sujet ».

Il demande qu’on se mette dans la position d’un responsable « qui ne peut faire
augmenter indéfiniment la dette publique » et considère que la France ne peut
échapper à la rigueur budgétaire. « Dans ce cadre », poursuit P. Gustin, « le
ministère entend gérer le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux de la
manière la plus intelligente possible, et aussi la plus équitable, selon les
recommandations de la Cour des comptes et de l’Institut Montaigne sur la
gestion de l’école ». Il a donc été décidé de faire un état des leviers
possibles et de demander aux responsables académiques, qui connaissent bien
leur terrain, de formuler les réponses. P. Gustin évoque « un nouveau mode de
gouvernance, responsabilisant les acteurs dans les académies ».

Luc Chatel relativise les suppressions de postes
Dans une brochure électronique, le ministre revient sur ses projets de
suppressions de postes et promet qu’ils seront faits « avec discernement ». « Le
ministère de l’Education nationale doit aussi contribuer à l’effort collectif
de maîtrise des dépenses publiques et à l’application de la règle de non
remplacement d’un départ en retraite sur deux », affirme Luc CHatel dans un
numéro de Clés Actu. « Pour autant, il ne s’agit pas de faire des suppressions
de postes sans discernement, mais de parvenir à la plus grande efficacité des
moyens du système éducatif, en prenant en compte la spécificité de chaque
territoire ».

Le ministre promet qu’il n’augmentera pas la taille de toutes les classes mais
fera « ajuster la taille de celles qui sont nettement en dessous d’un nombre
raisonnable d’élèves ».    Quat aux rased il s’agit « d’adapter le dispositifs aux
besoins des élèves ». Pour lui il s’agit d’une « nouvelle méthode de gestion qui
part de la réalité du terrain, qui garantit une meilleure répartition des
moyens, dans l’intérêt premier des élèves ».
Clés Actu

http://kiosque.porte-parole.gouv.fr/archives/001/001_197.pdf

Pour C. Thélot les suppressions de postes sont une occasion de redistribuer les
moyens
Pour C Thélot,    les documents officiels sur les suppressions de postes relèvent
de la bonne gestion. « Chacun peut voir le contenu de ce power point puisqu’il
est désormais public. Et chacun peut constater qu’il y a très loin de son
contenu à la généralité, la violence et l’indignation des réactions. Très
normalement, il décrit le processus de décision (calendrier, organisation,
modalités de discussion avec le ministère) et c’est dans les « leviers
académiques identifiés » qu’on trouve ce sur quoi prennent appui les réactions
indignées ».

Pour lui, « il ne s’agit donc nullement, comme on feint de le croire,
d’envisager une augmentation générale de la taille des classes. Mais de voir
(il s’agit bien de « leviers » possibles sur lesquels l’attention du recteur
est attirée) s’il n’y a pas des options, dans nos lycées par exemple, où il y a
très peu d’élèves et qui pourraient être regroupées… » Par suite C THélot
réfléchit à ce qui pourrait etre fait. « Notre lycée, qui est bon, quoi qu’on
dise, est coûteux, et sans doute trop, tandis que notre collège, qui a du mal à
réussir, n’est sans doute pas assez doté. Le regroupement des options devrait
s’accompagner d’un certain développement des moyens dévolus au collège. De
même, nos résultats en matière d’acquisition des fondamentaux diminue. Face à
cela ne faut-il pas envisager la poursuite d’une certaine réduction du
préélémentaire très précoce (à 2 ans) et en même temps favoriser un certain
renforcement de l’élémentaire (notamment du CP, ou de la charnière CP-Grande
section), tout spécialement dans les classes où les enfants ont du mal à
maîtriser ces fondamentaux ? En somme, l’idée serait qu’en même temps qu’on
pèse sur la dépense publique (ce qui reste indispensable) on la réoriente un
peu pour en accroître l’efficacité ».
Le blog de C Thélot

http://blog.educpros.fr/cthelot/2010/06/02/power-point/

Editorial : De la réduction de la taille des classes, notamment en Education
Prioritaire…

« Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus
récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas
d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne
s’avèrent plus toujours performantes ». C’est ce qu’ose écrire le ministère pour
justifier l’élévation prévue des effectifs pour récupérer des postes.

Rappelons ici quelques chiffres simples, publiés par le ministère lui-même dans
un dossier de sa propre direction de l’évaluation et de la prospective (n°173,
mars 2006) :
-    un élève par classe en moins, c’est statistiquement 0,7 point gagné en
mathématiques au CE2 pour les élèves socialement défavorisés
-    si les classes de ZEP avaient en moyenne 5 élèves de moins qu’en école
ordinaire, pour un nombre d’enseignants inchangé, on réduirait de moitié les
écarts de résultats entre ZEP et non-ZEP.
-    La réduction des effectifs semble avoir un impact deux fois plus fort
lorsqu’elle est faite en primaire, lieu d’acquisition des savoirs fondamentaux,
mais aussi lieu où se fabrique l’essentiel des écarts scolaires, visibles en
début de 6e avec 15% d’élèves en difficulté d’acquisition scolaire.
-    Ces résultats sont cohérents avec « la recherche internationale la plus
récente », lorsqu’elle est fondée sur des expériences contrôlées, ce qui est «
extrêmement rare » du fait du faible nombre de pays disposant de données
statistiques fiables.

Les auteurs écrivent aussi que « nos résultats indiquent que la relative
modestie des politiques de ciblage des moyens en faveur des écoles et collèges
défavorisés actuellement en vigueur en France peut difficilement se justifier
par l’idée selon laquelle de telles politiques ne marchent pas ». Au contraire,
ils prouvent qu’il pourrait en être autrement « pour peu qu’on assume une
véritable politique de ciblage des moyens en faveur des ZEP.

Alors que la DGESCO présente le 8 juin les résultats de son étude sur les
Réseaux Ambition Réussite (RAR), il n’est actuellement pourtant pas certain que
cette piste de « relance » de l’Education Prioritaire soit totalement à l’ordre
du jour…

Marcel Brun

La politique de réduction de moyens décrite par le ministère aux recteurs

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/CommentLChatelvareduirep

ostes.aspx
L’étude de Piketty et Valdeniaire sur le site du MEN

http://www.education.gouv.fr/cid3865/l-impact-de-la-taille-des-classes-sur-la-r

eussite-scolaire-dans-les-ecoles-colleges-et-lycees-francais.html
et sur le site de l’ENS au cas où le ministère perdrait le lien…

http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/PikettyValdenaire2006.pdf

Les documents ministériels

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/CommentLChatelvareduirep

ostes.aspx

Quelles politiques budgétaires ailleurs…

Si la crise économique a fait de l’éducation nationale une cible prioritaire
des économies budgétaires en France, ailleurs la crise joue dans une logique
inverse. Elle fait de l’Ecole une priorité du redémarrage.

13 milliards pour l’Ecole
« Nous devons poser maintenant, en période de crise, les jalons d’une croissance
nouvelle, de la prospérité future et de l’équité entre les générations. Des
coupes budgétaires dans le domaine éducatif coûteraient plus cher qu’elles ne
rapporteraient. » Après le Québec qui annonçait le 1er juin « moins d’élèves par
classe » (maximum 20), c’est l’Allemagne qui s’engage dans un nouvel effort pour
l’Ecole.

La ministre de l’éducation fédérale a annoncé le 10 juin une augmentation du
budget de l’éducation de 13 milliards d’euros, le gouvernement fédéral en
prenant 5 à sa charge. L’éducation et la recherche devraient peser 10% du PIB
en 2015. Une partie de cette somme permettra de scolariser les enfants
l’après-midi, à l’inverse de ce qui est expérimenté en France. L’Allemagne
lance également une journée d’action en faveur de l’accompagnement éducatif.
Près de 200 projets étaient montrés dans le pays le 9 juin.

Québec : « Enfin on écoute les enseignants ! »
Moins d’élèves par classe c’est possible… au Québec ! Soulagement au Québec où
un accord vient d’être signé avec les deux principaux syndicats enseignants le
Fse-Csq et l’Apeq. Aux termes de ce contrat, l’intégration des élèves
handicapés sera accompagnée de mesures d’allègement du nombre d’élèves. Mais la
grande nouvelle c’est la réduction du nombre d’élèves dans les classes. Au
primaire, en zone défavorisée, il n’y aura jamais plus de 20 écoliers par
classe dès la rentrée.    Plus de 3 000 postes d’enseignants seront créés.
Article Cyber presse

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201005/30/01-4285182-e

nfin-la-detresse-des-enseignants-a-ete-entendue.php
Infos ambassade Allemagne

http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/cidal/fr/__pr/actualites/nq/2010__06/2010_

_06__10__Bildung__pm.html

Retraite : Le projet gouvernemental frappe les fonctionnaires

Le gouvernement a fait connaître le 16 juin 2010 ses décisions concernant la
réforme des retraites. Le dispositif n’est pas sans conséquences pour les
enseignants.

On peut retenir de la réforme 5 points principaux :
- l’âge légal de départ en retraite sera relevé à 62 ans en 2018 en
l’augmentant chaque année de 4 mois à partir de la région 1951. L’âge
d’annulation de la décote est lui aussi relevé de deux ans. Pour les
fonctionnaires, l’âge légal est relevé à 62 ans pour ceux qui partent à 60 ans.
Pour ceux qui partent à 55 ans, comme les instituteurs, l’âge est relevé à 57
ans.
- la durée de cotisation passe à 41 ans et 1 trimestre pour les générations
1953 et 1954; jusqu’à 41,5 ans en 2020.
- Le dispositif de départ anticipé pour les parents de 3 enfants ayant 15 ans
de service sera fermé à compter de 2012 sauf pour ceux qui ont déjà 3 enfants
jusqu’en 2012.
- le taux de cotisation des fonctionnaires sera relevé de 7,85 à 10,55 en 10
ans.
Il est créé un prélèvement de 1% sur les plus riches (dernière tranche de
l’impôt sur le revenu).
Communiqué

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-gouvernement-presente-ses-quatorze-e

ngagements-pour-mener-a-bien-la-reforme-des-retr
Synthèse

http://www.retraites2010.fr/sites/default/files/16-juin-2010_SyntheseReformeDes

Retraites.pdf

Unanimité syndicale contre le projet de réforme des retraites

Les syndicats sont unanimes à manifester leur opposition au projet de réforme
des retraites. Tous dénoncent des efforts à sens unique.

« Avec le décalage de deux ans à un rythme rapide de l’ensemble des bornes d’âge
(âge d’ouverture des droits et à partir de 2016 âge de départ sans décote),
tous les salariés vont devoir travailler plus longtemps pour des retraites plus
basses », estime la FSU. « Les fonctionnaires vont en outre avec l’alignement du
taux de cotisation voir leurs salaires nets baisser de façon sensible, de
l’ordre d’un jour de salaire par mois à terme ». « L’effort demandé aux hauts
revenus et aux entreprises ne couvrira au mieux que 10% des besoins de
financement, bien moins que ce qui est exigé des fonctionnaires », estime le
Snes. Même si devant les mobilisations le gouvernement ne remet pas en cause
dans ses actuelles propositions la règle des six derniers mois, les
fonctionnaires, outre les mesures d’âge communes à tous les salariés, vont se
voir imposer des régressions qui correspondent à terme à 5 milliards d’euros
alors que les prélèvements sur le capital et les hauts revenus se monteraient à
seulement 4,6 milliards. Pour l’UNSA, les mesures du projet de réforme « ne sont
ni justes ni équitables, bien au contraire ». Et le syndicat appelle à
manifester jeudi 24.

François Chérèque, pour la Cfdt, est tout aussi critique.  » C’est une réforme
injuste et à court terme, quasiment une provocation », annonce-t-il dans Le
Figaro. « 85 % de l’effort est supporté par les seuls salariés via le passage à
62 ans et le relèvement des taux de cotisations des fonctionnaires…  » Pour
ceux-ci : « Une augmentation de 0.27 % par an sur 10 ans, c’est quand même
raide. C’est une sorte de double peine en matière de pouvoir d’achat pour les
fonctionnaires. Non seulement leurs salaires n’augmentent plus mais on va leur
prélever des cotisations supplémentaires qui vont peser sur leur pouvoir
d’achat. Relever de 1 % seulement la tranche supérieure d’imposition sur le
revenu, les bras m’en tombent. Je m’attendais à un peu plus de sérieux du
gouvernement sur cette question mais le choix a été fait de ne pas toucher aux
hauts revenus. 1 %, c’est ridicule et les gens vont s’en rendre compte ».
Communiqué

http://www.snes.edu/Un-projet-brutal-et-injuste.html

Chéreque

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/06/16/04016-20100616ARTFIG00496-francoi

s-chereque-cette-reforme-est-une-provocation.php

Luc Chatel installe le comité sur le temps scolaire

« Afin de réconcilier le temps des familles, celui de l’école et celui de la
société « , Luc Chatel a installé le 7 juin le Comité de pilotage de la
Conférence nationale sur les rythmes scolaires, en souhaitant qu’il puisse
« permettre aux élèves d’aller le plus loin possible » et limiter les phénomènes
de violence scolaire.

« La fonction première du comité est de consulter », affirme la rue de Grenelle.
« Il a pour mission d’écouter tous ceux qui sont touchés par la vie de l’Ecole :
les organisations syndicales, les fédérations de parents d’élèves, les
organisations de lycéens, les représentants du monde associatif, du monde
économique et social mais aussi tous ceux dont l’activité est concernée par les
rythmes scolaires sans se limiter dans ses auditions, tant en nombre qu’en
fréquence ». Luc CHatel annonce des débats dans chaque académie, une synthèse mi
janvier 2011 et un rapport an mai 2011.

Selon le ministre, la diversité des origines des membres du comité de pilotage,
présenté à la presse à l’occasion de l’installation de la conférence nationale
sur les rythmes scolaires, reflète la diversité des aspects à prendre en compte
dans une réflexion concernant au premier chef  l’enfant et le système éducatif.

Le comité est présidé par Christian Forestier, administrateur général du CNAM,
et Odile Quintin, ancienne directrice générale de l’éducation à la commission
européenne. Ils sont entourés de 16 membres, où les spécialistes (Eric
Debarbieux, sociologue, Bernard Hugonnier, OCDE, Jean-Marc Roirant, ligue de
l’enseignement, François Testu, JPA, Yves Touitou) sont noyés au milieu des
politiques ou des représentants économiques.

D’ores et déjà la composition du comité est critiquée. La Peep déplore
l’absence des parents. « Un Comité de pilotage sans représentants de parents
d’élèves est une décision lourde de sens », estime l’association. Le Se-Unsa met
en garde contre les dérives possibles. « En ce jour de lancement des travaux,
alors qu’au ministère on  parle de « chance historique » », le SE-UNSA « tient à
prévenir que toute instrumentalisation de ce sujet de société à des fins
d’économies budgétaires sonnerait le glas d’une évolution pourtant
indispensable ».

Entre éthique professionnelle et exploitation. C’est que l’idée de créer des
emplois en allongeant la durée de l’année scolaire pourrait se faire jour.
C’était une des pistes envisagées par la RGPP. Or le sujet du temps scolaire
est suffisamment chaud. En proposant de revoir le rythme des vacances d’hiver
(« Pourquoi, par exemple ne pas revenir, après une discussion avec les acteurs
économiques à calendrier en deux zones qui permettrait un deuxième trimestre
équilibré ? Le calendrier de tous les élèves doit-il rester tributaire
d’intérêts économiques liés aux seuls 9 % des familles qui partent en vacances
d’hiver ? ») , le Snuipp tente de désamorcer la bombe que constituerait toute
remise en question des congés d’été. Entre le souci éthique de faire mieux
travailler les élèves et le sentiment d’aggravation des conditions de travail
que ressentent les enseignants, le chemin que devra parcourir le comité sera
très étroit. Le Se-unsa a raison de parler de « débat de fond dans un climat de
défiance ».
Lisez le reportage du Café

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/080610_Installationdelac

onferencenationalesurlesrythmesscolaires.aspx
Le dossier de presse ministériel

http://www.education.gouv.fr/cid51955/conference-nationale-sur-les-rythmes-scol

aires.-installation-du-comite-de-pilotage.html
Communiqué

http://www.se-unsa.org/spip.php?article2289

Communiqué

http://www.peep.asso.fr/art-5132-communique-du-7-juin-2010.html

Comment rétablir la semaine de 9 demi journées ?

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/03/310310rythmes.aspx

Communiqué

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7184

Les syndicats dénoncent « l’effet de manches »
Syndicats et parents réagissent à l’expérimentation d’un nouveau temps
scolaires dans 100 établissements.

« Chaque semaine apporte son lot d’annonces : violence à l’école, rythmes
scolaires », relève le Sgen Cfdt. « Ce choix de politique d’annonces éloignées
des enjeux véritables, illustre la situation d’un gouvernement rendu
progressivement impuissant sur le plan de la politique éducative par ses choix
budgétaires. Impuissant et incohérent puisque les annonces sur le sport à
l’école, si elles doivent dépasser le stade de l’annonce, ce qui est tout de
même le sens d’une expérimentation, auront un coût non négligeable. Sur quel
budget ? »

Pour le Se-Unsa ,  » l’organisation préconisée (sur le modèle du lycée de Meaux,
inspiré du modèle allemand, déjà daté et largement remis en cause outre-Rhin)
ne répond pas à la question des rythmes scolaires. En quoi une journée aussi
chargée en heures de cours que la journée actuelle, sans pause méridienne, à
laquelle on ajoute deux heures d’activités sportives représente-t-elle un
progrès en termes de rythmes ? … Quant à présenter le sport comme le remède à
la violence scolaire et à l’absentéisme, cela traduit une approche pour le
moins simpliste de ces phénomènes complexes ».

La FCPE ironise : « La FCPE proposerait bien au ministre d’envisager la mise en
place d’une semaine de 4 jours et demi dans une centaine de circonscriptions
dès septembre 2010″.
Sur lexpérimentation CHatel

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/26052010Accueil.aspx

Communiqué Se Unsa

http://www.se-unsa.org/spip.php?article2126

Communiqué Fcpe

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2366.php

Luc Chatel expérimente l’école du matin dans 100 établissements

Alors que plusieurs rapports, et d’abord celui de l’Académie de médecine,
dénoncent l’organisation du temps scolaire en France, Luc CHatel a annoncé ce
matin un développement du sport en collège et lycée allant jusqu’à
l’expérimentation, dans 100 établissements, du sport chaque après-midi.

Une attention pour le sport scolaire. « Réjouissons-nous : le sport scolaire se
porte bien » a lancé le ministre mardi 26 mai dans les locaux de la Maison du
sport. « Notre sport scolaire est vivace » a déclaré le ministre mais  » nous
pouvons encore faire mieux ». Il s’est fixé comme objectif de doubler en trois
ans le nombre de collégiens affiliés à une association sportive. Pour cela, Luc
CHatel a annoncé  » l’inscription du projet de l’association sportive au sein du
projet de l’établissement », une réforme qui ne devrait pas être trop difficile…
et l’organisation de rencontres sportives et  » l’organisation, en fin d’année,
d’une fête de l’association sportive rassemblant tous les acteurs et
partenaires ». Deux décisions sont plus marquantes :  » dans chaque association
de l’UNSS sera créée une double vice-présidence, l’une occupée par un parent
d’élève, l’autre par un représentant des élèves » et une mention dans le livret
de compétences :  » je propose qu’une appréciation de vie scolaire soit intégrée
au livret de compétences de l’élève, qui prouvera son implication dans la vie
de l’établissement et sera la reconnaissance de l’investissement,
particulièrement honorable, de l’élève dans son association sportive ». D’autres
mesures ont été évoquées : l’augmentation de la proportion de filles par
l’introduction de sports nouveaux, le renforcement de l’accessibilité.

L’expérimentation du temps à l’allemande. Mais le ministre a donné au sport
d’autres objectifs. « Le sport, c’est aussi un approfondissement moral,
l’exercice de la volonté. C’est l’occasion de savoir ce que peuvent valoir
d’efforts, de sueur, la conquête de quelques mètres de terrain ou le gain de
quelques dixièmes de seconde…. Le sport, et d’abord le sport scolaire, c’est
encore l’occasion d’adapter son esprit à un autre cadre, s’adapter aux règles
ainsi qu’au jeu de l’adversaire ».  Pour toutes ces raisons, il a décidé de
multiplier l’emploi du temps expérimenté à Meaux.  » L’expérience qui a été mise
en place au lycée Jean Vilar de Meaux n’existe en effet que depuis 3 mois, et
elle porte déjà ses fruits : les enseignants ont constaté des progrès dans les
résultats scolaires du deuxième trimestre… Nous devons nous appuyer sur ce qui
a montré son efficacité. Aussi, je souhaite que l’on étende  cette solution
innovante. Dès la rentrée 2010, nous allons lancer le même type
d’expérimentation dans une centaine d’établissements : une nouvelle
organisation du temps scolaire fondée sur un nouvel équilibre, cours le matin,
sports et culture l’après-midi. « . Cette expérience sera démultipliée dans 100
établissements volontaires où les cours auront lieu le matin et « le sport »
l’après-midi. Cela concernera au moins un collège et un lycée par académie dès
la rentrée 2010. On remarquera que le ministre ne parle pas d’EPS mais de
« sport ».
Le discours ministériel

http://www.education.gouv.fr/cid51779/premiere-journee-des-rencontres-sport-sco

laire-allocution-luc-chatel.html

Analyse : Expérimenter un nouveau temps scolaire ou une rupture avec l’EPS ?

Quel objectif poursuit réellement Luc Chatel dans ce discours où la légèreté
des arguments répond à la modestie des décisions ? L’apologie du sport peut
elle servir l’enterrement de l’EPS ? Un aménagement du temps est-il possible ?

L’expérimentation de Luc Chatel a-t-elle un avenir ? Derrière la vitrine
sympathique de petits jeunes qui gambadent au lieu de rester enfermés
l’après-midi, il est impossible de ne pas voir les points faibles du discours
ministériel.  L’expérimentation porte sur 100 établissements, un chiffre à
mettre en rapport avec les 11 400 établissements secondaires français, dans
lesquels « 2 ou 3 classes » seront concernées. Etendre cette expérience
supposerait un financement important de la part des collectivités locales. En
effet les infrastructures sportives sont insuffisantes pour accueillir ces
flots d’élèves aussi longtemps. On voit mal les communes, souvent déjà en
difficultés, porter ce poids supplémentaire.

Mais c’est surtout la légèreté argumentative qui retient l’attention. Luc
Chatel ne s’est pas contenté de vanter le sport comme école de l’effort, de la
volonté, de la conquête et de la règle. Il a carrément présenté le
développement du sport comme une réponse à la violence scolaire et à
l’absentéisme, des affirmations qui reposent sur une conception un peu
simpliste de ces phénomènes. Il évoque l’expérience de Meaux en précisant  »
n’existe en effet que depuis 3 mois, et elle porte déjà ses fruits  » ce qui
évidemment laisse songeur.

Le repoussoir allemand. Sur France Info, le ministre explique que « dans les
pays où les pratiques sportives ont été expérimentées l’après-midi, des
réusltats ont été obtenus ».  Il serait plus vrai de dire que ceux qui l’ont
expérimenté… l’ont abandonné. . C’est que laisser libres les enfants
l’après-midi creuse les inégalités sociales. Certains enfants passent
l’après-midi dans des associations culturelles ou sportives tandis que d’autres
trainent dans la rue. Ainsi les mauvais résultats en terme de niveau scolaire
et d’inégalité sociale ont amené les länder à changer le rythme scolaire. Déjà
39% des écoles publiques font classe toute la journée Et l’Allemagne va
continuer à injecter de l’argent dans l’Ecole pour aligner toutes es écoles. Ce
n’est pas précisément ce que compte faire Luc Chatel…

Faut-il repousser tout aménagement du temps scolaire ? Des établissements ont
réfléchi à aligner l’emploi du temps sur les recommandations des
chronobiologistes. C’est notamment le cas au collège Clisthène de Bordeaux où
des activités interdisciplinaires et des ateliers occupent l’après-midi. Mais
ils font partie de la vie de la classe et sont encadrés par les enseignants.
C’est la condition du succès de cette formule.

Du sport ou de l’EPS ? Finalement la principale victime de cette
expérimentation semble être l’EPS.  L’expression elle même n’est plus dans le
discours officiel. Multiplier les heures de sport ce sera forcément sortir
l’eps des disciplines ordinaires pour en faire quelque chose de particulier et
faire entrer des non enseignants dans l’encadrement des élèves. C’est un
changement de statut de cette discipline qui pourrait découler du projet.
Une journée de classe en Allemagne

http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/cidal/fr/__PR/actualites/nq/2009__07/2009_

_07__08__systeme__educatif__pm.html
La réforme allemande

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/07/09072009Accueil.aspx

L’emploi du temps du collège Clisthène

http://clg.clisthene.bordeaux.ac-bordeaux.fr/modules/resources/download/0339999

x/le_projet/le_rapport_d_etape_2005/rapport_clisthene_2004-2005_enseigner.pdf

Analyse : Rien ne se fera sans les collectivités locales

Peut-on réformer les rythmes scolaires sans intégrer les attentes des communes
? Oui semble penser le Comité de pilotage qui ne comprend aucun représentant
des communes, alors que l’industrie touristique, par exemple, y est
représentée. Mais, exclues du comité de pilotage de la conférence nationale des
rythmes scoalires, les représentants des grandes villes rappellent qu’ils sont
incontournables.

Ainsi l’AMGVF (association des maires des grands villes) rappelle que »toute
modification du temps scolaire impacte les dispositifs d’accueil mis en place
par les communes ». L’Andev, qui représente les directeurs de l’éducation des
villes, pose la question du temps scolaire. « Ne faut-il pas « penser global », et
s’interroger également sur les fortes disparités en Europe du temps de classe ?
En France, 36 semaines de 4 jours de 6 heures, donc 864 h. Selon mes
informations, les « enfants de France » ont l’année scolaire la plus intense ».

Deux exemples, parvenus au Café pédagogique, illustrent l’importance des
municipalités. A Strasbourg, 3 écoles primaires ZEP fonctionnent en ARS depuis
plus de 15 ans avec le rythme suivant :  5 matinées de classe de 4h (dont le
mercredi) et 2 après-midi de 2h soit 24h hebdomadaires;  2 après-midi de 2h
consacrés à des activités sportives, culturelles et artistiques en groupes
restreints (12 à 15 enfants) et complémentaires des enseignements. Dans l’une
de ces écoles, l’horaire de l’après-midi est atypique puisque les enfants
reprennent à 15h jusque 17h ce qui permet aux enfants d’avoir un long temps de
détente avant de reprendre l’après-midi. Cet horaire permet aussi d’organiser
l’aide personnalisée de 14h à 15h, stigmatisant moins les élèves concernés.
Cette organisation,, qui va dans le sens souhaité par les chronobiologistes,
est remise en question par la ville de Strasbourg. Pour des raisons
budgétaires, elle souhaite supprimer une après-midi d’activités ce qui va
entraîner une révision des horaires et un alignement vers la semaine de 4
jours.    « Les enseignants qui ont vécu l’arrivée de ce nouveau rythme ne l’ont
pas accueilli avec enthousiasme car il signifiait travailler le mercredi matin
et raccourcir les vacances scolaires », nous précise une mère d’élève. « Mais
aujourd’hui, aucun de ces enseignants ne veut faire machine arrière et tous
reconnaissent les bienfaits du système ».

A Angers, si la municipalité a réussi à faire revenir une partie des écoles à
la semaine de 5 jours, c’est en investissant dans le périscolaire. Comme lé
précise Luc Belot, adjoint à l’éducation, « la Ville a joué son rôle en lançant,
dès novembre 2008, lors de la Conférence des parents organisée à Angers, une
concertation qui a été élargie au 1er semestre 2009 à l’ensemble de la
communauté éducative ». Après concertation avec les parents de janvier à mars
2009, grâce à de spetits déjeuners et des tables rondes avec les différents
acteurs de l’école, d’avril à juin ont eu lieu des réunions avec les
enseignants. Au bout de cette phase, 53% des écoles ont manifesté le regret de
la suppression du samedi matin, 57% jugent la journée de 6h trop longue, mais
seulement 37% demandent la semaine de 9 demi-journées incluant le mercredi
matin.

Au final un groupe scolaire, celui de l’Isoret, expérimentera à partir de la
rentrée 2010, la semaine de 9 demi-journées. « Par rapport à l’Isoret, les
parents et enseignants ont souhaité dès le départ tester ce nouveau rythme. Le
conseil municipal a donné en mars un avis favorable à l’expérimentation et la
Ville prépare aujourd’hui avec les acteurs impliqués – services municipaux,
écoles, partenaires du quartier – les meilleures conditions d’une rentrée sur 4
jours et demi », souligne M Belot. Dominique Bruneau, directeur de l’Isoret,
présente ainsi le nouvel emploi du temps.  » Parce que les enseignants savent
que les temps d’enseignement du matin sont plus favorables aux apprentissages,
il a été choisi de raccourcir le temps de scolarité de l’après-midi et de
mettre une matinée supplémentaire le mercredi matin. Dès lors les matières
fondamentales : maths et français seront placées le matin prioritairement. Il
s’agit aussi sur les temps périscolaires d’amener un plus culturel, éducatif,
sportif aux enfants notamment sur le temps de CEL. À nous de rendre les
activités suffisamment attractives et d’inscrire un maximum d’enfants, ce afin
d’éviter le phénomène des orphelins de 16h. Il a été choisi sur les temps
périscolaires de privilégier les partenaires du quartier pour les associer à
notre projet : clubs sportifs, centre de loisirs, maisons de quartier,
associations locales et oeuvres complémentaires de l’école, conservatoire
régional de musique ».  Pour la ville d’Angers, le nouvel emploi du temps
implique la prise en charge du temps périscolaire de 15h30 à 18h30 4 jours par
semaine, de 11h30 à 12h30 le mercredi.

Ces deux exemples montrent qu’il est possible de faire revenir les écoles au
rythme de 9 demi-journées à condition de poser la question des relations entre
Etat et communes. Il faut que les enseignants soient convaincus que cela
améliorera la situation scolaire des enfants. Or cela passe par un
investissement budgétaire des communes. Elles ont du mal à le faire en cette
période. Une problématique que l’on retrouve dans l’aménagement du temps
scolaire testé dans 100 établissements secondaires à la rentrée. Réaménager le
temps scolaire c’est alourdir les charges des communes. Si l’on se plait à
mettre en avant les résistances des enseignants, on voit qu’il faut aussi poser
cette question : est-ce possible sans un transfert budgétaire de l’Etat vers
les communes ?
Andev

http://www.andev.fr/index.php?id=461

AGMVF

http://www.grandesvilles.org/espace-presse/communiques-presse/rythmes-scolaires

-maires-grandes-villes-pas-invites-comite-pilotage
Maternelle Gutenberg Strasbourg

http://mat.gutenberg.over-blog.com/

Dossier d epresse Angers

http://www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/DP_rythmes_scolaires.pdf

L’enseignement catholique demande plus « de justice et d’équité » et des réformes

« L’optimisation des moyens consacrés à l’éducation ne peut pas être le simple
résultat d’opérations comptables », affirme dans un communiqué Eric de Labarre,
secrétaire général de l’enseignement catholique. « Elle doit être le fruit d’une
vue prospective qui prenne en compte les besoins d’éducation, les contextes
géographiques et culturels ainsi que les modes d’organisation de l’école, en
son sein comme sur son territoire ». Au-delà de la question des postes,
l’enseignement catholique souhaite amener le gouvernement à débattre d’une
véritable réforme de l’enseignement.

Les syndicats de chefs d’établissement et les secrétaires généraux des comités
académiques de l’enseignement catholique estiment que la politique de
suppressions de postes change de nature. « Conduite depuis trois ans, cette
politique qui doit se prolonger jusqu’en 2013, dépasse les économies à réaliser
et concerne désormais  l’organisation même de l’enseignement en France ».

L’Enseignement catholique demande « la justice et l’équité : ne bénéficiant pas
de moyens d’enseignement en dehors des cours donnés aux élèves, il souhaite
connaître avec précision les catégories d’emplois  qui seront touchées dans
l’enseignement public par la suppression des emplois ». Ajoutons que la pyramide
des âges de l’enseignement catholique est nettement plus âgée que celle du
public. Même si les départs en retraite y sont plus tardifs du fait du régime
de retraite, le besoin en emplois y sera proportionnellement  plus important
que dans le public pendant plusieurs années.

Mais pour l’enseignement catholique, le gouvernement, par sa politique
d’économies, est en train de changer l’Ecole et il demande à être associé aux
décisions. « L’enseignement catholique demande le courage d’engager de vraies
réformes structurelles ouvertes à la diversité des situations et des
organisations pour promouvoir l’égalité réelle des chances en faveur de la
jeunesse : organisation des réseaux d’établissements, allégement des programmes
et des horaires pour les élèves, libérant ainsi des besoins en moyens
d’enseignement plutôt que de fermer des structures scolaires, nouvelle gestion
des classes et de leur regroupement possible pour certains enseignements,
nouvelle gestion de la dotation globale horaire par les établissements ».
Sgec

http://www.enseignement-catholique.fr/

Le financement de la Fondation pour l’école  interrogé par une député
socialiste

Peut-on prôner la mise à mal de l’école publique et bénéficier d’une
déclaration d’utilité publique ? C’est la question posée par la député
socialiste Michèle Dalaunay. C’est peut-être l’amorce d’un vrai combat
politique sur l’Ecole.

Plutôt discrète depuis sa constitution en 2008, la Fondation pour l’Ecole a
fait une apparition médiatique éclatante fin mai avec la publication d’un
sondage d’opinion. Interrogés par l’Ifop, 74% des français jugeaient que
« diversifier les types d’école » pouvait être favorable. Une réponse peu
étonnante mais le sondage « oubliait » que les écoles sous contrat et publiques
proposent déjà une offre .très diverse.  En plein débat sur l’autorité, plus de
80% des sondés    étaient favorables au renforcement des pouvoirs du chef
d’établissement. Enfin 71% des sondés se déclaraient favorables à un système
proche du chèque éducation. Appliqué dans certains états américains, il donne
aux familles un libre choix de leur école. Cela se traduit par le creusement
des inégalités et le renforcement des discriminations scolaires. Deux
conséquences perdues de vue par les sondés. Les résultats du sondage peuvent
donner l’impression que les trois quarts des français sont pour le
démantèlement de l’école publique. Or cela ne reflète probablement pas le
sentiment général ainsi que le montrent d’autres sondages,  par exemple les
statistiques européennes de l’étude European Social Reality. Selon elle, 78%
des Français sont satisfaits de leur école locale. C’est beaucoup et surtout
c’est plus que nos voisins européens qui n’apprécient leur école qu’à 71%.

Selon son site, la Fondation pour l’école « cherche à apporter une réponse
pragmatique pour renouveler l’enseignement en France par le développement de
nouvelles écoles entièrement libres et par la promotion de pédagogies
efficaces, afin que chaque enfant puisse accéder à une instruction de qualité ».
Elle aide au financement d’écoles privées hors contrat. Elle a obtenu le 18
mars 2008, jour d’investiture du gouvernement, le bénéfice de la reconnaissance
d’utilité publique qui lui permet de recevoir des fonds défiscalisés pour
promouvoir son action.

Michèle Delaunay interroge le ministre de l’intérieur sur l’opportunité de
cette déclaration d’utilité publique. « Dans une période où les moyens de
l’école publique, républicaine et gratuite sont drastiquement restreints,
réduisant de ce fait sa capacité à assurer à tous, sans distinction d’origines,
un enseignement de qualité selon le principe de l’égalité des chances, il
paraît extrêmement choquant de voir l’Etat financer de facto l’école privée
hors contrat », affirme-t-elle.    Pour elle, la Fondation assure le développement
d’établissements catholiques, même si ses statuts ne le mentionnent pas.  « Ce
financement de facto de l’enseignement privé hors contrat vient en
contradiction de la laïcité, telle que définie par la loi de 1905, qui respecte
tous les cultes mais n’en favorise aucun, et également de la loi Debré du 31
décembre 1959 ayant amené à la définition même de l’enseignement privé hors
contrat ». Enfin elle pose la question du type d’établissements soutenus par la
Fondation. « Alors que, suite à un contrôle pédagogique, le recteur de
l’académie de Bordeaux vient de conclure qu’un des établissements recommandés
par la Fondation pour l’Ecole fournit aux élèves un enseignement ne
satisfaisant pas aux exigences du Code de l’éducation pour ce type
d’établissement du fait d’une « carence d’enseignement des sciences de la vie
et d’un enseignement de l’histoire vu au travers d’un prisme religieux , ne
permettant pas de former l’esprit critique des élèves», il apparaît comme
extrêmement urgent de prendre la mesure du danger – et non de l’intérêt -
public de la Fondation qui le soutient. »

Développer l’esprit critique, c’est pourtant une des missions qu’Anne
Coffinier, présidente de la Fondation, affirme fixer à ses écoles. Interrogée
par le Café, elle ne met pas en avant d’identité religieuse mais présente son
action comme « une participation à l’amélioration du système éducatif français ».
« On promeut l’idée que le pluralisme scolaire et la diversité sont intéressants
car ils permettent de faire davantage réussir les enfants », ajoute-elle. Or
selon elle, « il n’y a pas grand choix entre le privé sous contrat et
l’enseignement public qui sont alignés sur le fond ».  Tous deux sont confondus
dans ses critiques. L’enseignement public serait en train de sombrer. Quant au
privé sous contrat, plus fréquemment objet de ses critiques, elle l’accuse
« d’exclure les élèves en difficulté pour maintenir ses taux de réussite aux
examens ». Interrogée sur l’école bordelaise Saint Projet, qui vient d’être
pratiquement fermée par le recteur de Bordeaux suite à un reportage diffusé par
France 2, Anne Coffinier nous a dit la connaître personnellement. Elle juge que
« ce n’est pas une mauvaise école ». C’est le reportage qui « n’est pas  du
journalisme »… L’établissement fait bien partie des écoles promues sur le site
de la Fondation.  Il est  présenté ainsi :  » un enseignement fondé sur une
méthode d’enseignement classique, dans une ambiance chrétienne, avec de petits
effectifs qui permettent un suivi individualisé des élèves ».

Dans des interviews antérieures, Anne Coffinier a sans doute livré davantage
sur ses intentions.  Ainsi en 2006, sur un site catholique traditionaliste,
elle estime que « puisqu’il n’est pas de solution de l’intérieur (à cause du
gigantisme bureaucratique des structures et du conservatisme aveugle des
syndicats), il faut agir à l’extérieur et à côté du grand corps malade de
l’Education nationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra susciter une
émulation profitable au système éducatif français dans son ensemble ». Pour
elle, « s’il est légitime que l’Etat intervienne financièrement pour permettre
un accès effectif de chacun à l’éducation (par exemple sous forme de chèque
éducation), il est en revanche illégitime que l’Etat s’ingère dans le contenu
de l’enseignement, à partir du moment où ce dernier respecte l’ordre public ».
Dans un autre entretien, elle déclare : « il m’est apparu comme une évidence que
l’Education nationale ne se réformerait jamais d’elle-même. Le caractère
monstrueux de cette réalité m’a prise à la gorge : des millions et des millions
d’élèves vont continuer à être mutilés à vie ».

La question posée par Michèle Delaunay est donc tout à fait pertinente. L’Etat
peut-il accorder la déclaration d’utilité publique à un mouvement qui se fixe
comme objectif la destruction de l’enseignement public et de l’enseignement
privé qui lui est associé ? Au moment où le ministre est accusé par certains de
« détruire l’enseignement public », le soutien financier accordé par le
gouvernement à un mouvement qui poursuit ce but interpelle.
Question posée par M Delaunay

http://mailing.gsan.org/files/ml_GSAN/QE_FONDATIONECOLESPRIVEESHORSCONTRAT.pdf

Question posée par M Delaunay

http://mailing.gsan.org/files/ml_GSAN/QE_FONDATIONECOLESPRIVEESHORSCONTRAT2.pdf

Interview A Coffinier 2006

http://caelumetterra.hautetfort.com/archive/2006/11/07/les-ecoles-independantes

-un-entretien-avec-anne-coffinier.html
Autre interview d’Anne Coffinier 2006

http://www.polemia.com/article.php?id=1342

Décret d’utilité publique

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018385849

Fondation pour l’école

http://www.fondationpourlecole.org/index.php

Formation des enseignants : Plusieurs recours déposés contre l’Etat

Le Sgen Cfdt avait annoncé qu’il déposerait des recours devant le Conseil
d’Etat à propos de la réforme de la formation  des enseignants. Il a été
précédé le 2 juin par les syndicats FSU, la Fcpe, Sud et Sauvons l’université.
Au-delà la réforme suscite des manifestations de scepticisme chez les
formateurs.

Les premiers ont déposé un recours avec suspension contre une circulaire du 1er
avril sur l’accompagnement des stagiaires. D’après l’AFP, le motif serait
l’absence de référence aux IUFM dans ce texte alors que la loi de 2005 leur
impute la formation des enseignants. Sud, la Fcpe et SLU ont déposé des recours
contre plusieurs arrêtés du 5 mai relatifs aux concours en arguant de
l’inégalité introduite sur le territoire et des conditions d’inscription aux
concours.
Dépêche AFP

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/de

peches_de_l_educat/&key=20100602&key2=100602153917.f9ecobyg.xml

Le Snep dénonce l’insuffisance de la formation des professeurs des écoles
On savait la nouvelle formation des professeurs des écoles déficiente sur de
nombreux points. Le Snep –Fsu souligne l’effondrement de leur formation en EPS.

« Nous venons de faire un bilan des horaires EPS dans les masters : la
diminution est presque partout dramatique. Les horaires EPS passent, pour les
étudiants qui ne choisiront pas l’option EPS, de 72h à 14h à la Réunion, de 66h
à 20h à Grenoble, de 84h à 30h à Lyon, par exemple. A Versailles et Besançon,
les étudiants pourront suivre leur master sans avoir bénéficié d’une seule
heure d’EPS ! Ils avaient auparavant 76h à Besançon et 44h à Versailles », écrit
Serge Chabrol, secrétaire général du Snep, à Luc Chatel dans une lettre du 14
juin. « Ces chiffres sont le résultat direct de la suppression de l’obligation
de l’épreuve EPS au CRPE ».

Le Snep rappelle qu’un « professeur des écoles aura pourtant à enseigner 3h par
semaine un programme prenant appui sur diverses activités physiques et
sportives adaptées à l’âge des enfants (natation, gymnastique, course
d’endurance…) ». C’est l’éducation à la santé et même la sécurité des enfants
qui sont atteintes.
La lettre

http://www.snepfsu.net/actualite/lettre/15juin10.php

L’inquiétude monte chez les maîtres formateurs
Alors que se met en place la réforme de la formation des enseignants, les
maîtres formateurs s’interrogent sur leur avenir comme le montre une démarche
des maîtres formateurs du Haut Rhin.

Dans une lettre datée du 9 juin, adressée à l’inspectrice d’académie du Haut
Rhin, l’association des enseignants formateurs du Haut Rhin annonce que ses
membres vont suspendre leurs fonctions s’ils n’obtiennent pas des garanties.

« Nous sommes les spectateurs, pour ne pas dire les victimes, d’un déplacement
de notre centre de gravité qui heurte la conception que nous nous faisions de
notre engagement au service de la formation des maîtres, contrarie les
motivations qui nous ont poussés à exercer nos fonctions et ne sera pas sans
incidence, nous le craignons, sur le caractère et la nature de nos
interventions », affirme l’association. « Nous considérons, en effet, que cette
décision est propre à générer un repli sur soi, une « insularisation » de notre
catégorie professionnelle au sein de la sphère strictement institutionnelle,
dans le vase clos des formateurs dits « de terrain », nous privant ainsi de ce
contact privilégié et à bien des égards stimulant avec d’autres catégories de
formateurs ». Les maîtres demandent l’organisation d’un corps départemental des
maîtres formateurs, un cadre statutaire d’intervention, la révision du
calendrier de formation des S1. Contactée par le Café, l’inspection académique,
qui n’a pas donné suite au courrier du 9 juin, n’a pas souhaité s’exprimer.

21 euros la semaine…
Selon André Ouzoulias, l’administration de l’éducation nationale du Val d’Oise
a décidé de fixer le montant de l’indemnité des maîtres qui accompagneront les
nouveaux enseignants stagiaires à 21,94 euros par stagiaire et par semaine.
Pour un tutorat de 8 semaines, la rémunération serait de 175,52 euros.    « La
très grande considération que représente cette aumône, poursuit A Ouzoulias,
encouragera certainement un grand nombre de professeurs des écoles à se porter
candidats…

Concours 2010

Attention le calendrier est bouleversé : vous avez jusqu’au 13 juillet pour
vous inscrire aux concours dont les épreuves auront lieu  à l’automne.

Ouverture de l’inscription aux concours
La première session de concours, organisée selon les nouvelles modalités suite
à la mise en place de la réforme du recrutement et de la formation des
enseignants et des personnels d’éducation, est ouverte aujourd’hui. Les
étudiants qui souhaitent devenir enseignants devront s’inscrire aux concours
entre le 1er juin et le 13 juillet 2010. Sont concernés les étudiants
titulaires d’un master ou inscrits dans un cursus universitaire permettant de
l’obtenir au plus tard au terme de l’année universitaire 2010-2011.

« Cette nouvelle organisation », note le ministère,  « a pour effet une
modification des dates d’épreuves d’admissibilité qui ont été avancées par
rapport aux années antérieures. Les écrits du  concours de recrutement des
professeurs des écoles (CRPE) auront lieu les 28 et 29 septembre 2010 et les
écrits des concours du second degré auront lieu du 2 au 30 novembre 2010. Les
dates des épreuves écrites de l’agrégation n’ont pas été modifiées. Les
lauréats de ces concours seront nommés professeurs stagiaires à la rentrée
2011″.
Communiqué

http://www.education.gouv.fr/cid51874/concours-enseignants-pour-la-rentree-2011

-de-nouvelles-dates-d-inscription.html
S’inscrire aux concours

http://www.education.gouv.fr/cid5350/recrutement.html

Textes officiels

Quelques informations officielles du mois : formations internationales,
dépollution etc.

Réorganisation des formations internationales
Un B.O. spécial publie les textes annoncés dans L’Expresso du 7 juin. Ils
réorganisent les formations internationales. Un décret crée des sections
binationales au lycée, par exemple autour du bac allemand ou italien. Des
arrêtés définissent l’organisation de la formation franco-espagnole, allemande
et italienne. L’expression « section internationale » ne sera plus utilisée que
pour le baccalauréat international.
BO spécial

http://www.education.gouv.fr/pid24171/special-n-5-du-17-juin-2010.html

L’Expresso du 7 juin

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/07062010Accueil.aspx

Diplôme de compétence en langue
Le B.O. du 17 juin publie le décret publié au J.O du 11 mai créant un diplôme
de compétences en langues. Il reconnaît un niveau réel en langue chez les
professionnels. « Le diplôme de compétence en langue est un diplôme national
professionnel qui atteste les compétences acquises par des adultes en langue de
communication usuelle et professionnelle communes à l’ensemble des secteurs
d’activité économique ».
Au B.O.

http://www.education.gouv.fr/cid52096/mene1005182d.html

Les diagnostics environnementaux des écoles ont commencé
Annoncée fin mai par une circulaire du ministère de  l’environnement, une série
de diagnostics des sols des écoles installées sur d’anciens sites industriels
est programmée. Ces enquêtes permettront de déceler d’éventuelles pollutions
dans 2000 établissements. Elles dureront 4 à 5 ans. Mai sl’AFP signale que les
prélèvements ont commencé en Ile-de-France. La préfecture régionale vise
particulièrement 6 établissements scolaires d’Ermont, Pontoise et Argenteuil.
Mais 76 établissements sont identifiés, principalement en grand ecouronne.
Dépêche AFP

http://www.vousnousils.fr/2010/06/14/idf-debut-de-lexamen-des-sols-de-certains-

etablissements-scolaires/
L’Expresso du 27 mai

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/27052010Accueil.aspx

Primaire

Objectif prioritaire de la RGPP, la mise en place de directeurs d’établissement
d’enseignement primaire (EPEP), qui soient de véritables patrons d’école, est
rejetée par les enseignants du primaire. C’est un des problèmes entre minitère
et syndicats du primaire.

Les instits ne veulent pas des Epep
Alors que le gouvernement a promis de créer de vrais établissements dans le
primaire (Epep), que l’Institut Montaigne vient de délivrer un rapport qui met
en avant le rôle du directeur chef d’établissement, que pensent les instits du
statut de l’école et de son évolution ?

« Je veux être déchargé et protégé juridiquement tout en restant un collègue
comme les autres ». Selon un sondage réalisé par le Snuipp, 72,5% des
enseignants, 69% des directeurs ne veulent pas des Epep, ces structures
d’établissement imaginées par le gouvernement. Très majoritairement les
enseignants veulent un directeur qui soit aussi un enseignant, sans pouvoir
hiérarchique. Les Epep ne sont acceptés que dans les seules écoles comptant 10
classes et plus.

« Pour moi la question centrale, ce n’est pas le statut mais le fonctionnement
de l’école ». Le modèle de direction que veulent les instits c’est pour 73% un
fonctionnement d’équipe plus collectif. Ils revendiquent plus d’autonomie
pédagogique. A coup sur, ces réponses obtenues sur près de 10 000 sondés sont
très éloignées du modèle hiérarchique que de mande le rapport de l’Institut
Montaigne. Officiellement, le Snuipp, avec d’autres partenaires, est intervenu
récemment auprès du ministre pour ouvrir des discussions sur la mission des
directeurs.

Faut-il redéfinir la direction d’école ?
Quatre syndicats (Se-unsa, Sgen, Cftc, Cgc) et le Gdid, une association
professionnelle demandent à Luc Chatel de lancer une concertation sur la
direction d’école.

« Les projets actuels d’EPEP ne garantissent pas l’indépendance du projet
pédagogique ni le maintien de structures de taille raisonnable et d’un réseau
scolaire de proximité. Ils ne répondent donc ni aux attentes des directrices et
directeurs d’école, ni à celles des équipes pédagogiques, ni à celle de
l’ensemble des personnels », notent les signataires. Mais ils ne ferment pas la
porte à une évolution de la charge de directeur. «   Il est nécessaire de
clarifier et préciser les responsabilités des directrices et directeurs
d’école; revoir le décret de 89 inadapté et obsolète face à l’empilement des
responsabilités et aux évolutions de l’école, notamment dans ses relations avec
les communes;  redéfinir le cadre juridique, administratif, légal de la
direction d’école;  répondre aux besoins de reconnaissance des directrices et
directeurs d’école ».

Les directeurs d’école sont actuellement des enseignants  partiellement
déchargés pour assurer l’administration d’une école. Ils n’appartiennent pas  à
un corps de direction. Récemment l’Institut Montaigne a demandé de véritables
chefs d’établissement dans le primaire.
Le sondage

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7188

L’Institut Montaigne veut réformer le primaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2010/113_8.aspx

Lettre au ministre juin 2010

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/03062010Accueil.aspx

Le communiqué

http://www.dirlo.fr/nouvelles/nouvelle2.php?id_news=82

Institut Montaigne

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/06052010Accueil.aspx

Le Snuipp demande « une mise à plat » de l’évaluation de CE1
 » Les élèves de CE1 ont passé cette semaine les évaluations nationales. Ce
dispositif fait toujours l’objet de nombreuses critiques de la part des
enseignants et de la communauté éducative. La confusion est toujours entretenue
entre évaluation-bilan du système et évaluation-diagnostique de l’élève. Le
codage binaire de la correction et l’absence de prise en compte des réussites
partielles risquent de mettre certains élèves artificiellement en échec », écrit
le Snuipp.  Le syndicat dénonce « le manque de rigueur » des évaluations de Ce1
et CM2 et demande  » mise à plat des objectifs et des modalités de ces
évaluations. »

Rased : Les syndicats écrivent à Luc CHatel
Une large intersyndicale, associant la Cgt, Se-Unsa, Sgen, Snuipp, Sud, avec la
Fcpe,et les associations professionnelles (Fnaren, Afpen, Fname, Ancp) et les
parents de la Fcpe, a envoyé le 8 juin une lettre à Luc CHatel.  Elle  lui
demande  de maintenir les Rased.

A l’origine de cette démarche la publication du document interne de prévision
des suppressions de postes qui propose de stopper le recrutement de maitres  G
et E et de psychologues scolaires. « Alors que deux heures de classe ont été
supprimées à la rentrée 2008, ces décisions, si elles sont confirmées, vont se
traduire inévitablement, par une dégradation des résultats des écoles, par plus
d’inégalité sociale », prévient le Snuipp. « Comment envisager que les moyens
déjà insuffisants consacrés à la lutte contre l’échec scolaire se voient ainsi
amputés, alors que vos projets prévoient également en parallèle une
augmentation du nombre d’élèves par classe ? Dans quelle situation ingérable
vont se retrouver les enseignants des classes, les élèves et leurs familles ?
Quel avenir préparons-nous pour ces élèves et pour notre nation si l’Ecole de
la République faillit ainsi à ses missions – celles d’une éducation de qualité
accessible à tous ? »
Communiqué

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7190

Le Snuipp annonce une votation citoyenne sur l’école
Le Snuipp vit son 8ème congrès à Brive cette semaine. Pour Gilles Moindrot ce
sera le dernier et, dans son discours d’ouverture, il a salué l’aventure
collective de son syndicat. Après avoir rappelé la « pluie d’enclumes » que la
droite a fait tomber sur l’école, il a annoncé des actions pour la rentrée.
« Nous vous proposons de recourir à une mobilisation intégrant une journée de
grève en septembre, d’envisager au cours du premier trimestre, une
manifestation nationale et d’organiser, afin de faire participer massivement
parents et citoyens, une votation citoyenne sur l’école ». Le syndicat
installerait des bureaux de vote dans les écoles avec l’objectif de « faire
bouger le dogme du non remplacement d’un enseignant sur deux ».
Le congrès du Snuipp

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7192

Accompagnement en science et technologie
Le B.O. du 17 juin publie une circulaire mettant en place un accompagnement en
sciences et technologie dans le primaire.  « L’accompagnement en science et
technologie à l’école primaire (ASTEP) est une des actions conduites au niveau
national avec le concours de l’Académie des sciences, en complément des
différents dispositifs pédagogiques déjà mis en œuvre dans les classes de
l’école primaire, pour faciliter un enseignement de la science et de la
technologie conforme aux programmes et qui donne aux élèves les moyens
d’atteindre les objectifs de connaissances et de compétences définis par le
socle commun. L’ASTEP permet à l’enseignant d’être secondé par un scientifique
- étudiant, chercheur, ingénieur ou technicien d’entreprise – pour concevoir et
conduire des séquences de classe permettant aux élèves de construire des
connaissances scientifiques dans une démarche d’investigation. L’accompagnement
favorise les échanges de savoirs et de pratiques, le partage de ressources et
de compétences et contribue ainsi à rendre les sciences et les techniques
accessibles au plus grand nombre. Plusieurs modalités sont possibles, de
l’accompagnement en classe sur un cycle d’activité au suivi à distance
utilisant les techniques actuelles de l’information et de la communication ;
accompagnement de l’enseignant avec sa classe ou accompagnement de l’enseignant
seul, que ce soit pour le suivi, l’aide au projet ou encore pour la formation ».
Au B.O.

http://www.education.gouv.fr/cid52100/mene1000474c.html

Opération « un livre pour l’été »
Beau livre, notables, « comportements exemplaires », cérémonie solennelle et
beaux discours : vous avez compris, la rue de Grenelle réinvente la
distribution des prix dans une circulaire publiée, in extremis, au B.O. du 17
juin.

« En cet été 2010, qui marque le lancement de cette opération, 178 000 élèves de
CM1 recevront  « Un livre pour l’été ». Ils vont le découvrir, le lire et
partager leurs émotions de lecture avec leur famille, avec leurs amis. À la
rentrée, les maîtres de CM2 conduiront des activités qui permettront aux élèves
d’en parler avec leurs camarades, d’étudier le texte avec leurs enseignants ».
Le B.O. du 17 juin annonce le lancement d’une opération présentée par le
ministère comme un outil de lutte contre l’illettrisme et de promotion d
el’histoire des arts. En effet ce sont les Fables de La Fontaine illustrée spar
Chagall qui ont été sélectionnées par le ministère.  » La puissance évocatrice
du pinceau de Chagall apporte un autre regard sur l’œuvre de La Fontaine. Le
dialogue qui s’instaure ici entre littérature et peinture s’inscrit pleinement
dans une nouvelle ambition que nous avons engagée : celle d’introduire un
enseignement d’histoire des arts à tous les niveaux de la scolarité », écrit un
peu pompeusement le B.O.

Plutôt que faire découvrir la variété de la littérature jeunesse, le ministère
demande aux inspecteurs de sélectionner les établissements où les écoliers de
CM1 recevront ces ouvrages.  » Les écoles qui souhaitent participer dès cette
année scolaire à l’opération « Un livre pour l’été » devront produire un projet
pédagogique en réponse au cahier des charges ci-dessous. C’est la qualité du
projet pédagogique qui sera le critère majeur de sélection des écoles qui
pourront bénéficier de cette première dotation expérimentale ».

L’opération ressuscite la distribution des prix de feue la IIIème République.
Où les notables pourront se valoriser. « Chaque enfant de CM1 recevra ce livre,
lors d’une manifestation organisée par l’école, qui pourra être l’occasion de
rassembler les enseignants et les élèves avec leurs parents, et des élus. Cette
cérémonie devra revêtir une certaine solennité. La distribution de ces livres
pourra en outre être l’occasion de faire l’éloge de comportements exemplaires,
d’attitudes remarquables, de valoriser les progrès réalisés par certains ».
Au B.O.

http://www.education.gouv.fr/cid52095/mene1000505c.html

Lycée : Tensions sur la réforme

Si la réforme va bien se mettre en place à la rentrée en seconde, les tensions
demeurent sur les années de première et terminale.

L’Apses demande la démission du groupe d’experts
Rappelant que  » en seulement 12 jours de vote, près de 1400 professeurs de SES
ont pris part au vote. Ils sont 98% à préférer le programme (de première) de
l’APSES à celui du ministère » et le soutien  » des associations d’universitaires
et chercheurs (Association des Sociologues Enseignants du Supérieur,
Association Française de Sociologie, Association des Enseignants Chercheurs en
Science Politique) », l’Apses demande  » un report de l’application du nouveau
programme et une refonte globale du projet… De ce fait le choix d’une
modification substantielle du programme nécessite la convocation d’un nouveau
groupe d’experts qui prenne le temps de concertation et de réflexion nécessaire
à l’élaboration de tout programme scolaire ».
Communiqué

http://www.apses.org/initiatives-actions/communiques-et-courriers/article/commu

nique-de-presse-de-l-apses-du-2844

La réforme STI STL publiée au J.O.
Le Journal officiel du 29 mai publie les horaires et organisations des
nouvelles filières STD2A(sciences et technologie du design et des arts
appliqués) et STI2D (sciences et technologies du développement durable) ainsi
que ceux de la série STL rénovée.

Le 1er avril, le CSE avait rejeté la réforme en critiquant un manque de cours
dédoublés.
Std2A

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022275729&date

Texte=&categorieLien=id
Sti2d

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022275706&date

Texte=&categorieLien=id
La réforme est mal partie

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2010/112_11.aspx

BTS : La réforme analysée par le Sgen
« L’organisation de la formation par modules… répond en partie à la
préoccupation du Sgen-CFDT d’ancrer le BTS dans le cursus universitaire par
validation d’unités semestrielles permettant une formation professionnalisante,
ouverte à tous les bacheliers et aux étudiants de licence souhaitant un
changement de parcours. Mais, par l’absence de précision concernant les
poursuites d’études, ces mesures risquent de renforcer l’image d’un BTS à
mi-chemin entre le secondaire et le supérieur », estime le Sgen en réaction aux
propositions de V Pécresse.  « Les propositions soulignent la nécessité d’un
pilotage régional de la carte des formations… Le principe de lier
obligatoirement ouverture de formation en lycée à ouverture en apprentissage,
sans tenir compte des réalités locales et du type de formation, va peser
négativement sur les évolutions de la carte des formations » conclue le Sgen.

Mardi 25 mai, l’urgence des BTS était cependant ailleurs. Des manifestants ont
annoncé en pleine visite ministérielle à la Maison des sports, la grève des
correcteurs des BTS franciliens , une partie d’entre eux n’étant toujours pas
remboursé des frais d’examen 2009.
Communiqué

http://www.cfdt.fr/rewrite/article/26469/actualites/renovation-des-bts:des-prop

ositions-coherentes-mais-insuffisantes.htm?idRubrique=7105
La réforme Pécresse

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/25052010Accueil.aspx

La grève 2010

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/de

peches_de_l_educat/&key=20100526&key2=100525160433.5qdms9fp.xml

L’Europe encourage l’enseignement et la  formation professionnels

La Commission européenne a présneté le 9 juin un document d’orientation sur
l’enseignement et la  formation professionnels.

 » La Commission souhaite inciter plus de citoyens à suivre des formations
professionnelles, améliorer la qualité des formations proposées par la filière
et faciliter la mobilité d’un emploi ou d’un pays à un autre. Les pistes
avancées devraient être examinées et adoptées par les ministres européens
compétents dans la seconde moitié de cette année. La commissaire européenne à
l’éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, Mme Androulla
Vassiliou, a déclaré: «Nous voulons changer l’image de l’enseignement et la
formation professionnels en Europe et adapter la filière à la réalité
d’aujourd’hui. L’enseignement et la formation professionnels font le lien entre
le monde de l’enseignement et le monde du travail. Dans le contexte économique
actuel, il importe plus que jamais de conjuguer nos efforts pour rendre la
filière plus attrayante pour les apprentis, pour les étudiants et pour
quiconque désire se remettre à niveau. »

La Commission devrait favoriser l’accès aux formations et encourager la
mobilité en Europe.
Communiqué

http://ec.europa.eu/education/news/news2388_fr.htm

Comment les conservateurs font éclater le système éducatif britannique

Victorieux aux élections de juin 2010, les conservateurs, alliés aux Libéraux,
ont ouvert les vannes de la concurrence entre établissements. Ils ont aussi
interrompu la modernisation pédagogique accélérée par les travaillistes.

Autorité et concurrence gouverneront l’Ecole. Le discours royal du 25 mai a
présenté le programme de la nouvelle coalition gouvernementale associant
conservateurs et libéraux. Pour l’Ecole , la nouvelle politique accordera plus
de liberté aux établissements scolaires.  Elles pourront prendre le statut
« d’académies », c’est-à-dire d’école gérée de façon privée mais avec des fonds
d’Etat. Elles auront plus de liberté dans les programmes scolaires, qui seront
ramenés à un minimum commun. Elles pourront aussi payer leurs enseignants comme
elles le veulent et sélectionner leurs élèves.    Les enseignants et chefs
d’établissement verront leurs pouvoirs augmenter de façon à rétablir l’autorité
professorale. La nouvelle politique devrait donc élargir les écarts entre
établissements et les inégalités sociales à l’Ecole, même si de nouveaux tests
d’évaluation sont prévus.

Selon le Guardian, cette nouvelle politique intéresse fortement de grands
groupes privés attirés par la possibilité d’ouvrir sur fonds publics des écoles
privées.  Ainsi le groupe Gems, venu des Emirats arabes unis, devrait ouvrir de
nouvelles écoles. Edison, le plus grand groupe américain également. Le groupe
anglais VT Group devrait travailler moins pour la défense et investir plus dans
les écoles.

La réforme conservatrice fait éclater le système éducatif anglais. Près de 70%
des meilleures écoles anglaises ont déjà demandé à bénéficier du statut
d’ »académies », annonce BBC News. En trois semaines, 1722 établissements ont
demandé à devenir des académies parmi lesquels 870 des meilleures écoles
(environ moitié primaire et moitié secondaire).

Avec ce statut, ces établissements vont échapper aux autorités locales et avoir
davantage d’autonomie aussi bien sur les curriculums que la gestion. Le statut
creusera les inégalités entre établissements, ce qui pour le gouvernement
conservateur ne peut qu’impulser une saine concurrence.

Le gouvernement promet que « ces écoles continueront à appliquer les règles
d’admission qui garantissent l’égalité des chances ». Michael Gove, ministre de
l’éducation, hisse les couleurs. « Nous allons vous donner le type d’autonomie
qui a si bien servi les écoles en Amérique, au Canada, en Suède et en Finlande
et autoriser toutes les écoles à développer leur propre curriculum et à
contrôler leur budget et leur personnel ».

Adieu les TICE ! Le nouveau gouvernement a décidé à la fois la suppression du
Becta, l’organisme qui gère la diffusion des TICE dans les établissement, et la
modification du curriculum du primaire qui devait entrer en application à la
rentrée 2010 et donnait aux Tice une place importante.

C’est une des décisions du programme de rigueur que la nouvelle coalition
gouvernementale a décidé le 24 mai. Le gouvernement a décidé d’économiser 6,5
milliards de livres (7,5 M €). Près de 700 millions seront prélevés sur le
budget de l’éducation dont 80 en abolissant le BECTA. Cette agence en charge du
déploiement des TICE dans les établissements britanniques, a joué un rôle
majeur dans l’avance dont disposent les établissements anglais. C’est sans
doute l’arrêt d’une politique qui a fait du royaume un des pays le splus
équipés au monde.

Officiellement pour économiser 7 millions de livres, le nouveau curriculum de
l’école primaire est annulé. Il devait entrer en vigueur à la rentrée 2010 et
avait la particularité d’inclure les TICE dans les priorités de l’école. La
littératie, la numératie, les TIC et le développement personnel étaient les 4
points importants de ces nouveaux programmes. On attendait des enfants un
certain niveau de maitrise des TIC, par exemple de Facebook, du tableur, de
Twitter,  et on considère cette exigence comme aussi importante qu’apprendre à
compter.

En fait la priorité donnée aux économies permet de ramener tout le système
éducatif vers l’arrière. Pour économiser 22 millions de livres, le gouvernement
va aussi revenir au système d’examens traditionnel. Le programme de repas
gratuits pour tous les élèves du primaire, une idée venue de Finlande, est
aussi annulé. Le tutorat en maths et anglais pour les élèves en difficulté
également. Ainsi les 359 millions d’économies pèseront de façon inégale sur les
élèves. En échange le gouvernement promet de donner la possibilité aux élèves
des écoles publiques de passer le bac international. Une ouverture qui ne
profitera qu’ à certains…
Article Guardian

http://www.guardian.co.uk/politics/2010/may/24/george-osborne-spending-cuts-whe

re-bite
L’Angleterre un modèle à suivre ?

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2008/93_TICE.aspx

Article du Guardian

http://www.guardian.co.uk/politics/2010/jun/07/primary-curriculum-academic-dipl

omas-axed
Sans internet est-on instruit au 21ème siècle

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/laclasse/Pages/2009/103_SansInternet.a

spx
BBC News

http://news.bbc.co.uk/2/hi/education/10338892.stm

Autorité et concurrence gouverneront l’Ecole

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/26052010Accueil.aspx

Discours royal

http://www.number10.gov.uk/news/topstorynews/2010/05/queens-speech-2010-3-50297

Article du GUardian

http://www.guardian.co.uk/education/2010/may/25/free-schools-private-companies

Article du GUardian

http://www.guardian.co.uk/education/2010/may/25/david-cameron-coalition-academi

es-plan
Royaume Uni ce qui va changer

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2010/113_15.aspx

Les évaluations frappées à la tête en Angleterre
L’agence crée par les travaillistes pour concevoir les tests va disparaître a
annoncé le ministre de l’éducation, Michael Gove, le 27 mai. Le gouvernement a
décidé de fermer un service qui n’aura pas sa  place dans sa nouvelle école.
Article du Guardian

http://news.bbc.co.uk/2/hi/education/10176060.stm

Angleterre : La moitié des écoles sont insuffisantes
La moitié des écoles anglaises sont très insuffisantes ou à peine acceptables,
affirme un rapport officiel de l’Ofsted. Selon ce rapport, le pourcentage
d’excellents établissements a diminué, passant de 14 à 11%. 42% seraient
« bonnes » mais 53% seraient « acceptables » et 9% insuffisantes.

Ces chiffres ont fait réagir le ministre des écoles qui a annoncé qu’il « est
urgent de faire de vraies réformes ». Le nouveau gouvernement envisage de
privatiser des milliers d’écoles publiques en les transformant en « académies ».

Ce n’est pas l’avis des syndicats. L’association des chefs d’établissement
(ASCL) remarque que le mode d’inspection a changé cette année. L’Ofsted aurait
relevé le niveau et changé ses indicateurs ce qui rendrait tout comparaison
avec les années antérieures impossible. « Le fait qu’il y ait 3% d’écoles en
moins jugées excellentes ne signifie pas que les écoles aient baissé de niveau
mais que les exigences de l’Ofsted ont monté ».
Article BBC News

http://news.bbc.co.uk/2/hi/education/10327284.stm

Autorité et concurrence gouverneront l’Ecole

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/26052010Accueil.aspx

Seconde carrière

Par Rémi Boyer de l’association Aide aux Profs

Ce mois-ci, nous attirons toute votre attention sur :
-    Le discours du MEN sur les secondes carrières, ce « pompon » que l’on
agite pour la deuxième fois en 7 ans dans le grand manège de la réforme des
retraites,

-    Aide aux Profs, enfin reconnue par les médias comme une association
nationale, entre dans une nouvelle phase de construction de son dispositif,

-    L’aventure de la mobilité externe d’Annabel Saint Paul, qui aura exercé
dix ans comme Professeur des Ecoles en aimant son métier, sans le regretter.

Dans le grand manège de la Réforme des retraites, en 2003 comme en 2010, le
Ministère agite encore le « pompon » des secondes carrières : peut-on encore
vraiment y croire ?

Madame Josette Théophile a commencé à communiquer la manière dont elle comptait
agir pour transformer la Gestion des personnels actuelle en véritable Gestion
des Ressources Humaines personnalisée, puisqu’elle en est spécialiste. En 2008,
elle avait reçu le trophée de meilleure DRH de l’année, alors qu’elle dirigeait
la RATP, ce qui est bon signe pour les enseignants. Le Ministère de l’Education
Nationale dispose donc d’une chance historique d’avoir à sa tête une personne à
l’écoute, avec l’envie de changer les choses, mais qui, comme elle le dit dans
Valeurs Mutualistes n°265 de la MGEN, « n’a pas dix ans devant elle » : il faut
donc faire très vite…

Tout est-il cependant aussi positif qu’il y paraît ?

Dans deux témoignages récents (Valeurs Mutualistes de mars-avril 2010 n°265 et
n°194 de Profession Education du SGEN-CFDT de juin 2010), la nouvelle DGRH
indique qu’elle compte développer les entretiens professionnels pour les
enseignants de 2 ans et de 15 à 20 ans d’ancienneté, et resserrer les liens
avec les collectivités territoriales pour évaluer quels postes proposer aux
enseignants, sous forme de passerelles. Il n’y a donc toujours aucune intention
de créer des postes spécifiquement adaptés aux compétences transférables des
enseignants.
De plus, le dispositif semble manque cruellement de budget, ce qui rend
l’accueil des enseignants demandeurs de bilans ou de formes de reconversion
fort disparate par les services RH : vous pouvez désormais consulter les
témoignages de plus de 150 enseignants qui ont réalisé avec Aide aux Profs
depuis fin 2008 le dernier modèle de notre pré-bilan de carrière :

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Secondes_car

rieres&ArticleID=2046

Même si la concrétisation d’une seconde carrière demeure pour l’instant
marginale, par rapport à la totalité de l’effectif enseignant, la majorité des
enseignants a dû formuler en effet le souhait au moins une fois dans sa
carrière, notamment après 15 à 20 ans d’ancienneté : que leur proposer ?
Comment ne pas deviner, avec la réforme de la masterisation, que ce chiffre est
en fait appelé à s’accroître dans les années à venir ? Le MEN s’y est-il assez
préparé ?

Madame Josette Théophile déclare dans le n°194 de Profession Education de juin
2010 : « …il y a des conseillers mobilité carrière dans presque toutes les
académies, et leur action doit se renforcer. Ils sont très mobilisés et un peu
seuls, je viens de les réunir et d’animer leur réseau, ce qui se fera
régulièrement » : c’est justement ce que nous étions allés lui conseiller entre
autres le 20 avril 2010, sous forme de séminaires de formation avec des
Ateliers d’Analyse de Pratiques Professionnelles :

http://fr.calameo.com/read/0002497553323178a258b

Ainsi, l’action des CMC ces prochaines années ne va pas être prioritairement
d’accueillir les demandeurs d’une seconde carrière, mais de réaliser les «
entretiens professionnels », « à 2 ans pour vérifier si tout va bien », et
entre 15-20 ans pour voir ce que l’on peut envisager comme mobilité. Les CMC
vont être tellement occupés par ces entretiens en présence, dévoreurs de temps
et d’argent, qu’il ne va pas rester grand-chose comme enveloppe budgétaire au
niveau du DIF, même si la DGRH a annoncé qu’il s’adresserait en priorité aux
enseignants qui ont un projet professionnel : quel sera le montant de cette
enveloppe budgétaire, par académie, alors que le Président de la République a
annoncé qu’il fallait réaliser 100 milliards d’économie sur les trois ans qui
viennent ?

Ce qu’il faut surtout constater, en matière de « seconde carrières », c’est que
toutes celles qui perduraient sans que la majorité des enseignants en connaisse
l’existence, sont en train d’être supprimées à marche forcée :
-    5000 postes en MAD supprimés entre 2005 et 2010
-    1500 postes RASED supprimés avant 2009, les autres menacés de
disparition, malgré l’intervention le 8 juin 2010 d’une large intersyndicale
(Cgt, Se-Unsa, Sgen, Snuipp, Sud, Fcpe, Associations professionnelles de la
Fnaren, l’Afpen, la Fname, l’Ancp)  auprès de Luc Chatel pour tenter de le
faire renoncer : http://www.snuipp.fr/spip.php?article7190  Alors que l’EN
s’occupait d’enfants en difficulté grâce aux maîtres RASED, quel choix
restera-t-il aux familles une fois cette plue-value détruite ? Alors que le «
Pacte de Carrière » s’intéresse à la valorisation des compétences des
enseignants et à la « reconnaissance », que peuvent ressentir les maîtres RASED
face à la braderie de l’énergie qu’ils ont consacrée dans cette fonction ?
-    Annonce de la suppression progressive des décharges des enseignants,
pour gratter les fonds de tiroirs, et dont voilà la liste actuelle :

http://www.aideauxprofs.org/Index.asp?affiche=News_Display.asp&ArticleID=1823&r

ub=Rapports_et_Etudes
-    Les postes en détachement sont appelés eux aussi à diminuer, en lien
avec la restructuration progressive du réseau SCEREN, du CNED, et la diminution
progressive du budget que l’Etat alloue à ses différents EPA, EPST, EPSCP,
EPIC, etc. Comme le soulignait justement Bernard Criner, vice-président de la
Ligue de l’Enseignement, lors de la conférence-débat du 21 novembre 2009 sur
les secondes carrières des enseignants que nous avions organisée au salon de
l’éducation, « les structures doivent désormais payer 70% de charges salariales
pour employer des détachés, contre 30% il y a 5 ans ». Est-ce une technique
dissuasive pour faire disparaître les postes en détachement ? Que vont devenir
les enseignants qui ont quitté la classe depuis 10 à 25 ans et occupent des
fonctions de pilotage, de formation, de conception, dans les différentes
associations complémentaires de l’Etat et les différents EPA dans les années à
venir ? C’est tout le fonctionnement de ces structures qui pourrait, si l’on
n’y prend pas garde, être remis en cause.
-    Les postes en PACD et PALD : comme le soulignaient en 2005 les Députés,
il est curieux que le nombre de ces emplois n’augmente pas, alors que le
malaise ressenti dans la profession s’accroît, ainsi que la pénibilité du
métier au fil de l’âge : alors que de récents rapports plaident notamment pour
la prise en compte de la pénibilité du métier de prof d’EPS après 35 ans,
quelle solution humaine propose le MEN ?
-    Les inspecteurs d’académie ont été invités à faire remonter auprès du
Ministre les « gisements d’emplois » qui pouvaient constituer des « leviers »
d’économies : en clair, que vont devenir tous ces enseignants qui occupent des
fonctions de « chargé de mission » dans les rectorats : DAET, DAFPIC, DAFCO,
DAREIC, DAFPEN, DAAEFOP, DAAC, DRAC, DRAF, SAIO, DRRH, cellules TICE ? Si l’on
«réaffecte » tous ces enseignants devant élèves, alors qu’ils réalisent ici
leur seconde carrière, les rectorats disposent-ils de la ressource humaine
interne pour faire fonctionner tous ces services ? Pourquoi ne pas pérenniser
ces emplois en proposant à ces chargés de mission une « intégration définitive
», au lieu de les laisser dans l’incertitude, chaque année, de savoir si leur
mission sera ou non renouvelée ?

Pour consulter tous les « leviers d’économie », destinés à supprimer des
postes, reportez-vous à l’article exhaustif du Café Pédagogique du 31 mai 2010
:

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/31052010Accueil.aspx

Comme l’indique la fin de cet article sur « Sauvons l’Ecole », « les masques
sont tombés (…) On a la preuve qu’il y avait un discours côté jardin et un
autre côté cour » (Daniel Robin) :

http://sauvons-lecole.over-blog.com/15-categorie-10633877.html

Dans les trois ans qui viennent (2010 à 2013), le MEN va donc poursuivre
l’application des préconisations des rapports n°324 du Sénat en 1998 et n°2215
de l’Assemblée Nationale en 2005 :

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2215.asp

Quel est l’objectif prioritaire actuel en fait ? C’est d’économiser 1,5
milliard d’euros de manière définitive.
Pour comparaison, c’est la moitié du prix d’un 2e porte-avion :

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=106918

C’est aussi le montant de la « cagnotte qui dort » du Sénat en 2008 :

http://www.politique.net/2008093003-le-senat-gere-une-cagnotte-de-plus-d-un-mil

liard-d-euros.htm

L’objectif n’est donc pas de créer des postes de seconde carrière, ni de
faciliter les départs en mobilité externe, car la priorité, c’est d’assurer le
renouvellement des personnels d’encadrement, près de 80% d’entre eux partant en
retraite dans les 10 ans qui viennent. Les enseignants qui nous contactent et
ont demandé à « faire partie du vivier » des secondes carrières se voient
seulement proposer de devenir « professeur des écoles », « chef d’établissement
», « inspecteur »… rien n’a changé, c’est comme si « la seconde carrière »
n’avait, en fait, jamais existé à l’Education Nationale.

La seconde carrière a été une illusion sur l’autel de la réforme des retraites,
pour mieux faire digérer la « pilule » de l’allongement des carrières, et il ne
faudra pas croire en ce miroir aux alouettes une deuxième fois en 2010, car le
MEN n’a pas de budget suffisant pour les financer. Les dernières déclarations
de Jacques Attali à ce sujet sont très claires : « Bien sûr, bien sûr ! La
crise ne fait que commencer. Je pense qu’on va vers le pire, le pire
c’est-à-dire en deux ou trois ans, peut être moins, un délitement de l’Europe »
:

http://fr.euronews.net/2010/05/07/la-crise-ne-fait-que-commencer-jattali/

Aide aux Profs est reconnue par les médias comme une association nationale

Le 19 mai 2010, le réseau France Bleue (41 radios, 13 millions d’auditeurs), le
jour de ses 30 ans d’existence, avait décidé de présenter notre action en
faveur des secondes carrières :

http://www.aideauxprofs.org/Index.asp?affiche=News_Display.asp&ArticleID=1796&r

ub=Notre_Actualite

Le 20 avril 2010, nous avons été reçus en entretien pendant plus de 2 heures
par  Madame Josette Théophile, en lui apportant nos propositions sur les
secondes carrières des enseignants :

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Notre_Actual

ite&ArticleID=1865

Le 1er    Juin 2010, Aide aux Profs a été consacré « blog du mois » par les
Cahiers Pédagogiques :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6874

Le 12 juin 2010, Aide aux Profs a réalisé le bilan 2006-2010 de son action
dynamique en faveur des secondes carrières des enseignants :

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Notre_Actual

ite&ArticleID=1863

Si vous souhaitez en savoir plus sur notre dispositif, à l’invitation du SAFIRE
de l’Université de Poitiers, aura lieu le Mardi 29 Juin notre 2e conférence
dédiée à la question des secondes carrières des enseignants :

http://www.aideauxprofs.org/UserFiles/UP_290610.pdf

A la rentrée 2010, Aide aux Profs prépare une nouvelle phase de développement
de son dispositif : des enseignants qui ont créé leur entreprise nous
rejoignent, devenant « adhérents référents ». Ils vont épauler l’association
dans les différents axes de son développement, et pourront aussi proposer des
emplois (vacations, CDD, CDI) à des enseignants en quête d’une nouvelle
expérience professionnelle, voire d’une reconversion.

Les premiers à avoir accepté de rejoindre notre dispositif sont :
Edouard Morice des Cours Thalès : www.cours-thales.fr
Pascal Bouchard de Touteduc : www.touteduc.fr  (cf interview sur le Café n°85)
Jean-Luc Coddaccioni de Icademie : www.icademie.com  (cf interview sur le Café
n°92)
Christophe Fabre de Exatice : www.exatice.com  (cf interview sur le Café n°100)

Annabel Saint-Paul : une mobilité externe progressive, sans quitter la passion
de la pédagogie

Quel a été son parcours de carrière ?

« Après une licence de géographie en 1996, j’ai obtenu le concours de
Professeur des Ecoles en 1998. J’ai alors enseigné de la Maternelle au CM2
pendant dix ans, dont 6 ans en CE2. Comme j’étais très intéressée  par les
TICE, je suis devenue personne ressource en 2004-2005, suite à un stage, dans
mon école, afin d’aider les autres enseignants et d’impulser des projets
notamment dans le cadre de la mise en œuvre du B2i. J’ai voulu réaliser une
formation de webmaster avec un Congé de Formation Professionnelle, mais comme
la durée moyenne pour l’obtenir était de 4 ans dans l’académie de Toulouse,
j’ai préféré demander une disponibilité pour la réaliser en 2008-2009. Avec ce
diplôme de webmaster, j’ai renouvelé ma demande de disponibilité et créé mon
auto-entreprise  pour  développer des sites web en Html, Css, Php et faire du
Webmarketing.
Souhaitant rester dans le domaine de l’éducation, pour proposer mes compétences
à mon académie, j’ai adressé un mail en février 2010 au DRH de l’académie,
resté sans réponse, puis j’ai téléphoné, mais je n’ai pu contacter personne.
Alors  j’ai décidé de me lancer consultante en éducation, en particulier  dans
le domaine numérique. J’ai d’ailleurs créé un blog sur l’actualité de l’école
numérique : www.numericole.fr  où les profs mais aussi les acteurs privés du
numérique à l’école (éditeurs, fabricants de matériel technologique etc.)
peuvent un aperçu  à ce qui se dit, ce qui se fait et des dernières innovations
en matière de TICE.

En quoi consiste cette activité de consultante ?

« C’est une activité de conseil en éducation et en pédagogie auprès de
fabricants de solutions technologiques, de diffuseurs de contenus et notamment
des éditeurs de manuels scolaires, qui, pour réaliser leurs versions
numériques, sont en quête de conseils. Mon travail est de concevoir les outils
numériques,  trouver un prestataire externe pour les réaliser, et de suivre le
projet jusqu’à son aboutissement ».

Quelle est votre activité comme auto-entrepreneuse ?

« Pendant 6 mois j’ai créé des sites web pour l’entreprise de mon mari. Cela
m’a permis vraiment de sortir de la classe, de faire autre chose. Au 1er
trimestre de mon activité j’ai gagné environ 1400,00 € nets par mois et au 2e
trimestre environ 800,00 € nets par mois. Les charges atteignent sous ce régime
environ 20% du chiffre d’affaires, impôt sur le revenu compris.
J’ai quitté mon métier en l’aimant, je ne l’ai pas laissé derrière moi à
regrets. Ce que je ne voulais pas, c’était devenir une prof aigrie, épuisée,
démotivée face aux élèves. Je n’avais que 33 ans lorsque j’ai décidé d’entamer
ma reconversion, et à cet âge, tout est encore possible professionnellement. »

Quel a été le regard de vos collègues sur votre projet professionnel ?

« Ils ont été dubitatifs et admiratifs. J’ai toujours entendu la majorité des
profs que je cotoyais dire « j’ai envie de faire autre chose ». Moi, cela
faisait longtemps que j’envisageais aussi une seconde carrière, mais j’ai
attendu de savoir dans quel domaine pour me lancer. »

Pourquoi dans ce cas être devenue enseignante pour quitter si vite ce métier ?

« Je suis issue d’une famille d’enseignants, des générations d’instituteurs qui
se succèdent ainsi depuis l’époque de Jules Ferry ! J’ai donc suivi le modèle
familial, car à l’époque je n’ai pas vu ce que je pouvais faire d’autre. J’ai
découvert un métier passionnant, mais qui est devenu très difficile, avec des
horaires très lourds. En début de carrière, j’ai atteint près de 70 heures par
semaine si je comptabilise, la conception des cours et des animations pour les
élèves, les corrections de cahiers, de devoirs, le temps passé à recevoir les
parents, à gérer les affaires administratives de l’école. C’est très rude, on
ne s’attend pas du tout à une telle charge de travail. »

Que pensez-vous de la réforme de la masterisation ?

« Je crains que l’objectif soit avant tout de respecter une contrainte
budgétaire, pas d’améliorer la formation des profs. Les générations à venir
vont arriver dans le métier sans véritable préparation. Ma formation
personnelle était déjà trop théorique, j’ai ressenti un profond décalage entre
la formation que j’ai reçue à l’IUFM et la réalité sur le terrain. Le problème
majeur, c’est que les hommes politiques recherchent la performance, mais
ignorent complètement le reste, l’aspect humain de ce métier. »

Quelles compétences avez-vous développées dans l’enseignement ?

« J’ai pratiqué une pédagogie innovante de type PMEV (Pédagogie de Maîtrise à
Effet Vicariant). Il s’agit de préparer le travail des enfants sous forme de
plan de travail, sur plusieurs matières, en leur donnant tous les exercices à
réaliser dans les 3 prochaines semaines, sur plusieurs niveaux. L’idée est de
favoriser ainsi le choix de l’enfant, pour qu’il puisse travailler à son
rythme. Lors du bilan, l’enfant va au tableau et explique à ses camarades
comment il s’est organisé, et c’est un vrai moment d’échange avec les autres
enfants, c’est cela, l’effet vicariant. »

Quelles compétences, parmi celles que vous avez acquises, vous servent dans
votre activité actuelle ?

« La culture du numérique, la capacité de gestion administrative et
d’organisation autonome, la rigueur à suivre un programme, la capacité à gérer
l’aspect relationnel (parents, enfants), et l’expérience d’une année de
direction d’école que j’ai eue, avec les élus locaux comme partenaires. »

Comment avez-vous vécu cette direction d’école ?

« C’est 1h à 2h de travail en plus par jour, pour 100,00 € à 150,00 € de plus
par mois. Ce n’est pas du tout valorisé, c’est très mal payé par rapport aux
responsabilités qui nous incombent, notamment au niveau de l’entretien des
locaux et des matériels.  La plupart des directeurs a choisi ce statut, cela
peut être imposé par l’administration. Si c’est l’IEN qui propose, c’est « très
mal vu » de refuser, c’est un peu « le pot de terre contre le pot de fer ».

Que dire à un jeune étudiant qui veut devenir professeur des écoles ?

« Il faut y aller, à condition d’être très motivé, mais c’est un métier très
difficile. De plus, le métier n’est pas toujours très bien vu des parents, qui
ont des a priori sur les profs, les clichés habituels, qui leur font croire que
nous sommes tout le temps en vacances, alors que notre charge de préparations
est très lourde. Les gens sous-estiment totalement le travail que nous
réalisons, ils ne voient que le côté qui les intéresse. Pour une personne qui
souhaiterait de venir prof des écoles en seconde carrière, cela va lui exiger
beaucoup d’énergie. »

Que dire à un prof qui souhaite s’aventurer vers une seconde carrière ?

« Il ne faut pas attendre, dès lors qu’il en a l’idée : commencer par se
renseigner sur les métiers qui nous intéressent, rencontrer des gens qui
l’exercent, leur demander quel est leur quotidien, leur demander les études
qu’ils ont faites, des conseils… puis oser se lancer ! Il ne faut pas croire
non plus que quitter les élèves, « c’est enfin se la couler douce ». C’est un
départ vers une autre aventure, avec un autre rythme, d’autres contraintes… »
Il faut bien cerner ses motivations avant de se lancer, savoir pourquoi on
part. Ensuite, le projet a de grandes chances d’aboutir car on sait davantage
ce que l’on ne veut plus et ce que l’on cherche.

Comment voyez-vous l’avenir ?

« J’ai actuellement plusieurs pistes pour les trois prochaines années. J’espère
en premier lieu développer suffisamment mes activités de consultante pour en
vivre mais je peux également
- être embauchée comme webmaster éditoriale chez un éditeur ou une entreprise,
- devenir formatrice en e-learning. »

Que vous inspire l’activité d’Aide aux Profs ?

« Je l’ai connue par le Café Pédagogique. J’aurais aimé la connaître plus tôt,
cela m’aurait permis d’avancer plus vite dans mon projet quand j’ai commencé à
envisager une reconversion et surtout, d’avoir le soutien que je n’ai pas
rencontré dans l’Education Nationale. Je conseille l’association autour de moi,
aux enseignants que je rencontre qui ont envie de faire autre chose. »

Formation professionnelle

Par Monique Royer

L’Europe encourage l’enseignement et la  formation professionnels
La Commission européenne a présenté le 9 juin un document d’orientation sur
l’enseignement et la  formation professionnels.  » La Commission souhaite
inciter plus de citoyens à suivre des formations professionnelles, améliorer la
qualité des formations proposées par la filière et faciliter la mobilité d’un
emploi ou d’un pays à un autre. Les pistes avancées devraient être examinées et
adoptées par les ministres européens compétents dans la seconde moitié de cette
année. La commissaire européenne à l’éducation, à la culture, au multilinguisme
et à la jeunesse, Mme Androulla Vassiliou, a déclaré: «Nous voulons changer
l’image de l’enseignement et la formation professionnels en Europe et adapter
la filière à la réalité d’aujourd’hui. L’enseignement et la formation
professionnels font le lien entre le monde de l’enseignement et le monde du
travail. Dans le contexte économique actuel, il importe plus que jamais de
conjuguer nos efforts pour rendre la filière plus attrayante pour les
apprentis, pour les étudiants et pour quiconque désire se remettre à niveau. »
La Commission devrait favoriser l’accès aux formations et encourager la
mobilité en Europe.
Communiqué

http://ec.europa.eu/education/news/news2388_fr.htm

Enquête réforme de la formation
L’Opcalia Ile de France a interrogé 200 entreprises sur l’impact de la réforme
de la formation professionnelle sur leur politique de formation. La perplexité
domine sur la complexité des mesures dont la traduction dans les faits se fait
encore attendre.

http://www.opcalia.fr/fileadmin/user_upload/Presse/CP_enquete_reforme_BAT.pdf

Tice

Un labo pour les Tice à la BNF
La Bibliothèque Nationale de France invite ses visiteurs à expérimenter
l’innovation en ouvrant un espace dédié aux  nouveaux dispositifs d’accès, de
partage et de contribution au savoir. Bruno Racine, Président de la Bnf,
souhaite  «offrir au public un espace d’expérience en plein coeur de la
Bibliothèque pour montrer qu’il ne fallait pas appréhender l’avenir mais
l’apprivoiser. Je souhaite que ce lieu soit un banc d’essai privilégié pour les
nouvelles formes d’accès à la connaissance qui émergent sous nos yeux».
Le labo

http://labo.bnf.fr/html/projet.htm

Un nouveau B2I adultes

Le nouveau B2i adultes est arrivé, officialisé par une circulaire fixant les
modalités de mise en œuvre. Cinq domaines composent le référentiel :
environnement informatique, attitude citoyenne, traitement et production,
recherche de l’information et communication. Le B2i version adultes est validé
par un jury à partir d’un portfolio regroupant les preuves des compétences
acquises.

http://www.education.gouv.fr/cid51718/mene1011027c.html

FOAD

Traité du tutorat
 » Le tutorat fait varier la manière de se situer par rapport à l’élève. Elèves
et enseignants se voient réciproquement autrement et changent le  » cadre  » ou
le  » niveau  » de leur rapport ».  C’est une des façons d’entrer dans cette
question nouvelle pour l’Ecole. Le tutorat doit être généralisé en lycée dès la
rentrée 2010 et Albert Moyne nous propose, « 12 clefs » pour entrer dans cette
pratique.
Sur le site Pedago psy

http://www.pedagopsy.eu/tutorat_albert_moyne.htm

Jeux pour apprendre
La vitrine technologie éducation publie en ligne un dossier sur l’utilisation
des jeux vidéos dans l’apprentissage. René Saint Pierre décrypte en douze pages
les caractéristiques et les conditions d’utilisation du jeu pour motiver à
apprendre et apprendre réellement. Synthèses de recherche et exemples à
l’appui, ce dossier permet de cerner le réel intérêt de l’incursion du ludique
dans les méthodes pédagogiques.

http://ntic.org/docs/71_jeux_video.pdf

Le travail collaboratif à distance a besoin de règles claires
« La longévité et la qualité des échanges d’une plate-forme professionnelle
tiennent à des règles établies et respectées par tous. Comme de la présence
d’un manager régissant cet ensemble. ». A partir de l’étude des échanges d’une
communauté en ligne de médecins, Urban Carlen, chercheur de l’université de
Gothenburg, dresse les conditions d’un bon fonctionnement du travail
collaboratif. Parmi les ingrédients nécessaires on trouve la nécessaire
régulation par un manager et des objets d’échanges concrets et définis.

http://www.atelier.fr/usages/10/11062010/communaute-professionnelle-internet-we

b-discussion-fil-manager-regles-respect-39883-.html?rss=2&xtor=RSS-2

Apprentissage collaboratif
Michèle Drechsler, inspectrice de l’Education Nationale, chargée de mission
pré-élémentaire pour le département de l’Indre, est une utilisatrice active des
outils collaboratifs. Forte de cette double-compétences, elle a publié une
thèse sur « « Pratiques du socialbookmarking dans le domaine de l’éducation.
Affordances sémantiques, socio-cognitives et formatives » ». Dans un entretien
avec Christine Vauffrey de Thot Cursus, elle explique ce qu’est le
socialbookmarking et son apport pour la formation tout au long de la vie des
enseignants. En partageant leurs favoris, en les indexant et les commentant, la
communauté d’enseignants enrichit ses connaissances par la mutualisation.
L’entretien

http://www.cursus.edu/?module=document&action=getDoc&uid=71460

La thèse de Michèle Drechsler

http://www.educnet.education.fr/veille-education-numerique/mai-2010/these-les-p

ratiques-du-socialbookmarking-dans-le-domaine-de-l-education

Reforme du Lycée – Le point après les annonces du Ministre de l’Éducation le 20 novembre

Les Pertes horaires sur un cycle de scolarité Seconde + 1 première (L+ES+S) + 1 Terminale (L+ES+S)

Matière/Discipline

Évolution horaire Elève

 

Évolution Horaire Prof

 

 

2nde

1ère

Tale 

Total

2nde

1ère

Tale 

Total

Disciplines générales

 

 

 

 

 

 

 

 

Philosophie

/

/

0

0

/

/

0

0

Français

-0,5

0

-2

-2,5

- 1

-1

-2

-4

Histoire-géographie

-0,5

+1,5

-2,5

-1,5

-1

+1,5

-3

-2,5

LV

0

-1,5

-2,5

-4

-1,5

-7,5

-8,5

-17,5

EPS

0

0

0

0

0

0

0

0

ECJS

0

0

0

0

0

0

0

0

Math (inclus Informatique et société du numérique)

0

-5

+3

-2

-1

-7,5

+2

-6,5

Physique-Chimie (PCL/MPI)

-0,5

-1,5

-1,5

0

-2

-1,5

-2

-4,5

-8,5

-2

-8,25

-12,75

SVT

-0,5

-1

0

-1,5

-2,5

-1,5

-8,25

SES

-1

-2

-1,5

-4,5

-1,5

-3

-2,5

-7

Droit et grands enjeux du monde contemporain ( ?)

/

/

+3

+3

 

 

+3

+3

Littérature et monde contemporain /Arts

+1,5

+1,5

/

/

+1,5

+1,5

+1,5

+1,5

/

/

/

/

+1,5

+1,5

IGC (Économie appliquée et gestion)

-1,5

/

/

-1,5

-4,5

/

/

-4,5

SMS/ Biotechnologies

-1,5

-1,5

/

/

/

/

-1,5

-1,5

-4,5

-4,5

/

/

/

/

-4,5

-4,5

Heures dédoublement 2nde

 

 

 

 

+10

 

 

+10

Heures dédoublement 1ère

 

 

+18 ?

 

+18

Heures dédoublement Tale

 

 

 

+13,5 ?

+13,5

Accompagnement

0

+6

+6

+12

 

 

 

 

Total

-2H

-3,5H

+3,5H

-2H

0 H

-8H

-1,5H

-9,5H

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nb : en italique les horaires des enseignements d’explorations, leur variation n’est pas comptée dans l’évolution horaire totale car les élèves choisissent maintenant 2 enseignements au lieu d’un auparavant.

La variation horaire prof sur la classe de seconde dépend du choix des options et du point de comparaison actuel (type d’option choisi). Elle est comprise entre +0,5H et -2H. Par facilité on l’a indiqué ici comme valant 0.

 

Nouvelle classe de seconde

 

2nde Nouvelle

2nde actuelle

Variation horaire élève

Variation horaire prof

 

Horaires élèves

Horaires profs

Horaires élèves

Horaires profs

 

 

Tronc commun

 

 

 

 

Français

4

4

4,5

5

-0,5

-1

Histoire-géo

3

3

3,5

4

-0,5

-1

LV1

5,5

5,5

3

4

0

-1,5

LV2

2,5

 3

Math

4

4

4

5

0

-1

Physique-Chimie

3

3

3,5

5

-0,5

-2

SVT

1,5

1,5

2

4

-0,5

-2,5

EPS

2

2

2

2

0

0

ECJS

0,5

1

0,5

1

0

0

AI-Accompagnement

2

2

2

2

0

0

Heures dédoublements

 

10

 

(7,5)

 

+10

Total TC

25,5H

36H

27,5H

35H

-2H

+1H

Enseignement explorations

2 au choix dont 1 au moins est soit SES, soit  Économie appliquée

Enseignement détermination (dans les faits 1 au choix)

 

 

SES

1,5

1,5

2,5

3

-1

-1,5

Économie appliquée et gestion (IGC)

1,5

1,5

3

5

-1,5

-3,5

SMS

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

PCL

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

Biotechnologies

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

Méthodes et pratiques scientifiques (ancien MPI ?)

1,5

1,5

3

6

-1,5

-4,5

Littérature et monde contemporain

1,5

1,5

0

0

+1,5

+1,5

Arts

1,5

1,5

0

0

+1,5

+1,5

Total ED

3H

3H

2,5H-3H

3H-6H

0

-0,5H/-3H

Options

1 au choix

1 au choix

 

 

LV3

3

3

3

3

 

 

Latin

3

3

3

3

 

 

Grec

3

3

3

3

 

 

Arts

3

3

3

3

 

 

EPS

3

3

3

3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL (sans option)

28,5H

39H

30-30,5H

38-41H

-2H

0 /-2H

 

La seconde se traduit par une diminution de 2H élève, la variation de l’horaire professeur dépend du choix des enseignements d’exploration et de l’affectation des heures de dédoublements.

On peut estimer que celles-ci seront en priorité affecté aux dédoublements en langue, aux travaux pratiques pour les sciences expérimentales et aux heures d’accompagnement. Sachant que l’enveloppe sera de 10H pour la seconde, on peut légitimement se demander s’il en restera pour mettre en place du travail en demi-groupe dans le reste des disciplines.

Nouvelle Première

 

Tronc commun 1ère nouvelle (total 3 premières)

1ère L actuelle (horaire prof)

1ère ES actuelle (horaire prof)

1ère S actuelle (horaire prof)

Variation horaire Elève

Variation horaire Prof

Français

4 (12)

6 (7)

4

4

-2

-3

Histoire-géo

4 (12)

4

4

2,5

+1,5

+1,5

LV1

4,5 (13,5)

3,5 (4,5)

2,5 (3,5)

2 (3)

-0,5

-6,5

LV2

2 (3)

2 (3)

2 (3)

EPS

2 (6)

2

2

2

0

0

ECJS

0,5 (1,5)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0

0

Total TC Elève

15H (45H)

18H

15H

13H

-1H

 

Total TC Prof

15H (45H)

21,5H

17,5H

15,5H

 

-8H

Enseignements spécialités

1ère L

1ère ES

1ère S

 

 

 

 

 

Math

0

3

4

2 (3)

3 (3,5)

5 (6)

-3

-5,5

Physique-Chimie

1,5

1,5

3

1,5 (3)

0

4,5 (6,5)

-2,5

-8,5

SVT

3

1,5 (2)

4 (6)

SES

0

5

0

0

5 (6)

0

0

-1

Littérature Française

2

0

0

0

0

0

+2

+2

Littérature en langue étrangère

2

0

0

0

0

0

+2

+2

Enseignement au choix pour la série L

Option au choix

 

 

Options (1 au choix)

Options (1 au choix)

Pas d’options

 

 

Arts

5

5 (6)

0

 

0

0

Math appliqué

3

3

2

-2

-2

Approfondissement LV2

3

 

3

2

-2

-2

LV3

3

3

0

0

0

Langue ancienne

3

3

0

0

0

 

 

 

SES : 2

-2

-2

Total SPE Elève

8,5H

9,5H

10H

   6,5H

11,5H

13,5H

-9,5H

 

Total SPE Prof

8,5H

9,5H

10H

9H

13,5H

18,5H

 

-18H

Accompagnement

2H

2H

2H

0H

0H

0H

+6H

0

TPE

1H

1H

1H

1H

1H

1H

0

0

Dédoublements

?

?

?

6H

4,5H

7,5H

 

+18H ?

TOTAL ELEVE

26,5H

27,5H

28H

25,5H

27,5H

27,5H

-3,5H

-8H

Nouvelle terminale

Enseignements obligatoires

Tale L

Tale ES

Tale S

Tale L actuelle (horaire prof)

Tale ES actuelle (horaire prof)

Tale S actuelle (horaire prof)

Variation Horaire Elève

Variation Horaire Prof

Philosophie

8

4

3

8

4

3

0

0

Histoire-géo (option en S)

4

4

 

2

4

4

2,5 (3)

-2,5

(-0,5)

-3

(-1)

LV1

LV2

4

4

4

3 (4)

2 (3)

2 (3)

-1

-7

2 (3)

2 (3)

2 (3)

EPS

2

2

2

2

2

2

0

0

ECJS

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0,5 (1)

0

0

Mathématiques

0

4

6

0

4

5,5 (6,5)

+0,5

-0,5

Sciences physiques

0

0

5

0

0

5 (7)

0

-2

SVT

0

0

3,5

 

0

3,5 (5)

0

-1,5

SES

 

5

 

 

6 (7)

0

-1

-2

Littérature

2

0

0

4

0

0

-2

-2

Littérature étrangère en langue étrangère

1,5

0

0

0

0

0

+1,5

+1,5

Total Élève

22H

23,5H

24H

23,5H

24,5H

26H

-4,5H

 

 

Dédoublements

?

?

?

2,5H

3,5H

7,5H

 

+13,5H ?

Total Prof

22H

23,5H

24H

26H

28H

33,5H

 

-16,5H

Enseignements spécialités

1 au choix

1 au choix

 

 

En série S

 

 

 

 

Math

/

/

2

/

/

2

0

0

Physique-Chimie

2

2

0

0

SVT

2

2

0

0

Informatique et société du numérique

2

0

+2

+2

En série ES

 

 

 

 

Mathématiques appliquées

/

1,5

/

 

2

 

-0,5

-0,5

Économie approfondie

1,5

2

 

-0,5

-0,5

Sciences sociales

1,5

En série L

 

 

 

 

Arts

5

/

/

5

 

 

0

0

Maths appliquées

4

3

+1

+1

Approfondissement LV1

3

2

2

-1

-1

Approfondissement LV2

3

3

2

-2

-2

LV3

3

3

 

0

0

Langues anciennes

3

3

0

0

Droit et grands enjeux du monde contemporain

3

0

+3

+3

Total spécialité

3-5H

1,5H

2H

2-5H

2H

2H

+2H

+2H

Accompagnement

2H

2H

2H

0

0

0

+6H

0

TOTAL ELEVE

27-29H

27H

28-30H

25,5-28,5H

26,5H

28H

+3,5H

-1,5H

 

Réforme du lycée vue par le SNES

Logo SNESGestion locale d’un tiers des horaires, réduction des horaires disciplinaires, tronc commun en première… La réforme du lycée présentée par Luc Chatel est idéologique et dangereuse. Pour répondre aux difficultés des élèves et à la nécessité de démocratisation du lycée, le SNES exige une autre réforme !

 

Le Ministère présente un projet qui continue de décliner des axes déjà connus et sur lesquels le SNES a exprimé ses désaccords. La réforme sert de prétexte à introduire l’autonomie comme solution aux problèmes du système éducatif. Nous condamnons cette vision libérale. Le projet présenté aux organisations syndicales par le Ministère le 18 novembre, puis à la presse par le Ministre le 19 est la mise en œuvre, à la lettre, des orientations dévoilées progressivement par le gouvernement depuis septembre. S’il y a eu des arbitrages par le Ministre, ils ne nous ont pas été communiqués.

En audience, le SNES a marqué clairement ses trois points de désaccord majeur, qu’il considère comme des casus belli :

- gestion locale d’une part importante de l’horaire disciplinaire (l’ensemble des cours en effectifs restreints)
- réduction des horaires disciplinaires
- tronc commun en première générale

L’affichage d’une réforme « peu profonde » et ne touchant pas « à ce qui marche pour le moment » est une entourloupe (voir le traitement réservé aux SES pour s’en convaincre).

La réforme sert de prétexte au renforcement de l’autonomie des établissements comme solution aux problèmes du système éducatif. Nous condamnons cette idéologie.

En téléchargement, la comparaison des grilles disciplinaires élèves actuel et selon le projet, ainsi que le document ministériel présentant la réforme

Réforme du lycée vue par le SNES dans Réforme du lycée pdf Compraison horaires après réforme
Grilles actuelles et projet Chatel
pdf dans Syndicats enseignants Réforme lycée 2010 du 19-11-09
Le document ministériel de présentation de la réforme

Autonomie des établissements

Le Ministère refuse de parler d’autonomie, terme selon lui de nature administrative et stigmatisant, pour parler d’initiative et de responsabilité des établissements. Les programmes, examens et conditions d’études resteraient nationaux. Pour l’organisation des horaires, c’est la communauté éducative locale qui serait la mieux à même de faire les meilleurs choix pour les élèves. Il y aurait une dotation division par division, chaque équipe pédagogique la gérant en lien avec le conseil pédagogique, avec un premier projet en janvier de l’année précédente, permettant de faire remonter au rectorat les besoins par disciplines. A la rentrée, des ajustements seraient possibles, « puisqu’un proviseur avisé n’aura pas consommé la totalité des heures ».

Les corrections de trajectoire des élèves seraient marginales (quelques pourcents), donc sans impact sur la préparation de la rentrée.

Par ailleurs, le ministère considère que le dédoublement est de confort, il n’est pas utile devant certaines classes, ou pour certaines matières.

L’avis du SNES Le choix de la gestion locale est une décision politique lourde. Nous avons martelé notre refus de la gestion locale des heures en effectifs restreints, qui constitue le quart de la dotation (seul fléchage : l’ecjs en classe de 2de) et dont par ailleurs nous ne voyons pas comment la mise en œuvre est possible. Nous avons rappelé que ce ne serait pas avant tout des critères pédagogiques qui seraient retenus mais de disponibilité des enseignants et de gestion de leurs services, et demandé de nouveau un cadrage national.

Le travail en petits groupes permet des pratiques et pédagogies différentes, et cela dans toutes les disciplines : elles sont toutes fondées à bénéficier d’heures en effectifs restreints.

Horaire élève

Le choix du ministre, partagé, selon nos interlocuteurs, par les parents et les élèves, est de ne pas ajouter d’heures de présence ni d’en retirer (l’horaire moyen de l’OCDE étant bien inférieur à celui du lycéen français). L’encadrement des élèves serait ainsi amélioré.

L’avis du SNES Plus le temps de cours est réduit, plus les élèves fragiles sont en difficulté, particulièrement quand ils sont dans des classes nombreuses. Quant à l’OCDE , il faut comparer le comparable : il y a des enseignements qui ne sont pas assurés dans tous les pays.

Horaires disciplinaires

Les horaires actuels des différents niveaux seraient maintenus. La dotation globale de chaque division comprend les horaires élèves fléchés, et comme seule règle pour la répartition des dédoublements l’obligation de 4h prof pour l’accompagnement (soit 2h élèves) et de 1h prof pour l’ECJS (0,5 h pour les élèves).

Les élèves perdent deux heures de cours disciplinaires par semaine, réparties comme suit :

- classe de seconde : 30 minutes hebdomadaires de français, histoire-géographie, sciences physiques et chimiques, sciences de la vie et de la Terre.
- cycle terminal : 1h de TPE ; 30 mn de mathématiques et d’histoire géographie, 1h30 de sciences physiques et 1h de SVT en série S ; 2h de langues vivantes enseignée par des professeurs de langues vivantes, 2h de mathématiques en série L ; les enseignements à choisir en 1ère ES (dont 2h de maths ou de SES choisies par la majorité des élèves) et 1h de SES en terminale ES.

L’avis du SNES Les diminutions des horaires disciplinaires peuvent sembler « saupoudrées » sans grand effet à craindre. Elles constituent pourtant des pertes sèches pour les élèves, et des classes en plus pour les professeurs. La gestion du pactole d’heures de dédoublement sera d’autant plus difficile qu’il s’agirait d’arbitrer entre les besoins pédagogiques et les ressources en professeurs.

Comment se féliciter d’un renforcement scientifique de la série S alors que les élèves perdent des heures de cours dans toutes les disciplines scientifiques ?

Comment justifier la perte de cours de langues vivantes en série L ? Les enseignements de littérature étrangère en tant que discipline non linguistique par des professeurs habilités ne sont pas de même nature. Les rectorats ont le plus grand mal à recruter des enseignants pour les quelques sections européennes ouvertes, comment vont-il pouvoir généraliser ces enseignements ?

Voie technologique

Une option lourde en seconde continuerait de s’accompagner d’une dispense de SVT.
- STI

Le cabinet indique que les arbitrages ne sont pas faits. Une réforme « lourde et ambitieuse » est prévue pour la rentrée 2011. Un groupe d’experts est au travail. Les informations qui circulent dans les académies seraient fallacieuses. Le dialogue social commencera dans les prochaines semaines.
- Hôtellerie

Cette série n’est pas concernée par la réforme.

Accompagnement personnalisé

Il s’agirait d’un temps d’enseignement « différent », sous la responsabilité des professeurs, avec des pratiques renouvelées. Il devrait permettre aux familles d’éviter le recours aux officines privées. En terminale, il serait officiellement dédié aux disciplines marquant la série.

L’avis du SNES L’accompagnement selon nous devrait assurer un encadrement prolongé aux élèves en dehors du cours pour lutter contre les inégalités liées aux devoirs à la maison. Ce ne serait pas un poids supplémentaire pour l’élève, puisqu’il gagnerait du temps sur son travail personnel. Il faut considérer la globalité du temps de l’élève. Nous attendons de la Nation un investissement supplémentaire. Il n’est pas sûr que ce qui est proposé réponde à la demande des jeunes et de leurs familles. En terminale, il est installé aux dépends des disciplines qui marquent les séries, d’où le choix de le rendre disciplinaire. Il vaudrait mieux conserver les horaires disciplinaires au lieu d’essayer un habillage peu glorieux de la demande sociale d’un meilleurs encadrement.

Classe de seconde

Grille horaire : voir en téléchargement.

Il s’agit de permettre aux élèves d’explorer deux disciplines sans augmenter l’horaire élève.

Enseignements d’exploration de 54 h :
- obligatoirement pour le premier : SES ou EAG (économie appliquée et gestion)
- au choix pour le second : SMS, BIO TECH, physique et chimie de laboratoire, littérature et monde contemporain, SI, mesures et pratique scientifique, conception produits industriels, arts (danse, musique, théâtre, cinéma), et l’enseignement non pris en premier choix.

EAG (économie appliquée et gestion) : ce n’est pas IGC, il s’agirait en partie d’une nouveauté n’ayant pas de caractère technologique. Littérature et monde contemporain : préfigure l’option de TL sur le modèle sciences po.

Mesures et pratique scientifique : sera sur le modèle de l’option science. Proposer des enseignements artistiques à 1h30 devrait permettre à davantage d’élèves d’en profiter.

Les langues régionales gardent leur statut de LV2 ou LV3.

Options (3h) LV3, latin, grec ancien : peuvent remplacer un ou deux enseignements d’exploration ou être prise en option sur 108h. De même les options EPS (180h), arts du cirques (216h)et arts appliqués (216h) sont maintenues.

L’avis du SNES La conception ministérielle de l’exploration n’est pas acceptable. Il s’agit d’une dénaturation des disciplines qui conduit à une dégradation importante des conditions de travail des enseignants concernés. Installer une discipline prend du temps, il ne s’agit pas seulement d’explorer mais d’apprendre.

L’enseignement EAG pose problème : il ne prend pas la dimension technologique en compte, et on ne voit pas bien l’articulation avec les SES .

Il faut donner aux élèves la possibilité d’un enseignement artistique sur 3h, qui leur permette une pratique réelle.

Les SES, les enseignements artistiques et les enseignements technologiques de seconde sont les grands sacrifiés de la réforme.

Classe de première

Grilles horaires : voir en téléchargement

L’ensemble des disciplines d’enseignement commun (15 h) permet de ne pas enfermer les élèves de façon trop précoce. Il rend le lycée plus juste et réversible.

Il n’a pas été choisi de valoriser la série L avec des sciences (cela a été essayé et n’a pas fonctionné), mais avec les langues et la littérature, avec un « adossement international » très fort.

Les mathématiques « outils de culture commune » sont considérés comme acquis dès la fin de la seconde.

L’histoire géographie sera l’objet d’une épreuve anticipée au baccalauréat en série S.

Arts du cirque : maintenu en tant qu’enseignement de complément à raison de 4h/semaine.

L’avis du SNES La classe de première L proposée est la plus spécialisée des trois séries. Or les élèves de milieux favorisés choisissent actuellement la S car elle ne ferme aucune porte. On voit mal comment la réforme attirerait davantage d’élèves vers la filière littéraire. Ne pas offrir une culture scientifique plus large aux littéraires est une erreur. Il est regrettable que les mathématiques ne soient pas considérées comme culture commune (à distinguer des enseignements communs). Il sera plus facile aux élèves de passer de S vers L que le contraire.

Classe de terminale

Grilles horaires : voir en téléchargement

Il s’agit de préparer l’entrée dans le supérieur, à partir du socle de compétences et de valeurs communes acquises en première. L’accompagnement personnalisé est conçu différemment. Pour tirer le meilleur profit de la spécialisation, il s’appuie les principales matières de la série. En TS, par exemple, l’arrêté cadrerait 1h30 d’enseignement scientifique dans l’accompagnement. En ES, il porterait sur SES et maths. Les options SI bénéficierait d’un volant d’heure supérieur, de manière à assurer les dédoublements.

L’avis du SNES Le caractère scientifique de la série S n’est pas affirmé, et la diversification repose comme actuellement sur 2h, ce qui est insuffisant. Mais en série L, le parcours linguistique n’est pas tellement plus marqué. Il ne changera pas profondément la vision que les élèves ont de cette série. En ES, la séparation entre économie et sciences sociales dénature les SES.

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