165.000 manifestants pour une grève historique dans l’Education

par Le Nouvel Observateur   

Les syndicats annoncent plus de 50% de grévistes pour cette journée de mobilisation qui rassemble exceptionnellement public et privé.

Manifestation dans l'éducation à Paris le 27 septembre 2011 (AFP) Manifestation dans l’éducation à Paris le 27 septembre 2011 (AFP)

Les défilés contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, à l’appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi 27 septembre plus de 165.000 manifestants en France, dont « 45.000 à Paris », selon une première estimation communiquée par l’intersyndicale.

« Plus de 120.000 manifestants ont défilé », sans compter la manifestation qui s’est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l’intersyndicale.

Près de 54% (53,75%) des enseignants du primaire et 50% de ceux du secondaire dans le public sont en grève, ont annoncé les syndicats de la FSU à la mi-journée.

Auparavant, le ministère de l’Education avait fait état d’une estimation dans la matinée de 28,89% de grévistes en primaire et 22,3% dans le secondaire, tous ces chiffres, ministériels et syndicaux, correspondant à l’enseignement public.

Signe d’un profond malaise dans l’Education nationale, un front uni des syndicats du public et, fait exceptionnel, du privé, appelle à la grève pour dénoncer la « dégradation » de l’école, l’un des enjeux de la présidentielle de 2012.

Le cortège parisien est parti vers 15h du Luxembourg.

 

Bernadette Groison secrétaire générale de la FSU
« La volonté » du chef de l’Etat de « diviser les salariés », c’est « une marque de faiblesse de sa part », a jugé mardi, à l’issue de la manifestation pour l’éducation à Paris » elle a ajouté « la volonté de Nicolas Sarkozy d’essayer de diviser les salariés, d’opposer les gens, c’est une marque de faiblesse de sa part. Je pense que ces ressorts-là ne fonctionnent plus »

 

Marseille: Des représentants des écoles, collèges et lycées privés se sont joints au cortège et l’on pouvait lire notamment sur une pancarte « Ecole privée sainte Jeanne-d’Arc sur le bûcher« .

Selon les syndicats, le taux de grévistes était de 70% dans la région en primaire et de 60% dans le secondaire. De son côté, le rectorat d’Aix-Marseille donnait, selon « des estimations arrêtées à 11H00″, 33,6% de grévistes en primaire, 26,6% en collèges, 15,6% en lycées professionnels et 18,5% en lycées d’enseignement général et technologique.

 

Dans la capitale, « 45.000 manifestants ont défilé« , a ajouté l’intersyndicale. La tête du cortège parisen, partie vers 14H30, est arrivée à Sèvres-Babylone, pas très loin du ministère, vers 16H30

 

Marseille: de 1.500 à 1.600 personnes selon la police, à 5.500 selon la FSU, ont défilé « pour une autre politique de l’Education », comme le proclamait une banderole en tête de manifestation.

 

Les défilés contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, à l’appel des syndicats du public et du privé, ont réuni mardi plus de
165.000 manifestants en France, dont « 45.000 à Paris« , selon une première estimation communiquée par l’intersyndicale.

« Plus de 120.000 manifestants ont défilé« , sans compter la manifestation qui s’est déroulée à Paris, selon une première estimation établie à partir de la mobilisation dans 72 départements, ont indiqué la FSU et Unsa éducation, au nom de l’intersyndicale.

 

 

 

«L’enseignement était un vrai choix, un désir profond»

Par LIBÉRATION.FR

 

Suppressions de postes en pagaille, manque de reconnaissance dans l’exercice de leur métier, quasi-disparition d’une formation digne de ce nom… Le métier de prof va mal. Ce mardi, les syndicats du public et du privé appellent à la grève qui s’annonce massivement suivie.

Signe d’un profond malaise, la rédaction de Libération reçoit un grand nombre de témoignages de profs, découragés et désabusés. En voici une sélection.


«Un immense gâchis pour tout le monde»

Chloé, 29 ans, prof de français. Elle enseignait depuis deux ans et demi quand, en janvier dernier, à bout de force et de nerfs, elle a demandé une mise en disponibilité.

«L’enseignement était un vrai choix, un désir profond. J’avais d’ailleurs un pied dans l’éducation depuis quelques années, en tant qu’assistante d’éducation et assistante maternelle, un moyen de ne pas cultiver trop d’illusions.

Après le concours, j’ai passé deux ans sans vagues, une année à Paris et une année au fin fond du 93. J’y trouvais ma place, ma légitimité et une forme d’épanouissement. L’an dernier cependant, parvenue au bout de mes «privilèges», à savoir ni stagiaire, ni nouvelle titulaire, les choses ont beaucoup bougé. J’ai ensuite été envoyée dans une zone d’éducation prioritaire (ZEP) d’Aubervilliers pour un remplacement de deux mois.

J’y suis allée avec appréhension mais aussi avec l’envie de mener ma mission à bien. Or, ma position de remplaçante m’a rendu la tâche pratiquement impossible puisque d’emblée le dialogue était difficile. Elèves bien sûr mais aussi équipe pédagogique et administrative considérant le caractère éphémère de mon intervention comme un frein à toute communication. Et moi-même, me sentant bien inutile et jetable à tout moment, j’ai perdu entrain et motivation, sans lesquels l’enseignement devient périlleux.

J’ai eu très vite le sentiment d’être mise dans une position d’échec puisque face à un public méconnu, j’étais non seulement désarmée mais seule. La formation à l’IUFM (avant la réforme de la masterisation, ndlr) ne nous permet en aucune façon d’anticiper des situations de crise, puisqu’il est toujours question d’une classe modèle, à peine perturbée par quelques bavardages ou démotivations. Mais on ne nous dit jamais comme réagir face à des «micro-incidents» ou des drames quand ceux-ci interviennent de façon presque continue, sans parler de la difficulté d’être une jeune femme: cela va du retard ou du travail non fait, aux interpellations directes du type «t’es une pute» ou indirecte du type «elle est bonne la prof, mate son cul!», jusqu’aux menaces de mort. Face à ces situations quotidiennes, rien ne se passe, l’administration minimise et contribue à l’éclatement de notre autorité.

Pris individuellement, on peut toujours trouver une explication, la source de tel ou tel comportement, l’absence des parents, la solitude, le mal-être ou la maladie. Mais en tant que professeur, arrive un moment où le voile posé entre élève et adulte se déchire. Nous devenons simplement des êtres humains face à d’autres être humains, nous devenons vulnérables et la guerre est déclarée. Et c’est un immense gâchis pour tout le monde. On finit par avoir peur et cette peur entame l’envie, le sommeil… C’est le début de la dépression.»

On n’enseigne plus, on manage!

Jean-Michel, professeur de lettres modernes en Normandie depuis dix ans.

«Je surprendrais peut-être les personnes les plus éclairées, et bienveillantes (ce qui n’est pas commun face au métier que j’exerce) en disant que je n’ai presque jamais enseigné. Aujourd’hui, plus que jamais, et cela fait déjà longtemps, un professeur doit communiquer, gérer, relativiser, négocier, obéir, transiger et se justifier – il n’enseigne pas. Quoi d’étonnant dans un monde où quiconque prétend «qu’enseigner c’est transmettre», se voit taxé de conservatisme insupportable?

Personnellement, je n’ai dû enseigner que trois, quatre heures dans ma vie ; le reste était de la médiation.

Comme je suis têtu et que je crois plus à mes idées qu’aux nouveautés à la mode, je résiste. Je n’ignore pas que c’est peine perdue. Une nouvelle attitude professorale se fait actuellement jour dans mon lycée et, même si l’on en trouve des traces depuis fort longtemps dans le monde éducatif, cette attitude a, ces temps derniers acquis, une importance considérable. Il s’agit ni plus ni moins de «manager», pour reprendre un terrible mot anglais, les enseignants, mais aussi les élèves. Toute une somme de maximes et d’axiomes non écrits sont aujourd’hui indiscutables.

En voici quelques-uns, justement, enfin écrits:

- Un élève qui obtient de brillants résultats ne le doit qu’à sa propre excellence.
- Un élève qui échoue ne le doit qu’à l’incompétence de son/ses professeurs(s) qui l’ont mal préparé.
- Pour préparer efficacement un élève à un examen, il faut et il suffit de lui donner des devoirs nombreux et répétitifs, et des tartines d’exercices corrigés rapidement par l’enseignant.

Un bon professeur est celui qui effectue du travail supplémentaire pour ses élèves, c’est-à-dire du «soutien», de «l’accompagnement», des «oraux», ou ne serait-ce que des photocopies très précises et détaillées avec le contenu in extenso des données à restituer.

Nous en arrivons donc, ce qui me semble nouveau, au point où l’enseignant qui effectue ses charges de travail ordinaires, c’est-à-dire 18 heures de cours hebdomadaires, plus les corrections, préparations, lectures, gestions de classes, d’élèves, coups de fils aux parents, médiations, convocations aux formations obligatoires, réunions, conseils divers, cet enseignant est considéré comme un fainéant indigne et un tire-au-flanc.

Ce qui est surprenant, ce n’est pas que l’on considère un enseignant de la sorte, mais plutôt que bien des professeurs, désormais, sont persuadés du bien-fondé de cette idée. Et pour avoir observé, autour de moi, ces enseignants (souvent en matières dites «scientifiques») qui passent leurs journées, même libres, au lycée, à manager des élèves et à combler leur emploi du temps d’heures supplémentaires, j’en ai déduit que ces gens avaient honte de leur «corporation» et qu’ils ne cherchent qu’à montrer au monde, dans un combat perdu d’avance, qu’ils ne sont pas les fonctionnaires paresseux que l’on décrit. Ces «forçats honteux», comme je les désignerais, sont alors les premiers à critiquer, parfois directement, souvent avec perfidie, leurs propres collègues qui eux croient encore à la disponibilité de leur temps.

Dans de telles conditions, l’enseignement est entré de plein fouet dans une dynamique managériale et capitaliste, où le facteur de concurrence joue à plein. Là encore, ce n’est pas tout à fait nouveau car il a toujours été bon, chez les professeurs, de critiquer le voisin, ou de dénoncer les méthodes du collègue. La nouveauté, c’est que tout cela est désormais entouré d’un discours très sérieux, institutionnel, où l’on parle sans fard de «gérer des flux» d’élèves, de «remplir des classes» en «tenant ses chiffres» et donc «d’attirer du public», c’est-à-dire de «développer des performances» pour ne pas «fermer des postes». Le discours est désormais celui du monde de l’entreprise, même si bien entendu les risques ne sont pas les mêmes… pour l’instant!»

«Je me retrouve routier de l’éducation»

Augustin, professeur agrégé d’éducation physique et sportive (EPS) depuis sept ans.

«J’ai enseigné pendant cinq ans en collège dans le 93, en Seine-Saint-Denis. Quand on donne des cours dans des zones d’éducation prioritaire, on engrange plus de points qui permettent ensuite d’être muté où l’on souhaite. Au bout de cinq ans de remplacement, j’espérais obtenir ma mutation dans la Marne pour vivre avec ma femme. J’avais suffisamment de points… Sauf qu’au final, je n’ai pas eu le poste, un collègue avec moins de points que moi m’a pris la place. Sans qu’aucune explication ne me soit donnée.

Bref, je suis toujours remplaçant, j’ai été affecté d’office  dans l’Aube, à Troyes. Je me retrouve routier de l’éducation à faire 240 kilomètres aller/retour par jour pour enseigner! Vive l’Education nationale, vive les syndicats et leur notion d’égalité de traitement. J’ai déposé, seul, un recours devant le tribunal administratif.»

 

A Paris, les profs veulent «des élèves, pas des sardines»

REPORTAGEIls étaient 45.000 dans le cortège parisien selon les syndicats, dont une trentaine de tout nus…

Par LIBÉRATION.FR

165.000 manifestants pour une grève historique dans l'Education dans Actualités

Le cortège a relié Luxembourg à Sèvres-Babylone. (AFP)

Ils l’ont fait. Défiler nu. Enfin, à moitié nu, parce que devant des milliers de personnes (45.000 selon les syndicats, 8500 selon la police, entre 110.000 et 165.000 dans toute la France), dont des mineurs et des parents d’élèves… Après avoir posé en petite tenue dans un calendrier pour dénoncer le «dépouillement de l’école», une trentaine de profs a remis ça ce mardi, en tête du cortège parisien contre les suppressions de postes dans l’éducation. Torse nu pour les hommes, soutien-gorge pour les femmes, masque blanc pour tous, impact médiatique assuré.

Les «dépouillés», organisé en collectif, ont égréné une série de noms, professions, chacun ponctué d’un «dépouillé» tonitruant : «Sylvain G. , illustrateur, dépouillé !, Patrice M., étudiant, dépouillé !». «Ce ne sont pas seulement les enseignants, pas seulement des individus, mais tout un ensemble de métiers qui luttent», explique sous son masque Isabelle, prof dans l’académie de Créteil. «On n’est pas là pour faire de l’étalage ou de l’exhibitionnisme, ce qui est choquant c’est la réalité: l’école est nue».

 dans Revue de pressePlus loin dans le cortège, c’est plutôt ambiance chemisettes et jupes sous le genou – sans forcer le cliché. Car, une fois n’est pas coutume, le privé s’est joint au public pour cette journée de grève. Public, privé, même slogan: «Zéro suppressions de postes en 2012». Après 16.000 nouvelles suppressions cette année, public et privé confondu, soit 66.000 au total depuis le début du quinquennat, «la coupe est pleine», résume Marie-Claude, remontée. Prof d’allemand dans un lycée privé parisien, elle n’avait pas manifesté en tant que prof depuis le mouvement pour la défense de l’enseignement privé en 1984. C’est dire. Ce qui l’a poussée à redescendre dans la rue? D’abord, les classes surchargées. «On veut des élèves, pas des sardines», clame d’ailleurs une pancarte quelques rangs derrière elle. «A 35 par classe, ça devient très compliqué», soupire Marie-Claude, qui fustige aussi la réduction des heures de langues au lycée : «Deux heures en première, ça sert à rien.»

«Moi aussi j’en ai ras la mallette»

Même tranche d’âge, même constat, mais côté enseignement public, Nadine, un carton «Moi aussi j’en ai ras la mallette» pendu au cou. Prof d’espagnol en Seine-et-Marne, elle a fait une croix depuis belle lurette sur «les heures qu’on avait pour enseigner en demi-groupes». Résultat, «les élèves les plus en difficultés trinquent les premiers, ce qui est tout l’inverse du sur-mesure prôné à longueur de discours par le ministre».

Plus loin dans le cortège, des jeunes profs stagiaires en mal de formation, regroupés sous dans le collectif «stagiaire impossible», des «Indignés», des lycéens… Etienne et Baptiste, 16 ans, en première S dans l’Essonne, à Saint-Michel-sur-Orges. Ils sont les seuls de leur lycée à s’être déplacés avec leur «pancarte de l’année dernière». Cette année, ils sont 33 dans leur classe «et c’est beaucoup trop. Encore nous ça va, parce que les élèves sont assez calmes mais dans d’autres classes, c’est pas gérable.»

Christine Boutin de sortie

Bien présents aussi en cette période de campagne, les politiques: Ségolène Royal, Martine Aubry, Harlem Désir, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélanchon… Et Christine Boutin. «Je suis là parce que l’éducation nationale est en danger», commence la présidente du Parti Chrétien-Démocrate, tout sourire devant les caméras. Une guêpe vient perturber son plan communication. Puis un enseignant: «Pendant des années, vous avez été dans ce gouvernement et vous n’avez rien fait. Alors c’est bien sympathique de venir défiler, mais c’est un peu tard», l’apostrophe Dominique, prof dans un lycée technique, en chaudronnerie, depuis 37 ans. «Je suis là parce qu’il y a un malaise important», poursuit l’ancienne ministre. «Malaise que vous avez contribué à créer», rétorque le prof, mettant un terme à la pseudo discussion.

En aparté, il poursuit: «Sarkozy a dégradé vraiment les choses, mais elles l’étaient avant, notamment dans les filières techniques. Il n’y a plus de formation spécifique, or les profs doivent apprendre à apprendre. On peut être un bon professionnel et être complètement paumé devant les élèves! D’ailleurs, on n’en trouve plus des profs. Il faut un master pour enseigner aujourd’hui, mais des masters en chaudronnerie ça n’existe pas encore…»

«Ça frise la folie»

En gilets jaune fluo, des enseignants Rased (réseau d’aide aux élèves en difficulté), dont les effectifs ont été sérieusement amochés par les suppressions de postes. Telles Agnès et Annick, fatiguées de «palier le manque» : sur les 20 postes de leur réseau en Essonne, cinq n’ont pas été renouvelés depuis 2007. «On n’arrive plus à gérer, on travaille dans l’urgence permanente. Alors que les besoins, eux, augmentent. Les élèves en difficulté sont encore plus livrés à eux-mêmes dans des classes surchargées. Ça frise la folie.»

 

Derrière la banderole FCPE, première fédération des parents d’élèves, Katherine, mère d’un élève de 4e dans un collège plutôt bien loti de Courbevoie, près de Paris. Elle a posé une RTT pour venir soutenir les enseignants. «Le prof de maths de mon fils est absent depuis la rentrée, il n’a toujours pas de remplaçant. On a fait appel au rectorat qui a répondu :  »le titulaire devrait rentrer de congé maladie en octobre. Estimez-vous heureux, dans 80 classes de l’académie de Versailles, il n’y a pas de prof de maths du tout ».»

 

 

L’éducation au coeur de la campagne de l’élection présidentielle

AFP le 04/09/2011 à 23:00

L’éducation, une des grandes préoccupations des Français, promet d’être un thème fort de la campagne présidentielle de 2012, à en croire les prises de positions politiques et les livres de cette rentrée, dans un contexte d’inégalités scolaires accrues au cours des années 2000.

« J’observe que la question de l’école devrait être au coeur des débats » pour 2012, a déclaré, en s’en félicitant, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, lors de sa conférence de presse de rentrée jeudi.

Livres de François Bayrou, Luc Chatel, Jack Lang ou Arnaud Montebourg, prises de position de Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royal: avant même le retour des élèves sur les bancs des écoles lundi, femmes et hommes politiques ont déjà pris position en cette rentrée sur l’éducation.

Dans « 2012 Etat d’urgence », François Bayrou (Modem) en fait une de ses « deux questions d’urgence nationale », tandis qu’en publiant son « Projet pour l’école », Arnaud Montebourg (PS) prône d’ »inverser la tendance » des suppressions de postes.

Luc Chatel (UMP) a lui présenté son bilan et sa vision dans un entretien avec Jean-Pierre Chevènement (« Le monde qu’on leur prépare »), bilan que Jack Lang (PS) a qualifié de « vandalisme d’Etat contre l’école » en proposant de créer une « Ecole nationale supérieure de formation des maîtres ».

Il est vrai que, selon les sondages, les Français font désormais de l’école une de leurs préoccupations principales après l’emploi. En juillet, le baromètre BVA pour l’Institut Paul Délouvrier plaçait même l’éducation en tête des priorités (pour 60%), devant l’emploi et la santé.

L’enjeu est de taille: si la France forme des élites, elle échoue à combattre l’échec scolaire (depuis 2000, la proportion des élèves de 15 ans « les moins performants en compréhension de l’écrit » est passée de 15% à 20%, selon l’OCDE), si bien que les inégalités s’y creusent.

« Les derniers résultats des évaluations en CE1 et CM2 montrent que le noyau dur des élèves en grandes difficultés persiste », résume Sébastien Sihr, du SNUIpp-FSU, principal syndicat du primaire, alors que Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 de diviser par trois le nombre de ces élèves à l’entrée en 6e.

Les inégalités scolaires se creusent

Pour relever le défi, l’UMP mise surtout pour 2012 sur l’autorité, l’autonomie des établissements, des évolutions au collège et une réforme des missions des enseignants.

En face, le PS veut concentrer ses efforts sur la petite enfance, les établissements défavorisés, la formation pédagogique, la mixité scolaire, et ce en gelant (au moins) les suppressions de postes.

Mais un débat commence déjà à s’imposer en cette rentrée, celui des « missions » des enseignants du secondaire, c’est à dire leurs obligations de service définies dans un décret de 1950 (15 heures de cours hebdomadaire pour les agrégés, 18 heures pour les autres).

Il a été lancé au printemps par Nicolas Sarkozy qui voudrait une présence accrue des professeurs dans leurs établissements, au-delà des heures de classe, mais la proposition reste encore floue.

S’il s’agit de faire travailler plus les enseignants, sans compensation salariale, afin de poursuivre la politique d’économies budgétaires dans l’Education nationale, leurs syndicats ont déjà dit « non ».

Martine Aubry a expliqué qu’elle « regarderait » le décret avec les syndicats si elle gagnait la primaire PS, mais en insistant surtout sur des « temps de concertation » pédagogique et de rencontre des parents.

 

 

Une rentrée, deux écoles

Pour cette dernière rentrée des classes avant l’élection présidentielle de 2012, droite et gauche s’affrontent sur l’éducation.

Article Libé.fr Par VÉRONIQUE SOULÉ

L'éducation au coeur de la campagne de l'élection présidentielle dans Actualités

(Mychele Daniau)

A gauche, les uns veulent la «repenser entièrement», d’autres la «refonder». A droite, Luc Chatel annonce rien moins qu’une «troisième révolution» scolaire, celle de la «personnalisation» (lire page 4)… En cette rentrée 2011, la dernière avant la présidentielle, l’école est au cœur des attentions des politiques. Face à ce que beaucoup considèrent comme l’un des grands gâchis du sarkozysme, elle pourrait être l’un des enjeux de la campagne électorale.

Dans un sondage (1) diffusé le 25 août, 35% des Français placent l’école juste derrière l’emploi (42%) dans l’ordre de leurs préoccupations. Avec les vagues de suppressions de postes, les réformes lancées à marche forcée et la démoralisation des enseignants, le bilan du quinquennat est d’ores et déjà très contesté. Tour de vue des points de divergence.

Les suppressions de postes

Du centre à l’extrême gauche, tout le monde est d’accord : il faut arrêter les coupes claires (60 000 postes supprimés ces quatre dernières années). Si tout ne se résume pas au nombre de postes, il est clair pour l’opposition qu’on ne redressera pas l’école avec toujours moins de profs, d’autant que la France connaît une reprise démographique. Les candidats à la primaire socialiste, dont plusieurs ont présenté leur projet sur l’école la semaine dernière, se montrent toutefois prudents : s’ils demandent un moratoire, ils ne s’engagent pas sur des chiffres. «Je ne pourrai pas rétablir les 100 000 postes supprimés, ce n’est pas possible budgétairement la première année», a prévenu Ségolène Royal. Pour Martine Aubry, l’essentiel sera de «cibler» les moyens supplémentaires sur les établissements en ayant le plus besoin – banlieues difficiles ou zones rurales isolées.

En face, Luc Chatel «assume» les suppressions. D’après lui, l’école ne pouvait pas se dispenser de l’effort national pour rétablir les finances publiques. En plus, la question n’est pas «la quantité» mais «la répartition des moyens». Le ministre cite un chiffre choc pour frapper les esprits à cette rentrée : le budget moyen par élève a augmenté de 80% depuis 1980. Une époque où l’école n’avait pas grand chose à voir à celle d’aujourd’hui, avec alors 25% d’une génération au bac contre 66% désormais…

Les inégalités scolaires

La droite et la gauche font à peu près le même constat : l’école française est l’une des plus inégalitaires d’Europe. Elle forme une élite réduite et, à l’autre bout, le groupe des élèves en échec ne cesse de grossir. De plus, l’écart entre les deux se creuse. Pour la droite, la solution est d’aider les élèves «méritants» – de milieux modestes, plutôt bons et motivés. Elle a mis en place pour eux les «internats d’excellence», réforme phare du quinquennat. En revanche, la masse des élèves modestes qui ne sont pas «méritants» sont abandonnés à leur sort dans des établissements qui, souvent, se ghettoïsent, en raison de l’assouplissement de la carte scolaire voulue par Nicolas Sarkozy et des dérogations de plus en plus nombreuses.

La gauche, elle, croit à l’éducation prioritaire, cette politique consistant à donner davantage de moyens aux établissements les plus en difficultés. Et elle accuse le pouvoir de l’avoir démantelée sans aucun débat. Pour le PS, la lutte contre les inégalités passe en outre aujourd’hui par le primaire, où les écarts se creusent très tôt et souvent ne se rattrapent plus. Pour Martine Aubry notamment, c’est le maillon essentiel sur lequel il faut concentrer les efforts. La gauche prône aussi de manière encore floue un retour à la carte scolaire pour garantir une mixité sociale, mais sans revenir à l’ancien système.

Le sort du collège

Là encore, le diagnostic est assez partagé : le collège ne va pas bien. La droite, qui n’est pas unie sur la question et sait le sujet explosif, s’est pourtant gardée d’y toucher, préférant réformer le lycée et les programmes du primaire. C’est ici sans doute que le débat est le plus idéologique. Beaucoup à l’UMP – mais aussi au sein de la gauche républicaine – ne croient pas au collège unique. Pour eux, vouloir amener tous les élèves en troisième est une utopie qui a conduit à faire baisser le niveau général. Mieux vaudrait donc revenir à une orientation précoce – des élèves «manuels» vers des filières courtes. Jean-François Copé, le patron de l’UMP, a lancé l’idée d’un examen en fin de primaire. Luc Chatel propose des troisièmes «prépa pro» en lycée professionnel et des quatrièmes en alternance.

Pour la gauche, le nœud du problème réside dans la rupture entre l’école et le collège, une transition difficile où les élèves fragiles se perdent. Elle propose d’y travailler pour amortir le grand saut. Arnaud Montebourg va plus loin : il prône une «école unique pour les élèves de 6 à 15 ans», comme cela se fait dans plusieurs pays européens, notamment en Finlande, dont le système scolaire est souvent montré en exemple. Mais il n’est pas sûr que les profs français apprécient… Ses camarades au PS préfèrent vanter une école du «socle commun» où l’on évalue les élèves sur des compétences et pas seulement sur des connaissances disciplinaires.

La formation des enseignants

Pour la première fois, lors de sa conférence de presse de rentrée, Luc Chatel a reconnu que la mise en place de la réforme de la formation des enseignants en 2010-2011 «n’avait pas été facile». C’est peu dire. Les jeunes profs se sont retrouvés parachutés dans des classes avec leur Capes ou leur agrégation sans avoir appris à enseigner. Et cela recommence cette année. L’opposition est unanime sur ce point : la réforme est ratée. Elle visait avant tout à économiser des postes d’enseignants en supprimant l’année de formation en alternance. Il va falloir tout reprendre.

En même temps, le PS annonce un débat sur le métier d’enseignant et sur ses missions, qui ont évolué au fil des ans sans que le statut, datant de 1950, n’ait été revu. Derrière, il y a la volonté de demander aux profs de rester plus dans les établissements, pour y faire notamment du travail en équipe. Un sujet délicat, d’autant que les profs se sentent ces temps-ci très attaqués. La droite parle aussi d’ouvrir le débat. Mais ça commence mal. Luc Chatel envisage de raccourcir de deux semaines les vacances d’été. Ce qui signifie pour les profs travailler plus sans gagner plus…

L’autonomie des établissements

Avec l’individualisation, c’est le grand mot de la rentrée de Luc Chatel : pour moderniser le système, il faut donner davantage d’autonomie au terrain. Cela se traduit à cette rentrée par 300 établissements, faisant partie d’un programme baptisé Eclair, où les directeurs vont participer au recrutement des professeurs. Luc Chatel veut leur donner plus de poids dans l’évaluation des enseignants. L’opposition dénonce cette autonomie qui masque, de fait, un désengagement de l’Etat et l’introduction d’un type de management libéral. La gauche, qui prône une autonomie pédagogique, promet de revenir à un pilotage national du système.

(1) Sondage CSA/Snuipp réalisé par téléphone les 9 et 10 août sur un échantillon représentatif de 1 008 personnes de 18 ans et plus.

 

 

 

Rentrée des classes sous tension

Publié le 05-09-11 à 06:03    Modifié à 08:57     par Le Nouvel Observateur avec AFP     1 réaction

Douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école aujourd’hui. Une rentrée marquée par les suppressions de postes d’enseignants et par la réforme du lycée.

12 millions d'élèves font leur rentrée lundi 5 septembre, de la maternelle au lycée. DURAND FLORENCE/SIPA 12 millions d’élèves font leur rentrée lundi 5 septembre, de la maternelle au lycée. DURAND FLORENCE/SIPA

Plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, font leur retour en classe lundi 5 septembre, une rentrée marquée par quelques nouveautés et de nouvelles suppressions de postes dont les effets se font de plus en plus sentir sur les conditions d’enseignement.

Au total, 6,7 millions d’écoliers, 3,3 millions de collégiens et 2,1 millions de lycéens vont apprendre auprès d’environ 840.000 professeurs.

Réforme du lycée

L’entrée en vigueur de la réforme du lycée en classes de première, des expérimentations comme l’autonomie de recrutement d’enseignants, mais aussi la lutte contre le harcèlement ou de nouvelles sanctions contre la violence comptent parmi les innovations de cette rentrée.

Suppressions de postes

Les syndicats d’enseignants et de chefs d’établissement dénoncent eux une rentrée aux conditions de travail dégradées du fait de « la poursuite de la liquidation de la formation des enseignants » (SE-Unsa, primaire et secondaire) et des 16.000 postes supprimés par rapport à l’an dernier.

Primaire comme secondaire sont touchés: dans les écoles, avec 1.500 classes supprimées dans tout le pays, il y a « par effet mécanique, plus d’élèves par classe » (SNUipp-FSU), et en collèges et lycées la suppression de 4.800 postes intervient au moment où il y a plusieurs dizaines de milliers d’élèves de plus à accueillir (environ 80.000 selon le Snes-FSU).

L’enseignement privé est lui aussi touché (1.433 postes en moins), si bien que les syndicats du secteur ont décidé de se rejoindre à la grève unitaire lancée dans le public pour le 27 septembre.

Luc Chatel rassure les familles

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a voulu « rassurer » les parents en indiquant que la rentrée scolaire des 12 millions d’élèves qui a lieu ce lundi « va bien se passer ».

« Je veux rassurer les parents, chaque enfant aura ce (lundi) matin un enseignant. Il y a 850.000 professeurs qui vont accueillir ce matin les 12 millions d’élèves. C’est un exercice compliqué, complexe, mais nous avons une très bonne administration à l’Education nationale qui fait bien les choses et la rentrée va bien se passer sur le plan administratif et technique », a-t-il déclaré.

Avec les 14.000 suppressions à venir en 2012, quelque 80.000 postes auront disparu au cours du quinquennat 2007-2012 dans l’Education nationale qui pèse pour 60 milliards d’euros, soit 21% du budget de l’Etat.

Le Nouvel Observateur – AFP

 

 

AFP  05/09/2011 à 17:58

Education nationale : Hollande entend arrêter « l’hémorragie » des postes

François Hollande, candidat à la primaire du PS, a affirmé lundi qu’il fallait « arrêter l’hémorragie » des postes dans l’Education nationale, proposant au contraire d’en « recréer » avec un plan « sur plusieurs années » qui commencerait dès la rentrée 2012.

 

François Hollande salue des membres du personnel lors de la visite d'une école à l'occasion de la rentrée scolaire, le 5 septembre 2011 à Tours photo : Alain Jocard, AFP

Lors d’une visite dans une école primaire de Tours le jour de la rentrée scolaire, M. Hollande a estimé, devant des parents d’élèves et enseignants, que « la responsabilité de la gauche n’est pas de faire plaisir aux enseignants comme on le dit souvent d’une manière caricaturale, mais de donner à la France toute entière des chances supplémentaires parce c’est par son école que la France arrivera à retrouver aussi confiance en elle ».

Pour cela, il faut « arrêter la suppression, l’hémorragie » de postes dans l’Education nationale, selon le député de Corrèze qui a dénoncé le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux décidé par le gouvernement, rappelant qu’un fonctionnaire sur deux est un enseignant.

 

« Il va falloir recréer des postes » avec une « programmation sur plusieurs années », a-t-il ajouté, parlant de « plan d’urgence » avec des postes en plus dès la rentrée 2012 si la gauche l’emporte, tout en appelant à « un peu de patience » car « on ne va pas recréer dès le lendemain de l’élection tous les postes qui ont été supprimés ».

Comme Martine Aubry, il souhaite aussi « répartir différemment les enseignants là où les besoins sont le plus criant ».

« On peut demander beaucoup de choses à l’école mais s’il n’y a pas les enseignants, ça devient difficile », « c’est eux qui au bout de la chaîne font la transmission du savoir », a-t-il souligné, plaidant pour un « vrai grand ministère » allant de la petite enfance à la jeunesse.

Pour les enseignants, il a aussi dit réfléchir à « une école nationale de formation ».

Quant au débat sur le décret de 1950 sur le nombre d’heures de cours hebdomadaires dans le secondaire lancé au printemps par Nicolas Sarkozy, M. Hollande a affirmé que c’était « une discussion à engager » mais on ne peut « pas commencer par dire +travailler plus+ », « il faut d’abord recréer la confiance ».

Le candidat à la primaire a également souhaité mener une « réflexion sur la professionalisation des métiers d’accompagnement » des enfants handicapés.

Interrogé sur les différences de programmes avec les autres candidats PS sur l’éducation, M. Hollande a répondu : « il y a un grand consensus parmi les socialistes, nous avons tous fait de l’école la priorité ».

 

Suppressions de postes : les établissements défavorisés sous tension

LEMONDE.FR | 05.09.11 | 17h12   •  Mis à jour le 05.09.11 | 18h38

Cette année, les collèges et lycées français doivent accueillir 40 000 élèves supplémentaires sur un total de 5,4 millions. Parallèlement 4 800 postes d’enseignants sont supprimés – ils étaient près de 350 000 l’année dernière selon l’Education nationale. Dans quelles proportions le nombre d’élèves par enseignant a-t-il évolué ? Cette équation mathématique pourrait être soumise aux élèves de collège. Mais lundi 5 septembre, ce sont tous les chefs d’établissements du secondaire qui s’attèlent à l’exercice et préparent une rentrée sous tension.

 

Au total, 16 000 postes dans le primaire et le secondaire ont été supprimés depuis l’an dernier. Avec 14 000 suppresions prévues en 2012, le quinquennat 2007-2012 enregistrera la suppression de 80 000 postes. Des restrictions budgétaires qui interviennent dans un contexte d’accroissement démographique : davantage d’élèves rentrent dans le secondaire cette année, 80 000 de plus que l’année dernière, selon le syndicat enseignant Snes-FSU. « Evaluation fantaisiste » selon le ministère de l’éducation nationale qui estime précisément à « 40 741 élèves » le nombre de nouveaux entrants dans le secondaire. L’écart de mesure est immense, mais sur le terrain le constat reste le même : il s’agit « de faire autant avec moins ».

LES ÉTABLISSEMENT AGISSENT À LA MARGE

Philippe Vincent, proviseur du lycée Freyssinet à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) fait le calcul : il accueille deux élèves en moins cette année mais dans son lycée, six postes ont été supprimés. Comme les autres chefs d’établissements, son objectif est d’assurer les enseignements obligatoires en priorité. « J’ai utilisé trois leviers », explique le proviseur, également secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-UNSA). Le premier levier : l’augmentation des élèves par classe, une mécanique observée dans la vaste majorité des établissements. « Dans les classes de seconde nous sommes passés de 29-31 élvèves par classes à 33 voire 36 élèves, » note-t-il. Le proviseur a également regroupé  les classes de première Littéraire et Economique et Social pour certains cours, une solution rendue possible par la réforme du lycée qui prévoit un tronc commun pour les classes de première. « Enfin, j’ai dû me. sepérer de l’italien en tant que troisième langue vivante en seconde : on a fermé l’option »

Les établissements agissent ainsi à la marge : augmentation des effectifs, suppressions des heures de soutien, des ateliers ou des cours optionnels, rajout d’heures supplémentaires aux professeurs titulaires ou encore recours aux professeurs contractuels ou vacataires. Selon Philippe Vincent, l’enseignement à temps plein des professeurs stagiaires dès la première année « permet aussi d’avaler la pillule ». « J’ai l’impression d’avoir raqué les fonds de tiroirs et d’être allé au bout de ce que je pouvais sans attaquer la qualité de l’enseignement, estime ainsi le chef d’établissement. La question est maintenant la suivante : comme je gère la prochaine étape? »

LES ÉLÈVES DÉFAVORISÉS, LES PLUS TOUCHÉS

Dans l’immédiat, ces ajustements permettent d’assurer la rentrée. Mais pour les équipes pédagogiques, certains pâtiront rapidement de ces changements : les élèves les plus défavorisés. « A Henri IV, pas de problème, » résume Patrick Cambier, secrétaire permanent du SPDNEN, mais avec l’augmentation des effectifs et la suppression des heures de soutien, les professeurs auront « moins de disponibilité pour les élèves en difficulté (…) C’est laisser agir le jeu social , tout ira bien pour certains et pour les autres les inégalités iront en s’agrandissant », dénonce Patrick Cambier.

 

 

 

Les élèves défavorisés par leurs origines sociales souffriront encore plus des suppressions de postes.

Les élèves défavorisés par leurs origines sociales souffriront encore plus des suppressions de postes.AFP/ÉRIC FEFERBERG

Jérôme Ferec, professeur de Sciences de la vie et de la terre (SVT) au collège Jean Perrin, dans le 20e arrondissement de Paris, prépare ainsi « une rentrée plus difficile que les autres ». Dans ce collège parisien, au moins 90 % d’élèves viennent de milieux défavorisés. Le taux de réussite au brevet de 2011 est l’un des plus faibles de l’Académie : 51 % en contre 83 % pour l’Académie de Paris. Lundi matin, si le ministre de l’éducation nationale Luc Chatel affirmait sur France 2 que la rentrée allait « bien se passer sur le plan administratif et technique », dans le collège Jean Perrin certaines élèves découvrent un emploi du temps sans cours de SVT, d’anglais ou d’arts plastiques. En cause : la suppression de trois postes après que l’Académie de Paris a mal évalué l’afflux de 40 nouveaux élèves pour cette rentrée.

Ces lacunes devraient être comblées dans « les quinze prochains jours », espère le principal du collège, M. Caron, avec le recours notamment à des professeurs remplaçants ou vacataires. En attendant, Jérôme Ferec s’apprête à distribuer à la classe de 4e dont il est le professeur principal un emploi du temps temporaire, sans mention des salles de classe ni cours d’arts plastiques. Il anticipe l’accueil de ses élèves avec un entrain mêlé d’inquiétude : « Il faudra trouver les mots (…), les élèves ont une mauvaise image de l’éducation dans leur quartier et un sentiment d’injustice car ils savent qu’il en est autrement dans les collèges de centre-ville ». Pour ce professeur, également délégué au syndicat enseignant SNES, le recours à des remplaçants également engagés auprès d’autres établissements est particulièrement préjudiciable dans un collège où « les élèves demandent une attention énorme » : ces professeurs seront automatiqument moins disponibles, estime-t-il.

ECHEC SCOLAIRE ET VIOLENCE

Pour sa collègue de lettres modernes, Clarisse Bensaïd, c’est avant tout l’augmentation des effectifs et la suppression des ateliers et heures de soutien qui risquent de peser sur les conditions d’enseignement. « L’année dernière, j’avais huit heures en demi-groupe, cette année deux heures seulement. » Des dédoublements de classe nécessaires selon la professeure et syndiquée auprès du SNES : « Nous sommes face à un public issu de l’immigration (…), des élèves qui ne peuvent travailler à la maison et se couchent tard. Ils sont donc fatigués, dissipés, ont de fortes difficultés de concentration ». Les demi-groupes, organisés en ateliers d’écriture permettaient « de remettre sur les rails : on peut dialoguer avec l’élève ». Clarisse Bensaïd a ainsi rencontré des élèves qui, inhibés et braqués, rendaient feuille blanche en classe entière mais qui, avec davantage d’attention du professeur, « posaient les premiers mots » en demi-groupe.

Les changements induits par les suppressions de postes et l’arrivée d’élèves supplémentaires vont entraîner un accroissement de l’échec scolaire et de la violence, redoute Clarisse Bensaïd : « Quand on a pas les mots, on va à l’insulte ». « Aujourd’hui, nous sommes dans un ghetto et l’on va davantage ghettoïser l’éducation », dénonce la professeure.

C’est dans ce contexte tendu que les syndicats ont appelé à une grève unitaire, le 27 septembre. Des initiatives se multiplient déjà : des élus communistes ont appelé à des actions dans toute la France cette semaine. A Toulouse, un comité de défense de l’école s’est créé. Mais syndicats et enseignants admettent à demi-mots leurs doutes quant au succès de la mobilisation. En salle des professeurs, ils résument le sentiment des équipes pédagogiques : « la résignation ».

Flora Genoux

Une rentrée des classes très politique

Publié le 05-09-11 à 12:19    Modifié à 17:02     par Le Nouvel Observateur     5 réactions

Les ténors de l’UMP jouent aux profs donneurs de leçons. Par Véronique Radier.

Un élève écrit sur le tableau noir, dans l'une des classes de l'école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011, jour de la rentrée scolaire. (AFP - Frank Perry) Un élève écrit sur le tableau noir, dans l’une des classes de l’école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011, jour de la rentrée scolaire. (AFP – Frank Perry)

Jamais rentrée des classes n’aura à ce point autant passionné nos politiques. Année électorale oblige. Il faut dire que déjà, lors de la présidentielle de 2007, l’école avait été au centre des débats. En 2012 le sujet sera plus brûlant encore… car il préoccupe de plus en plus les Français, classes moyennes en tête.

Rhétorique parfaitement huilée

Les ténors de l’UMP jouent aux profs donneurs de leçons : « j’ai l’impression que le PS découvre l’Education Nationale » a ainsi ironisé Luc Chatel, le ministre de l’Education, lors de sa conférence de presse de rentrée.

Fort habile, il connaît, c’est vrai, ses dossiers sur le bout des doigts et a mis au point une rhétorique parfaitement huilée que reprennent à leur compte les leaders de la majorité, comme Jean-François Copé ce matin sur France Inter.

Pour justifier, par exemple, les 80 000 suppressions de postes en cinq ans, la disparition de l’année de formation en alternance des enseignants, ils répliquent qu’ »il ne faut pas tout ramener à ‘la question des moyens‘ ». Jolie pirouette pour esquiver le débat.

Suppressions de postes et de moyens

Mais derrière les effets d’annonces incessants, pas une semaine où Luc Chatel ne lance une « nouveauté « , le tableau de l’école en 2011 est plus noir que rose…

Deux exemples : les suppressions de postes et de moyens pèsent d’avantage encore sur les établissements défavorisés et les nouveaux enseignants, cuvée 2012, ne sont guère mieux préparés à leur job que ceux de l’an passé.

Bref, on cherche en vain « l’école sur mesure pour chaque élève » que le gouvernement prétend mettre sur pied.

Véronique Radier – Le Nouvel Observateur

 

 

Education: qui propose quoi à la primaire socialiste

4 commentaires Par LIBÉRATION.FR

 dans Revue de presse

(ajari/Flickr)

Quel est le programme du parti socialiste sur l’éducation ? Les candidats à la primaire se démarquent-ils sur ces questions? Fiche pratique pour y voir plus clair.

Le tronc commun

«Nous proposons un nouveau pacte éducatif à la nation», lit-on en préambule. Voici les propositions, dans l’ordre:

Les tout-petits

Lancer un plan de création de places en crèches.
Permettre la scolarisation dès deux ans pour les parents qui le souhaitent (et non seulement en fonction du nombre de places disponibles).
Rendre la scolarisation obligatoire dès trois ans (contre six ans aujourd’hui).

> A lire: scolarisation des tout-petits (décryptage).

Le primaire

Objectif: «L’école primaire souffre d’un sous-investissement (…) Nous lui donnerons les moyens de garantir à tous les élèves l’acquisition d’un socle de compétences (lire, écrire, compter, cliquer)»

Refonte des rythmes scolaires «pour alléger les journées de travail et mieux les répartir dans l’année». 

> A lire: «Raccourcir les vacances d’été?», ici
«Maires des grandes villes contre maires des montagnes» ici

Personnalisation des réponses éducatives avec des pédagogies différenciées.

Nouvelle sectorisation «qui prendra en compte un indice de mixité sociale». Référence ici à la carte scolaire, que Nicolas Sarkozy avait promis de supprimer.

> A lire: «La nouvelle carte scolaire des inégalités» ici
et «La carte scolaire a la peau dure» (papier datant de juillet 2010) ici

Le secondaire (collège, lycée)

Pas grand chose. Si ce n’est: «maintenir un champ très large de disciplines et de compétences indispensables à la réussite.»

L’enseignement supérieur

Rétablir l’enseignement pluridisciplinaire en début de cycle et améliorer l’encadrement pédagogique pour «empêcher les échecs trop importants».

Développer l’offre de formation technique et professionnelle.

Mettre en place des aides financières: une allocation d’études sous conditions de ressources pour les étudiants. Et un dispositif «nouvelle chance» pour les jeunes sortis tôt du système éducatif et souhaitant reprendre une formation.

Le statut et la formation des enseignants

Objectif: «élaborer une réforme qui devra être prête pour la rentrée scolaire 2013»

Revalorisation du métier d’enseignant.
Rétablir une véritable formation initiale.
Décharger les enseignants des missions qu’ils n’ont pas à remplir (en les confiant à des psychologues, des assistantes sociales, etc.).
«Au delà des mesures d’urgence, une réforme devra être prête pour la rentrée 2013».

> Source: le projet PS version longue (en pdf, ici)
Version courte (en pdf, ici)

Les propositions des candidats

Sur l’éducation, comme sur les autres sujets, les six candidats (Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls) ont évidemment des positions communes. Dans leurs déclarations et feuilles de route, ils reprennent largement les mesures inscrites dans le projet socialiste commun. Mais certains vont plus loin dans leurs engagements et propositions. Inventaire des différences.

Ségolène Royal

La candidate se targue d’avoir une meilleur connaissance du sujet que ses concurrents en tant qu’ancienne ministre déléguée à l’Enseignement scolaire (1997-2000).

• Mettre «deux adultes dans les classes, là où c’est nécessaire». L’idée est de mettre en place des binômes dans les zones les plus difficiles en envoyant au côté de l’enseignant en poste un stagiaire en formation. L’année de formation professionnelle serait en effet rétablie.

Organiser un soutien scolaire gratuit coordonné par des associations et dispensé par les étudiants, qui en contrepartie, verraient leur cursus revalorisé.

Lutte contre la violence scolaire: Royal propose de créer «un nouveau métier d’éducateur accompagnateur des enseignants», sorte de «surveillant bien formé qui pourrait s’intégrer dans l’équipe éducative».

Moratoire immédiat sur les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012 (14.000, ndlr), et rétablissement de l’année initiale de formation des enseignants. Mais la candidate ne se risque pas à chiffrer des rétablissements de postes.

Avance sur calendrier: il faut dès 2012, «des solutions efficaces, concrètes, justes et immédiates.»

Précision: sur le temps de travail des profs, elle ne souhaite pas reprendre sa proposition de 2006 préconisant que les enseignants restent 35 heures sur leur lieu de travail, qui selon elle «prête à confusion» «La charge de travail des enseignants» devra être «définie avec eux et par bassin scolaire» en fonction des difficultés des établissements.

> Source: conférence de presse du mercredi 30 août.

François Hollande

Sur la scolarisation des tout-petits, il avance un objectif chiffré: «Je veux ouvrir 500.000 places pour accueillir les jeunes enfants.» Et la création d’un droit prioritaire de garde: «Pour les 2,7 millions d’élèves les plus démunis, il faut aussi donner à leur famille un droit prioritaire pour la garde de leurs enfants.»

Orientation: «Je veux mettre en place un référent dans les écoles, qui suivra l’élève tout au long de ses choix.» «Plus aucun jeune ne doit sortir du système scolaire sans une vraie qualification.»

Etudiants: Hollande reprend l’idée d’un «contrat d’autonomie», «qui leur assure des conditions de vie dignes, à travers des systèmes d’allocations d’étude ou de prêt pour financer leurs études.» Cette idée de prêt n’est pas exprimée en tant que telle dans le projet commun.

A lire aussi: «Hollande propose un plan d’urgence pour la rentrée 2012»

> Source: le site de campagne de François Hollande, ici

Martine Aubry

Secondaire: alors le programme commun est très bref sur le secondaire, Aubry souhaite une «mobilisation massive contre l’échec au collège». Ses leviers: «personnalisation des parcours scolaires et des pédagogies, valorisation des matières technologiques et professionnelles», «meilleure orientation.» Son engagement : «100 % des lycéens doivent sortir du secondaire avec une formation générale, technologique ou professionnelle.»

Sécurité dans les écoles: Aubry souhaite «rétablir la sécurité dans les établissements scolaires», sujet absent du programme commun. «J’accorderai un nombre suffisant de professionnels formés là où il y en a besoin. Ils seront accompagnés par des emplois d’avenir pour encadrer les élèves. Je créerai un nouveau métier de l’éducation dédié à la surveillance dans l’enceinte scolaire et à ses abords.»

Sur les choix budgétaires, «Je donnerai plus à ceux qui ont moins (établissements classés prioritaires, ndlr). Les moyens accordés à l’éducation nationale seront mieux répartis entre les territoires et les établissements.»

Calendrier resserré: comme Ségolène Royal, Martine Aubry souhaite une réforme applicable dès septembre 2012, alors que le programme PS parle de 2013. Aubry souhaite engager une «large concertation avec les enseignants», au lendemain de la primaire «pour être prêts, dès la rentrée 2012».

> Source: le site de campagne de Martine Aubry, ici.

Arnaud Montebourg

Il est le candidat qui a le plus développé ses propositions sur l’école: 137 pages, à lire ici (pdf).
En accéléré, ça donne:

Créer, à terme, une «école commune»: rassembler primaire et collège en un établissement unique, «ou les rapprocher au maximum».

Repenser la journée à l’école, partagée en trois temps inégaux: l’enseignement des disciplines du socle commun, l’enseignement de disciplines plus culturelles le latin, qui retrouvera ainsi une place, comme fondement de notre société»). Mais aussi de l’artisanat et du patrimoine, en passant par l’apprentissage d’une autre langue, le théâtre et les autres arts ou les projets européens. Le troisième temps sera celui de l’étude obligatoire, assurée par des étudiants encadrés par des professeurs. Du primaire à la terminale.

Rythme scolaire: «Les journées seront allégées, les semaines dureront cinq jours et l’année scolaire sera allongée de deux semaines.»

Pédagogie. Un accroissement sans précédent du nombre d’heures en petits groupes. Former les enseignants à de nouvelles pratiques pédagogiques, notamment coopératives.

Des classes hétérogènes. Avec la disparition des «classes à profil» (classes européennes, classes bi-langues, classes homogènes et élitistes composées des élèves «allemand première langue et latin» et toutes les autres classes qui tendent à l’homogénéité…).

Un nouvelle carte scolaire. «Les familles émettraient des vœux classant plusieurs établissements d’un secteur géographique donné; charge aux autorités académiques de s’efforcer d’assurer une mixité scolaire entre les établissements.»

Vers «un lycée polyvalent», regroupant l’enseignement général et technologique et professionnel. Donner un contenu commun aux filières du lycée: entre autres, sciences économiques et sociales et philosophie pour tous.

Sur les suppressions de postes: «Nous inverserons la tendance.» Grâce à une approche «différenciée» de la pédagogie, «la fin de l’échec scolaire» et un redoublement «réduit à des situations exceptionnelles» permettront de «dégager 13.000 postes d’enseignants (8.300 au collège et 5.500 au primaire)».

La formation des enseignants: elle se fera «en deux temps et en deux ans». La réforme de la masterisation est aménagée avec le concours ramené à la fin de la première année de master. Pendant les deux ans, «le stagiaire sera en alternance enseignement/formation et accompagné pour la gestion de classe et la didactique de sa (ses) discipline(s)». Enfin, «des enseignants formateurs professionnalisés feront leur apparition pour appuyer les nouveaux  professeurs.»

Manuel Valls

Financement: «Sans dépenser un euro de plus, le produit fiscal des heures supplémentaires pourra ainsi être réaffecté à l’éducation de nos enfants. Ce choix les préparera mieux à l’avenir que 300.000 emplois précaires de cinq ans

Réaffecter les moyens sur les zones scolaires les plus difficiles. Pour ces écoles et ces collèges, l’augmentation de 25% des financements devra permettre de tenir deux objectifs. D’une part, les professeurs expérimentés seront incités à y rester par une majoration sensible de leurs salaires. D’autre part, des professeurs nouveaux y seront recrutés pour réduire le nombre d’élèves par classe et personnaliser les réponses éducatives. Autre engagement: dans les ZEP, en CP et CE1, le nombre d’élèves par classe ne doit pas excéder 17.

Rythme scolaire. «Comme en Finlande, le temps scolaire des écoliers s’étalera sur 188 jours.»

• Renforcer les passerelles entre primaire et secondaire en généralisant «les échanges de professeurs entre CM2 et 6e».

Expérimenter des pistes nouvelles. Entre autres : mettre en place un «véritable service public de l’orientation», «faire de l’alternance une voie d’excellence».

Enseignement supérieur. Indispensable autonomie des universités (conçue comme la capacité de s’administrer elle-même et de définir ses orientations stratégiques, dans le cadre des politiques publiques nationales et locales). Valls est également favorable aux investissements privés dans les universités tout en étant vigilant: «les financements publics doivent rester majoritaires

> Sources: son livre L’énergie du changement, l’abécédaire optimiste, à paraître au Cherche-Midi le 8 septembre prochain (extraits à lire ici). Et le livre «Pouvoirs», publié en 2010 aux éditions Stock (extraits à lire ici).

Jean-Michel Baylet (parti radical de gauche)

Pour les tout-petits: plutôt que la scolarisation dès deux ans (inscrite dans le programme PS), le PRG veut développer des jardins d’éveil pour les 2-3 ans dans le cadre d’un «service public de la petite enfance».

Mettre le paquet sur la formation professionnelle: accompagner les lycées professionnels pour qu’ils soient tous labellisés «lycée des métiers» dans cinq ans.
Développer l’apprentissage sous statut scolaire afin d’améliorer la formation générale de ces filières. Créer une voie des métiers, du Bac Pro en trois ans aux formations supérieures.

Formation et statut des enseignants: Maintenir le principe des concours nationaux de recrutement et des programmes nationaux. Tout en mettant en place un système de pré-recrutement des enseignants au niveau licence afin de faciliter la transition vers la masterisation par une formation en alternance de deux ans. Et revoir le système de notation des professeurs afin d’éviter que les plus inexpérimentés ne commencent systématiquement leur carrière en ZEP.

> Source: le site Internet du parti radical de gauche, ici

 

 

humanitefr le 5 Septembre 2011

Une rentrée scolaire de « pénurie et de dérégulation »

Mots clés : Education,

Nouvelle année de diète pour le monde éducatif. Alors que plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, ont fait leur retour en classe lundi matin, cette rentrée est une nouvelle fois marquée par des suppressions de postes et une série de mesures dont les effets se font de plus en plus sentir sur les conditions d’enseignement. Une journée de mobilisation unitaire est prévue le 27 septembre.

L’entrée en vigueur de la réforme du lycée en classes de première, des expérimentations comme l’autonomie de recrutement d’enseignants, la mise en place d’une évaluation en classe de 5e et une pré-orientation vers la voie professionnelle à partie de la 3e mais aussi la lutte contre le harcèlement ou de nouvelles sanctions contre la violence comptent parmi les innovations de cette rentrée. Pour la FSU, « c’est une école à plusieurs vitesses qui organise le tri entre élèves méritants et les autres« . Jeudi, le ministre Luc Chatel avait dressé un bilan des réformes depuis 2007 en louant le « plus beau métier du monde », tout en « assumant » les dizaines de milliers de postes d’enseignants supprimés…

Syndicats d’enseignants et chefs d’établissement dénoncent une rentrée aux conditions de travail dégradées du fait de « la poursuite de la liquidation de la formation des enseignants » (SE-Unsa, primaire et secondaire) et des 16.000 postes supprimés par rapport à l’an dernier. Le primaire comme le secondaire sont touchés.

Dans les écoles, avec 1.500 classes supprimées dans tout le pays, il y a « par effet mécanique plus d’élèves par classe », selon le SNUipp-FSU, principal syndicat du secteur. Et d’année en année, les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire (Rased), les postes de conseillers pédagogiques et d’intervenants en langues étrangères font les frais des coupes budgétaires.

En collèges et lycées, la suppression de 4.800 postes intervient au moment où il y a plusieurs dizaines de milliers d’élèves de plus à accueillir: environ 40.000 élèves selon Luc Chatel, le double selon le Snes-FSU.

L’enseignement privé est lui aussi touché (1.433 postes en moins), si bien que les syndicats du secteur ont décidé de se joindre à l’appel à la grève unitaire lancé dans le public pour le 27 septembre.

Avant cela, les élus communistes ont appelé à une semaine d’actions à travers la France de lundi à vendredi, et un comité de défense de l’école vient d’être créé à Toulouse réunissant élus, enseignants et parents d’élèves.

Avec les 14.000 suppressions à venir en 2012, quelque 80.000 postes auront disparu au cours du quinquennat 2007-2012 dans l’Education nationale, qui pèse pour 60 milliards d’euros, soit 21% du budget de l’Etat.

 

Article : Le Figaro.fr
Éducation : les enjeux pour la présidentielle

Mots clés : , , ,

Par Marie-Estelle Pech Publié le 04/09/2011 à 21:15 Réactions (136)

Selon un sondage CSA, l'éducation est la deuxième préoccupation des Français après la question de l'emploi.
Selon un sondage CSA, l’éducation est la deuxième préoccupation des Français après la question de l’emploi. Crédits photo : DENIS CHARLET/AFP

 

PS et UMP s’affrontent sur le statut des enseignants, les rythmes scolaires et les parcours individualisés.

coeur-En ce jour de rentrée scolaire, l’éducation s’impose comme l’un des sujets majeurs de la campagne présidentielle à venir. Dans un sondage réalisé le mois dernier par l’institut CSA, le thème arrive en seconde position, juste après l’emploi, dans la liste des préoccupations des Français. La classe politique l’a bien compris : Luc Chatel, Arnaud Montebourg, François Bayrou viennent d’écrire des livres sur le sujet. Des ballons d’essai ont été lancés lors des universités d’été avant même la rentrée scolaire. Et l’UMP comme le PS s’appuient sur des think-tanks comme l’Institut Montaigne, la Fondation politique ou Terra Nova pour avancer leurs pions. Quatre sujets font déjà débat.

flechegrise2 Le statut des enseignants 

Ce dossier délicat a été rouvert par Nicolas Sarkozy en juin dernier. «Nous serons amenés à réfléchir dans les mois à venir aux conditions d’exercice du métier d’enseignant», avait-il déclaré lors d’un déplacement. L’idée que les enseignants devraient passer plus de temps dans les établissements scolaires fait son chemin à droite. Ces questions ne sont pas totalement restées en friche pendant le quinquennat. Une réforme de leur formation, notamment, a été entamée et le traitement des jeunes enseignants a été revalorisé pendant leur première année d’exercice. Pour le reste, il y a tout à faire. Depuis 1950, date à laquelle les décrets régissant le métier ont été pris, rien n’a changé : un titulaire du concours du Capes «doit» dix-huit heures de cours hebdomadaires quand un agrégé en effectue quinze. Tous ceux qui ont essayé de faire bouger les lignes ont échoué. Dernier en date : Gilles de Robien en 2007, dont la réforme fut abandonnée. Une fois élu, Nicolas Sarkozy avait préféré lancer une concertation globale sur le métier. Mais le rapport Pochard qui en avait découlé en 2008 est resté en jachère, le sujet étant jugé trop explosif. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy affiche la volonté d’en faire un sujet de campagne, même si, comme Luc Chatel l’a rappelé dans Le Parisien, le thème «reste sensible comme les retraites : tout le monde est d’accord pour qu’on s’en occupe, mais quand il faut que chacun fasse un effort, plus personne n’est là !». La gauche est quant à elle gênée. Elle ne tient pas à braquer son électorat échaudé par l’expérience Allègre et ses «petites phrases» peu amènes sur le monde enseignant. Certes, Ségolène Royal avait abordé le sujet de front en 2007, affirmant que les enseignants devraient pouvoir rester 35 heures dans les établissements. Les candidats à l’investiture du Parti socialiste estiment tous nécessaire de redéfinir les missions des enseignants mais si Arnaud Montebourg et Manuel Valls l’affirment franchement, Martine Aubry et François Hollande restent prudents.

flechegrise2 Les rythmes scolaires 

C’est un «beau sujet de campagne présidentielle», affirme-t-on dans l’entourage de Luc Chatel. Les heures de cours sont trop concentrées, des dizaines de rapports l’ont démontré depuis trente ans. Dans sa «Lettre aux Français», Martine Aubry affirme aussi qu’il faut «repenser les rythmes scolaires avec les familles et les collectivités locales» et propose l’organisation d’une semaine de cinq jours. Un rapport remis à Luc Chatel au printemps propose un raccourcissement des vacances d’été et un retour à la semaine de quatre jours et demi. Ces projets divisent car il est difficile de séduire tout le monde, parents, enseignants, industrie du tourisme et collectivités locales. La diminution des vacances d’été ne peut être envisagée qu’accompagnée d’une modification du temps de travail des enseignants. Un «zonage» rendrait compliquée l’organisation du bac qu’il faudrait donc revoir… Quant au retour à une semaine de quatre jours et demi, elle est complexe. Localement, dans les conseils d’école, parents et professeurs préfèrent conserver la semaine de quatre jours. Si cette dernière est néfaste pour les enfants, selon les spécialistes, les adultes sont satisfaits de ce nouveau rythme…

flechegrise2 Les suppressions de postes 

Sur ce point, l’UMP et le PS diffèrent radicalement. «Ceux qui vous disent aujourd’hui dans le cadre d’une course à l’échalote qu’ils recréeront des postes dans l’Éducation nationale en 2012 mentent», a affirmé Luc Chatel. Ségolène Royal s’est prononcée pour un «moratoire sur les suppressions de postes». Martine Aubry, elle, a affirmé qu’elle «mettr(ait) fin immédiatement aux suppressions massives de postes».

flechegrise2 L’individualisation des parcours 

La «personnalisation» des enseignements, l’une des promesses du candidat Sarkozy en 2007, a été l’un des grands chantiers du quinquennat : les deux heures d’accompagnement personnalisé hebdomadaires au lycée en témoignent. De même, les élèves d’école primaire bénéficient de deux heures de soutien par semaine. Enfin, des stages de remise à niveau sont désormais organisés pendant les vacances. Les internats d’excellence ou les établissements de réinsertion scolaire vont aussi dans ce sens de parcours personnalisés et l’UMP entend poursuivre dans cette direction. «La vraie question aujourd’hui, c’est le sur-mesure», affirme Luc Chatel. Pour lutter contre l’échec scolaire, Martine Aubry invoque aussi «la personnalisation des parcours scolaires et des pédagogies». Une annonce raillée par le ministre de l’Éducation la semaine dernière : «Avant, le Parti socialiste avançait des recettes du passé, maintenant, il décrit le présent. J’ai envie de leur dire : “N’hésitez pas à venir voir ce qui est mis en œuvre dans les écoles.”»

 

 

 

 

CAPES 2010 : bingo pour le privé.

Article à consulter sur :

http://ecole.demain.free.fr/spip.php?article453

ou

http://4tous.net/ecoledemain/spip.php?article453

 

Le nombre de postes aux concours du privé (CAFEP) a été publié (pas en même temps que le nombre de postes aux concours du public, mais cette fois-ci ce n’est peut-être pas anodin…).
Alors que le nombre de postes au CAPES externe est en lègère diminution (5006 postes cette année contre 5095 l’an dernier), et toujours largement inférieur au nombre de départs en retraite, le nombre de postes au CAFEP-CAPES (concours externe du privé), lui, est cette année multiplié par deux et même plus (1260 postes contre 569 l’an dernier) !
Répartition 2010 : http://www.education.gouv.fr/cid4588/contrats-offerts-cafep-capes.html
Répartition 2009 : http://www.education.gouv.fr/cid48867/cafep-capes-session-2009.html

Il n’y avait jamais eu autant de postes au CAFEP depuis au moins 2004 (statistiques sur le site du Ministère).

Quelques exemples précis par discipline :
- lettres modernes : 40 postes en moins au concours du public, et dans le même temps 126 postes en plus au concours du privé (200 postes contre 74 l’an dernier) ;
- anglais : 42 postes en moins pour le public, 52 postes en plus pour le privé (95 postes contre 43 l’an dernier) ;
- philo : nombre de postes dans le privé multiplié par 4 (20, contre 5 l’an dernier), alors que le public n’offre que 32 postes. Qu’en est-il du ratio 80/20, est-il toujours inscrit dans la loi ?

Les économies budgétaires ne concernent-elles que certains secteurs de l’Education (le secteur public) ?

Le Ministère compte-t-il médiatiser, assumer et justifier cette différence de traitement entre le public et le privé ?

Les jurys de concours auront-ils la décence de ne pas pourvoir tous les postes aux concours du privé (c’est déjà le cas depuis très longtemps dans plusieurs disciplines) si cela est nécessaire pour que la barre d’admission ne soit pas plus basse dans le privé que dans le public (question de justice et d’égalité de traitement dans l’accès à l’emploi) ?

-S’agit-il de compenser des errances antérieures qui auraient trop lourdement affecté l’enseignement privé ?
Au vu des chiffres, non…

-Peut-être est-ce que ce recrutement intensif dans le privé a pour but de compenser des départs massifs d’enseignants en déroute ?
Pas plus.

-Serait-ce donc que les établissements privés auraient à faire face à une véritable afflux des élèves en provenance d’un enseignement public fortement décrié ?
Pas vraiment non plus.

-Peut-être est-ce que ce recrutement exceptionnel vise seulement à réparer la cruelle injuste d’une surcharge ancienne et rémanente des classes dans le privé ?
Toujours pas…

Alors ?

Trépidante enquête menée ici :

http://4tous.net/ecoledemain/spip.php?article453

 Réduction du nombre d’enseignants : oui, mais pas dans le privé…

- Dans le public, on passe de 5094 postes en 2009 à 5006 postes en 2010, soit une baisse de 81 postes, ce qui correspond à un peu moins de 2% : 1,75% de postes en moins par rapport à 2009. 1,75% de moins pas de quoi mettre du monde dans les rues, pourrait-on dire si on s’en tient à cette observation. Rien d’inattendu non plus.

- Dans le privé, on observe en revanche 1260 postes ouverts en 2010 au lieu des 568 mis au concours en 2009. Cela correspond tout de même à plus du double (x 2,21) du nombre initial !

Concours second degré public : CAPES externe

  Postes Postes Evolution

Concours second degré privé : CAFEP/CAPES externe

  Postes Postes Evolution

Que s’est-il passé ?

S’agit-il de compenser des errances antérieures qui auraient trop lourdement affecté l’enseignement privé ?

On peut également trouver les places ouvertes pour les années antérieures sur le site du Ministère. on peut ensuite les compiler en tableau. C’est un peu fastidieux, mais l’appétit de connaissance nous tenaille…

 

 


 

 Evolution des postes aux concours depuis 2004

Observe-t-on, donc, une baisse excessive du recrutement dans le privé, et cela de façon injuste et décalée par rapport au public ?

Et bien, il semblerait que non… Le tableau ci-dessous s’agrandira pour le plus grand plaisir de vos yeux si vous cliquez dessus. Nous vous suggérons humblement de l’ouvrir dans une nouvelle fenêtre afin de pouvoir l’analyser à la lumière de nos modestes commentaires.

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sources : 1 ;2 ;3 ;4 ;5 ;6 ;7 ;

Mais cela est plus parlant sur un graphique : graphique, donc, du nombre de postes aux concours CAPES et CAFEP/CAPES de 2004 à 2010

JPEG - 61.7 ko

Dans le public, le nombre des postes ouverts au CAPES diminue avec constance, marque un palier en 2009 pour reprendre de façon moins soutenue en 2010.

Dans le privé, le nombre de postes ouverts au CAFEP/CAPES est en baisse légère en 2005 et 2006, se stabilise en 2007 et 2008. On observe un fléchissement un peu net en 2009, avant la remontée marquée de 2010 qui a attiré notre attention. Cette évolution s’achève à un niveau plus élevé que le point de départ en 2004.

Peut-être est-ce que cette baisse un peu plus marquée de 2009 a suscité un fort mouvement de lobbying qui a influencé nos gourvernants pourtant peu favorables à l’enseignement confessionnel…

Mais ne persiflons pas trop vite et formulons vite une autre hypothèse :

Peut-être est-ce que ce recrutement intensif dans le privé a pour but de compenser des départs massifs d’enseignants en déroute ?

Les postes mis aux concours permettraient alors juste de rééquilibrer cette tendance, et le nombre total d’enseignants du privé resterait en diminution dans un contexte de fort renouvellement ?

Examinons donc l’évolution du nombre total d’enseignants dans le secondaire, dans le public et le privé. On en trouve les données nécessaires dans la brochure Etat de l’école, octobre 2008, également publiée par le ministère de l’Education Nationale, media.education.gouv. On peut télécharger le-dit document ici, et consulter ce tableau p17.

 

 


 

 Nombre total d’enseignants : évolution depuis 2000.

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Ces chiffres apaisent un peu nos suspicions :

- Dans le public, le nombre des enseignants baisse régulièrement depuis 2004.
- Dans le privé, cette baisse s’amorce avec un an de retard… mais semble effective.

Convertissons cependant ce tableau en graphique, en prenant comme référence l’effectif des enseignants en 2000.

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On s’aperçoit avec stupeur que la réduction du nombre total de profs du secondaire dans le privé reste assez légère, et surtout, que les enseignants y restent sensiblement plus nombreux dans ce type d’établissements en 2008 qu’en 2000.

Par contre, c’est loin d’être le cas dans le public….

Mais dira-t-on, cet article est tendancieux, on fait dire aux chiffres ce qu’on veut, comment ose-t-on comparer l’évolution de 700 000 postes du public avec les malheureux 140 000 postes du privé sur une même échelle ?

Soit.

Convertissons donc ces chiffres en pourcentage de l’année 2000.

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Le graphique obtenu ne contredit pas l’impression initiale, loin de là.

Dans le privé, le nombre total d’enseignants progresse de façon presque constante par rapport à 2000.

Ce qui n’est toujours pas le cas dans le public.

Serait-ce donc que les établissements privés auraient à faire face à une véritable afflux des élèves en provenance d’un enseignement public fortement décrié ?

Cette hypothèse mérite toute notre attention. Reportons-nous une fois de plus sur les chiffres officiels publiés dans Repères et références statistiques 2009 p 93

 

 


 

 Nombre d’élèves accueillis dans le public et le privé de 2002 à 2008.

  2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008

On ne peut donc pas déplorer ni se réjouir d’un exode massif d’élèves, toute juste une faible érosion d’1% sur 6 ans en faveur des établissements privés du second degré…

Cette accélération du recrutement d’enseignants dans le privé doit-il nous faire craindre des mesures favorisant le transfert des élèves vers ce type d’établissement, que nous aurions la douleur de devoir corréler avec une dégradation éventuelle des conditions d’enseignement dans le public ?

Allons, ne nous emballons pas ! Peut-être est-ce que ce recrutement exceptionnel vise seulement à réparer la cruelle injuste d’une surcharge ancienne et rémanente des classes dans le privé ?

Les chiffres publiés par le ministère sont foisonnants pour qui se donne le mal de fouiller. Nous avons trouvé sur média.éducation : RERS 2009, les données permettant de répondre à cette question.

 

 


 

 Nombre d’élèves par classe dans le secondaire dans le public et le privé de 2002 à 2008.

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Le nombre d’élèves par classe en collège est légèrement plus bas dans public :
- 23,4 élèves/classe dans le public,
- 25,1 élèves/classe dans le privé.

- soit 1,7 élèves de moins par classe en moyenne que dans le privé.

A noter que les collèges privés classés ZEP sont rares, ce qui pourrait être une amorce d’explication, ces classes bénéficiant d’effectifs allégés…

L’honnêteté intellectuelle nous force à souligner que les effectifs de classe en collèges privés ont progressé de 0,3 élèves/classe depuis 2006. Ils sont à peu près constants dans le public.

Nous observons en revanche que nombre moyen d’élèves par classe en lycées était en 2008/2009 de :
- 26,8 dans le public,
- 23,5 dans le privé.

- soit 3,3 élèves de moins en moyenne par classe dans le privé.

Cet écart est constant depuis 1997/1998. Le nombre d’élèves dans les classes a baissé de façon parallèle dans les deux types d’établissements.

On peut donc se demander pourquoi les recrutements d’enseignants dans le public et le privé ne suivent pas des évolutions parallèles, pourquoi on recrute moins chez les uns et deux fois plus chez les autres.

Il faudra peut-être se résoudre à admettre que la politique actuelle tend à favoriser les établissements privés par rapport aux établissements publics… On peut même s’aventurer à penser que cela relève d’un objectif général identifié en d’autres occasions (se reporter au dossier Laïcité.

 

 


 

 Haro sur la Bio ! Mais seulement dans le public.

Mais revenons sur la répartition par matière des postes offerts au concours en 2009 et 2010.

Dans le public :

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Les matières sont diversement affectées par les baisses de postes ouverts au CAPES.
- L’unique poste en hébreu était encore trop visible : il y en aura zéro en 2010. Il s’agit peut-être enfin d’une ferme protestation contre la politique israélienne en territoires palestiniens…
- Parmi les matières à fort recrutement, la biologie a le triste privilège de se trouver championne toutes catégories au jeu de qui perd gagne, son recrutement est divisé par 4,39. Nous n’avons pas pour l’heure d’explication satisfaisante à cette coupe franche… Ni le nom de l’éminent professeur de biologie de collège ou lycée susceptible d’avoir déplu au point de provoquer ce séisme.
- Vient ensuite l’espagnol, avec une baisse de presque 14%. -L’anglais, les lettres modernes, l’histoire géo se trouvent avec une réduction de 4 à 5% des postes ouverts, ce qui ne mérite pas de franche levée de bouclier.

A l’inverse, est-ce par souci de rééquilibrage ?
- Les sciences économiques et sociales sont bien pourvues, avec un triplement des postes offerts.
- La philo bénéficie d’une augmentation de 23% ce qui l’amène au modeste nombre de 32 postes offerts en tout.
- +13% et +18% pour les lettres classiques et l’allemand,
- entre 3 et 7% d’augmentation pour les maths, les arts plastiques, et l’italien.

Le recrutement pour les autres matières reste stable, à l’exception notable de la Langue des signes française qui accueille pour la première fois trois heureux titulaires (qui sera apte à évaluer ces heureux candidats ?)

Dans le privé :

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Il est remarquable que les postes offerts sont en augmentation dans toutes les matières, sauf l’hébreu qui reste décidément mal loti.
- Quadruplement, pas moins, du nombre de postes en philo et … breton, ce qui nous amène respectivement à 20 postes et 4 postes.
- Triplement pour les lettres classiques,
- x 2,5 à x 2,86 pour la physique-chimie, la bio (tiens ?), les lettres modernes et la musique.
- x 2 à x 2 ,5 pour les Sciences économiques et sociales, les arts plastiques, l’anglais, l’allemand et l’histoire géo, ainsi que le basque, l’italien, le tahitien… qui totalisent à eux trois, 8 postes.
- x 1,3 à x 1,5 pour l’espagnol, les math, la documentation.

Bref, pas trop de motif de protestation dans le privé… Les profs vont être plus nombreux dans presque toutes les matières.

 

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