Le ministère accélère l’annonce des suppressions de postes d’enseignants

Personne ne s’y attendait. Du moins pas si tôt. A quelques heures du début des vacances scolaires de Noël, vendredi 16 décembre, la répartition par académie des suppressions de postes dans l’éducation nationale pour la rentrée 2012 est tombée.

Le ministère a présenté aux organisations syndicales les grandes lignes de cette répartition, alors que son budget n’a pas encore été définitivement adopté par le Parlement, la majorité de gauche au Sénat freinant des quatre fers.

 LEMONDE | 17.12.11 | 13h22

D’ordinaire, cette annonce intervient fin décembre, début janvier. Mais l’élection présidentielle approche. « Il faut dégager le terrain pour la campagne », soutient Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat SE-UNSA. Un terrain miné par la suppression de 14 000 postes en 2012 – dont 5 700 dans le premier degré et 6 550 dans le secondaire -, qui viennent s’ajouter aux 66 000 suppressions intervenues depuis 2007.

La répartition des suppressions de postes par académie est un sujet sensible dans l’éducation nationale. Sur le terrain, il se traduit souvent par des fermetures de classes dans les écoles.

En janvier, l’annonce de la répartition des emplois supprimés sur le territoire avait déclenché, tout au long du premier semestre, une vague de protestations de la part des élus locaux, des parents d’élèves, des enseignants. La communauté éducative disait alors que le « mammouth » était « à l’os », qu’il ne pourrait pas supporter une nouvelle « cure d’amaigrissement ».

Le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, soutient le contraire. « On peut continuer à ne pas remplacer une partie des départs en retraite » après 2012, a-t-il déclaré fin novembre, lors d’un séminaire consacré à la RGPP, la révision générale des politiques publiques.

Comme en 2011-2012, toutes les académies perdront des postes, à l’exception de la Guyane, qui en gagnera 50. Les académies les plus touchées sont celles de Lille (399 postes supprimés dans le premier degré, 589 dans le second degré) et Nancy-Metz (367 pour le primaire, 425 dans le secondaire). Dans le haut du tableau figurent aussi les académies de Versailles (755 postes supprimés au total), Créteil (595) ou encore Aix-Marseille (504).

Les critères de répartition de ces suppressions de postes sont peu détaillés dans le document que Le Monde s’est procuré. Le ministère évoque le « rattachement territorial » (académies à dominante rurale, urbaine ou d’outre-mer), les « difficultés sociales » et les « variations démographiques ». Il ne précise pas que ses prévisions d’effectifs montrent une hausse significative du nombre d’élèves à la rentrée 2012, effet du « boom » démographique du début des années 2000 : 6 000 élèves de plus sont attendus dans les écoles primaires à la prochaine rentrée, 21 200 dans les collèges, 6 600 dans les lycées généraux et technologiques, selon les documents budgétaires débattus par les parlementaires.

S’ouvre maintenant une phase périlleuse pour les recteurs, qui vont devoir plancher sur les « leviers » à actionner afin de respecter les objectifs budgétaires.

Les recettes utilisées cette année devraient être remises au goût du jour. Augmentation du nombre d’élèves par classes, fermeture d’options, diminution des cours à effectifs réduits, suppressions de postes de remplaçants au collège et au lycée. Dans une enquête publiée en septembre, le SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement, avait calculé que le système fonctionnait grâce aux heures supplémentaires. « Si les enseignants refusaient de les assurer, il y aurait, dans chaque établissement, une classe sans professeur », avait estimé Philippe Tournier, son secrétaire général.

Quant à l’école primaire, le président de la République avait promis, en juin, de la « sanctuariser ». Autrement dit, le nombre de fermetures de classes ne devait pas excéder le nombre d’ouvertures. Pour tenir l’engagement présidentiel, les recteurs devront toucher aux dispositifs d’accompagnement et de soutien : intervenants en langues, réseaux d’aide spécialisés aux élèves en difficultés (Rased)…

« Tous ces postes qui ne sont pas forcément visibles, mais qui contribuent à prendre en charge les élèves les plus fragiles. Ce sont eux qui vont payer la facture », s’inquiète Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, majoritaire chez les professeurs des écoles. Reste le vivier des enfants de moins de 3 ans : 34,5 % d’entre eux étaient scolarisés en 2000. Ils ne sont que 13 % cette année, et ce taux risque encore de diminuer encore en 2012.

La répartition des suppressions de postes par académie n’est pas définitivement figée. Vendredi, les syndicats ont obtenu le report du comité technique ministériel sur ce sujet à début janvier. « Sur le budget, il doit y avoir un débat et un vote. Or, l’administration a pensé qu’une simple consultation suffisait », déplore Christian Chevalier.

Sollicité, le ministère de l’éducation nationale n’a pas souhaité s’exprimer. Mais comme, sur ce dossier, il faut faire vite, il y a fort à parier que le « débat » attendu par les syndicats ne s’apparente à un dialogue de sourds…

Aurélie Collas

Revue de presse Education

 AFP 10/09/2011 à 17:28

Education: Aubry ironise sur la proposition d’Hollande

Martine Aubry (PS) a ironisé samedi sur la proposition de François Hollande de recréer au cours du prochain quinquennat l’ensemble des postes supprimés depuis 2007 dans l’Education nationale, se disant « contente » que son rival à la primaire ait selon elle « changé d’avis ».

« Je suis contente que François Hollande fasse maintenant de l’éducation une priorité et qu’il ait changé d’avis car il y a encore quelques jours, il disait vouloir sanctuariser le budget de l’éducation à ce qu’il est aujourd’hui », a taclé la maire de Lille, en marge de l’université de rentrée du PS du Nord, organisée dans la métropole lilloise.

François Hollande a déclaré vendredi à Soissons (Aisne) qu’il recréerait en cinq ans, s’il était élu à l’Elysée, les « 60.000 à 70.000″ postes supprimés dans l’Education nationale depuis 2007, en promettant d’arrêter « l’hémorragie que représente la règle du non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».

« Remettre des enseignants oui, mais en remettre en priorité là où il y en a besoin, la réponse est donc un peu plus complexe », a estimé Mme Aubry, qui juge qu’ »il faut des moyens et des enseignants », mais « également des psychologues et des éducateurs pour les consolider dans leur tâche ».

 

 

AFP 09/09/2011 à 20:48

Education: Hollande veut recréer les postes supprimés, « irresponsable » dit Chatel 

François Hollande, candidat à la primaire PS, a pris vendredi l’engagement de revenir sur l’ensemble des suppressions de postes engagées dans l’Education nationale depuis 2007, une proposition aussitôt jugée irresponsable par les ministres Luc Chatel et Valérie Pécresse.

François Hollande, candidat à la primaire PS, signe des autographes à Hirson, dans l'Aisne, le 9 septembre 2011 photo : Francois Nascimbeni, AFP

« Je fais la proposition de faire une loi de programmation qui permettra de récréer des postes sur les cinq ans. On créera les 60.000 à 70.000″ postes supprimés depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, a affirmé M. Hollande lors d’une conférence de presse à Soissons (Aisne).

A ce jour, 66.000 postes ont été supprimés dans l’Education.

Le député de Corrèze a même ajouté que s’il y avait « plus de moyens et plus de croissance, on pourrait peut-être en mettre davantage ».

« Je prends un engagement sur 5 ans minimal », a-t-il commenté, en promettant d’arrêter « l’hémorragie que représente la règle du non-renouvellement d’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite et nous allons recréer des postes ».

François Hollande, qui a fait de la jeunesse l’axe central de sa campagne, a expliqué que les postes nouvellement créés seraient « affectés là où les besoins sont les plus sensibles ».

« Ce ne sont pas que des postes d’enseignants qu’il faudra créer mais aussi des postes d’encadrants, d’assistantes sociales, de psychologues », et des métiers « liés aux nouvelles technologies », a-t-il notamment noté.

S’agissant du financement de ces postes, il a relevé que les « suppressions de postes », cela rapportait « 250 millions par an ». Il a mis en regard le coût de la TVA dans la restauration « 3 milliards d’euros », et les exonérations des heures supplémentaires « 4,5 milliards d’euros ».

Ces propositions de M. Hollande ont entraîné une réplique cinglante de Luc Chatel qui les a jugées « irresponsables » en raison de la politique de désendettement à mener et « irréalistes » du fait du peu de candidats se présentant actuellement aux concours d’enseignants.

« M. Hollande propose à nouveau les vieilles recettes de la fuite en avant budgétaire (…). Il révèle son vrai visage, puisque je rappelle qu’il est à la tête du département de France le plus endetté », a asséné à l’AFP le ministre de l’Education.

De son côté, la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse a estimé que « la primaire socialiste » virait « chaque jour un peu plus à la course à la dépense ». « Les déclarations anti-dette de François Hollande sont de pure façade », a-t-elle ajouté.

Les engagements du candidat vont au-delà des préconisations de la fondation Terra Nova, proche du PS. Dans un rapport sur l’école 2012, cette fondation prône de réinvestir fortement dans le primaire et l’éducation prioritaire, en créant notamment 10.000 postes par an durant le quinquennat dans l’Education nationale.

A l’AFP qui le questionnait pour savoir s’il se démarquait du projet PS, le député de Corrèze a répondu: « je suis plus précis ».

 

Luc Chatel et les chiffres de l’école : je t’aime, moi non plus

Article Rue 89

Un crocodile prof de maths (Leo Fung/Flickr/CC).

Décidement, Luc Chatel aime les chiffres. La réciproque, par contre, n’est pas automatique. En cette veille de rentrée, le ministre de l’Education nationale ne sèche pas sur un exercice de maths. Il préfère ressortir de son cartable ses fiches favorites : une ribambelle de chiffres cités dans son premier ouvrage en librairie ce 1er septembre et dont EducPros publie les meilleures feuilles.

Luc Chatel répond au journaliste Nicolas Beytout :

« Contrairement aux idées reçues et aux caricatures qu’on entend souvent ici ou là, les moyens, dans l’Education nationale, sont là. »

S’ensuit une brève démonstration chiffrée. Seul hic : elle est tronquée.

Luc Chatel se garde d’expliquer les raisons

« Depuis 1980, le budget par élève, en France, en euro constant, a augmenté de 80%. »

Ce nombre rondelet est l’un des arguments préférés de Luc Chatel qui le répétait déjà en mai dernier sur Europe 1 ou encore en juin au Sénat. Parfait pour noyer des annonces moins réjouissantes (comme la suppression de 16 000 postes dans l’Education nationale en 2012) mais plutôt souligner les moyens engagés.

Pour Guy Barbier, secrétaire national du syndicat SE-Unsa, même si les chiffres sont réels, le ministre se garde bien d’en expliquer les raisons :

  • le parcours scolaire a évolué : « Les formations étaient plus courtes qu’aujourd’hui. Autre exemple : le nombre d’élèves en classe préparatoire aux grandes écoles, où les enseignements sont plus coûteux, a augmenté. » ;
  • le remplacement des professeurs : « Il n’était pas comptabilisé dans les années 1990, il s’agissait alors de personnel non titulaire. » ;
  • la réforme Jospin, en 1989, a revalorisé le salaire des enseignants et a donc augmenté les dépenses ;
  • le volume horaire des professeurs de lycées pros a diminué pour être aligné sur les autres, passant de 24 à 18 heures par semaine.

Guy Barbier conclut :

« Luc Chatel laisse croire que les gens n’ont pas à se plaindre. Mais cette manière de représenter la réalité n’est pas très honnête. C’est de la com ! »

« Plus de profs, moins d’élèves »

Luc Chatel, pour qui il y a finalement plus de profs et moins d’élèves, continue :

« Notre pays continue à investir dans l’éducation en général presque un point de plus de son PIB que la moyenne des pays développés de l’OCDE. »

Vrai, sauf qu’il ne précise pas que la part du PIB consacrée à l’éducation par la France a diminué. Entre 2000 et 2008, la part des dépenses intérieures à l’éducation est passé de 7,3 à 6,6%.

Evolution de la part des dépenses liées à l'éducation dans le PIB.

Dans sa démonstration, le ministre oublie aussi de citer certains chiffres, publiés pourtant par un organisme rattaché à Matignon. D’après la synthèse sur l’emploi public 2011, le niveau d’encadrement dans le primaire (avec cinq enseignants pour 100 élèves) est le plus faible des pays de l’OCDE. Mariane Baby, adjointe du Snuipp, le syndicat des enseignants du premier degré, note :

« On est très dubitatif sur les chiffres de Luc Chatel. Aujourd’hui, l’Education nationale manie un certain nombre de leviers qui dégradent les conditions d’enseignement. Dans l’école primaire, on supprime 8 967 postes alors que l’on compte 4 000 élèves de plus. »

Alors, qui a parlé d’idées reçues et de caricature ?

Photo et graphique : un crocodile prof de maths (Leo Fung/Flickr/CC) ; évolution de la part des dépenses liées à l’éducation dans le PIB.

 

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Articles du café pédagogique

 

 

Le Sgen Cfdt dénonce une « rupture de confiance » entre l’institution et les enseignants

Revue de presse Education dans Revue de presse cadart8Le « brouilllard médiatique » entretenu par Chatel sur l’Ecole a fini par susciter une grande méfiance des enseignants envers l’institution, a déclaré Thierry Cadart, lors de la conférence de presse de rentrée du Sgen Cfdt le 8 septembre. Le syndicat a fait un bilan désastreux de la rentrée « techniquement réussie » et d’un système éducatif « en grande difficulté ».

 

« Jamais la distance entre les discours officiels et la réalité du terrain n’a été aussi grande« , estime Thierry Cadart. Pour le Sgen il y a une véritable rupture de confiance » entre l’institution et les enseignants qui aboutit à un repli sur soi généralisé.

 

Le Sgen prend ses distances avec les réformes mises en place. Car l’application des réformes explique ce sentiment. « Le gouvernement sabote les réformes en ne donnant pas les moyens de leur mise en place ».  Ainsi pour le socle commun, « on fait semblant » de l’appliquer faute de moyens pour former les enseignants. L’autonomie est détournée par le ministre. Au lieu de l’autonomie des équipes pédagogiques, le ministère développe l’idée d’établissement gérés comme des entreprises. « Un contresens » pour le Sgen.

 

L’échec de l’accompagnement personnalisé. Un sondage publié par le Sgen du Calvados montre que seulement 9% des enseignants du primaire sont pour son maintien en l’état. 38% demandent l’abandon et la majorité une nouvelle organisation. C’est l’horaire qui est le plus critiqué : seulement 24% des enseignants le jugent favorablement.

 

Au collège, le Sgen dénonce une « rentrée dans l’amertume » face à la montée des effectifs et du travail demandé. Là aussi le syndicat signale un large espace entre discours et réalité. La circulaire sur l’accompagnement personnalisé au collège plaque ce smots sur l’aide aux travaux déjà existante. A lycée, l’accompagnement personnalisé se fait généralement en classe entière ce qui vide la mesure de sens.  

 

Le syndicat compte sur la mobilisation des enseignants le 27 septembre pour « sauver l’école d’une politique qui la défait ». Il appelle à « retrouver un sens au métier ».

 

 

L’enseignement privé demande la réduction des horaires disciplinaires

Selon l’AFP, les responsables bretons de l’enseignement catholique ont demandé « une nouvelle définition de l’horaire enseignant » ou une réduction d’une demi-heure ou d’une heure des horaires au collège pour pouvoir réaliser la rentrée 2012.

 

« Nous ne pourrons pas faire la rentrée en 2012″ avec les suppressions de poste envisagées estiment-ils. Ils expriment publiquement les pistes envisagées nationalement par l’enseignement catholique, comme le Café l’avait montré en juin dernier. Pour l’enseignement catholique, la seule façon de ne pas fermer d’établissement c’est de faire travailler davantage les enseignants pour la même rémunération ou de réduire le volume d’heures d’éducation. Des suggestions qui pourraient intéresser la rue de Grenelle…

Dépêche AFP

Ce que prépare le minsitère

 

« Atomisation » du collège pour le Se-Unsa

« Par cette série de circulaires convergentes (3ème prépa-pro, dispositifs en alternance en 4ème, évaluation nationale en classe de cinquième), par le développement d’établissements spécifiques (ERS, programme Eclair, internats d’excellence), Luc Chatel atomise un collège « unique » déjà mal en point« , estime le Se-Unsa. Le syndicat estime que « cette politique « révolutionnaire » va à l’encontre des études internationales qui montrent l’importance et les résultats d’une politique éducative qui concentre les efforts sur une scolarité commune longue ».

Communiqué

Sur le collège

 

Les profs du privé manifesteront le 27 septembre

Cftc, Cfdt, Spelc, Cgc et Cgt : tous les syndicats de l’enseignement privé ont signé une déclaration commune appelant les personnels à participer à la journée du 27 septembre. « Depuis 2008, plus de 5 000 emplois ont été retirés dans l’enseignement privé associé à l’Etat par la mise en œuvre de la RGPP alors que les prévisions d’effectifs sont fortement à la hausse », rappellent-ils. « Les conséquences sont désastreuses : l’offre de formation se réduit suite aux fermetures de classes et d’établissements, tout particulièrement en milieu rural ; les conditions de travail se dégradent pour les élèves et le personnel des établissements scolaires ».

Le communiqué

 

L’Humanité 8/9/2011

Education : l’enseignement privé fera aussi grève avec le public
Après l’appel à une journée de grève, le 27 septembre prochain, lancé par les syndicats du public pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education nationale, la quasi totalité des syndicats des établissements privés sous contrat appellent, fait inédit, à rejoindre la mobilisation.
La Fep-CFDT, le Snec-CFTC, le Spelc, le SNPEFP-CGT et le Synep-CFE-CGC réclament « zéro retrait d’emploi pour la rentrée 2012″ et appellent « tous les personnels des établissements d’enseignement privés à défendre leur avenir en participant à la journée du 27 septembre dans l’Education nationale et dans l’enseignement agricole », selon un communiqué commun.
Environ « 1.350 suppressions d’emplois sont à nouveau envisagées (en 2012) pour l’enseignement privé », déplorent les syndicats. « Depuis 2008, plus de 5.000 emplois ont été retirés dans l’enseignement privé associé à l’Etat par la mise en oeuvre de la RGPP (révision générale des politiques publiques) alors que les prévisions d’effectifs sont fortement à la hausse », rappellent-ils. Ce chiffre de 5.000 postes supprimés tient compte des 1.433 postes enlevés à la rentrée 2011, a précisé Bruno Lamour, secrétaire général de la Fep-CFDT. « C’est exceptionnel que cinq organisations syndicales du privé lancent, de manière conjointe, un appel pour rejoindre les syndicats du public », a-t-il dit.
Le principe d’une grève conjointe dans le privé est dans l’air depuis fin août
Les suppressions de postes dans le privé, exclusivement d’enseignants, ont des conséquences « désastreuses », déplorent les fédérations. Elles « réduisent l’offre de formation » à cause de fermetures de classes et d’établissements « tout particulièrement en milieu rural », elles « dégradent les conditions de travail des élèves et des personnels », et elles rendent « impossible » la prise en charge des élèves les plus en difficulté ou en situation de handicap ». Contrairement au public, tous les professeurs sont devant des élèves et ne sont pas détachés à d’autres fonctions, il n’y a pas de professeurs remplaçants et le privé peut basculer certains postes d’enseignants du primaire dans le secondaire. Le principe d’une grève conjointe dans le privé était dans l’air lorsque la Fep-CFDT, principale fédération dans le secteur, avait annoncé fin août qu’elle s’associait à la mobilisation du 27 septembre, mais il fallait attendre que l’accord de principe se concrétise. « Les souhaits que nous avons ne sont pas spécifiques à l’enseignement privé mais bien ceux qui préoccupent nos collègues du public: (…) l’Education nationale est mise à mal depuis quelques années par le gouvernement, dont la conséquence est qu’il n’y a plus de priorité accordée à l’éducation », avait alors fait valoir Bruno Lamour, secrétaire général de la Fep-CFDT.
80 000 postes supprimés durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy
Alors que douze millions d’élèves ont repris le chemin des classes, syndicats d’enseignants, chefs d’établissement et parents d’élèves de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) dénoncent les conditions de travail dégradées. Pour le primaire, 1.500 classes sont supprimées, ce qui conduit à « plus d’élèves par classe » analyse le principal syndicat SNUipp-
FSU. Même punition pour les collèges et lycées, 4.800 postes disparaissent alors que plusieurs dizaines de milliers d’élèves supplémentaires sont attendus.
Avec les suppressions prévues pour 2012, ce sont environ 80.000 postes qui auront disparu au sein de l’Education nationale durant le quinquennat 2007-2012, « une tendance qui va se poursuivre les quinze prochaines années, en raison de l’arrivée des enfants nés du baby-boom des années 2000″, a précisé Daniel Robin, cosecrétaire du SNES-FSU dans l’Humanité du 5 septembre 2011.

 

 

L’éducation au coeur de la campagne de l’élection présidentielle

AFP le 04/09/2011 à 23:00

L’éducation, une des grandes préoccupations des Français, promet d’être un thème fort de la campagne présidentielle de 2012, à en croire les prises de positions politiques et les livres de cette rentrée, dans un contexte d’inégalités scolaires accrues au cours des années 2000.

« J’observe que la question de l’école devrait être au coeur des débats » pour 2012, a déclaré, en s’en félicitant, le ministre de l’Education nationale Luc Chatel, lors de sa conférence de presse de rentrée jeudi.

Livres de François Bayrou, Luc Chatel, Jack Lang ou Arnaud Montebourg, prises de position de Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royal: avant même le retour des élèves sur les bancs des écoles lundi, femmes et hommes politiques ont déjà pris position en cette rentrée sur l’éducation.

Dans « 2012 Etat d’urgence », François Bayrou (Modem) en fait une de ses « deux questions d’urgence nationale », tandis qu’en publiant son « Projet pour l’école », Arnaud Montebourg (PS) prône d’ »inverser la tendance » des suppressions de postes.

Luc Chatel (UMP) a lui présenté son bilan et sa vision dans un entretien avec Jean-Pierre Chevènement (« Le monde qu’on leur prépare »), bilan que Jack Lang (PS) a qualifié de « vandalisme d’Etat contre l’école » en proposant de créer une « Ecole nationale supérieure de formation des maîtres ».

Il est vrai que, selon les sondages, les Français font désormais de l’école une de leurs préoccupations principales après l’emploi. En juillet, le baromètre BVA pour l’Institut Paul Délouvrier plaçait même l’éducation en tête des priorités (pour 60%), devant l’emploi et la santé.

L’enjeu est de taille: si la France forme des élites, elle échoue à combattre l’échec scolaire (depuis 2000, la proportion des élèves de 15 ans « les moins performants en compréhension de l’écrit » est passée de 15% à 20%, selon l’OCDE), si bien que les inégalités s’y creusent.

« Les derniers résultats des évaluations en CE1 et CM2 montrent que le noyau dur des élèves en grandes difficultés persiste », résume Sébastien Sihr, du SNUIpp-FSU, principal syndicat du primaire, alors que Nicolas Sarkozy avait promis en 2007 de diviser par trois le nombre de ces élèves à l’entrée en 6e.

Les inégalités scolaires se creusent

Pour relever le défi, l’UMP mise surtout pour 2012 sur l’autorité, l’autonomie des établissements, des évolutions au collège et une réforme des missions des enseignants.

En face, le PS veut concentrer ses efforts sur la petite enfance, les établissements défavorisés, la formation pédagogique, la mixité scolaire, et ce en gelant (au moins) les suppressions de postes.

Mais un débat commence déjà à s’imposer en cette rentrée, celui des « missions » des enseignants du secondaire, c’est à dire leurs obligations de service définies dans un décret de 1950 (15 heures de cours hebdomadaire pour les agrégés, 18 heures pour les autres).

Il a été lancé au printemps par Nicolas Sarkozy qui voudrait une présence accrue des professeurs dans leurs établissements, au-delà des heures de classe, mais la proposition reste encore floue.

S’il s’agit de faire travailler plus les enseignants, sans compensation salariale, afin de poursuivre la politique d’économies budgétaires dans l’Education nationale, leurs syndicats ont déjà dit « non ».

Martine Aubry a expliqué qu’elle « regarderait » le décret avec les syndicats si elle gagnait la primaire PS, mais en insistant surtout sur des « temps de concertation » pédagogique et de rencontre des parents.

 

 

Une rentrée, deux écoles

Pour cette dernière rentrée des classes avant l’élection présidentielle de 2012, droite et gauche s’affrontent sur l’éducation.

Article Libé.fr Par VÉRONIQUE SOULÉ

L'éducation au coeur de la campagne de l'élection présidentielle dans Actualités

(Mychele Daniau)

A gauche, les uns veulent la «repenser entièrement», d’autres la «refonder». A droite, Luc Chatel annonce rien moins qu’une «troisième révolution» scolaire, celle de la «personnalisation» (lire page 4)… En cette rentrée 2011, la dernière avant la présidentielle, l’école est au cœur des attentions des politiques. Face à ce que beaucoup considèrent comme l’un des grands gâchis du sarkozysme, elle pourrait être l’un des enjeux de la campagne électorale.

Dans un sondage (1) diffusé le 25 août, 35% des Français placent l’école juste derrière l’emploi (42%) dans l’ordre de leurs préoccupations. Avec les vagues de suppressions de postes, les réformes lancées à marche forcée et la démoralisation des enseignants, le bilan du quinquennat est d’ores et déjà très contesté. Tour de vue des points de divergence.

Les suppressions de postes

Du centre à l’extrême gauche, tout le monde est d’accord : il faut arrêter les coupes claires (60 000 postes supprimés ces quatre dernières années). Si tout ne se résume pas au nombre de postes, il est clair pour l’opposition qu’on ne redressera pas l’école avec toujours moins de profs, d’autant que la France connaît une reprise démographique. Les candidats à la primaire socialiste, dont plusieurs ont présenté leur projet sur l’école la semaine dernière, se montrent toutefois prudents : s’ils demandent un moratoire, ils ne s’engagent pas sur des chiffres. «Je ne pourrai pas rétablir les 100 000 postes supprimés, ce n’est pas possible budgétairement la première année», a prévenu Ségolène Royal. Pour Martine Aubry, l’essentiel sera de «cibler» les moyens supplémentaires sur les établissements en ayant le plus besoin – banlieues difficiles ou zones rurales isolées.

En face, Luc Chatel «assume» les suppressions. D’après lui, l’école ne pouvait pas se dispenser de l’effort national pour rétablir les finances publiques. En plus, la question n’est pas «la quantité» mais «la répartition des moyens». Le ministre cite un chiffre choc pour frapper les esprits à cette rentrée : le budget moyen par élève a augmenté de 80% depuis 1980. Une époque où l’école n’avait pas grand chose à voir à celle d’aujourd’hui, avec alors 25% d’une génération au bac contre 66% désormais…

Les inégalités scolaires

La droite et la gauche font à peu près le même constat : l’école française est l’une des plus inégalitaires d’Europe. Elle forme une élite réduite et, à l’autre bout, le groupe des élèves en échec ne cesse de grossir. De plus, l’écart entre les deux se creuse. Pour la droite, la solution est d’aider les élèves «méritants» – de milieux modestes, plutôt bons et motivés. Elle a mis en place pour eux les «internats d’excellence», réforme phare du quinquennat. En revanche, la masse des élèves modestes qui ne sont pas «méritants» sont abandonnés à leur sort dans des établissements qui, souvent, se ghettoïsent, en raison de l’assouplissement de la carte scolaire voulue par Nicolas Sarkozy et des dérogations de plus en plus nombreuses.

La gauche, elle, croit à l’éducation prioritaire, cette politique consistant à donner davantage de moyens aux établissements les plus en difficultés. Et elle accuse le pouvoir de l’avoir démantelée sans aucun débat. Pour le PS, la lutte contre les inégalités passe en outre aujourd’hui par le primaire, où les écarts se creusent très tôt et souvent ne se rattrapent plus. Pour Martine Aubry notamment, c’est le maillon essentiel sur lequel il faut concentrer les efforts. La gauche prône aussi de manière encore floue un retour à la carte scolaire pour garantir une mixité sociale, mais sans revenir à l’ancien système.

Le sort du collège

Là encore, le diagnostic est assez partagé : le collège ne va pas bien. La droite, qui n’est pas unie sur la question et sait le sujet explosif, s’est pourtant gardée d’y toucher, préférant réformer le lycée et les programmes du primaire. C’est ici sans doute que le débat est le plus idéologique. Beaucoup à l’UMP – mais aussi au sein de la gauche républicaine – ne croient pas au collège unique. Pour eux, vouloir amener tous les élèves en troisième est une utopie qui a conduit à faire baisser le niveau général. Mieux vaudrait donc revenir à une orientation précoce – des élèves «manuels» vers des filières courtes. Jean-François Copé, le patron de l’UMP, a lancé l’idée d’un examen en fin de primaire. Luc Chatel propose des troisièmes «prépa pro» en lycée professionnel et des quatrièmes en alternance.

Pour la gauche, le nœud du problème réside dans la rupture entre l’école et le collège, une transition difficile où les élèves fragiles se perdent. Elle propose d’y travailler pour amortir le grand saut. Arnaud Montebourg va plus loin : il prône une «école unique pour les élèves de 6 à 15 ans», comme cela se fait dans plusieurs pays européens, notamment en Finlande, dont le système scolaire est souvent montré en exemple. Mais il n’est pas sûr que les profs français apprécient… Ses camarades au PS préfèrent vanter une école du «socle commun» où l’on évalue les élèves sur des compétences et pas seulement sur des connaissances disciplinaires.

La formation des enseignants

Pour la première fois, lors de sa conférence de presse de rentrée, Luc Chatel a reconnu que la mise en place de la réforme de la formation des enseignants en 2010-2011 «n’avait pas été facile». C’est peu dire. Les jeunes profs se sont retrouvés parachutés dans des classes avec leur Capes ou leur agrégation sans avoir appris à enseigner. Et cela recommence cette année. L’opposition est unanime sur ce point : la réforme est ratée. Elle visait avant tout à économiser des postes d’enseignants en supprimant l’année de formation en alternance. Il va falloir tout reprendre.

En même temps, le PS annonce un débat sur le métier d’enseignant et sur ses missions, qui ont évolué au fil des ans sans que le statut, datant de 1950, n’ait été revu. Derrière, il y a la volonté de demander aux profs de rester plus dans les établissements, pour y faire notamment du travail en équipe. Un sujet délicat, d’autant que les profs se sentent ces temps-ci très attaqués. La droite parle aussi d’ouvrir le débat. Mais ça commence mal. Luc Chatel envisage de raccourcir de deux semaines les vacances d’été. Ce qui signifie pour les profs travailler plus sans gagner plus…

L’autonomie des établissements

Avec l’individualisation, c’est le grand mot de la rentrée de Luc Chatel : pour moderniser le système, il faut donner davantage d’autonomie au terrain. Cela se traduit à cette rentrée par 300 établissements, faisant partie d’un programme baptisé Eclair, où les directeurs vont participer au recrutement des professeurs. Luc Chatel veut leur donner plus de poids dans l’évaluation des enseignants. L’opposition dénonce cette autonomie qui masque, de fait, un désengagement de l’Etat et l’introduction d’un type de management libéral. La gauche, qui prône une autonomie pédagogique, promet de revenir à un pilotage national du système.

(1) Sondage CSA/Snuipp réalisé par téléphone les 9 et 10 août sur un échantillon représentatif de 1 008 personnes de 18 ans et plus.

 

 

 

Rentrée des classes sous tension

Publié le 05-09-11 à 06:03    Modifié à 08:57     par Le Nouvel Observateur avec AFP     1 réaction

Douze millions d’élèves reprennent le chemin de l’école aujourd’hui. Une rentrée marquée par les suppressions de postes d’enseignants et par la réforme du lycée.

12 millions d'élèves font leur rentrée lundi 5 septembre, de la maternelle au lycée. DURAND FLORENCE/SIPA 12 millions d’élèves font leur rentrée lundi 5 septembre, de la maternelle au lycée. DURAND FLORENCE/SIPA

Plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, font leur retour en classe lundi 5 septembre, une rentrée marquée par quelques nouveautés et de nouvelles suppressions de postes dont les effets se font de plus en plus sentir sur les conditions d’enseignement.

Au total, 6,7 millions d’écoliers, 3,3 millions de collégiens et 2,1 millions de lycéens vont apprendre auprès d’environ 840.000 professeurs.

Réforme du lycée

L’entrée en vigueur de la réforme du lycée en classes de première, des expérimentations comme l’autonomie de recrutement d’enseignants, mais aussi la lutte contre le harcèlement ou de nouvelles sanctions contre la violence comptent parmi les innovations de cette rentrée.

Suppressions de postes

Les syndicats d’enseignants et de chefs d’établissement dénoncent eux une rentrée aux conditions de travail dégradées du fait de « la poursuite de la liquidation de la formation des enseignants » (SE-Unsa, primaire et secondaire) et des 16.000 postes supprimés par rapport à l’an dernier.

Primaire comme secondaire sont touchés: dans les écoles, avec 1.500 classes supprimées dans tout le pays, il y a « par effet mécanique, plus d’élèves par classe » (SNUipp-FSU), et en collèges et lycées la suppression de 4.800 postes intervient au moment où il y a plusieurs dizaines de milliers d’élèves de plus à accueillir (environ 80.000 selon le Snes-FSU).

L’enseignement privé est lui aussi touché (1.433 postes en moins), si bien que les syndicats du secteur ont décidé de se rejoindre à la grève unitaire lancée dans le public pour le 27 septembre.

Luc Chatel rassure les familles

Le ministre de l’Education nationale Luc Chatel a voulu « rassurer » les parents en indiquant que la rentrée scolaire des 12 millions d’élèves qui a lieu ce lundi « va bien se passer ».

« Je veux rassurer les parents, chaque enfant aura ce (lundi) matin un enseignant. Il y a 850.000 professeurs qui vont accueillir ce matin les 12 millions d’élèves. C’est un exercice compliqué, complexe, mais nous avons une très bonne administration à l’Education nationale qui fait bien les choses et la rentrée va bien se passer sur le plan administratif et technique », a-t-il déclaré.

Avec les 14.000 suppressions à venir en 2012, quelque 80.000 postes auront disparu au cours du quinquennat 2007-2012 dans l’Education nationale qui pèse pour 60 milliards d’euros, soit 21% du budget de l’Etat.

Le Nouvel Observateur – AFP

 

 

AFP  05/09/2011 à 17:58

Education nationale : Hollande entend arrêter « l’hémorragie » des postes

François Hollande, candidat à la primaire du PS, a affirmé lundi qu’il fallait « arrêter l’hémorragie » des postes dans l’Education nationale, proposant au contraire d’en « recréer » avec un plan « sur plusieurs années » qui commencerait dès la rentrée 2012.

 

François Hollande salue des membres du personnel lors de la visite d'une école à l'occasion de la rentrée scolaire, le 5 septembre 2011 à Tours photo : Alain Jocard, AFP

Lors d’une visite dans une école primaire de Tours le jour de la rentrée scolaire, M. Hollande a estimé, devant des parents d’élèves et enseignants, que « la responsabilité de la gauche n’est pas de faire plaisir aux enseignants comme on le dit souvent d’une manière caricaturale, mais de donner à la France toute entière des chances supplémentaires parce c’est par son école que la France arrivera à retrouver aussi confiance en elle ».

Pour cela, il faut « arrêter la suppression, l’hémorragie » de postes dans l’Education nationale, selon le député de Corrèze qui a dénoncé le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux décidé par le gouvernement, rappelant qu’un fonctionnaire sur deux est un enseignant.

 

« Il va falloir recréer des postes » avec une « programmation sur plusieurs années », a-t-il ajouté, parlant de « plan d’urgence » avec des postes en plus dès la rentrée 2012 si la gauche l’emporte, tout en appelant à « un peu de patience » car « on ne va pas recréer dès le lendemain de l’élection tous les postes qui ont été supprimés ».

Comme Martine Aubry, il souhaite aussi « répartir différemment les enseignants là où les besoins sont le plus criant ».

« On peut demander beaucoup de choses à l’école mais s’il n’y a pas les enseignants, ça devient difficile », « c’est eux qui au bout de la chaîne font la transmission du savoir », a-t-il souligné, plaidant pour un « vrai grand ministère » allant de la petite enfance à la jeunesse.

Pour les enseignants, il a aussi dit réfléchir à « une école nationale de formation ».

Quant au débat sur le décret de 1950 sur le nombre d’heures de cours hebdomadaires dans le secondaire lancé au printemps par Nicolas Sarkozy, M. Hollande a affirmé que c’était « une discussion à engager » mais on ne peut « pas commencer par dire +travailler plus+ », « il faut d’abord recréer la confiance ».

Le candidat à la primaire a également souhaité mener une « réflexion sur la professionalisation des métiers d’accompagnement » des enfants handicapés.

Interrogé sur les différences de programmes avec les autres candidats PS sur l’éducation, M. Hollande a répondu : « il y a un grand consensus parmi les socialistes, nous avons tous fait de l’école la priorité ».

 

Suppressions de postes : les établissements défavorisés sous tension

LEMONDE.FR | 05.09.11 | 17h12   •  Mis à jour le 05.09.11 | 18h38

Cette année, les collèges et lycées français doivent accueillir 40 000 élèves supplémentaires sur un total de 5,4 millions. Parallèlement 4 800 postes d’enseignants sont supprimés – ils étaient près de 350 000 l’année dernière selon l’Education nationale. Dans quelles proportions le nombre d’élèves par enseignant a-t-il évolué ? Cette équation mathématique pourrait être soumise aux élèves de collège. Mais lundi 5 septembre, ce sont tous les chefs d’établissements du secondaire qui s’attèlent à l’exercice et préparent une rentrée sous tension.

 

Au total, 16 000 postes dans le primaire et le secondaire ont été supprimés depuis l’an dernier. Avec 14 000 suppresions prévues en 2012, le quinquennat 2007-2012 enregistrera la suppression de 80 000 postes. Des restrictions budgétaires qui interviennent dans un contexte d’accroissement démographique : davantage d’élèves rentrent dans le secondaire cette année, 80 000 de plus que l’année dernière, selon le syndicat enseignant Snes-FSU. « Evaluation fantaisiste » selon le ministère de l’éducation nationale qui estime précisément à « 40 741 élèves » le nombre de nouveaux entrants dans le secondaire. L’écart de mesure est immense, mais sur le terrain le constat reste le même : il s’agit « de faire autant avec moins ».

LES ÉTABLISSEMENT AGISSENT À LA MARGE

Philippe Vincent, proviseur du lycée Freyssinet à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) fait le calcul : il accueille deux élèves en moins cette année mais dans son lycée, six postes ont été supprimés. Comme les autres chefs d’établissements, son objectif est d’assurer les enseignements obligatoires en priorité. « J’ai utilisé trois leviers », explique le proviseur, également secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-UNSA). Le premier levier : l’augmentation des élèves par classe, une mécanique observée dans la vaste majorité des établissements. « Dans les classes de seconde nous sommes passés de 29-31 élvèves par classes à 33 voire 36 élèves, » note-t-il. Le proviseur a également regroupé  les classes de première Littéraire et Economique et Social pour certains cours, une solution rendue possible par la réforme du lycée qui prévoit un tronc commun pour les classes de première. « Enfin, j’ai dû me. sepérer de l’italien en tant que troisième langue vivante en seconde : on a fermé l’option »

Les établissements agissent ainsi à la marge : augmentation des effectifs, suppressions des heures de soutien, des ateliers ou des cours optionnels, rajout d’heures supplémentaires aux professeurs titulaires ou encore recours aux professeurs contractuels ou vacataires. Selon Philippe Vincent, l’enseignement à temps plein des professeurs stagiaires dès la première année « permet aussi d’avaler la pillule ». « J’ai l’impression d’avoir raqué les fonds de tiroirs et d’être allé au bout de ce que je pouvais sans attaquer la qualité de l’enseignement, estime ainsi le chef d’établissement. La question est maintenant la suivante : comme je gère la prochaine étape? »

LES ÉLÈVES DÉFAVORISÉS, LES PLUS TOUCHÉS

Dans l’immédiat, ces ajustements permettent d’assurer la rentrée. Mais pour les équipes pédagogiques, certains pâtiront rapidement de ces changements : les élèves les plus défavorisés. « A Henri IV, pas de problème, » résume Patrick Cambier, secrétaire permanent du SPDNEN, mais avec l’augmentation des effectifs et la suppression des heures de soutien, les professeurs auront « moins de disponibilité pour les élèves en difficulté (…) C’est laisser agir le jeu social , tout ira bien pour certains et pour les autres les inégalités iront en s’agrandissant », dénonce Patrick Cambier.

 

 

 

Les élèves défavorisés par leurs origines sociales souffriront encore plus des suppressions de postes.

Les élèves défavorisés par leurs origines sociales souffriront encore plus des suppressions de postes.AFP/ÉRIC FEFERBERG

Jérôme Ferec, professeur de Sciences de la vie et de la terre (SVT) au collège Jean Perrin, dans le 20e arrondissement de Paris, prépare ainsi « une rentrée plus difficile que les autres ». Dans ce collège parisien, au moins 90 % d’élèves viennent de milieux défavorisés. Le taux de réussite au brevet de 2011 est l’un des plus faibles de l’Académie : 51 % en contre 83 % pour l’Académie de Paris. Lundi matin, si le ministre de l’éducation nationale Luc Chatel affirmait sur France 2 que la rentrée allait « bien se passer sur le plan administratif et technique », dans le collège Jean Perrin certaines élèves découvrent un emploi du temps sans cours de SVT, d’anglais ou d’arts plastiques. En cause : la suppression de trois postes après que l’Académie de Paris a mal évalué l’afflux de 40 nouveaux élèves pour cette rentrée.

Ces lacunes devraient être comblées dans « les quinze prochains jours », espère le principal du collège, M. Caron, avec le recours notamment à des professeurs remplaçants ou vacataires. En attendant, Jérôme Ferec s’apprête à distribuer à la classe de 4e dont il est le professeur principal un emploi du temps temporaire, sans mention des salles de classe ni cours d’arts plastiques. Il anticipe l’accueil de ses élèves avec un entrain mêlé d’inquiétude : « Il faudra trouver les mots (…), les élèves ont une mauvaise image de l’éducation dans leur quartier et un sentiment d’injustice car ils savent qu’il en est autrement dans les collèges de centre-ville ». Pour ce professeur, également délégué au syndicat enseignant SNES, le recours à des remplaçants également engagés auprès d’autres établissements est particulièrement préjudiciable dans un collège où « les élèves demandent une attention énorme » : ces professeurs seront automatiqument moins disponibles, estime-t-il.

ECHEC SCOLAIRE ET VIOLENCE

Pour sa collègue de lettres modernes, Clarisse Bensaïd, c’est avant tout l’augmentation des effectifs et la suppression des ateliers et heures de soutien qui risquent de peser sur les conditions d’enseignement. « L’année dernière, j’avais huit heures en demi-groupe, cette année deux heures seulement. » Des dédoublements de classe nécessaires selon la professeure et syndiquée auprès du SNES : « Nous sommes face à un public issu de l’immigration (…), des élèves qui ne peuvent travailler à la maison et se couchent tard. Ils sont donc fatigués, dissipés, ont de fortes difficultés de concentration ». Les demi-groupes, organisés en ateliers d’écriture permettaient « de remettre sur les rails : on peut dialoguer avec l’élève ». Clarisse Bensaïd a ainsi rencontré des élèves qui, inhibés et braqués, rendaient feuille blanche en classe entière mais qui, avec davantage d’attention du professeur, « posaient les premiers mots » en demi-groupe.

Les changements induits par les suppressions de postes et l’arrivée d’élèves supplémentaires vont entraîner un accroissement de l’échec scolaire et de la violence, redoute Clarisse Bensaïd : « Quand on a pas les mots, on va à l’insulte ». « Aujourd’hui, nous sommes dans un ghetto et l’on va davantage ghettoïser l’éducation », dénonce la professeure.

C’est dans ce contexte tendu que les syndicats ont appelé à une grève unitaire, le 27 septembre. Des initiatives se multiplient déjà : des élus communistes ont appelé à des actions dans toute la France cette semaine. A Toulouse, un comité de défense de l’école s’est créé. Mais syndicats et enseignants admettent à demi-mots leurs doutes quant au succès de la mobilisation. En salle des professeurs, ils résument le sentiment des équipes pédagogiques : « la résignation ».

Flora Genoux

Une rentrée des classes très politique

Publié le 05-09-11 à 12:19    Modifié à 17:02     par Le Nouvel Observateur     5 réactions

Les ténors de l’UMP jouent aux profs donneurs de leçons. Par Véronique Radier.

Un élève écrit sur le tableau noir, dans l'une des classes de l'école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011, jour de la rentrée scolaire. (AFP - Frank Perry) Un élève écrit sur le tableau noir, dans l’une des classes de l’école Harouys à Nantes, le 05 septembre 2011, jour de la rentrée scolaire. (AFP – Frank Perry)

Jamais rentrée des classes n’aura à ce point autant passionné nos politiques. Année électorale oblige. Il faut dire que déjà, lors de la présidentielle de 2007, l’école avait été au centre des débats. En 2012 le sujet sera plus brûlant encore… car il préoccupe de plus en plus les Français, classes moyennes en tête.

Rhétorique parfaitement huilée

Les ténors de l’UMP jouent aux profs donneurs de leçons : « j’ai l’impression que le PS découvre l’Education Nationale » a ainsi ironisé Luc Chatel, le ministre de l’Education, lors de sa conférence de presse de rentrée.

Fort habile, il connaît, c’est vrai, ses dossiers sur le bout des doigts et a mis au point une rhétorique parfaitement huilée que reprennent à leur compte les leaders de la majorité, comme Jean-François Copé ce matin sur France Inter.

Pour justifier, par exemple, les 80 000 suppressions de postes en cinq ans, la disparition de l’année de formation en alternance des enseignants, ils répliquent qu’ »il ne faut pas tout ramener à ‘la question des moyens‘ ». Jolie pirouette pour esquiver le débat.

Suppressions de postes et de moyens

Mais derrière les effets d’annonces incessants, pas une semaine où Luc Chatel ne lance une « nouveauté « , le tableau de l’école en 2011 est plus noir que rose…

Deux exemples : les suppressions de postes et de moyens pèsent d’avantage encore sur les établissements défavorisés et les nouveaux enseignants, cuvée 2012, ne sont guère mieux préparés à leur job que ceux de l’an passé.

Bref, on cherche en vain « l’école sur mesure pour chaque élève » que le gouvernement prétend mettre sur pied.

Véronique Radier – Le Nouvel Observateur

 

 

Education: qui propose quoi à la primaire socialiste

4 commentaires Par LIBÉRATION.FR

 dans Revue de presse

(ajari/Flickr)

Quel est le programme du parti socialiste sur l’éducation ? Les candidats à la primaire se démarquent-ils sur ces questions? Fiche pratique pour y voir plus clair.

Le tronc commun

«Nous proposons un nouveau pacte éducatif à la nation», lit-on en préambule. Voici les propositions, dans l’ordre:

Les tout-petits

Lancer un plan de création de places en crèches.
Permettre la scolarisation dès deux ans pour les parents qui le souhaitent (et non seulement en fonction du nombre de places disponibles).
Rendre la scolarisation obligatoire dès trois ans (contre six ans aujourd’hui).

> A lire: scolarisation des tout-petits (décryptage).

Le primaire

Objectif: «L’école primaire souffre d’un sous-investissement (…) Nous lui donnerons les moyens de garantir à tous les élèves l’acquisition d’un socle de compétences (lire, écrire, compter, cliquer)»

Refonte des rythmes scolaires «pour alléger les journées de travail et mieux les répartir dans l’année». 

> A lire: «Raccourcir les vacances d’été?», ici
«Maires des grandes villes contre maires des montagnes» ici

Personnalisation des réponses éducatives avec des pédagogies différenciées.

Nouvelle sectorisation «qui prendra en compte un indice de mixité sociale». Référence ici à la carte scolaire, que Nicolas Sarkozy avait promis de supprimer.

> A lire: «La nouvelle carte scolaire des inégalités» ici
et «La carte scolaire a la peau dure» (papier datant de juillet 2010) ici

Le secondaire (collège, lycée)

Pas grand chose. Si ce n’est: «maintenir un champ très large de disciplines et de compétences indispensables à la réussite.»

L’enseignement supérieur

Rétablir l’enseignement pluridisciplinaire en début de cycle et améliorer l’encadrement pédagogique pour «empêcher les échecs trop importants».

Développer l’offre de formation technique et professionnelle.

Mettre en place des aides financières: une allocation d’études sous conditions de ressources pour les étudiants. Et un dispositif «nouvelle chance» pour les jeunes sortis tôt du système éducatif et souhaitant reprendre une formation.

Le statut et la formation des enseignants

Objectif: «élaborer une réforme qui devra être prête pour la rentrée scolaire 2013»

Revalorisation du métier d’enseignant.
Rétablir une véritable formation initiale.
Décharger les enseignants des missions qu’ils n’ont pas à remplir (en les confiant à des psychologues, des assistantes sociales, etc.).
«Au delà des mesures d’urgence, une réforme devra être prête pour la rentrée 2013».

> Source: le projet PS version longue (en pdf, ici)
Version courte (en pdf, ici)

Les propositions des candidats

Sur l’éducation, comme sur les autres sujets, les six candidats (Aubry, Baylet, Hollande, Montebourg, Royal et Valls) ont évidemment des positions communes. Dans leurs déclarations et feuilles de route, ils reprennent largement les mesures inscrites dans le projet socialiste commun. Mais certains vont plus loin dans leurs engagements et propositions. Inventaire des différences.

Ségolène Royal

La candidate se targue d’avoir une meilleur connaissance du sujet que ses concurrents en tant qu’ancienne ministre déléguée à l’Enseignement scolaire (1997-2000).

• Mettre «deux adultes dans les classes, là où c’est nécessaire». L’idée est de mettre en place des binômes dans les zones les plus difficiles en envoyant au côté de l’enseignant en poste un stagiaire en formation. L’année de formation professionnelle serait en effet rétablie.

Organiser un soutien scolaire gratuit coordonné par des associations et dispensé par les étudiants, qui en contrepartie, verraient leur cursus revalorisé.

Lutte contre la violence scolaire: Royal propose de créer «un nouveau métier d’éducateur accompagnateur des enseignants», sorte de «surveillant bien formé qui pourrait s’intégrer dans l’équipe éducative».

Moratoire immédiat sur les suppressions de postes prévues pour la rentrée 2012 (14.000, ndlr), et rétablissement de l’année initiale de formation des enseignants. Mais la candidate ne se risque pas à chiffrer des rétablissements de postes.

Avance sur calendrier: il faut dès 2012, «des solutions efficaces, concrètes, justes et immédiates.»

Précision: sur le temps de travail des profs, elle ne souhaite pas reprendre sa proposition de 2006 préconisant que les enseignants restent 35 heures sur leur lieu de travail, qui selon elle «prête à confusion» «La charge de travail des enseignants» devra être «définie avec eux et par bassin scolaire» en fonction des difficultés des établissements.

> Source: conférence de presse du mercredi 30 août.

François Hollande

Sur la scolarisation des tout-petits, il avance un objectif chiffré: «Je veux ouvrir 500.000 places pour accueillir les jeunes enfants.» Et la création d’un droit prioritaire de garde: «Pour les 2,7 millions d’élèves les plus démunis, il faut aussi donner à leur famille un droit prioritaire pour la garde de leurs enfants.»

Orientation: «Je veux mettre en place un référent dans les écoles, qui suivra l’élève tout au long de ses choix.» «Plus aucun jeune ne doit sortir du système scolaire sans une vraie qualification.»

Etudiants: Hollande reprend l’idée d’un «contrat d’autonomie», «qui leur assure des conditions de vie dignes, à travers des systèmes d’allocations d’étude ou de prêt pour financer leurs études.» Cette idée de prêt n’est pas exprimée en tant que telle dans le projet commun.

A lire aussi: «Hollande propose un plan d’urgence pour la rentrée 2012»

> Source: le site de campagne de François Hollande, ici

Martine Aubry

Secondaire: alors le programme commun est très bref sur le secondaire, Aubry souhaite une «mobilisation massive contre l’échec au collège». Ses leviers: «personnalisation des parcours scolaires et des pédagogies, valorisation des matières technologiques et professionnelles», «meilleure orientation.» Son engagement : «100 % des lycéens doivent sortir du secondaire avec une formation générale, technologique ou professionnelle.»

Sécurité dans les écoles: Aubry souhaite «rétablir la sécurité dans les établissements scolaires», sujet absent du programme commun. «J’accorderai un nombre suffisant de professionnels formés là où il y en a besoin. Ils seront accompagnés par des emplois d’avenir pour encadrer les élèves. Je créerai un nouveau métier de l’éducation dédié à la surveillance dans l’enceinte scolaire et à ses abords.»

Sur les choix budgétaires, «Je donnerai plus à ceux qui ont moins (établissements classés prioritaires, ndlr). Les moyens accordés à l’éducation nationale seront mieux répartis entre les territoires et les établissements.»

Calendrier resserré: comme Ségolène Royal, Martine Aubry souhaite une réforme applicable dès septembre 2012, alors que le programme PS parle de 2013. Aubry souhaite engager une «large concertation avec les enseignants», au lendemain de la primaire «pour être prêts, dès la rentrée 2012».

> Source: le site de campagne de Martine Aubry, ici.

Arnaud Montebourg

Il est le candidat qui a le plus développé ses propositions sur l’école: 137 pages, à lire ici (pdf).
En accéléré, ça donne:

Créer, à terme, une «école commune»: rassembler primaire et collège en un établissement unique, «ou les rapprocher au maximum».

Repenser la journée à l’école, partagée en trois temps inégaux: l’enseignement des disciplines du socle commun, l’enseignement de disciplines plus culturelles le latin, qui retrouvera ainsi une place, comme fondement de notre société»). Mais aussi de l’artisanat et du patrimoine, en passant par l’apprentissage d’une autre langue, le théâtre et les autres arts ou les projets européens. Le troisième temps sera celui de l’étude obligatoire, assurée par des étudiants encadrés par des professeurs. Du primaire à la terminale.

Rythme scolaire: «Les journées seront allégées, les semaines dureront cinq jours et l’année scolaire sera allongée de deux semaines.»

Pédagogie. Un accroissement sans précédent du nombre d’heures en petits groupes. Former les enseignants à de nouvelles pratiques pédagogiques, notamment coopératives.

Des classes hétérogènes. Avec la disparition des «classes à profil» (classes européennes, classes bi-langues, classes homogènes et élitistes composées des élèves «allemand première langue et latin» et toutes les autres classes qui tendent à l’homogénéité…).

Un nouvelle carte scolaire. «Les familles émettraient des vœux classant plusieurs établissements d’un secteur géographique donné; charge aux autorités académiques de s’efforcer d’assurer une mixité scolaire entre les établissements.»

Vers «un lycée polyvalent», regroupant l’enseignement général et technologique et professionnel. Donner un contenu commun aux filières du lycée: entre autres, sciences économiques et sociales et philosophie pour tous.

Sur les suppressions de postes: «Nous inverserons la tendance.» Grâce à une approche «différenciée» de la pédagogie, «la fin de l’échec scolaire» et un redoublement «réduit à des situations exceptionnelles» permettront de «dégager 13.000 postes d’enseignants (8.300 au collège et 5.500 au primaire)».

La formation des enseignants: elle se fera «en deux temps et en deux ans». La réforme de la masterisation est aménagée avec le concours ramené à la fin de la première année de master. Pendant les deux ans, «le stagiaire sera en alternance enseignement/formation et accompagné pour la gestion de classe et la didactique de sa (ses) discipline(s)». Enfin, «des enseignants formateurs professionnalisés feront leur apparition pour appuyer les nouveaux  professeurs.»

Manuel Valls

Financement: «Sans dépenser un euro de plus, le produit fiscal des heures supplémentaires pourra ainsi être réaffecté à l’éducation de nos enfants. Ce choix les préparera mieux à l’avenir que 300.000 emplois précaires de cinq ans

Réaffecter les moyens sur les zones scolaires les plus difficiles. Pour ces écoles et ces collèges, l’augmentation de 25% des financements devra permettre de tenir deux objectifs. D’une part, les professeurs expérimentés seront incités à y rester par une majoration sensible de leurs salaires. D’autre part, des professeurs nouveaux y seront recrutés pour réduire le nombre d’élèves par classe et personnaliser les réponses éducatives. Autre engagement: dans les ZEP, en CP et CE1, le nombre d’élèves par classe ne doit pas excéder 17.

Rythme scolaire. «Comme en Finlande, le temps scolaire des écoliers s’étalera sur 188 jours.»

• Renforcer les passerelles entre primaire et secondaire en généralisant «les échanges de professeurs entre CM2 et 6e».

Expérimenter des pistes nouvelles. Entre autres : mettre en place un «véritable service public de l’orientation», «faire de l’alternance une voie d’excellence».

Enseignement supérieur. Indispensable autonomie des universités (conçue comme la capacité de s’administrer elle-même et de définir ses orientations stratégiques, dans le cadre des politiques publiques nationales et locales). Valls est également favorable aux investissements privés dans les universités tout en étant vigilant: «les financements publics doivent rester majoritaires

> Sources: son livre L’énergie du changement, l’abécédaire optimiste, à paraître au Cherche-Midi le 8 septembre prochain (extraits à lire ici). Et le livre «Pouvoirs», publié en 2010 aux éditions Stock (extraits à lire ici).

Jean-Michel Baylet (parti radical de gauche)

Pour les tout-petits: plutôt que la scolarisation dès deux ans (inscrite dans le programme PS), le PRG veut développer des jardins d’éveil pour les 2-3 ans dans le cadre d’un «service public de la petite enfance».

Mettre le paquet sur la formation professionnelle: accompagner les lycées professionnels pour qu’ils soient tous labellisés «lycée des métiers» dans cinq ans.
Développer l’apprentissage sous statut scolaire afin d’améliorer la formation générale de ces filières. Créer une voie des métiers, du Bac Pro en trois ans aux formations supérieures.

Formation et statut des enseignants: Maintenir le principe des concours nationaux de recrutement et des programmes nationaux. Tout en mettant en place un système de pré-recrutement des enseignants au niveau licence afin de faciliter la transition vers la masterisation par une formation en alternance de deux ans. Et revoir le système de notation des professeurs afin d’éviter que les plus inexpérimentés ne commencent systématiquement leur carrière en ZEP.

> Source: le site Internet du parti radical de gauche, ici

 

 

humanitefr le 5 Septembre 2011

Une rentrée scolaire de « pénurie et de dérégulation »

Mots clés : Education,

Nouvelle année de diète pour le monde éducatif. Alors que plus de 12 millions d’élèves, de la maternelle au lycée, ont fait leur retour en classe lundi matin, cette rentrée est une nouvelle fois marquée par des suppressions de postes et une série de mesures dont les effets se font de plus en plus sentir sur les conditions d’enseignement. Une journée de mobilisation unitaire est prévue le 27 septembre.

L’entrée en vigueur de la réforme du lycée en classes de première, des expérimentations comme l’autonomie de recrutement d’enseignants, la mise en place d’une évaluation en classe de 5e et une pré-orientation vers la voie professionnelle à partie de la 3e mais aussi la lutte contre le harcèlement ou de nouvelles sanctions contre la violence comptent parmi les innovations de cette rentrée. Pour la FSU, « c’est une école à plusieurs vitesses qui organise le tri entre élèves méritants et les autres« . Jeudi, le ministre Luc Chatel avait dressé un bilan des réformes depuis 2007 en louant le « plus beau métier du monde », tout en « assumant » les dizaines de milliers de postes d’enseignants supprimés…

Syndicats d’enseignants et chefs d’établissement dénoncent une rentrée aux conditions de travail dégradées du fait de « la poursuite de la liquidation de la formation des enseignants » (SE-Unsa, primaire et secondaire) et des 16.000 postes supprimés par rapport à l’an dernier. Le primaire comme le secondaire sont touchés.

Dans les écoles, avec 1.500 classes supprimées dans tout le pays, il y a « par effet mécanique plus d’élèves par classe », selon le SNUipp-FSU, principal syndicat du secteur. Et d’année en année, les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire (Rased), les postes de conseillers pédagogiques et d’intervenants en langues étrangères font les frais des coupes budgétaires.

En collèges et lycées, la suppression de 4.800 postes intervient au moment où il y a plusieurs dizaines de milliers d’élèves de plus à accueillir: environ 40.000 élèves selon Luc Chatel, le double selon le Snes-FSU.

L’enseignement privé est lui aussi touché (1.433 postes en moins), si bien que les syndicats du secteur ont décidé de se joindre à l’appel à la grève unitaire lancé dans le public pour le 27 septembre.

Avant cela, les élus communistes ont appelé à une semaine d’actions à travers la France de lundi à vendredi, et un comité de défense de l’école vient d’être créé à Toulouse réunissant élus, enseignants et parents d’élèves.

Avec les 14.000 suppressions à venir en 2012, quelque 80.000 postes auront disparu au cours du quinquennat 2007-2012 dans l’Education nationale, qui pèse pour 60 milliards d’euros, soit 21% du budget de l’Etat.

 

Article : Le Figaro.fr
Éducation : les enjeux pour la présidentielle

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Par Marie-Estelle Pech Publié le 04/09/2011 à 21:15 Réactions (136)

Selon un sondage CSA, l'éducation est la deuxième préoccupation des Français après la question de l'emploi.
Selon un sondage CSA, l’éducation est la deuxième préoccupation des Français après la question de l’emploi. Crédits photo : DENIS CHARLET/AFP

 

PS et UMP s’affrontent sur le statut des enseignants, les rythmes scolaires et les parcours individualisés.

coeur-En ce jour de rentrée scolaire, l’éducation s’impose comme l’un des sujets majeurs de la campagne présidentielle à venir. Dans un sondage réalisé le mois dernier par l’institut CSA, le thème arrive en seconde position, juste après l’emploi, dans la liste des préoccupations des Français. La classe politique l’a bien compris : Luc Chatel, Arnaud Montebourg, François Bayrou viennent d’écrire des livres sur le sujet. Des ballons d’essai ont été lancés lors des universités d’été avant même la rentrée scolaire. Et l’UMP comme le PS s’appuient sur des think-tanks comme l’Institut Montaigne, la Fondation politique ou Terra Nova pour avancer leurs pions. Quatre sujets font déjà débat.

flechegrise2 Le statut des enseignants 

Ce dossier délicat a été rouvert par Nicolas Sarkozy en juin dernier. «Nous serons amenés à réfléchir dans les mois à venir aux conditions d’exercice du métier d’enseignant», avait-il déclaré lors d’un déplacement. L’idée que les enseignants devraient passer plus de temps dans les établissements scolaires fait son chemin à droite. Ces questions ne sont pas totalement restées en friche pendant le quinquennat. Une réforme de leur formation, notamment, a été entamée et le traitement des jeunes enseignants a été revalorisé pendant leur première année d’exercice. Pour le reste, il y a tout à faire. Depuis 1950, date à laquelle les décrets régissant le métier ont été pris, rien n’a changé : un titulaire du concours du Capes «doit» dix-huit heures de cours hebdomadaires quand un agrégé en effectue quinze. Tous ceux qui ont essayé de faire bouger les lignes ont échoué. Dernier en date : Gilles de Robien en 2007, dont la réforme fut abandonnée. Une fois élu, Nicolas Sarkozy avait préféré lancer une concertation globale sur le métier. Mais le rapport Pochard qui en avait découlé en 2008 est resté en jachère, le sujet étant jugé trop explosif. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy affiche la volonté d’en faire un sujet de campagne, même si, comme Luc Chatel l’a rappelé dans Le Parisien, le thème «reste sensible comme les retraites : tout le monde est d’accord pour qu’on s’en occupe, mais quand il faut que chacun fasse un effort, plus personne n’est là !». La gauche est quant à elle gênée. Elle ne tient pas à braquer son électorat échaudé par l’expérience Allègre et ses «petites phrases» peu amènes sur le monde enseignant. Certes, Ségolène Royal avait abordé le sujet de front en 2007, affirmant que les enseignants devraient pouvoir rester 35 heures dans les établissements. Les candidats à l’investiture du Parti socialiste estiment tous nécessaire de redéfinir les missions des enseignants mais si Arnaud Montebourg et Manuel Valls l’affirment franchement, Martine Aubry et François Hollande restent prudents.

flechegrise2 Les rythmes scolaires 

C’est un «beau sujet de campagne présidentielle», affirme-t-on dans l’entourage de Luc Chatel. Les heures de cours sont trop concentrées, des dizaines de rapports l’ont démontré depuis trente ans. Dans sa «Lettre aux Français», Martine Aubry affirme aussi qu’il faut «repenser les rythmes scolaires avec les familles et les collectivités locales» et propose l’organisation d’une semaine de cinq jours. Un rapport remis à Luc Chatel au printemps propose un raccourcissement des vacances d’été et un retour à la semaine de quatre jours et demi. Ces projets divisent car il est difficile de séduire tout le monde, parents, enseignants, industrie du tourisme et collectivités locales. La diminution des vacances d’été ne peut être envisagée qu’accompagnée d’une modification du temps de travail des enseignants. Un «zonage» rendrait compliquée l’organisation du bac qu’il faudrait donc revoir… Quant au retour à une semaine de quatre jours et demi, elle est complexe. Localement, dans les conseils d’école, parents et professeurs préfèrent conserver la semaine de quatre jours. Si cette dernière est néfaste pour les enfants, selon les spécialistes, les adultes sont satisfaits de ce nouveau rythme…

flechegrise2 Les suppressions de postes 

Sur ce point, l’UMP et le PS diffèrent radicalement. «Ceux qui vous disent aujourd’hui dans le cadre d’une course à l’échalote qu’ils recréeront des postes dans l’Éducation nationale en 2012 mentent», a affirmé Luc Chatel. Ségolène Royal s’est prononcée pour un «moratoire sur les suppressions de postes». Martine Aubry, elle, a affirmé qu’elle «mettr(ait) fin immédiatement aux suppressions massives de postes».

flechegrise2 L’individualisation des parcours 

La «personnalisation» des enseignements, l’une des promesses du candidat Sarkozy en 2007, a été l’un des grands chantiers du quinquennat : les deux heures d’accompagnement personnalisé hebdomadaires au lycée en témoignent. De même, les élèves d’école primaire bénéficient de deux heures de soutien par semaine. Enfin, des stages de remise à niveau sont désormais organisés pendant les vacances. Les internats d’excellence ou les établissements de réinsertion scolaire vont aussi dans ce sens de parcours personnalisés et l’UMP entend poursuivre dans cette direction. «La vraie question aujourd’hui, c’est le sur-mesure», affirme Luc Chatel. Pour lutter contre l’échec scolaire, Martine Aubry invoque aussi «la personnalisation des parcours scolaires et des pédagogies». Une annonce raillée par le ministre de l’Éducation la semaine dernière : «Avant, le Parti socialiste avançait des recettes du passé, maintenant, il décrit le présent. J’ai envie de leur dire : “N’hésitez pas à venir voir ce qui est mis en œuvre dans les écoles.”»

 

 

 

 

Les suppressions de postes à la rentrée 2011

Article le café pédagogique

Avec 8367 emplois (ETP) supprimés à la rentrée 2011, c’est une nouvelle coupe sombre qui s’annonce pour l’Ecole. La répartition montre aussi de curieuses distorsions.

 

Les suppressions de postes à la rentrée 2011  dans Actualités chaise2A l’occasion de la réunion du Comité technique paritaire ministériel vendredi 17 décembre, le ministère a communiqué aux syndicats les tableaux des suppressions de postes décidées pour la rentrée 2011. Au total ce sont 8 367 emplois (équivalent temps plein) qui disparaitront en septembre (8 767 emplois réels), soit 3 367 dans le primaire public,  4 800 dans les secondaire public et 200 ETP dans l’administration. Ces suppressions résultent de la décision présidentielle de supprimer un emploi pour deux départs en retraite attendus.

 

Dans un communiqué commun, la Cgt, le Sgen, le Se-Unsa et la Fsu, qui ont refusé de siéger et fait reporter le CTPM, dénoncent cette mesure. « Malgré l’augmentation du nombre des élèves, la seule mission « enseignements scolaires » rend 8 767 emplois s’ajoutant aux 42 000 supprimés ces trois dernières années. Cette politique, d’application dogmatique du non remplacement d’un départ en retraite sur deux, met en cause la qualité du service public d’éducation malgré l’engagement de ses personnels. Elle n’est pas de nature à lutter contre les inégalités scolaires et à amener plus d’élèves vers mieux de réussite ». Dans le premier degré, le Snuipp évoque « l’asphyxie » dont serait victime l’école. Pour le Snuipp c’est « une coupe claire historique… Fait sans précédent toutes les académies rendent des postes… Le nombre d’élèves par classe augmentera mécaniquement. Le dispositif d’accompagnement des nouveaux enseignants disparaîtra ».  

 

Une riposte mesurée. Les syndicats n’ont pas tous communiqué sur la réponse à apporter à cette mesure. Le Snuipp appelle à « donner une ampleur massive à la journée de mobilisation du samedi 22 janvier 2011″. Cette journée est organisée par le collectif « L’éducation est notre avenir » qui regroupe syndicats, mouvements pédagogiques et parents.

 

Des distorsions locales. Il est trop tôt pour avoir les suppressions de postes par département (dans le primaire). Le tableau des suppressions de postes dans chaque académie marque de curieuses distorsions. Parmi les académies les plus touchées on trouve celles de l’est. Nancy-Metz perd 524 emplois dans le secondaire et 298 au primaire; Reims 220 et 131. Clermont, une « petite » académie continue à faire l’objet de prélèvements importants (104 au primaire et 182 au secondaire). Mais le plus surprenant c’est l’importance des prélèvements dans les académies où l’enseignement prioritaire est important et où la croissance démographique est importante. Ainsi Créteil perd 120 instits et 426 professeurs du secondaire. Lille 336 et 470. Versailles 120 et 493. Par comparaison, des académies en haut du tableau du succès scolaire sont relativement épargnées. Grenoble et Nantes sont les deux seules académies à ne pas perdre d’emplois dans le secondaire (et très peu au primaire).  Serait-ce une nouvelle façon de récompenser le mérite ?

Tableau des suppressions de postes par académie

Communiqué FSU

Une journée pour le budget le 22 janvier

 

Sébastien Sihr : 7 000 postes en moins à la rentrée dans le primaire

sihr1 dans Syndicats enseignantsSecrétaire général du Snuipp, Sébastien Sihr refait les comptes pour le Café. Selon lui ce ne sont pas 3 367 mais environ 7 000 postes qui manqueront dans les écoles à la rentrée. Cela aura des conséquences sur les fermetures de classes. Mais la décision gouvernementale aura aussi un fort impact sur le maintien des écoles rurales et sur l’égalité d’accès à l’école sur le territoire.

Lisez l’entretien avec S Sihr

 

Un espoir en guise de bilan

Bilan proposé par le café pédagogique :
En cette fin d’année scolaire, la tentation du bilan est évidente. Et bien des
faits nous pousseraient à faire un bilan négatif. On peut citer la révélation
qu’a été la publication des documents ministériels sur les suppressions de
postes envisagées. L’absence de débat, la technique de grignotage utilisée n’en
finissent pas d’alimenter la suspicion et le trouble dans l’institution.
L’obstination mise à appliquer une réforme de la formation des enseignants est
évidemment un autre motif d’inquiétude. La façon dont est appliquée la réforme
des lycées dans les établissements, la publication des programmes
encyclopédiques de seconde ne poussent pas  à l’optimisme. La façon dont
l’intéressant débat sur la violence scolaire a été conclu par des décisions à
l’emporte pièce non plus. Tout cela vous le retrouvez dans les actualités de ce
numéro 114 du Café pédagogique mensuel.

Mais c’est aussi une leçon d’optimisme qu’apporte ce numéro. D’abord parce que
le Forum des enseignants innovants en constitue la colonne vertébrale. Tout au
long du numéro vous trouverez des articles sur les projets présentés lors du
Forum. Ainsi les projets sur l’évaluation de P. Charbuin (l’évaluation par
compétences au lycée) et S Vinel (l’aide aux devoirs en collège). Mais on peut
citer encore l’expérience extraordinaire de F Aulanier qui a mis en opéra avec
ses élèves une partie du programme de SES. Ou encore les conférences des
Nations Unies animées par V Pellet où des lycéens simulent le fonctionnement
des Nations Unies. Encore ces quelques projets ne sont-ils que la pointe de
l’iceberg de ce que nous avons vus lors du Forum de Dax. Et, sans aucun doute,
ce forum lui-même n’est qu’un petit morceau de l’iceberg des réalisations
innombrables des enseignants.

Notre motif d’espoir il est là. Indépendamment des décisions politiques, des
milliers d’enseignants innovent, inventent, s’impliquent et transmettent la
tradition d’un métier qui n’est pas comme les autres. Sans doute verra-t-on de
plus en plus dans les établissements des collègues arrivés là sans savoir
réellement ce qu’est une classe. Sans doute verra-t-on aussi de plus en plus
souvent des contractuels de passage dans l’éducation nationale et qui croient
faire un métier à horaires fixes. Et peut-être même est-il possible que dans
l’institution ce recadrage du métier soit encouragé. Sans doute va-t-on
continuer à rendre impossible toute pédagogie vivante et à encourager la
transmission la plus passive. Mais l’élan des milliers d’enseignants impliqués,
la noblesse d’un métier qui transforme des petits d’homme sont des forces
irrésistibles. L’année prochaine, avec votre aide, Le Café pédagogique
continuera avec vous à faire avancer l’Ecole.

Bonnes vacances !

Le système

Par François Jarraud

Suppression de postes : Les projets  du ministère

La publication par Le Café pédagogique le 31 mai 2010  des documents exposant
les pistes ministérielles pour les suppressions de postes jusqu’en 2013 a
ouvert un débat nécessaire sur la gestion du système éducatif. Elle a mis au
grand jour des objectifs et des priorités, c’est-à-dire une politique, qui
jusque là n’avait pas été clairement exposée. Elle permet un travail
démocratique en lieu et place de procédures administratives.

Suppression des Rased, réduction de la scolarisation à deux ans, regroupements
scolaires, augmentation du nombre d’élèves par classe au primaire; augmentation
de la taille des classes au collège, fermeture des petits établissements,
« rationalisation » de l’offre éducative en lycée et de l’offre de formation en
L.P., réduction des IDD, voilà pour le secondaire. Découvrez le détail de la
stratégie ministérielle.

« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés ». Aucun enseignant ne sera
épargné par les mesures Chatel qui frapperont d’une façon ou d’une autre les
écoles et les établissements. Mais certains corps, certains enseignements même
seront particulièrement affectés par la stratégie de grignotage imaginée par le
ministère.

Le 17 mai, puis le 28 mai, le Café pédagogique vous a donné les premières
informations sur la méthode mise en place par le ministère pour dégager les 16
000 suppressions de postes décidées pour 2011. Le 17 mai nous vous avons averti
:  » Selon des indiscrétions remontées jusqu’au Café, les inspecteurs d’académie
ont été chargés par les recteurs, à la demande du ministre, de dégager les
gisements d’emploi possibles. Les recteurs seraient en ce moment même en train
de faire remonter à Paris les diagnostics des inspecteurs d’académie. » Le 28
mai un document ministériel parvenu jusqu’à nous énumérait « pas moins d’une
trentaine de « leviers » identifiés mais dont l’impact sera différent selon les
académies.  La plupart affectent directement les classes. C’est le cas par
exemple de l’augmentation de la taille des classes, de la baisse de la
scolarisation à 2 ans, de l’enseignement spécialisé – RASED, par exemple ou
encore de  » la rationalisation de l’offre de formation ».

Le 31 mai, nous publions les documents ministériels remis aux inspecteurs
d’académie comprenant les fiches de suppressions de postes qu’ils doivent faire
remonter. Ces documents étaient accompagnés d’annexes (fichiers excel et pdf)
présentant les écarts départementaux ou académiques pour différents taux afin
de permettre aux inspecteurs d’argumenter sur les suppressions de postes.

Au primaire

La mesure la plus grave concerne les Rased , particulièrement les maîtres E et
G et les psychologues scolaires. Pour le ministère,  » La durée de
l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à
vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles
s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les
élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Cet effort
représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à
aider les élèves qui en ont le plus besoin. Dans ce nouveau contexte, la
contribution des enseignants spécialisés des RASED, qui s’ajoute à cet effort,
doit évoluer ». Le document propose « plusieurs scénarios » :  » suppression des
seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en
classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les
écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;
suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient
d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en « surnuméraires » dans
les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ; un
troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en
extinction des psychologues scolaires ». Le ministère reconnaît que la mesure
est difficile :  » Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de cette
mesure montrent qu’elle nécessite une affirmation et un accompagnement
politiques importants. Il vous est demandé ici un exercice d’évaluation du
besoin minimal en maîtres E et des conséquences en termes de libération
d’emplois de l’absence de recrutement nouveau de psychologues scolaires et de
maîtres G. »

Une autre marge de manœuvre découle simplement de l’augmentation du nombre
d’élèves par classe. Estimant que « hors cas ou situations spécifiques, les
études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des
effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves
et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes », le
ministère demande aux inspecteurs  d’encourager les regroupements d’écoles et
de jouer sur les taux d’ouverture et fermeture. « Outre les leviers d’action
liés aux modalités d’affectation des élèves et à l’augmentation des seuils de
création de classes, les fusions d’écoles ainsi que la mise en place des
regroupements pédagogiques intercommunaux sont de nature à permettre une
répartition plus homogène et plus cohérente des effectifs tout en réduisant le
nombre de classes nécessaires », note le ministère. Il y voit un obstacle : « Il
est vrai que le resserrement du réseau scolaire ne peut se réaliser qu’avec la
participation des autorités locales mais il convient de souligner aussi que
l’émulation des élèves et donc leur réussite scolaire, sera favorisée dans des
écoles qui offrent un environnement éducatif plus étendu ». Les statistiques
montrent de grands écarts entre départements ce qui doit encourager les
inspecteurs à niveler vers le haut le nombre d’élèves par classe.

On ne sera pas surpris de trouver la suppression de la scolarisation à deux ans
dans les cartons du ministère. Depuis 2000 le taux de scolarisation a fondu de
moitié. On va vers la liquidation.  » Les études disponibles ne démontrent pas
que la scolarisation à deux ans constitue un avantage évident dans toutes les
situations par rapport à d’autres modes de garde alternatifs », tranche le
ministère. « L’économie à réaliser devra donc se traduire par une diminution du
taux de scolarisation des enfants de deux ans, dont le niveau pourra être
différent selon les académies et qui devra tenir compte du niveau actuel de
cette scolarisation ».

La réduction du besoin de remplacements est  envisagée en organisant les
formations hors temps scolaire et en recourant à des non titulaires. Enfin le
ministère entend récupérer aussi au moins un milliers d’emplois chez les
intervenants en langue vivante.

Dans le secondaire

La première mesure touche les collèges où le ministère entend augmenter le
nombre d’élèves par classe. Estimant que  » il n’est pas démontré en effet que
la taille des classes ait un effet probant sur la réussite des élèves » et
encore que  » le surcroît de moyens au profit de certaines académies, pourtant
significatif, ne permet pas d’atteindre une plus grande performance scolaire et
d’égaliser les chances », le ministère envisage de  » procéder à une analyse du
nombre d’élèves par division ou groupe d’élèves au regard des caractéristiques
sociales et structurelles de l’académie, des niveaux et types de formation, et
d’estimer les gains en emplois qui peuvent être générés dans le cadre d’une
optimisation des effectifs dans les structures ». Le document officiel donne un
exemple :  » Exemple : Au sein d’un établissement, 240 élèves sont en 4ème dans
10 divisions soit un nombre d’élèves par division de 24,0. En augmentant le
nombre d’élèves par division de 5 élèves on devrait obtenir : 240 / 29 = 8,3
divisions arrondi à 9 (gain d’une division). Soit un gain théorique en ETP (sur
la base d’un coût théorique d’une division de 29 heures) de 1(division) x
29(heures) /18 = 1,6. » Les inspecteurs sont invités à retourner des tableaux
des gains projetés.

La fermeture des petits établissements est une autre voie explorée.  » Il s’agit
pour l’académie d’entamer ou de poursuivre le dialogue avec les collectivités
afin d’aboutir à la fermeture des petits établissements ». Pour le ministère,
« outre le coût de ces établissements pour les finances publiques (Etat et
collectivités territoriales), cette situation peut nuire à la qualité de la
formation dispensée : isolement des enseignants, multiplication des services
partagés, difficulté à monter financièrement des projets pédagogiques,
difficulté de faire intervenir des partenaires ».

Si les lycées doivent rester intouchés à la rentrée 2010, le ministère indique
qu’il n’en sera pas de même en 2011. Il entend « rationaliser » les moyens grâce
aux apports de la réforme.  » Il s’agit pour l’académie de rechercher les gains
potentiels liés aux conditions de mise en œuvre de la réforme du lycée… La
réforme du lycée général et technologique offre des possibilités significatives
d’optimisation aux établissements : une dotation horaire globalisée pour la
mise en place de groupes à effectifs réduits, la possibilité de « mise en
réseau » des établissements pour assurer certains enseignements de manière
optimale, la mise en place d’un « tronc commun » en première permettant la
constitution de classes réunissant des élèves des différentes séries,
l’organisation de l’enseignement des langues vivantes par groupes de
compétence. La rationalisation de la carte des langues rares et la mise en
place de conventions entre établissements pour la mise en place des
enseignements d’exploration devront être recherchées. L’utilisation de la
dotation globalisée laissée à la disposition de l’établissement doit être la
plus efficace possible dans le cadre du dialogue avec les établissements ». Là
aussi, le ministère invite au calcul. Sachant que le nombre moyen d’heures
constaté pour la seconde est de 41,3 h,  » Pour la classe de seconde, il s’agit
de faire différentes simulations en chiffrant le gain que pourrait dégager une
dotation forfaitaire moyenne de 39h par division, 39,5h, 40h… Pour les classes
de première et de terminale générales, il convient d’évaluer les possibilités
offertes par le « tronc commun ». »

Dans les lycées professionnels, c’est la « rationalisation de la carte des
formations » qui permettra de dégager des moyens.  » Le regroupement des
divisions à effectifs réduits sera recherché ainsi qu’une augmentation de la
taille des divisions. L’objectif est de rationaliser la carte des formations et
de spécialiser les établissements afin d’optimiser la taille des structures ».

Le ministère entend  également revenir sur les décharges horaires des
enseignants, une mesure que Robien avait fait passer et que Darcos avait
annulée. Constatant que le volume des décharges égale 19 827 ETP (équivalent
temps plein = un emploi ) le ministère entend s’en prendre d’abord aux
décharges non statutaires (soutien scolaire, chorale, coordination
disciplinaire, missions académiques, formation tice, utilisation tice).

Cas unique, un enseignement obligatoire est aussi remis en cause : les IDD. Le
ministère demande à constater les différences entre établissements pour
« lisser » là aussi les moyens… Enfin le gouvernement poursuivra sa politique d’
« optimisation du remplacement »    et de réduction du nombre d’emplois
administratifs.

Le fait que ces documents nous sont parvenus par plusieurs voies montre que
leur mise en application suscite déjà de larges remous dans l’encadrement de
l’éducation nationale. On sait que les décisions seront prises le 15 juin. A
cette date les académies  auront une idée précise des postes supprimés. Mais
les organisations professionnelles pourraient dès maintenant demander des
explications au ministère.
Primaire : augmenter la taille des classes

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/1_Augmentationtaillec

lasses.doc
Primaire : Réduire les remplacements

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/2_Reductionbesoinsrem

placement.doc
Primaire : Scolarisation à 2 ans

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/3_Baissescolarisation

enfantsages.doc
Primaire : Rased

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/4_Sedentarisationense

ignants.doc
Secondaire : plus d’élèves par classe au collège

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/6_Augmentationclasses

college.doc
Secondaire : Fermer les petits établissements

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/7_Evolutionreseauetab

s.doc
Secondaire : Supprimer les décharges

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/8_Reductionvolumedech

arges.doc
Secondaire : Optimiser les remplacements

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/9_Optimisationremplt2

nddegre.doc
Secondaire : « Rationaliser » l’offre scolaire

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/10_LEGT_Rationalisati

onoffrescolaire.doc
Secondaire : L.P. : revoir l’offre de formation

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/11_LP_Rationalisation

carteformations.doc
Secondaire : Revoir les IDD
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/12-IDD_Etat des
lieux04-05-2010.doc
Général : emplois administratifs

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Fiches/13-renfortefficiencea

dministratifs.doc
L’Express du 28 mai

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/28052010Accueil.aspx

L’Expresso du 17 mai

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/17052010Accueil.aspx

Suppressions de postes : Les syndicats montent en ligne

La publication par le Café pédagogique, lundi 31 mai, des documents
ministériels présentant les pistes qui seront suivies pour supprimer les
emplois dans l’éducation,  suscite une vague de réactions, souvent très vives.

Le climat a changé. Le rapprochement syndical qui était apparu sur la question
des retraites est en train de se consolider dans l’éducation après la
publication des pistes ministérielles pour définir les postes à supprimer. Tous
les syndicats critiquent fortement la méthode et les objectifs gouvernementaux.

Ainsi le Snes évoque le « cynisme » de Luc CHatel et estime qu’il « abat ses
cartes ». « Ce document est la preuve qu’au gouvernement, et en particulier au
ministère de l’Education nationale, il y a bien un discours coté cour et un
discours coté jardin », déclare le Snes. « S’agissant du second degré, alors que
le président de la république affirmait il y a peu encore que la réforme du
lycée ne supprimerait aucun emploi, son ministre écrit aujourd’hui noir sur
blanc que « La réforme du lycée général et technologique offre des possibilités
significatives d’optimisation aux établissements » notamment par le biais de la
dotation globalisée, de la mise en place du tronc commun en première, des
conventions entre établissements pour les enseignements d’exploration ».

Le « cynisme » se retrouve dans le communiqué du Sgen Cfdt. « Par ces propositions
empreintes d’un cynisme certain, le ministre veille à remplir les conditions de
l’échec des réformes  en cours. C’est l’aveu même que la politique de
restrictions budgétaires conduit au renoncement et à l’abandon de toute
ambition pour l’École », écrit le Sgen. « L’Éducation n’est pas une priorité pour
ce gouvernement et  l’avenir des jeunes ne semble pas le préoccuper. Comment
lutter notamment contre l’absentéisme scolaire, le décrochage scolaire, les
difficultés de lecture si on démunit le système éducatif de ces personnels
spécialisés (CPE, enseignants spécialisés, COP, psychologues scolaires) et que
parallèlement on continue à alourdir les effectifs des classes ? »

Le Se-Unsa dénonce « le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ».
« La recherche d’économies budgétaires broie désormais toute ambition éducative
pour notre pays », écrit le Se Unsa.  » Alors que la crise imposerait un
investissement éducatif hors du commun, c’est exactement le choix inverse qui
est fait ».
Les documents ministériels

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/CommentLChatelvareduirep

ostes.aspx
Communiqué

http://www.se-unsa.org/spip.php?page=article-presse&id_article=2125

Communiqué

http://www.snes.edu/Suppressions-d-emplois-Luc-Chatel.html

Inspecteurs et chefs d’établissement FSU réagissent aux documents ministériels
« Les inspecteurs et les personnels de direction ne seront pas les fossoyeurs de
l’Éducation nationale » proclament le Snpi, syndicat d’inspecteurs, et le
Snupden, organisation des personnels de direction. « Le ministère attend de la
part des personnels d’encadrement la plus grande « loyauté » (synonyme ici
d’allégeance). Il est nécessaire que chaque inspecteur, chaque personnel de
direction, refuse les mensonges et les manipulations ainsi que le soutien à une
politique de démantèlement de la Fonction publique aux conséquences
désastreuses pour l’ensemble de la population. » Le fossé entre cadres et
ministre se creuse-t-il ?
Communiqué

http://syndicat.snpi-fsu.org/index.php?option=com_content&task=view&id=264&Item

id=47

Les parents protestent
« L’Education nationale va encore devoir payer un lourd tribut au dogme du non
remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite imposé par Nicolas
Sarkozy », estime la Fcpe.  « L’heure est au raclage de fonds de tiroirs et au
grignotage !… La règle idéologique des suppressions de postes va notamment
obliger le ministre de l’Education nationale à avouer ce que son prédécesseur
n’avait jamais reconnu : les suppressions de postes ne peuvent se faire sans
dégradation notable des conditions d’accueil des élèves ».

La Peep, seconde association de parents, cherche une position médiane mais
critique les suppressions de postes.  » S’il est évidemment compréhensible que
le ministère réfléchisse au fonctionnement rationnel de notre système éducatif
car c’est bien son rôle, il ne faut pas que la logique purement mathématique
prévale », note la Peep. Critiques aussi sont les lycéens de la SGL.  » en
indiquant comme levier l’augmentation du nombre d »élèves par classe, le
ministère veut conduire ouvertement à une surcharge de ces dernières, qui
aboutira logiquement à la fin d’une éducation personnalisée pendant les cours
par les professeurs, se trouvant en situation d’un trop plein d’élèves à
suivre. Ainsi, les cours s’assimileront plus à un « gavage  intellectuel »
stérile (du fait du trop grand nombre d’élèves) qu’à des moments de
transmissions de savoirs et d’épanouissement personnel, c’est un véritable
retour en arrière ! »
Communiqué Peep

http://www.peep.asso.fr/art-5132-communique-du-1er-juin-2010.html

Communiqué Fcpe

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2367.php

Suppressions de postes : La réponse du ministère

Le Café a interrogé lundi 31 mai Philippe Gustin, directeur de cabinet de Luc
Chatel qui évoque « une nouvelle gouvernance ». Philippe Gustin conteste certains
chiffres  de suppressions de postes annoncés, car « la prévision des départs en
retraite est complexe et il n’y a pas encore de données officielles à ce
sujet ».

Il demande qu’on se mette dans la position d’un responsable « qui ne peut faire
augmenter indéfiniment la dette publique » et considère que la France ne peut
échapper à la rigueur budgétaire. « Dans ce cadre », poursuit P. Gustin, « le
ministère entend gérer le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux de la
manière la plus intelligente possible, et aussi la plus équitable, selon les
recommandations de la Cour des comptes et de l’Institut Montaigne sur la
gestion de l’école ». Il a donc été décidé de faire un état des leviers
possibles et de demander aux responsables académiques, qui connaissent bien
leur terrain, de formuler les réponses. P. Gustin évoque « un nouveau mode de
gouvernance, responsabilisant les acteurs dans les académies ».

Luc Chatel relativise les suppressions de postes
Dans une brochure électronique, le ministre revient sur ses projets de
suppressions de postes et promet qu’ils seront faits « avec discernement ». « Le
ministère de l’Education nationale doit aussi contribuer à l’effort collectif
de maîtrise des dépenses publiques et à l’application de la règle de non
remplacement d’un départ en retraite sur deux », affirme Luc CHatel dans un
numéro de Clés Actu. « Pour autant, il ne s’agit pas de faire des suppressions
de postes sans discernement, mais de parvenir à la plus grande efficacité des
moyens du système éducatif, en prenant en compte la spécificité de chaque
territoire ».

Le ministre promet qu’il n’augmentera pas la taille de toutes les classes mais
fera « ajuster la taille de celles qui sont nettement en dessous d’un nombre
raisonnable d’élèves ».    Quat aux rased il s’agit « d’adapter le dispositifs aux
besoins des élèves ». Pour lui il s’agit d’une « nouvelle méthode de gestion qui
part de la réalité du terrain, qui garantit une meilleure répartition des
moyens, dans l’intérêt premier des élèves ».
Clés Actu

http://kiosque.porte-parole.gouv.fr/archives/001/001_197.pdf

Pour C. Thélot les suppressions de postes sont une occasion de redistribuer les
moyens
Pour C Thélot,    les documents officiels sur les suppressions de postes relèvent
de la bonne gestion. « Chacun peut voir le contenu de ce power point puisqu’il
est désormais public. Et chacun peut constater qu’il y a très loin de son
contenu à la généralité, la violence et l’indignation des réactions. Très
normalement, il décrit le processus de décision (calendrier, organisation,
modalités de discussion avec le ministère) et c’est dans les « leviers
académiques identifiés » qu’on trouve ce sur quoi prennent appui les réactions
indignées ».

Pour lui, « il ne s’agit donc nullement, comme on feint de le croire,
d’envisager une augmentation générale de la taille des classes. Mais de voir
(il s’agit bien de « leviers » possibles sur lesquels l’attention du recteur
est attirée) s’il n’y a pas des options, dans nos lycées par exemple, où il y a
très peu d’élèves et qui pourraient être regroupées… » Par suite C THélot
réfléchit à ce qui pourrait etre fait. « Notre lycée, qui est bon, quoi qu’on
dise, est coûteux, et sans doute trop, tandis que notre collège, qui a du mal à
réussir, n’est sans doute pas assez doté. Le regroupement des options devrait
s’accompagner d’un certain développement des moyens dévolus au collège. De
même, nos résultats en matière d’acquisition des fondamentaux diminue. Face à
cela ne faut-il pas envisager la poursuite d’une certaine réduction du
préélémentaire très précoce (à 2 ans) et en même temps favoriser un certain
renforcement de l’élémentaire (notamment du CP, ou de la charnière CP-Grande
section), tout spécialement dans les classes où les enfants ont du mal à
maîtriser ces fondamentaux ? En somme, l’idée serait qu’en même temps qu’on
pèse sur la dépense publique (ce qui reste indispensable) on la réoriente un
peu pour en accroître l’efficacité ».
Le blog de C Thélot

http://blog.educpros.fr/cthelot/2010/06/02/power-point/

Editorial : De la réduction de la taille des classes, notamment en Education
Prioritaire…

« Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus
récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas
d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne
s’avèrent plus toujours performantes ». C’est ce qu’ose écrire le ministère pour
justifier l’élévation prévue des effectifs pour récupérer des postes.

Rappelons ici quelques chiffres simples, publiés par le ministère lui-même dans
un dossier de sa propre direction de l’évaluation et de la prospective (n°173,
mars 2006) :
-    un élève par classe en moins, c’est statistiquement 0,7 point gagné en
mathématiques au CE2 pour les élèves socialement défavorisés
-    si les classes de ZEP avaient en moyenne 5 élèves de moins qu’en école
ordinaire, pour un nombre d’enseignants inchangé, on réduirait de moitié les
écarts de résultats entre ZEP et non-ZEP.
-    La réduction des effectifs semble avoir un impact deux fois plus fort
lorsqu’elle est faite en primaire, lieu d’acquisition des savoirs fondamentaux,
mais aussi lieu où se fabrique l’essentiel des écarts scolaires, visibles en
début de 6e avec 15% d’élèves en difficulté d’acquisition scolaire.
-    Ces résultats sont cohérents avec « la recherche internationale la plus
récente », lorsqu’elle est fondée sur des expériences contrôlées, ce qui est «
extrêmement rare » du fait du faible nombre de pays disposant de données
statistiques fiables.

Les auteurs écrivent aussi que « nos résultats indiquent que la relative
modestie des politiques de ciblage des moyens en faveur des écoles et collèges
défavorisés actuellement en vigueur en France peut difficilement se justifier
par l’idée selon laquelle de telles politiques ne marchent pas ». Au contraire,
ils prouvent qu’il pourrait en être autrement « pour peu qu’on assume une
véritable politique de ciblage des moyens en faveur des ZEP.

Alors que la DGESCO présente le 8 juin les résultats de son étude sur les
Réseaux Ambition Réussite (RAR), il n’est actuellement pourtant pas certain que
cette piste de « relance » de l’Education Prioritaire soit totalement à l’ordre
du jour…

Marcel Brun

La politique de réduction de moyens décrite par le ministère aux recteurs

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/CommentLChatelvareduirep

ostes.aspx
L’étude de Piketty et Valdeniaire sur le site du MEN

http://www.education.gouv.fr/cid3865/l-impact-de-la-taille-des-classes-sur-la-r

eussite-scolaire-dans-les-ecoles-colleges-et-lycees-francais.html
et sur le site de l’ENS au cas où le ministère perdrait le lien…

http://www.jourdan.ens.fr/piketty/fichiers/public/PikettyValdenaire2006.pdf

Les documents ministériels

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/CommentLChatelvareduirep

ostes.aspx

Quelles politiques budgétaires ailleurs…

Si la crise économique a fait de l’éducation nationale une cible prioritaire
des économies budgétaires en France, ailleurs la crise joue dans une logique
inverse. Elle fait de l’Ecole une priorité du redémarrage.

13 milliards pour l’Ecole
« Nous devons poser maintenant, en période de crise, les jalons d’une croissance
nouvelle, de la prospérité future et de l’équité entre les générations. Des
coupes budgétaires dans le domaine éducatif coûteraient plus cher qu’elles ne
rapporteraient. » Après le Québec qui annonçait le 1er juin « moins d’élèves par
classe » (maximum 20), c’est l’Allemagne qui s’engage dans un nouvel effort pour
l’Ecole.

La ministre de l’éducation fédérale a annoncé le 10 juin une augmentation du
budget de l’éducation de 13 milliards d’euros, le gouvernement fédéral en
prenant 5 à sa charge. L’éducation et la recherche devraient peser 10% du PIB
en 2015. Une partie de cette somme permettra de scolariser les enfants
l’après-midi, à l’inverse de ce qui est expérimenté en France. L’Allemagne
lance également une journée d’action en faveur de l’accompagnement éducatif.
Près de 200 projets étaient montrés dans le pays le 9 juin.

Québec : « Enfin on écoute les enseignants ! »
Moins d’élèves par classe c’est possible… au Québec ! Soulagement au Québec où
un accord vient d’être signé avec les deux principaux syndicats enseignants le
Fse-Csq et l’Apeq. Aux termes de ce contrat, l’intégration des élèves
handicapés sera accompagnée de mesures d’allègement du nombre d’élèves. Mais la
grande nouvelle c’est la réduction du nombre d’élèves dans les classes. Au
primaire, en zone défavorisée, il n’y aura jamais plus de 20 écoliers par
classe dès la rentrée.    Plus de 3 000 postes d’enseignants seront créés.
Article Cyber presse

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201005/30/01-4285182-e

nfin-la-detresse-des-enseignants-a-ete-entendue.php
Infos ambassade Allemagne

http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/cidal/fr/__pr/actualites/nq/2010__06/2010_

_06__10__Bildung__pm.html

Retraite : Le projet gouvernemental frappe les fonctionnaires

Le gouvernement a fait connaître le 16 juin 2010 ses décisions concernant la
réforme des retraites. Le dispositif n’est pas sans conséquences pour les
enseignants.

On peut retenir de la réforme 5 points principaux :
- l’âge légal de départ en retraite sera relevé à 62 ans en 2018 en
l’augmentant chaque année de 4 mois à partir de la région 1951. L’âge
d’annulation de la décote est lui aussi relevé de deux ans. Pour les
fonctionnaires, l’âge légal est relevé à 62 ans pour ceux qui partent à 60 ans.
Pour ceux qui partent à 55 ans, comme les instituteurs, l’âge est relevé à 57
ans.
- la durée de cotisation passe à 41 ans et 1 trimestre pour les générations
1953 et 1954; jusqu’à 41,5 ans en 2020.
- Le dispositif de départ anticipé pour les parents de 3 enfants ayant 15 ans
de service sera fermé à compter de 2012 sauf pour ceux qui ont déjà 3 enfants
jusqu’en 2012.
- le taux de cotisation des fonctionnaires sera relevé de 7,85 à 10,55 en 10
ans.
Il est créé un prélèvement de 1% sur les plus riches (dernière tranche de
l’impôt sur le revenu).
Communiqué

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-gouvernement-presente-ses-quatorze-e

ngagements-pour-mener-a-bien-la-reforme-des-retr
Synthèse

http://www.retraites2010.fr/sites/default/files/16-juin-2010_SyntheseReformeDes

Retraites.pdf

Unanimité syndicale contre le projet de réforme des retraites

Les syndicats sont unanimes à manifester leur opposition au projet de réforme
des retraites. Tous dénoncent des efforts à sens unique.

« Avec le décalage de deux ans à un rythme rapide de l’ensemble des bornes d’âge
(âge d’ouverture des droits et à partir de 2016 âge de départ sans décote),
tous les salariés vont devoir travailler plus longtemps pour des retraites plus
basses », estime la FSU. « Les fonctionnaires vont en outre avec l’alignement du
taux de cotisation voir leurs salaires nets baisser de façon sensible, de
l’ordre d’un jour de salaire par mois à terme ». « L’effort demandé aux hauts
revenus et aux entreprises ne couvrira au mieux que 10% des besoins de
financement, bien moins que ce qui est exigé des fonctionnaires », estime le
Snes. Même si devant les mobilisations le gouvernement ne remet pas en cause
dans ses actuelles propositions la règle des six derniers mois, les
fonctionnaires, outre les mesures d’âge communes à tous les salariés, vont se
voir imposer des régressions qui correspondent à terme à 5 milliards d’euros
alors que les prélèvements sur le capital et les hauts revenus se monteraient à
seulement 4,6 milliards. Pour l’UNSA, les mesures du projet de réforme « ne sont
ni justes ni équitables, bien au contraire ». Et le syndicat appelle à
manifester jeudi 24.

François Chérèque, pour la Cfdt, est tout aussi critique.  » C’est une réforme
injuste et à court terme, quasiment une provocation », annonce-t-il dans Le
Figaro. « 85 % de l’effort est supporté par les seuls salariés via le passage à
62 ans et le relèvement des taux de cotisations des fonctionnaires…  » Pour
ceux-ci : « Une augmentation de 0.27 % par an sur 10 ans, c’est quand même
raide. C’est une sorte de double peine en matière de pouvoir d’achat pour les
fonctionnaires. Non seulement leurs salaires n’augmentent plus mais on va leur
prélever des cotisations supplémentaires qui vont peser sur leur pouvoir
d’achat. Relever de 1 % seulement la tranche supérieure d’imposition sur le
revenu, les bras m’en tombent. Je m’attendais à un peu plus de sérieux du
gouvernement sur cette question mais le choix a été fait de ne pas toucher aux
hauts revenus. 1 %, c’est ridicule et les gens vont s’en rendre compte ».
Communiqué

http://www.snes.edu/Un-projet-brutal-et-injuste.html

Chéreque

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/06/16/04016-20100616ARTFIG00496-francoi

s-chereque-cette-reforme-est-une-provocation.php

Luc Chatel installe le comité sur le temps scolaire

« Afin de réconcilier le temps des familles, celui de l’école et celui de la
société « , Luc Chatel a installé le 7 juin le Comité de pilotage de la
Conférence nationale sur les rythmes scolaires, en souhaitant qu’il puisse
« permettre aux élèves d’aller le plus loin possible » et limiter les phénomènes
de violence scolaire.

« La fonction première du comité est de consulter », affirme la rue de Grenelle.
« Il a pour mission d’écouter tous ceux qui sont touchés par la vie de l’Ecole :
les organisations syndicales, les fédérations de parents d’élèves, les
organisations de lycéens, les représentants du monde associatif, du monde
économique et social mais aussi tous ceux dont l’activité est concernée par les
rythmes scolaires sans se limiter dans ses auditions, tant en nombre qu’en
fréquence ». Luc CHatel annonce des débats dans chaque académie, une synthèse mi
janvier 2011 et un rapport an mai 2011.

Selon le ministre, la diversité des origines des membres du comité de pilotage,
présenté à la presse à l’occasion de l’installation de la conférence nationale
sur les rythmes scolaires, reflète la diversité des aspects à prendre en compte
dans une réflexion concernant au premier chef  l’enfant et le système éducatif.

Le comité est présidé par Christian Forestier, administrateur général du CNAM,
et Odile Quintin, ancienne directrice générale de l’éducation à la commission
européenne. Ils sont entourés de 16 membres, où les spécialistes (Eric
Debarbieux, sociologue, Bernard Hugonnier, OCDE, Jean-Marc Roirant, ligue de
l’enseignement, François Testu, JPA, Yves Touitou) sont noyés au milieu des
politiques ou des représentants économiques.

D’ores et déjà la composition du comité est critiquée. La Peep déplore
l’absence des parents. « Un Comité de pilotage sans représentants de parents
d’élèves est une décision lourde de sens », estime l’association. Le Se-Unsa met
en garde contre les dérives possibles. « En ce jour de lancement des travaux,
alors qu’au ministère on  parle de « chance historique » », le SE-UNSA « tient à
prévenir que toute instrumentalisation de ce sujet de société à des fins
d’économies budgétaires sonnerait le glas d’une évolution pourtant
indispensable ».

Entre éthique professionnelle et exploitation. C’est que l’idée de créer des
emplois en allongeant la durée de l’année scolaire pourrait se faire jour.
C’était une des pistes envisagées par la RGPP. Or le sujet du temps scolaire
est suffisamment chaud. En proposant de revoir le rythme des vacances d’hiver
(« Pourquoi, par exemple ne pas revenir, après une discussion avec les acteurs
économiques à calendrier en deux zones qui permettrait un deuxième trimestre
équilibré ? Le calendrier de tous les élèves doit-il rester tributaire
d’intérêts économiques liés aux seuls 9 % des familles qui partent en vacances
d’hiver ? ») , le Snuipp tente de désamorcer la bombe que constituerait toute
remise en question des congés d’été. Entre le souci éthique de faire mieux
travailler les élèves et le sentiment d’aggravation des conditions de travail
que ressentent les enseignants, le chemin que devra parcourir le comité sera
très étroit. Le Se-unsa a raison de parler de « débat de fond dans un climat de
défiance ».
Lisez le reportage du Café

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/080610_Installationdelac

onferencenationalesurlesrythmesscolaires.aspx
Le dossier de presse ministériel

http://www.education.gouv.fr/cid51955/conference-nationale-sur-les-rythmes-scol

aires.-installation-du-comite-de-pilotage.html
Communiqué

http://www.se-unsa.org/spip.php?article2289

Communiqué

http://www.peep.asso.fr/art-5132-communique-du-7-juin-2010.html

Comment rétablir la semaine de 9 demi journées ?

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/03/310310rythmes.aspx

Communiqué

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7184

Les syndicats dénoncent « l’effet de manches »
Syndicats et parents réagissent à l’expérimentation d’un nouveau temps
scolaires dans 100 établissements.

« Chaque semaine apporte son lot d’annonces : violence à l’école, rythmes
scolaires », relève le Sgen Cfdt. « Ce choix de politique d’annonces éloignées
des enjeux véritables, illustre la situation d’un gouvernement rendu
progressivement impuissant sur le plan de la politique éducative par ses choix
budgétaires. Impuissant et incohérent puisque les annonces sur le sport à
l’école, si elles doivent dépasser le stade de l’annonce, ce qui est tout de
même le sens d’une expérimentation, auront un coût non négligeable. Sur quel
budget ? »

Pour le Se-Unsa ,  » l’organisation préconisée (sur le modèle du lycée de Meaux,
inspiré du modèle allemand, déjà daté et largement remis en cause outre-Rhin)
ne répond pas à la question des rythmes scolaires. En quoi une journée aussi
chargée en heures de cours que la journée actuelle, sans pause méridienne, à
laquelle on ajoute deux heures d’activités sportives représente-t-elle un
progrès en termes de rythmes ? … Quant à présenter le sport comme le remède à
la violence scolaire et à l’absentéisme, cela traduit une approche pour le
moins simpliste de ces phénomènes complexes ».

La FCPE ironise : « La FCPE proposerait bien au ministre d’envisager la mise en
place d’une semaine de 4 jours et demi dans une centaine de circonscriptions
dès septembre 2010″.
Sur lexpérimentation CHatel

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/26052010Accueil.aspx

Communiqué Se Unsa

http://www.se-unsa.org/spip.php?article2126

Communiqué Fcpe

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2366.php

Luc Chatel expérimente l’école du matin dans 100 établissements

Alors que plusieurs rapports, et d’abord celui de l’Académie de médecine,
dénoncent l’organisation du temps scolaire en France, Luc CHatel a annoncé ce
matin un développement du sport en collège et lycée allant jusqu’à
l’expérimentation, dans 100 établissements, du sport chaque après-midi.

Une attention pour le sport scolaire. « Réjouissons-nous : le sport scolaire se
porte bien » a lancé le ministre mardi 26 mai dans les locaux de la Maison du
sport. « Notre sport scolaire est vivace » a déclaré le ministre mais  » nous
pouvons encore faire mieux ». Il s’est fixé comme objectif de doubler en trois
ans le nombre de collégiens affiliés à une association sportive. Pour cela, Luc
CHatel a annoncé  » l’inscription du projet de l’association sportive au sein du
projet de l’établissement », une réforme qui ne devrait pas être trop difficile…
et l’organisation de rencontres sportives et  » l’organisation, en fin d’année,
d’une fête de l’association sportive rassemblant tous les acteurs et
partenaires ». Deux décisions sont plus marquantes :  » dans chaque association
de l’UNSS sera créée une double vice-présidence, l’une occupée par un parent
d’élève, l’autre par un représentant des élèves » et une mention dans le livret
de compétences :  » je propose qu’une appréciation de vie scolaire soit intégrée
au livret de compétences de l’élève, qui prouvera son implication dans la vie
de l’établissement et sera la reconnaissance de l’investissement,
particulièrement honorable, de l’élève dans son association sportive ». D’autres
mesures ont été évoquées : l’augmentation de la proportion de filles par
l’introduction de sports nouveaux, le renforcement de l’accessibilité.

L’expérimentation du temps à l’allemande. Mais le ministre a donné au sport
d’autres objectifs. « Le sport, c’est aussi un approfondissement moral,
l’exercice de la volonté. C’est l’occasion de savoir ce que peuvent valoir
d’efforts, de sueur, la conquête de quelques mètres de terrain ou le gain de
quelques dixièmes de seconde…. Le sport, et d’abord le sport scolaire, c’est
encore l’occasion d’adapter son esprit à un autre cadre, s’adapter aux règles
ainsi qu’au jeu de l’adversaire ».  Pour toutes ces raisons, il a décidé de
multiplier l’emploi du temps expérimenté à Meaux.  » L’expérience qui a été mise
en place au lycée Jean Vilar de Meaux n’existe en effet que depuis 3 mois, et
elle porte déjà ses fruits : les enseignants ont constaté des progrès dans les
résultats scolaires du deuxième trimestre… Nous devons nous appuyer sur ce qui
a montré son efficacité. Aussi, je souhaite que l’on étende  cette solution
innovante. Dès la rentrée 2010, nous allons lancer le même type
d’expérimentation dans une centaine d’établissements : une nouvelle
organisation du temps scolaire fondée sur un nouvel équilibre, cours le matin,
sports et culture l’après-midi. « . Cette expérience sera démultipliée dans 100
établissements volontaires où les cours auront lieu le matin et « le sport »
l’après-midi. Cela concernera au moins un collège et un lycée par académie dès
la rentrée 2010. On remarquera que le ministre ne parle pas d’EPS mais de
« sport ».
Le discours ministériel

http://www.education.gouv.fr/cid51779/premiere-journee-des-rencontres-sport-sco

laire-allocution-luc-chatel.html

Analyse : Expérimenter un nouveau temps scolaire ou une rupture avec l’EPS ?

Quel objectif poursuit réellement Luc Chatel dans ce discours où la légèreté
des arguments répond à la modestie des décisions ? L’apologie du sport peut
elle servir l’enterrement de l’EPS ? Un aménagement du temps est-il possible ?

L’expérimentation de Luc Chatel a-t-elle un avenir ? Derrière la vitrine
sympathique de petits jeunes qui gambadent au lieu de rester enfermés
l’après-midi, il est impossible de ne pas voir les points faibles du discours
ministériel.  L’expérimentation porte sur 100 établissements, un chiffre à
mettre en rapport avec les 11 400 établissements secondaires français, dans
lesquels « 2 ou 3 classes » seront concernées. Etendre cette expérience
supposerait un financement important de la part des collectivités locales. En
effet les infrastructures sportives sont insuffisantes pour accueillir ces
flots d’élèves aussi longtemps. On voit mal les communes, souvent déjà en
difficultés, porter ce poids supplémentaire.

Mais c’est surtout la légèreté argumentative qui retient l’attention. Luc
Chatel ne s’est pas contenté de vanter le sport comme école de l’effort, de la
volonté, de la conquête et de la règle. Il a carrément présenté le
développement du sport comme une réponse à la violence scolaire et à
l’absentéisme, des affirmations qui reposent sur une conception un peu
simpliste de ces phénomènes. Il évoque l’expérience de Meaux en précisant  »
n’existe en effet que depuis 3 mois, et elle porte déjà ses fruits  » ce qui
évidemment laisse songeur.

Le repoussoir allemand. Sur France Info, le ministre explique que « dans les
pays où les pratiques sportives ont été expérimentées l’après-midi, des
réusltats ont été obtenus ».  Il serait plus vrai de dire que ceux qui l’ont
expérimenté… l’ont abandonné. . C’est que laisser libres les enfants
l’après-midi creuse les inégalités sociales. Certains enfants passent
l’après-midi dans des associations culturelles ou sportives tandis que d’autres
trainent dans la rue. Ainsi les mauvais résultats en terme de niveau scolaire
et d’inégalité sociale ont amené les länder à changer le rythme scolaire. Déjà
39% des écoles publiques font classe toute la journée Et l’Allemagne va
continuer à injecter de l’argent dans l’Ecole pour aligner toutes es écoles. Ce
n’est pas précisément ce que compte faire Luc Chatel…

Faut-il repousser tout aménagement du temps scolaire ? Des établissements ont
réfléchi à aligner l’emploi du temps sur les recommandations des
chronobiologistes. C’est notamment le cas au collège Clisthène de Bordeaux où
des activités interdisciplinaires et des ateliers occupent l’après-midi. Mais
ils font partie de la vie de la classe et sont encadrés par les enseignants.
C’est la condition du succès de cette formule.

Du sport ou de l’EPS ? Finalement la principale victime de cette
expérimentation semble être l’EPS.  L’expression elle même n’est plus dans le
discours officiel. Multiplier les heures de sport ce sera forcément sortir
l’eps des disciplines ordinaires pour en faire quelque chose de particulier et
faire entrer des non enseignants dans l’encadrement des élèves. C’est un
changement de statut de cette discipline qui pourrait découler du projet.
Une journée de classe en Allemagne

http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/cidal/fr/__PR/actualites/nq/2009__07/2009_

_07__08__systeme__educatif__pm.html
La réforme allemande

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/07/09072009Accueil.aspx

L’emploi du temps du collège Clisthène

http://clg.clisthene.bordeaux.ac-bordeaux.fr/modules/resources/download/0339999

x/le_projet/le_rapport_d_etape_2005/rapport_clisthene_2004-2005_enseigner.pdf

Analyse : Rien ne se fera sans les collectivités locales

Peut-on réformer les rythmes scolaires sans intégrer les attentes des communes
? Oui semble penser le Comité de pilotage qui ne comprend aucun représentant
des communes, alors que l’industrie touristique, par exemple, y est
représentée. Mais, exclues du comité de pilotage de la conférence nationale des
rythmes scoalires, les représentants des grandes villes rappellent qu’ils sont
incontournables.

Ainsi l’AMGVF (association des maires des grands villes) rappelle que »toute
modification du temps scolaire impacte les dispositifs d’accueil mis en place
par les communes ». L’Andev, qui représente les directeurs de l’éducation des
villes, pose la question du temps scolaire. « Ne faut-il pas « penser global », et
s’interroger également sur les fortes disparités en Europe du temps de classe ?
En France, 36 semaines de 4 jours de 6 heures, donc 864 h. Selon mes
informations, les « enfants de France » ont l’année scolaire la plus intense ».

Deux exemples, parvenus au Café pédagogique, illustrent l’importance des
municipalités. A Strasbourg, 3 écoles primaires ZEP fonctionnent en ARS depuis
plus de 15 ans avec le rythme suivant :  5 matinées de classe de 4h (dont le
mercredi) et 2 après-midi de 2h soit 24h hebdomadaires;  2 après-midi de 2h
consacrés à des activités sportives, culturelles et artistiques en groupes
restreints (12 à 15 enfants) et complémentaires des enseignements. Dans l’une
de ces écoles, l’horaire de l’après-midi est atypique puisque les enfants
reprennent à 15h jusque 17h ce qui permet aux enfants d’avoir un long temps de
détente avant de reprendre l’après-midi. Cet horaire permet aussi d’organiser
l’aide personnalisée de 14h à 15h, stigmatisant moins les élèves concernés.
Cette organisation,, qui va dans le sens souhaité par les chronobiologistes,
est remise en question par la ville de Strasbourg. Pour des raisons
budgétaires, elle souhaite supprimer une après-midi d’activités ce qui va
entraîner une révision des horaires et un alignement vers la semaine de 4
jours.    « Les enseignants qui ont vécu l’arrivée de ce nouveau rythme ne l’ont
pas accueilli avec enthousiasme car il signifiait travailler le mercredi matin
et raccourcir les vacances scolaires », nous précise une mère d’élève. « Mais
aujourd’hui, aucun de ces enseignants ne veut faire machine arrière et tous
reconnaissent les bienfaits du système ».

A Angers, si la municipalité a réussi à faire revenir une partie des écoles à
la semaine de 5 jours, c’est en investissant dans le périscolaire. Comme lé
précise Luc Belot, adjoint à l’éducation, « la Ville a joué son rôle en lançant,
dès novembre 2008, lors de la Conférence des parents organisée à Angers, une
concertation qui a été élargie au 1er semestre 2009 à l’ensemble de la
communauté éducative ». Après concertation avec les parents de janvier à mars
2009, grâce à de spetits déjeuners et des tables rondes avec les différents
acteurs de l’école, d’avril à juin ont eu lieu des réunions avec les
enseignants. Au bout de cette phase, 53% des écoles ont manifesté le regret de
la suppression du samedi matin, 57% jugent la journée de 6h trop longue, mais
seulement 37% demandent la semaine de 9 demi-journées incluant le mercredi
matin.

Au final un groupe scolaire, celui de l’Isoret, expérimentera à partir de la
rentrée 2010, la semaine de 9 demi-journées. « Par rapport à l’Isoret, les
parents et enseignants ont souhaité dès le départ tester ce nouveau rythme. Le
conseil municipal a donné en mars un avis favorable à l’expérimentation et la
Ville prépare aujourd’hui avec les acteurs impliqués – services municipaux,
écoles, partenaires du quartier – les meilleures conditions d’une rentrée sur 4
jours et demi », souligne M Belot. Dominique Bruneau, directeur de l’Isoret,
présente ainsi le nouvel emploi du temps.  » Parce que les enseignants savent
que les temps d’enseignement du matin sont plus favorables aux apprentissages,
il a été choisi de raccourcir le temps de scolarité de l’après-midi et de
mettre une matinée supplémentaire le mercredi matin. Dès lors les matières
fondamentales : maths et français seront placées le matin prioritairement. Il
s’agit aussi sur les temps périscolaires d’amener un plus culturel, éducatif,
sportif aux enfants notamment sur le temps de CEL. À nous de rendre les
activités suffisamment attractives et d’inscrire un maximum d’enfants, ce afin
d’éviter le phénomène des orphelins de 16h. Il a été choisi sur les temps
périscolaires de privilégier les partenaires du quartier pour les associer à
notre projet : clubs sportifs, centre de loisirs, maisons de quartier,
associations locales et oeuvres complémentaires de l’école, conservatoire
régional de musique ».  Pour la ville d’Angers, le nouvel emploi du temps
implique la prise en charge du temps périscolaire de 15h30 à 18h30 4 jours par
semaine, de 11h30 à 12h30 le mercredi.

Ces deux exemples montrent qu’il est possible de faire revenir les écoles au
rythme de 9 demi-journées à condition de poser la question des relations entre
Etat et communes. Il faut que les enseignants soient convaincus que cela
améliorera la situation scolaire des enfants. Or cela passe par un
investissement budgétaire des communes. Elles ont du mal à le faire en cette
période. Une problématique que l’on retrouve dans l’aménagement du temps
scolaire testé dans 100 établissements secondaires à la rentrée. Réaménager le
temps scolaire c’est alourdir les charges des communes. Si l’on se plait à
mettre en avant les résistances des enseignants, on voit qu’il faut aussi poser
cette question : est-ce possible sans un transfert budgétaire de l’Etat vers
les communes ?
Andev

http://www.andev.fr/index.php?id=461

AGMVF

http://www.grandesvilles.org/espace-presse/communiques-presse/rythmes-scolaires

-maires-grandes-villes-pas-invites-comite-pilotage
Maternelle Gutenberg Strasbourg

http://mat.gutenberg.over-blog.com/

Dossier d epresse Angers

http://www.angers.fr/fileadmin/plugin/tx_dcddownloads/DP_rythmes_scolaires.pdf

L’enseignement catholique demande plus « de justice et d’équité » et des réformes

« L’optimisation des moyens consacrés à l’éducation ne peut pas être le simple
résultat d’opérations comptables », affirme dans un communiqué Eric de Labarre,
secrétaire général de l’enseignement catholique. « Elle doit être le fruit d’une
vue prospective qui prenne en compte les besoins d’éducation, les contextes
géographiques et culturels ainsi que les modes d’organisation de l’école, en
son sein comme sur son territoire ». Au-delà de la question des postes,
l’enseignement catholique souhaite amener le gouvernement à débattre d’une
véritable réforme de l’enseignement.

Les syndicats de chefs d’établissement et les secrétaires généraux des comités
académiques de l’enseignement catholique estiment que la politique de
suppressions de postes change de nature. « Conduite depuis trois ans, cette
politique qui doit se prolonger jusqu’en 2013, dépasse les économies à réaliser
et concerne désormais  l’organisation même de l’enseignement en France ».

L’Enseignement catholique demande « la justice et l’équité : ne bénéficiant pas
de moyens d’enseignement en dehors des cours donnés aux élèves, il souhaite
connaître avec précision les catégories d’emplois  qui seront touchées dans
l’enseignement public par la suppression des emplois ». Ajoutons que la pyramide
des âges de l’enseignement catholique est nettement plus âgée que celle du
public. Même si les départs en retraite y sont plus tardifs du fait du régime
de retraite, le besoin en emplois y sera proportionnellement  plus important
que dans le public pendant plusieurs années.

Mais pour l’enseignement catholique, le gouvernement, par sa politique
d’économies, est en train de changer l’Ecole et il demande à être associé aux
décisions. « L’enseignement catholique demande le courage d’engager de vraies
réformes structurelles ouvertes à la diversité des situations et des
organisations pour promouvoir l’égalité réelle des chances en faveur de la
jeunesse : organisation des réseaux d’établissements, allégement des programmes
et des horaires pour les élèves, libérant ainsi des besoins en moyens
d’enseignement plutôt que de fermer des structures scolaires, nouvelle gestion
des classes et de leur regroupement possible pour certains enseignements,
nouvelle gestion de la dotation globale horaire par les établissements ».
Sgec

http://www.enseignement-catholique.fr/

Le financement de la Fondation pour l’école  interrogé par une député
socialiste

Peut-on prôner la mise à mal de l’école publique et bénéficier d’une
déclaration d’utilité publique ? C’est la question posée par la député
socialiste Michèle Dalaunay. C’est peut-être l’amorce d’un vrai combat
politique sur l’Ecole.

Plutôt discrète depuis sa constitution en 2008, la Fondation pour l’Ecole a
fait une apparition médiatique éclatante fin mai avec la publication d’un
sondage d’opinion. Interrogés par l’Ifop, 74% des français jugeaient que
« diversifier les types d’école » pouvait être favorable. Une réponse peu
étonnante mais le sondage « oubliait » que les écoles sous contrat et publiques
proposent déjà une offre .très diverse.  En plein débat sur l’autorité, plus de
80% des sondés    étaient favorables au renforcement des pouvoirs du chef
d’établissement. Enfin 71% des sondés se déclaraient favorables à un système
proche du chèque éducation. Appliqué dans certains états américains, il donne
aux familles un libre choix de leur école. Cela se traduit par le creusement
des inégalités et le renforcement des discriminations scolaires. Deux
conséquences perdues de vue par les sondés. Les résultats du sondage peuvent
donner l’impression que les trois quarts des français sont pour le
démantèlement de l’école publique. Or cela ne reflète probablement pas le
sentiment général ainsi que le montrent d’autres sondages,  par exemple les
statistiques européennes de l’étude European Social Reality. Selon elle, 78%
des Français sont satisfaits de leur école locale. C’est beaucoup et surtout
c’est plus que nos voisins européens qui n’apprécient leur école qu’à 71%.

Selon son site, la Fondation pour l’école « cherche à apporter une réponse
pragmatique pour renouveler l’enseignement en France par le développement de
nouvelles écoles entièrement libres et par la promotion de pédagogies
efficaces, afin que chaque enfant puisse accéder à une instruction de qualité ».
Elle aide au financement d’écoles privées hors contrat. Elle a obtenu le 18
mars 2008, jour d’investiture du gouvernement, le bénéfice de la reconnaissance
d’utilité publique qui lui permet de recevoir des fonds défiscalisés pour
promouvoir son action.

Michèle Delaunay interroge le ministre de l’intérieur sur l’opportunité de
cette déclaration d’utilité publique. « Dans une période où les moyens de
l’école publique, républicaine et gratuite sont drastiquement restreints,
réduisant de ce fait sa capacité à assurer à tous, sans distinction d’origines,
un enseignement de qualité selon le principe de l’égalité des chances, il
paraît extrêmement choquant de voir l’Etat financer de facto l’école privée
hors contrat », affirme-t-elle.    Pour elle, la Fondation assure le développement
d’établissements catholiques, même si ses statuts ne le mentionnent pas.  « Ce
financement de facto de l’enseignement privé hors contrat vient en
contradiction de la laïcité, telle que définie par la loi de 1905, qui respecte
tous les cultes mais n’en favorise aucun, et également de la loi Debré du 31
décembre 1959 ayant amené à la définition même de l’enseignement privé hors
contrat ». Enfin elle pose la question du type d’établissements soutenus par la
Fondation. « Alors que, suite à un contrôle pédagogique, le recteur de
l’académie de Bordeaux vient de conclure qu’un des établissements recommandés
par la Fondation pour l’Ecole fournit aux élèves un enseignement ne
satisfaisant pas aux exigences du Code de l’éducation pour ce type
d’établissement du fait d’une « carence d’enseignement des sciences de la vie
et d’un enseignement de l’histoire vu au travers d’un prisme religieux , ne
permettant pas de former l’esprit critique des élèves», il apparaît comme
extrêmement urgent de prendre la mesure du danger – et non de l’intérêt -
public de la Fondation qui le soutient. »

Développer l’esprit critique, c’est pourtant une des missions qu’Anne
Coffinier, présidente de la Fondation, affirme fixer à ses écoles. Interrogée
par le Café, elle ne met pas en avant d’identité religieuse mais présente son
action comme « une participation à l’amélioration du système éducatif français ».
« On promeut l’idée que le pluralisme scolaire et la diversité sont intéressants
car ils permettent de faire davantage réussir les enfants », ajoute-elle. Or
selon elle, « il n’y a pas grand choix entre le privé sous contrat et
l’enseignement public qui sont alignés sur le fond ».  Tous deux sont confondus
dans ses critiques. L’enseignement public serait en train de sombrer. Quant au
privé sous contrat, plus fréquemment objet de ses critiques, elle l’accuse
« d’exclure les élèves en difficulté pour maintenir ses taux de réussite aux
examens ». Interrogée sur l’école bordelaise Saint Projet, qui vient d’être
pratiquement fermée par le recteur de Bordeaux suite à un reportage diffusé par
France 2, Anne Coffinier nous a dit la connaître personnellement. Elle juge que
« ce n’est pas une mauvaise école ». C’est le reportage qui « n’est pas  du
journalisme »… L’établissement fait bien partie des écoles promues sur le site
de la Fondation.  Il est  présenté ainsi :  » un enseignement fondé sur une
méthode d’enseignement classique, dans une ambiance chrétienne, avec de petits
effectifs qui permettent un suivi individualisé des élèves ».

Dans des interviews antérieures, Anne Coffinier a sans doute livré davantage
sur ses intentions.  Ainsi en 2006, sur un site catholique traditionaliste,
elle estime que « puisqu’il n’est pas de solution de l’intérieur (à cause du
gigantisme bureaucratique des structures et du conservatisme aveugle des
syndicats), il faut agir à l’extérieur et à côté du grand corps malade de
l’Education nationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra susciter une
émulation profitable au système éducatif français dans son ensemble ». Pour
elle, « s’il est légitime que l’Etat intervienne financièrement pour permettre
un accès effectif de chacun à l’éducation (par exemple sous forme de chèque
éducation), il est en revanche illégitime que l’Etat s’ingère dans le contenu
de l’enseignement, à partir du moment où ce dernier respecte l’ordre public ».
Dans un autre entretien, elle déclare : « il m’est apparu comme une évidence que
l’Education nationale ne se réformerait jamais d’elle-même. Le caractère
monstrueux de cette réalité m’a prise à la gorge : des millions et des millions
d’élèves vont continuer à être mutilés à vie ».

La question posée par Michèle Delaunay est donc tout à fait pertinente. L’Etat
peut-il accorder la déclaration d’utilité publique à un mouvement qui se fixe
comme objectif la destruction de l’enseignement public et de l’enseignement
privé qui lui est associé ? Au moment où le ministre est accusé par certains de
« détruire l’enseignement public », le soutien financier accordé par le
gouvernement à un mouvement qui poursuit ce but interpelle.
Question posée par M Delaunay

http://mailing.gsan.org/files/ml_GSAN/QE_FONDATIONECOLESPRIVEESHORSCONTRAT.pdf

Question posée par M Delaunay

http://mailing.gsan.org/files/ml_GSAN/QE_FONDATIONECOLESPRIVEESHORSCONTRAT2.pdf

Interview A Coffinier 2006

http://caelumetterra.hautetfort.com/archive/2006/11/07/les-ecoles-independantes

-un-entretien-avec-anne-coffinier.html
Autre interview d’Anne Coffinier 2006

http://www.polemia.com/article.php?id=1342

Décret d’utilité publique

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018385849

Fondation pour l’école

http://www.fondationpourlecole.org/index.php

Formation des enseignants : Plusieurs recours déposés contre l’Etat

Le Sgen Cfdt avait annoncé qu’il déposerait des recours devant le Conseil
d’Etat à propos de la réforme de la formation  des enseignants. Il a été
précédé le 2 juin par les syndicats FSU, la Fcpe, Sud et Sauvons l’université.
Au-delà la réforme suscite des manifestations de scepticisme chez les
formateurs.

Les premiers ont déposé un recours avec suspension contre une circulaire du 1er
avril sur l’accompagnement des stagiaires. D’après l’AFP, le motif serait
l’absence de référence aux IUFM dans ce texte alors que la loi de 2005 leur
impute la formation des enseignants. Sud, la Fcpe et SLU ont déposé des recours
contre plusieurs arrêtés du 5 mai relatifs aux concours en arguant de
l’inégalité introduite sur le territoire et des conditions d’inscription aux
concours.
Dépêche AFP

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/de

peches_de_l_educat/&key=20100602&key2=100602153917.f9ecobyg.xml

Le Snep dénonce l’insuffisance de la formation des professeurs des écoles
On savait la nouvelle formation des professeurs des écoles déficiente sur de
nombreux points. Le Snep –Fsu souligne l’effondrement de leur formation en EPS.

« Nous venons de faire un bilan des horaires EPS dans les masters : la
diminution est presque partout dramatique. Les horaires EPS passent, pour les
étudiants qui ne choisiront pas l’option EPS, de 72h à 14h à la Réunion, de 66h
à 20h à Grenoble, de 84h à 30h à Lyon, par exemple. A Versailles et Besançon,
les étudiants pourront suivre leur master sans avoir bénéficié d’une seule
heure d’EPS ! Ils avaient auparavant 76h à Besançon et 44h à Versailles », écrit
Serge Chabrol, secrétaire général du Snep, à Luc Chatel dans une lettre du 14
juin. « Ces chiffres sont le résultat direct de la suppression de l’obligation
de l’épreuve EPS au CRPE ».

Le Snep rappelle qu’un « professeur des écoles aura pourtant à enseigner 3h par
semaine un programme prenant appui sur diverses activités physiques et
sportives adaptées à l’âge des enfants (natation, gymnastique, course
d’endurance…) ». C’est l’éducation à la santé et même la sécurité des enfants
qui sont atteintes.
La lettre

http://www.snepfsu.net/actualite/lettre/15juin10.php

L’inquiétude monte chez les maîtres formateurs
Alors que se met en place la réforme de la formation des enseignants, les
maîtres formateurs s’interrogent sur leur avenir comme le montre une démarche
des maîtres formateurs du Haut Rhin.

Dans une lettre datée du 9 juin, adressée à l’inspectrice d’académie du Haut
Rhin, l’association des enseignants formateurs du Haut Rhin annonce que ses
membres vont suspendre leurs fonctions s’ils n’obtiennent pas des garanties.

« Nous sommes les spectateurs, pour ne pas dire les victimes, d’un déplacement
de notre centre de gravité qui heurte la conception que nous nous faisions de
notre engagement au service de la formation des maîtres, contrarie les
motivations qui nous ont poussés à exercer nos fonctions et ne sera pas sans
incidence, nous le craignons, sur le caractère et la nature de nos
interventions », affirme l’association. « Nous considérons, en effet, que cette
décision est propre à générer un repli sur soi, une « insularisation » de notre
catégorie professionnelle au sein de la sphère strictement institutionnelle,
dans le vase clos des formateurs dits « de terrain », nous privant ainsi de ce
contact privilégié et à bien des égards stimulant avec d’autres catégories de
formateurs ». Les maîtres demandent l’organisation d’un corps départemental des
maîtres formateurs, un cadre statutaire d’intervention, la révision du
calendrier de formation des S1. Contactée par le Café, l’inspection académique,
qui n’a pas donné suite au courrier du 9 juin, n’a pas souhaité s’exprimer.

21 euros la semaine…
Selon André Ouzoulias, l’administration de l’éducation nationale du Val d’Oise
a décidé de fixer le montant de l’indemnité des maîtres qui accompagneront les
nouveaux enseignants stagiaires à 21,94 euros par stagiaire et par semaine.
Pour un tutorat de 8 semaines, la rémunération serait de 175,52 euros.    « La
très grande considération que représente cette aumône, poursuit A Ouzoulias,
encouragera certainement un grand nombre de professeurs des écoles à se porter
candidats…

Concours 2010

Attention le calendrier est bouleversé : vous avez jusqu’au 13 juillet pour
vous inscrire aux concours dont les épreuves auront lieu  à l’automne.

Ouverture de l’inscription aux concours
La première session de concours, organisée selon les nouvelles modalités suite
à la mise en place de la réforme du recrutement et de la formation des
enseignants et des personnels d’éducation, est ouverte aujourd’hui. Les
étudiants qui souhaitent devenir enseignants devront s’inscrire aux concours
entre le 1er juin et le 13 juillet 2010. Sont concernés les étudiants
titulaires d’un master ou inscrits dans un cursus universitaire permettant de
l’obtenir au plus tard au terme de l’année universitaire 2010-2011.

« Cette nouvelle organisation », note le ministère,  « a pour effet une
modification des dates d’épreuves d’admissibilité qui ont été avancées par
rapport aux années antérieures. Les écrits du  concours de recrutement des
professeurs des écoles (CRPE) auront lieu les 28 et 29 septembre 2010 et les
écrits des concours du second degré auront lieu du 2 au 30 novembre 2010. Les
dates des épreuves écrites de l’agrégation n’ont pas été modifiées. Les
lauréats de ces concours seront nommés professeurs stagiaires à la rentrée
2011″.
Communiqué

http://www.education.gouv.fr/cid51874/concours-enseignants-pour-la-rentree-2011

-de-nouvelles-dates-d-inscription.html
S’inscrire aux concours

http://www.education.gouv.fr/cid5350/recrutement.html

Textes officiels

Quelques informations officielles du mois : formations internationales,
dépollution etc.

Réorganisation des formations internationales
Un B.O. spécial publie les textes annoncés dans L’Expresso du 7 juin. Ils
réorganisent les formations internationales. Un décret crée des sections
binationales au lycée, par exemple autour du bac allemand ou italien. Des
arrêtés définissent l’organisation de la formation franco-espagnole, allemande
et italienne. L’expression « section internationale » ne sera plus utilisée que
pour le baccalauréat international.
BO spécial

http://www.education.gouv.fr/pid24171/special-n-5-du-17-juin-2010.html

L’Expresso du 7 juin

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/07062010Accueil.aspx

Diplôme de compétence en langue
Le B.O. du 17 juin publie le décret publié au J.O du 11 mai créant un diplôme
de compétences en langues. Il reconnaît un niveau réel en langue chez les
professionnels. « Le diplôme de compétence en langue est un diplôme national
professionnel qui atteste les compétences acquises par des adultes en langue de
communication usuelle et professionnelle communes à l’ensemble des secteurs
d’activité économique ».
Au B.O.

http://www.education.gouv.fr/cid52096/mene1005182d.html

Les diagnostics environnementaux des écoles ont commencé
Annoncée fin mai par une circulaire du ministère de  l’environnement, une série
de diagnostics des sols des écoles installées sur d’anciens sites industriels
est programmée. Ces enquêtes permettront de déceler d’éventuelles pollutions
dans 2000 établissements. Elles dureront 4 à 5 ans. Mai sl’AFP signale que les
prélèvements ont commencé en Ile-de-France. La préfecture régionale vise
particulièrement 6 établissements scolaires d’Ermont, Pontoise et Argenteuil.
Mais 76 établissements sont identifiés, principalement en grand ecouronne.
Dépêche AFP

http://www.vousnousils.fr/2010/06/14/idf-debut-de-lexamen-des-sols-de-certains-

etablissements-scolaires/
L’Expresso du 27 mai

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/27052010Accueil.aspx

Primaire

Objectif prioritaire de la RGPP, la mise en place de directeurs d’établissement
d’enseignement primaire (EPEP), qui soient de véritables patrons d’école, est
rejetée par les enseignants du primaire. C’est un des problèmes entre minitère
et syndicats du primaire.

Les instits ne veulent pas des Epep
Alors que le gouvernement a promis de créer de vrais établissements dans le
primaire (Epep), que l’Institut Montaigne vient de délivrer un rapport qui met
en avant le rôle du directeur chef d’établissement, que pensent les instits du
statut de l’école et de son évolution ?

« Je veux être déchargé et protégé juridiquement tout en restant un collègue
comme les autres ». Selon un sondage réalisé par le Snuipp, 72,5% des
enseignants, 69% des directeurs ne veulent pas des Epep, ces structures
d’établissement imaginées par le gouvernement. Très majoritairement les
enseignants veulent un directeur qui soit aussi un enseignant, sans pouvoir
hiérarchique. Les Epep ne sont acceptés que dans les seules écoles comptant 10
classes et plus.

« Pour moi la question centrale, ce n’est pas le statut mais le fonctionnement
de l’école ». Le modèle de direction que veulent les instits c’est pour 73% un
fonctionnement d’équipe plus collectif. Ils revendiquent plus d’autonomie
pédagogique. A coup sur, ces réponses obtenues sur près de 10 000 sondés sont
très éloignées du modèle hiérarchique que de mande le rapport de l’Institut
Montaigne. Officiellement, le Snuipp, avec d’autres partenaires, est intervenu
récemment auprès du ministre pour ouvrir des discussions sur la mission des
directeurs.

Faut-il redéfinir la direction d’école ?
Quatre syndicats (Se-unsa, Sgen, Cftc, Cgc) et le Gdid, une association
professionnelle demandent à Luc Chatel de lancer une concertation sur la
direction d’école.

« Les projets actuels d’EPEP ne garantissent pas l’indépendance du projet
pédagogique ni le maintien de structures de taille raisonnable et d’un réseau
scolaire de proximité. Ils ne répondent donc ni aux attentes des directrices et
directeurs d’école, ni à celles des équipes pédagogiques, ni à celle de
l’ensemble des personnels », notent les signataires. Mais ils ne ferment pas la
porte à une évolution de la charge de directeur. «   Il est nécessaire de
clarifier et préciser les responsabilités des directrices et directeurs
d’école; revoir le décret de 89 inadapté et obsolète face à l’empilement des
responsabilités et aux évolutions de l’école, notamment dans ses relations avec
les communes;  redéfinir le cadre juridique, administratif, légal de la
direction d’école;  répondre aux besoins de reconnaissance des directrices et
directeurs d’école ».

Les directeurs d’école sont actuellement des enseignants  partiellement
déchargés pour assurer l’administration d’une école. Ils n’appartiennent pas  à
un corps de direction. Récemment l’Institut Montaigne a demandé de véritables
chefs d’établissement dans le primaire.
Le sondage

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7188

L’Institut Montaigne veut réformer le primaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2010/113_8.aspx

Lettre au ministre juin 2010

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/06/03062010Accueil.aspx

Le communiqué

http://www.dirlo.fr/nouvelles/nouvelle2.php?id_news=82

Institut Montaigne

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/06052010Accueil.aspx

Le Snuipp demande « une mise à plat » de l’évaluation de CE1
 » Les élèves de CE1 ont passé cette semaine les évaluations nationales. Ce
dispositif fait toujours l’objet de nombreuses critiques de la part des
enseignants et de la communauté éducative. La confusion est toujours entretenue
entre évaluation-bilan du système et évaluation-diagnostique de l’élève. Le
codage binaire de la correction et l’absence de prise en compte des réussites
partielles risquent de mettre certains élèves artificiellement en échec », écrit
le Snuipp.  Le syndicat dénonce « le manque de rigueur » des évaluations de Ce1
et CM2 et demande  » mise à plat des objectifs et des modalités de ces
évaluations. »

Rased : Les syndicats écrivent à Luc CHatel
Une large intersyndicale, associant la Cgt, Se-Unsa, Sgen, Snuipp, Sud, avec la
Fcpe,et les associations professionnelles (Fnaren, Afpen, Fname, Ancp) et les
parents de la Fcpe, a envoyé le 8 juin une lettre à Luc CHatel.  Elle  lui
demande  de maintenir les Rased.

A l’origine de cette démarche la publication du document interne de prévision
des suppressions de postes qui propose de stopper le recrutement de maitres  G
et E et de psychologues scolaires. « Alors que deux heures de classe ont été
supprimées à la rentrée 2008, ces décisions, si elles sont confirmées, vont se
traduire inévitablement, par une dégradation des résultats des écoles, par plus
d’inégalité sociale », prévient le Snuipp. « Comment envisager que les moyens
déjà insuffisants consacrés à la lutte contre l’échec scolaire se voient ainsi
amputés, alors que vos projets prévoient également en parallèle une
augmentation du nombre d’élèves par classe ? Dans quelle situation ingérable
vont se retrouver les enseignants des classes, les élèves et leurs familles ?
Quel avenir préparons-nous pour ces élèves et pour notre nation si l’Ecole de
la République faillit ainsi à ses missions – celles d’une éducation de qualité
accessible à tous ? »
Communiqué

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7190

Le Snuipp annonce une votation citoyenne sur l’école
Le Snuipp vit son 8ème congrès à Brive cette semaine. Pour Gilles Moindrot ce
sera le dernier et, dans son discours d’ouverture, il a salué l’aventure
collective de son syndicat. Après avoir rappelé la « pluie d’enclumes » que la
droite a fait tomber sur l’école, il a annoncé des actions pour la rentrée.
« Nous vous proposons de recourir à une mobilisation intégrant une journée de
grève en septembre, d’envisager au cours du premier trimestre, une
manifestation nationale et d’organiser, afin de faire participer massivement
parents et citoyens, une votation citoyenne sur l’école ». Le syndicat
installerait des bureaux de vote dans les écoles avec l’objectif de « faire
bouger le dogme du non remplacement d’un enseignant sur deux ».
Le congrès du Snuipp

http://www.snuipp.fr/spip.php?article7192

Accompagnement en science et technologie
Le B.O. du 17 juin publie une circulaire mettant en place un accompagnement en
sciences et technologie dans le primaire.  « L’accompagnement en science et
technologie à l’école primaire (ASTEP) est une des actions conduites au niveau
national avec le concours de l’Académie des sciences, en complément des
différents dispositifs pédagogiques déjà mis en œuvre dans les classes de
l’école primaire, pour faciliter un enseignement de la science et de la
technologie conforme aux programmes et qui donne aux élèves les moyens
d’atteindre les objectifs de connaissances et de compétences définis par le
socle commun. L’ASTEP permet à l’enseignant d’être secondé par un scientifique
- étudiant, chercheur, ingénieur ou technicien d’entreprise – pour concevoir et
conduire des séquences de classe permettant aux élèves de construire des
connaissances scientifiques dans une démarche d’investigation. L’accompagnement
favorise les échanges de savoirs et de pratiques, le partage de ressources et
de compétences et contribue ainsi à rendre les sciences et les techniques
accessibles au plus grand nombre. Plusieurs modalités sont possibles, de
l’accompagnement en classe sur un cycle d’activité au suivi à distance
utilisant les techniques actuelles de l’information et de la communication ;
accompagnement de l’enseignant avec sa classe ou accompagnement de l’enseignant
seul, que ce soit pour le suivi, l’aide au projet ou encore pour la formation ».
Au B.O.

http://www.education.gouv.fr/cid52100/mene1000474c.html

Opération « un livre pour l’été »
Beau livre, notables, « comportements exemplaires », cérémonie solennelle et
beaux discours : vous avez compris, la rue de Grenelle réinvente la
distribution des prix dans une circulaire publiée, in extremis, au B.O. du 17
juin.

« En cet été 2010, qui marque le lancement de cette opération, 178 000 élèves de
CM1 recevront  « Un livre pour l’été ». Ils vont le découvrir, le lire et
partager leurs émotions de lecture avec leur famille, avec leurs amis. À la
rentrée, les maîtres de CM2 conduiront des activités qui permettront aux élèves
d’en parler avec leurs camarades, d’étudier le texte avec leurs enseignants ».
Le B.O. du 17 juin annonce le lancement d’une opération présentée par le
ministère comme un outil de lutte contre l’illettrisme et de promotion d
el’histoire des arts. En effet ce sont les Fables de La Fontaine illustrée spar
Chagall qui ont été sélectionnées par le ministère.  » La puissance évocatrice
du pinceau de Chagall apporte un autre regard sur l’œuvre de La Fontaine. Le
dialogue qui s’instaure ici entre littérature et peinture s’inscrit pleinement
dans une nouvelle ambition que nous avons engagée : celle d’introduire un
enseignement d’histoire des arts à tous les niveaux de la scolarité », écrit un
peu pompeusement le B.O.

Plutôt que faire découvrir la variété de la littérature jeunesse, le ministère
demande aux inspecteurs de sélectionner les établissements où les écoliers de
CM1 recevront ces ouvrages.  » Les écoles qui souhaitent participer dès cette
année scolaire à l’opération « Un livre pour l’été » devront produire un projet
pédagogique en réponse au cahier des charges ci-dessous. C’est la qualité du
projet pédagogique qui sera le critère majeur de sélection des écoles qui
pourront bénéficier de cette première dotation expérimentale ».

L’opération ressuscite la distribution des prix de feue la IIIème République.
Où les notables pourront se valoriser. « Chaque enfant de CM1 recevra ce livre,
lors d’une manifestation organisée par l’école, qui pourra être l’occasion de
rassembler les enseignants et les élèves avec leurs parents, et des élus. Cette
cérémonie devra revêtir une certaine solennité. La distribution de ces livres
pourra en outre être l’occasion de faire l’éloge de comportements exemplaires,
d’attitudes remarquables, de valoriser les progrès réalisés par certains ».
Au B.O.

http://www.education.gouv.fr/cid52095/mene1000505c.html

Lycée : Tensions sur la réforme

Si la réforme va bien se mettre en place à la rentrée en seconde, les tensions
demeurent sur les années de première et terminale.

L’Apses demande la démission du groupe d’experts
Rappelant que  » en seulement 12 jours de vote, près de 1400 professeurs de SES
ont pris part au vote. Ils sont 98% à préférer le programme (de première) de
l’APSES à celui du ministère » et le soutien  » des associations d’universitaires
et chercheurs (Association des Sociologues Enseignants du Supérieur,
Association Française de Sociologie, Association des Enseignants Chercheurs en
Science Politique) », l’Apses demande  » un report de l’application du nouveau
programme et une refonte globale du projet… De ce fait le choix d’une
modification substantielle du programme nécessite la convocation d’un nouveau
groupe d’experts qui prenne le temps de concertation et de réflexion nécessaire
à l’élaboration de tout programme scolaire ».
Communiqué

http://www.apses.org/initiatives-actions/communiques-et-courriers/article/commu

nique-de-presse-de-l-apses-du-2844

La réforme STI STL publiée au J.O.
Le Journal officiel du 29 mai publie les horaires et organisations des
nouvelles filières STD2A(sciences et technologie du design et des arts
appliqués) et STI2D (sciences et technologies du développement durable) ainsi
que ceux de la série STL rénovée.

Le 1er avril, le CSE avait rejeté la réforme en critiquant un manque de cours
dédoublés.
Std2A

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022275729&date

Texte=&categorieLien=id
Sti2d

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022275706&date

Texte=&categorieLien=id
La réforme est mal partie

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2010/112_11.aspx

BTS : La réforme analysée par le Sgen
« L’organisation de la formation par modules… répond en partie à la
préoccupation du Sgen-CFDT d’ancrer le BTS dans le cursus universitaire par
validation d’unités semestrielles permettant une formation professionnalisante,
ouverte à tous les bacheliers et aux étudiants de licence souhaitant un
changement de parcours. Mais, par l’absence de précision concernant les
poursuites d’études, ces mesures risquent de renforcer l’image d’un BTS à
mi-chemin entre le secondaire et le supérieur », estime le Sgen en réaction aux
propositions de V Pécresse.  « Les propositions soulignent la nécessité d’un
pilotage régional de la carte des formations… Le principe de lier
obligatoirement ouverture de formation en lycée à ouverture en apprentissage,
sans tenir compte des réalités locales et du type de formation, va peser
négativement sur les évolutions de la carte des formations » conclue le Sgen.

Mardi 25 mai, l’urgence des BTS était cependant ailleurs. Des manifestants ont
annoncé en pleine visite ministérielle à la Maison des sports, la grève des
correcteurs des BTS franciliens , une partie d’entre eux n’étant toujours pas
remboursé des frais d’examen 2009.
Communiqué

http://www.cfdt.fr/rewrite/article/26469/actualites/renovation-des-bts:des-prop

ositions-coherentes-mais-insuffisantes.htm?idRubrique=7105
La réforme Pécresse

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/25052010Accueil.aspx

La grève 2010

http://www.vousnousils.fr/page.php?P=data/autour_de_nous/l_actualite_du_jour/de

peches_de_l_educat/&key=20100526&key2=100525160433.5qdms9fp.xml

L’Europe encourage l’enseignement et la  formation professionnels

La Commission européenne a présneté le 9 juin un document d’orientation sur
l’enseignement et la  formation professionnels.

 » La Commission souhaite inciter plus de citoyens à suivre des formations
professionnelles, améliorer la qualité des formations proposées par la filière
et faciliter la mobilité d’un emploi ou d’un pays à un autre. Les pistes
avancées devraient être examinées et adoptées par les ministres européens
compétents dans la seconde moitié de cette année. La commissaire européenne à
l’éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, Mme Androulla
Vassiliou, a déclaré: «Nous voulons changer l’image de l’enseignement et la
formation professionnels en Europe et adapter la filière à la réalité
d’aujourd’hui. L’enseignement et la formation professionnels font le lien entre
le monde de l’enseignement et le monde du travail. Dans le contexte économique
actuel, il importe plus que jamais de conjuguer nos efforts pour rendre la
filière plus attrayante pour les apprentis, pour les étudiants et pour
quiconque désire se remettre à niveau. »

La Commission devrait favoriser l’accès aux formations et encourager la
mobilité en Europe.
Communiqué

http://ec.europa.eu/education/news/news2388_fr.htm

Comment les conservateurs font éclater le système éducatif britannique

Victorieux aux élections de juin 2010, les conservateurs, alliés aux Libéraux,
ont ouvert les vannes de la concurrence entre établissements. Ils ont aussi
interrompu la modernisation pédagogique accélérée par les travaillistes.

Autorité et concurrence gouverneront l’Ecole. Le discours royal du 25 mai a
présenté le programme de la nouvelle coalition gouvernementale associant
conservateurs et libéraux. Pour l’Ecole , la nouvelle politique accordera plus
de liberté aux établissements scolaires.  Elles pourront prendre le statut
« d’académies », c’est-à-dire d’école gérée de façon privée mais avec des fonds
d’Etat. Elles auront plus de liberté dans les programmes scolaires, qui seront
ramenés à un minimum commun. Elles pourront aussi payer leurs enseignants comme
elles le veulent et sélectionner leurs élèves.    Les enseignants et chefs
d’établissement verront leurs pouvoirs augmenter de façon à rétablir l’autorité
professorale. La nouvelle politique devrait donc élargir les écarts entre
établissements et les inégalités sociales à l’Ecole, même si de nouveaux tests
d’évaluation sont prévus.

Selon le Guardian, cette nouvelle politique intéresse fortement de grands
groupes privés attirés par la possibilité d’ouvrir sur fonds publics des écoles
privées.  Ainsi le groupe Gems, venu des Emirats arabes unis, devrait ouvrir de
nouvelles écoles. Edison, le plus grand groupe américain également. Le groupe
anglais VT Group devrait travailler moins pour la défense et investir plus dans
les écoles.

La réforme conservatrice fait éclater le système éducatif anglais. Près de 70%
des meilleures écoles anglaises ont déjà demandé à bénéficier du statut
d’ »académies », annonce BBC News. En trois semaines, 1722 établissements ont
demandé à devenir des académies parmi lesquels 870 des meilleures écoles
(environ moitié primaire et moitié secondaire).

Avec ce statut, ces établissements vont échapper aux autorités locales et avoir
davantage d’autonomie aussi bien sur les curriculums que la gestion. Le statut
creusera les inégalités entre établissements, ce qui pour le gouvernement
conservateur ne peut qu’impulser une saine concurrence.

Le gouvernement promet que « ces écoles continueront à appliquer les règles
d’admission qui garantissent l’égalité des chances ». Michael Gove, ministre de
l’éducation, hisse les couleurs. « Nous allons vous donner le type d’autonomie
qui a si bien servi les écoles en Amérique, au Canada, en Suède et en Finlande
et autoriser toutes les écoles à développer leur propre curriculum et à
contrôler leur budget et leur personnel ».

Adieu les TICE ! Le nouveau gouvernement a décidé à la fois la suppression du
Becta, l’organisme qui gère la diffusion des TICE dans les établissement, et la
modification du curriculum du primaire qui devait entrer en application à la
rentrée 2010 et donnait aux Tice une place importante.

C’est une des décisions du programme de rigueur que la nouvelle coalition
gouvernementale a décidé le 24 mai. Le gouvernement a décidé d’économiser 6,5
milliards de livres (7,5 M €). Près de 700 millions seront prélevés sur le
budget de l’éducation dont 80 en abolissant le BECTA. Cette agence en charge du
déploiement des TICE dans les établissements britanniques, a joué un rôle
majeur dans l’avance dont disposent les établissements anglais. C’est sans
doute l’arrêt d’une politique qui a fait du royaume un des pays le splus
équipés au monde.

Officiellement pour économiser 7 millions de livres, le nouveau curriculum de
l’école primaire est annulé. Il devait entrer en vigueur à la rentrée 2010 et
avait la particularité d’inclure les TICE dans les priorités de l’école. La
littératie, la numératie, les TIC et le développement personnel étaient les 4
points importants de ces nouveaux programmes. On attendait des enfants un
certain niveau de maitrise des TIC, par exemple de Facebook, du tableur, de
Twitter,  et on considère cette exigence comme aussi importante qu’apprendre à
compter.

En fait la priorité donnée aux économies permet de ramener tout le système
éducatif vers l’arrière. Pour économiser 22 millions de livres, le gouvernement
va aussi revenir au système d’examens traditionnel. Le programme de repas
gratuits pour tous les élèves du primaire, une idée venue de Finlande, est
aussi annulé. Le tutorat en maths et anglais pour les élèves en difficulté
également. Ainsi les 359 millions d’économies pèseront de façon inégale sur les
élèves. En échange le gouvernement promet de donner la possibilité aux élèves
des écoles publiques de passer le bac international. Une ouverture qui ne
profitera qu’ à certains…
Article Guardian

http://www.guardian.co.uk/politics/2010/may/24/george-osborne-spending-cuts-whe

re-bite
L’Angleterre un modèle à suivre ?

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2008/93_TICE.aspx

Article du Guardian

http://www.guardian.co.uk/politics/2010/jun/07/primary-curriculum-academic-dipl

omas-axed
Sans internet est-on instruit au 21ème siècle

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/laclasse/Pages/2009/103_SansInternet.a

spx
BBC News

http://news.bbc.co.uk/2/hi/education/10338892.stm

Autorité et concurrence gouverneront l’Ecole

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/26052010Accueil.aspx

Discours royal

http://www.number10.gov.uk/news/topstorynews/2010/05/queens-speech-2010-3-50297

Article du GUardian

http://www.guardian.co.uk/education/2010/may/25/free-schools-private-companies

Article du GUardian

http://www.guardian.co.uk/education/2010/may/25/david-cameron-coalition-academi

es-plan
Royaume Uni ce qui va changer

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/2010/113_15.aspx

Les évaluations frappées à la tête en Angleterre
L’agence crée par les travaillistes pour concevoir les tests va disparaître a
annoncé le ministre de l’éducation, Michael Gove, le 27 mai. Le gouvernement a
décidé de fermer un service qui n’aura pas sa  place dans sa nouvelle école.
Article du Guardian

http://news.bbc.co.uk/2/hi/education/10176060.stm

Angleterre : La moitié des écoles sont insuffisantes
La moitié des écoles anglaises sont très insuffisantes ou à peine acceptables,
affirme un rapport officiel de l’Ofsted. Selon ce rapport, le pourcentage
d’excellents établissements a diminué, passant de 14 à 11%. 42% seraient
« bonnes » mais 53% seraient « acceptables » et 9% insuffisantes.

Ces chiffres ont fait réagir le ministre des écoles qui a annoncé qu’il « est
urgent de faire de vraies réformes ». Le nouveau gouvernement envisage de
privatiser des milliers d’écoles publiques en les transformant en « académies ».

Ce n’est pas l’avis des syndicats. L’association des chefs d’établissement
(ASCL) remarque que le mode d’inspection a changé cette année. L’Ofsted aurait
relevé le niveau et changé ses indicateurs ce qui rendrait tout comparaison
avec les années antérieures impossible. « Le fait qu’il y ait 3% d’écoles en
moins jugées excellentes ne signifie pas que les écoles aient baissé de niveau
mais que les exigences de l’Ofsted ont monté ».
Article BBC News

http://news.bbc.co.uk/2/hi/education/10327284.stm

Autorité et concurrence gouverneront l’Ecole

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/26052010Accueil.aspx

Seconde carrière

Par Rémi Boyer de l’association Aide aux Profs

Ce mois-ci, nous attirons toute votre attention sur :
-    Le discours du MEN sur les secondes carrières, ce « pompon » que l’on
agite pour la deuxième fois en 7 ans dans le grand manège de la réforme des
retraites,

-    Aide aux Profs, enfin reconnue par les médias comme une association
nationale, entre dans une nouvelle phase de construction de son dispositif,

-    L’aventure de la mobilité externe d’Annabel Saint Paul, qui aura exercé
dix ans comme Professeur des Ecoles en aimant son métier, sans le regretter.

Dans le grand manège de la Réforme des retraites, en 2003 comme en 2010, le
Ministère agite encore le « pompon » des secondes carrières : peut-on encore
vraiment y croire ?

Madame Josette Théophile a commencé à communiquer la manière dont elle comptait
agir pour transformer la Gestion des personnels actuelle en véritable Gestion
des Ressources Humaines personnalisée, puisqu’elle en est spécialiste. En 2008,
elle avait reçu le trophée de meilleure DRH de l’année, alors qu’elle dirigeait
la RATP, ce qui est bon signe pour les enseignants. Le Ministère de l’Education
Nationale dispose donc d’une chance historique d’avoir à sa tête une personne à
l’écoute, avec l’envie de changer les choses, mais qui, comme elle le dit dans
Valeurs Mutualistes n°265 de la MGEN, « n’a pas dix ans devant elle » : il faut
donc faire très vite…

Tout est-il cependant aussi positif qu’il y paraît ?

Dans deux témoignages récents (Valeurs Mutualistes de mars-avril 2010 n°265 et
n°194 de Profession Education du SGEN-CFDT de juin 2010), la nouvelle DGRH
indique qu’elle compte développer les entretiens professionnels pour les
enseignants de 2 ans et de 15 à 20 ans d’ancienneté, et resserrer les liens
avec les collectivités territoriales pour évaluer quels postes proposer aux
enseignants, sous forme de passerelles. Il n’y a donc toujours aucune intention
de créer des postes spécifiquement adaptés aux compétences transférables des
enseignants.
De plus, le dispositif semble manque cruellement de budget, ce qui rend
l’accueil des enseignants demandeurs de bilans ou de formes de reconversion
fort disparate par les services RH : vous pouvez désormais consulter les
témoignages de plus de 150 enseignants qui ont réalisé avec Aide aux Profs
depuis fin 2008 le dernier modèle de notre pré-bilan de carrière :

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Secondes_car

rieres&ArticleID=2046

Même si la concrétisation d’une seconde carrière demeure pour l’instant
marginale, par rapport à la totalité de l’effectif enseignant, la majorité des
enseignants a dû formuler en effet le souhait au moins une fois dans sa
carrière, notamment après 15 à 20 ans d’ancienneté : que leur proposer ?
Comment ne pas deviner, avec la réforme de la masterisation, que ce chiffre est
en fait appelé à s’accroître dans les années à venir ? Le MEN s’y est-il assez
préparé ?

Madame Josette Théophile déclare dans le n°194 de Profession Education de juin
2010 : « …il y a des conseillers mobilité carrière dans presque toutes les
académies, et leur action doit se renforcer. Ils sont très mobilisés et un peu
seuls, je viens de les réunir et d’animer leur réseau, ce qui se fera
régulièrement » : c’est justement ce que nous étions allés lui conseiller entre
autres le 20 avril 2010, sous forme de séminaires de formation avec des
Ateliers d’Analyse de Pratiques Professionnelles :

http://fr.calameo.com/read/0002497553323178a258b

Ainsi, l’action des CMC ces prochaines années ne va pas être prioritairement
d’accueillir les demandeurs d’une seconde carrière, mais de réaliser les «
entretiens professionnels », « à 2 ans pour vérifier si tout va bien », et
entre 15-20 ans pour voir ce que l’on peut envisager comme mobilité. Les CMC
vont être tellement occupés par ces entretiens en présence, dévoreurs de temps
et d’argent, qu’il ne va pas rester grand-chose comme enveloppe budgétaire au
niveau du DIF, même si la DGRH a annoncé qu’il s’adresserait en priorité aux
enseignants qui ont un projet professionnel : quel sera le montant de cette
enveloppe budgétaire, par académie, alors que le Président de la République a
annoncé qu’il fallait réaliser 100 milliards d’économie sur les trois ans qui
viennent ?

Ce qu’il faut surtout constater, en matière de « seconde carrières », c’est que
toutes celles qui perduraient sans que la majorité des enseignants en connaisse
l’existence, sont en train d’être supprimées à marche forcée :
-    5000 postes en MAD supprimés entre 2005 et 2010
-    1500 postes RASED supprimés avant 2009, les autres menacés de
disparition, malgré l’intervention le 8 juin 2010 d’une large intersyndicale
(Cgt, Se-Unsa, Sgen, Snuipp, Sud, Fcpe, Associations professionnelles de la
Fnaren, l’Afpen, la Fname, l’Ancp)  auprès de Luc Chatel pour tenter de le
faire renoncer : http://www.snuipp.fr/spip.php?article7190  Alors que l’EN
s’occupait d’enfants en difficulté grâce aux maîtres RASED, quel choix
restera-t-il aux familles une fois cette plue-value détruite ? Alors que le «
Pacte de Carrière » s’intéresse à la valorisation des compétences des
enseignants et à la « reconnaissance », que peuvent ressentir les maîtres RASED
face à la braderie de l’énergie qu’ils ont consacrée dans cette fonction ?
-    Annonce de la suppression progressive des décharges des enseignants,
pour gratter les fonds de tiroirs, et dont voilà la liste actuelle :

http://www.aideauxprofs.org/Index.asp?affiche=News_Display.asp&ArticleID=1823&r

ub=Rapports_et_Etudes
-    Les postes en détachement sont appelés eux aussi à diminuer, en lien
avec la restructuration progressive du réseau SCEREN, du CNED, et la diminution
progressive du budget que l’Etat alloue à ses différents EPA, EPST, EPSCP,
EPIC, etc. Comme le soulignait justement Bernard Criner, vice-président de la
Ligue de l’Enseignement, lors de la conférence-débat du 21 novembre 2009 sur
les secondes carrières des enseignants que nous avions organisée au salon de
l’éducation, « les structures doivent désormais payer 70% de charges salariales
pour employer des détachés, contre 30% il y a 5 ans ». Est-ce une technique
dissuasive pour faire disparaître les postes en détachement ? Que vont devenir
les enseignants qui ont quitté la classe depuis 10 à 25 ans et occupent des
fonctions de pilotage, de formation, de conception, dans les différentes
associations complémentaires de l’Etat et les différents EPA dans les années à
venir ? C’est tout le fonctionnement de ces structures qui pourrait, si l’on
n’y prend pas garde, être remis en cause.
-    Les postes en PACD et PALD : comme le soulignaient en 2005 les Députés,
il est curieux que le nombre de ces emplois n’augmente pas, alors que le
malaise ressenti dans la profession s’accroît, ainsi que la pénibilité du
métier au fil de l’âge : alors que de récents rapports plaident notamment pour
la prise en compte de la pénibilité du métier de prof d’EPS après 35 ans,
quelle solution humaine propose le MEN ?
-    Les inspecteurs d’académie ont été invités à faire remonter auprès du
Ministre les « gisements d’emplois » qui pouvaient constituer des « leviers »
d’économies : en clair, que vont devenir tous ces enseignants qui occupent des
fonctions de « chargé de mission » dans les rectorats : DAET, DAFPIC, DAFCO,
DAREIC, DAFPEN, DAAEFOP, DAAC, DRAC, DRAF, SAIO, DRRH, cellules TICE ? Si l’on
«réaffecte » tous ces enseignants devant élèves, alors qu’ils réalisent ici
leur seconde carrière, les rectorats disposent-ils de la ressource humaine
interne pour faire fonctionner tous ces services ? Pourquoi ne pas pérenniser
ces emplois en proposant à ces chargés de mission une « intégration définitive
», au lieu de les laisser dans l’incertitude, chaque année, de savoir si leur
mission sera ou non renouvelée ?

Pour consulter tous les « leviers d’économie », destinés à supprimer des
postes, reportez-vous à l’article exhaustif du Café Pédagogique du 31 mai 2010
:

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/05/31052010Accueil.aspx

Comme l’indique la fin de cet article sur « Sauvons l’Ecole », « les masques
sont tombés (…) On a la preuve qu’il y avait un discours côté jardin et un
autre côté cour » (Daniel Robin) :

http://sauvons-lecole.over-blog.com/15-categorie-10633877.html

Dans les trois ans qui viennent (2010 à 2013), le MEN va donc poursuivre
l’application des préconisations des rapports n°324 du Sénat en 1998 et n°2215
de l’Assemblée Nationale en 2005 :

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2215.asp

Quel est l’objectif prioritaire actuel en fait ? C’est d’économiser 1,5
milliard d’euros de manière définitive.
Pour comparaison, c’est la moitié du prix d’un 2e porte-avion :

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=106918

C’est aussi le montant de la « cagnotte qui dort » du Sénat en 2008 :

http://www.politique.net/2008093003-le-senat-gere-une-cagnotte-de-plus-d-un-mil

liard-d-euros.htm

L’objectif n’est donc pas de créer des postes de seconde carrière, ni de
faciliter les départs en mobilité externe, car la priorité, c’est d’assurer le
renouvellement des personnels d’encadrement, près de 80% d’entre eux partant en
retraite dans les 10 ans qui viennent. Les enseignants qui nous contactent et
ont demandé à « faire partie du vivier » des secondes carrières se voient
seulement proposer de devenir « professeur des écoles », « chef d’établissement
», « inspecteur »… rien n’a changé, c’est comme si « la seconde carrière »
n’avait, en fait, jamais existé à l’Education Nationale.

La seconde carrière a été une illusion sur l’autel de la réforme des retraites,
pour mieux faire digérer la « pilule » de l’allongement des carrières, et il ne
faudra pas croire en ce miroir aux alouettes une deuxième fois en 2010, car le
MEN n’a pas de budget suffisant pour les financer. Les dernières déclarations
de Jacques Attali à ce sujet sont très claires : « Bien sûr, bien sûr ! La
crise ne fait que commencer. Je pense qu’on va vers le pire, le pire
c’est-à-dire en deux ou trois ans, peut être moins, un délitement de l’Europe »
:

http://fr.euronews.net/2010/05/07/la-crise-ne-fait-que-commencer-jattali/

Aide aux Profs est reconnue par les médias comme une association nationale

Le 19 mai 2010, le réseau France Bleue (41 radios, 13 millions d’auditeurs), le
jour de ses 30 ans d’existence, avait décidé de présenter notre action en
faveur des secondes carrières :

http://www.aideauxprofs.org/Index.asp?affiche=News_Display.asp&ArticleID=1796&r

ub=Notre_Actualite

Le 20 avril 2010, nous avons été reçus en entretien pendant plus de 2 heures
par  Madame Josette Théophile, en lui apportant nos propositions sur les
secondes carrières des enseignants :

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Notre_Actual

ite&ArticleID=1865

Le 1er    Juin 2010, Aide aux Profs a été consacré « blog du mois » par les
Cahiers Pédagogiques :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/spip.php?article6874

Le 12 juin 2010, Aide aux Profs a réalisé le bilan 2006-2010 de son action
dynamique en faveur des secondes carrières des enseignants :

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_display.asp&rub=Notre_Actual

ite&ArticleID=1863

Si vous souhaitez en savoir plus sur notre dispositif, à l’invitation du SAFIRE
de l’Université de Poitiers, aura lieu le Mardi 29 Juin notre 2e conférence
dédiée à la question des secondes carrières des enseignants :

http://www.aideauxprofs.org/UserFiles/UP_290610.pdf

A la rentrée 2010, Aide aux Profs prépare une nouvelle phase de développement
de son dispositif : des enseignants qui ont créé leur entreprise nous
rejoignent, devenant « adhérents référents ». Ils vont épauler l’association
dans les différents axes de son développement, et pourront aussi proposer des
emplois (vacations, CDD, CDI) à des enseignants en quête d’une nouvelle
expérience professionnelle, voire d’une reconversion.

Les premiers à avoir accepté de rejoindre notre dispositif sont :
Edouard Morice des Cours Thalès : www.cours-thales.fr
Pascal Bouchard de Touteduc : www.touteduc.fr  (cf interview sur le Café n°85)
Jean-Luc Coddaccioni de Icademie : www.icademie.com  (cf interview sur le Café
n°92)
Christophe Fabre de Exatice : www.exatice.com  (cf interview sur le Café n°100)

Annabel Saint-Paul : une mobilité externe progressive, sans quitter la passion
de la pédagogie

Quel a été son parcours de carrière ?

« Après une licence de géographie en 1996, j’ai obtenu le concours de
Professeur des Ecoles en 1998. J’ai alors enseigné de la Maternelle au CM2
pendant dix ans, dont 6 ans en CE2. Comme j’étais très intéressée  par les
TICE, je suis devenue personne ressource en 2004-2005, suite à un stage, dans
mon école, afin d’aider les autres enseignants et d’impulser des projets
notamment dans le cadre de la mise en œuvre du B2i. J’ai voulu réaliser une
formation de webmaster avec un Congé de Formation Professionnelle, mais comme
la durée moyenne pour l’obtenir était de 4 ans dans l’académie de Toulouse,
j’ai préféré demander une disponibilité pour la réaliser en 2008-2009. Avec ce
diplôme de webmaster, j’ai renouvelé ma demande de disponibilité et créé mon
auto-entreprise  pour  développer des sites web en Html, Css, Php et faire du
Webmarketing.
Souhaitant rester dans le domaine de l’éducation, pour proposer mes compétences
à mon académie, j’ai adressé un mail en février 2010 au DRH de l’académie,
resté sans réponse, puis j’ai téléphoné, mais je n’ai pu contacter personne.
Alors  j’ai décidé de me lancer consultante en éducation, en particulier  dans
le domaine numérique. J’ai d’ailleurs créé un blog sur l’actualité de l’école
numérique : www.numericole.fr  où les profs mais aussi les acteurs privés du
numérique à l’école (éditeurs, fabricants de matériel technologique etc.)
peuvent un aperçu  à ce qui se dit, ce qui se fait et des dernières innovations
en matière de TICE.

En quoi consiste cette activité de consultante ?

« C’est une activité de conseil en éducation et en pédagogie auprès de
fabricants de solutions technologiques, de diffuseurs de contenus et notamment
des éditeurs de manuels scolaires, qui, pour réaliser leurs versions
numériques, sont en quête de conseils. Mon travail est de concevoir les outils
numériques,  trouver un prestataire externe pour les réaliser, et de suivre le
projet jusqu’à son aboutissement ».

Quelle est votre activité comme auto-entrepreneuse ?

« Pendant 6 mois j’ai créé des sites web pour l’entreprise de mon mari. Cela
m’a permis vraiment de sortir de la classe, de faire autre chose. Au 1er
trimestre de mon activité j’ai gagné environ 1400,00 € nets par mois et au 2e
trimestre environ 800,00 € nets par mois. Les charges atteignent sous ce régime
environ 20% du chiffre d’affaires, impôt sur le revenu compris.
J’ai quitté mon métier en l’aimant, je ne l’ai pas laissé derrière moi à
regrets. Ce que je ne voulais pas, c’était devenir une prof aigrie, épuisée,
démotivée face aux élèves. Je n’avais que 33 ans lorsque j’ai décidé d’entamer
ma reconversion, et à cet âge, tout est encore possible professionnellement. »

Quel a été le regard de vos collègues sur votre projet professionnel ?

« Ils ont été dubitatifs et admiratifs. J’ai toujours entendu la majorité des
profs que je cotoyais dire « j’ai envie de faire autre chose ». Moi, cela
faisait longtemps que j’envisageais aussi une seconde carrière, mais j’ai
attendu de savoir dans quel domaine pour me lancer. »

Pourquoi dans ce cas être devenue enseignante pour quitter si vite ce métier ?

« Je suis issue d’une famille d’enseignants, des générations d’instituteurs qui
se succèdent ainsi depuis l’époque de Jules Ferry ! J’ai donc suivi le modèle
familial, car à l’époque je n’ai pas vu ce que je pouvais faire d’autre. J’ai
découvert un métier passionnant, mais qui est devenu très difficile, avec des
horaires très lourds. En début de carrière, j’ai atteint près de 70 heures par
semaine si je comptabilise, la conception des cours et des animations pour les
élèves, les corrections de cahiers, de devoirs, le temps passé à recevoir les
parents, à gérer les affaires administratives de l’école. C’est très rude, on
ne s’attend pas du tout à une telle charge de travail. »

Que pensez-vous de la réforme de la masterisation ?

« Je crains que l’objectif soit avant tout de respecter une contrainte
budgétaire, pas d’améliorer la formation des profs. Les générations à venir
vont arriver dans le métier sans véritable préparation. Ma formation
personnelle était déjà trop théorique, j’ai ressenti un profond décalage entre
la formation que j’ai reçue à l’IUFM et la réalité sur le terrain. Le problème
majeur, c’est que les hommes politiques recherchent la performance, mais
ignorent complètement le reste, l’aspect humain de ce métier. »

Quelles compétences avez-vous développées dans l’enseignement ?

« J’ai pratiqué une pédagogie innovante de type PMEV (Pédagogie de Maîtrise à
Effet Vicariant). Il s’agit de préparer le travail des enfants sous forme de
plan de travail, sur plusieurs matières, en leur donnant tous les exercices à
réaliser dans les 3 prochaines semaines, sur plusieurs niveaux. L’idée est de
favoriser ainsi le choix de l’enfant, pour qu’il puisse travailler à son
rythme. Lors du bilan, l’enfant va au tableau et explique à ses camarades
comment il s’est organisé, et c’est un vrai moment d’échange avec les autres
enfants, c’est cela, l’effet vicariant. »

Quelles compétences, parmi celles que vous avez acquises, vous servent dans
votre activité actuelle ?

« La culture du numérique, la capacité de gestion administrative et
d’organisation autonome, la rigueur à suivre un programme, la capacité à gérer
l’aspect relationnel (parents, enfants), et l’expérience d’une année de
direction d’école que j’ai eue, avec les élus locaux comme partenaires. »

Comment avez-vous vécu cette direction d’école ?

« C’est 1h à 2h de travail en plus par jour, pour 100,00 € à 150,00 € de plus
par mois. Ce n’est pas du tout valorisé, c’est très mal payé par rapport aux
responsabilités qui nous incombent, notamment au niveau de l’entretien des
locaux et des matériels.  La plupart des directeurs a choisi ce statut, cela
peut être imposé par l’administration. Si c’est l’IEN qui propose, c’est « très
mal vu » de refuser, c’est un peu « le pot de terre contre le pot de fer ».

Que dire à un jeune étudiant qui veut devenir professeur des écoles ?

« Il faut y aller, à condition d’être très motivé, mais c’est un métier très
difficile. De plus, le métier n’est pas toujours très bien vu des parents, qui
ont des a priori sur les profs, les clichés habituels, qui leur font croire que
nous sommes tout le temps en vacances, alors que notre charge de préparations
est très lourde. Les gens sous-estiment totalement le travail que nous
réalisons, ils ne voient que le côté qui les intéresse. Pour une personne qui
souhaiterait de venir prof des écoles en seconde carrière, cela va lui exiger
beaucoup d’énergie. »

Que dire à un prof qui souhaite s’aventurer vers une seconde carrière ?

« Il ne faut pas attendre, dès lors qu’il en a l’idée : commencer par se
renseigner sur les métiers qui nous intéressent, rencontrer des gens qui
l’exercent, leur demander quel est leur quotidien, leur demander les études
qu’ils ont faites, des conseils… puis oser se lancer ! Il ne faut pas croire
non plus que quitter les élèves, « c’est enfin se la couler douce ». C’est un
départ vers une autre aventure, avec un autre rythme, d’autres contraintes… »
Il faut bien cerner ses motivations avant de se lancer, savoir pourquoi on
part. Ensuite, le projet a de grandes chances d’aboutir car on sait davantage
ce que l’on ne veut plus et ce que l’on cherche.

Comment voyez-vous l’avenir ?

« J’ai actuellement plusieurs pistes pour les trois prochaines années. J’espère
en premier lieu développer suffisamment mes activités de consultante pour en
vivre mais je peux également
- être embauchée comme webmaster éditoriale chez un éditeur ou une entreprise,
- devenir formatrice en e-learning. »

Que vous inspire l’activité d’Aide aux Profs ?

« Je l’ai connue par le Café Pédagogique. J’aurais aimé la connaître plus tôt,
cela m’aurait permis d’avancer plus vite dans mon projet quand j’ai commencé à
envisager une reconversion et surtout, d’avoir le soutien que je n’ai pas
rencontré dans l’Education Nationale. Je conseille l’association autour de moi,
aux enseignants que je rencontre qui ont envie de faire autre chose. »

Formation professionnelle

Par Monique Royer

L’Europe encourage l’enseignement et la  formation professionnels
La Commission européenne a présenté le 9 juin un document d’orientation sur
l’enseignement et la  formation professionnels.  » La Commission souhaite
inciter plus de citoyens à suivre des formations professionnelles, améliorer la
qualité des formations proposées par la filière et faciliter la mobilité d’un
emploi ou d’un pays à un autre. Les pistes avancées devraient être examinées et
adoptées par les ministres européens compétents dans la seconde moitié de cette
année. La commissaire européenne à l’éducation, à la culture, au multilinguisme
et à la jeunesse, Mme Androulla Vassiliou, a déclaré: «Nous voulons changer
l’image de l’enseignement et la formation professionnels en Europe et adapter
la filière à la réalité d’aujourd’hui. L’enseignement et la formation
professionnels font le lien entre le monde de l’enseignement et le monde du
travail. Dans le contexte économique actuel, il importe plus que jamais de
conjuguer nos efforts pour rendre la filière plus attrayante pour les
apprentis, pour les étudiants et pour quiconque désire se remettre à niveau. »
La Commission devrait favoriser l’accès aux formations et encourager la
mobilité en Europe.
Communiqué

http://ec.europa.eu/education/news/news2388_fr.htm

Enquête réforme de la formation
L’Opcalia Ile de France a interrogé 200 entreprises sur l’impact de la réforme
de la formation professionnelle sur leur politique de formation. La perplexité
domine sur la complexité des mesures dont la traduction dans les faits se fait
encore attendre.

http://www.opcalia.fr/fileadmin/user_upload/Presse/CP_enquete_reforme_BAT.pdf

Tice

Un labo pour les Tice à la BNF
La Bibliothèque Nationale de France invite ses visiteurs à expérimenter
l’innovation en ouvrant un espace dédié aux  nouveaux dispositifs d’accès, de
partage et de contribution au savoir. Bruno Racine, Président de la Bnf,
souhaite  «offrir au public un espace d’expérience en plein coeur de la
Bibliothèque pour montrer qu’il ne fallait pas appréhender l’avenir mais
l’apprivoiser. Je souhaite que ce lieu soit un banc d’essai privilégié pour les
nouvelles formes d’accès à la connaissance qui émergent sous nos yeux».
Le labo

http://labo.bnf.fr/html/projet.htm

Un nouveau B2I adultes

Le nouveau B2i adultes est arrivé, officialisé par une circulaire fixant les
modalités de mise en œuvre. Cinq domaines composent le référentiel :
environnement informatique, attitude citoyenne, traitement et production,
recherche de l’information et communication. Le B2i version adultes est validé
par un jury à partir d’un portfolio regroupant les preuves des compétences
acquises.

http://www.education.gouv.fr/cid51718/mene1011027c.html

FOAD

Traité du tutorat
 » Le tutorat fait varier la manière de se situer par rapport à l’élève. Elèves
et enseignants se voient réciproquement autrement et changent le  » cadre  » ou
le  » niveau  » de leur rapport ».  C’est une des façons d’entrer dans cette
question nouvelle pour l’Ecole. Le tutorat doit être généralisé en lycée dès la
rentrée 2010 et Albert Moyne nous propose, « 12 clefs » pour entrer dans cette
pratique.
Sur le site Pedago psy

http://www.pedagopsy.eu/tutorat_albert_moyne.htm

Jeux pour apprendre
La vitrine technologie éducation publie en ligne un dossier sur l’utilisation
des jeux vidéos dans l’apprentissage. René Saint Pierre décrypte en douze pages
les caractéristiques et les conditions d’utilisation du jeu pour motiver à
apprendre et apprendre réellement. Synthèses de recherche et exemples à
l’appui, ce dossier permet de cerner le réel intérêt de l’incursion du ludique
dans les méthodes pédagogiques.

http://ntic.org/docs/71_jeux_video.pdf

Le travail collaboratif à distance a besoin de règles claires
« La longévité et la qualité des échanges d’une plate-forme professionnelle
tiennent à des règles établies et respectées par tous. Comme de la présence
d’un manager régissant cet ensemble. ». A partir de l’étude des échanges d’une
communauté en ligne de médecins, Urban Carlen, chercheur de l’université de
Gothenburg, dresse les conditions d’un bon fonctionnement du travail
collaboratif. Parmi les ingrédients nécessaires on trouve la nécessaire
régulation par un manager et des objets d’échanges concrets et définis.

http://www.atelier.fr/usages/10/11062010/communaute-professionnelle-internet-we

b-discussion-fil-manager-regles-respect-39883-.html?rss=2&xtor=RSS-2

Apprentissage collaboratif
Michèle Drechsler, inspectrice de l’Education Nationale, chargée de mission
pré-élémentaire pour le département de l’Indre, est une utilisatrice active des
outils collaboratifs. Forte de cette double-compétences, elle a publié une
thèse sur « « Pratiques du socialbookmarking dans le domaine de l’éducation.
Affordances sémantiques, socio-cognitives et formatives » ». Dans un entretien
avec Christine Vauffrey de Thot Cursus, elle explique ce qu’est le
socialbookmarking et son apport pour la formation tout au long de la vie des
enseignants. En partageant leurs favoris, en les indexant et les commentant, la
communauté d’enseignants enrichit ses connaissances par la mutualisation.
L’entretien

http://www.cursus.edu/?module=document&action=getDoc&uid=71460

La thèse de Michèle Drechsler

http://www.educnet.education.fr/veille-education-numerique/mai-2010/these-les-p

ratiques-du-socialbookmarking-dans-le-domaine-de-l-education

Urgent – Ecole recrute retraités, étudiants, pour remplacements

Article Libe.fr

 

Manif paris janv 2010
Trop c’est trop: cinquante parents d’élèves de Pantin, en Seine-Saint-Denis, ont envoyé ce matin à Luc Chatel des recours en indemnisation.  Ils réclament un euro symbolique de « réparation » par jour de cours perdu par leurs enfants parce que leurs enseignants, absents, n’ont pas été remplacés. Pour ces parents exaspérés, le service public a failli. Et le ministre doit répondre. Pas sûr que sa proposition de recourir à des retraités et à des étudiants pour des remplacements suffise à désamorcer la colère.

La démarche de ces familles est inédite. Les absences non remplacées sont traditionnellement un sujet de mécontentement pour les parents. En primaire, les enfants sont répartis en « surnombre » dans d’autres classes et souvent perdent leur temps. Mais ponctuellement, les familles comprennent que le remplacement ne puisse se faire le jour même. De plus jusqu’ici, les plaintes concernaient surtout le secondaire, avec des profs non remplacés parfois pendant deux semaines. Dans le primaire, grâce aux « brigades » de remplacement, le problème semblait moins aigu.

Malgré tout la situation est difficile dans certaines académies comme Créteil. A l’école  Joliot Curie de Pantin, Daniel Garault , représentant des parents d’élèves à l’origine de la révolte, affirme que sa fille Adèle, en CE1, a vu défiler 18 enseignants depuis le CP – une prof partie en congé maternité, ses deux remplaçantes à temps partiel, les collègues qui se sont répartis les élèves, etc.

« En collectant les recours, explique-t-il, je me suis aperçu que mon école n’était pas une exception. Dans les quatre autres où des parents sont mobilisés, il y a au moins une classe où les élèves ont eu au minimum quinze jours de cours non assurés depuis la rentrée ». Le maire de Pantin, le socialiste Bertrand Kern, dont la fille est scolarisée dans l’une de ces écoles, compte parmi les plaignants.

Pour Daniel Garault comme pour les autres parents, il y a en plus une injustice. La Seine-Saint-Denis est particulièrement touchée par la pénurie de remplaçants – sur la seule ville de Pantin, il en manquerait une douzaine. Or la population y est socialement  fragile et les journées perdues pèsent plus lourdement pour ces enfants que pour d’autres. A Joliot Curie, un tiers des familles sont non francophones, une majorité d’origine étrangère. .

Chatel mars 2009 ministre Ind et Consommation (Reuters) L’annonce par Luc Chatel d’une « mobilisation générale » en faveur du remplacement n’a guère impressionné à Pantin. Le ministre a notamment demandé aux Rectorats de « constituer un vivier supplémentaire de contractuels associés: des personnes qui auront déjà été vues par les inspecteurs, et dont on sait qu’on  pourra les appeler au pied levé, pour un ou trois jours, des jeunes retraités de l’Education nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ».

L’annonce a surtout déclenché un tollé parmi les syndicats enseignants – comme le SE-Unsa, Sud Education , le Snalc – , étudiants – l’Unef -, lycéens – la Fidl et l’UNL – ainsi que les chefs d’établissement du SNPDEN.  « Remplacer au pied levé un enseignant dans une classe de maternelle ou de CM2 ne s’improvise pas: cela demande connaissance des niveaux, de la gestion d’une classe et professionnalisme », écrit le SNUipp, principal syndicat du primaire. « Le ministre feint d’oublier qu’à la rentrée, il a supprimé 3000 postes de remplacement », rappelle le SNES, principal syndicat du secondaire, qualifiant Chatel de « pompier pyromane ».

« Ce que nous voulons pour nos écoles de Pantin, ce sont des gens compétents, diplômés, qualifiés, même chevronnés. Car nos enfants ont accumulé des retards. Si le ministre voulait nous être agréable, pour compenser, il pourrait même nous affecter deux enseignants par classe jusqu’à la fin de l’année. Ce ne serait pas de trop pour combler les lacunes des enfants », rêve Daniel Garault.

Ce mercredi, la FCPE (première fédération de parents d’élèves) du 93 organise une réunion d’informations pour les parents intéressés par ce type d’action à 19 heures à la Bourse du Travail de Bobigny. Un avocat expliquera la démarche et les papiers à réunir. Un rendez-vous est ensuite prévu dans trois semaines, pour envoyer les recours au ministre.

Crédits photos: manif à Paris en janvier 2010 (de l’auteure), Chatel encore ministre de l’Industrie et de la Consommation en mars 2009 (Reuters)

 

Article Le Monde.fr

« J’en suis à mon 26e CDD dans l’éducation nationale »

Vacataires, contractuels, TZR (pour titulaire sur zone de remplacement)... Les appellations désignant les professeurs remplaçants renvoient à des statuts différents, mais à une réalité partagée : le sentiment d’être un enseignant « de seconde zone », toujours en « intérim ». Alors que le ministre de l’éducation, Luc Chatel, souhaite s’attaquer au problème du non-remplacement dans l’éducation nationale, des professeurs remplaçants témoignent de leur quotidien.

  • TZR : les fonctionnaires bouche-trous, par Mohamed D.

Je suis professeur titulaire de sciences physiques depuis deux ans en étant titulaire sur zone de remplacement (TZR). Ce statut me paraît corrompu puisqu’il est né de la nécessité de remplacer les professeurs absents (congé de maternité, maladie ou autre). Or ce n’est pas son application, du moins dans mon cas. Je n’ai jamais remplacé personne mais je sers en fait de variable d’ajustement dans la dotation horaire des établissements : en somme, lorsqu’un chef d’établissement a besoin de six heures en physique par exemple, il le signale au rectorat, qui lui donnera un TZR pour six heures. Les TZR ne connaissent donc aucune stabilité dans les établissements (ce qui ne facilite jamais l’assise de l’autorité puisqu’on est perpétuellement « testé » par nos nouveaux élèves).

  • Qui râle le plus fort obtient un remplacement, par G. S.

Je suis enseignant du premier degré affecté au remplacement d’enseignants partis en stage de formation continue (chaque enseignant du premier degré a droit à 36 semaines de formation au cours de sa carrière) en Seine-et-Marne. Mais dans les faits, la formation continue n’existe quasiment plus faute de crédits et j’effectue des remplacements de collègues malades. Le taux de remplacement est de plus en plus faible et nous sommes déplacés en fonction des réactions de mécontentement des parents : qui râle le plus fort obtient un enseignant au détriment d’autres secteurs moins mobilisés.

L’année dernière j’ai été affecté en urgence, fin février, hors de ma zone géographique, dans une classe qui n’avait pas d’enseignant depuis les congés de la Toussaint. Le nombre de remplaçants disponibles est tel qu’en Seine-et-Marne, la continuité de l’enseignement n’est plus garantie. Dans ma circonscription de référence, on compte chaque jour une moyenne de dix absences non remplacées chaque jour, avec un pic à dix-sept en février.

  • Une situation écœurante, par Carine R.

Je suis TZR en lettres modernes depuis dix ans. Au début, la pénibilité du métier (essayez de prendre une classe de collégiens en ZEP en cours d’année…) était compensée par quelques « avantages » : des points pour les mutations, des indemnités correctes, parfois quelques jours de « vacances » entre deux remplacements épuisants. On a supprimé une bonne partie de ces avantages. En dix ans, j’ai eu en tout trois mois sans élèves, et la réalité, c’est qu’à peine un remplacement est fini, on nous appelle pour un autre. Avec des situations aberrantes : être appelée le lendemain de la rentrée de septembre pour un congé maternité prévu depuis avril ; être appelée un lundi (le remplacement précédent s’étant achevé le vendredi soir) pour remplacer une collègue absente depuis deux semaines. La situation actuelle est écœurante. Le rectorat supprime des postes de TZR à la pelle, et après, on se plaint que les profs ne sont pas remplacés. On fait appel à des vacataires sans expérience qui abandonnent devant la difficulté de la tâche : j’ai ainsi été le septième professeur de français d’une classe de quatrième difficile.

  • Une aberration, par Thomas A.

Je suis professeur de lettres remplaçant TZR. Je suis rattaché à un collège dans lequel j’ai quelques classes, mais pas suffisamment pour couvrir mon service. On m’emploie donc à des tâches pour lesquelles je ne suis pas qualifié (tenir le CDI et former des élèves ne parlant pas français). En parallèle, depuis qu’une enseignante en lettres est partie en congé maternité dans ce collège, on a recruté une vacataire qui n’a jamais enseigné pour effectuer le service complet de la collègue arrêtée – alors même que j’ai des heures inemployées qui auraient pu servir à le pallier.

  • La réalité d’un TZR lambda, par Vincent S.

Je suis professeur d’histoire-géographie et j’ai toujours été TZR. Cela fait plusieurs années que j’exerce dans deux établissements en même temps et ces affectations varient d’une année sur l’autre : en cinq ans, j’ai travaillé dans deux lycées généraux, quatre lycées professionnels et quatre collèges. Pratique pour le suivi des élèves ! Bien que titulaire d’un Capes d’histoire-géographie, je travaille régulièrement en lycée professionnel (normalement ces postes sont réservés à des enseignants spécialisés titulaires du concours CAPLP) : donc, la polyvalence est bien de rigueur.

Comment s’investir véritablement dans la vie d’un établissement et améliorer ses pratiques ? Comment construire sa vie quand on sait que les TZR peuvent être envoyés dans des zones limitrophes de la leur (donc, dans un rayon de près de 100 kilomètres, dépassant souvent les contours départementaux) d’une année sur l’autre ?  Quant à la fameuse « sécurité de l’emploi », quid des contreparties ? Nous ne choisissons pas nos lieux de travail, sommes sous-payés au regard de notre niveau d’études, déconsidérés par les parents et notre métier est rendu de plus en plus difficile par les exigences qu’on nous impose et le public que l’on accueille. Mais je reste zen : j’aime (encore) mon métier.

 

Article le Monde

Luc Chatel s’attaque au non-remplacement des enseignants
LEMONDE.FR | 09.03.10 | 07h21  •

Dans un entretien au Parisien mardi 9 mars, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, expose son plan contre les absences non remplacées des enseignants et décrète « la mobilisation générale ». « Il faut se mobiliser pour toutes les disciplines, parvenir au remplacement des enseignants, dans le primaire comme dans le secondaire, dans les délais les plus brefs », explique le ministre, pointant « un taux de remplacement », pour les absences de courte durée, qui « n’est que de 19 % dans le second degré ».

M. Chatel estime que cinquante mille des huit cent cinquante-sept mille professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10 % d’entre eux dans le primaire et 20 % dans le secondaire ne sont pas assez utilisés. Il préconise donc un système « plus souple », souhaitant « faire bouger les frontières académiques ». « En cas de besoin, le futur responsable [des remplacements] de rectorat devra pouvoir appeler son homologue de l’académie voisine. » Enfin, pour mieux pallier les absences de courte durée, le ministre prône de faire appel à « de jeunes retraités de l’éducation nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés ».

Le père d’une élève scolarisée à Pantin, en Seine-Saint-Denis, avait annoncé le 15 février avoir déposé plainte contre le ministre de l’éducation nationale « pour faute grave d’organisation du service public de l’éducation », déplorant « des problèmes de remplacement intenables ». « Il manque de façon régulière sur la commune douze à treize enseignants, l’équivalent d’une grosse école », avait affirmé Daniel Garault, délégué FCPE élu des parents d’élèves, père d’une élève en CE1 à l’école Joliot-Curie, dénonçant « des problèmes de remplacement intenables à Pantin, et plus largement dans l’académie de Créteil ». M. Garault avait appelé à « un dépôt de plainte collectif » des parents d’élèves, le 9 mars, au tribunal administratif de Montreuil.

Le Monde.fr avec AFP

 

Article Le Figaro.fr

Le plan Chatel contre l’absentéisme des profs

Par Charlotte Menegaux
09/03/2010 | Mise à jour : 12:13
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Selon la FCPE, le non-remplacement des professeurs absents ferait perdre en moyenne une année de cours sur l'ensemble de la scolarité d'un enfant.
Selon la FCPE, le non-remplacement des professeurs absents ferait perdre en moyenne une année de cours sur l’ensemble de la scolarité d’un enfant. Crédits photo : AFP

Le ministre de l’Education nationale entend demander aux recteurs de se mobiliser pour améliorer les remplacements. Quitte à faire appel à des étudiants ou des retraités.

Urgent - Ecole recrute retraités, étudiants, pour remplacements dans Revue de presse coeur-La FCPE (première fédération de parents d’élèves) ne cesse de le rappeler, un élève perdrait en moyenne, sur l’ensemble de sa scolarité, un an en temps de cours non remplacé. «Avis de mobilisation générale à tous les échelons de l’Education nationale» lance le ministre, mardi. Avant de réunir les recteurs dans la matinée, Luc Chatel dévoile son plan pour mieux remplacer les professeurs absents dans Le Parisien. Il confirme en fait les pistes déjà évoquées par Le Figaro en janvier dernier. Le point sur ses propositions :

«Enclencher la recherche de solutions dès le premier jour». Luc Chatel estime que, dans le primaire comme dans le secondaire, l’absence d’un enseignant doit être réglée au plus vite. Actuellement, un délai de carence fait qu’une absence est signalée au rectorat au bout de quatorze jours ouvrables. En deçà, elle est gérée en interne par l’établissement.

«Concentrer les moyens» sur les absences de courte durée. Comme le rappelle le ministre de l’Education nationale, le taux de remplacement des absences de moins d’une semaine les plus imprévisibles-, n’est que de 19%. A l’inverse, il est respectivement de 91,3 et 92% dans le primaire et le secondaire, en ce qui concerne les absences de plus de quinze jours. Or, un tiers des absences imprévisibles (maladie, accident…) ne durent qu’une journée, et les trois quart sont inférieures à six jours.

«Instaurer un pilote chargé du remplacement». Chaque chef d’établissement devra désormais désigner un responsable en la matière. Aucun collègue ne peut remplacer, au pied levé, un professeur absent ? Dès le premier jour, le «pilote» devra faire appel au rectorat, où un «interlocuteur dédié à ce seul problème» tentera de lui apporter la meilleure réponse. Le ministre ne dit pas qui occupera ces fonctions dans les structures existantes.

«Faire bouger les frontières académiques». Les futurs responsables de rectorat devront pouvoir contacter l’académie voisine, en cas de manque de remplaçants dans leur propre académie. Le ministre de l’Education nationale ne précise pas dans quelles limites ce dispositif pourra être utilisé. Mais il cherche visiblement à assouplir les règles qui distribuent actuellement les remplaçants par académie.

«Faire appel à des retraités de l’Education nationale, des étudiants ou adultes diplômés». Peu avare en chiffres, Luc Chatel rappelle que 10% (en primaire) et 20% (en secondaire) des 50.000 remplaçants titulaires ne sont pas «pleinement utilisés». Il cherche donc à «améliorer le vivier de remplaçants» de chaque rectorat. Comparant les étudiants qualifiés aux internes de médecine, Luc Chatel estime que «c’est devant les élèves qu’on apprend le mieux à enseigner». Il n’envisage l’utilisation de ce «vivier supplémentaire de contractuels associés» que pour des remplacements courts, de un à trois jours. S’il ne précise pas ce qu’il entend par «adulte diplômé», il indique que ces nouveaux contractuels «auront déjà été vu par les inspecteurs».

 

 


Les principales Fédérations de parents d’élèves sont globalement satisfaites que le gouvernement se saisisse du problème. Les réactions de leurs présidents : 

Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (première fédération de parents d’élèves, classée à gauche) : «Aujourd’hui, les recteurs ne peuvent pas quantifier les heures d’absence de profs car il n’y a aucun outil spécifique. On va désormais acquérir plus de transparence sur le sujet. Enfin, le gouvernement reconnaît la légitimité de nos revendications. Cela fait des années que l’on met l’accent sur la nécessité de remplacer les profs absents, et ce dès le premier jour d’absence. Il faut désormais voir ce que cela va donner sur le terrain. Je ne crois pas beaucoup à l’idée d’élargir les frontières académiques. Où va-t-on fixer les limites ? Où va-t-on placer le bureau des remplacements -qui doit effectivement absolument être créé ? Ce qui nous dérange surtout, c’est que ce ne soit pas un enseignant qui remplace un enseignant. Les professeurs retraités, pourquoi pas, mais il ne s’agit pas vraiment d’une solution pérenne pour les élèves. Pour les étudiants, c’est compliqué. Ils doivent être accompagnés pendant leur formation, on ne peut pas les abandonner comme ça devant une classe inconnue pour quelques jours… Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités jusqu’au bout et qu’il crée des postes d’enseignants remplaçants. Des milliers d’entre eux ont été supprimés par l’ancien ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, il va falloir corriger le tir si on veut aller au bout des choses».

Philippe Vrand, président de la PEEP (deuxième fédération de parents d’élèves du public, classée à droite) : «L’absentéisme des profs dure depuis trop longtemps, les parents en ont ras-le bol ! Les deux pistes de réflexions que nous défendons depuis longtemps ont été prises en compte : la gestion des ressources humaines doit être géographiquement plus souple, et le délai de carence de quatorze jours avant de déclarer un prof absent auprès du rectorat doit être supprimé. Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, se saisit du problème et nous en sommes satisfaits. Il faut maintenant que ces propositions soient appliquées. Pour ce faire, regardons en interne : pourquoi ne pas envisager un vivier de remplaçants titulaires à disposition des établissements scolaires ? Les enseignants ne pourraient-ils pas rester 2 ou 3 heures de plus par semaine (payées en heures supplémentaires) pour être disponibles au pied levé en cas d’absences d’autres profs ? Je sais qu’ils ont beaucoup de travail en amont et en aval de leurs cours, mais peut-être qu’ils peuvent participer à l’effort collectif ? Nous pensons également qu’il faut travailler sur la polyvalence des enseignants (certains d’entre eux sont tout à fait capables, par exemple, d’assurer un remplacement en géographie alors qu’ils sont profs de français). Quant à l’idée de faire appel à des retraités de l’Education nationale volontaires : je dis pourquoi pas. Je pense également que des gens en formation qui se prédestinent à être enseignants peuvent tout à fait faire l’affaire. Donnons-nous les moyens d’assurer tous les cours pour la réussite de nos enfants.»

 

Article 20 Minutes.fr

Luc Chatel dévoile son plan pour pallier les absences non remplacées des enseignants

EDUCATION – Il veut notamment faire appel à des étudiants ou des retraités de l’Education nationale…

Luc Chatel décrète la «mobilisation générale». Réunissant les recteurs ce mardi, le ministre de l’Education nationale entend remédier rapidement au casse-tête des enseignants non remplacés en cas d’absence. Le vrai problème concerne particulièrement les absences courtes, pour lesquelles «le taux de remplacement n’est que de 19% dans le secondaire», estime Luc Chatel, interrogé dans Le Parisien de ce mardi.

Les solutions envisagées? D’une part, faire appel à des «contractuels associés», soit «des étudiants qualifiés, des adultes diplômés ou des jeunes retraités de l’Education nationale». Et, d’autre part, mettre fin aux frontières académiques, qui empêchent les remplaçants titulaires de pouvoir donner cours dans d’autres académies que la leur. Luc Chatel estime en effet que 50.000 des 857.000 professeurs sont des remplaçants titulaires et que 10% d’entre eux dans le primaire et 20% dans le secondaire «ne sont pas pleinement utilisés».

Un «monsieur remplacement»

L’objectif pour les recteurs sera alors, dans un premier temps, de nommer un «monsieur remplacement», soit un interlocuteur que les établissements pourront appeler à la première heure pour leur trouver un remplaçant. Ensuite, d’ici à la rentrée prochaine, le ministre demande aux recteurs de se constituer un vivier de «contractuels associés», ces remplaçants d’un nouveau genre qui seront supervisés par des professeurs expérimentés.

Cette annonce intervient alors qu’une journée nationale de grèves et de manifestations se profile vendredi à l’appel des syndicats de l’enseignement pour protester contre les réformes dans l’éducation. De même, des fédérations de parents d’élèves de Seine-Saint-Denis continuent depuis plusieurs semaines de déposer des recours devant les tribunaux administratifs pour des problèmes de remplacement.

 

 

 

 

Enseignants sanctionnés ? stagiaires non titularisés… la répression frappe espérant que la résistance s’est endormie au chant des cigales.

Article Libe.fr

30 stagiaires enseignants de l’IUFM punis pour faits de contestation

ÉDUCATION. La correction politique, ça s’apprend. En tout cas, le ministère de l’Éducation nationale s’emploie déjà à l’enseigner à Toulouse.

Trente stagiaires de l’IUFM de Haute-Garonne ne seront ainsi pas titularisés cette année pour avoir contesté les réformes Darcos en cours d’année. Le compte rendu de formation politiquement incorrect qu’ils ont pu commettre au mois d’avril se retrouvant dans leur dossier de validation, les voilà retoqués.

C’est une inspectrice générale, membre du cabinet des ministres Darcos puis Châtel qui n’a pas supporté que, même dans le strict cadre de l’IUFM, de futurs fonctionnaires contestent les dernières réformes gouvernementales. Ces affreux trublions ont eu à en répondre devant le jury académique de qualification professionnelle devant lequel ils ont été convoqués ce vendredi 3 et lundi 6 juillet.

La charge a été «sauvage», jugent-ils aujourd’hui. Le jury leur auraient reproché un manquement au devoir de réserve.

Réaction gouvernementale «inédite et exceptionnelle», commentent le Syndicat national de l’enseignement secondaire et le syndicat de l’enseignement primaire. «Le SNES et le SNUIpp ne pourraient accepter que ces collègues ne soient pas titularisés dès cette année».

«C’est fini la rigolade. Il a dû y avoir des instructions de sévérité», analyse un formateur de l’IUFM. Le ministre Luc Châtel ne semble en tout cas pas disposé à desserrer la vis que son prédécesseur Xavier Darcos a bloquée.

Une audience au rectorat et au ministère de la rue de Grenelle est demandée. Où le pari semble être fait que les vacances d’été étoufferont le bruit de ce coup de bazooka sur les rangs de la contestation.

Un tir à blanc, toutefois. La titularisation des trente stagiaires est tout simplement «ajournée». Autrement dit : soyez sages, les enfants, et si vous ne contestez pas plus avant, cette titularisation pourrait intervenir plus tard.

Une question taraude les stagiaires: quelle idée a traversé les formateurs de l’IUFM de glisser les compte rendus de leurs élèves contestant les réformes dans le dossier de validation?

GLv.

 

Article Libe.fr

Les profs ont-ils le droit de désobéir?

INTERVIEW

En «résistance pédagogique», plusieurs enseignants passent en conseil de discipline pour leur refus d’appliquer les réformes Darcos. Que risquent-ils? Antony Taillefait, spécialiste du droit de la Fonction publique, apporte son expertise.

 

Cette semaine, deux professeurs des écoles passent en conseil de discipline parce qu’ils refusent d’appliquer certaines réformes Darcos qu’ils jugent nuisibles pour les élèves.

Lancé en novembre dernier, le mouvement de «résistance pédagogique», qui rassemble quelque 3 000 enseignants et directeurs d’écoles ayant publiquement déclaré leur intention de «désobéir», s’oppose notamment aux deux heures de soutien individualisé aux élèves en difficultés que les enseignants doivent faire depuis la rentrée 2009 sans avoir reçu de formation particulière (Pour en savoir plus).

Que risquent ces fonctionnaires «désobéisseurs»? Que prévoit la loi? L’agent public est-il plus protégé qu’un salarié du privé? Les réponses d’Antony Taillefait, doyen de la faculté de droit de l’université d’Angers et auteur du précis Droit de la fonction publique (Dalloz).

Un fonctionnaire a t-il le droit de désobéir?

La loi du 13 juillet 1983 est très claire : «Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées» (article 28). Il n’appartient pas à un agent public de discuter les ordres. Il n’a pas le droit de désobéir, sauf dans trois hypothèses prévues par la loi.

- «Dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.» En pratique, il est rare que ces deux conditions soient réunies. On compte une petite vingtaine de cas depuis 1945, pas plus. L’exemple caricatural: le principal du collège qui demande à son conseiller d’éducation de frapper un élève.

- Le fonctionnaire peut aussi faire usage de son «droit de retrait» quand il encourt un «danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé». Là aussi, la jurisprudence est stricte. Les profs de Jussieu ont pu exercer leur droit de retrait à cause de l’amiante. En revanche, le juge a refusé le droit de retrait à un prof qui refusait de faire cours après l’agression d’un de ces collègues.

-Enfin, le fonctionnaire est autorisé à désobéir en cas de harcèlement moral… à condition d’en apporter la preuve, ce qui est loin d’être simple.

En l’espèce, que risquent ces profs en «résistance pédagogique» contre des réformes jugées «absurdes» et contraire à l’intérêt de l’enfant?

Sur le plan juridique, c’est un refus d’obéissance caractérisé. Ces professeurs s’exposent donc à des sanctions sévères pouvant aller jusqu’à la révocation.

Mais seul l’inspecteur d’académie a le pouvoir d’engager des poursuites disciplinaires. Il a un pouvoir discrétionnaire en la matière, et peut par exemple estimer que sanctionner un prof est de nature à déstabiliser le corps professoral. Certains enseignants échappent ainsi à des sanctions…

Existe-t-il des précédents où des profs sont sanctionnés pour refus d’obéir ?

Oui, plein. Il faut le savoir, la désobéissance est le principal motif de sanction des fonctionnaires. En refusant d’appliquer la loi, les enseignants risquent gros. J’ai plusieurs exemples en tête, comme ce prof qui faisait cours sur la pelouse en guise de protestation et qui a été condamné à six mois de suspension du droit d’exercer et six mois avec sursis.

Le prof sanctionné a t-il un droit de recours ?

Oui. La procédure est très encadrée. L’inspecteur d’académie engage les poursuites en saisissant le conseil de discipline, composé à parité de représentants de l’administration et des organisations syndicales.

La procédure est très codifiée, le conseil fonctionne un peu comme un tribunal avec des règles strictes. Le conseil entend tour à tour le professeur visé et son avocat. Puis, émet un avis de sanction. L’inspecteur d’académie conserve son pouvoir d’appréciation, c’est lui qui prononce la sanction. S’il ne suit pas l’avis du conseil de discipline, il doit le justifier.

Un fonctionnaire qui désobéit est-il plus protégé qu’un salarié dans une entreprise ?

Non, juridiquement, l’agent et le salarié sont dans la même situation même si on ne peut pas vraiment comparer. Les intérêts en jeu ne sont pas du tout les mêmes. D’un côté, l’employeur raisonne en fonction des intérêts de son entreprise. Si un salarié ne fait pas son travail, l’impact sur la productivité est immédiat, la sanction aussi. Dans la fonction publique, c’est l’intérêt général qui est en jeu. En clair, un inspecteur d’académie ne peut pas fermer une école comme un entrepreneur met la clef sous la porte…

 

Article Ouest France.fr

Quand les professeurs sont punis

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Commission disciplinaire, retenues de salaire… Retour de bâton pour les enseignants qui n’appliquent pas les réformes.

« Service non fait ». C’est pour ce motif que huit professeurs de l’université de Lille II ont subi une retenue de onze jours de salaire. Ils avaient refusé de rendre les notes du premier semestre, lors des grèves. « C’est comme si vous ne faisiez pas cours », a justifié le président de Lille II, à l’origine de la sanction. Le collectif des enseignants de l’université a déposé des recours en annulation dénonçant « la volonté de sanctionner pour l’exemple des enseignants mobilisés ».

Manifestation de soutien

À Marseille, c’est pour « insuffisance professionnelle » qu’Erwan Redon était convoqué devant la commission disciplinaire des Bouches-du-Rhône. L’inspecteur d’académie a préféré parler de « non-respect des obligations professionnelles ». Erwan Redon fait partie des maîtres qui refusent de mettre en place l’aide personnalisée à l’école et de remplir le fichier Base Élève. La commission disciplinaire a finalement été repoussée au mois d’août.

Aucun lien entre la convocation et le refus des réformes, selon l’inspecteur d’académie. Mais Erwan Redon, à qui 150 personnes ont apporté leur soutien, hier, estime le contraire. « Le ministère a décidé de mettre un coup d’arrêt à ce mouvement en frappant à sa tête. Mais nous n’allons pas céder », a déclaré Alain Réfalo, un enseignant toulousain qui passe en commission, demain. Les enseignants « désobéisseurs » risquent des rétentions de salaire ou une mutation d’office.
Article 20minutes.fr

 

Des milliers de collégiens sans lycée

 

Des collégiens le 2 septembre 2004 à Marseille

Des collégiens le 2 septembre 2004 à Marseille/Patrick Valasseris AFP/Archives

EDUCATION – Dans plusieurs académies, des élèves de 3e sont toujours sans affectation…

Chaque année, c’est le casse-tête. Les affectations en seconde des collégiens donnent des suées aux parents. Mais cette fois-ci, les difficultés semblent plus importantes que d’habitude, à en croire le nombre de plaintes reçues par les organisations de parents d’élèves. «Entre hier et aujourd’hui, on a été très sollicités», s’étonne Philippe Vrand, président de la Peep. La FCPE chiffre quant à elle à plusieurs milliers le nombre d’élèves toujours sans affectation. «4.800 élèves sont concernés en Haute-Garonne pour l’enseignement professionnel, 4.000 dans l’académie de Lyon, 1.400 dans le département de Paris, 400 dans celui du Haut-Rhin, et 160 dans celui du Vaucluse…».

Les raisons invoquées sont nombreuses et varient d’une académie à l’autre. Premier visé: le nouveau logiciel d’inscription Affelnet, expérimenté notamment en 2008 à Paris et généralisé cette année à tout le territoire. L’idée, avec ce logiciel, était d’en finir avec un système où les proviseurs de lycées réputés choisissaient eux-mêmes les dossiers des élèves dans les caves du rectorat de Paris. Désormais, les élèves peuvent formuler six voeux et sont affectés d’un nombre de points en fonction de critères qui ne dépendent plus uniquement des notes et des matières souhaitées, mais aussi d’autres priorités fixées par le ministère de l’Education nationale (critères sociaux, proximité géographique, rapprochement de fratrie…).

«Dysfonctionnements» dans la procédure informatisée

Malgré tout, l’importance de ces critères varie selon les académies, d’où la disparité des situations. Dans le Rhône, la Peep et la FCPE dénoncent des «dysfonctionnements» dans cette procédure informatisée à l’issue de laquelle plusieurs familles ont le sentiment d’avoir été flouées. A Paris, le ministère de l’Education nationale indique que de nombreux élèves demandent toujours les mêmes établissements particulièrement cotés. Ceux qui n’ont pas reçu leur affectation avaient formulé leurs six choix dans six lycées prisés, assure Philippe Fatras, inspecteur d’académie chargé du second degré. Or ceux-ci étaient déjà remplis par ceux qui les avaient demandés en premier choix. Si un de ces élèves n’avait pas le nombre de points nécessaire pour obtenir son lycée favori, il n’a donc obtenu aucun des cinq suivants. «Les élèves très bons ont obtenu l’établissement qu’ils voulaient. Le problème s’est posé avec des élèves plutôt bons, mais dont le nombre de points s’est avéré insuffisant pour intégrer l’établissement demandé en premier choix», a-t-on expliqué au rectorat.

Un argument qui ne convainc pas tout à fait les fédérations de parents. La FCPE pointe surtout les effets pervers de l’assouplissement de la carte scolaire, qui laisse penser que «tout est possible, alors que ça ne l’est pas». Elle critique aussi les 13.500 suppressions de postes prévues à la rentrée, qui ont «forcément un impact sur les capacités d’accueil des établissements», selon Christiane Allain, secrétaire générale de la Fédération. Cette dernière souligne également qu’il n’est pas étonnant que «ça coince au niveau des inscriptions dans l’enseignement professionnel, une filière où les affectations se font par défaut et où la réforme du bac pro en trois ans est mal maîtrisée». La Peep, pour sa part, indique qu’«un taux de redoublement très faible en troisième, conjugué à un taux élevé en seconde» vient se greffer au problème des affectations cette année.

Tout n’est pas encore joué. «Des commissions d’ajustement se réunissent ces jours-ci au niveau des rectorats», explique Philippe Vrand. A Paris, deux tours de rattrapage devaient être organisés sur le programme informatique Afflenet. Une commission devait se réunir ce mercredi pour trancher. Le sort de 1.400 élèves selon la FCPE, 600 selon le rectorat, est en jeu.

Catherine Fournier (avec agence)

 

 

Article Ladépéche.fr

Carte scolaire. Près de 600 élèves changent de collège

Réponse positive pour la moitié des collégiens qui ont demandé une dérogation.

 

Les critères sociaux sont prioritaires dans les demandes de dérogation. Photo archives DDM

Les critères sociaux sont prioritaires dans les demandes de dérogation. Photo archives DDM
Les critères sociaux sont prioritaires dans les demandes de dérogation. Photo archives DDM

OAS_AD(« Position1″); dans Revue de presse

Ce n’est pas vraiment une surprise : la carte scolaire a tendance à vider certains collèges de leurs meilleurs éléments. Dans le département les demandes de dérogations pour l’inscription en 6e ont encore augmenté de 10 % cette année par rapport à 2008. Et à y regarder de près l’inspection d’académie a constaté qu’un bon tiers des élèves qui souhaite changer d’affectation sont issus des quartiers dits « sensibles ». Sur les 850 demandes examinées par la commission de dérogation pour l’entrée en 6e, 30 % émanent de familles qui dépendent des collèges Reynerie, Stendhal, Bellefontaine, George-Sand et Lalande, les cinq établissements d’éducation prioritaire de Toulouse. Les parents ne mettent pas en cause la qualité de l’enseignement. « Ces élèves veulent côtoyer un autre univers que celui de la cité, explique l’inspecteur d’académie Jean-Louis Baglan. A noter que c’est souvent tout près de leur quartier qu’ils demandent à être scolarisés. Ainsi le collège Clémence-Isaure, à Saint-Cyprien, reçoit pas mal d’enfants du Mirail. Nous mettons en place une politique d’ouverture et de mixité sociale. La contrepartie, reconnaît l’inspecteur d’académie, c’est que les élèves qui partent sont souvent ceux qui ont le plus de motivation et (ou) de facilités. Pour les enseignants des collèges ambition réussite c’est plus dur, mais l’avantage c’est que leurs effectifs par classe peuvent diminuer ». Jean-Louis Baglan l’affirme, « il n’y aura pas de fermeture de classe à la rentrée. Une classe disparaît à George-Sand, pour des problèmes démographiques ».

Seule la moitié des 1 172 demandes de dérogation a été satisfaite. La mise en place de la réforme doit se faire de manière progressive, en toute transparence, et en fonction des capacités d’accueil, explique l’inspecteur d’académie. Les critères retenus pour les dérogations sont, dans l’ordre, handicap ou problème d’ordre médical, éléments d’ordre sociaux, parcours scolaire particulier (exemple un enfant inscrit au Conservatoire qui doit suivre des cours à proximité), fratrie déjà inscrite, proximité du domicile, autres (convenance personnelle, lieu de travail des parents…).

10 élèves du mirail admis à Fermat

Quelques places sont encore disponibles pour les nouveaux arrivants et les retardataires. Autre nouveauté, le collège Pierre-de-Fermat, accueille à la rentrée dix élèves du Mirail, « repérés pour leur mérite et leur motivation ». Ce sont les enseignants de Fermat qui ont souhaité s’investir dans ce projet.

Sylvie Roux

 

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